Celui qui à tout perdu

C'était donc ça

Bonjour à tous!

En espérant qu'il y ait encore des gens pour me lire.

Désolée de ce délai plus que long entre deux postes. Je n'ai aucune excuse à vrai dire :( Mais maintenant que j'ai quasi fini cette fic, je vais tâcher de poster plus régulièrement sur maintenant pendant mes congés!

Pour répondre à Lilinn : Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira tout autant!

Et à tous, je vous souhaite un bon réveillon et un joyeux noël !

«-Attends, tu es sérieux là ?

Elle l'observa comme si elle le voyait pour la première fois. Il était là, devant elle, imperturbable comme à son habitude. Seul son petit sourire cruel jurait incroyablement avec son beau visage.

-On ne peut plus sérieux… Je me suis longtemps demandé comment j'allais te confronter à ma réalité et je pense que la simplicité est la meilleure façon de te faire comprendre quels sont mes objectifs.

-Mais…Tom, c'est abominable ! Est-ce que tu t'en rends compte ?

Elle s'était levée et arpentait la pièce de long en large. C'était donc ça ? C'était encore pire que tout ce à quoi elle aurait pu penser. On était loin du club de duel secret ou du trafic d'objets magiques. Elle repensa aux propos d'Alcyone, leur vérité la frappant subitement.

-Enfin Ambre, réfléchi un peu, je ne veux que récupérer ce qui nous appartient, à nous, sorciers !

-Mais ils ne nous prennent rien ! Les moldus, ils ne nous prennent rien ! Les pouvoirs magiques se déclarent aléatoirement ! Ils n'ont rien demandé ! Et que vas-tu faire des sangs mêlés et des nés moldus ? Les tuer ? Les bannir ?

-Je veux restaurer le prestige magique, les sangs de bourbes et autres moldus n'auront plus accès au monde magique car ils n'ont pas nos valeurs. Ceux qui comprendront la démarche seront saufs…quant aux autres….C'est une guerre qui se prépare, et une guerre ne se fait jamais sans heurt, déclara-t-il froid et implacable.

-Une guerre murmura-t-elle. Alors Alcyone et les autres, se sont tes soldats, c'est ça ? C'est pour ça qu'elle t'appelle maître ?

Devant son air surpris, elle continua :

-Eh oui, ta dévouée servante voulait te voir avant de mettre les voiles et nous avons pu discuter un peu, je comprends mieux ses mises en garde maintenant. Tom, je sais, enfin je crois savoir qui tu es. Je sais que tu ne doutes pas de la suprématie du sang, j'ai appris à faire avec…Je pensais même pouvoir te faire changer d'avis à vrai dire…Mais ça, Tom. Cette rage… Cette haine que je sens en toi, ça ne peut pas être vrai !

-C'est pourtant la vérité. Ce sont mes idéaux et ces sorciers sont bien mes disciples. Je vais t'expliquer, tu dois comprendre que j'ai un devoir à remplir. Je ne suis pas n'importe quel sorcier Ambre, je suis le dernier descendant de Salazar Serpentard. Les recherches sur Poudlard…c'était pour ça, connaître mon passé. Comprends bien : Le dernier héritier de Serpentard a passé sa vie dans un orphelinat moldu, il a passé la moitié de sa vie privé de son monde, avec des gens qui avaient peur de lui dès qu'un phénomène étrange arrivait. Un pauvre gamin qu'on regardait comme un monstre, à qui on n'a jamais laissé une chance.C'est pour ça que je sais que si le secret magique était levé, ils nous attaqueraient.À Poudlard, j'ai pris conscience que les nés moldus ne méritaient pas leur place, j'entendais leurs histoires, leurs parents qui avaient peur. Je t'assure, s'ils savaient, ce sont les moldus qui lanceraient les hostilités. Alors, j'ai cherché ma famille, j'ai trouvé le frère de ma mère, les fameux descendants, et tu sais ce que j'ai vu ?

Ses yeux étaient remplis de haine, Ambre n'osait même pas répondre, tout ce qu'elle entendait avait du mal à entrer dans sa tête et faire sens. Tout était si parfait il y a quelques heures, elle devait se retenir pour ne pas pleurer.

-Ce que j'ai vu, c'est une prestigieuse famille dans la misère, oubliée de tous, recluse ! Et les villageois alentour les prenaient pour des fous. C'était ça, MA famille ? La déchéance d'un côté et des immondes moldus de l'autre ? Ma mère, cette traîtresse, s'était entichée de l'idiot du village qui m'a légué son nom et même son prénom ignoble ! Si elle avait trouvé un époux de son rang, si les sangs purs étaient encore respectés, rien de tout cela ne se serait passé !

Ces dernières phrases firent tiquer Ambre.

-Tu veux dire que…toi-même, tu n'es pas sang pur ?

-Non…

-Je ne comprends pas, tu te bats contre ce que tu es ? En as-tu seulement conscience ?

-Cela change-t-il quelque chose ?

-Je…Tom…bien sûr ! Mon dieu, on parle de vies humaines !En étant toi-même sang mêlé, tu te rends bien compte que le prestige et le talent ne viennent pas des parents ou du sang ! Qu'est-ce que tu comptes faire des nés moldus et des sang-mêlé au juste ?

-Nous les empêcherons d'accéder à notre monde, par tous les moyens. Je ne prévois pas de les exterminer si c'est ce que tu crois, mais s'ils prennent les armes contre nous, et je te garantis qu'ils le feront, je devrais défendre le monde sorcier. Je dois être le dernier tu m'entends, le dernier à avoir le sang souillé.

Elle pleurait maintenant, elle pleurait pour de bon. Cruelle désillusion. Elle savait que Tom avait un côté sombre, mais là ? Même s'il l'assurait qu'il ne souhaitait pas exterminer les sangs impurs, elle se doutait bien qu'un tel plan ne se ferait pas sans heurts. Elle peinait à y croire, mais la vérité était là, devant elle. Et qu'importe l'abandon, qu'importe sa vie parmi les moldus, rien ne pouvait justifier un tel projet.

- Quand comptes-tu mettre ton plan à exécution ? Et quelle est ma place là-dedans ? lui demanda-t-elle d'un ton étonnamment froid entre ses larmes.

-J'ai encore un certain nombre de choses à mettre en place. On ne renverse pas un gouvernement et des traditions séculaires en un coup de baguette. Ambre, je ne te demande pas d'y prendre part activement, je veux seulement que tu sois là avec moi. Il faut que tu comprennes que ces pertes en éviteront des centaines d'autres…

-Mais comment peux-tu me demander ça Tom ? Tu me parles froidement de tes projets macabres et ensuite tu veux que je t'accompagne dans le chemin que tu as choisi ?

-Tu ne m'aimes donc pas ?

C'était bien la première fois qu'il lui parlait de sentiment. Elle ne comprenait plus rien, elle avait envie de hurler, de le frapper, de le serrer fort contre elle et de se convaincre que tout ça n'était pas vrai. Est-ce qu'elle l'aimait ? Oui, bien sûr, cela s'imposait à son esprit et la dégoûtait en même temps. Elle aurait aimé pouvoir le rejeter et bloc et claquer la porte sur toute cette histoire. Mais rien n'était jamais manichéen dans la vie…

-Tu sais bien que je t'aime Tom, même si en ce moment, je suis terrifiée. Ça n'a rien à voir. Tu veux mettre le monde à feu et à sang, tu veux renverser l'ordre établi. Je ne peux pas te suivre sur cette voie. Je ne suis pas comme toi.

-Tu ne comprends pas, il s'agit de notre avenir, de l'avenir du monde sorcier et de la survie de notre espèce. Je veux te conduire, toi et les autres sangs purs, sur le chemin de la grandeur. Dans ce monde où les sorciers n'auront plus à se terrer face aux Moldus, je serai leur guide, leur maître, leur roi… Et tu pourrais être leur reine…

-Tom, répondit-elle doucement. Je n'ai pas l'impression de que tu aies conscience de l'ampleur de tout cela…Non… Je n'ai jamais demandé à avoir le pouvoir, à être reine… Je ne viendrais pas, je suis désolée.

Un silence pesant tomba sur eux.

-Tom…que va-t-il m'arriver maintenant ?

-Que veux-tu dire ?

-Et bien, j'en sais long maintenant et… tu pourrais décider…

Il s'approcha alors d'elle et la saisie doucement par les épaules.

-Jamais je ne te ferais du mal, tu le sais. Cependant, comme tu le dis, tu sais beaucoup de choses sur ma quête maintenant alors si tu décides de partir je ne te demanderais qu'une chose : un serment inviolable.

-Un serment inviolable ? répéta-t-elle sans comprendre.

-Oui, je veux que tu jures ici et maintenant que tu garderas ses révélations pour toi.

-Cela ferait de moi une complice !

-Ce ne sont que paroles, aucun acte n'a été fait ici. Mais tu dois comprendre que je dois prendre certaines …. précautions.

Elle avait la nausée. C'était un véritable cauchemar. Elle se sentait presque suffoquer et elle n'avait plus qu'une hâte : sortir d'ici. Aussi accepta-t-elle de prêter serment sous réserve que celui-ci la laisse partir sans encombre.

Jedusor accepta. Il comprenait désormais qu'il l'avait brusquée. Parler des éventuelles pertes côté moldus et sangs de bourbe avait été une erreur, mais il ne pouvait pas le cacher. Si elle le rejoignait, ça devrait être en conséquence de cause. Il se sentait cependant étrangement vide et le sentiment qui l'envahissait lui rappelait celui qu'il éprouvait enfant, encore inconscient de ses pouvoirs, quand il voyait un enfant partir avec sa nouvelle famille, tous arborant un large sourire alors que lui restait seul. Ce qu'il ressentait, c'était de la tristesse car oui, il s'était rendu à l'évidence qu'il éprouvait de l'amour pour Ambre. C'est ce qui lui donne la force de ne pas la garder auprès de lui sous la contrainte et de la laisser partir. Il lui indiqua cependant que si elle changeait d'avis, elle pourrait le rejoindre demain à 15h00 à la gare côté sorcier.

Ambre ne put qu'acquiescer, écoutant à moitié. Une fois le serment fait, elle prit rapidement quelques affaires, toujours sous le regard impénétrable de Tom et elle quitta l'appartement qui fût le sien et entra dans le premier hôtel magique qu'elle trouva.

À la réception, une vieille femme grosse comme un troll l'accueillit.

-Une chambre pour la nuit s'il vous plaît,demanda-t-elle, la voix encore tremblante.

La vieille femme sortit une baguette étonnamment longue et fit léviter une lourde clé en bronze jusqu'au comptoir. Elle scruta la jeune femme intensément.

-Vous aurez la 309 ! Dites mon chou, vous allez bien ? On dirait que vous venez de croiser un mort…

Elle avait une voix étonnamment douce pour une femme-troll, et apparemment, elle savait cerner les gens ! Ambre ria nerveusement.

-C'est un peu ça, je crois… avoua-t-elle.

-Reposez-vous mon chou, un beau brin de jeune fille comme vous ne devrait pas se mettre dans des états pareils.

Elle remercia la sorcière-troll et grimpa les étages jusqu'à sa porte. La chambre était petite, mais propre. Un tableau vide indiquait que son occupant était parti faire un tour. Une coiffeuse avec un grand miroir lui renvoya une image qui lui fit peur : celle d'une femme qui avait pris dix ans en une heure. Elle avait les yeux rouges et hagards et les cheveux hirsutes. Elle s'effondra sur son lit et c'est en pleurant qu'elle finit par s'endormir. Et dans ce monde où il lui semblait avoir de nouveau tout perdu ; elle réalisa qu'elle ne s'était jamais sentie aussi seule.

Jedusor se tenait sur le quai de la gare, une valise contenant l'essentiel de ses possessions, le reste ayant déjà été envoyé magiquement à Londres. Il sortit de sa poche une lourde montre gousset. Il lui restait quinze minutes pour prendre son train. Il jeta négligemment un coup d'œil sur le quai. Elle ne viendrait pas. Il était déçu et agacé à la fois. Il ne s'était pas attendu à ce que son départ l'affecte autant. Le sommeil l'avait fui toute la nuit et il ne comprenait pas la boule au ventre qu'il ressentait en permanence depuis le départ de la jeune femme. Si c'était là l'un des effets de l'amour, il valait peut-être mieux en effet en rester là…Mais une partie de lui était intimement convaincue qu'Ambre avait une véritable place à ses côtés.

Encore cinq minutes.

Il se dirigea d'un pas nonchalant vers le wagon, il allait monter dans le train lorsqu'il se figea. Elle était là, elle se tenait immobile et le regardait. Jamais il ne l'avait trouvé aussi belle, avec cette douleur dans le regard et cette fatigue dans ses traits. Une partie de lui était intensément satisfaite d'être à l'origine de son état, une autre peinée de ne pouvoir rien y faire.

La jeune femme s'approcha doucement de lui et Tom se demanda un instant si finalement elle n'avait pas changé d'avis.

« Je suis venue te dire au revoir…

-Tu n'as donc pas changé d'avis ?

-Ce n'est pas toi qui me faisais si souvent remarquer à quel point j'étais têtue, contra-t-elle avec un pauvre sourire.

-Effectivement, sourit-il à son tour. Je suis navré, Ambre. Navré de t'avoir tout caché et de ne pas avoir su te convaincre.

-Tom…C'est mon choix. Après hier…J'ai essayé de tout simplement tirer un trait, de te détester…Mais je n'y arrive pas. Mais je ne peux pas non plus cautionner… Alors je suppose que c'est mieux que tu partes…

-Alors pourquoi es-tu là ? murmura-t-il dans un souffle.

Elle haussa vaguement les épaules avec une moue.

-Je voulais…je voulais juste te dire au revoir.

Elle s'approcha doucement de lui et l'embrassa délicatement. Il referma ses bras autour d'elle et la serra fort contre lui, chacun profitant de ce moment d'intimité qui serait le dernier. Après un moment bien trop court pour eux deux, il repoussa gentiment Ambre. Il se retourna un instant avant de monter dans le wagon et Ambre lui adressa un petit signe de main, les yeux brillants de larmes. La porte se referma ainsi sur l'homme qu'elle aimait et maudissait en même temps pour toute la peine qu'il lui causait. Elle resta longtemps sur le quai, frêle silhouette solitaire qui avait l'impression que le poids du monde s'était écrasé sur ses épaules.