Renouveau

Nouvelle dynamique

Nouvelle dynamique

Draco Malfoy était allongé dans son lit, songeur.

D'après son père, le professeur de défense aurait dû être la fameuse inquisitrice, Dolores Ombrage. Mais une semaine avant la rentrée, le ministre avait changé de fusil d'épaule – comme toujours après une visite d'Albus Dumbledore – et avait laissé la place à ce Potter.

Le blond n'ignorait pas qui était ce Loki Potter. La presse s'était déchaînée quand elle avait appris qu'Harry Potter était passé en jugement mais surtout qu'il avait été acquitté grâce à la prévenance et aux précautions prises par son garant magique, Loki Potter. Comme tout le monde, Draco s'était interrogé sur les liens exacts avec sa nouvelle charge – ils portaient le même nom de famille, quand même – mais il n'avait pas eu la décence de donner une interview pour s'expliquer ou même répondre aux questions des langues pendues du ministère.

Draco avait cru que puisque ce nouveau professeur était responsable d'un Gryffondor, il privilégierait cette maison mais il avait été agréablement surpris.

Flash-Back

Après un premier cours où il avait présenté son programme et où il avait déclaré que les élèves pouvaient faire un feu de joie avec leur manuel de cours puisque ce n'était pas lui qui l'avait choisi car il était qu'une immense offense au bon sens, Loki Potter avait attaqué le deuxième par un cours théorique sur la politesse qui, quand elle était correctement utilisée, évitait environ quatre-vingts pourcents de conflits contre les créatures magiques, sorciers inclus. Même les Serpentards avaient été captivés par cette leçon de savoir-vivre car elle expliquait également une autre manière de conclure des affaires. Mais ce n'était pas au goût de certains.

-Un commentaire à faire, monsieur Weasley ? s'interrompit Loki doucereusement

-Ça ne va pas nous servir pour les BUSES, grommela Ron un peu plus fort.

-Parce que vous connaissez le programme des BUSES ? s'étonna faussement Loki. Félicitations, vous avez réussi à vous désintéresser de votre nombril.

La classe pouffa tandis que les oreilles de Ron prirent une couleur rouge vif.

-Depuis le début du cours, je vous entends déclarer votre amour immodéré pour les Serpentards, railla Loki. A moins que vous ayez droit de vie et de mort sur vos camarades, personne, y compris moi, n'a envie de connaître votre avis sur l'accès à l'éducation de certains sorciers. Si ça vous dérange tellement de côtoyer certaines personnes, je ne peux que vous inviter à quitter cette école et à trouver des professeurs plus qualifiés pour qu'ils vous enseignent leur savoir. Mais en attendant, vous êtes ici et j'attends un minimum de respect de votre part. Et c'est valable pour chacun d'entre vous.

Fin Flash-Back

Loki Potter n'avait pas dérogé à cette ligne de conduite et punissait équitablement chaque élève en infraction, peu importe la maison et l'année. Bien évidemment, Ron Weasley était celui qui se faisait le plus punir et il était allé se plaindre directement au professeur Dumbledore. Une semaine plus tard, Minerva McGonagall s'était présentée dans la salle de cours et avait déclaré devant la salle de classe muette de stupeur qu'elle non plus n'aimait pas qu'on dénigre les autres maisons sans raison, que ce soit dans son cours ou dans les couloirs et qu'elle lui retirait deux cents points pour insultes et incitation à la haine. Le meilleur avait été quand elle avait dardé son regard sur le rouquin qui se tassait dans son siège et qu'elle lui avait demandé si, puisque c'était elle qui l'avait puni, il aurait le toupet d'aller se plaindre au directeur parce qu'elle avait corrigé son comportement déplacé et odieux. Le professeur Potter était alors intervenu en déclarant que lui, quand il l'avait fait, partait avec un handicap majeur puisqu'il n'étendait pas la tolérance – inexistante, avait souligné Loki Potter – généralement accordée au Survivant à ses amis. Depuis, Weasley rasait les murs et évitait soigneusement la mademoiselle Je Sais Tout qui, d'après les rumeurs, l'avait déjà gratifié d'un beau sermon dans la salle commune des rouge et or.

Tout le monde avait bien noté que Loki Potter tolérait à peine les amis d'Harry Potter, du moins, tant qu'ils n'avaient pas montré patte blanche. Granger l'avait bien remarqué et ne faisait rien pour attirer l'attention du professeur négativement, au contraire de Weasley, que ce soit le frère et la sœur, qui prenaient des retenues à tour de bras.

Curieusement, et Draco n'était pas le seul à l'avoir remarqué, Potter n'allait plus systématiquement au secours de son meilleur ami. D'ailleurs, on ne les voyait plus si souvent ensemble. Le brun passait la majorité de son temps à la bibliothèque ou à l'entraînement de quidditch. Dès la rentrée, Draco avait repris son sport favori, c'est-à-dire faire sortir de leurs gonds les Gryffondors mais autant Weasley sautait à pieds joints dans le piège, autant Potter lui répondait sèchement et abandonnait le combat. C'était Théo qui lui avait fait alors remarquer que leurs rencontres devenaient beaucoup moins violentes car Potter voulait réellement ne pas avoir d'interaction avec lui.

Dans un sens, cela arrangeait le blond. Comme la plupart des enfants ayant des parents qui étaient mangemorts lors de la première guerre, il savait que les allégations d'Harry Potter à la fin du tournoi étaient véridiques. Quand le seigneur des ténèbres s'était présenté au manoir Malfoy, Draco avait été choqué par le faciès écailleux et sans nez du maître de son père. Pire, quand la représentation de son grand-père Abraxas s'était réfugié dans son salon particulier, comme il en avait l'habitude de faire pour lui enseigner les règles du clan Malfoy, il avait pesté car outre l'assurance qu'il avait dû payer une importante contrepartie en échange de l'utilisation d'un rituel de magie occulte pour revenir à la « vie », la Magie avait dû le punir pour lui donner un tel physique.

Le retour du seigneur des ténèbres avait également montré à Draco une autre facette de ses parents. Il savait par les bruits de couloirs que ses grands-parents, maternels comme paternels, étaient uniquement des sympathisants à la cause mais il ne se doutait pas des réelles motivations de ses parents à rejoindre le « maître ». Apprendre que si Lucius avait pris la marque des ténèbres, c'était parce qu'Abraxas avait été empoisonné et que son fils allait prendre le même chemin s'il ne pliait pas était perturbant, mais se rendre compte que Narcissa n'adhérait absolument pas à cette politique de massacres à l'aveugle et qu'elle comptait bien défendre son point de vue, baguette en main s'il le fallait, avait totalement choqué leur fils. Bien entendu, ce dernier avait prêté serment de ne rien divulguer des véritables positions de ses parents, aussi bien pour les protéger que pour le protéger lui, mais plusieurs semaines après cette révélation, il ne s'en était toujours pas remis.

Outre les allégeances contradictoires de ses parents et la nouvelle situation familiale de Potter, Draco devait s'occuper d'un autre point, Dolores Ombrage. L'inquisitrice envoyée par le ministère avait un avis tranché sur tout et tous et elle ne s'en cachait pas. Comme il s'agissait des premiers jours d'école, elle se contentait d'errer dans les couloirs mais Lucius avait prévenu son fils que son but était, outre celui de faire taire Harry Potter, de faire en sorte de chasser Albus Dumbledore de son poste.

-Draco ? Tu es réveillé ?

Le blond se redressa, intrigué et n'osant croire ses oreilles. Il avait parfaitement reconnu la voix de Vincent Crabbe … mais il n'avait jamais parlé autant ni aussi intelligemment. Pour lui, il était, avec son acolyte Gregory Goyle, des demeurés en puissance.

Rapidement, il enfila sa robe de chambre et sortit de son lit. A sa plus grande surprise, Vince et Greg étaient présents, mais également Théo Nott et Blaise Zabini.

-Qu'est-ce que … ?! s'étonna Draco

-Pitié, abandonne ton rôle de blonde et viens t'asseoir, leva les yeux au ciel Blaise. On doit parler.

Abasourdi, Draco obéit. Mais sa stupéfaction se lisait encore parfaitement.

-Ok, Vince et moi passions pour des boulets complets, craqua Greg. Mais c'était un rôle pour qu'on nous sous-estime ! Nos mères se doutaient que Tu Sais Qui allait revenir et elles voulaient qu'on puisse défendre nos idées sans le poids de la bêtise de nos pères. Mais maintenant qu'il est de retour, il est temps qu'on réfléchisse sérieusement à notre avenir.

Blaise et Théo hochèrent la tête, ce qui poussa Draco à refermer la bouche et à se questionner. Si les grands noms des mangemorts doutaient de l'idéologie du seigneur des ténèbres, c'était qu'il fallait creuser la question.

-Le doute est permis, concéda Draco. Il s'est fait vaincre par un sang mêlé de quinze mois et revient presque comme une fleur treize ans plus tard. Ça remet en cause son affirmation qu'il est le sorcier le plus puissant.

-Mais on fait quoi ? demanda Vince

-D'abord, et je suis désolé d'oser le dire, il faut assurer nos arrières, décréta Théo. Je pense qu'une promesse magique comme quoi nous ne révèlerons à personne le contenu de nos discussions sans l'accord de tous les autres me semble nécessaire.

La bande hocha la tête et s'exécuta. En attendant de trouver quelque chose de plus sérieux, cela leur permettait de ne pas trahir les autres auprès des autres Serpentards qui idolâtraient le seigneur des ténèbres.

-Ce qu'il faudrait, c'est trouver qui il est vraiment, fit Draco. Il dit qu'il est le descendant de Salazar Serpentard mais il n'a jamais révélé par quelle famille. Mère me disait toujours que ça l'intriguait.

-C'est vrai, confirma Blaise. On sait qu'il est passé par Poudlard donc c'est un élève. On peut partir des anciens Serpentards et si on ne trouve rien, on regardera dans les autres maisons.

-Parce que tu vois Tu Sais Qui être un Gryffondor ? pouffa Greg

-Ça ne serait pas si hallucinant, sourit Théo. Il attaque ceux qu'il a désigné les méchants, même s'il s'agit d'un bébé.

-En parlant de ça … se racla la gorge Vince. On fait quoi de Potter ? Je ne parle pas du prof.

Tous les regards se tournèrent vers Draco.

-Il nous laisse tranquille, répondit lentement Draco. Je crois qu'on peut lui retourner la faveur, du moins s'il ne nous attaque pas.

La sentence fut scellée par une poignée de main.

§§§§§

Loki avait passé la nuit chez lui pour traiter ses affaires en toute tranquillité mais quand il revint à l'école aux petites lueurs du jour, il ne fut pas surpris de retrouver ses appartements complètement retournés.

Depuis qu'il avait récupérer Harry chez les Dursley, il se doutait que ses relations avec Albus Dumbledore seraient, au mieux, tendues. Il était d'ailleurs à moitié étonné qu'il ait accepté qu'il soit le nouveau professeur de défense puisqu'ainsi, le directeur pourrait l'avoir à l'œil. Mais ce dont ce dernier ne se doutait pas, c'était que contrairement à ses prédécesseurs, il avait attentivement lu le contrat qui allait le lier à l'école et fait quelques corrections nécessaires pour ne pas devenir une jolie petite marionnette entre ses mains. Et pour enfoncer le clou, l'ancienne Faucheuse avait déboulé dans le bureau du ministre pour lui faire signer le contrat au plus vite – ce qu'il avait fait sans en lire une seule ligne – ce qui avait validé les modifications qu'il avait apporté. Quand le contrat final était finalement arrivé sur le bureau de Dumbledore, il avait dû avoir envie de manger sa barbe.

De ce fait, Loki n'avait pas l'obligation de rester au château une fois ses cours donnés. Oh, il n'en abusait pas non plus mais une à deux fois par semaine, il quittait l'école après le dîner pour traiter les affaires du clan Potter au nom d'Harry. Il aurait très bien pu le faire depuis le château mais il n'avait aucune confiance en Dumbledore pour ne pas mettre son nez dans ses affaires car dès sa première absence, il avait constaté que ses affaires avaient toutes été fouillées et que ça recommençait à chaque fois qu'il partait. Il ne savait pas ce que le directeur cherchait mais il n'était pas prêt de le trouver.

Loki remit en place tout ce qui avait été dérangé avant de détruire tous les sorts d'espionnage qui avaient été placés à son insu. Harry n'allait pas tarder prendre le petit déjeuner avec lui et il fallait qu'ils discutent rapidement de sujets personnels donc hors de question d'avoir un invité supplémentaire, de plus sans leur accord !

Tiens, en parlant du loup …

-Bonjour Loki, salua Harry.

-Salut Shadow, répondit Loki en le décoiffant. Entre, le petit déjeuner est arrivé.

Une à deux fois par semaine, tous les deux prenaient ce repas ensemble. C'était venu naturellement et personne ne s'en plaignait. Enfin, presque …

-Bien, je viens de voir Joshua, fit Loki. Les livres qui traitent de ta « vie » sont tous en train d'être retiré de la vente. Les premiers procès sont totalement en ta faveur puisqu'aucun auteur et aucun éditeur n'avait ton accord et encore moins celui de Dumbledore.

Loki ne signala pas que seul Harry serait dédommagé de la publicité négative que ça avait engendré. Il ne manquait plus que le vieux fou se fasse de l'argent sur leur dos !

-Il m'a également fait part d'un autre fait assez intéressant, fit Loki. Est-ce que tu savais que la maison où tes parents sont morts est devenue un musée ?

-Vraiment ? écarquilla des yeux Harry

-Oui, confirma Loki. Ils sont d'ailleurs enterrés sur la propriété, ce qui va totalement à l'encontre des us et coutumes Sang Pur.

La force de l'indignation de Joshua l'avait complètement surpris, ce qui avait poussé ce dernier à s'expliquer. La poigne ferme de Mort lui avait fait comprendre que le fait que des corps magiques n'aient jamais été enterrés dans un lieu adéquat était une immense offense à ses yeux.

-Personne ne s'en est rendu compte ? s'inquiéta Harry

-Personne n'a pu s'en indigner, déclara Loki, écœuré. D'après Joshua, le nouveau ministre voulait absolument rendre hommage à la famille à qui le monde sorcier devait sa liberté.

-C'était déjà Fudge ?! s'étonna Harry

-Eh oui, soupira Loki. Enfin bref, je voulais te demander si tu voulais faire déplacer les corps de tes parents, les soumettre aux rites mortuaires et les enterrer dans le caveau des Potter dans la demeure ancestrale.

-Euh … fit simplement Harry.

Loki éclata de rire.

-Je me doutais que tu répondrais quelque chose comme cela, ricana Loki. J'ai sorti ces grimoires des coffres des Potter pour que tu puisses comprendre de quoi je parle.

-Encore de la lecture ! soupira Harry

-Et tu peux toujours demander à tes amis Sang Pur ou même nés de sorciers des précisions, continua Loki sans prendre en compte l'interruption.

-D'accord, soupira Harry.

-Eh, Shadow, fit Loki. Ce n'est pas pour t'embêter que je te donne tout cela. Ce sont des choses qu'en tant qu'Héritier Potter, tu aurais dû connaître dès ton enfance. On est en train de rattraper pas mal de choses en très peu de temps.

-Je sais, souffla Harry. Mais c'est dur !

-Je ne dis pas le contraire, puisque j'apprends en même temps que toi, répondit Loki. Mais il est hors de question que tu passes à côté de quoi que ce soit parce que l'un de nous deux s'est montré paresseux. Ce que tu apprends maintenant te servira toute ta vie.

-C'est juste que j'ai toujours pensé que ça ne servait qu'à donner des grands airs aux Serpentards, grommela Harry.

-Pourtant, ton camarades Neville est un jeune homme tout à fait charmant, pointa Loki. Comment tu en es venu à penser cela ?

Harry se renfonça dans son siège gêné. La réponse était évidente.

-Ne me forcez pas à le dire, murmura Harry.

-Je veux entendre les choses clairement, rappela Loki.

Il se souvenait de sa mauvaise habitude de toujours parler par suggestion et par sous-entendu pour ne pas avoir à mettre des mots sur les sujets sensibles. Loki voulait qu'Harry puisse se sentir à l'aise avec lui.

-Ron, avoua du bout des lèvres Harry.

Loki retint un sourire victorieux, par égard à Harry. Une fois la surprise passée à l'annonce de la nomination de Loki au poste de professeur de défense, Harry avait été invité par ce dernier à venir le voir le lendemain soir après le dîner dans ses appartements. Les deux Potter avaient longuement discuté et au moment où le plus jeune en était venu aux réactions du roux pendant la semaine et durant le voyage en train, Loki avait longuement pesté sur son comportement qui méritait des baffes. C'était d'ailleurs depuis ce jour qu'il ne loupait pas le roux et très vite, sa sœur l'avait rejoint, surtout parce qu'il était clair qu'elle avait l'intention de devenir la petite amie du Survivant, au même titre que son frère voulait lui inculquer la bonne manière de « penser ».

Malheureusement pour eux, Loki était passé par là et il avait fait annuler les suggestions magiques qui voulaient qu'Harry soit très sensible à tout ce qu'ils pourraient dire. C'était d'ailleurs pour cela que le brun ne se tenait plus aussi fidèlement aux côtés de son meilleur ami. Sans les consignes magiques, il s'était rendu compte que le roux voulait absolument rester sur des querelles infantiles alors qu'il était parfaitement au courant que dehors, Voldemort était sur le point de plonger le pays dans une terreur absolue. Loki avait été clair, Voldemort n'était pas du genre à épargner qui que ce soit et si Harry devait y être mêlé, il allait faire en sorte qu'il puisse compter sur des alliés sûrs et à ses yeux, les deux derniers Weasley n'étaient pas prêts de l'être.

-Bref, fit Loki. Tu connais mon avis sur ce personnage et je connais le tien. Nous sommes d'accord que nous ne sommes pas d'accord.

Harry sourit malgré lui. Le plus jeune était persuadé que son meilleur ami pourrait se révéler plein de bonnes surprises, Loki était convaincu du contraire et il s'agissait d'une dispute récurrente entre eux deux. Ils en rigolaient bien mais elle illustrait parfaitement leurs divergences d'opinion.

-Sur un sujet moins litigieux, je voudrais savoir si tu avais une idée pour les fêtes de fin d'année, demanda Loki.

-Je ne reste pas à Poudlard ? s'étonna Harry

-Si tu ne le veux pas, non, martela Loki. Cependant, j'imagine que pour ma première année ici, je devrais rester ici, gracieuseté de Dumbledore. Mais ce ne sera pas une raison pour que toi aussi, même si je préférerai t'avoir sous les yeux.

-Je peux y réfléchir ? demanda Harry

-Bien entendu, sourit Loki. Nous sommes à peine en octobre, tu as un peu de temps. Oh, et pendant que j'y pense, tu ne seras pas là le soir de Samain dès la fin des cours. Tu ne rentreras à l'école que le lendemain matin.

-Samain ? releva Harry

-Ah oui, c'est vrai, tu ne sais pas à cause d'un idiot qui a oublié de t'apprendre ce que tu devrais savoir, pesta Loki. Attends … Halloween ?

-D'accord, comprit Harry. Mais pourquoi Samain ?

-Si tu écoutes bien ceux qui sont nés dans les familles sorcières en Grande Bretagne, ils parlent tous de Samain, la fête sorcière, expliqua Loki. Halloween est la fête moldue qui n'est pas du tout célébrée dans le monde sorcier. C'est Dumbledore qui l'appelle ainsi pour « ne pas dépayser ceux qui viennent du monde moldu ». Ce qui est une ineptie car ces enfants ne sont plus moldus mais sorciers et donc, ils doivent apprendre correctement leur nouvelle culture.

Ses premières années en tant que Faucheuse avaient beau l'avoir soigneusement tenu écarté de la Grande Bretagne magique, malgré cela, il avait bien noté que dans les autres communautés magiques et plus particulièrement sorcières, l'intégration des enfants nés de moldus était beaucoup plus complète. Les enfants étaient repérés dès leur premier éclat de magie, inscrits dans une école primaire spéciale pour apprendre les fondements de leur nouvelle société ce qui faisait que dès qu'ils entraient en école de magie, ils avaient les mêmes bases que les autres. Mais visiblement, la Grande Bretagne tenait à sa place de brebis galeuse.

-Mais ce n'est pas le moment, balaya Loki. Tu as tout juste le temps de récupérer tes affaires et d'aller en cours. Allez, sois sage et si tu fais des bêtises, ne te fais pas prendre.

Harry éclata de rire.

-Des parents ne doivent pas dire cela à leurs enfants, rit Harry.

-Je suis réaliste, haussa des épaules Loki. C'est dans la nature des enfants de faire des bêtises et il faut qu'ils apprennent à se débrouiller tout seul. Donc autant donner des conseils qui servent.

-Je ne suis pas un délinquant, tu sais ? pointa Harry

-Ce n'est pas pour autant que ça ne te servira pas, rétorqua Loki. On ne va pas avoir ce débat maintenant. Que dis-tu de demain soir ? On sera vendredi et tu pourras même dormir ici, enfin si tu n'as pas d'entraînement.

-D'accord, accepta Harry. Bonne journée Loki !

-A toi aussi, Shadow, répondit Loki alors que le jeune homme passait la porte.

§§§§§

Severus Snape faisait tourner un verre d'alcool entre ses doigts.

La rentrée scolaire, qui avait eu lieu plus d'un mois auparavant, avait réservé bien des surprises. La nomination de Dolores Ombrage en tant qu'inquisitrice, certes, était une nouvelle dont il se serait bien passé – il avait eu quelques mots avec elle quand il était sorti libre de son accusation d'appartenir au mouvement mangemort parce qu'il était espion – mais la plus surprenante était bien d'avoir accordé le poste de défense à un Potter. Il s'était préparé à le haïr comme le fils Potter mais ça ne s'était pas du tout passé comme il aurait pu le penser.

Flash-Back

La première réunion de l'équipe enseignante, qui avait lieu trois jours après la rentrée scolaire, venait de se terminer. La plupart des professeurs avaient déjà quitté la pièce, dont Albus Dumbledore, et seuls restaient les directeurs de maison et Loki Potter, perdu dans ses pensées.

-Vous avez besoin d'une escorte pour aller à vos appartements ? cracha Severus avec venin

Loki sursauta, plongé dans l'étude des sorts de coercition cachés dans la pièce, et il ne mit que quelques instants à comprendre ce qui venait d'être dit.

-Mon nom est Loki Potter, pas James, tança Loki. Veuillez vous rappeler que ce crétin est mort !

-Ayez un peu de respect ! attaqua Minerva

-J'en ai pour lui parce qu'au moment de sa mort, il a protégé sa famille jusqu'au bout, accorda Loki. Mais en tant qu'être vivant ? James Potter était un imbécile et un crétin, et je pèse mes mots.

-Comment pouvez-vous dire cela ? hoqueta Pomona

-Il se trouve que j'ai pu discuter avec l'avocat de la famille qui l'a très bien connu, railla Loki. Croyez-moi, on est loin de pouvoir l'encenser. J'ai également le journal intime de Lily Potter et même si elle a une image très négative de lui les premières années de sa scolarité, en lisant entre les lignes on comprend qu'il n'est pas du tout exemplaire. C'est le père de mon protégé, sûrement un cousin lointain, mais je ne suis pas James Potter.

-Vous êtes de la même famille donc vous avez les mêmes tares familiales ! cracha Severus

-Si je suis votre logique, vous êtes exactement comme votre père, non ? retourna vicieusement Loki

Severus sursauta. Être comparé à Tobias Snape n'était pas du tout un compliment.

-Tout comme Harry, j'ai perdu mes parents encore bébé, grinça Loki. J'ai été confié à des membres de ma famille qui haïssaient tout ce que je représentais, quand ils ne me crachaient pas carrément dessus. Je n'ai jamais connu mes parents et tout au long de mon enfance, on m'a reproché de ressembler à un homme que je n'ai jamais connu et je refuse de revivre ça parce que vous ne pouvez pas dépasser mon nom de famille !

Severus se recula, un peu choqué qu'on lui tienne tête.

-Harry m'a raconté la manière dont vous comportez avec lui, continua Loki. Vous détestiez son père, ça, tout le monde l'a compris. Mais quand est-ce qu'il a dit qu'il était James Potter ? Il s'est toujours présenté comme Harry, juste Harry, et vous l'avez toujours considéré et vu ses actes comme s'il était James Potter. Avez-vous une explication ?

-Il se conduit comme si l'école lui appartenait, grogna Severus, clairement de mauvaise foi.

-Vraiment ? railla Loki. Alors qu'il ne savait même pas ce qu'était Poudlard avant que ce Hagrid ne vienne le chercher chez les Dursley pour lui annoncer qu'il était un sorcier ?

-Hagrid ? releva Filius, totalement abasourdi

-Dursley ? fit Severus. Je ne connais pas de famille sorcière de ce nom.

-Qui a dit que je parlais d'une famille sorcière ? ricana Loki. Avant que je ne le récupère, Harry vivait dans une famille totalement moldue composée de Vernon Dursley, son fils Dudley et sa femme Pétunia. Née Evans.

Severus fut comme frappé en plein cœur. Non, ce n'était pas …

-Tunie ? murmura Severus. Il était chez Tunie ?

-Vous connaissez cette personne ? s'étonna Minerva

-C'est la sœur de Lily, souffla Severus. Elle haït tout ce qui est magique. Elle n'aurait jamais accepté le fils de Lily … Si j'avais su …

-Est-ce que vous avez vraiment voulu savoir ? coupa Loki. Dès les premiers instants, j'ai compris qu'il n'était pas aimé dans sa famille et j'ai tout fait pour l'aider. Quelle est votre excuse pour avoir volontairement ignoré un enfant maltraité ?

-Le professeur Dumbledore … protesta Pomona.

-Vu l'état dans lequel j'ai retrouvé Harry, j'ai pas mal de doute sur les motivations d'Albus Dumbledore concernant son bien-être, assura Loki.

Le professeur de défense se tourna vers le professeur de potions.

-Tant que vous n'aurez pas répondu à mes questions honnêtement, je vous conseille de ne pas m'adresser la parole et encore moins de dire un seul mot sur Harry ou moi, déclara Loki. Parce que si j'entends quoi que ce soit, vous n'allez pas apprécier ma réaction.

Fin Flash-Back

Severus s'était fait envoyer en pleine face son comportement puéril à l'encontre d'un enfant qui ne connaissait rien de son passé et pire que tout, les directeurs de maison s'étaient fait accuser à mots couverts d'avoir ignoré la détresse d'un enfant. Ils ne pouvaient pas dire le contraire car tout le monde avait vu qu'Harry Potter était loin de l'image d'un enfant aimé et choyé par sa famille et pourtant, il avait fallu qu'un parfait inconnu n'ait pas hésité à le retirer de sa famille pour qu'ils se rendent compte que leur instinct, qu'ils avaient fait taire sous l'assurance d'Albus Dumbledore qui certifiait que l'enfant exagérait sûrement, avait totalement raison. Curieusement, le professeur de potions craignait plus le professeur de défense que le directeur de Poudlard, alors qu'il ne l'avait jamais réellement vu en action.

Mais avant qu'il n'ait eu le temps d'aller plus loin dans ses réflexions, la marque des ténèbres brûla atrocement le bras de Severus. Renonçant à avaler d'une traite son verre, il s'empara de son « uniforme », vérifia que ses potions de premier secours étaient toutes à leur place avant de quitter le château sans tambour ni lumière.

Sans même remarquer que son départ avait été attentivement suivi.