Black Sunset : Dark Matter

Chapter 8

Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre

Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.

RAR :

mh : Salut ! Merci beaucoup pour ta review ! Merci pour Draco (je t'avoue, j'ai un peu galéré). Franchement, Draco est un gamin pourri gâté. La patience, c'est pas son truc;) Je suis contente que tu continues à aimer cette histoire ! A bientôt et bonne lecture !

Juliette : Aloah ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis de mon côté contente que tu continues à aimer et à laisser des reviews de temps en temps;) J'ai bien aimé écrire le passage du Polynectar ^^ Patience pour Chris ! (je ne vais pas dévoiler mes cartes si tôt quand même!). Je te laisse avec la suite ! Bonne lecture !

Lupa : Hello ! Merci beaucoup pour ta super review ! Tout va bien de mon côté ! Et du tiens ? C'est pas grave si tes reviews sont répétitives (et elles ne le sont pas en plus) parce que je me lasse pas de reçevoir des compliments (oui, c'est mon côté Lion ça ^^). Merci dans tous les cas 3. Patience pour Christopher. Nouvelles, il y aura, mais il aime se faire désirer. Awwww, tu connais Bottero ? (Perso c'est mon chouchou pour toujours. Et j'avoue, j'ai piqué sa réplique à Bjorn). Sirius reviendra bien assez vite (lui aussi, il ménage le suspens). Encore merci pour ta super fidélité ! Bonne lecture;)

Merci à Lyrumbra, mimi70, mh, lune patronus, AndouilleEtSushi, Juliette, Almayen(x2) et Lupa pour leur review. En cette période d'automne interminable (que fait l'hiver, je vous le demande!), vous êtes de véritables rayons de soleils sur mes journées:)

Bonjour à toutes et à tous !

Alors, ça boum ?!

De mon côté, ça va plutôt pas si mal : j'ai été payée cette semaine (ENFIN ! Qu'il est long ce mois de janvier), j'ai terminé le chapitre 27 (12k et il ne se passe rien dans le canon, mais qu'est-ce qu'il s'en passe dans ce ua...) et j'ai commencé 28 (epic fail, Sirius me donne du fil à retordre, je suis pas fan).

A part tout ça, pas grand chose de bien nouveau : il fait méga moche et j'ai toujours autant de travail (vivement les vacances, c'est moi qui vous le dit).

Ah si, ce sont les 20 ans d'Harry Potter dit donc ! (et vlan, le coup de vieux ! Merci et au revoir). Bon, je vous avoue que je suis un peu fâchée contre Rowling ces derniers temps, entre l'affaire Depp et maintenant Dumbledore, ça commence à faire beaucoup en peu de temps (sans oublier Cursed Child, #foreverbitter). J'espère qu'elle va retrouver son cerveau -_-

Bref bref, nouveau chapitre ! Au programme : une petite séquence émotion, Draco et son obsession pour le Trio d'Or (ça faisait longtemps) et quelques petits éléments du canon. Bonne lecture !

Un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !

Black Sunset

Partie III : Dark Matter.

Chapitre 8

Dark Matter : a term used to describe matter in the universe that cannot be seen, but can be detected by its gravitational effects on other bodies.

Secret : n. a piece of information that is generally known or is not known by someone else and should not be told to others.

Jeudi 30 Décembre 1992, Manoir Malefoy, Angleterre.

- Le professeur Rogue m'a alors conseillé d'utiliser le Serpensortia. Et c'est à ce moment-là que Potter a parlé Fourchelangue !

- Cette histoire est vraiment étonnante. Je ne crois pas que les Potter aient jamais compté de Serpentard dans leur famille... Peut-être que ce talent lui vient de la famille de sa mère.

- La mère de Potter est une Sang-de-Bourbe !

Je retins une grimace en surprenant le regard sévère que Nani venait de lancer à Draco à l'entente de l'insulte. Je savais bien qu'elle ne tolérait pas ce genre de vocabulaire. Mon cousin pâlit sensiblement, semblant s'être rendu compte de son erreur.

- Je préférerais que tu utilises le terme de Née-Moldue, jeune homme. Dois-je te rappeler que c'est en partie à cause de tels propos que ton père a failli terminer à Azkaban ? Ais le bon sens d'apprendre de ses erreurs, tu m'éviteras bien des difficultés.

Draco baissa les yeux vers ses cartes et je me promis de lui servir l'exacte même leçon de morale la prochaine fois qu'il trouverait malin de jeter cette insulte au visage de Granger. Visiblement, les mises en garde des Préfets n'avaient pas été suffisantes, et il était hors de question que je me retrouve enfermée dans un placard une deuxième fois à cause de sa bêtise.

Un silence de plomb tomba dans le petit salon, et l'ambiance ne redevint légère qu'au moment où le paquet de cartes explosa au visage de Draco, quand il fut une seconde trop lent pour déposer sa carte. Comme il était un mauvais joueur avéré, il refusa de refaire une partie de plus et se retira dans sa chambre en traînant des pieds.

Nani le suivit du regard, un sourire indulgent sur les lèvres, avant de se tourner vers moi.

- Et toi, ma chère Maellyn ? Tu as été bien silencieuse toute la soirée...

Je haussai les épaules. Draco aimait raconter lui-même ses histoires, comme si les nombreuses lettres qu'il avait envoyé depuis la rentrée ne rendaient guère justice à ses aventures. De mon côté, je me contentais d'être une bonne élève et de tenir mon rang.

Ce qui était précisément ce que l'on attendait de moi.

- Viens là...

Elle me désigna la place libre à ses côtés et je la rejoignis après une ultime hésitation. Nani passa un bras autour de mes épaules et m'attira contre elle, dans une étreinte qui m'avait manquée plus que tout le reste depuis septembre.

Sans que je n'arrive à comprendre pourquoi, les premières larmes s'échappèrent de mes yeux.

Nani resserra son étreinte et m'embrassa sur le front, avant de commencer à me bercer avec douceur.

- A moi aussi, tu m'as manquée, ma douce. La première année est toujours un peu difficile. Tu vas t'habituer. Et tu verras, bien vite, tu ne voudras plus rentrer pendant les vacances.

Je doutais de cela. Nani et Draco étaient ma seule véritable famille, et je ne pouvais imaginer ne plus vouloir les voir. Même quand Draco était le plus agaçant possible, même quand je n'avais plus envie de lui parler, il restait mon cousin, et je savais que je pouvais continuer à compter sur lui.

Les larmes finirent par se tarir, me laissant dans cette étrange torpeur dont j'avais horreur, mais qui ne me sembla pas si terrible avec Nani à mes côtés.

- Est-ce que tu sais si Christopher sera là demain ?

Nani eut un soupir, et sa main glissa à travers mes boucles brunes, comme lorsque j'étais petite. Je compris sa réponse avant même qu'elle ne la dise à haute voix.

- Je ne pense pas que Christopher risque d'être présent à un quelconque événement avant très longtemps, Maellyn. Euphémia a laissé entendre à quelques personnes qu'elle considérait qu'il avait choisi de se mettre sur le banc de notre société, et qu'il lui faudrait prouver qu'il méritait à nouveau d'être présenté comme l'héritier Rowle.

L'air se bloqua dans mes poumons et je pris sur moi pour ne pas pleurer à nouveau, serrant les dents pour combattre la brûlure derrière mes paupières. Nani venait de confirmer ce que je craignais depuis le début.

- Il ne voulait pas ça, murmurai-je.

- Je le sais bien... S'il avait réellement pu choisir, il aurait été à Serpentard, pour être à tes côtés. Le Choixpeau a parfois ses raisons. L'avenir nous dira peut-être un jour lesquelles...

Je gardai le silence, ma gorge trop serrée pour parler. Christopher avait été mon plus proche ami d'aussi loin que je me souvienne. Jamais je n'avais été séparé de lui aussi longtemps, et savoir que ce n'était que le début me broyait le cœur. Lui et moi aurions dû connaître les plus belles années de notre amitié à Poudlard, et à cause d'un bout de tissu savant, nous serons probablement devenus des étrangers l'un pour l'autre quand nous nous reverrions...

- Il se fait tard maintenant... Au lit, demoiselle. Une longue journée nous attend demain !

Vendredi 31 Décembre 1992, Manoir Malefoy, Angleterre.

Nani avait de nouveau fait des miracles. Ma coiffure était loin de celles compliquées que Pansy adorait inventer. Une simple couronne de tresses qui dégageait mon cou, et ma frange parfaitement ajustée pour habiller mon regard, suffisaient à me donner cette élégances sophistiquée que Nani affectionnait tant. Ma robe, d'un vert profond, était simple – à peine marquée à la taille, des bretelles droites et un col rond – mais s'arrêtait à mi-mollet, ce qui permettait de dévoiler mes magnifiques bottines en peau de dragon.

Nani ajusta le médaillon gravé des armoires des Lestrange – des corbeaux et la devise Défendre ce qui est nôtre – et rajouta un bracelet en argent à mon poignet – un des rares qui avait échappé aux saisies du Ministère après l'emprisonnement de mes parents.

Comme il s'agissait de la fête de fin d'année, j'avais eu le droit de porter un peu de maquillage, en plus de mes doigts parfaitement manucurés.

- Et voilà, Maellyn. Tu es aussi étincelante qu'une étoile. Je vais bientôt être obligée de demander à Draco de veiller à ce qu'aucun garçon ne te fasse de propositions.

- Pitié, Nani, il est incapable d'être raisonnable.

- C'est juste.

- Qui est incapable d'être raisonnable ?

Nani éclata de rire face à mon air accablé, mais ignora la question de son fils avec élégance.

Etant donné le décès récent dans notre famille, nous étions tous tenus de porter des couleurs foncées, aussi Nani s'était-elle achetée une nouvelle robe gris anthracite et Draco portait une tenue noir qui rendait son teint encore plus pâle que d'habitude.

- Nous allons pouvoir y aller. Lucius nous rejoindra un peu plus tard.

Draco fit la moue – nous avions à peine croisé oncle Lucius depuis l'enterrement de tante Cassiopea et je savais qu'il était déçu – et je pris sur moi pour ne pas montrer mon soulagement. A chaque fois que nous allions quelque part, il insistait pour me faire une leçon de morale, ou réussissait à faire un commentaire désagréable sur ma tenue, quand bien même Nani l'avait validée.

Nous prîmes la direction du Hall d'entrée, puis empruntâmes la grande cheminée pour nous rendre chez les Yaxley, quelques centaines de kilomètres plus au nord.

- Lady Narcissa Malefoy et son fils, Draco Malefoy. Mademoiselle Alya Lestrange.

L'Elfe de Maison qui s'occupait d'annoncer l'arrivée des invités avait un solide accent Ecossais et fit rouler plus que nécessaire le « r » de mon nom, arrachant un sourire moqueur à Draco.

- Narcissa, mes condoléances pour votre tante, la salua Lady Yaxley – dont Deloris était presque la parfaite copie–.

Corban Yaxley Senior – un petit homme à la tenue toujours soignée – fit un baise main à ma tante, et je saluai les parents de Deloris d'une révérence.

- Deloris sera particulièrement ravie de te voir, Alya. Elle se trouve dans la grande salle à manger.

Ni moi, ni Draco n'avions besoin que l'on nous montre le chemin. Ce n'était pas la première fois que je venais au Manoir Yaxley – j'avais été invitée à chacune des fêtes d'anniversaire de Deloris – et nous ne pûmes que glisser un regard envieux vers la grande salle de réception quand nous passâmes devant.

Nous étions trop jeunes pour nous mêler aux adultes et la tradition voulait que nous devions attendre nos quatorze ans.

Cela semblait être dans une éternité depuis bien trop longtemps.

Je n'eus toutefois pas le temps de me morfondre sur cette injustice puisque Deloris ne s'embarrassa pas des salutations traditionnelles et m'attrapa le bras dès le moment où elle m'aperçut.

- Alya, je suis tellement contente que tu aies pu venir !

- Moi aussi, souris-je. J'adore ta tenue.

Elle avait revêtue une robe d'une rose pastel brodée de perles blanches qui mettait parfaitement en valeur son teint.

- Et je suis proprement jalouse de tes chaussures !

- C'est un cadeau de ma tante.

- Je t'envie parfois de l'avoir pour marraine. Elle est la quintessence du bon goût.

Elle m'entraîna ensuite dans un tour de la grande salle à manger pour saluer tous ceux qui étaient déjà arrivés – tous des enfants de bonnes familles que je fréquentais depuis que j'étais née – et nous retrouvâmes Sven et Hadrian près du buffet.

- Alors, Noël à Poudlard, c'était comment ? me demanda Sven, un brin moqueur.

- La compagnie n'était pas inoubliable, mais la nourriture était à la hauteur, et le professeur McGonagall m'a donné deux cours particuliers de Métamorphose.

- Et cela est censé être une bonne chose ?! s'écria Deloris.

- Tu aurais mieux fait d'en profiter pour travailler tes sortilèges avec Flitwick, renchérit Hadrian.

Je saluai leurs réflexions par un regard noir, ce qui leur arracha à chacun un ricanement idiot, et je décidai de les ignorer jusqu'à ce qu'ils aient retrouvé leur bon sens. Je pris soin de détailler la pièce, dévisageant les invités aussi discrètement que possible, cherchant une silhouette familière sans grand espoir.

- Christopher n'est pas là, Alya, me confirma Deloris. Les Rowle ont informé ma mère qu'ils ne pourraient pas venir.

Cela n'aurait pas dû m'étonner après ce que m'avait expliquée Nani, mais je ne pus ignorer le pincement au cœur qui déchira ma poitrine. Tout cela à cause d'un vieux chapeau rabougri...

C'était tellement injuste !

- Allez, tu n'as pas le droit de faire la tête Alya ! C'est la dernière soirée de l'année et je me suis donnée du mal pour tout organiser !

Je forçai un sourire sur mes lèvres et fis de mon mieux pour m'amuser. Les petits fours étaient délicieux, et pas seulement ceux qui étaient particulièrement gras ou sucrés. La musique provenait d'un tourne-disque flambant neuf et un Elfe changeait les disques en suivant ce que je devinais être un ordre parfaitement étudié. Il n'y avait bien entendu pas d'alcool – nous étions trop jeunes – mais les plus âgés d'entre nous ne tardèrent pas à disparaître dans un recoin du Manoir pour y boire une bouteille volée dans les cuisines.

Je vis Draco suivre la bande de garçons sans être étonnée, et je serais prête à parier que le leader n'avait pas eu besoin d'insister pour qu'il se sente obligé de provoquer les foudres de Nani.

Parce que sa mère finirait par le savoir, et il risquait de regretter d'avoir désobéi.

- Je vois que vous avez fait la paix, tous les deux.

Je tournai la tête vers Pansy. Elle me détaillait de ses yeux noirs et je surpris son regard envieux quand il se posa sur ma tenue. Sa mère avait encore dû choisir sa robe car elle portait ce col puritain dont elle avait horreur.

- L'esprit de Noël m'a rendue magnanime.

Elle haussa un sourcil, visiblement sceptique.

- Tu mens aussi bien qu'une Gryffondor, petite. Tu as encore du travail à faire.

J'eus envie de lui tirer la langue – ce qui avait longtemps été ma réponse préférée à ses moqueries – mais je n'avais plus sept ans.

- Je suppose qu'il est inutile que je te propose de me suivre pour fêter la fin de l'année avec Draco et les autres ?

- Je n'ai pas envie que mon oncle m'enterre vivante, mais merci de la proposition.

Elle secoua le tête et se détourna avec grâce, ses longs cheveux noirs s'envolant dans son sillage, et elle quitta la pièce, Millicent à ses côtés.

Comme si l'absence de nos aînés nous offrait soudainement plus de libertés, la musique devint plus forte et de plus en plus de personnes rejoignirent la piste de danse.

J'eus un soupir quand Deloris m'attrapa la main mais ne tardais pas à oublier toutes mes idées noires sur le dernier tube des Bizar' Sisters.

Je n'étais pas pressée de boire jusqu'à ne plus voir net, et nous n'aurions bientôt plus l'occasion de passer nos réveillons en nous dandinant sans grâce. Il fallait sans doute en profiter tant que cela pouvait durer.

Samedi 1er Janvier 1993, Manoir Malefoy, Angleterre.

Je fus étonnée de découvrir l'heure tardive – presque midi – quand j'ouvris les yeux. La soirée du nouvel an des Yaxley s'était terminée plus tard que les autres années – ou Nani nous avait laissés nous amuser plus longtemps que d'habitude – et nous avions rejoins le manoir à trois heures passées.

La lumière que je devinais derrière les rideaux épais de ma chambre m'indiquèrent qu'il devait sans doute faire un temps magnifique dehors, une excuse qui décidait souvent Nani à venir me réveiller bien plus tôt, sous prétexte que la journée appartenait à ceux qui se levaient tôt, et qu'il n'était jamais bon de se prélasser au lit.

Sachant qu'il était inutile de penser à un petit-déjeuner, je me levai et rejoignis la salle de bain pour me préparer, ce qui me prit nettement moins de temps que la veille au soir.

Je retrouvai ma tante, mon oncle et Draco dans la petite salle à manger du premier étage, celle que nous utilisions toujours lorsque nous n'étions que tous les quatre.

- Tu as une mine affreuse, Draco, remarquai-je aussitôt en m'asseyant à sa droite, après avoir salué mon oncle d'un bonjour et ma tante d'un baiser sur la joue.

Un grognement me répondit, et je retins de justesse un sourire satisfait. Il méritait de se sentir malade après le piètre spectacle qu'il avait donné de lui-même la veille. Nani l'avait retrouvé dans un recoin du Manoir Yaxley, sa bouche collée contre celle de Pansy. Les premières heures de l'année avaient donc été saluées par une leçon de morale mémorable une fois arrivé au Manoir, et la promesse qu'il expierait son comportement cet été.

Oncle Lucius referma son journal soigneusement et se racla la gorge, ce qui ne manqua pas de me faire tourner prudemment la tête vers lui. J'avais appris très tôt que ce signe-là annonçait souvent une réprimande ou une remarque désagréable. Cette fois, ses yeux étaient fixés sur Draco, et le plissement entre ses sourcils me fit craindre le pire pour mon cousin.

- Mon fils, tu viendras me voir dans mon bureau quand tu auras terminé de préparer tes affaires.

Draco hocha la tête faiblement et passa le reste du repas à jouer avec la nourriture dans son assiette.

J'aurais aimé le réconforter avant qu'il n'aille affronter son père, mais il quitta la table dès qu'il en eut l'occasion et rejoignit sa chambre sans un mot, tandis que Nani me faisait signe de la rejoindre.

- Ne t'inquiète donc pas tant pour Draco. S'il souhaite se comporter comme un adulte, il doit en assumer les conséquences... J'aimerais que tu écrives tes vœux aux Lestrange avant de partir. Je pourrais faire vérifier la grammaire à Monsieur Vasilovich.

Ma grimace lui tira un haussement de sourcil réprobateur et je détournai le regard. Chaque année, je devais m'acquitter de la même tâche : écrire à chacun des Lestrange encore vivant mes vœux pour la nouvelle année, et cela en russe, une langue que j'avais été contrainte d'apprendre en plus du français pour satisfaire les traditions familiales de chacun de mes parents.

- Je serais dans le jardin d'hiver. Je t'y attends pour l'heure du thé.

Tandis que je me rendais dans ma chambre pour terminer d'y rassembler mes quelques affaires, j'enviais presque Draco. Les sermons de Lucius n'étaient jamais agréables à entendre, mais mon oncle avait au moins le mérite d'aller droit au but.

J'allais devoir faire preuve de bien plus de diplomatie avec la famille de mon père, puisqu'ils semblaient tous me reprocher que mes parents les aient poussés à l'exil, ce qui était complètement stupide d'après Nani.

Ce fut donc la mort dans l'âme que je retrouvai ma tante dans l'impressionnante véranda de l'aile sud du Manoir. La collection de plantes de Nani était la plus remarquable parmi les grandes familles, ce qui semblait la ravir.

Ma marraine était installée à la table qui accueillait parfois des déjeuners quand l'humeur lui prenait, et m'indiqua la place à ses côtés.

- Voici le parchemin que j'ai choisi cette année. J'espère que tu as pensé à prendre ton dictionnaire.

Quatre mois passés sans ouvrir un seul livre de russe et sans voir mon répétiteur, Monsieur Vasilovich, avaient considérablement fait baisser mon niveau dans cette langue aussi compliquée à écrire qu'à prononcer, et les regards réprobateurs de Nani n'aidèrent en rien.

Quand j'eus enfin terminé ma lettre – mes meilleurs vœux de santé et de prospérité – et les dernières nouvelles me concernant – mon entrée à Poudlard, ma répartition à Serpentard, et le décès de Cassiopea –, ma tante la glissa dans son agenda.

- J'en profiterais pour demander à Monsieur Vasilovich de te préparer des exercices, puisque tu ne sembles pas t'être donnée la peine d'entretenir tes notions. J'espère qu'il n'en est pas de même avec le français.

- Non, ma tante.

Deloris, Pansy, Daphné et Millicent semblaient toutes les quatre décidées à maîtriser cette langue de façon impeccable, puisque le français était indispensable pour pouvoir voyager dans le monde sorcier, et participaient chaque mercredi à la Soirée Française, une sorte de tradition à Serpentard, animée par deux sixième années. Si Crystal n'avait pas été quasiment bilingue, j'aurais peut-être pu y couper, mais Deloris insistait désormais sur sa présence puisqu'elle seule avait la patience de corriger sa prononciation.

- Très bien, dans ce cas, écris donc les adresses sur les enveloppes. Tu me feras gagner un temps appréciable.

Je m'exécutai en silence, concentrée sur ma tâche pour que ma calligraphie se montre à la hauteur de celle de ma tante, sans pouvoir m'empêcher de penser que ce n'était certainement pas ce que j'avais imaginé pour mon dernier jour de vacances au manoir.

Mardi 4 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

- Aly, j'ai besoin que tu me rendes un service !

Je pris le temps de terminer ma phrase – Draco avait parlé avec impatience, et il imaginait sans doute que j'aillais tout abandonner séance tenante pour lui répondre. Il avait le droit de rêver – et reposai ma plume dans l'encrier avant de relever la tête vers lui.

Son regard noir en disait plus long que toutes les tirades, et je sentis mon sourire tordu étirer mes lèvres avant que je n'ai eu le temps de le penser.

- Oui ?

Il sembla hésiter entre la possibilité de me planter là, ou celle de me jeter un maléfice, avant de renoncer, ce qui me fit craindre le pire. Il devait vraiment tenir à son service, qu'il s'en remette à moi signifiait sans doute qu'aucun de ses amis n'avaient voulu céder.

- Granger est toujours à l'infirmerie.

- Je sais.

Deloris avait passé toute la matinée à me raconter les nouveaux ragots relayés par Millicent, ce qui avait coûté deux points à Serpentard.

- Pomfresh n'a pas réussi à la guérir depuis que nous sommes partis !

- Visiblement... Et ?

- J'ai besoin que tu trouves une excuse pour aller à l'infirmerie. Une migraine ou je ne sais pas... Je peux te prêter mon balai et tu n'auras qu'à t'arranger pour te blesser ?

J'en perdis le contrôle de ma mâchoire. Il était incroyable !

- Ou je pourrais te transformer en blatte et faire passer ça pour un accident ! grognais-je.

- Ne sois pas si prétentieuse. Tu es douée, mais pas à ce point... Et c'est sûrement McGonagall qui se chargera de me redonner forme humaine ! J'ai besoin de savoir ce qu'a Granger !

- Et bien vas-y toi-même !

- Granger se méfiera si c'est moi qui y vais ! Elle ne te connaît pas... Elle parlera plus facilement.
- Pitié, Draco. Tout le monde sait que je suis ta cousine.

- S'il te plaît, Alya !

Son regard de chiot battu – qu'il n'avait cessé de peaufiner depuis que nous étions petits pour manipuler les Elfes ou Nani – ne me fit ni chaud, ni froid – j'y étais immunisée. Pire, je l'avais en horreur – et je lui souris tendrement.

La joie sur son visage valait presque celle du matin de Noël.

- Trouve un autre pigeon.

Il me donna l'impression d'avoir croqué dans un de ces chocolats fourrés à la liqueur que personne n'aimait.

- Même si je te prête mon balai jusqu'à la fin de l'année ?

- Même si tu me payes.

- Oh, s'il y a de l'argent en jeu, je veux bien y aller.

Mon cousin dévisagea Crystal – installée à côté de moi et qui ne pouvait qu'avoir tout entendu vu le manque de discrétion de Draco – comme s'il la voyait pour la première fois.

- Uniquement si tu obtiens l'information.

- Ça ne marche pas comme ça. La moitié pour l'effort, et la moitié pour l'information. Je suis la candidate parfaite, Granger ne me connaît sûrement pas.

- Deux Gallions.

Crystal éclata d'un rire mauvais.

- Vraiment ?

A l'expression contrariée de Draco, je devinai qu'il n'avait pas imaginé une seule seconde que Crystal pouvait se montrer aussi retorde en affaires. Pour l'avoir vue négocier les prix de ses amulettes, je savais qu'elle sortirait gagnante.

- Je ne ferais rien pour moins de quatre.

Mon cousin fut tenté d'abandonner, mais je savais qu'il avait déjà dû se résigner à venir me voir en dernier recours – parce qu'il n'aimait pas me devoir quelque chose –, et il abdiqua dans un soupir.

- Très bien.

Le sourire de Crystal ressemblait à celui d'un loup.

- Marché conclu. Cela sera fait d'ici demain soir.

Il s'en alla d'un pas hésitant, certainement qu'à moitié satisfait pas la tournure des événements.

- Je suis déçue, je pensais qu'il était du genre à marchander davantage...

- Je pense qu'il veut vraiment savoir pourquoi Granger est à l'infirmerie. Tu as terminé avec ce livre ?

Crystal me le tendit, son regard pensif toujours posé sur mon cousin, et je faillis presque lui proposer de l'argent pour connaître le contenu de ses pensées, avant de reporter mon attention sur mon devoir de botanique.

J'avais hâte de passer mes BUSES pour pouvoir me débarrasser de cette matière.

Mercredi 5 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Quand le réveil de Jin Wan résonna dans le dortoir, je fus frappée par une envie irrépressible de m'enfouir dans les profondeurs de mon lit à baldaquins et de n'émerger que plusieurs heures plus tard. Je n'avais pas bien dormi.

Je ne savais pas pourquoi, mais je m'étais réveillée plusieurs fois, et j'avais fait au moins deux rêves étranges à propos de la botanique. Une plante avait essayé de me rempoter et le professeur Chourave m'avait reprochée d'avoir écris mon devoir en grec ancien. J'eus beau lui expliquer que j'avais déjà tout le mal du monde à déchiffrer un texte, elle resta sourde à mes arguments et me donna une retenue.

Il me fallut toute ma volonté – ce foutu entêtement qui désespérait parfois Nani – pour que je repousse mes rideaux.

Devant le spectacle que je découvris, j'eus l'impression de rêver encore.

Toujours en pyjama et les jambes bien trop écartées pour que cela soit normal, Wan me sembla plus concentrée que je ne l'avais jamais vue lorsqu'il s'agissait de faire ses devoirs.

Crystal – qui était presque encore moins du matin que moi – croisa mon regard et secoua la tête face à la question muette que j'avais formulée.

Il fallut attendre que Deloris revienne dans le dortoir, déjà habillée et l'oeil alerte, pour que son cri choqué nous sorte de notre étrange torpeur.

- Viviane toute puissante ! Qu'est-ce qu'il te prend, Wan?!

- J'ai perdu en souplesse, marmonna-t-elle, les dents serrées – sans doute par la douleur –. Ma professeur de danse m'a conseillée de faire ça tous les matins.

La grimace de dégoût de Deloris résumait à peu près le fond de ma pensée et je rejoignis la salle de bain en espérant que l'eau froide allait réussir à me réveiller.

Une demi-heure plus tard, attablée devant mon petit-déjeuner, un thé noir devant moi, et un toast à la main, je regrettai encore d'être levée, et le raffut que provoqua la distribution du courrier me fit craindre une très prochaine migraine.

Peut-être allais-je terminer la journée à l'infirmerie et pouvoir satisfaire la curiosité malsaine de mon cousin ?

A ma droite, Sven me donna un léger coup dans mes côtes.

- Quoi ?

- Si tu ne décroches pas cette lettre, je crois que le hibou va se résoudre à t'attaquer.

Un hibou grand Duc, d'un noir de jais, me fixait d'un air dédaigneux, sa patte tendue vers moi. J'attrapai la lettre et lui donnai le bout de gras de mon morceau de bacon en gage de paix.

- C'est Chris ?! s'écria aussitôt Deloris en face de moi.

La possibilité ne m'avait même pas traversée l'esprit, et je sentis un poids descendre au fond de mon estomac quand je découvris l'alphabet cyrillique.

- Non... C'est la famille de mon père. Ma grande tante Irina a priori.

En tant que sœur de ma grand-mère paternelle, elle était souvent la seule à me répondre au début de chaque année. Je ne l'avais rencontrée qu'une seule fois, lorsque mon arrière-grand-mère m'avait réclamée à son chevet comme Dernier Voeu.

Les Lestrange – des cousins et des cousines plus ou moins éloignées – ne m'envoyaient jamais de réponse. Sans doute espéraient-ils que je me résigne... Ils ne connaissaient pas Nani. Ma marraine m'avait expliquée qu'elle entendait leur rappeler chaque année qu'ils n'avaient pas été capables de se préoccuper de l'avenir de l'unique héritière directe de leur famille.

- Tu ne l'ouvres pas ? s'étonna Hadrian.

- C'est la même tous les ans. Bonne année à toi aussi, ma chère Alya Rodolphusovna, puisses-tu connaître la prospérité et la santé. Je crois qu'elle laisse son secrétaire particulier me répondre.

Ma tirade fut suivie d'un silence gêné et je fis de mon mieux pour le diffuser d'un sourire contrit. C'était la première fois que je confiais à Deloris, Sven et Hadrian un aperçu de ce que signifiait vraiment être l'héritière de la grande dynastie Lestrange. Si les origines de ma famille se trouvaient belle et bien en Angleterre, un de mes aïeuls s'était pris de passion pour la Russie près de trois cent ans plus tôt, et avait instauré la tradition de marier ses descendantes à une grande famille issue de ce pays. J'avais donc plus de cousins russes, que je n'avais jamais rencontré, que de cousins britanniques.

Vu la tournure que prenaient les choses, je n'étais pas prête de nouer des liens forts avec eux, et ma grande tante Irina pouvait dors et déjà oublier son projet de me marier à un russe.

Aucun de mes amis ne semblaient vouloir me faire la gentillesse de changer de sujet, et je balayai rapidement notre table du regard pour trouver une diversion.

- Tu n'as pas de colis, Crystal ?

Elle eut une moue.

- Ma grand-mère a profité que ma malle soit à moitié vide pour me mettre à l'abri du besoin, mais j'ai l'impression que Noël a fait oublier le monstre de la Chambre des Secrets...

Elle n'avait pas tout à fait tort puisque le sujet de discussion numéro un était devenu le compte rendu détaillé des deux semaines de vacances et l'approche du prochain match de Quidditch – Serpentard contre Serdaigle –. Plus personne ne semblait se soucier que deux élèves et un chat demeuraient pétrifiés.

- On ferait mieux d'y aller, intervint finalement Sven après avoir jeté un coup d'oeil à son ostensible montre – un objet qui lui mangeait le poignet sans aucune élégance –.

Il fallait bien admettre que si nous ne voulions pas arriver en retard au cours de potions – et possiblement mourir dans d'atroces souffrances – nous devions nous dépêcher de rejoindre les cachots.

- Est-ce que je peux m'asseoir avec Alya, pour cette fois, Deloris ?

Deloris haussa un sourcil impérieux et une moue mécontente étira ses lèvres.

- Et si j'arrive à découvrir pourquoi Granger est encore à l'infirmerie, tu seras la première informée.

L'expression de Deloris changea aussitôt. Elle me rappela celle d'un chat qui venait d'apercevoir sa proie. Elle quitta aussitôt sa chaise et rejoignit Jin Wan, installée devant la table de O'Carey et Harper.

Je tentai de deviner ce que Crystal avait en tête sans pouvoir lire une seule pensée sur son visage volontairement trop lisse.

J'avais la certitude que je n'allais pas aimer ce qui allait se passer.

Après que la porte du cachot ait claqué – signifiant le début du cours –, je m'attendais à ce que Rogue nous fasse le même petit discours que les autres professeurs. Quelque chose entre une bonne année, la fin des vacances, l'importance de se remettre au travail, et l'échéance des examens qui se rapprochait à grand pas.

- Page cinquante-trois de vos livres. Potion d'Etourderie. Au pas de course !

Crystal eut une grimace et se dévoua pour aller chercher les ingrédients.

Nous travaillâmes en silence, chacune concentrée sur ce qu'elle devait faire, et les tâches méticuleuses – découper des chenilles cornues en morceaux identiques demandait une attention absolue – j'oubliai que ma binôme n'était pas Deloris mais Crystal, et qu'elle avait de toute évidence un plan pour obtenir l'information que désirait tant mon cousin.

Son cri me prit pourtant par surprise et je faillis verser bien trop d'essence de consoude. Je tournais la tête juste à temps pour voir son chaudron fondre et reculai aussitôt, ce que n'eut pas le bon sens de faire Crystal.

Elle se retrouva avec une substance à la fois visqueuse et grumeleuse sur son visage, et une étrange fumée se dégageait de sa peau.

- N'écoutez-vous donc jamais ! Les yeux de mouches ne doivent jamais être ajoutés si le mélange est à plus de soixante degrés ! Vous mériteriez de rester ainsi, Miss Malhorne ! Peut-être que la leçon rentrerait de façon plus permanente dans votre cerveau !

Il fit tout de même un geste de baguette qui, s'il fit disparaître le liquide, ne réussit pas à effacer l'effet que la potion ratée avait eu sur la peau de Crystal. Son visage était comme à vif et recouverte de pustules étranges.

- Miss Lestrange, accompagnez-donc Miss Malhorne à l'infirmerie. Je contemple plus d'adolescents boutonneux que ce qui est déjà tolérable ! Et ne traînez pas dans les couloirs !

J'enfilai ma cape pour ne pas mourir gelée en chemin, et attrapai le bras de Crystal pour la mener vers la sortie. J'avais l'impression qu'elle n'y voyait plus grand chose.

- Tu l'as fait exprès ! marmonnai-je dès que je fus sûre que Rogue ne pouvait plus nous entendre. Imagine que tu restes avec cette peau là ?!

- Peu probable.

- Tout ça pour quatre Gallions !

- Ça, c'est ce que crois ton cousin. Je vais peut-être augmenter mon prix...

Nous étions presque arrivées quand elle reprit :

- J'ai besoin que tu sois odieuse avec moi devant Granger.

- C'est à côté de Deloris que tu aurais dû t'asseoir. Ou Hadrian. Pas moi.

- Je fais ça pour ton cousin...

- Pitié, Malhorne, tu fais ça pour toi !

- S'il te plaît ? Je te serais redevable après cela, et ce n'est pas à toi que je vais apprendre comment marche les faveurs entre sorciers ?

Je soupirai. J'avais envie de lui dire non. Juste pour lui faire payer le précieux temps qu'elle me faisait perdre – je devais ramener de bons résultats en potions – et juste pour contrarier les plans de Draco – ce qu'il ne se gênerait pas de faire si nos rôles étaient inversés – mais Nani m'avait longuement expliquée qu'il était toujours bon d'avoir des services prêts à être collectés, comme une sorte d'investissement qui pouvait se rendre utile de façon surprenante.

- Très bien, marmonnai-je en poussant la porte de l'infirmerie.

Je remarquai aussitôt les deux lits soigneusement entourés de paravent pour dissimuler les deux élèves pétrifiés qui gisaient là. Ceux de Granger étaient légèrement entrouverts et laissaient deviner son profil plongé dans un livre. Elle releva toutefois la tête rapidement et une légère grimace étira ses lèvres quand elle découvrit Crystal.

- Miss Lestrange ? Que vous... Oh. Accident de potion, je suppose ? Par ici.

Elle désigna le lit qui faisait face à Granger et disparut dans son bureau. Je saisis ma chance, consciente que je devrais partir dès que l'infirmière serait revenue.

- Tu es particulièrement repoussante, Malhorne ! sifflai-je. Si Pomfresh ne peut rien faire pour toi, seul le Calamar Géant voudra de toi... Enfin, ça constituera peut-être un progrès ? On ne peut pas vraiment dire que tu sois une beauté en temps normal.

- Parce que tu crois que quelqu'un voudra de toi ? Tu finiras sans doute aussi cinglée que tes parents ! Peut-être même dans une cellule voisine de la leur si tu as de la chance.

- Et pourtant, tu continues à te dresser contre moi. Tiens-tu vraiment à être celle que je torturerais jusqu'à la folie ?

Crystal eut le bon goût de baisser les yeux et Pomfresh revint dans la pièce.

- Merci, Miss Lestrange, vous pouvez retourner en classe.

Je rejoignis les cachots aussi vite que possible – j'avais juste assez de temps pour terminer ma potion – mais je ne pouvais empêcher ma gorge de se serrer tandis que les mots de Crystal tournaient en boucle dans mon esprit. Je savais qu'il ne s'agissait que d'un jeu de rôle – la fin justifiait les moyens – mais n'était-ce pas ce que beaucoup pensaient ? Que j'étais vouée à devenir aussi folle que ma mère et que mon père ? Que je finirais par les rejoindre à Azkaban après avoir franchi la ligne ?

Un frisson remonta le long de mon échine et j'eus énormément de mal à retrouver le fil de ma préparation une fois de retour dans la classe de Rogue. Lorsque la cloche retentit, ma potion avait une couleur d'un blanc laiteux au lieu du rose légèrement argenté décrit dans le manuel, et je me dépêchai de ranger mes affaires.

Pour une fois, je fus reconnaissante à Deloris d'être une incorrigible bavarde car j'aurais sans doute mouronner mes sombres pensées plus longtemps que nécessaire si elle ne m'avait pas harcelée avec ses histoires.

Crystal loupa le cours d'histoire de la magie et sauta le repas, ce qui laissa le temps à Sven d'imaginer qu'elle avait été envoyée à Sainte Mangouste. Il fut bien entendu détrompé en découvrant sa haute silhouette devant la salle de Sortilège. Son visage avait retrouvé son état normal et j'étais convaincue qu'elle était très satisfaite d'elle-même.

Deloris se planta devant elle, impérieuse.

- Alors ?

- Je ne sais pas vraiment ce que Granger a trafiqué, mais je suis presque sûre qu'elle a une queue et qu'elle crache des boules de poils plus souvent qu'un félin qui se respecte. Je n'ai pas réussi à lui arracher la raison pour laquelle elle était là... Même si elle a eu l'air de me prendre en pitié de devoir te supporter, Lestrange.

Je levai les yeux au ciel. Granger pouvait bien penser ce qu'elle voulait de moi, il était peu probable que son avis compte un jour aux yeux de notre société. Le nombre de femmes qui avaient un jour été Ministre de la Magie se comptaient sur les doigts d'une main, et la prochaine ne serait sans doute pas une Née Moldue.

Plus tard dans la soirée, j'observai, médusée, Crystal arracher deux Galions supplémentaires à Draco, alors que cet idiot n'aurait eu qu'à faire marcher son charme auprès de Deloris pour obtenir l'information qu'il désirait tant avoir.

Dimanche 10 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

- Alya ? Tu viens ? La réunion va commencer...

Confortablement installée dans mon lit, mes cheveux encore humides après la longue douche chaude que j'avais prise – et qui avait tout juste suffi à me réchauffer – et un nouveau livre de Métamorphose dans les mains – une étude détaillée du nouveau thème que nous avions commencé en début de semaine –, je dus prendre sur moi pour ne pas hurler à l'injustice.

J'étais prête à parier ma baguette que ma maison était la seule dont les Préfets se sentaient obligés d'organiser des réunions d'informations auxquelles nous étions tous tenus d'être présents – Raellyn Hobday avait même laissé entendre qu'elle irait jusqu'à distribuer des retenues –.

La leçon de morale que ne manquerait pas de me servir oncle Lucius ou même Nani si je me retrouvais en retenue suffit toutefois à me donner une bonne raison pour abandonner mes couvertures douillettes.

- Ça a intérêt d'être intéressant, grommelai-je en rejoignant Deloris dans les escaliers.

- Si les rumeurs que j'ai entendu sont fondées, tu risques même d'apprécier.

Comme la dernière fois, les six préfets se tenaient au centre de la salle commune, et le silence était à peine troublé par des chuchotements.

Heureusement, je n'étais pas la dernière arrivée, et Hobday réserva son regard noir pour une quatrième année du nom de Puffet.

- Maintenant que tout le monde est là, nous tenions à vous souhaiter une excellente nouvelle année. Puisse-t-elle être couronnée par d'excellents résultats aux divers examens et la victoire de la Coupe des Quatre Maisons pour Serpentards.

Je fus légèrement surprise par cette entrée en matière et je murmurai mon excellente année à vous aussi avec un temps de retard.

Maximilian Horton attendit que le silence revienne pour continuer.

- Nous espérons que chacun d'entre vous a pris la mesure de ses responsabilités et a envoyé ses vœux de bonne année à tous ceux de leur famille. Il revient en effet aux plus jeunes de souhaiter la bonne année.

La grimace de Jin Wan et Jeremy Harper parlaient pour eux et je faillis lever les yeux au ciel sans même chercher à me montrer discrète. Ces deux-là n'avaient pas une once d'éducation et je ne m'expliquais pas comment le Choixpeau avait pu lire une prédisposition aux valeurs de Serpentard dans leur esprit.

- Toutefois, l'ordre du jour n'a rien à voir avec cela. Nous avons une excellente nouvelle à vous annoncer : après le fiasco du Club de Duel et l'évidence que Lockhart n'est – une fois de plus – pas un professeur de Défense contre les Forces du Mal à la hauteur, nous avons réussi à convaincre le professeur Rogue de nous allouer un cachot dans lequel nous pourrons nous entraîner au duel. Il a même accepté de diriger une séance par mois afin de nous aider à progresser. Le rendez-vous est fixé chaque dimanche de treize à quinze heures, pour les élèves à partir de la cinquième année et de quinze heures à seize heures pour les autres, excepté les premières années. Tous ceux qui passent les BUSES ou les ASPICS sont fortement encouragés à s'inscrire. Il est bien entendu que ce petit rendez-vous hebdomadaire devra rester entre nous. Il est hors de question de donner des idées aux Gryffondors ou aux Serdaigles... Cela sera tout pour aujourd'hui.

La nouvelle fut accueillie avec beaucoup d'enthousiasme par tout le monde, mais je ne pus m'empêcher d'être atrocement déçue de me retrouver tenue à l'écart. Si l'objectif de ces cours était d'apprendre à nous défendre, il ne fallait peut-être pas oublier que le monstre de Serpentard ne s'en était pris qu'à un chat, un première année, un deuxième année et un fantôme.
Précisément ceux qui ne pourraient absolument pas se défendre.

...

Mardi 12 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Le cours de Métamorphose sortait de l'ordinaire et je n'étais pas sûre d'apprécier le changement. Après trois heures passées à nous détailler la théorie derrière le sortilège Avifors et nous avoir fait nous entraîner sur des petits objets, puis sur des souris, nous devions désormais passer un par un sur le chien du garde chasse, une espèce de grosse bête au moins aussi repoussante que son maître.

- Miss Lestrange, à votre tour.

Je pris une profonde inspiration, consciente qu'il s'agissait de l'exercice le plus difficile : j'avais réussi sans problème à faire apparaître la nuée d'oiseaux bleus lors de tous mes essais, mais la taille de la cible et sa nature de mammifère compliquaient singulièrement les choses. Pour preuve, seul Sven, Meghan Black et Philip Jones avaient réussi jusqu'ici. Je me devais de sauver l'honneur des Serpentards.

- Avifors !

J'avais répété tant de fois le geste – une sorte de huit incliné d'un peu plus de quarante-cinq degrés – que mon bras l'effectua automatiquement.

Une lumière bleue aveuglante me fit détourner le regard et quand je relevai les yeux, le chien – Crocdur – avaient disparu, remplacé par une nuée d'oiseaux.

Non, pas d'oiseaux.
De chauve-souris.

Le professeur McGonagall annula ma métamorphose d'un geste sec.

- Cinq points pour Serpentard, Miss Lestrange. Vous viendrez me voir à la fin de l'heure.

Je crus une folle seconde que j'avais fait quelque chose de mal – j'avais pourtant lu que parfois, le sortilège Avifors pouvait produire un tel résultat, puis je surpris son rare sourire.

La deuxième moitié de la classe eut tout juste le temps de passer – marquées par les réussites de Crystal et Ryan O'Casey chez les Serpentards – et Ginevra Weasley rata sa deuxième tentative au moment où la cloche résonnait dans le couloir.

- Très bien, c'est tout pour aujourd'hui. N'oubliez pas votre devoir pour la semaine prochaine sur les métamorphoses offensives.

Je récupérai mon sac et fis signe à Deloris de ne pas m'attendre. Je n'avais pas la moindre idée de ce que me voulait McGonagall et je connaissais assez mon amie pour savoir qu'elle n'avait pas de patience.

- Je dois vous avouer, Miss Lestrange, que je n'ai pas assisté à une telle démonstration du sortilège Avifors par une première année depuis des années. Il faut croire que vous avez cela dans le sang.

J'eus une moue. Fallait-il que je lui ressemble autant que cela ?

- Ma mère ?

McGonagall secoua la tête.

- Non, son cousin. Sirius Black.

Sa réponse eut le mérite de me surprendre. Je n'avais pas la moindre idée que le cousin de Nani avait un jour été doué en Métamorphose... mais il fallait dire que Nani ne parlait pas souvent de lui, pas plus qu'elle n'évoquait Regulus.

- Avez-vous réfléchi à l'article du Mensuel de la Métamorphose ?

Évidement que j'y avais réfléchi. Je n'avais pas osé en parler à Nani – sans doute jugerait-elle que ma participation irait à l'encontre des convenances. Une jeune fille de bonne famille n'aspire pas à étaler ses talents magiques – et je doutais encore d'avoir réellement le niveau.
Qui plus est, il me faudrait attendre d'avoir dix-sept ans pour pouvoir y participer. A quoi bon s'en préoccuper maintenant ?

- Ne suis-je pas trop jeune ?

Elle me desservit son regard le plus perçant.

- Que croyez-vous ? Que les autres concurrents vont attendre le dernier moment pour se préparer ? C'est un concours très prestigieux. La Chine commence à entraîner ses candidats dès qu'ils ont sept ans.

Au lieu de me rassurer, sa réponse me fit presque paniquer. Comment pourrais-je lutter ? Dans le meilleur des cas, j'avais déjà quatre ans de retard !

- Si vous décidiez de tenter l'aventure, Miss Lestrange, j'entends bien vous donner un cours particulier par semaine, en plus de nombreux devoirs supplémentaires, car il ne s'agit pas que d'une épreuve pratique. Mais si vous vous décidez, je serais intransigeante avec vous. Depuis que j'enseigne ici, je n'ai présenté que huit élèves, mais je me targue de les avoir menés dans les dix premiers rangs du classement. Le choix vous revient entièrement.

Je hochai la tête, incapable de trancher maintenant.

- Je vais y réfléchir, professeur.

- Et je sais que vous prendrez la bonne décision. A demain, Miss Lestrange.

Dimanche 17 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

L'excitation suscitée par la première séance du Club de Duel de Serpentard dépassait de loin celle qui avait précédé le cours de Lockhart, d'autant qu'il était presque certain que le professeur Rogue mènerait ce premier rendez-vous.

Personne ne doutait de ses compétences et chacun gardait en tête la promesse qu'il avait fait aux Préfets si jamais l'un d'entre nous se révélait incapable de tenir sa langue.

Il se targuait de pouvoir retrouver le cafard et de le coller jusqu'à la fin de l'année. Hadrian avait beau soutenir qu'il bluffait – il considérait qu'il était presque impossible de remonter à l'origine d'une rumeur alors qu'il connaissait Deloris depuis qu'il était né – personne ne voulut prendre le risque.

Le sujet du Club de Duel était donc exclusivement discuté dans la Salle Commune, et j'assistai au départ des plus âgés, aussi déçue que Sven de ne même pas pouvoir observer leur cours.

- Être en première année craint, bougonna Deloris, ses bras croisées sur sa poitrine et la moue d'une enfant capricieuse – qu'elle était – sur le visage.

Depuis dimanche dernier, j'étais partagée entre la déception – je savais que ma mère avait été une excellente duelliste, et la discipline était au moins autant estimée que la Métamorphose, même si ce n'était pas convenable pour une femme d'y être reconnue – et le soulagement. J'attendais toujours le déclic promis par le professeur McGonagall en sortilèges, et si je maîtrisais désormais les grands basiques du début d'année, je manquais de constance et de contrôle dans mes sortilèges. Alors devoir lancer un maléfice, sans réfléchir, au milieu d'un duel ? Il y avait toutes les chances pour que j'envoie mon adversaire à l'infirmerie et moi avec lui.

- Passe à autre chose, Yaxley. La seule partie du Duel que l'on peut espérer maîtriser, c'est le salut.

- Parle pour toi, grinça-t-elle.

Hadrian feuilleta son manuel d'Astronomie avant de soupirer.

- Lestrange, l'étoile majeur de la constellation d'Orion ?

- Tu plaisantes ?! répliquai-je aussitôt.

- Bien sûr que non. Il y a bien trop de noms à retenir, et de toi à moi, tu es clairement favorisée puisque tu connais l'arbre généalogique des Black par cœur.

Je me promis de faire de lui ma cible privilégiée l'année prochaine – si le club était maintenu – avant de répondre.

- Ma famille privilégie souvent les mêmes prénoms, comme dans toutes les familles de Sang-Purs. Comment se fait-il que tu arrives à ingérer des livres entiers sur les stratégies aux échecs et que tu ne sois même pas capable de retenir que l'étoile majeur de la constellation d'Orion est Orion ! C'est sans doute la plus facile à apprendre !

- Peut-être parce que je considère que l'Astronomie est aussi inutile que la Botanique ?

- Depuis quand les échecs ont une quelconque utilité, exactement ?

- C'est l'un des jeux de stratégies les plus anciens au monde ! Tous les esprits brillants y excellent !

- La position des étoiles se répercutent sur la magie, et le début de leur étude précède sans nul doute possible la création des échecs !

- Pitié, vous n'allez pas recommencer avec ça ?

Hadrian et moi fusillèrent Sven du regard exactement en même temps et il se contenta de nous éclater de rire au nez.

- Sérieusement, trouvez un autre sujet de dispute, on connaît vos arguments par cœur, c'est lassant.

Deloris et Crystal approuvèrent en silence et je choisis de me taire, tandis qu'Hadrian se replongeait dans son devoir, préférant s'en tenir à parcourir notre manuel plutôt que de m'interroger. Dix minutes avant que ne sonnent quinze heures, une nouvelle vague d'excitation souleva la salle et le premier groupe de trois élèves – Théodore Nott, Blaise Zabini et Daphné Greengrass – s'en allèrent rejoindre le cachot où ils avaient rendez-vous.

Hobday, Horton et les autres préfets avaient pensé à tout : tandis que les plus âgés revenaient au compte goutte, l'air exténué, leurs vêtements de travers – et pour certains déchirés –, les plus jeunes s'en allaient rejoindre le cachot.

J'étais presque sûre que les derniers à partir avaient l'air nettement moins enthousiastes désormais.

Il ne nous fallut pas dix minutes pour comprendre pourquoi Rogue n'avait pas voulu de nous. Il avait apparemment affronté chacun des participants sans leur laisser une chance, juste pour tester leur motivation à apprendre. Certains avaient tenu plus ou moins longtemps, usant des nombreux sortilèges qu'ils avaient appris au cours des années, mais sans que le résultat final ne dévie du choc de leur corps contre un mur.

Ce fut le retour des deuxième années qui fit comprendre à Deloris que notre place n'était pas au Club de Duel.

Draco arriva le premier, son pantalon déchiré au niveau de son genou ensanglanté, ses mèches blondes – d'habitude plaquées en arrière – tombant sans grâce devant ses yeux, et l'air aussi maussade qu'après le match Gryffondor contre Serpentard. Pansy traversa la salle commune telle une furie, Millicent et Daphné sur les talons, et seul Nott semblait à peu près indemne.

- Je retire ce que j'ai dit, conclut-elle avec une grimace avant de replonger dans la lecture de Sorcière Hebdo.

Dimanche 24 Janvier 1993, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.

Je fus presque surprise de réaliser que nous étions déjà dimanche en me réveillant, le matin du match Serpentard contre Gryffondor. La semaine était passée à une vitesse effrayante, ponctuée d'une tension croissante entre notre maison et les trois autres, une avalanche de devoirs, une soirée Française qui s'était étirée jusque tard dans la nuit et les adieux à la scène de Celestina Warbeck – le sixième depuis que j'étais en âge de me souvenir et rien moins que la vingt-troisième annonce de la sorte depuis le début de sa carrière –.

Je n'eus toutefois pas l'opportunité de me rendormir pour grappiller quelques minutes de sommeil supplémentaires puisque les trois filles de mon dortoir étaient déjà en train de se préparer, et qu'elles ne se souciaient pas d'être discrètes.

Une fois habillée et coiffée, je fus maquillée par Pansy comme la fois dernière. Elle inscrivit un « allez » sur chacune de mes joues et un « Draco » sur mon front, et éclata de rire quand je la remerciai d'un regard noir après avoir vu le résultat.

- J'espère qu'il va attraper le Vif d'Or cette fois.

- Sans Potter pour le distraire, Serpentard a toutes ses chances.

L'équipe de Serdaigle n'était pas vraiment la plus dangereuse de la compétition : si leur gardien était plutôt doué, les batteurs n'étaient pas réputés pour leur précision et les Poursuiveurs avaient tendance à ne pas jouer collectif. Tout comme Draco, l'attrapeuse adverse, Chang, était nouvelle à son poste.

Après un petit-déjeuner rapide, nous primes la direction du terrain de Quidditch. La majorité de l'école soutenait Serdaigle – comme d'habitude – et notre maison compensait cette hostilité affichée en multipliant les affiches et les bannières aux couleurs de Serpentard.

Le froid était particulièrement glaciale, accentué par un ciel clair et un vent piquant, et j'adressai une prière silencieuse à Morgane, Circée et Viviane pour que le match ne dure pas trop longtemps. La dernière chose que je voulais, c'était de terminer la journée à l'infirmerie.

Je ne fus pas entendue.

Deux longues heures après que le début du match, nous menions deux-cent à quatre-vingt-dix, Marcus Flint avait reçu un Cognard en plein visage et continuait à voler malgré son nez cassé, Draco tournait autour du terrain comme un rapace en mal de proie, imité par Cho Chang, et les deux Attrapeurs n'avaient aperçu le Vif d'Or que deux fois depuis le début du match.

De mon côté, j'étais proprement frigorifiée, je ne sentais plus mes orteils, j'avais de plus en plus envie d'aller aux toilettes, et si Draco n'avait pas été dans l'équipe, je serais rentrée au château depuis bien longtemps.

A peine cette pensée se fût-elle formée dans mon esprit que j'aperçus une dizaine d'élèves quitter le terrain.

Conséquence du froid et de la longueur du match, les encouragements et les hourras ne faisaient de moins en moins nombreux, et de plus en plus faibles, comme si chaque camp gardait ses forces pour tenter de conserver sa chaleur.

A mes côtés, Deloris claquait des dents et Crystal maudissait mon cousin entre ses lèvres serrées, dans une langue qui n'était certainement pas de l'anglais.

- Merlin tout puissant que quelqu'un fasse quelque chose ou il faudra nous décongeler ! ragea Pansy derrière moi.

Le miracle que personne n'attendait plus – que quelqu'un mette fin au match – se produisit une longue demi-heure plus tard, quand Draco traversa le terrain à toute vitesse, Chang dans son sillage, et réussit à attraper le Vif D'Or, porté par la supériorité écrasante de son balai.

Il était plus que temps !

Les applaudissements de notre maison ne durèrent pas longtemps – même les professeurs se dépêchèrent de quitter les tribunes, Lockhart en tête – et je mis à profit ma petite taille pour me faufiler dans les escaliers.

En temps normal, j'aurai sans doute rejoint Draco pour le féliciter – il venait d'obtenir un moment de gloire pour lequel il avait travaillé durement – mais ma vessie était à deux points d'exploser et je n'avais sûrement jamais traversé le parc aussi vite, prenant le risque de chuter lourdement à cause des plaques de verglas sur le sol.

Depuis le grand hall, les toilettes les plus proches étaient celles de Mimi Geignarde. Toutes les filles l'évitaient à cause du fantôme qui les hantait, mais je n'avais plus la volonté de rejoindre celles du troisième étage, situées dans une autre aile.

Avec un peu de chance, Mimi Geignarde serait partie faire un tour.

Ce n'était bien sûr pas le cas – et j'eus la mauvaise idée de la surprendre dans une des cabines – mais je décidai de l'ignorer quand elle me suivit dans la mienne.

- Ce n'est pas parce que je suis un fantôme que tu peux te permettre de rentrer comme si l'endroit t'appartient ! Oh mais bien sûr, fais comme si je n'étais pas là ! OLIVE HORNBY FAISAIT CA ELLE AUSSI ET JE L'AI HANTEE ! Je pourrais très bien faire ça avec toi !

- Oui, oui... Désolée.

Elle se tenait à quelques centimètres de moi et sa voix suraiguë me donnait déjà un début de migraine, mais je fus presque certaine d'entendre un bruit sec.

- Qui est là ?

Personne ne me répondit, et je dus attendre que Mimi Geignarde daigne me laisser seule, non sans lui avoir présenté mes excuses quatre fois, et qu'elle me traverse sans prévenir.

Il n'y avait rien de plus désagréable !

Le silence retomba sur la pièce et je fus donc surprise de découvrir Ginevra Weasley devant les lavabos, ses vêtements recouverts de toiles d'araignées, ses chaussures souillées, et le regard vide, comme si elle était une somnambule en plein rêve.

- Weasley ? Qu'est-ce que tu fiches là ?

Elle sursauta et son regard redevint cohérent – du reste, autant que le sien pouvait l'être –, avant que l'incompréhension ne se peigne sur ses traits. Elle regarda autour d'elle comme si elle ne savait pas où elle était.

- Je... Je...

Ses yeux devinrent brillants et je reculai malgré moi. Il était hors de question que je me retrouve près d'elle si elle se mettait à pleurer. Elle était déjà assez repoussante comme ça !

Mais Weasley eut le bon goût de quitter précipitamment les toilettes et je la vis disparaître au bout du couloir.

- Cette fille est cinglée, marmonnai-je avant de reprendre la direction des cachots.

Serpentard allait sans doute organiser une fête en l'honneur de notre victoire et j'étais prête à parier que Pansy m'attendait déjà dans mon dortoir pour me voler une robe ou arranger mes cheveux d'une façon improbable.

Peut-être les deux à la fois.

Et dix points pour Gryffondor pour ce canon on point ! (avouez quand même que je me débrouille bien).

J'avoue que j'ai hâte d'avoir votre avis sur :

- Draco qui, décidément, aime se prendre des savons.

- Maellyn, les Lestrange, et une relation familiale à faire des envieux.

- Crystal Malhorne qui défend les couleurs de Serpentards avec panache.

- Rogue qui, une fois n'est pas coutume, profite de son statut pour se défouler sur des enfants.

Si vous voulez vous étendre sur la référence à Sirius (wink wink. Minnie est trop subtile) ou envoyer un câlin à Ginny (là c'est pas moi, c'est Rowling!), je suis pas contre non plus !

La review ne prend guère de temps et me motive beaucoup. Faites-vous plaisir !

On se dit à dans deux semaines ! (euh, enfin j'espère, parce que je pars en Irlande ce weekend là, que j'ai horreur d'emmener du travail avec moi et que j'ai deux semaines de merde en vue, donc peut-être qu'il y aura une semaine de retard).

Orlane.

Mis en ligne le 03/02/2018