Renouveau

Qui sème le vent récolte la tempête

Qui sème le vent récolte la tempête

Albus Dumbledore se dépêcha de se rendre dans la salle de réunion du Magenmagot. Il était en train de savourer un moment de détente lorsqu'il avait entendu parler de ce rassemblement exceptionnel. Il s'était donc empressé de s'habiller et de se rendre au ministère pour pouvoir assister à la séance et qui sait, pouvoir la présider.

-Professeur Dumbledore, salua l'auror de garde devant la salle.

-Bonjour, sourit Albus. Je viens pour la séance d'aujourd'hui.

-Vous ne pouvez pas entrer, professeur, annonça l'auror d'un air contrit.

-Pourquoi ? s'étonna faussement Albus

-La séance a déjà commencé, s'excusa l'auror.

Albus pesta. C'était une règle tacite dont il avait usé de nombreuses fois : dès qu'une séance au Magenmagot avait commencé, plus aucun membre de l'assemblée ne pouvait entrer dans la salle. Lui-même avait pu manipuler certains votes en faisant en sorte que certaines convocations n'arrivent pas à temps pour les séances. Dans ces cas-là, il plaçait un auror qui lui était fidèle pour refouler les retardataires.

-Je saurais me faire discret, assura Albus.

L'auror lui jeta un regard incrédule. Albus Dumbledore ne passait jamais inaperçu où qu'il aille, notamment à cause de ses tenues très voyantes.

-J'ai reçu des ordres, s'excusa l'auror.

Comprenant qu'il n'arriverait à rien s'il restait sur la méthode « douce », Dumbledore changea de tactique et bougea légèrement sa baguette pour lancer quelques sorts pour que l'auror le laisse passer. Ce n'était pas un imperium, simplement la version légale. Aussitôt, le regard de son interlocuteur devint légèrement vitreux.

-Mais puisque c'est vous, je pense que ça ne posera pas de problème, fit l'auror.

-Merci, mon garçon, sourit Albus.

Mais alors qu'il allait ouvrir la porte, il découvrit que de nombreux sorts empêchaient quiconque d'entrer dans la pièce. Le président pesta. L'affaire devait être de première importance et il en était écarté car il ne pouvait pas entrer.

La poisse !

§§§§§

Molly laissa Arthur se reposer dans leur chambre au manoir Black après sa visite à l'hôpital et redescendit dans la cuisine.

Sirius avait accepté de partager avec elle les nouvelles qu'il recevait d'Hermione et d'Harry en échange de celles qu'elle recevait de Fred et Georges et plus sporadiquement de Ginny et de Ron. Ainsi, tous les deux avaient une vision d'ensemble de la situation à l'école et le moins qu'elle puisse dire, c'était que ce qui se passait à l'école était grave.

Contrairement à Sirius, Molly se souvenait parfaitement de Dolores Ombrage. De quelques années de plus qu'elle, Ombrage était connue pour ses positions particulièrement fermées concernant les « hybrides », positions qui s'étaient accentuées quand son père, auteur de nombreuses lois visant à réduire les droits de nombreuses créatures magiques, s'était fait tuer par les membres de la meute qu'il voulait exterminer sans motif valable. Le fait que la justice ait reconnu les torts de son père avait alimenté la haine d'Ombrage qui avait immédiatement repris son flambeau dès sa scolarité terminée. Le comportement inadmissible de la grande inquisitrice ne surprenait donc pas la matrone rousse.

Ce qui l'inquiétait, ce n'était pas le fait que les enfants se plaignent du comportement de celle qui dirigeait présentement Poudlard, mais plus que ses deux derniers enfants n'en disent pas un mot. En tant que derniers de la fratrie, Ginny et Ron avaient toujours eu l'habitude d'être chouchoutés par leurs parents. De plus, ils ne manquaient jamais l'occasion de se plaindre de tout et de n'importe quoi. Depuis cet été toutefois, les lettres de ses deux derniers enfants ne contenaient que des récriminations sur le comportement d'Harry qui ne restait plus autant avec eux, qui ne les regardait plus du tout, qui se détournait d'eux, etc. Elle avait toujours été du côté de ses deux derniers enfants mais sur ce point, il ne pouvait que donner raison à Harry. Même elle ne pouvait comprendre le comportement de ses enfants et elle avait bien noté, surtout pendant les quelques jours que le brun avait passé au manoir Black, qu'ils remettaient en cause l'éducation que lui donnait tardivement Loki Potter. Il semblait clair pour eux qu'Harry devait n'obéir qu'à Albus Dumbledore et à nul autre, ce qui était totalement illogique aux vues des manquements de ce dernier, à commencer par sa présence inexistante dans la vie du brun jusqu'à ce qu'il mette les pieds à Poudlard, et encore. Elle se rendait compte de l'influence qu'avait le directeur sur eux et ça lui plaisait de moins en moins. Malheureusement, tant qu'Arthur et elle feraient partie de l'Ordre du Phénix et qu'ils habiteraient au QG, l'ombre de Dumbledore serait toujours sur eux. Contrairement à leurs frères aînés, ses deux derniers ne brillaient pas dans des domaines particuliers – peut-être le quidditch, mais c'était un sport où Charlie, Fred et Georges s'étaient déjà fait un nom au niveau de Poudlard et où ils étaient éclipsés par les performances spectaculaires d'Harry – et ils ne faisaient aucun effort particulier pour se distinguer, à part pour rester le meilleur ami du Survivant pour Ron et devenir la nouvelle lady Potter pour Ginny.

-Molly ?

La rousse sursauta.

-Arthur ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu dois te reposer ! s'écria Molly en s'affairant autour de lui

-Attends, Molly, je veux te parler, fit Arthur.

Surprise, la matrone les installa dans le salon et plaça autour d'eux une bulle d'intimité, précaution devenue habituelle voire automatique dès qu'elle avait une discussion qui ne plairait sûrement pas au grand chef de l'Ordre.

-Arthur … fit Molly.

-Molly, écoute-moi, coupa Arthur. Il va falloir prévenir Loki et Harry.

-Pourquoi ? s'étonna Molly

-Ce que nous devons garder au département des Mystères, c'est une prophétie, annonça Arthur. Si je suppose bien, elle concernerait Tu Sais Qui et sûrement Harry. Je connais Dumbledore et s'il peut garder un atout jusqu'au bout, alors il le fera, quitte à ne pas prévenir les personnes concernées. Y compris Harry. Surtout Harry, en fait.

-Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? souffla Molly

-Prévenir Loki Potter de ce que garde l'Ordre, décida Arthur.

-Ce serait trahir l'Ordre ! s'exclama Molly

-Le but de l'Ordre du Phénix est de mener Tu Sais Qui à sa perte, rappela Arthur. Quand il a été reconstitué, ce but s'est assorti à celui de protéger et aider Harry Potter. Or, nous avons appris que Dumbledore a totalement négligé Harry dans son enfance et qu'il ne l'a sûrement pas écouté quand il a voulu lancer l'alerte sur ses conditions de vie. Si je dois apporter ma contribution à la guerre, ce ne sera plus en obéissant scrupuleusement au professeur Dumbledore mais en donnant les armes nécessaires à Harry. Tout comme toi, j'ai écouté les récits de sa vie et il est évident qu'en tant que garant, le professeur Dumbledore a clairement oublié de le préparer à sa vie sorcière. Je refuse de lui faire autant défaut.

-Je comprends, fit lentement Molly. Mais qu'importe ce que nous ferons, nous serons toujours à la merci du professeur.

-Je sais, soupira Arthur. Nous allons partir.

-Pardon ?! bondit Molly

-Nous allons quitter le QG, répéta Arthur. Nous pouvons nous servir de ma blessure en disant que j'ai vraiment besoin de repos.

-Mais … les enfants ? s'interrogea Molly

-Les enfants sont actuellement à Poudlard, rappela Arthur. Nous pouvons toujours dire que Muriel les accueillera à la fin de l'année scolaire.

-Nous allons partir comme cela ? murmura Molly

-Oui, confirma Arthur. Nous allons profiter que le professeur Dumbledore s'occupe de ses responsabilités au ministère pour déménager.

-Je veux prévenir Sirius de notre départ, se leva Molly.

-Bien sûr, sourit Arthur. Nous avons des manières, ne t'inquiète pas.

Molly embrassa tendrement son mari qu'elle avait allongé sur le canapé avant de filer rassembler leurs affaires.

§§§§§

Sirius Black se faufila dans Gringotts avec la plus grande discrétion.

Depuis qu'il avait appris l'existence de ce faux testament, l'ancien évadé faisait de fréquentes visites à la banque et ça n'avait pas été la seule nouvelle qu'il avait apprise. D'après le document, il désignait Harry comme héritier du clan Black or, il avait toujours cru qu'il était renié et donc, qu'il ne pouvait pas transmettre ses droits dessus. Ragnok l'avait alors détrompé en lui déclarant qu'il n'avait pas été renié de la famille Black mais simplement chassé et que ses parents avaient interverti sa place dans la succession avec son frère Regulus, place qui lui était revenue après la mort de celui-ci.

Donc, contrairement à ce que Dumbledore lui avait affirmé, il était encore l'Héritier Black.

Heureusement, ses parents Walburga et Orion n'étaient pas stupides et dès la mort de Regulus, ils avaient fait en sorte qu'en cas d'absence d'héritier majeur, tout le patrimoine du clan Black soit gelé. D'après Ragnok, cela n'avait pas empêché Dumbledore de tenter de mettre la main dessus, notamment en souhaitant placer Sirius sous sa tutelle par contumace mais ça avait échoué.

Pour éviter que le directeur de Poudlard ne se mêle de leurs affaires, Ragnok avait conseillé à Sirius de ne pas revendiquer pour le moment son titre. Pour être vraiment utile, il fallait qu'il se débarrasse de cette accusation qui lui avait valu d'aller en prison. Ils avaient convenu que le testament écrit sur parchemin de vérité suffirait largement pour la trahison des Potter mais pour la mort de Peter Pettigrow et des douze Moldus, il leur fallait retrouver Pettigrow pour le présenter à la justice, ce qui était plus délicat, puisqu'il restait dans les jupes de Voldemort.

-J'aurais dû le tuer quand j'en ai eu l'occasion, maugréa Sirius. Je me serais excusé auprès d'Harry mais au moins, j'aurais pu prouver que Pettigrow n'était pas mort sous ma baguette …

-Qu'est-ce qui vous a empêché de le tuer ? demanda Ragnok, intrigué

-Harry, répondit Sirius, défaitiste. Il ne voulait pas que Remus et moi devenions des meurtriers. Il voulait l'utiliser pour clamer mon innocence.

Le gobelin se plongea dans un grimoire tandis qu'un médicomage continuait les soins de l'ancien prisonnier. En effet, ne pouvant pas avoir accès de nouveau à Poppy Pomfrey sans attirer l'attention de Dumbledore, Sirius avait demandé s'il était possible que la banque lui fournisse un traitement adapté, moyennant finances bien entendu. Ragnok avait accepté et avait mandé un médicomage sorcier pour cela et également pour prouver que Dumbledore n'avait strictement rien fait pour lui permettre de se rétablir.

-Il se pourrait que j'aie une solution à vous proposer, déclara Ragnok après ses soins. Mais cela voudrait dire que vous devriez peut-être quitter le pays pendant un certain temps.

Sirius prit un air songeur.

-Je veux pouvoir aider Harry … soupira Sirius.

-Ce n'est pas en restant fugitif que vous pourrez le faire, pointa Ragnok.

-D'accord, fit Sirius. Je vous écoute.

-Présentez vos preuves au conseil international des sorciers, annonça Ragnok.

-Pourquoi ? fronça des sourcils Sirius. Tant que mon dossier ne lui parvient pas, et vous m'avez confirmé que ce n'était pas le cas, il ne pourra pas intervenir, non ?

-Il est possible pour tout sorcier partout dans le monde de faire appel au CIS sans passer par son administration nationale, répondit Ragnok. Je ne dis pas que ça sera plus rapide mais au moins, cela pourra garantir une plus grande impartialité qu'en Grande Bretagne.

-Dumbledore n'est pas le manitou suprême du CIS ? se rappela Sirius

-Il l'était, corrigea Ragnok. Il a perdu son titre il y a quinze ans quand certains membres ont découvert qu'il avait profité de sa position pour passer quelques règlements pour éviter qu'on vienne fourrer son nez dans sa gestion de son pays. Il a simplement omis de le signaler en Grande Bretagne ainsi que le fait qu'il ait perdu beaucoup d'influence à l'extérieur de ces frontières.

-Mais si je présente mes preuves au CIS, qu'est-ce qui va se passer ? demanda Sirius

-Il y aura un délai de six mois au minimum pour que votre dossier soit étudié et qu'il puisse récupérer les éléments que possède le ministère de la magie britannique dessus, répondit Ragnok. Je ne sais pas si Dumbledore sera mis au courant de cette manœuvre mais si c'est le cas, je vous conseille fortement de ne plus être à sa portée à ce moment-là. Une fois que le conseil aura décidé de donner suite ou non, la seule absence de procès vous garantira d'être convoqué devant le CIS pour donner votre version des faits.

-On parle de combien de temps au total ? demanda Sirius

-Au moins un an, répondit Ragnok.

-Il faut que j'y réfléchisse, soupira Sirius.

Cela avait des avantages certains mais cela voudrait également dire qu'il abandonnerait encore Harry. Mais contrairement à la première fois, Harry aurait Loki sur qui compter et ce dernier ne permettrait jamais à Albus Dumbledore de manipuler son filleul sans le regretter amèrement. Oui, il faudrait qu'il en discute avec lui car désormais, il faisait partie du camp qui n'avait plus aucune confiance en Dumbledore, à part peut-être pour affronter Voldemort, et encore, puisque tout sembler reposer sur les épaules d'un gamin de quinze ans qui n'avait strictement rien demandé. Mais son départ amènerait des conséquences qu'il serait bien en peine d'imaginer. Et curieusement, il ne doutait pas le moins du monde que ces conséquences seraient … définitives.

-Si vous voulez un conseil, fit Ragnok.

-Oui, fit Sirius, un peu étonné.

-Parlez-en à votre filleul, proposa Ragnok. Ainsi qu'à son garant magique. Ils pourraient avoir d'autres idées pour vous aider. Votre erreur il y a quinze ans a été de décider seul de vous mettre à la poursuivre de Peter Pettigrow. Vous avez des personnes qui tiennent à vous et qui sont en état de vous faire part de leur avis. Ecoutez-les avant de prendre une décision.

-Merci, sourit Sirius.

§§§§§

Lucius Malfoy rentra chez lui, songeur.

-Alors ? demanda Narcissa une fois qu'il se fut changé et qu'il l'ait rejoint pour une bonne tasse de thé

-Disons que je ne m'attendais pas à cela … déclara Lucius.

Flash-Back

Il était rare que le Magenmagot se réunisse un dimanche mais quand les convocations étaient arrivées signées de la directrice de la justice magique en personne, tous avaient compris que l'affaire était de premier ordre, encore plus avec un délai de présentation aussi court. Lucius s'était donc dépêché de se rendre au ministère et quand, une fois les portes fermées, il avait noté la composition de l'assemblée, il avait rapidement compris le but d'Amelia Bones : ni Albus Dumbledore ni Cornelius Fudge n'étaient présents ce qui voulaient dire que l'assemblée allait enfin réfléchir par elle-même, les soutiens de Voldemort – dont lui-même – n'ayant heureusement pas encore eu de consignes politiques spécifiques et le blond se doutant qu'ils n'en auraient pas avant un long moment. L'absence des journalistes était un point fort de la séance de ce jour : contrairement aux habitudes prises par le président du Magenmagot et du ministre, la séance se ferait à huis-clos. Un soulagement pour les oreilles de tous.

-Si je vous ai rassemblé aujourd'hui, c'est pour statuer de plaintes déposées contre Dolores Ombrage, annonça Amelia Bones. Harcèlement moral envers plusieurs élèves, tentatives d'effraction sur les appartements privés de plusieurs professeurs, abus de pouvoir avec les décrets d'éducation et enfin, actes de torture et mise en danger de mineurs sur trente-neuf élèves au moins.

L'assemblée était stupéfaite.

-Si le procès a lieu aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu un petit imprévu, toussa Amelia. Imprévu qui explique l'absence de l'accusée ainsi que du ministre, qui a nommé l'accusée au poste de grande inquisitrice.

-Imprévu ? releva Augusta Longbottom

-Il se pourrait que j'aie provoqué en duel d'honneur cette chère Dolores Ombrage, ricana Loki.

La mâchoire de Lucius ainsi que de nombreux Sang Pur se décrochèrent. Un duel d'honneur ?! A Poudlard ?!

-Un duel d'honneur ?! A Poudlard ?! répéta Augusta

-Nous en reviendrons plus tard, assura Amelia. Commençons maintenant.

Lucius apprit que grâce à la prévenance d'Hermione Granger, les témoignages de tous les élèves qui avaient subi les retenues de la grande inquisitrice étaient parvenus sans problème jusqu'à la directrice de la justice magique. L'utilisation de la plume de sang pour faire des lignes avait fait frémir d'effroi toute l'assemblée et le blond bénit l'arrivée de Loki Potter car si Dolores Ombrage était devenue professeur de défense, le nombre d'élèves victimes de ses retenues aurait été bien plus important.

Mais Lucius n'était pas au bout de ses surprises. Même si Loki Potter avait catégoriquement refusé que son pupille soit présent, ce n'était pas pour autant que le Magenmagot ne s'était passé de son propre témoignage concernant les sévices qu'il avait subi entre les mains de Dolores Ombrage et pire, ses souvenirs concernant les abus de pouvoir et le harcèlement dont il avait été victime et dont il avait été témoin. Avec toutes ces preuves, la présence d'Ombrage était devenue totalement inutile et la condamnation sans appel : Azkaban à perpétuité.

Enfin presque.

-Je crains que ce ne soit pas tout à fait possible, toussa Loki.

-Pourquoi ? s'étonna Augusta

-Ah oui, c'est vrai, fit Amelia. Le duel, j'allais oublier.

-Si nous pouvions avoir les détails, grinça Augusta.

-Il s'avère que quand j'ai vu ce qu'Ombrage avait fait à mon fils, j'ai … légèrement perdu le contrôle, avoua Loki. Je l'ai provoqué en duel d'honneur et la magie a accepté.

-Pourquoi un duel d'honneur ? demanda Amelia, intriguée

-Je pense que mon inconscient voulait absolument, pardonnez-moi les termes choisis, botter le cul dans les règles de l'art de cette garce, haussa des épaules Loki.

Il y eut quelques pouffements de rire. « Garce » était le terme le plus poli pour qualifier Dolores Ombrage, il n'y avait aucun doute.

-C'est compréhensible, concéda Amelia. Si vous nous en disiez plus ?

-J'ai donc vu ces lettres sanglantes sur la main d'Harry et j'ai provoqué Ombrage en duel, reprit Loki. J'ai senti la magie être d'accord et j'ai demandé au professeur Flitwick s'il voulait bien arbitrer, ce qu'il a accepté. Ombrage pensait pouvoir désigner un champion pour combattre à sa place mais puisque c'était un duel d'honneur, elle n'a pas pu.

Lucius hocha la tête. Le duel d'honneur était soumis à de très nombreuses conditions, notamment celle où l'accusé devait impérativement combattre lui-même, mais aussi que seul un chef de clan puisse l'invoquer, ce qu'était Loki en tant que Régent Potter.

-Nous avons « convenu » que le duel aurait lieu le lendemain soir au coucher du soleil, poursuivit Loki, ainsi des éventuels gains.

-Qui étaient ? demanda Augusta

-Si Ombrage gagnait, je quittais mon poste de professeur de défense, répondit Loki avec un grand sourire.

Lucius ne pouvait que s'incliner. Loki Potter aurait dû quitter son poste, certes, mais rien ne l'empêchait de revenir en occuper un autre.

-Et dans le cas contraire ? demanda Amelia

-Elle devrait obéir à tous mes ordres jusqu'à la fin de ses jours, répondit Loki.

-Qui a gagné ? sourit Augusta

-A votre avis ? fit Loki. J'ai cru comprendre que c'était elle qui devait initialement occuper mon poste. Il faudrait m'expliquer comment elle aurait pu faire en étant aussi incompétente.

-Que voulez-vous dire ? s'étonna Amelia

-Le mieux serait de vous montrer, fit Loki.

Le souvenir fut plongé dans la pensine spéciale et tous furent consternés.

Trois sorts.

Celle qui devait reprendre initialement le poste de professeur de défense s'était fait battre par trois sorts de premier cycle.

Pire, Dolores Ombrage ne connaissait même pas les règles d'engagement de duel, généralement enseignées en sixième année, ou elle se fichait totalement de les respecter, puisqu'elle n'avait même pas attendu les dix pas réglementaires pour se retourner et attaquer Loki Potter avec un sort de magie « noire ».

Ce dernier avait rapidement esquivé et avait lancé un sort de Lévitation pour lui arracher sa baguette, un autre pour faire taire et un dernier de stupéfixion. La grande inquisitrice avait donc été mise hors d'état de nuire à une vitesse proprement ahurissante et surtout, pour sa plus grande humiliation.

Une catastrophe, donc.

Et c'était elle qui devait reprendre la défense ? Où le ministre avait eu la tête ?

En parlant de lui, le comportement de Cornelius Fudge avant ce duel pathétique avait totalement outré les Sang Pur. Car débouler dans la Grande Salle avec une flopée d'aurors pour arrêter Loki Potter pour avoir attaqué Dolores Ombrage en la provoquant en duel d'honneur était un outrage que personne ne pouvait pardonner, encore moins un maître de combat comme Loki. Plus que l'humiliation d'Ombrage, celle des aurors qui n'avaient même pas résisté au premier et seul sort de Loki avait bien montré que si le retour de Voldemort n'était pas complètement avéré, les aurors, eux, avaient du pain sur la planche pour avoir les capacités minimums pour s'occuper de la violence ordinaire. Toutefois, celle du ministre avait bien fait rire le Magenmagot car pendant que le professeur Flitwick déclarait Loki vainqueur, il avait réveillé Ombrage qui avait sorti une baguette de secours et tous les deux avaient voulu attaquer le professeur dans le dos. Pour leur peine, ils avaient été transformés en petits chatons qu'il avait enfermé dans une seule et unique cage.

La Pensine arrêta de diffuser le souvenir.

-En vertu des conditions du duel, Dolores Ombrage a donc une dette d'honneur à mon encontre, reprit Loki. Elle ne peut donc être emprisonnée à Azkaban que si je le permets.

Des murmures s'élevèrent dans la salle.

-Que souhaitez-vous faire ? demanda Amelia

-Je n'irais pas à l'encontre de la justice, sourit Loki. Elle ira donc en prison. Mais pas avant qu'elle n'avoue tous les crimes auxquels elle a participé, directement ou non.

Le sourire plein de sadisme fit prendre peur à Lucius.

-Avec grand plaisir, fit Amelia. Mais pour cela, il faudrait lui rendre forme humaine.

Fin Flash-Back

-Forme humaine ? releva Narcissa

-Il semblerait qu'Amelia Bones ait demandé aux aurors de se charger de la retransformation de Dolores Ombrage et de Cornelius Fudge, répondit Lucius. Comme ces deux-là ont toujours été contre l'amélioration du niveau des aurors, la directrice a voulu prouver que les aurors actuels ne pouvaient clairement pas se charger de la justice classique, encore moins pour se dresser contre un mage noir.

-Ce qui explique pourquoi tu es revenu aussi tard, comprit Narcissa.

-Nous avons suspendu Fudge de son poste et avons lancé une enquête de grande envergure sur ses actes ainsi que sur ceux d'Ombrage, répondit Lucius. En attendant son procès, Bones reprend son poste par intérim.

-Et pas Dumbledore ? s'étonna Narcissa. Il n'aurait pas sauté sur l'occasion pour récupérer encore plus de pouvoirs ?

-Il n'était pas là, rappela Lucius. Curieusement, Augusta Longbottom et Loki Potter s'y sont fortement opposés et il était clair que Bones était de leur avis.

-C'est compréhensible, bougonna Narcissa. Pourquoi lui donner encore plus de pouvoir ? Il fait déjà n'importe quoi avec ce qu'il a déjà !

Lucius sourit. Il avait la même opinion que sa femme.

-Qu'en pense Voldemort ? demanda sombrement Narcissa

-Je dois justement le voir ce soir, soupira Lucius. Il n'a jamais rien compris à la politique et en a encore moins la patience. Je sais qu'il va s'énerver qu'on n'ait pas pu prendre l'avantage.

-Je vais devoir préparer des potions ? soupira Narcissa

-Je pense que je reviendrai avec Severus, songea Lucius. La soirée va être dure …