Celui qui à tout perdu

Projets et complications

Bonjour!
Je sais que j'avais dis que je posterai un chapitre par semaine mais j'avais légèrement oublié que la semaine passée, j'étais en vacances donc indisponible! Mais je suis de nouveau présente et voilà un nouveau chapitre!

Merci à Malicia-Malefoy pour sa review =) Oui, on entre directement dans l'histoire d'Ambre,ça peut perturber ^^ J'espère que tu apprécieras la suite!

Tom Jedusor, encore peu connu du grand public sous son nom d'emprunt, Lord Voldemort, poussa un soupir de frustration en tournant la dernière page de l'ouvrage qu'il avait acheté à la librairie. Rien. Pire : une perte de temps ! On aurait pu penser que le moindre fait et geste des fondateurs eut été précieusement consigné, mais tous ces livres ne faisaient que ressasser ce qu'il savait déjà. Il ne savait même pas ce qu'il cherchait à vrai dire, mais il voulait que cela soit rattaché aux fondateurs, à Poudlard. Il avait épluché de nombreux ouvrages, mais c'était toujours les mêmes choses : la rencontre, le projet Poudlard, la dispute, le départ, point. Il lui en fallait plus. Oui, pour créer un horcruxe, il voulait que son fragment d'âme soit enfermé dans un objet leur ayant appartenu.

Il ne s'expliquait pas l'attachement qu'il éprouvait pour cette école, d'autant plus qu'elle était la demeure de ce vieux fou de Dumbledore. C'était sa faiblesse, de ne pas avoir Poudlard, de ne pas pouvoir y enseigner comme il l'avait demandé à Dippet après ses études. Faire ces horcruxes avec des objets si représentatifs de Poudlard, c'était supprimer cette faiblesse, cela le rendrait plus fort que jamais. Depuis qu'il avait découvert l'existence de ce puissant artefact qui lui permettrait d'atteinte l'immortalité, il avait fait de la quête d'objets « sacrés » à ces yeux une priorité. Bien sûr, il n'oubliait pas son projet sur le long terme : mettre les nés moldus au ban de la société, mais pour parvenir à son but, à une société ou la magie et la pureté du sang prédominerait, il se devait de se prévaloir de la mort.

Voilà quelques années maintenant qu'il avait fini sa scolarité et essuyé l'échec cuisant du refus de Dippet de faire de lui un enseignant. Il avait alors voyagé dans de nombreux pays, notamment en Albanie pour faire des recherches sur des sujets de magie toujours plus noire. À cette époque, bien sûr, il s'était déjà débarrassé de cet immonde moldu qu'était son père. Il avait également déjà récupéré la bague de Gaunt, mais la conservait pour le moment précieusement puisqu'il désirait ardemment que son premier horcruxe soit un objet de Poudlard et de Serpentard si possible. Il savait déjà que la bague ferait partie tôt ou tard de sa « collection ». Il avait également réussi à arracher à la Dame Grise des informations concernant un certain diadème de Serdaigle. Autant de pistes possibles pour sa collection d'Horcruxes.

Mais il lui restait encore de nombreuses recherches avant qu'il puisse réussir à maîtriser le sortilège. En effet, si le vieux Slughorn lui avait parlé des horcruxes, il avait été incapable de lui donner la formule qui permettait d'accomplir le sortilège. Cela était évidemment normal si l'on considérait la médiocrité du maître des potions, tout juste bon à organiser des soirées mondaines aux yeux du jeune homme. Il avait heureusement quasiment réussi à retrouver la formule complète dans de vieux livres qui l'avaient conduit d'Albanie en France. Il avait enfin pu commencer à se consacrer aux objets de Poudlard. Et bientôt, il pourrait retourner en Angleterre mettre son plan à exécution. Il avait déjà prévude travailler à nouveau chez Barjow et Burke, beaucoup d'objets de contrebande y transitaient et le vieux Beurk lui devait une faveur… Et il pourrait retrouver ses fidèles, qui ne l'appelaient pas encore maître, mais qui le craignaient déjà et qui l'attendaient sagement. Seule Alcyone lui collait aux basques depuis qu'il voyageait, même si pour l'instant elle se faisait discrète, préférant jouer à la touriste le jour, et chasser le moldu la nuit.

Il poussa un nouveau soupir et se perdit dans la contemplation de son whisky pur feu, tournant et retournant le verre entre ses longs doigts blancs. Il retournerait à la librairie, il avait besoin d'informations. Mais il devrait se montrer prudent, la vendeuse semblait bien trop curieuse. Évidemment il aurait pu la soumettre à l'impérium ou tout simplement la tuer, mais pour le moment, il devait se montrer discret. Si tout se passait comme prévu, lorsque le monde des sorciers comprendrait qui était Voldemort, il serait déjà trop tard pour les nés moldus et les sangs de bourbe. À la manière du serpent, il préférait attendre patiemment la meilleure opportunité avant d'attaquer sa proie.

« Je pourrais toujours me débarrasser d'elle avant mon départ, là, cela n'aura plus d'importance »

Comme il se trompait….

Quand le lendemain, il entra dans la librairie, celle-ci semblait déserte. Agacé, il partit en quête de la vendeuse afin qu'elle lui présente les précieux ouvrages dont elle lui avait parlé. Il l'a trouva dans le fond de la boutique, assise à même le sol, appuyée à une étagère, en train de dévorer un roman. Il put alors remarquer, maintenant qu'elle se taisait, qu'elle semblait passionnée par les livres au même titre que lui-même. Son front était plissé par la concentration et il se surprit à la détailler. Un rapide examen lui apprit qu'elle était d'une banalité affligeante. Une petite brunette aux cheveux longs et aux yeux bruns, le summum du classique. Une posture indigne d'une sangpur, si elle en était une bien évidemment. Il se fit cependant la réflexion que si elle daignait cette fois ne pas l'assaillir de questions, leur échange pourrait se montrer intéressant. En tant que libraire, elle avait peut-être des informations.

Il décida de manifester sa présence par un raclement de gorge peu amène. La jeune femme releva les yeux vers lui.

« -Vous êtes revenu, observa-t-elle avec un sourire.

-De toute évidence répliqua-t-il, acide et peu désireux de perdre son temps.

De son côté, pour la jeune femme, c'était la douche froide et elle commençait à voir rouge. Il était à peine 8h, il venait de la couper dans une lecture passionnante et il se montrait de la plus extrême des impolitesses. Pourquoi les hommes les plus attirants se révèlent être la plupart du temps de véritables salauds ? Vraiment, elle prenait sur elle pour ne pas lui lancer son livre au visage. Aussi, avant d'en arriver à de telles extrémités, elle décida de tenter une nouvelle approche.

-Manifestement, nous sommes partis du mauvais pied, tempéra-t-elle du mieux qu'elle put. J'ai des ouvrages qui devraient vous intéresser et vous travaillez manifestement sur un sujet qui me passionne, nous devrions pouvoir nous entendre ! Reprenons depuis le début voulez-vous ? Je m'appelle Ambre Delmas et vous ?

Elle lui tendit sa main dans l'espoir qu'il la serre et qu'ils puissent faire affaire, sinon elle se promit de le jeter hors de sa boutique avec perte et fracas. Impressionnant ou pas, elle ne lui permettrait pas de venir l'humilier dans sa boutique !

Jedusor lui lança alors un regard amusé qui eut le don de la déstabiliser. Il avait beau ne pas encore être au summum de son pouvoir, ses « amis » le craignaient déjà et ne s'adressait à lui qu'avec déférence et crainte. Et aucun ne se serait jamais avancé à lui serrer la main ! Même les inconnus ne s'approchaient que rarement de lui. Cette petite sorcière ne manquait décidément pas de tact et de courage.

-Mes amis me nomment Voldemort, répondit-il en serrant la main de la jeune femme. Il apprécia le contact de la paume chaude contre la sienne, éternellement froide et la fermeté avec laquelle elle lui serra la main. C'était une poigne énergique en accord avec le caractère de la jeune femme.

-Voldemort ? reprit-elle en riant. Ce n'est pas un prénom ça ! Non, excusez-moi vraiment, mais ça ne vous va pas du tout.

La poigne de l'homme se resserra légèrement sur sa main. Zut, elle l'avait froissé, pas idéal pour un nouveau départ, mais c'était vraiment trop tentant.

-Désolée, murmura-t-elle. C'est juste que je ne suis pas vraiment fan des pseudonymes, j'aurais préféré connaître votre véritable identité, acheva-t-elle en le regardant dans les yeux.

Jedusor soupira, il y avait quelque chose qui le mettait légèrement mal à l'aise dans le regard de la jeune femme. Peut-être la chaleur qui s'en dégageait ou le fait qu'il y avait quelques années déjà qu'on ne le regardait plus qu'avec peur et méfiance, et surtout pas dans les yeux. Alors pour la première fois de sa vie, il abdiqua et donna son nom, ce nom haï qui lui rappelait sans cesse ses origines honteuses.

-Tom…Tom Jedusor.

-Tom Jedusor, répéta-t-elle, c'est bien mieux ! conclut-elle avec un sourire.

Il se surprit à apprécier la tonalité de sa voix à l'évocation de son prénom. Lui-même ne l'avait jamais prononcé qu'avec dégoût, ses professeurs avec crainte. Il chassa néanmoins ces pensées inopportunes et ramena la conversation en terrain neutre.

-Maintenant que nous avons évoqué les formalités d'usages, j'aurais souhaité savoir si vous aviez reçu les ouvrages dont vous m'aviez parlé.

-Oui bien sûr !

Elle lâcha presque à contrecœur la main de celui qu'elle pouvait désormais appeler Tom. Elle se l'admettait totalement, même s'il était froid comme la glace et plutôt inquiétant, il restait tout de même un très bel homme, et cultivé avec ça ! Si elle parvenait à dérider quelque peu Monsieur Iceberg, cela pourrait devenir intéressant.

Elle se dirigea avec entrain vers la réserve, elle en revient un instant plus tard avec 4 gros volumes reliés en cuir.

-Installons-nous par ici, nous serons plus à l'aise.

Elle lui désigna un des coins lecture où étaient installés plusieurs livres en « libre échange ». De gros fauteuils moelleux s'alignaient près de la fenêtre tandis qu'une table de travail attendait les chercheurs en quête d'information.

Il s'installa et elle prit place en face de lui. D'un mouvement de baguette, elle fit apparaître un service à thé et une assiette de gâteau.

-Ils sont peut-être un peu rassis, mais ça fera l'affaire, marmonna-t-elle. Bien ! Voyons ces merveilles !

Les yeux de la jeune femme pétillaient d'excitation. Elle prit avec d'infinies précautions le premier volume.

-Le premier, commença-t-elle, est une biographie des fondateurs.

À ce moment, Jedusor qui était partagé entre amusement devant cette sorcière si particulière et expectation face à de nouvelles découvertes concernant les fondateurs ne put empêcher un air déçu de se peindre sur son visage. Déception qu'Ambre détecta rapidement.

-Je vous vois venir ! On connaît tout des fondateurs, leurs familles, les événements qui les ont conduits à construire Poudlard et bien sûr la dispute de Salazaret son départ du château. Mais ce livre, continua-t-elle en tapotant la couverture, s'intéresse à ce qui se passe ensuite. Qu'est devenu Salazar ? Quelle empreinte ont laissée les fondateurs dans l'école ? Comment leur vision de l'éducation a évolué avec les années ? Quels étaient leurs quotidiens ? Après tout, ils ont dirigé l'école ensemble pendant de longues années, ça demande pas mal de compromis !

-Parfait, ce premier livre m'a l'air très intéressant, je fais des recherches sur les fondateurs justement, leurs habitudes, leurs modes de vie. Je ne doute pas un seul instant que les autres doivent être tout aussi passionnants. Si vous m'y autorisez Mlle Delmas, j'aimerais assez pouvoir emprunter ces livres pour les consulter à loisir.

C'était audacieux, carrément gonflé, mais Jedusor misait tout sur son charme. C'était une librairie, pas une bibliothèque, ces livres étaient ceux de la collection personnelle de la jeune femme et il aurait été normal qu'elle l'envoie paître. Mais il connaissait l'attraction qu'il avait sur les femmes et celle-ci n'y faisait pas exception même si elle le regardait avec un air soupçonneux. Il avait donc rendu son regard et son ton plus doux, et c'était légèrement penché vers la jeune femme.

Ambre se sentit rougir de la soudaine proximité de Jedusor, son cerveau lui sembla fonctionner au ralenti.C'est sûr elle allait se mettre à bafouiller ! Mais il fallait qu'elle lui réponde maintenant sinon il allait réellement penser que son cerveau était aux abonnés absents. Elle prit alors une grande inspiration :

-Ecoutez, vous m'êtes très sympathique (FAUX ! lui hurla son cerveau dans un regain d'énergie), mais je ne peux pas vous laisser prendre ses livres, ils sont uniques et assez chers ! J'y tiens vraiment beaucoup, donc vous comprendrez que…

Derrière le beau regard sombre de Jedusor, les rouages de son cerveau fonctionnaient au rythme maximum. Sa couverture ne lui permettait pas de la tuer pour s'emparer des livres. Les lui voler était hors de question maintenant qu'il avait manifesté tant d'intérêt pour eux. Il serait le premier suspect désigné. Non, il fallait plus de subtilité… Il était en train d'en déduire qu'un Impérium suivit pourquoi pas d'un oubliette régleraient la situation lors que la libraire reprit :

-En revanche, comme vous le savez, je suis fan de Poudlard et vos recherches m'intéressent aussi, alors…heu…si vous voulez, vous pouvez passer quand vous le souhaitez et faire vos recherches ici sur place ! Je pourrais même vous donner un coup de main lorsqu'il n'y aura pas trop de monde.

Intérieurement, elle se serait giflée. Ce bellâtre flippant venait de lui demander le plus naturellement du monde de lui prêter des livres uniques à 1000 gallions pièces et plutôt que de le mettre à la porte, elle l'invitait à venir quand bon lui semblait. Elle devait être tombée sur la tête, sa passion de Poudlard la perdrait ! Et les beaux garçons ténébreux également.

De son côté, Jedusor prit le temps de réfléchir. S'il acceptait, certes ses recherches prendraient plus de temps, mais il resterait dans la légalité et il n'était pas sûr que Mlle Delmas ne lui soit pas inutile. Elle avait su se montrer bien plus intéressante que lors de leur première rencontre….Dégoter ce genre d'ouvrage avait dû lui prendre du temps et elle avait sûrement dû se montrer très fine pour que les anciens propriétaires acceptent de les lui céder.

-Soit, dit-il platement en relâchant sa baguette qu'il tenait serrée, dans sa robe de sorcier en prévision d'un Impérium. Je reviendrais dès demain.

C'est ainsi qu'une étrange routine s'instaura dans la boutique. Tous les matins, Jedusor arrivait dès l'ouverture de la boutique, il se plaçait toujours à la même table, dans le coin lecture, et commençait à travailler. Ambre de son côté, s'assurait de la mise en stock et en place des livres de la boutique. Ensuite, il était généralement aux alentours de 9h00, elle préparait le thé d'un coup de baguette et rejoignait Tom pour travailler avec lui. La plupart du temps, les clients n'arrivaient que vers 10h du matin ce qui lui laissait généralement une bonne heure de travail. Tom partait généralement vers 11h00 vaquer à ses autres occupations et ne revenait que le lendemain.