Renouveau

Mode papa-poule activé

Mode papa-poule activé

L'enveloppe rouge vif à la patte d'Hedwige voleta au-dessus de la tête des occupants du manoir Black qui la fixaient, assez abasourdis. Personne ne se décidant à l'ouvrir, la chouette blanche lâcha son chargement au milieu de la table où elle commença à trembler. Soudain, elle explosa.

On va mettre les choses au point tout de suite.
Petit un, je ne suis pas sous vos ordres, je travaille pour Poudlard.
Petit deux, même en tant que directeur, vous ne faites pas n'importe quoi avec vos élèves.
Petit trois, vous faites ce que vous voulez avec les Weasley, tant que vous avez l'accord et la bénédiction de leurs parents, ce n'est pas mon problème, sauf si vous leur faites du mal.
Mais aux dernières nouvelles,
Petit un, Harry Potter n'est pas un Weasley !
Petit deux, vous n'êtes plus le garant d'Harry par la volonté de Magia !
Petit trois, en tant que garant magique, je ne lui ai pas permis de quitter l'école !
Par conséquent,
VOUS AVEZ INTERET A ME DIRE OU VOUS ETES POUR QUE JE PUISSE RECUPERER MON FILS !
PARCE QUE SI JE VIENS LE CHERCHER, JE PEUX VOUS ASSURER QUE VOUS NE L'APPROCHEREZ PLUS DE VOTRE VIE !

La lettre se désagrégea, laissant tout le monde bouche bée.

-Il a l'air en pétard, commenta simplement Fred.

-C'est compréhensible, répondit Georges. Son pupille a disparu au beau milieu de la nuit sans qu'on ne l'ait prévenu.

-Mais il était avec nous ! protesta Ron

-Ce n'est pas une raison, insista Fred. Est-ce que tu penses que maman ou papa auraient apprécié que tu ailles chez Harry sans les prévenir avant ou après y être allé ?

-Euh … fit Ron.

-Est-ce qu'il y a du parchemin et une plume quelque part ? interrompit Harry

-Dans le tiroir, répondit Sirius. Sers-toi, je vais faire du thé en attendant.

-Tu fais quoi ? demanda Ginny

-J'écris à Loki, soupira Harry en s'exécutant. Je ne préfère pas tester sa patience. Comme toi tu ne voudrais pas tester celle de ta mère.

Sa dernière phrase était surtout pour qu'ils ne remettent pas en cause tout ce que Loki faisait pour lui, ce qui était systématique.

Alors qu'il faisait de nouveau ce rêve avec ces étagères et ces boules de verre, la scène avait brusquement changé et Harry s'était retrouvé en train de ramper souplement dans des couloirs à peine éclairés. Il avait avisé une silhouette humaine et il avait planté ses crocs dans sa jambe pour y déverser son venin. Ça avait été tellement réaliste qu'Harry s'était réveillé en hurlant, faisant sauter les sorts de silence autour de son lit. Complètement paniqué, encore plus quand il avait compris à la dernière seconde qu'il avait mordu Arthur Weasley, le brun s'était rapidement habillé pour se rendre dans le bureau de Dumbledore relater ce dont il avait rêvé. Pendant que le directeur vérifiait ses dires, l'adolescent avait voulu prévenir son garant magique mais ça lui avait été interdit. Quand Dumbledore avait pu établir que le patriarche Weasley était bien blessé et sur le point d'être secouru, il avait fait chercher les enfants Weasley et avait envoyé tout le groupe au manoir Black …

Sans que Loki Potter ne soit mis au courant.

Donc oui, il avait de quoi être en pétard.

-Viens, ma belle, souffla Harry. Apporte ça à Loki avant qu'il ne devienne fou.

La chouette mordilla le doigt de son maître avant de s'envoler avec son précieux chargement.

-Bon, fit Sirius. Ça ne sert à rien que vous restiez debout à vous ronger les sangs. Molly ne va pas revenir de sitôt donc il serait mieux que vous preniez un peu de repos.

-Vous avez raison, sourit pauvrement Georges.

-Vos chambres sont prêtes, précisa Sirius. Allez-y, je vous préviendrai quand votre mère reviendra.

-Merci, fit Georges.

Les jumeaux s'éclipsèrent.

-Tu viens ? fit Ron

-Non, répondit Harry. Je vais discuter avec Sirius. Seul à seul.

-Eh, mec ! sourit Ron. On ne va pas gêner !

-Tu aimerais que j'assiste aux conversations que tu as avec tes parents ? grinça Harry

-Mais … protesta Ron.

Mais il ne put dire quoi que ce soit d'autre. Sirius avait brandi une baguette et avait rapidement jeté des sorts de Sommeil sur Ron et Ginny. Il les avait ensuite installés dans les chambres qu'ils avaient occupé cet été pour qu'ils puissent dormir à leur aise.

-J'ai cru comprendre que tu ne voulais pas avoir Ron sur le dos, commenta Sirius.

-Dès que je vais parler à quelqu'un, il écoute toujours ce que je dis, soupira Harry. Quand je vais rejoindre Loki, il insiste pour venir. Comme si on lui avait donné l'ordre de ne jamais décoller de moi. Je ne le pense pas, bien sûr, mais c'est l'impression qu'il donne et c'est énervant.

Depuis qu'il était sous la garde de Loki, son meilleur ami se conduisait étrangement … ou bien les événements de cet été l'avait fait grandir trop vite, laissant Ron dans le monde de l'enfance. Parce que le brun ne se leurrait pas. Le roux ressemblait étrangement à Dudley lorsque l'un de ses caprices n'était pas satisfait dans la seconde. Si Harry n'avait pas son attention entièrement tournée vers Ron, alors ce dernier faisait tout pour la récupérer, quitte à le coller sans cesse, ce qui était loin de lui plaire.

-Tu penses que Loki va mettre ses menaces à exécution ? demanda Harry

-Il y a de grandes chances, sourit Sirius. Je ne sais pas ce qui s'est passé quand il t'a récupéré mais ça l'a convaincu de garder un œil vigilant sur toi, peu importe les garanties du professeur Dumbledore.

-Je ne sais pas si le fidelitas est finalement une bonne ou une mauvaise idée, souffla Harry.

-Ça ne l'empêchera pas de venir te chercher, fit Sirius.

-Comment ça ? s'étonna Harry

-Loki est ton garant magique, rappela Sirius. En tant que tel, s'il te croit en danger, aucune barrière ne pourra l'arrêter pour te protéger.

-Mais comment il saura que je suis en danger ? demanda Harry

Dans le livre que le gobelin lui avait donné sur le sujet, l'auteur était resté assez vague sur ce point, à moins qu'il n'ait pas compris une subtilité.

-Sa magie l'avertira, assura Sirius. Et si on se fie à la beuglante, il n'ira pas dans la dentelle.

-Quels dangers ? demanda sombrement Harry

-En fait, dès que tu seras blessé, aussi bien physiquement que psychologiquement, répondit Sirius. Je pense que ça a été le plus dur à Azkaban, ressentir des douleurs qui n'étaient pas les miennes …

Harry se redressa, alerté, et comprit.

-Tu étais mon garant magique ? articula Harry

-Jusqu'à ton anniversaire, je ne l'ai compris que quand Loki est apparu, confirma Sirius. La prison te déphase complètement avec ta magie et quand je me suis échappé, j'étais très faible, à un tel point que je ne savais pas si ce que je ressentais était dû aux cauchemars des détraqueurs ou à ma propre douleur. Le jour de tes quinze ans, j'ai senti un lien magique disparaître et quand j'ai appris que Loki était ton nouveau garant magique, j'ai enfin pu comprendre.

-Mais le professeur Dumbledore ? demanda Harry, perdu

-Puisque j'étais en prison, théoriquement, j'étais déchu de tous mes droits et responsabilités à vie, expliqua Sirius. Mais pour cela, il fallait que je sois jugé par un tribunal, ce qui ne s'est pas fait. Après, comment le professeur Dumbledore est devenu ton garant, il faudrait le lui demander.

-Tu restes mon parrain ? demanda Harry d'une petite voix, après quelques instants de silence

-Bien entendu ! sourit Sirius

Soudain, Hedwige revint, ce qui fit froncer des sourcils Sirius.

-Loki est à Londres, comprit Sirius. Hedwige n'aurait pas pu revenir si vite sinon.

Harry s'empressa d'ouvrir la lettre.

Harry,
Heureusement, tu vas bien ! Mais Dumbledore va m'entendre parler, sois-en sûr !
Tu vas rater deux jours de cours, ce que bien évidemment ton cher directeur n'a pas pris en compte dans sa volonté de manipuler tranquillement ses marionnettes. Crois bien que tu vas les récupérer quand tu rentreras à la maison !
Je serais au square Grimmaurd vendredi à dix-neuf heures pour te récupérer. Je sais que ce sont tes amis et que tu réfléchissais au fait de passer tes vacances avec eux mais ils auraient dû y mettre les formes pour cela, comme une invitation officielle. Je suis assez furieux, comme tu dois t'en douter, et il est hors de questions que j'adhère à la version : « comme tu es déjà sur place, tu peux rester ici » !
Je sais également que tu aurais voulu rester avec ton parrain mais par chantage affectif, il est hors de question que tu restes là-bas. Mais j'ai peut-être une idée pour cela.
Dans tous les cas, un fidelitas protège un lieu, certes, mais il n'empêche pas les personnes dedans de sortir, encore plus si le rituel ne le protège pas spécifiquement.
J'ai pris la liberté de te faire parvenir des affaires dans ton sac à dos que j'ai donné à Hedwige. Curieusement, je suis certain que le grand Albus Dumbledore a oublié l'essentiel …
Allez, tu connais le bla bla habituel et profite de ton parrain.
Avec amour,
Loki

Harry, un grand sourire barrant ses lèves, récupéra son sac miniaturisé et vérifia ce que Loki appelait l'essentiel.

-Alors ? demanda Sirius

-Loki vient me récupérer demain soir, répondit Harry.

-Tu ne restes pas, comprit Sirius.

-Pas dans ces conditions, confirma Harry. Loki a parlé de chantage affectif. Lis la lettre, tu comprendras peut-être mieux que moi.

Sirius s'exécuta et outre l'aspect un peu confus de la lettre, il comprit ce que voulait dire l'aîné Potter.

-Il pense qu'on va te forcer à rester ici parce que tu veux rester avec moi, expliqua Sirius.

-D'accord, hocha la tête Harry. Sur ce coup, je vais suivre Loki, si ça ne t'embête pas.

-Pourquoi ? demanda Sirius, curieux

-Je ne pense pas qu'on pourra discuter tranquillement sans que Ron ou même Ginny veuillent rester dans la pièce pour écouter, pointa Harry. Ce sont peut-être mes amis mais ma famille ne les concerne pas forcément.

-Pas faux, concéda Sirius.

Il avisa l'heure et il était bientôt sept heures.

-Toi aussi, tu devrais aller dormir, conseilla Sirius.

-Et toi ? s'étonna Harry

-Azkaban a fait des merveilles sur son sommeil, railla Sirius. Je vais attendre Molly.

Harry hocha la tête et monta dans sa chambre avec ses affaires. Dès que sa tête toucha son oreiller, il s'endormit.

§§§§§

Loki travaillait sur ses copies quand il avait senti la terreur chez Harry. Comme à chaque fois qu'il faisait un cauchemar, il tenta de lui envoyer des ondes apaisantes mais cela ne marcha pas. Inquiet, il s'était donc rendu à la tour Gryffondor pour apprendre qu'Harry venait de la quitter. Par acquis de conscience, il fouilla les environs immédiats puis ses endroits favoris avant de percuter quel jour on était.

L'attaque d'Arthur Weasley par Nagini !

Il se précipita vers le bureau de Dumbledore mais la porte demeura close. Jurant et pestant dans sa barbe, il retourna dans ses appartements et vérifia la localisation du médaillon d'Harry.

Bien entendu, il n'était plus à Poudlard !

Il écrivit une lettre incendiaire qu'il transforma en beuglante et pria Hedwige d'aller porter le pli au plus vite puis prit le chemin des Abysses, non sans embarquer le diadème de Serdaigle. Une fois ce dernier mis en sécurité, Loki se força à se calmer pour réfléchir. Si Harry avait bien été emmené au manoir Black, il se pourrait qu'en négociant bien, il puisse avoir accès au manoir et par extension au médaillon de Serpentard. Et mieux, il aurait accès à Sirius pour l'empêcher de sombrer dans la folie. En y réfléchissant bien, cela semblait logique quand on savait que son Sirius n'avait jamais pu avoir un traitement après son évasion d'Azkaban. Il voulait éviter cela et qui sait, lui sauver la vie.

La lettre d'Harry le retrouva sur le pas de la porte de Gringotts. Il avisa un coin de table et écrivit sa réponse avant d'envoyer Hedwige la rapporter.

-De bonnes nouvelles ? demanda Cracrock

-Si je manœuvre bien, oui, sourit Loki.

Loki se rassit correctement.

-Ce n'est pas que ce ne soit pas un plaisir de vous voir mais au beau milieu de la nuit ? demanda le Gobelin

-Je devais me calmer avant de mettre à sac le bureau de mon « supérieur », railla Loki. J'en ai profité pour faire un point avec vous.

-Soit, accepta Cracrock.

-Et vous demander un petit service, fit Loki. Vous auriez une carte de Londres ?

-Bien entendu, sourit Cracrock.

Le document sorti, Loki l'examina attentivement avant de trouver ce qu'il cherchait.

-Est-ce qu'il serait possible de trouver l'historique de ce quartier précis ? demanda Loki

-Je pense que ce ne sera pas la peine, fit Cracrock après avoir jeté un coup d'œil. Il s'agit d'un quartier sorcier.

-Vraiment ? s'étonna Loki

Il avait toujours été surpris que la famille Black, qui ne supportait pas de côtoyer les moldus, ait pu décider d'investir le square Grimmaurd. Cela expliquait bien des choses.

-Oui, confirma Cracrock. Lors des bombardements de Londres durant la Seconde Guerre Mondiale, il n'était plus sûr de rester dans la capitale, sorciers inclus, donc beaucoup se sont réfugiés dans leurs demeures dans l'arrière-pays. C'est d'ailleurs pour cette raison que le ministère et l'hôpital sont en sous-sol. Ce quartier a été, comme tous les autres, déserté mais seule la famille Black y est revenue. Un mauvais choix stratégique, si je puis me le permettre.

-Pourquoi ? demanda Loki

-Même si les protections doivent être admirables, le coût de la vie dans la capitale est extrêmement élevé, côté sorcier comme moldu, pointa Cracrock. De plus, toute maison magique quand on y habite en permanence doit avoir un contact direct avec la terre pour que la magie stagnante puisse s'en aller sans problème. Depuis l'incendie de 1666, ce n'est plus le cas à Londres. Et ce n'est pas le cas dans ce quartier.

-Si la magie ne s'évacue pas, qu'est-ce qui se passe ? demanda Loki

-Les cas de folie de la famille Black ne viennent pas de nulle part, sourit Cracrock. La consanguinité a sa part, c'est vrai, mais pas uniquement. Notez par exemple sur les trois sœurs Black, une seule est devenue complètement folle parce qu'elle a accepté une aile dans l'opulente maison familiale. Les autres sont bien plus équilibrées car elles l'ont quitté bien assez tôt.

Andromeda et Narcissa, comprit Loki. La première s'était enfuie pour épouser l'homme qu'elle aimait, la seconde avait épousé celui que sa famille lui destinait et était partie vivre dans son manoir. Ne restait plus que Bellatrix, dont la santé psychique n'était plus à démontrer, encore plus avec son passage à Azkaban.

-Les Potter ont quelque chose dans le coin ? demanda Loki

-Les Potter, non, mais Harry Potter, oui, fit Cracrock.

-Ce n'est pas la même chose ? demanda Loki

-Non, il s'agit de l'héritage de Lily Evans, répondit Cracrock. De ce que j'ai compris, avant son mariage avec James Potter, Lily Evans a loué un petit appartement moldu pour y poursuivre ses études. En guise de cadeau de mariage, James le lui a offert, ce qui fait qu'il revient à son fils.

-Est-ce qu'il est restauré comme tous les biens Potter en ce moment ? demanda Loki

-Il a toujours été occupé, signala Cracrock. Une agence moldue s'en occupe. Je peux y jeter un coup d'œil, si vous le voulez.

-Je veux bien, accepta Loki.

Soudain, il eut une idée.

-Est-ce que vous auriez un rituel qui interdirait de voir des souvenirs précis ? demanda Loki

-Pouvez-vous être plus clair ? fronça des sourcils Cracrock

-Vous vous doutez des relations si paisibles que j'entretiens avec l'ancien garant d'Harry, ricana presque Loki. Il vient de me jouer un tour assez pendable et j'aimerai lui rendre la pareille. Je ne veux pas qu'il puisse voir dans un esprit tout ce qui a un rapport avec ma maison, ce qu'on pourrait y avoir fait, et moi-même, bien entendu.

-Tout de suite, je ne vois que l'occlumencie, concéda Cracrock. Mais je peux me mettre en contact avec un maître pour vérifier.

-Ce serait très aimable de voter part, sourit Loki. Je voudrais en revanche une réponse le plus rapidement possible. Vous serez payés en conséquence, bien entendu.

§§§§§

-Mais tu passes toujours tes vacances avec les Weasley ! s'exclama Albus

-Professeur, soupira Harry. J'ai apprécié mes vacances avec eux, je ne dis pas le contraire, mais la première raison était que mon oncle et ma tante ne voulaient pas me voir chez eux. Mon garant magique a exigé que je rentre à la maison dès la fin des cours et c'est ce que je fais.

Molly était revenue les yeux rouges en fin de matinée, heureuse que son mari aille mieux. Elle avait profité que ses enfants soient là pour qu'ils aillent lui rendre visite à l'hôpital. Harry avait été bien évidemment du voyage et voir de près la blessure dont il pouvait peut-être en être l'auteur l'avait un peu choqué. Au dîner, il avait été silencieux et après les bouchées nécessaires, n'avait fait que jouer avec sa nourriture, n'ayant pas envie de faire croire qu'il était un enfant en pleine santé. Il était allé directement se coucher, sans tenir compte des plaintes de Ron et de Ginny qui voulaient qu'il reste avec eux pour jouer et le lendemain, il l'avait passé à discuter avec Fred et Georges puis avec Sirius. Après le thé de cinq heures, il était monté dans sa chambre pour préparer ses affaires mais il ne s'attendait pas à se retrouver nez à nez avec le directeur de l'école alors que dix-huit heures quarante-cinq sonnaient. Ni à se justifier de son départ.

-Je t'accompagne, décréta Albus. Si je pouvais en discuter avec lui …

-C'est ça le problème, professeur, coupa Harry. Vous n'en aviez pas « discuté » avec Loki quand vous m'avez fait prendre le portauloin jusqu'ici. Et si je n'avais pas dit que je partais chez moi aujourd'hui, vous n'auriez pas non plus « discuté » de mes vacances ici.

-Ton parrain … protesta Albus.

-Sirius est mon parrain et il est le seul ici à pouvoir me convaincre de passer du temps avec lui, coupa Harry. Sirius. Pas vous, même si le QG de l'Ordre est ici. Sirius est d'accord pour que je rentre chez moi donc il n'y a aucun argument qui pourrait me pousser à rester.

Harry mit son manteau puis son sac sur son dos.

-Sirius, madame Weasley, merci de m'avoir accueilli, fit Harry. Je vous écrirai dès que je serais à la maison.

Le brun accepta l'étreinte larmoyante de la matrone et celle plus ferme de son parrain ainsi que celle des jumeaux avant de saluer sèchement le directeur d'un signe de tête.

-Tes amis … tenta une nouvelle fois Albus.

-Mes « amis » sont contre mon départ et me le témoignent en n'étant pas là, coupa Harry. Bonne soirée, professeur.

Avant qu'on ne lui tienne encore la jambe, le brun tourna des talons et sortit du manoir. Comme prévu, Loki se tenait dans le square, impatient.

-J'imagine que Dumbledore a essayé de te convaincre de rester, railla Loki en le prenant dans ses bras.

-Oui, soupira Harry. A quoi ça lui servirait que je reste ?

-Je préfère ne pas me prononcer, fit Loki.

L'aîné Potter sentit le regard furieux de Dumbledore, même sans le voir lui-même, et lui rendit un sourire ironique avant d'entraîner Harry dans les rues de la ville.

-On ne rentre pas ? s'étonna Harry

-Pas tout de suite, fit Loki. Nous avons quelque chose à faire avant.

Très vite, le brun reconnut le chemin qu'ils avaient emprunté l'été dernier pour se rendre au manoir Black et gagnèrent le Chemin de Traverse. Mais au lieu de se rendre dans le quartier des Embrumes, ils se rendirent dans l'agence de Gringotts. Loki se dirigea directement vers un comptoir.

-Loki et Harry Potter, annonça Loki. Nous sommes attendus.

Le gobelin hocha la tête et les mena dans un bureau qu'Harry reconnut comme étant celui de Cracrock. Celui-ci arriva quelques instants plus tard.

-Tout est prêt, seigneur Potter, déclara Cracrock. Suivez-moi.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Harry, inquiet

-J'aimerai vérifier quelque chose avant que nous rentrions, répondit Loki. Je voudrais juste que tu sois examiné. Ne t'inquiète pas, je resterai avec toi.

Les deux Potter arrivèrent dans une salle d'invocation où Harry fut prié de rejoindre une silhouette encapuchonnée. Celle-ci tourna autour de l'adolescent avant de donner un long parchemin au gardien des coffres des Potter et de partir. Ils regagnèrent le bureau et chacun d'entre eux eut une copie du document.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry après une première lecture

-Les sorts que tu as reçu, répondit Loki, sombre. Ceux pour ta protection que j'ai lancés sont sur ton médaillon.

Harry serra les lèvres. Avant qu'il ne se rende au manoir Black cet été, Loki lui avait confié un médaillon aux armoiries des Potter pourvu des protections basiques données à tous les enfants Sang Pur qu'il avait ouvertement augmenté pour entièrement protéger son pupille. Théoriquement, Harry ne devait détecter sur lui que les sorts de ce médaillon – Loki lui avait appris les sorts adéquats pour qu'il puisse vérifier lui-même – et pas autre chose. Dans un monde parfait, les gobelins n'auraient rien dû trouver.

Dans un monde parfait.

Dans le monde réel, Harry avait ramené du manoir Black beaucoup trop d'invités indésirables pour que ce ne soit pas intentionnel.

-Sorts de pistage, sorts de localisation, sorts de contrainte … Tous avec la même signature magique, constata Cracrock. Une idée ?

-Très précise, même, grinça Loki. Albus Dumbledore commence sérieusement à m'agacer. J'ai horreur d'avoir raison à ce point.

-Vous vous doutiez qu'il ferait cela ? sursauta Cracrock

-Il fait des pieds et des mains pour contester tout ce que je peux faire pour Harry, ricana Loki. Au bout d'un moment, je sais additionner deux et deux.

-Mais … balbutia Harry. Pourquoi ?

-Je parie que la folie Survivant a encore frappé, haussa des épaules Loki. Peu importe ses raisons, c'est à moi de prendre soin de toi, puisque la Magie a jugé qu'il avait échoué dans cette mission. Je serais donc surpris qu'il me sorte l'excuse qu'il te surveille pour ton bien.

Loki se tourna vers Cracrock.

-Les résultats de ce rituel peuvent-il être utilisé devant un tribunal sorcier ? demanda Loki

-C'est pour cela que c'est un sorcier qui a fait les vérifications, sourit Cracrock.

-Mettez-cela au chaud dans un coin et fournissez-en une copie à Joshua Nikos, ordonna Loki. Maintenant, votre avis : je détruis tous les sorts ou je les déplace sur un objet et je les retourne à l'envoyeur ?

-Le plus satisfaisant serait la deuxième proposition, concéda Cracrock. Mais peu de sorciers en Grande Bretagne savent le faire, ce qui reviendrait à révéler un atout considérable par pure vengeance. La première entretiendrait le mystère autour de vos capacités et cela pourrait être mis sur les protections de votre domaine.

-Ou les vôtres, puisque je suis certain que nous avons été suivis, pointa Loki. Faisons comme cela, donc. Avec votre permission …

-Faites, accepta Cracrock.

Loki examina brièvement son pupille et détruisit toute magie étrangère d'un claquement de doigts. Il en profita pour détruire ceux qu'on lui avait directement lancé – il n'était pas assez naïf pour croire qu'on s'en abstiendrait – et se leva.

-Merci pour tout, s'inclina Loki. Vous avez rendu de grands services au clan Potter.

-Ce fut un honneur, répondit Cracrock. Que la soif de votre vengeance soit totalement étanchée.

-Et que vos lames victorieuses s'abreuvent à jamais du sang des traîtres, déclara Loki.

Les deux Potter se rendirent dans la salle des transports de Gringotts.

-Je n'ai pas compris ce que tu as dit en gobblebabil, fit Harry.

-Dans quel sens ? sourit Loki. Parce qu'aux dernières nouvelles, tu n'étais pas censé connaître un seul mot de cette langue, tu sais.

-Disons que l'un des grimoires que j'ai emporté à l'école était pour l'apprendre, rougit Harry, pris en flagrant délit. Mais je n'ai pas reconnu tous les mots.

-C'est parce que ce sont des salutations rituelles, répondit Loki. Quand tu auras assez de vocabulaire, je t'expliquerai ce que c'est.

Ils se placèrent dans l'alcôve dédiée au transplanage sorcier et se rendirent aux Abysses, où ils atterrirent en tombant tous les deux à la renverse.

-Fais-moi penser à t'apprendre à transplaner seul, grommela Loki.

-Mais je ne suis pas majeur ! rappela Harry

-Si, rétorqua Loki. En tant que lord Potter, ce que nous cachons à tout le monde, tu es considéré comme un mineur émancipé. Mais je n'ai pas l'intention de te faire passer ton permis pour le moment. Je veux juste ne pas t'avoir sur le dos quand nous nous déplaçons tous les deux !

Le pire était qu'Harry était effectivement tombé sur le dos de Loki. Tout en s'excusant abondamment, le plus jeune se releva et s'épousseta en même temps que l'aîné.

-Allez, viens, Shadow, j'ai une surprise pour toi, sourit Loki en l'entraînant dans un petit salon.

Harry ne mit qu'un instant à comprendre.

-Hermione !