Renouveau

Amis ou ennemis ?

Amis ou ennemis ?

Hermione ne montra pas son anxiété alors qu'elle s'était plongée en apparence dans un grimoire de la bibliothèque du manoir Black.

Elle avait été surprise quand quelques jours après la fin des classes, le professeur Dumbledore était venu chez elle pour l'emmener dans un lieu tenu secret pour sa sécurité. Ce qui l'avait encore plus étonné, c'était que ses parents avaient accepté qu'elle parte sans presque s'y opposer, alors que leurs nombreuses lettres montraient que leur fille unique leur manquait beaucoup.

Sur place, elle avait découvert qu'elle se trouvait dans le manoir Black à Londres, ainsi que la famille Weasley dans son intégralité et Sirius, le parrain d'Harry. Molly lui avait vaguement expliqué qu'avec le retour de Voldemort, il était plus sûr que les proches d'Harry soient protégés. La brune s'était alors demandé pourquoi le principal concerné n'était pas encore là.

L'existence de l'Ordre du Phénix avait été une autre surprise. Ginny et Ron le lui avaient annoncé avec des airs de conspirateur mais ça ne l'avait pas plus intéressé que cela, parce que Molly montrait ouvertement qu'elle ne voulait pas qu'ils soient au courant et qu'il était clair qu'il ne récoltait que des informations à ce stade de la guerre qui s'annonçait.

Comme Fred et Georges étaient enfermés dans leur chambre pour mener leurs expériences et que les deux plus jeunes n'avaient pas l'intention de travailler, Hermione avait décidé d'investir la bibliothèque pour être en paix. Elle ne s'était pas attendue à ce que ce soit l'un des refuges favoris de Sirius Black. Au début, elle l'avait laissé tranquille mais très vite, elle s'était rendu compte que l'ancien évadé ne se nourrissait pas et semblait toujours être hanté par son séjour à la prison sorcière sans que qui que ce soit ne s'en inquiète. Consciente que si on n'agissait pas, Harry allait perdre encore un membre de sa famille, elle avait fait semblant d'être malade à un tel point que Molly avait préféré contacter Poppy Pomfrey. Cette dernière, après une promesse de ne rien révéler de la supercherie, avait alors pu examiner Sirius pour émettre un diagnostic et établir un traitement pour le guérir. Du jour au lendemain, la jeune fille était devenue l'oreille attentive de l'évadé et il commençait à se perdre de moins en moins dans ses pensées.

Hermione avait décidé de ne pas mettre dans la confidence Ginny et Ron car elle s'était aperçue depuis un moment que ce qui ne les concernait pas directement ne les intéressaient pas. Au tout début, à son arrivée, elle avait voulu attirer leur attention sur Sirius mais ils avaient haussé les épaules en disant que le professeur Dumbledore s'en occupait sûrement. Couplé avec le fait que Ron avait tourné le dos à Harry quand son nom était sorti de la Coupe de Feu, la brune avait bien compris qu'il était inutile de faire confiance au roux pour les choses importantes aux yeux des autres. Quant à Ginny, même si la rousse était souvent avec eux, elle n'avait jamais eu d'atomes crochus avec elle.

Quand le professeur Dumbledore était revenu et qu'il avait discuté dans le hall d'entrée de l'accusation du ministère contre Harry de l'utilisation quatre jours plus tôt d'un sort dans une zone moldue, Hermione avait été intriguée à plus d'un titre. Concernant l'utilisation de la magie en elle-même, elle savait qu'il y avait une tolérance si l'acte était réalisé dans la maison de l'accusé et un membre du département de l'Enfance était dépêché discrètement pour le vérifier d'un simple sort. Pour avoir lu entre les lignes des déclarations d'Harry sur sa famille, elle savait qu'il savait parfaitement se débrouiller sans magie et qu'il n'avait pas intérêt à se faire remarquer par les autorités sorcières sans quoi, sa vie chez ses tuteurs deviendrait rapidement inconfortable. Mais ce qui l'avait fait froncer des sourcils, c'était le fait que les adultes fassent tout un cirque pour garder secrètes les activités de l'Ordre mais n'hésitaient pas un seul instant à parler ouvertement de la vie de leur camarade.

La disparition d'Harry chez ses tuteurs ne surprenait pas plus que cela Hermione. Elle avait parfaitement compris que son ami n'était pas forcément heureux là-bas et elle n'avait jamais compris pourquoi il ne s'en était pas ouvert à des adultes compétents. Elle aurait pu le faire elle-même mais ce qui s'était passé avec l'Eclair de Feu était gravé dans sa mémoire. Autant elle avait parfaitement occulté les récriminations de Ron – elle s'était demandé après coup pourquoi il lui avait crié dessus alors que ce n'était pas son bien – mais elle n'avait pas pu regarder Harry en face après que ce dernier l'ait attiré dans un coin pour lui dire qu'il comprenait ses intentions mais qu'en tant qu'amis, elle aurait dû lui en parler avant et surtout, qu'elle n'avait pas à disposer des éléments de sa vie comme bon lui semblait, comme s'il était une marionnette bien docile. Ça l'avait hanté des nuits entières avant qu'elle ne comprenne la leçon et depuis, même si leur relation n'était plus aussi paisible, elle était équilibrée.

Quand Dumbledore avait avoué la veille à madame Weasley que les recherches pour Harry étaient au point mort, Hermione avait vu Ron bondir dans sa chambre pour aller écrire une lettre incendiaire à son meilleur ami. Hermione avait discrètement pu lire les quelques mots jetés à la va-vite et elle avait été outrée de l'impudence du roux qui ne prenait même pas le temps de s'enquérir de son état de santé ! Elle s'était rapidement retirée dans la bibliothèque et avait commencé à rédiger une lettre pour Harry pour la poster depuis le Chemin de Traverse, où Molly Weasley allait faire les courses tous les jours.

-Bonjour Hermione, fit une voix dans son dos.

La jeune fille se redressa et sourit à son interlocuteur qui s'installait devant elle. Par habitude, elle jeta une bulle d'intimité autour d'eux.

-Bonjours Sirius, sourit Hermione.

Par la force des choses, tous les deux s'étaient rapprochés. Ginny et Ron les avaient rapidement abandonnés car ils ne comprenaient pas ce qu'elle pouvait trouver à ce sorcier qui avait l'âge de leurs parents. Hermione les avait laissé parler parce qu'au fur et à mesure de ses discussions, elle s'était rendu compte qu'elle était plus à l'aise avec des personnes plus âgées qu'avec des gens de sa classe. Beaucoup oubliaient qu'Hermione allait avoir seize ans et qu'elle n'avait pas forcément les mêmes centres d'intérêts que Lavande et Parvati, voire que Ginny qui n'avait que quatorze ans. Son enfance en tant que fille unique, sans oublier ses capacités rapides de compréhension, lui avait fait plutôt côtoyer les adultes que les enfants. Son amitié avec Sirius lui faisait du bien et il fallait ajouter qu'elle tombait sous son charme malgré son apparence maladive. Leurs conversations avaient beau partir dans tous les sens, chacun les appréciait à leur juste valeur et ça leur permettait également d'ignorer facilement les ordres de Molly Weasley qui voulait qu'ils nettoient le manoir de fond en comble sans magie.

-Le professeur Dumbledore ne sait toujours pas où se trouve Harry, soupira Hermione.

-Je sais, fit Sirius. J'hésite à lui écrire pour savoir comment il va mais le directeur a posé une barrière pour filtrer le courrier, je ne t'apprends rien.

Hermione se retint de grogner. Durant ses nombreuses virées à la bibliothèque de l'école, elle avait fait connaissance avec des élèves de d'autres années avec lesquels elle discutait souvent des cours. Elle avait toujours pris l'habitude de correspondre avec eux durant les vacances d'été et dès son arrivée au manoir Black, elle avait continué. Mais après sa première lettre, Albus Dumbledore avait fait un sous-entendu à peine caché concernant ses connaissances dont elle devrait se méfier car n'appartenant peut-être pas à des familles de la « lumière ».

-Je l'ai fait, déclara Hermione. Mais je compte me rendre à la poste sorcière pour éviter les fuites.

-Les fameuses sorties de Molly, sourit Sirius. Quand a lieu la prochaine ?

-Vers quinze heures, répondit Hermione. Puisque Ginny et Ron ne veulent pas y aller, c'est moi qui m'y colle.

-Pourrais-tu transmettre la mienne en même temps ? demanda Sirius

-Ce serait avec plaisir, accepta Hermione. Mais écris-la maintenant, des fois qu'on veuille en connaître le contenu.

Sirius hocha la tête et s'empara de la plume et du parchemin que la jeune fille lui désignait pour coucher les mots qu'il aimerait dire de vive voix à son filleul d'une écriture rendue malhabile à cause de son séjour en prison.

Tout en l'observant, Hermione se rappelait qu'il se passait des choses étranges dans la famille Weasley. Elle n'avait jamais vraiment eu l'occasion de les observer mais puisqu'elle s'était plus ou moins éloignée des deux plus jeunes, elle se rendait compte que la fratrie Weasley n'en portait que le nom. C'était moins flagrant à l'école mais il était clair que Fred et Georges n'avaient pas la même relation que Ginny et Ron avec leur mère. Ils étaient largement plus indépendants contrairement à leurs frère et sœur cadets qui geignaient dès que quelque chose ne leur plaisait pas et que leur mère était dans les parages. Arthur, leur père, semblait traiter tous ses enfants de la même manière mais il était clair qu'il avait laissé à sa femme toute autorité pour l'éducation des enfants, n'intervenant que quand les choses allaient trop loin. Et encore, se dit Hermione, si Molly lui en laissait la possibilité, ayant eu des preuves du caractère imposant de la matrone. En fait, ce qui l'avait perturbé dans les liens familiaux de la famille rousse, c'était que Ron et Ginny, qu'elle savait immatures, devenaient presque enfantins en présence de leur mère, ce qui l'avait poussé à rechercher la compagnie de Sirius mais également de Fred et Georges.

-J'ai fini, annonça Sirius. Merci, Hermione.

-De rien, répondit Hermione en cachant soigneusement le second pli.

§§§§§

L'audience pour son utilisation illégale de la magie devait débuter à dix heures mais Loki avait demandé un entretien à huit heures à la directrice de la justice magique. Il jouait avec le feu, certes, mais il fallait qu'il sème le doute dans les esprits avant que l'émancipation d'Harry n'arrive aux mauvaises oreilles. Le changement de garant magique était effectif depuis le quinzième anniversaire de sa charge, personne ne pouvait lui reprocher de l'avoir retiré de la garde de ses anciens tuteurs, car il était certain que le sujet allait venir sur le tapis. Quant à leur présence dans le bureau de la directrice, c'était pour mettre en avant la duplicité du ministre et il avouait sans honte avoir utilisé la réputation du Survivant pour avoir un rendez-vous le jour et à l'heure qu'il voulait.

-Monsieur Potter, salua Amelia Bones en serrant la main d'Harry. Enchantée de vous rencontrer en personne. Monsieur Loki, ravie de vous rencontrer.

-Nous aussi, répondit Loki au nom d'Harry et lui.

-Installez-vous, je vous en prie, sourit Amelia. Que puis-je pour vous, monsieur Potter ?

-D'abord, permettez-moi de corriger un détail, fit Loki. Pour obtenir ce rendez-vous, j'ai momentanément usurpé l'identité de ma charge et je m'en excuse.

-Dans quel but ? s'étonna Amelia

-Il s'agit de régulariser la situation d'Harry Potter ici présent, expliqua Loki. Il s'avère que peu après son anniversaire, ma magie m'a poussé à le rejoindre et j'en suis venu à le retirer de la garde de ses anciens tuteurs, comme m'y autorise la loi sorcière et la Magie en tant que garant magique.

-Vous n'étiez pas son garant avant cela ? demanda Amelia en prenant quelques notes

-Non, madame, répondit Loki. J'ai mis quelques jours à localiser ma charge et avec son accord, je l'ai emmené chez moi.

-Avez-vous une preuve de ce que vous avancez ? demanda Amelia

-Dès que j'ai pu lui expliquer un peu la situation, nous nous sommes rendus à Gringotts, gardienne officielle du patrimoine sorcier devant la Magie, répondit Loki.

Harry serra les poings, ce qui n'échappa ni à Loki et encore moins à Amelia.

-Tu veux dire quelque chose ? demanda Loki

Harry regarda son garant, un peu surpris. Depuis qu'il était sous sa garde, il n'avait guère eu l'occasion de donner son avis, emporté par le tourbillon de mauvaises nouvelles mais aussi parce qu'il était d'accord avec ce qu'il disait et demandait. Mais c'était la première fois, quand on parlait en son nom, qu'il avait son mot à dire.

-J'aimerai préciser que c'est de mon plein gré que je reste chez Loki, déclara Harry. La situation chez mes anciens tuteurs ne me permettait pas de rester plus longtemps.

-Il me semblait pourtant que le professeur Dumbledore, votre ancien garant si je ne m'abuse, avait un œil particulièrement vigilant dessus, fit remarquer Amelia.

-Disons qu'il s'est fourvoyé et que la Magie a réglé le problème, trancha Loki. Si nous voulons y donner suite, ce sera fait en temps et en heure.

Amelia comprit le sous-entendu : ce qui s'était passé entre Harry Potter et ses tuteurs était assez moche pour que la Magie intervienne et que son nouveau garant magique prenne toutes les précautions. Elle laissa donc tomber.

-Très bien, c'est noté, fit Amelia. Donc, monsieur Loki, monsieur Potter, en quoi puis-je vous aider ?

-Loki est mon prénom, avoua Loki. Mon nom complet est Loki Potter.

-Oh, fit simplement Amelia.

Elle comprenait maintenant le problème. Ce nom allait déclencher un scandale sans nom car on ne pourrait pas lui retirer la garde du jeune Potter peu importe les justifications et surtout, avec le blanc-seing de la Magie. Elle ne doutait pas que le transfert de la régence se soit en plus fait sans qu'Albus Dumbledore ne soit au courant.

-Mais il y a autre chose qui me gêne dans la convocation d'Harry, reprit Loki. On l'accuse d'avoir utilisé la magie dans une zone moldue. Mais on n'a pas précisé quand et quel sort.

-Vraiment ? demanda Amelia en se tournant vers Harry

-Oui madame, répondit Harry.

Le jeune homme sortit de sa poche la convocation et la tendit à la directrice.

-Nous avons plusieurs problèmes puisqu'il manque effectivement quelques détails, nota Amelia. Nous allons éclairer la situation à neuf heures de toute façon.

-Neuf heures ? releva Loki. C'est à cette heure que commence l'audience ?

-Oui, répondit Amelia, étonnée. Pourquoi ?

-Nous avons rendez-vous à dix heures, madame, expliqua Harry. Regardez.

Amelia consulta la convocation et effectivement, il était demandé que le jeune homme se présente qu'une heure plus tard. Amelia fronça des sourcils. A quoi jouait le ministère ?

-Nous allons régler cela tout de suite, gronda Amelia. Suivez-moi. Ne vous inquiétez pas, monsieur Potter, on ne vous reprochera pas votre nom.

Loki hocha la tête. Certes, il ne savait pas vraiment ce qui allait se passer en allant voir Amelia Bones mais il voulait absolument qu'elle sache son nom pour les aider Harry et lui. Visiblement, il venait de lâcher sur Fudge, Ombrage et peut-être même Dumbledore un chasseur particulièrement dangereux mais il n'avait plus aucun scrupule pour protéger Harry. Quand il avait vécu cet événement, certes, il s'était laissé porter mais maintenant qu'il regardait cela plus attentivement, ni Arthur Weasley et encore moins Albus Dumbledore n'avait relevé les incohérences, notamment le fait que pour une simple infraction, tout le Magenmagot soit réuni. Non, contrairement à son alter ego, il allait douter de tout et de tous et personne n'allait y échapper.

Comme un parent le ferait.

Loki se figea. Cela le frappait maintenant. Si Vie tenait tellement à ce qu'il soit auprès de son alter ego, c'était pour que ce dernier ait enfin une figure parentale sur laquelle compter. Même si elle était imparfaite et n'avait qu'une connaissance lapidaire du monde Sorcier, il/elle voulait que qu'Harry soit un enfant comme les autres et non une idole prête à être sacrifiée selon le bon vouloir du peuple sorcier.

Loki se secoua et rattrapa Amelia et Harry, quelques pas devant lui, et posa une main réconfortante sur l'épaule du plus jeune. Ce dernier le regarda et ils s'échangèrent un sourire chaleureux. Oui, ils étaient là l'un pour l'autre et les autres devaient prendre garde à ce qu'ils allaient réaliser ensemble.

§§§§§

-Harry, est-ce que je pourrais te parler ?

Alors que l'audience venait de se terminer sur un non-lieu – les questions de la directrice de la justice magique, de l'avocat des Potter et du garant magique d'Harry Potter avaient démontré la très grande faiblesse des accusations, encore plus quand Loki avait juré sur sa magie qu'il avait récupéré Harry bien avant que le patronus ne soit repéré dans le quartier de Privet Drive – Harry s'apprêtait à rentrer chez lui mais ce n'était pas l'avis de certains. Le directeur de Poudlard n'avait même pas pu faire son spectacle car au moment où il était entré dans la salle, Joshua Nikos l'avait repéré et avait attiré toute l'attention sur lui. Le vieux sorcier n'avait donc rien pu faire quand il avait compris qu'il n'était plus le garant d'Harry Potter. Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait abandonner.

-Puis-je savoir ce que vous voulez à ma charge ? intervint Loki en se plaçant aux côtés du jeune homme

Loki et Joshua discutaient des répercussions de l'audience lorsqu'ils avaient noté l'approche de Dumbledore. Ils avaient immédiatement cessé leur conversation pour que Joshua se charge des conséquences juridiques et que Loki aille soutenir Harry.

-Je ne crois pas que nous nous connaissions, fit Albus d'un air affable. Albus Dumbledore, directeur de l'école Poudlard et président du Magenmagot.

-Loki Potter, garant magique d'Harry Potter, se présenta Loki avec reluctance. Je ne suis guère conciliant aujourd'hui donc pourriez-vous répondre à ma question ?

-J'aimerai parler à Harry des conséquences de son départ de sa famille, fit Albus. En privé, de préférence.

-Dois-je vous rappeler que vous n'avez plus votre mot à dire concernant le lieu de vie d'Harry ? déclara fraîchement Loki. Et même si c'était le cas, ma présence est nécessaire, puisque je suis son garant magique. Allez-y, nous vous écoutons.

-Dans ce cas, est-ce que nous pourrions en discuter tous les deux ? sourit Albus

-Cela concerne à la fois Harry et moi, alors pourquoi Harry ne devrait pas être là ? pointa Loki

Albus les regarda quelques instants avant de comprendre qu'il ne gagnerait pas cette fois.

-Très bien, fit Albus. Que diriez-vous que nous nous voyons ce soir autour d'un bon dîner ?

-Envoyez l'invitation et nous y réfléchirons, déclara Loki en pressant sa main sur l'épaule d'Harry. Bonne journée, monsieur Dumbledore.

-Professeur, corrigea aimablement Albus.

-Monsieur, insista Loki. Nous y allons, Harry ?

-Oui Loki, sourit Harry en se tournant vers son garant. Bonne journée professeur.

Les deux Potter s'éloignèrent et quand l'espion de Dumbledore fit son rapport, il ne put qu'avouer qu'il n'avait pas pu entendre l'adresse des deux jeunes gens puisqu'ils étaient passés par Gringotts pour rentrer chez eux.

§§§§§

Loki s'était enfermé dans son bureau après le déjeuner et avait chargé Harry d'attendre la lettre de Dumbledore.

Il ne doutait pas un seul instant que le directeur voudrait faire pression sur eux au plus vite pour qu'Harry retourne chez les Dursley. Pour cela, il était certain qu'ils seraient invités au manoir Black.

Mais tout cela, il en aurait la confirmation qu'avec la lettre.

En attendant, maintenant que le procès était bouclé, il fallait qu'il s'occupe des autres détails. Cracrock avait conseillé un bilan médical physique et psychologique et Vie lui avait fait comprendre qu'il y avait une autre solution que de passer par les gobelins. Il compulsait donc tous les grimoires que Chaos avait mis à sa disposition qu'il avait remonté de sa salle secrète et il avait rapidement trouvé ce que Vie voulait. Les druides étaient une vieille communauté magique qui se cachait essentiellement des sorciers. D'après ces grimoires, ils avaient disparu de la circulation au Royaume-Uni mais ils avaient un bureau en Irlande et ils étaient bien plus présents sur le continent. S'il avait bien compris, ils seraient capables d'analyser la magie d'Harry aussi bien que les gobelins mais surtout, ils ne pouvaient révéler le contenu des soins qu'ils apporteraient. C'était exactement ce que Loki cherchait car il était hors de question que quiconque informe Dumbledore qu'Harry savait qu'il était un horcruxe. La tendance qu'avait le monde sorcier et Dumbledore en particulier à se mêler de sa vie sans prendre en compte ses sentiments avait tendance à lui taper sur les nerfs et la confidentialité garantie par les druides était parfaite.

-Loki ?

-Entre, Harry, fit Loki.

-L'invitation du professeur Dumbledore est arrivée, fit Harry.

Le jeune homme lui tendit la lettre que l'aîné lut rapidement. Comme il s'en doutait, ils étaient invités le soir même à dîner au manoir Black, puisqu'ils avaient rendez-vous au square Grimmaurd à Londres à dix-neuf heures. Loki se souvint que le manoir était sous fidelitas et il était curieux de savoir comment fonctionnait exactement ce rituel. D'un geste de la main, il fit venir un grimoire sur le rituel pour le poser sur le guéridon pour l'étudier avant l'interrogatoire de ce soir.

-Est-ce que tu veux y aller ? demanda Loki. Personnellement, j'ai trouvé ce Dumbledore bien cavalier et rien que pour lui rappeler qu'il n'a pas son mot à dire dans ta vie, j'ai envie de ne pas y aller. Et toi ?

-Je veux savoir, avoua Harry. Savoir pourquoi il tient à ce que je retourne chaque année chez les Dursley.

-Je suis curieux aussi, concéda Loki. Mais si tu ne veux pas, je ne t'obligerais pas à y aller, sache-le. Je peux très bien y aller tout seul.

-Tu ne me cacheras pas ce qui sera dit ? demanda anxieusement Harry

-Je vais essayer, fit Loki. Mais comprends qu'il y a un temps et un lieu pour donner certaines informations. Je répondrai à tes questions si je le peux mais je le ferai à mes conditions.

-On dirait le professeur Dumbledore, grommela Harry.

-Il n'a pas tort dans cette démarche, concéda avec reluctance Loki. Maintenant, est-ce qu'il a raison, c'est autre chose.

-Je crois que je comprends, hésita Harry.

-Je ne m'attends pas à ce que tu le fasses tout de suite, sourit Loki. Mais au moins que tu comprennes la démarche. Bien, revenons au sujet principal. Nous y allons ou pas ?

-On y va, répondit Harry. Mais …

-Mais ? demanda Loki

-A cette période de l'année, je suis chez les Weasley pour les vacances, expliqua Harry. Généralement, j'attends l'autorisation du professeur Dumbledore pour y aller … si je ne m'enfuie pas avant.

-Comment ça ? fit Loki

-La première fois, un elfe de maison s'était introduit chez les Dursley et a fait de la magie devant ma famille, répondit Harry. J'avais omis de leur dire que je ne pouvais pas faire de magie pendant les vacances et quand ils l'ont su, ils ont décidé que je ne retournerai pas à Poudlard. Ils avaient placé des barreaux à ma fenêtre et ils m'avaient enfermé à clé dans ma chambre. Ce sont les jumeaux Weasley qui m'ont libéré en arrachant les barreaux avec la voiture volante de leur père. Je me suis enfui l'année suivante après que la sœur de mon oncle Vernon ait insulté une fois de trop mes parents. J'ai fait de la magie accidentelle et je l'ai fait gonfler comme un ballon.

-Et même avec ces éléments, ils ne se sont posés de questions, soupira Loki. Est-ce que tu veux passer le reste des vacances avec eux ?

-Je ne sais pas, fit Harry.

-Alors nous aviserons sur place, déclara Loki. Je réponds et nous allons trouver les tenues adéquates pour faire bonne impression.

Il n'avait pas le choix, Muse avait trouvé des parfaites poupées pour s'amuser.