Renouveau

Quelques rappels

Quelques rappels

Ginny était plus que furieuse.

Lors de l'expédition au ministère, elle avait été mise hors service avec son frère alors qu'Harry se disputait avec Lucius Malfoy. Mais quand ils avaient été réveillés, ils avaient découvert qu'Harry, Neville, Luna et Hermione avaient été conduits chez les Longbottom, les laissant sans regret en arrière. Le directeur avait donc dû les rapatrier à l'école et leur avait annoncé qu'Harry n'allait pas en faire de même puisque son garant magique avait délégué toute autorité le concernant à Augusta Longbottom qui avait décidé de le retirer ainsi qu'Hermione, Luna et Neville pour les derniers jours d'école.

La rousse avait décidé, pendant l'expédition, de se faire blesser sérieusement pour pousser Harry à lui rendre visite à l'infirmerie. Ainsi, elle aurait eu toute latitude pour le séduire et qui sait, devenir sa petite amie à court terme. Mais sans la présence du concerné, ce projet tombait à l'eau.

Toute l'année, Harry s'était éloigné de son frère et elle et la rousse ne pouvait concéder qu'il ne pouvait faire autrement. Ron était vraiment l'ami à ne pas avoir car il était borné et surtout, était toujours persuadé d'avoir raison sans se remettre en question. Dans une fratrie de sept, tout en sachant que leurs parents avaient toujours fait en sorte que leurs enfants aient droit à la même chose, ce comportement n'aurait pas pu passer. Seulement voilà, la différence qu'il y avait entre les cinq premiers garçons et les deux derniers de la fratrie Weasley se nommait Albus Dumbledore.

Le directeur les avait en effet approchés alors qu'il rencontrait le couple Weasley après une énième bêtise des jumeaux. Agés de neuf et huit ans la première fois, le vieux sorcier les avaient convaincus de l'aider à guider le Survivant et pour cela, il n'avait pas hésité à utiliser l'un de leurs points faibles : l'argent. A l'époque, le fait de leur proposer qu'il leur paierait ce qu'ils voudraient avait assuré leur collaboration mais plus ils grandissaient, plus ils pouvaient se rendre compte ce qu'ils faisaient. Quoique, Ginny n'était pas sûre que Ron ait bien conscience qu'il trahissait son « meilleur ami » pour de l'argent.

La rousse s'en était rendue compte après qu'elle ait été libérée de sa possession par un journal maudit en première année. Elle avait espionné ses camarades et elle avait vu que ce n'était pas normal qu'une personne, qui n'était pas ses parents voire même ses frères, lui donne aussi librement de l'argent. Sa moralité s'était très brièvement rebellée avant de totalement se taire, car le professeur Dumbledore avait souligné que si elle voulait séduire Harry Potter dans les règles de l'art, ce n'était pas avec les finances actuelles des Weasley qu'elle pourrait le faire. Elle avait donc fait en sorte d'avoir des tenues de qualité quand elle était à l'école et elle n'était même pas sûre que Ron se soit rendu compte qu'elle ne portait pas les robes de seconde main que sa mère lui achetait. Elle avait un doute pour Percy, Fred et Georges mais ils n'avaient jamais été proches d'elle.

Bref, l'année scolaire se terminait et Ginny Weasley n'était toujours pas dans l'imaginaire collectif la future lady Potter.

Oh, elle savait – et Albus Dumbledore abondait dans son sens – qui était à l'origine des changements de plans longuement mis au point par son mentor. Loki Potter avait débarqué sans prévenir pour retirer Harry de la coupe de Dumbledore ce qui l'empêchait de se soumettre à sa volonté. Avec Ron, ils avaient tenté d'avoir des informations sur cet inconnu mais Harry avait été plus muet qu'une tombe. Pire, il se fermait totalement dès que le sujet était abordé.

-GINEVRA WEASLEY ! RONALD WEASLEY !

Perdue dans ses pensées, la rousse n'avait pas vu que le train qui les ramenait à Londres était arrivé au quai 9 3/4. Elle avait suivi le mouvement de ses camarades pour descendre et la voix de Muriel Weasley, matriarche du clan Weasley, l'avait ramené sur terre. Prenant un air encore plus maussade, elle n'essaya même pas d'esquiver, son frère lui emboitant le pas. C'était également un point qui l'embêtait mais encore plus le professeur Dumbledore : peu après les fêtes de fin d'année, leurs parents avaient quitté le QG de l'Ordre du Phénix pour la convalescence de leur père mais personne ne savait où ils habitaient désormais, même leurs propres enfants. Ce n'était pas au Terrier puisque le directeur avait vérifié, ni à la Demeure Weasley, puisque le couple n'avait pas informé leurs deux derniers enfants de leur localisation au même endroit où ils allaient passer leurs vacances.

-Tante Muriel, marmonnèrent Ginny et Ron.

-Nous rentrons à la maison, ordonna froidement Muriel.

-J'ai une lettre du professeur Dumbledore, intervint Ron en lui tendant le document.

-Si c'est du même acabit que ce que j'ai déjà reçu de sa part cette semaine, je me passerai de cette lecture, claqua Muriel en avançant vers la zone de transports. Suivez-moi !

Refusant d'être abandonnés côté moldu, ils suivirent rapidement leur matriarche mais ne comprirent rien quand elle les empoigna quelques instants avant que le portauloin ne s'enclenche pour les faire arriver dans la salle des transports de la Demeure Weasley.

-Bien, fit Muriel. Nous allons faire un résumé de la situation. Vos parents m'ont demandé de vous accueillir pour toute la durée des vacances scolaires. Les barrières ont été configurées pour que vous ne puissiez sortir de quelque manière que ce soit à pied, en volant comme par la cheminée.

-Mais nous voulions rendre visite à nos amis ! s'exclama Ron

-Parce que vous pensez réellement que vous auriez pu le faire si vos parents étaient restés là où ils étaient avant les fêtes ? pointa Muriel

-Vous ne savez rien … assura Ginny.

-J'en sais plus que tu ne le crois, rétorqua Muriel. Contrairement à ce que tu pourrais penser, petite sotte, l'Ordre du Phénix est très loin d'être secret et vous n'en faites certainement pas partie. Tant que vous serez mineurs, vos parents et moi-même nous opposons à ce que vous intégrez ce groupe mais nous en reparlerons quand ce sera le cas. En attendant … Je vous préviens, vous n'allez pas vous tourner les pouces durant les deux prochains mois !

Les deux roux ne purent qu'écarquiller les yeux d'horreur.

§§§§§

Neville referma soigneusement sa plaie à la main. S'il devait se fier à la flamme noire qui s'élevait de la vasque, le rituel qu'il avait effectué avait parfaitement fonctionné.

Depuis que ses parents avaient été retirés de St Mangouste, ils avaient été placés dans une communauté de druides hors du pays. L'intuition de Loki Potter avait été la bonne et quand le jeune homme était revenu chez lui, sa grand-mère lui avait annoncé que le lien de marrainage entre Lily, Alice, Harry et Neville avait révélé que le couple Longbottom n'avait pas l'esprit brisé à cause des doloris des Lestrange mais parce qu'on les y avait volontairement enfermés. Comme le sort était actif depuis de nombreuses années et surtout, implanté profondément grâce aux doloris qu'ils avaient reçu et qui les avaient affaiblis, les druides devaient y aller avec délicatesse. Depuis six mois, donc, le couple était maintenu dans un coma artificiel pour qu'ils puissent travailler sereinement sur leurs esprits et démanteler les consignes mentales qui devaient s'enclencher dès qu'ils reprendraient conscience.

Dès que la nouvelle était parvenue à Augusta, cette dernière avait décidé de protéger le patrimoine de sa famille en retirant le titre de lord à Franck, comme elle en avait le droit en tant que lady Longbottom et Matriarche de la famille. Elle avait alors officiellement investi Neville comme Héritier contre l'avis de la famille de son époux qui ne le pensait pas apte et ce jour-là, le jeune homme avait confirmé sa position.

-Neville ? appela Augusta depuis l'entrée de la salle d'invocation. Tu as une lettre d'Harry.

Un sourire barrant son visage, Neville termina son nettoyage avant de remonter prendre une douche. Une fois propre, l'anneau d'Héritier à sa main, il s'installa sur son bureau et éclata de rire au fur et à mesure de la lecture de sa lettre. Comme promis, Harry avait été puni par Loki pour s'être rendu au ministère de la Magie et il avait donc interdiction de rendre visite à ses amis jusqu'à son anniversaire. Durant tout le mois de juillet, il allait reprendre tous ses cours depuis le début de sa scolarité et visiblement, le brun n'appréciait pas la remise à niveau. Et quand il avait été informé de ces cours, il ne s'était clairement pas douté que cela comprenait des cours d'éducation Sang Pur. Le lire pester sur ces cours était vraiment amusant.

Lui aussi avait été puni quand sa grand-mère avait appris le fin mot de l'histoire. Les cours d'économie – sa grande faiblesse – avaient été intensifiés, son accès à la serre restreint au maximum et la visite de ses amis reportée. Heureusement, l'elfe de maison qui s'occupait des extérieurs avait totalement l'habitude de gérer tout seul, il recevait régulièrement des nouvelles d'Harry, de Luna et d'Hermione mais ne s'étonnait pas de ne pas en avoir reçu ni de Ginny ni de Ron. Les deux roux n'avaient jamais apprécié Neville, le considérant toujours comme un faible, et lui-même n'était pas plus ami que cela donc il ne s'en inquiétait même pas.

Depuis le jour où Loki Potter avait récupéré Harry, Neville avait réfléchi aux paroles de l'aîné des Potter. Oui, ils avaient mis leurs vies en danger de la pire des façons, d'abord en croyant sur parole un message provenant d'où ils ne savaient, puis en se rendant à Londres vérifier la présence de Sirius Black chez lui et enfin, en débarquant au ministère de la Magie. Certes, ça avait été un mauvais concours de circonstances mais curieusement, ils avaient cru qu'ils seraient les seuls à pouvoir sauver Sirius Black.

D'ailleurs … pourquoi sauver Sirius Black ? Hermione lui avait révélé que l'ancien évadé était innocent des deux crimes dont on l'accusait – avoir révélé la cachette du couple Potter et de leur bébé à Voldemort et avoir tué Peter Pettigrow et douze moldus en plein Londres – et qu'il n'avait même pas eu de procès pour pouvoir se défendre. A l'époque comme aujourd'hui, le président du Magenmagot était Albus Dumbledore mais il n'avait pas demandé d'enquête pour innocenter un membre de l'Ordre du Phénix. D'après Hermione, Sirius avait résidé pendant un an dans le QG de l'Ordre mais ce n'était pas assez pour remettre en doute l'ordre d'emprisonnement signé par l'ancien directeur de la justice magique puis l'ordre d'Embrasser du ministre après son évasion.

Quand il y réfléchissait bien, Harry n'avait pas vraiment eu l'idée de vérifier en personne la présence de Sirius Black chez lui. Durant toute la soirée, ça avait été les suggestions de Ginny et de Ron qui avaient poussé Harry à mettre sa vie en danger. Nul doute que si les deux roux n'avaient pas été présents, le brun n'aurait jamais quitté l'enceinte rassurante de Poudlard et aurait pensé à d'autres moyens de s'assurer de la sécurité de son parrain.

Sans eux, il n'aurait pas paniqué pour se jeter tête la première dans les ennuis.

Durant toute l'année scolaire, il avait noté la tendance des derniers Weasley à toujours vouloir paraître aux côtés d'Harry alors qu'ils ne faisaient rien pour mériter ne serait-ce son attention. Visiblement, les quatre dernières années scolaires leur avaient fait croire que leur amitié était gravée dans la pierre et que quoi qu'ils puissent faire, Harry leur serait toujours fidèle.

Quel dommage qu'ils ne se soient pas rendu compte que ce ne serait désormais plus le cas …

Neville avait remarqué, tout comme bon nombre d'élèves gravitant autour d'Harry, le réflexe presque systématique de Ginny et de Ron de remettre en question tous les rapports entre Loki et Harry. Totalement aveuglés par leur but, ils ne s'étaient pas rendu compte que ça avait pour conséquence de briser leur amitié qui leur permettait d'être sur le devant de la scène et ce n'était pas lui qui allait leur mettre le nez dessus.

Se secouant, Neville éloigna ses pensées des Weasley pour se concentrer sur Harry. En effet, son anniversaire approchait et avec sa propre interdiction de sortie, il n'avait toujours pas trouvé de cadeau satisfaisant pour son ami. Il devait donc se retourner vers les catalogues de ventes par correspondance. D'office, il écarta tout ce qui concernait le quidditch car toute personne connaissant un minimum Harry savait qu'il aimait voler mais pas nécessairement le sport national sorcier. Comme l'un n'allait pas sans l'autre à Poudlard, il avait dû faire un choix mais ce n'était pas pour autant qu'il fallait le considérer comme un fan de ce sport. C'était la même chose pour la défense contre les forces du mal, qui comprenait le duel – où le brun était plus qu'intéressé et doué – mais également les nombreuses inepties que le ministère de la Magie avait inséré de force dans le programme de Poudlard. Au fur et à mesure de ses recherches, Neville s'était rendu compte qu'Harry ne connaissait rien de ce qui faisait la société sorcière en dehors des murs de l'école.

Il avait trouvé le cadeau idéal.

§§§§§

Les conversations s'éteignirent alors que le Régent Potter faisait son entrée dans le hall du ministère encore en réparation à la suite de la « visite » de Voldemort. Il avait le visage fermé et son air peu avenant n'invitait pas à la conversation …

-Loki, un instant, interpella une voix.

… Sauf un.

-Dumbledore, salua froidement Loki.

-J'aimerai que nous discutions de votre absence pendant les derniers jours de l'année scolaire, sourit Albus.

-Parce que le certificat d'hospitalisation de l'Hôtel-Magie ne vous suffisait pas ? s'étonna faussement Loki

-St Mangouste était bien plus près pour vous faire soigner, commenta Albus.

-C'est vrai, concéda Loki. Mais je n'ai aucune confiance en leurs compétences. D'ailleurs, vous n'avez rien à dire sur le lieu où je souhaite me faire soigner. Maintenant, même si vous ne me le permettez pas, je vais rejoindre mon siège.

-Avez-vous pu étudier les dossiers que je vous ai transmis ? insista Albus

Loki se retourna et toisa froidement le président de l'assemblée qui commença à se sentir mal à l'aise. Autour d'eux, le volume avait drastiquement baissé.

-Je croyais que le fait que je vous les renvoie dans la foulée vous aurait fait comprendre que je ne souhaite nullement votre aide pour occuper le siège des Potter, siffla Loki. Vous êtes peut-être le directeur de Poudlard et moi professeur là-bas, cela ne veut pas dire que je doive vous obéir jusqu'à dans ma vie privée. Et même en tant que professeur, je m'opposerai à vous si vous mettez la vie des élèves en danger. Je ne veux pas de votre aide et je ne l'ai jamais demandé. La seule raison pour laquelle je devrai vous écouter serait que vous alliez dans le même sens des lignes de conduite de la famille Potter. Or, nous savons tous les deux que ce n'est pas le cas.

-Mais Loki … protesta Albus, faussement désolé mais avec une pointe d'agacement.

-En ces lieux, c'est Régent Potter, comme à Poudlard, c'est Professeur ou Maître Potter, corrigea sèchement Loki. Nous ne sommes pas intimes et nous ne sommes pas près de l'être. Le spectacle est désormais terminé.

Loki tourna des talons et entra dans l'hémicycle sous le silence lourd du hall, avant que les autres membres ne lui emboîtent le pas, laissant le président humilié.

Cela ne concernait pas le moins du monde Loki qui ne calculait personne.

Harry avait accepté de lui fournir le souvenir de toute la désastreuse soirée au ministère et il avait pu l'étudier à son aise pendant que le jeune homme le maudissait en étudiant les livres d'éducation Sang Pur. L'aîné des Potter avait ainsi pu y voir les ressemblances et les différences entre ce que lui-même avait pu vivre. Ce qui lui avait sauté aux yeux, c'était la manière dont Harry avait été attiré au ministère. Le message était obscur mais ressemblait étrangement à ce qu'aurait pu écrire Sirius. Il y avait deux solutions : soit c'était un faux et celui qui l'avait rédigé connaissait assez bien l'ancien prisonnier pour pouvoir imiter son style d'écriture … soit c'était un vrai et là, il fallait savoir ce qui avait attiré Sirius hors du manoir Black, et vite.

Dans tous les cas, Sirius avait été déclaré mort ce soir-là et avec sa disparition, le clan Black s'était retrouvé totalement gelé, puisque contrairement à ce qui se disait, il était encore l'héritier du clan. Pour trouver de nouveaux héritiers possibles, il fallait remonter à l'avant-dernier lord Black, Sirius II, et suivre son arbre généalogique par ses frères et sœurs, puisque la lignée d'Acturus II s'était éteinte avec la mort de Regulus II une dizaine d'années plus tôt et de son frère Sirius III au ministère quelques semaines auparavant. Lycoris et Regulus, les deux autres enfants d'Acturus II, avaient renoncé à leurs droits sur le clan Black en intégrant une autre famille Sang Pur par le mariage, idem pour les enfants d'Acturus Ier – Callidora ayant intégré le clan Longbottom, Charis le clan Croupton et Cedrella ayant été reniée pour avoir attentée à la vie de la lady Black de l'époque – et de Belvina Black épouse Beurk. Il ne restait donc que la descendance de son frère Cygnus, qui était l'arrière-grand-père de Bellatrix Lestrange, Andromeda Tonks et Narcissa Malfoy. Par cette branche, Draco Malfoy pouvait devenir le prochain lord Black mais aurait pu l'être Nymphadora Tonks si sa mère Andromeda n'avait pas été reniée. Toutefois, et il faudrait que Loki se le fasse confirmer, si on trouvait des descendants Sang Pur des autres enfants de Cygnus – Cassiopeia, Marius et Doréa – alors ces derniers étaient prioritaires par rapport au fils Malfoy. Sachant que Marius avait été renié car Cracmol, Cassiopeia ayant disparu pendant la guerre contre Grindelwald sans laisser de traces avec sa propre famille, ne restait plus que le descendant de Dorea qui s'avère être un certain Harry Potter, revendication possible renforcée par le lien de parrainage avec Sirius III. La généalogie du clan Black lui avait donné un sacré mal de tête et il ne s'en serait pas préoccupé si Ragnok ne lui avait pas signalé qu'Harry pouvait hériter de cette antique maison. Loki pressentait que cela devait pour cette raison que Dumbledore insistait pour imposer son aide. La tentaculaire famille Black, même réduite à sa portion la plus congrue ces dernières années, restait l'un des plus puissants clans de Grande Bretagne, même sans chef depuis une dizaine d'années. Avoir de l'influence sur son futur lord assurerait une place importante dans la politique actuelle. Mais il était hors de question pour Loki de laisser Dumbledore s'immiscer dans des affaires qui ne le concernait nullement, que ce soit celles des Potter comme celles des Black. De toute façon, la désignation du nouveau lord Black ne se posera que quand Harry et Draco atteindraient leur dix-septième anniversaire. Ce n'était pas pour autant que les tractations n'avaient pas déjà commencé, comme l'avaient démontré les actions de Dumbledore. Il devrait d'ailleurs en savoir plus sur les agissements de Malfoy père car il n'avait rien entendu dans ce sens.

Outre ce problème d'héritage, Loki devait composer avec les conséquences de la confirmation du retour de Voldemort. Rufus Scrimgeour, le nouveau ministre de la magie après la destitution et l'emprisonnement de Cornelius Fudge, avait passé les dernières semaines à solliciter l'aide d'Harry pour redorer l'image du ministère. Son pupille n'était pas au courant mais ce n'était pas pour autant que l'aîné avait envoyé l'ancien auror sur les roses avec pertes et fracas et surtout, avait admiré sa ténacité à continuer à rechercher leur soutien – il espérait juste qu'il n'avait pas également cherché celui de Dumbledore – notamment pour proposer à Harry un entraînement par ses meilleurs aurors.

Loki avait été particulièrement vexé par cette proposition – à un tel point qu'il avait carrément montré les dents – car elle sous-entendait clairement qu'il n'était pas assez qualifié pour apprendre à son propre fils comment se défendre. Certes, pour se faire engager, il n'avait pas eu besoin de présenter son diplôme de maître de combat – même si ce n'était pas un secret – mais les hauts résultats que les élèves avaient obtenus aux BUSES comme aux ASPICS auraient dû l'avoir convaincu qu'il n'était pas un incapable pour transmettre ses connaissances.

Bref. Entre ça et les problèmes habituels depuis qu'il était arrivé dans cette dimension, Loki avait envie de hurler.

La main de Mort se posa sur son épaule et il relâcha la pression qu'il n'avait même pas eu conscience d'avoir. Si l'Entité lui montrait son soutien, cela voulait dire que ses envies meurtrières avaient été perceptibles.

-D'accord, je me calme, murmura Loki.

Il respira un bon coup et remonta ses boucliers occlumens. Il savait qu'il devait avoir toute sa concentration pour contrer les plans farfelus au niveau politique de Dumbledore et il n'avait pas l'intention de le laisser malmener encore plus la Grande Bretagne sorcière pour sa propre gloire.

-Milords et miladies, la séance est ouverte !

§§§§§

Percy ayant accepté de les accueillir chez lui le temps qu'ils se retournent, Fred et Georges, leurs ASPICS en poche, avaient passé la première semaine après la fin des cours pour déposer les brevets de toutes leurs farces et attrapes. L'idée leur était venue quand, après en avoir confié quelques-unes à Harry pour qu'il puisse s'amuser avec, Loki Potter était venu les trouver. Il les avait félicités et leur avait conseillé, dans le cas où ils voudraient poursuivre dans cette voie, de vérifier le cadre légal de leur projet et de protéger leurs inventions des personnes malveillantes. Intrigués par ce conseil un peu décalé, il avait demandé des précisions à Percy qui leur avait révélé bien des choses concernant les inventions sorcières, dont le dépôt de brevet, largement copié des moldus. Il leur avait également fourni les procédures adéquates qu'on ne leur vole pas leurs idées et leur avait préconisé d'attendre qu'ils aient fini Poudlard pour se lancer dans une telle aventure. Les jumeaux avaient eu dans l'idée d'ouvrir leur magasin dès leur sortie d'école mais grâce à Percy, ils avaient compris qu'ils devaient faire les choses dans l'ordre pour que leur rêve se réalise et que ça ne les empêcherait pas de continuer d'inventer des farces.

Donc, ils avaient passé la première semaine à déposer les brevets de chacune de leurs farces, ajoutant le nom de Lee Jordan et celui d'Harry Potter quand il avait aidé à la conception l'une d'entre elles, surtout pour être équitable, même s'il s'agissait de leurs amis. Cela avait tellement intéressé les Langues de Plomb que même le directeur du département était venu en personne et leur avait demandé d'envisager un partenariat avec le département. Quand ils avaient raconté cela à Percy, celui-ci avait écarquillé des yeux car d'après ce qu'il savait, les contrats avec le département des Mystères étaient plus que prisés et c'était une chance qu'on le leur propose alors qu'ils sortaient à peine d'école.

Une fois leurs affaires terminées avec le département des Mystères, comme promis, Fred et Georges avaient rendu visite à la tante Muriel. Grâce aux ragots de l'école, ils étaient parfaitement au courant que Ginny et Ron devaient loger chez elle mais renseignements pris auprès de la matriarche, ces derniers préféraient rester enfermés dans leurs chambres respectives quand leur présence n'était pas expressément demandée. Agrémentant la pièce où ils se trouvaient de nombreux sorts d'intimité, tous les trois discutèrent de l'avenir des jumeaux. A cause des finances assez basses de la famille, il était clair que Muriel ne pouvait pas les aider financièrement à démarrer leur affaire mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'avait pas de contact pour leur permettre de bien le faire.

Tout aurait pu aller pour le mieux s'ils n'avaient pas reçu une lettre du professeur Dumbledore. Ce dernier les avait invités à intégrer l'Ordre du Phénix comme leurs parents mais comme ils se souvenaient de la discussion qu'ils avaient eue avec leur mère, ils ne tardèrent pas à lui renvoyer un refus clair et net. Les jumeaux voulaient aider dans la guerre qui se profilait, c'est vrai, mais comme leur mère l'avait parfaitement compris, ce serait quand ils le voudraient et à leurs conditions. De plus, ils n'avaient jamais apprécié la monstrueuse soufflante que le vieux sorcier leur avait donnée quand ils étaient allés chercher Harry directement chez lui dans la Ford Anglia familiale. Le directeur avait soutenu qu'ils auraient dû attendre qu'il leur permette d'aller chercher Harry avec leurs parents et leurs soupçons de maltraitance avaient été balayés comme des délires enfantins. Autant le dire, ils l'avaient eu en travers de la gorge. Alors s'ils devaient avancer dans la vie, Georges et Fred Weasley avaient bien l'intention qu'Albus Dumbledore ne puisse même pas y mettre le nez dedans.