Black Sunset : Dark Matter

Chapter 25

Disclaimer : Je considère que si Rowling autorise Cursed Child, elle autorise toutes les autres fanfictions, même celles qui naissent dans mon esprit tordu personnel.

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.

RAR :

mh :

Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci pour le passage avec la Légilimencie, je suis contente qu'il t'ait plu, parce que j'ai beaucoup aimé l'écrire ! Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Lupa :

Hellooooo ! Merci beaucoup pour tes deux reviews ^^

A oui, programme chargé pour ton été en effet ! J'espère que tu n'as pas à absorber la super réforme de Jean-Mi par dessus ^^ Bon courage, hein !

Merci pour la scène entre Grant et Andy. J'avoue que les Adler dégustent un peu (je ne pensais pas qu'ils reviendraient si tôt dans l'histoire pour être toute à fait honnête!) et j'aurais dû me doûter qu'Andy ne se contenterait pas d'observer toute cette histoire sans intervenir...

Merciiii pour Crystal:) Je suis tellement contente que cette gamine continue de plaire à tout le monde. C'est tellement une de mes chouchoutes en plus ! Elle est top à écrire !
Dumbledore a encore frappé, j'étais fan aussi quand j'ai eu l'idée du twist !

Maellyn est en bonne passe pour devenir la reine des Ténèbres, c'est clair xD (tout de suite, je ne suis pas aussi cruelle!)

Sur bien des plans, je crois que Maellyn se serait plutôt bien entendue avec Hermione. Elles ont toutes les deux cette dédicacions aux études qui fait plaisir à voir au professeur que je suis !

Merci pour tous tes compliments keur:keur:keur. Tu n'as pas idée à quel point tes mots me font plaisir et me remotive !

Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Merci à Almayen mh, Tiph l'Andouille, Sun Dae V, mimi70, tzvine, Lupa et Merly Flore pour leur review. Tous vos messages m'ont fait super plaisir ! Keep it up !

Bonjour à toutes et à tous !

Me revoilàààààà !

Bon j'avoue que je suis pas en avance (peut-être même un peu en retard) mais j'ai été plus occupée que prévu la semaine dernière... Le bon côté, c'est que vous aurez à attendre moins longtemps la suite ^^

A part ça, j'ai quand même été efficace depuis la dernière fois parce que j'ai terminé 40 et 41, rien que ça ! Ce sont deux petits chapitres (AMEN!) mais ils sont plutôt sympas dans l'ensemble. Je suis assez fière de moi ! J'attaquerais donc Mars 1995 très bientôt, ce qui me rapprochera un peu plus du tome 5, pour lequel je ne cache plus mon enthousiasme vu toutes les idées qui trottent dans ma tête depuis que j'ai commencé à écrire cette histoire !

Sinon, chapitre 25 ! Je l'aime plutôt bien dans le genre. On avance sur quelques points de l'intrigue du canon et vous allez retrouver quelques unes des scènes MYTHIQUES du tome 3 ! Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne lecture !

Un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !

Black Sunset

Partie III : Dark Matter.

Chapitre 25

Dark Matter : a term used to describe matter in the universe that cannot be seen, but can be detected by its gravitational effects on other bodies.

Secret : n. a piece of information that is generally known or is not known by someone else and should not be told to others.

Dimanche 20 Mars 1994, Poudlard, Ecosse.

Les coups portés à sa porte auraient sans doute réussi à réveiller un mort.

Il aurait aimé les ignorer – ou user d'un sortilège pour atténuer le bruit – et reprendre sa nuit là où il venait d'être interrompu, mais il savait très bien que personne ne se serait permis de venir le tirer de lit au milieu de la nuit juste pour lui faire une farce.

Ou du reste, les seules personnes qui auraient pu étaient décédées.

Il repoussa les couvertures avec un grognement et rejoignit la porte, non sans attraper sa baguette au passage.

En découvrant le visage maussade et le regard sombre de Severus Rogue, il se demanda vraiment s'il n'était pas en train de rêver.

Une autre petite voix dans sa tête, elle, comprit tout de suite ce qui s'était passé.

- Ton très cher ami a attaqué la tour des Gryffondors et a bien failli assassiner le cadet des fils Weasley, Lupin. On a besoin de tout le monde pour fouiller le château.

La surprise laissa place à l'incompréhension, avant que la colère ne fasse hurler le loup dans un coin de son âme.

Harry !

La véritable cible de cette expédition ne laissait pas le moindre doute, même si Black s'était visiblement trompé de lit.

Il avala plusieurs goulées d'air, comme un plongeur qui aurait passé trop de temps sous l'eau, et lutta contre lui-même pour rester maître de ses émotions.

Ça ne servirait sans doute à rien, surtout s'il cédait à l'envie impérieuse de balancer son poing au visage de Rogue.

Son ex-camarade de classe, ancien adversaire dans la guerre, et désormais collègue, le dévisageait avec un dégoût qui allait au-delà de son mépris habituel. Il avait assez croisé son regard hostile du temps de Poudlard pour deviner qu'il aurait bien aimé lui lancer un sortilège – noir, de préférence – juste parce qu'il pensait toujours qu'il était le complice de Black.

Il prit une profonde inspiration : la nuit allait être longue.

- Comment va Ron ?

Rogue eut un geste négligent, bien que particulièrement raide.

- Il n'a rien. De toute évidence, Black s'est ramolli à Azkaban.

Il ne préféra pas lui faire remarquer qu'il parlait de la vie d'un gamin de treize ans.

- Je reviens.

Il ne pouvait décemment pas parcourir le château et le parc en pyjama. Il était assez malade comme ça à cause des pleines lunes.

Rogue s'interposa au moment où il voulut fermer la porte, un rictus dangereux sur ses lèvres et sa baguette dans l'embrasure de la porte.

- On doit fouiller le château en entier, et j'ai vraiment envie de commencer par tes quartiers, Lupin.

Il n'en crut pas ses oreilles et la colère revint faire accélérer son cœur : combien de temps encore continuerait-il à être vu comme le complice de Black ? Il l'avait autant trahi que les autres – peut-être même plus – et il avait pour ainsi dire détruit sa vie. Il était sans doute celui qui souhaitait le plus qu'il soit rattrapé et reconduit à Azkaban pour purger ses crimes.

- Pour la énième fois, Rogue, je n'ai pas aidé Black à entrer à Poudlard ! gronda-t-il, d'une façon plus animale qu'humaine. Et je ne l'ai pas aidé à attaquer Ronald Weasley non plus, si c'est la prochaine question que tu souhaites me poser !

Rogue resta de marbre.

- Tu ne verras aucun inconvénient à ce que je vérifie, dans ce cas.

- Seulement si tu me laisses fouiller tes appartements ensuite. Après tout, vous étiez collègues de travail, non ?

Rogue blêmit, puis des tâches rouges apparurent sur sa peau blafarde.

- Tu oublies que j'ai changé de camp bien avant la fin de la guerre, Lupin !

- Je suis sûr que ça fait une très grande différence pour les familles des personnes que tu as tué et torturé, Rogue.

En voyant qu'il venait d'avoir le dernier mot, il se décala pour le laisser entrer.

Ce n'était pas l'envie de l'envoyer se faire voir qui lui manquait : Rogue était détestable dans le meilleur des jours et il avait cessé tout effort pour être cordial avec lui depuis qu'il avait ruiné la séance sur les loup-garous qu'il entendait faire à la fin de l'année. Ils avaient toutefois un dangereux fugitif à retrouver et Black pouvait très bien être venu pour lui aussi.

Si Black débarquait pour le tuer ici, il ne verrait aucun inconvénient à le laisser abîmer Rogue avant de se charger de lui.

Rogue se montra particulièrement méticuleux, usant de plusieurs sortilèges et ouvrant même les fenêtres, comme si Black était agrippé à la façade du château.

Il savait qu'il devait se changer. La salle de bain était déjà inspectée, il pouvait très bien s'y enfermer et enfiler des vêtements chauds, mais il refusait pertinemment de laisser Rogue tout seul dans ses appartements.

Il avait été témoin trop de fois de sa perfidie au temps de Poudlard, et s'il se fiait aux conversations de ses élèves, Rogue aimait se montrer cruel.

Dire qu'il ne lui faisait pas confiance était un parfait euphémisme.

Finalement, son collègue quitta son appartement, l'air renfrogné – et certainement déçu –.

- Dépêche-toi. Dumbledore refuse que nous soyons seuls pendant les recherches.

Il ne lui fallut qu'une poignée de minutes pour être prêt. Il regrettait plus que jamais de ne pas avoir la Carte de Maraudeurs... Il avait essayé de la récupérer mais Rusard refusait de le laisser regarder dans le fameux placard où il conservait tous les objets confisqués aux élèves, professeur ou non. Il aurait peut-être été capable d'en refaire une – sans doute plus grossière – sauf qu'il n'avait pas le talent de James en Métamorphose, ni la finesse de Peter quand il s'agissait de certains Sortilèges. Sans oublier qu'il n'avait pas vraiment le temps et qu'il leur avait fallu plus de deux ans à quatre personnes pour la réaliser la première fois.

Sa seule consolation était que Black ne l'avait pas en sa possession non plus. Avec un peu de chance, les années passées à Azkaban avaient attaqué sa mémoire et il ne connaissait plus le château aussi bien qu'avant.

- Comment a-t-il fait pour entrer dans la tour ?

- D'après ce que j'ai compris, cet idiot fini de Londubat tenait une liste des mots de passe et l'a égaré. A croire que le Choixpeau envoie tous les gamins stupides à Gryffondor.

- Ne t'inquiète pas, Serpentard reçoit largement sa part.

Ils s'affrontèrent du regard en silence et Remus eut presque l'impression d'avoir à nouveau dix-sept ans. C'était lors de sa septième année qu'il avait commencé à justifier les duels entre James et Rogue. La rivalité entre les deux avait atteint son paroxysme une fois que l'allégeance de Rogue pour Voldemort et celle de James pour l'Ordre du Phénix n'avaient plus laissé le moindre doute. Les querelles d'adolescents avaient cédé la place à une véritable haine, qui n'avait été qu'un avant-goût de la guerre qui les attendait dehors.

C'était sans doute un miracle qu'aucun des deux n'aient été renvoyés à l'époque...

Ils continuèrent leurs recherches en silence, sans qu'il ne se fasse la moindre illusion. Black était sans doute déjà dehors et il serait surpris si les Détraqueurs arrivaient à retrouver sa trace. C'était la troisième fois qu'il réussissait à passer leur vigilance, il réussirait encore.

Comme à Halloween – et terriblement souvent depuis –, il se demanda s'il ne devrait pas avouer à Dumbledore que Black était un Animagus. Ça n'aiderait sans doute pas les Détraqueurs à le trouver, ni même les Aurors – surtout pas dans la Forêt Interdite ou les environs de l'école – mais il devait exister des sortilèges pour l'empêcher de passer les protections.

Il devait protéger Harry.

Répète après moi, Lunard : je jure solennellement de ne jamais divulguer le secret des Maraudeurs.

Il soupira.

C'était comme si James se plaisait à revenir le hanter à chaque fois que cette idée lui traversait le crâne, pour le mettre au défi de trahir sa mémoire en brisant la promesse qu'il lui avait faite.

Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il le tuerait une deuxième fois s'il se confiait à Dumbledore.

Merlin en soit témoin, il n'avait pas la force de perdre le peu qu'il lui restait de lui.

Dimanche 20 Mars 1994, Poudlard, Ecosse.

Je n'avais jamais vu la salle commune aussi bondée, même l'année dernière quand les préfets nous avaient rassemblé pour nous parler de la Chambre des Secrets. Nous étions tous silencieux alors, et cela n'avait guère duré très longtemps.

Cette fois, c'était différent. La majorité de mes camarades s'était rassemblée par année et débattait des chances pour que Black soit attrapé cette nuit, ou des possibles complices qu'il devait avoir dans le château. Après tout, c'était la deuxième fois qu'il réussissait à passer les protections mises en place par Dumbledore et qu'il remontait jusqu'à la tour des Gryffondors sans se faire repérer.

La cible, elle, ne faisait l'objet d'aucune spéculation. Le seul intérêt de Black à viser les quartiers des lions, et plus précisément le dortoir des troisièmes années, était Potter.

De toute évidence, Black souhaitait tuer son filleul.

Je surpris le regard méfiant d'une élève de cinquième année dont je ne connaissais même pas le nom, et je ne pus retenir un nouveau soupir.

Si même les Serpentards commençaient à imaginer que j'étais la complice de Black, la rumeur allait définitivement prendre des proportions inégalées.

Draco eut un soupir agacé, juste à côté de moi, et je tournai la tête pour le dévisager. Lors de la première attaque de Black, il avait été en colère contre lui – parce que sa route avait croisé la mienne et que j'avais passé la nuit à l'infirmerie, lui causant une belle frayeur au passage –. Cette fois, je n'arrivais pas à comprendre quel était son problème.

Dans l'absolu, Black en avait officiellement après son ennemi juré... L'histoire avait montré que les Black finissaient souvent par obtenir ce qu'ils voulaient, d'une façon ou d'une autre.

Il aurait dû être satisfait...

Il devait donc y avoir autre chose, mais il était bien trop tard pour que j'essaye de découvrir quoi. Si cela n'avait tenu qu'à moi, je serais restée au lit après que le professeur McGonagall soit venue fouiller notre dortoir pour être certaine que Black ne s'y cachait pas, mais Deloris avait insisté pour que nous rejoignons les autres en attendant de savoir si Black avait été arrêté.

Je doutais sincèrement qu'il se soit attardé dans le château après son attaque et il était probablement déjà très loin.

Dans tous les cas, notre groupe était certainement le plus discret, ce qui avait très vite ennuyé Deloris – elle était partie à la pêche aux informations – et Blaise – occupé à jouer avec les cheveux de sa petite-amie en quatrième année –.

Ce fut en continuant de lister les amis de mon frère – je savais où étais les miens : Crystal était installée à ma droite, tandis qu'Hadrian et Sven disputaient une partie d'échecs un peu plus loin – que je remarquai que Nott manquait à l'appel.

J'étais presque certaine de l'avoir aperçu un peu plus tôt.

- Où est passé Nott ?

Draco haussa les épaules avec indifférence, sûrement habitué à ce que son ami disparaisse sans prévenir.

- Il est sorti il y a plus d'une heure, m'apprit Crystal, d'un ton neutre.

Draco oublia sa mauvaise humeur pendant une seconde et se redressa, désormais intéressé.

- On a pas le droit de sortir, souffla-t-il.

Si Black était toujours dans les parages, c'était compréhensible.

- S'il se fait prendre par l'un des professeurs, Serpentard va perdre beaucoup de points.

- Je ne pense pas que Nott soit le genre à se faire prendre aussi facilement que ça, dit Crystal.

Elle avait sans doute raison et c'était particulièrement agaçant, surtout que Nott risquait de revenir de sa ballade avec bien plus d'informations sur l'attaque de Black que tous les préfets réunis et il se ferait prier pour nous donner des miettes.

Quand le professeur Rogue revint, il n'était pas loin de quatre heures du matin et Deloris argumentait depuis déjà une demi-heure avec Antoinette Puffetpour ne pas devoir aller se coucher, ce pour quoi les premières années n'avaient pas eu leur mot à dire.

Le silence s'imposa au fur et à mesure que chacun prenait conscience de sa présence.

- Le château a été entièrement fouillé et Black n'a pas été arrêté. Je veux tout le monde au lit dans moins de cinq minutes.

Si nous avions tous des questions, nous les gardâmes pour nous et rejoignirent nos dortoirs, de peur de nous attirer les foudres de notre Directeur de Potions. Je pouvais me tromper, mais j'avais l'impression qu'il était déjà en colère, et il ne faudrait pas grand chose pour terminer en retenue.

Quand je me réveillai plusieurs heures plus tard, il était déjà tard, et je n'avais pas l'impression de m'être reposée, surtout que j'avais enchaîné les rêves étranges et fini par revivre ma rencontre avec Sirius Black le soir d'Halloween.

J'étais la dernière dans le dortoir – je devais sans doute m'estimer heureuse qu'on m'ait laissée dormir – et, puisqu'il était trop tard pour espérer manger à la Grande Salle, je pris mon temps pour me préparer.

Quand je sortis de la salle de bain, Crystal était assise sur son lit et semblait m'attendre.

- Alors, les rumeurs vont-elles bon train ?

Elle eut cet étrange sourire carnassier qui rappelait presque un prédateur et je haussai un sourcil, curieuse. A la différence de ceux de Deloris, ses potins étaient toujours intéressants, sans doute parce qu'il s'agissait plus souvent de secrets surpris lors de confessions indiscrètes que de simples bruits de couloirs.

- Ça te dit que je te raconte ça dans les cuisines. Tu dois avoir faim, non ?

J'avais un peu faim, mais il était quatorze heures passée et je pouvais sans doute attendre l'heure du thé et la collation disponible dans la salle commune.

Toutefois, nous serions tranquille là-bas – Deloris n'aimait pas trop nous y suivre à cause des nombreux Elfes – et j'avais plutôt envie de me faire discrète jusqu'aux vacances de Pâques... Entre ceux qui avaient l'air de se demander si Draco et moi n'aidions pas Black, et les autres qui essayaient de nous arracher des scoops à son sujet, mon très cher grand-cousin ne me simplifiait pas spécialement la vie.

Nous traversâmes la salle commune sans que personne ne nous arrête et je me retrouvai bien vite devant un chocolat chaud et des scones encore tièdes.

Crystal attendit que j'aie avalé une première bouchée pour se pencher vers moi.

- D'après ce que je sais, Black a réussi à se procurer un morceau de papier où étaient écrits tous les mots de passe de la Tour Gryffondor. C'est comme ça qu'il a pu rentrer.

- Qui a pu être assez stupide pour écrire des mots de passe et laisser traîner ça n'importe où ?

- Neville Londubat.

Une partie de ma gorgée de chocolat chaud partit dans mes poumons et je crus que j'allais vomir le peu que je venais d'avaler à force de tousser.

Sans l'intervention d'une Elfe, ça aurait sans doute été le cas.

- Vous allez bien, Miss ?

J'essuyai les larmes de douleur et repris un peu de chocolat chaud pour atténuer la brûlure dans ma gorge.

En face de moi, Crystal haussa un sourcil.

- C'est effrayant le pouvoir que ce nom a sur toi.

Mon regard noir ne sembla pas du tout l'émouvoir.

- Ne me dis pas que tu ignores pourquoi, parce que je ne vais pas te croire, Malhorne.

Elle resta pensive une poignée de secondes.

- Parkinson s'est chargée de m'expliquer l'histoire. Tu n'y es pour rien dans ce qui est arrivé à ses parents.

- Je sais.

- Ce n'est pas vraiment l'impression que tu donnes...

- C'est compliqué.

Et je n'avais pas envie d'en parler.

- Comment Black s'est-il procuré ce parchemin pour commencer ? Tu penses qu'il rode dans le château ?

Crystal mordit dans un scone et mâcha longuement.

- Peut-être... mais ça serait vraiment un coup de chance qu'il tombe sur un truc pareil. Je veux dire, même si Londubat l'a égaré, le château est immense...

- Quelqu'un l'aide alors...

- Possible. C'est ce que pense Nott.

Je la dévisageai.

- Ce que pense Nott ? Qu'est-ce qu'il t'a demandé en échange d'une telle confession ?

Elle me glissa un clin d'oeil.

- Ne t'inquiète pas pour moi. Les informations, c'est comme le reste, c'est un business, et je suis très forte en business.

Je n'allais pas la contredire là-dessus, mais Nott était particulièrement retord et très peu bavard quand il l'avait décidé.

Au fond, de toutes les personnes que je connaissais, Crystal était sans doute la seule qui avait le potentiel de lui tenir tête.

- Très bien, qu'a-t-il découvert de plus ?

- Pas grand chose de très intéressant. Apparemment, Black a été directement dans le dortoir des garçons de troisième année et a essayé de s'en prendre à Ronald Weasley. Il a déchiré les rideaux de son lit avec un poignard. Comme ça a réveillé Weasley, il s'est enfui sans avoir fait de mal à personne.

Je pris le temps de digérer l'information, imaginant le déroulement de l'attaque.

- Black se serait trompé de lit ?

- Peut-être... mais c'est bizarre, tu ne trouves pas ? Il n'avait qu'à entrouvrir les rideaux pour savoir qui dormait dans le lit. On peut difficilement confondre Potter et Weasley en plus. Et puis, c'est stupide de déchirer des rideaux. Pour tuer quelqu'un avec un poignard, il faut au moins viser le cœur, sinon la jugulaire...

J'en restai sans voix et une légère rougeur se déploya sur ses joues au bout de plusieurs longues secondes de silence.

- Tu t'es vraiment levée très tard et j'ai eu le temps de réfléchir à la question !

- En parcourant le manuel du Meurtre réussi à la bibliothèque ?

- Même toi tu sais qu'il faut viser la gorge pour vraiment blesser quelqu'un. C'est ce que font les prédateurs.

Elle n'avait pas tout à fait tort. Même en vivant dans le monde très civilisé de la société Sang-Pur, avec ses codes et son étiquette, je n'étais pas sans connaître les points sensibles d'un homme.

Nani s'était fait un devoir de m'apprendre à me défendre avant mon entrée à Poudlard.

- La vraie question est pourquoi Black aurait attaqué le dortoir des troisièmes années si ce n'était pas pour s'en prendre à Potter ?

Crystal joua avec une de ses tresses en silence. Je pouvais voir ses yeux bouger rapidement, signe qu'elle réfléchissait à toute allure.

Potter était toujours la réponse évidente mais, comme disait Crystal, ce n'était pas logique et je n'étais pas vraiment convaincue que Black soit complètement cinglé. Après tout, il avait réussi à s'échapper d'Azkaban, à berner tous les Aurors du Ministère et personne ne l'avait arrêté alors qu'il avait trouvé refuge dans les environs. Ça, sans oublier qu'il avait déjà réussi à s'infiltrer au moins deux fois dans le château sans être pris...

Si sa première attaque avait ressemblé à une tentative désespérée, la seconde semblait un peu plus organisée.

S'il avait vraiment voulu tuer Potter, rien n'aurait dû l'en empêcher la nuit dernière... Un homme armé, même d'un seul poignard, face à cinq garçons de treize ans endormis ?

- Je ne pense pas qu'il en ait après Potter, dit finalement Crystal, son regard toujours fixé au loin. A Halloween, il a attaqué la Tour des Gryffondors quand tout le monde était dans la Grande Salle, comme s'il avait espéré pouvoir la fouiller sans que personne ne s'en aperçoive.

- Il serait à la recherche de quelque chose alors ?

- Peut-être... mais ça n'explique pas pourquoi il s'en est pris aux rideaux du lit de Weasley...

J'eus un soupir. Je ne savais même pas pourquoi nous nous prenions la tête... Il était très peu probable que nous arrivions à deviner plus de choses que les Aurors. Après tout, c'était leur métier et...

La révélation me dit l'effet d'une bougie qui s'allumait quelque part dans mon cerveau.

- Black a fait ses études à Gryffondor ! Peut-être qu'il y a caché quelque chose et qu'il cherche à le récupérer ?

Crystal me dévisagea avec attention avant de hocher la tête.

- Ça colle déjà plus. Même si ça reste un gros pari de sa part, de cacher quelque chose à Poudlard pendant toutes ces années... N'importe qui aurait pu tomber dessus.

- Pas si c'est bien caché. Black était très doué en Métamorphose, il a pu le transformer en quelque chose de banal avant de partir.

Crystal fronça les sourcils.

- A quel point Black était-il doué ?

Je haussai les épaules. McGonagall n'était jamais entrée dans les détails. Mon absence de réponse ne réussit pas à distraire Crystal. A la façon dont elle semblait perdue dans ses pensées, j'avais l'impression qu'elle réévaluait tout ce qu'elle avait pu imaginer jusqu'ici concernant l'évasion de Black en prenant en compte cette nouvelle information.

Finalement, elle reprit une bouchée de scones.

- Je ne suis plus si sûre qu'il ait utilisé la magie noire pour s'échapper, annonça-t-elle finalement.

Je gardai pour moi le fait que Pansy pensait exactement la même chose. Peu m'importait comment Black avait bien pu s'échapper, la vérité était qu'il était dehors et que je voulais juste éviter de recroiser sa route.

- La vraie question, c'est qu'est-ce qu'il peut bien chercher à récupérer dans la tour des Gryffondors.

- Je suis d'accord. Il va falloir faire quelques recherches...

Ce fut à mon tour de la dévisager. Je n'avais aucune prétention à devenir enquêtrice. C'était censé être le travail des Aurors.

- Tu es sérieuse ?

Elle haussa un sourcil et son sourire carnassier revint étirer ses lèvres.

- Je ne dis jamais non à une bonne énigme.

Je pouvais me tromper, mais j'étais presque sûre que Deloris n'allait pas tarder à me reprocher de passer trop de temps avec elle.

Mardi 22 Mars 1994, Poudlard, Ecosse.

- Où allez-vous comme ça, Miss ?

Je me stoppai au détour du couloir. Rusard venait de sortir de derrière une tapisserie, Miss Teigne sur ses talons, et me dévisageait comme si je venais d'être prise sur le lieu d'un crime horrible.

- J'ai une leçon particulière avec le professeur McGonagall, répondis-je, en faisant de mon mieux pour ne pas montrer mon agacement.

Je croisais bien trop de regards méfiants au cours de la journée pour me passer de l'analyse de Deloris : de toute évidence, j'étais en tête de la liste des complices possibles de Black.

Cette fois, je n'étais même plus sûre que cela soit entièrement dû aux crimes de mes parents. Crystal m'avait confié qu'on me reprochait d'être assez intelligente pour ne pas me faire attraper, quand d'autres se méfiaient désormais de mon allure soignée, sans oublier tous les incidents qui stimulaient l'imagination de certains.

Surtout le dernier en date.

Étonnement, on ne reprochait rien de tout cela à Draco, quand bien même il s'était fait remarquer l'année dernière avec ses « Sang-de-Bourbe » à répétition et ses déclarations tonitruantes concernant la Chambre des Secrets...

J'étais certaine qu'il en était vexé, ce qui ne faisait qu'accentuer sa mauvaise humeur, au point que même Pansy refusait de passer du temps avec lui. J'avais parfois l'impression qu'il s'était transformé en un dragon qui aurait une rage de dents...

Pour cette raison et pour tant d'autres, il était grand temps que nous soyons en vacances.

- Le professeur McGonagall ne m'a pas prévenu.

- Vous n'avez qu'à m'accompagner si vous ne me croyez pas.

- J'ai autre chose à faire ! Mais ça, aucun professeur n'y pense ! Dépêchez-vous d'aller où vous devez aller !

Je me retins de lui faire remarquer que s'il ne m'avait pas arrêtée, j'y serais sans doute déjà.

La porte du bureau du professeur McGonagall était entrouverte et je faillis bien entrer sans frapper, sauf que je reconnus la voix du professeur Lupin.

- J'ignore où il peut bien se cacher, Minerva... J'étais loin de participer à tous les mauvais coups de James et lui.

- Remus, ne me prenez pas pour une idiote, s'il vous plaît. Vous étiez aussi incontrôlable qu'eux à l'époque, juste plus malin quand il s'agissait de ne pas se faire prendre.

- C'était il y a longtemps. Black n'est plus celui avec qui j'ai grandi.

- Peut-être... Ou peut-être que la raison pour laquelle les Aurors n'arrivent pas à l'attraper est qu'ils cherchent un mage noir et qu'ils ne prennent pas en compte le fait qu'il n'en a pas toujours été un.

- Vous commencez à parler comme le professeur Dumbledore...

- Cela fait plus de cinquante ans que je le fréquente, il fallait bien que cela arrive un jour. Essayez quand même d'y réfléchir, Remus. Na nièce semble être convaincue que vous pourriez faire toute la différence dans cette chasse à l'homme.

Il y eut un raclement de chaise sur le sol de pierre et je reculai significativement, bien décidée à donne l'impression que je venais d'arriver. Le professeur Lupin m'adressa un sourire forcé en passant près de moi, puis s'éloigna dans la direction opposée à celle d'où j'étais arrivée.

Je passai la tête dans l'embrasure de la porte.

- Ah, Miss Lestrange ! Entrez ! Fermez la porte derrière vous.

Je pris soin de ne pas répéter la maladresse du professeur Lupin, puis je pris place face à McGonagall, remisant dans un coin ce que je venais d'apprendre.

Lupin et Black étaient amis !

Je n'avais pas eu de séance particulière avec McGonagall depuis mon accident de Légilimencie et j'avais hâte de reprendre là où nous avions arrêté.

Si je me souvenais bien, elle m'avait promis de passer aux gros mammifères puisque j'avais parfaitement réussir à transformer ma dinde en cochon dinde, ce qui était plus difficile que tout ce que j'avais pu tenter jusqu'ici... Après tout, la dinde restait un oiseau (énorme, avec ça) et le cochon dinde un petit mammifère, à peine aussi gros qu'un lapin.

- Avez-vous eu le temps de terminer vos lectures ?

- Oui.

- Des questions ?

Je secouai la tête. J'avais normalement compris le principe, je savais déjà qu'il me faudrait accentuer ma viciosité et sans doute puiser davantage encore dans mes réserves de magie – au moins pour les premières fois – mais je devrais réussir à m'en sortir.

Du reste, j'allais au moins essayer et cela risquait de devenir mon seul plaisir de la semaine puisque je n'avais plus droit d'aller voler dans le parc depuis la nouvelle attaque de Black.

Je n'avais toujours pas récupéré mon balai, mais ce n'était pas une raison !

McGonagall se leva et pointa sa baguette sur la chaise à ma gauche.

Son geste compliqué de baguette me sembla familier – j'avais dû le voir dans un livre et sans doute le répéter aussi – mais sans la formule, il m'était très difficile de deviner à l'avance ce qui m'attendait.

Je ne pus retenir une exclamation ravie en reconnaissant un veau plus vrai que nature.

Mon professeur eut un léger sourire et désigna l'animal de sa main.

- Je suis sûre que vous savez ce que vous avez à faire, Miss Lestrange.

Je sortis ma baguette et choisis de me lever.

J'étais censée transformer le veau en blanchon, mais il y avait de bonnes chances pour que je m'emporte et que je me retrouve face à un phoque adulte...

Et si je me surpassais, l'animal pouvait vraiment avoir le même tempérament qu'un veau de mer, ce qui pourrait devenir problématique.

Circée en soit témoin, j'avais passé assez de temps à l'infirmerie.

Samedi 26 Mars 1994, Poudlard, Ecosse.

Je luttais contre le sommeil depuis une dizaine de minutes, refusant obstinément de rejoindre mon dortoir et de trouver refuge derrière les rideaux de mon lit.

Les regards en coins insistants de Deloris ou les claquements de langue agacés de Crystal n'y changeraient rien.

Parce que je savais très bien ce qui m'attendait si je me laissais aller à vraiment fermer les yeux...

Les cauchemars étaient revenus me hanter, plus insidieusement encore qu'avant les vacances de Noël. Depuis l'accident d'Occlumentie, je faisais des rêves étranges, sans queue ni tête, qui m'empêchaient de vraiment me reposer.

Depuis l'attaque de Black, les mauvais rêves étaient devenus de vrais cauchemars, qui me laissaient emmêlée dans mes draps, mon pyjama collé à ma peau à cause de mes sueurs froides et le cœur battant si vite qu'il allait sûrement finir par s'échapper de ma cage thoracique.

Tous les exercices d'Occlumentie n'y changeaient rien, la potion de Sommeil Sans Rêves semblait empirer les choses et j'avais fini par essayer de ne pas m'endormir par tous les moyens possibles en espérant que c'était juste passager.

Cela faisait trois jours, j'avais à peine sept heures de sommeil à mon actif, et tout le monde me demandait si j'étais malade, quelques professeurs compris.

Il fallait juste que je tienne jusqu'aux vacances...

Nani trouverait une solution, même si elle devait retourner terre et mer pour cela.

Une chose était sûre, ça ne pouvait pas être que les Détraqueurs. Il y avait autre chose, mais je deviendrais sans doute douée en Sortilèges avant de découvrir quoi.

Un nouveau bâillement manqua de me décrocher la mâchoire. Cette fois, ce fut Sven qui me lança un regard noir par-dessus ses notes de Potions.

- Tu es vraiment ridicule, Lestrange. Tu devrais aller à l'infirmerie.

Je l'ignorai royalement : j'avais déjà fait deux longs séjours dans les quartiers de Madame Pomfresh, sans oublier le mois entier que j'y avais passé avant les vacances d'été. Il était hors de question que cela devienne une habitude.

Deloris ouvrit la bouche, sûrement pour essayer de me convaincre d'être raisonnable – elle pouvait parler – quand Draco apparut, son visage et ses cheveux maculés de boue, le visage rouge de colère et un regard particulièrement meurtrier.

Ça aurait pu ressembler à un accident si Vincent et Gregory n'avaient pas été dans le même état.

Deloris se tourna vers moi, aussi surprise que ce que je ressentais. Même si j'avais envie de le rejoindre dans son dortoir pour en apprendre plus – Pansy allait sans doute être verte de jalousie d'avoir loupé son entrée –, je pris mon mal en patience pour ne pas me faire assassiner à la seconde où j'aurais passé la porte de son dortoir.

Mon cousin était déjà d'une humeur noire ces derniers temps, mais l'humiliation causée par son allure risquait de lui faire battre un nouveau record.

Viviane en soit témoin, il pouvait être plus mauvais encore qu'un Hippogriffe qui viendrait de s'être fait insulter.

Je réussis à patienter pendant près de trente minutes avant de prendre la direction du dortoir des troisièmes années, croisant Gregory dans l'escalier.

Il m'adressa un regard presque terrifié et je faillis faire demi tour.

Pour que les fidèles acolytes de Draco le fuient, il devait vraiment être infect.

Je frappai quelques coups à la porte mais n'attendis pas son autorisation pour entrer. Je le connaissais depuis toujours et s'il n'était pas en train de se plaindre d'un ton virulent – promettant au détour de chaque phrase d'en parler à son père –, c'était qu'il se cachait derrière les rideaux de son lit à baldaquins et qu'il ressassait sa colère.

Je sus tout de suite que j'avais vu juste et je faillis faire demi-tour. Quand il était dans cet état, il cumulait la mauvaise foi absolu de son père et la verve mauvaise de sa mère. Il n'était donc pas exclu qu'il me balance des horreurs au visage, pour lesquelles il ne viendrait pas s'excuser, parce qu'il était un odieux petit crétin.

Je n'étais pas sûre que l'alternative soit plus alléchante : outre le fait que Pansy n'avait pas fini de râler parce que je n'avais pas su faire preuve de bon sens – elle était sans doute l'une des rares personnes à pouvoir remettre Draco à sa place dans ces moments-là –, je devrais en plus supporter les tentatives de Deloris et Crystal pour me pousser à aller à l'infirmerie...

Comme disait Nani, il fallait parfois choisir ses combats.

- Draco ?

- Fiche-moi la paix.

Il y avait comme de la haine dans sa voix, sinon une évidente mise en garde.

Je m'approchai et j'entrouvris ses rideaux.

Il s'était lavé et avait même enfilé son pyjama – alors qu'il n'était même pas seize heures –. Son regard gris était particulièrement orageux et il serrait les lèvres si fort qu'il ressemblait presque au professeur McGonagall.

- Que s'est-il passé ?

Il croisa les bras sur sa poitrine, comme s'il avait sept ans à nouveau. Je pris place au pied de son lit, mes jambes croisées en tailleur et mon dos contre la structure du lit.

Il m'infligea un long moment de silence pesant, avant de se redresser un peu.

- Tu as une tête affreuse, grogna-t-il finalement.

Je levai un sourcil.

- Tu aurais dû voir la tienne couverte de boue.

Il eut un rictus, puis plissa les yeux.

- Je te raconte si tu me racontes.

Ce fut à mon tour de lui lancer un regard noir.

Évidemment.

J'avais déjà réussi à esquiver plusieurs de ses stratagèmes pour m'obliger à me confier depuis l'attaque de Black. Il était donc logique qu'il en profite, parce qu'il était le fils de son père.

Une autre fois, je l'aurais planté là, sauf que je le connaissais assez pour savoir que, qu'importe ce qu'il avait bien pu se passer, il était blessé au fond.

J'eus un soupir.

- Toi d'abord.

Il hocha la tête.

- On était à la Cabane Hurlante, dit-il après un autre silence, avec Vincent et Grégory, quand Weasley est arrivé... Quelque chose m'a attaqué en me lançant de la boue au visage. J'ai cru que c'était un des fantômes ou un esprit frappeur, et puis la tête de Potter est apparue de nulle part. Elle flottait !

- Je croyais que Potter n'avait pas le droit de se rendre à Pré-au-Lard ?

Cela avait occupé Deloris pendant de longues semaines, tandis qu'elle essayait de déterminer si, oui ou non, le Survivant était tombé de son piédestal et si oui, pourquoi.

- Il n'a certainement pas le droit ! Mais Saint Potter est au-dessus de tout ça et ce n'est pas comme s'il risquait grand chose à enfreindre le règlement... Il est même récompensé à chaque fois !

- Comment crois-tu qu'il a pu s'y rendre ? Il paraît que Rusard a été encore plus pointilleux que d'habitude !

- Rusard est un Cracmol et Potter a de toute évidence une cape d'invisibilité, ce qui explique bien des choses d'ailleurs.

- Tu as été le dire à un professeur ?

Un sourire mauvais étira ses lèvres.

- J'ai été voir Rogue. Il n'arrivera peut-être pas à le faire virer mais, au moins, il sera sans doute collé jusqu'à la fin de l'année. Avec un peu de chance, il ne pourra pas jouer lors de la finale !

Cela restait à voir, mais je me gardai bien de le lui rappeler. Potter semblait avoir une étrange immunité quand il se permettait d'enfreindre le règlement.

Au fond de moi, j'espérais bien que Rogue allait venger mon cousin... et si ce n'était pas le cas, peut-être que je le ferais moi-même.

Plein de choses pouvaient être métamorphosées en boue pour qui savait s'y prendre.

- Et toi ?

J'eus un soupir.

- C'est juste des cauchemars... L'accident avec Crystal a affaibli mes défenses et c'est comme si le pouvoir des Détraqueurs s'était intensifié depuis l'attaque de Black. Ça ira mieux après les vacances.

Draco se redressa et s'installa en tailleur à son tour, ses coudes en appui sur ses cuisses et son regard gris presque brûlant sur ma peau.

J'avais horreur quand il faisait ça, et il le savait très bien.

- Tu entends encore cette chanson ?

Un frisson remonta ma colonne vertébrale. Depuis que je m'étais promis de ne plus me torturer avec ça, j'avais presque réussi à ne plus y penser ou, du reste, j'arrivais à faire taire la petite voix qui me soutenait qu'il y avait quelque chose de louche dans cette histoire.

- Parfois... mais la plupart du temps, je rêve de ma mère.

Draco grimaça, comme s'il me connaissait assez pour deviner le scénario de mes rêves.

- Elle est à Azkaban, Aly... Elle n'est pas prête d'en sortir.

Je haussai les épaules.

- Black était à Azkaban aussi et ça ne l'empêche pas d'avoir bien failli tuer Weasley la semaine dernière. Et puis, quand Tu-Sais-Qui reviendra, il la fera sortir.

- Peut-être qu'il est vraiment mort...

- Ne sois pas naïf, Draco. Si Nani pense qu'il reviendra, c'est qu'il reviendra.

Cela eut au moins le mérite de le faire réfléchir.

- Tu es sa fille, elle ne te fera pas de mal...

Ma mère était la plus cruelle des sœurs Black. Bien sûr qu'elle n'hésiterait pas. Elle avait rendu deux personnes complètement folles juste pour obtenir des informations, et Morgane seule savait combien d'autres elle avait assassiné pour son Maître...

Si je me fiais à Black, ce n'était pas Azkaban qui allait lui apprendre l'indulgence.

Un bâillement me coupa dans mes réflexions. Draco eut un geste de la tête.

- Tu devrais essayer de dormir un peu, cousine. Parce que si c'est moi qui me fait engueuler par Maman parce que tu ressembles à un Inféris, je vais te le faire payer.

La fatigue que j'essayais d'ignorer depuis des jours s'abattit sur moi, me donnant l'impression de porter plusieurs dizaines de kilos sur mon dos.

Même si j'avais peur de faire un autre cauchemar, je savais aussi que, dans le pire des cas, Draco me réveillerait et qu'il serait là pour me rassurer s'il était vraiment horrible.

Et si je voulais tenir jusqu'aux vacances de Pâques, il fallait que je dorme un peu...

Jeudi 31 Mars 1994, Poudlard, Ecosse.

- Miss Lestrange, vous viendrez me voir à la fin de l'heure.

Je hochai la tête et j'eus tout le mal du monde à retrouver le fil avec mon sortilège.

Douce Viviane, les vacances n'arrivaient décidément pas assez vite. La fatigue me donnait l'impression que mon cerveau fonctionnait au ralenti, ce qui devait certainement être le cas si je me fiais à la migraine carabinée qui me vrillait les tempes.

Ça, sans oublier le fait que mes paupières semblaient peser une tonne chacune et que je bâillais au moins toutes les cinq minutes.

Sans surprise donc, j'avais bien failli brûler vive Loufoca – mon éternel binôme – et j'étais très loin de maîtriser le sortilège du jour.

Je ne souhaitais qu'une chose : que la journée se termine et que je puisse trouver refuge sous ma couette. Byrnes croulait sous les devoirs cette semaine et m'avait annoncée qu'elle ne pourrait pas me voir ce soir. Il y avait donc de bonnes chances pour que je puisse grappiller une ou deux heures de sommeil dans le dortoir de Draco.

C'était le seul endroit où mes cauchemars ne m'atteignaient pas, et je me fichais bien de devoir supporter les railleries de Pansy à ce sujet. Elle ne pouvait pas comprendre le bonheur simple de ne pas être réveillée par ses propres cris.

- Je pense que tu souffres d'une infection de Joncheruines, Alya. Tu devrais te frotter le front avec de l'ail. C'est un excellent répulsif.

Malgré le cruel temps de retard avec lequel je tournai la tête, je pus tout de même voir son air sérieux.

Aussi sérieuse qu'elle puisse être avec ses grand yeux bleus globuleux et son sourire rêveur.

Finalement, la sonnerie retentit, impérieuse et sans doute bien trop forte.

Je rassemblai mes affaires bien plus lentement que d'habitude – j'étais souvent la première à la porte en sortilèges – et ce fut donc Flitwick qui me rejoignit à mon bureau plutôt que le contraire.

- Je pense que vous devriez vous rendre à l'infirmerie, Miss Lestrange. On dirait que vous n'avez pas dormi depuis des mois.

Je relevai le menton par réflexe. J'avais bien conscience d'avoir piètre allure – je croisais mon reflet assez souvent dans un miroir et je n'étais pas encore aveugle – mais tout ce que je demandais était qu'on me laisse tranquille jusqu'aux vacances. J'avais difficilement arraché à Draco qu'il me promette de ne pas en parler à Nani à condition que je lui parle de mes cauchemars au moment où je passerais la porte du Manoir.

Il était hors de question que j'aille à l'infirmerie.

- C'est gentil de vous inquiéter, professeur, mais j'ai juste mal dormi.

- Vous mentez très mal pour une élève de Serpentard, Miss.

Je plissai les yeux. S'il n'avait pas été professeur, je lui aurais sans doute adressé mon plus mauvais regard noir.

S'il avait espéré m'arracher une confidence – il n'était que le troisième à tenter sa chance après les professeurs Sinistra et McGonagall – il venait sans doute d'anéantir toutes ses chances en une seule phrase.

Comme je risquais de me montrer très insolente si j'ouvrais la bouche – mon sale caractère pouvait atteindre des sommets quand j'étais fatiguée –, je croisai les bras sur ma poitrine et jetai un long regard en direction de la porte.

Flitwick eut un soupir qui sonnait comme un acte de rédhibition.

- Si vous refusez d'aller à l'infirmerie, Miss Lestrange, je vous suggère de demander à un camarade de troisième année de vous lancer un sortilèges d'Allégresse avant que vous n'alliez vous coucher.

- Merci, professeur.

Je doutais qu'un sortilège puisse m'aider à ne pas avoir de cauchemars, mais – même si cela me coûtait de le reconnaître – je ne perdais rien à essayer.

Je retrouvai le couloir avec un soupir de soulagement et rejoignis la salle commune aussi rapidement que possible. Une autre fois, j'aurais sans doute fait un arrêt à la bibliothèque pour avancer mes devoirs et être tranquille pendant les vacances, mais je n'étais sûrement pas en état de réfléchir sur les Puffapods ou sur les enjeux de l'assemblée des sorciers européens au Moyen-Âge.

J'avais presque atteint les escaliers qui menaient au dortoir des garçons quand Pansy me barra la route, les bras écartés et une grimace d'excuses sur les lèvres.

- Si j'étais toi, j'éviterais d'aller le rejoindre, il est d'une humeur massacrante.

- Quoi ?! Qu'est-ce que tu lui as fait ?

C'était quand même incroyable ! Draco avait reçu un lettre de son père ce matin lui annonçant l'exécution de l'hippogriffe qui l'avait attaqué et il avait retrouvé le sourire à la fin de sa lecture, comme si cela avait effacé les restes de sa colère concernant l'attaque de Pré-au-Lard.

Puisque, naturellement, Potter n'avait même pas reçu de retenue et Gryffondor avait conservé tous ses points.

- Je ne lui ai rien fait ! Ça fait presque un mois que je dois supporter son sale caractère toute la journée, je ne suis pas masochiste.

- Alors que s'est-il passé ?

- Granger l'a giflé.

Je crus une folle seconde que la fatigue me faisait halluciner.

- Je te demande pardon ?

- Granger lui a asséné une claque magistrale en plein milieu du parc, répéta-t-elle, particulièrement lentement, comme si j'étais débile. Draco a eu l'empreinte de sa main imprimé sur sa joue pendant plus d'une heure.

Il me sembla que la nouvelle accentua ma migraine et j'eus un gémissement pathétique.

- Qu'est-ce qu'il a inventé cette fois ?

- Je ne connais pas les détails, mais tu sais bien comment est ton cousin, Lestrange... Il a dû se vanter de la victoire de son père face à cet hippogriffe de malheur et comme Granger semble encore moins dormir que toi, elle s'en est remise à la violence... Classique.

Il était fort probable que Pansy ait raison concernant Draco... Peut-être même que, pour une fois, il n'avait eu que ce qu'il méritait. Ce n'était pas la première fois que son manque affligeant de finesse lui attirait des ennuis.

Dans tous les cas, je n'allais pas pouvoir me réfugier dans son dortoir et dormir. La fatigue me fit vaciller sur mes pieds et je sentis mes yeux me brûler...

Etait-ce trop demander que d'avoir un peu de répit ?

Pansy eut un soupir et m'attrapa le bras droit pour me tirer en direction du dortoir des filles.

- Allez, petite, mon dortoir est sûrement plus agréable que celui des garçons, et je vais monter la garde pour être certaine qu'aucun monstre sous le lit n'osera te réveiller...

Son ton railleur avait tendance à m'agacer au plus haut point d'habitude, mais je me sentis capituler aussitôt.

Sûrement parce que je connaissais assez Pansy pour pouvoir reconnaître la pointe d'inquiétude dans son regard noir.

Samedi 2 avril 1994, Poudlard, Ecosse.

La voix 9¾ était presque déserte, surtout comparée à la dernière fois qu'elle était venue chercher ses enfants pour les vacances de Noël. Elle avait dû user de nombreux regards sombres pour se frayer un chemin à travers la foule compacte, avait bien cru perdre Christopher dix fois et s'était promis de venir bien plus en avance l'année prochaine pour pouvoir être au bord de la voie.

Bien entendu, elle avait été élève à Poudlard avant ses enfants, elle savait très bien que les vacances de Pâques étaient les moins populaires pour un retour dans les familles. Les élèves de cinquièmes et de septième années restaient pour réviser leurs examens, la majorité de ceux de sixième croulaient également sous les devoirs et seuls les plus jeunes repartaient.

Avec un pincement au cœur, elle se demanda combien d'années il lui restait avant que Draco et Maellyn préfèrent rester à Poudlard plutôt de revenir au manoir pendant les congés...

Le temps passait trop vite et elle regrettait de plus en plus l'époque bénie où ils étaient tous petits, quand ils semblaient changer chaque jour et qu'un rien suffisait à les émerveiller. Maintenant, Draco allait avoir quatorze ans et elle allait devoir s'inquiéter de lui trouver une jeune fille de bonne famille qui saurait le rendre heureux...

Elle ne savait pas si c'était la perspective de le voir quitter le toit familial ou la crainte de se tromper qui l'empêchait parfois de fermer l'oeil la nuit venue.

Finalement, un bruit de tonnerre annonça l'arrivée du Poudlard Express, suivi d'un nuage de fumée qui dévoila finalement sa silhouette imposante.

L'impatience fit accélérer son cœur.

Douce Viviane, elle avait hâte de retrouver ses enfants et de les avoir pour elle seule pendant deux longues semaines.

Ce fut Draco qu'elle repéra le premier, ses cheveux blonds reconnaissables entre mille – et même sans cela, elle l'avait mis au monde –, suivi bien vite par Maellyn.

Tous deux bataillaient avec leur malle imposante et ils dirent au revoir à leurs amis avant de la rejoindre.

Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, elle comprit que Draco était de mauvaise humeur – ce qui semblait être devenu une habitude si elle se fiait aux lettres de sa filleule –.

L'allure de sa filleule lui fit l'effet d'un coup de poignard en plein cœur.

Si elle était revenue épuisée à Noël, elle semblait au-delà de ça cette fois. Son teint était terriblement pâle, ses yeux bordés de rouge et de cernes effrayantes, et un coup de vent semblait tout à fait capable de la précipiter au sol.

- Bonjour, mère.

S'il pensait que son ton distant la découragerait de le prendre rapidement dans ses bras et d'embrasser son front comme elle l'avait toujours fait, il était encore plus naïf que ce qu'elle pensait.

Elle prit ensuite le visage de sa filleule entre ses mains, ses pouces effleurant les marques violettes sous ses yeux avec douceur.

Maellyn eut une grimace tremblante et son regard devint brillant.

Elle lui offrit le refuge de ses bras et caressa ses longues mèches noires tendrement, tandis qu'elle se raccrochait à elle.

- Ça va aller, ma douce.

Elle trembla contre elle, mais retint ses larmes, parce qu'elle était en public et que, Morgane en soit témoin, la fierté de cette petite était sa plus grande ennemie.

Elle attendit que Maellyn se dégage d'elle-même avant de la libérer sans un mot. Ce n'était ni la place, ni le moment de lui soutirer des confidences. Sa filleule avait besoin d'un bon bain chaud et d'un excellent repas concocté par les Elfes du manoir avant d'accepter d'ouvrir la bouche.

Au fond, elle avait une fine idée de ce qu'il se passait : l'accident d'Occlumencie qui était survenu avec son amie Crystal avait dû faire bien plus de dégâts que ce qu'elle avait imaginé. Ses défenses psychiques devaient être au plus bas, ce qui la rendait particulièrement perméable au pouvoir des Détraqueurs.

Et ce n'était pas après la dernière attaque de la tour Gryffondor que le Ministère allait accepter de renvoyer ces répugnantes créatures à Azkaban.

Sirius ne lui simplifiait décidément pas la tâche et elle commençait à se demander si Azkaban ne l'avait pas rendu complètement idiot puisqu'il s'acharnait à rester dans les environs de Poudlard, quand bien même elle l'avait prévenu qu'il risquait le baiser des Détraqueurs s'il se faisait reprendre.

- Mère...

La tension dans la voix de Draco et son regard méfiant fixé quelque part derrière elle la fit se retourner.

Elle s'attendait presque à se retrouver nez à nez avec Rita Skeeter, puisqu'elle avait déjà refusé plusieurs interviews au sujet de Sirius, et dû esquiver sa compagnie à de nombreuses reprises sur le Chemin de Traverse ou au Ministère.

La journaliste était connue pour être pugnace et elle était largement capable de lui tendre une embuscade à King Cross.

Elle ne pensait sûrement pas à tomber nez à nez avec Androméda.

- Bonjour, petite sœur.

D'elles trois, Androméda était certainement la plus difficile à lire. Après tout, elle avait grandi dans une famille dont elle avait fini par trahir tous les principes et elle avait réussi à berner non seulement les Black, mais sans doute toute la maison Serpentard en plus.

Pourtant, Narcissa devina tout de suite qu'elle n'allait pas aimer l'issue de cette entrevue surprise – du reste pour elle – à la touche excessive de miel dans son ton et l'étincelle de provocation au fond de ses yeux.

Circée en soit témoin, elle était presque certaine qu'elle avait exhibé l'un et l'autre le jour où elle avait annoncé à leurs parents qu'elle était fiancée à un né-moldu.

- Que me vaut cet honneur, Madame Tonks ?

Androméda sortit une enveloppe de l'intérieur de sa cape.

Au papier blanc et à la forme de l'enveloppe, elle sut tout de suite que ce n'était certainement pas un courrier sorcier qu'elle lui tendait.

Elle se sentit pâlir, malgré tous ses efforts pour rester de marbre.

Elle était en public, des harpies comme Laurelyn Parkinson ou Regina Zabini s'étaient sûrement aperçues qu'elle faisait face à sa traîtresse de sœur, et les rumeurs pourraient très bien prendre une ampleur inégalée si leur imagination s'en mêlait.

La famille de Judy Adler est à Londres.

Elle avait osé ! Elle avait été trouvé ce qui restait de la famille de Judy Adler et elle avait parlé.

Il a le droit de savoir, Narcissa. Si tu ne le fais pas, je le ferais...

Ses battements de cœur passèrent d'un rythme affolé à une cadence plus agressive, comme s'il suivait d'anciens tambours de guerre.

Comment osait-elle ?! Si Maellyn avait vraiment été la fille de Bellatrix et qu'elle n'avait pas pu la recueillir, sans doute aurait-elle laissé des étrangers – ou pire, les Lestrange – s'occuper d'elle. Elle ne s'était jamais inquiétée de ce qui était advenue de cette enfant après l'emprisonnement de Sirius, et elle se permettait de mettre en péril sa vie entière juste parce qu'elle pensait que c'était la juste chose à faire ?!

Morgane toute puissante, se prendrait-elle pour une maudite Poufsouffle maintenant ?!

- J'ignorais que tu avais renié ta nature au point de ne plus vouloir utiliser de hibou, Androméda. Ton mari t'a-t-il également retiré ta baguette magique ?

Le sourire de sa sœur s'élargit, comme si elle s'était attendue à ce qu'elle insulte sa famille pour protéger la sienne.

- Tu sais très bien de quoi il s'agit, Narcissa. J'espère que tu sauras te montrer raisonnable.

- Sinon quoi ? Tu oublies que tu as choisi de te mettre au banc de notre société en t'exilant dans ce village moldu. Tu ne gagneras pas.

- Nous savons toutes les deux que je n'ai pas besoin de gagner. Je sais comment tourne ton univers, Narcissa. Je soignerai mes attaques, je te le promets.

Elle voulut sortir sa baguette magique et lui donner une bonne raison de ne pas se mesurer à elle, sauf qu'elle avait repérer plusieurs Aurors en arrivant – ces fous croyaient-ils vraiment que Black allait surgir du train pour tous les tuer ? – et elle serait sans doute conduite au Ministère avant d'avoir pu faire passer son message.

Androméda secoua l'enveloppe devant elle et leva un sourcil impérieux, ce qui la fit ressembler à leur père d'une façon troublante.

Narcissa n'eut pas d'autre choix que de se saisir du pli, non sans laisser planer la promesse de se montrer impitoyable dans un regard sombre.

- Les enfants, nous rentrons, annonça-t-elle.

Elle chargea les deux malles sur le chariot qu'elle avait récupéré un peu plus tôt d'un seul coup de baguette.

Elle fendit littéralement la foule, sans qu'elle ne sache vraiment s'il s'agissait de la magie ou si ses concitoyens avaient assez de bon sens pour ne pas barrer le chemin d'une femme Black en colère.

Ils durent patienter quelques minutes devant les cheminées et pendant chaque seconde, elle eut l'impression que l'enveloppe qu'elle tenait entre ses doigts allait prendre feu.

Elle pouvait sentir les regards interloqués que Draco et Maellyn échangeaient en silence, chacun ne sachant que trop bien qu'ils ne devaient pas se risquer à lui adresser la parole.

Retrouver la sécurité du manoir n'atténua que très peu la colère qui bouillonnait au fond de ses entrailles

- Que diriez-vous d'aller ranger vos affaires et de vous rafraîchir un peu ? Alya, ma douce, demande à Patty de te faire couler un bain relaxant, tu me sembles plus tendue qu'un arc.

Elle aurait aimé que sa voix soit légère mais elle sonnait horriblement crispée à ses propres oreilles et Alya la dévisagea quant à sa remarque sur ses tensions.

Draco et elle n'étaient toutefois pas idiots et ils savaient quand battre en retraite pour mieux demander des explications plus tard.

Viviane toute puissante, elle leur mentait de plus en plus souvent ces derniers temps...

Elle rejoignit son bureau au premier étage, prenant bien soin de verrouiller la porte et la cheminée, avant de déchirer la lettre sans même utiliser le coupe papier.

Mme Malefoy,

Votre sœur m'a informé que vous aviez recueilli et élevé Maellyn après l'arrestation de la meurtrière de sa mère. Je vous en suis reconnaissant.

Toutefois, il semblerait que vous ayez sciemment caché à Maellyn sa véritable identité ce qui, par conséquent, m'empêche de pouvoir la rencontrer.

Elle est tout ce qu'il me reste de ma fille unique et je ne laisserai personne se dresser entre moi et ma petite fille.

Je souhaite vous rencontrer pour discuter de vive voix des options envisageables. Ne faites pas l'erreur de penser que je vous proposerais d'autres opportunités de régler cela à l'amiable.

Grant Adler & Burt White.

Elle relut deux autres fois la lettre – si peu de lignes et une écriture brouillonne, mais la promesse d'une déclaration de guerre à chaque tournure de phrase – puis se pinça l'arrête du nez, forçant des respirations profondes pour ne pas perdre complètement le contrôle.

C'était un cauchemar, et elle allait se réveiller.

Comment sa sœur avait-elle pu la précipiter dans une telle situation ?!

Une larme de rage glissa le long de sa joue. Elle froissa la lettre avec un cri de rage, des milliers de malédictions en tête, et l'envie dévorante de s'enfuir là où personne ne pourrait jamais la trouver avec Draco et Maellyn.

Andy tient toujours ses promesses.

J'avoue que j'ai hâte d'avoir votre avis sur :

- Vous pensiez que Rogue ne pouvait pas vous dégoûter encore plus ? VOUS AVIEZ TORD ! (S'il gave même Moony, ça en dit quand même beaucoup, non?)

- Crystal qui joue les petites enquêtrices et qui n'est pas si loin de la vérité (j'adore toujours cette gamine!)

- Maellyn qui découvre un des petits secrets de Lunard (Surprise surprise ^^)

- Draco et son masque de boue (j'avoue que c'est une de mes scènes préférées du bouquin, parce que voir la Carte du Maraudeurs insulter Rogue est toujours aussi jouissif xD)

- La gifle d'Hermione, qui réalisa ce jour-là le rêve de beaucoup (sérieux, Draco a parfois besoin de se faire remettre à sa place).

- Les problèmes de sommeil de Maellyn (on aime le côté extrême de cette enfant o.O)

- Le retour d'Andy, toujours plus forte, toujours plus loin (perso j'étais aussi ravie que Narcissa, mais on était prévenues...)

Je ne crois pas en avoir oublié, mais toute autre remarque est la bienvenue ! Vous savez bien que je suis pas difficile à satisfaire.

Je ne vous promets pas une mise à jour dans un mois pile, parce que je serais encore au Canada (oh yeah!) et que ça me paraît compliqué. Je ne vous promets pas non plus de trouver le courage de mettre à jour avant la rentrée, mais je ferais de mon mieux pour (parce que le mois de Septembre est un peu un roaller-coster en général). Bref, si ce n'est pas fin Août, ça sera sans doute mi-septembre.

Les reviews marchent très bien pour me remonter le morale et me motiver. Alors à vos claviers!

En attendant la suite, je vous invite à aller faire un tour du côté du UA complet de cette histoire : There will be time.

See you !

Excelsior !

Orlane.

Mis en ligne le 20/07/2019