Renouveau

Le Gardien d'Harry

Le Gardien d'Harry

Harry se trouvait dans la salle secrète de la maison aménagée par Chaos. Dès son arrivée, il avait administré les soins de base avant de coucher son alter ego pour qu'il puisse se reposer et lui, réfléchir sereinement.

Comme Mort le lui avait indiqué, il était passé d'âme au service de Mort à "sorcier" tout ce qu'il y avait de plus vivant. Mais si Chaos s'était occupé de lui procurer une existence plus ou moins légale … il se doutait qu'il aurait quelques surprises.

-Pas à pas, Harry, sinon tes idées vont s'embrouiller, marmonna l'ancienne faucheuse.

D'un geste de la main, il fit apparaître un tableau blanc – merveille de la technologie moldue – et commença à lister ce qu'il devait faire pour asseoir son existence.

D'abord, son nom. Il était clair que pour éviter de se mélanger les pinceaux, il ne devait pas s'appeler comme son alter ego. Un nom s'imposa et le brun leva les yeux au ciel. Une Entité avait voulu donner son avis et pour s'être pris la tête de nombreuses fois avec Mort – on est un Gryffondor ou on ne l'est pas ! – cela ne servait à rien de lutter.

-Très bien, bougonna le brun. Je m'appellerai désormais Loki. Un nom de famille, pendant que j'y suis ?

Cette fois, ce fut une autre Entité qui se manifesta, avec une douce caresse pour lui faire comprendre pourquoi. Sa présence dans cette dimension était un cadeau et Vie tenait à lui rappeler qu'il s'agissait d'une autre chance pour se réconcilier avec son passé.

-Très bien, Loki Potter, soupira le désormais Loki. Puisque vous vous amusez si bien, vous pourriez également me fournir mon historique, non ?

Une claque derrière la tête le fit ricaner. Mort n'appréciait pas son insolence.

-Très bien, je verrais ça plus tard, sourit Loki. J'ai l'essentiel, maintenant occupons-nous de mini Harry.

Cela faisait des centaines d'années qu'il était mort donc se souvenir était assez laborieux. S'il se rappelait cette journée précisément, c'était à cause des détraqueurs.

-On va commencer par le surnom, fit gravement Loki.

Il se souvenait de ce sentiment poignant de n'appartenir à aucune famille. Tout au long de sa vie, il avait vu les Dursley puis les Weasley se montrer leur affection par des surnoms et des diminutifs et malgré le fait qu'il considère ses amis comme sa famille, jamais il n'avait eu droit à ce traitement de faveur. C'était puéril et irraisonné mais c'était comme ça.

-Raven ou Shadow ? réfléchit à voix haute Loki. Si je le surnomme Hugin ou Munin, les deux corbeaux d'Odin, ça fera trop téléphoné.

Sa préférence allait vers Shadow car Harry n'avait jamais aimé être sur le devant de la scène mais surtout, n'avait jamais appris à être en pleine lumière. Et ça, peu de personne l'avait compris ou avait voulu le voir.

-Va pour Shadow, opta Loki.

Il fallait maintenant parer au plus urgent. Actuellement, Harry était à la charge des Dursley mais il avait bien l'intention de la leur rafler et peut-être même se payer le luxe de leur faire payer toutes ces années de souffrance. Un procès serait l'idéal mais pour cela, il fallait passer outre la loi du silence que la famille moldue d'Harry avait imposé à l'enfant et ça n'allait sûrement pas se faire du jour au lendemain. Mais rien ne l'empêchait de leur donner un aperçu de l'enfer … En attendant, il avait moins de deux mois pour éplucher les lois sorcières pour sortir son alter ego de sa prison dorée.

Deux tapes de félicitations sur la tête le firent grogner.

-Je vous rappelle que je ne suis pas un chien, siffla Loki, qui avait reconnu Chaos comme l'auteur du geste. Il y a d'autres manières de me faire comprendre que je suis sur la bonne voie, non ?

Se retenant de maudire les Entités, Loki se souvint qu'il y avait un point à prendre en compte s'il voulait reprendre Harry, Sirius Black. C'était malheureux à dire mais il était en sécurité à Grimmaurd Square. Certes, l'Ordre du Phénix aurait dû profiter de son enfermement pour lui permettre de se soigner mais personne n'y avait pensé. Mais dans tous les cas, Sirius était le détenteur de l'autorité parentale sur Harry Potter, droits dont il n'avait jamais été déchu puisqu'il n'avait jamais eu de procès. Mais ce crétin – non, il n'exagérait pas – était faible et Loki était prêt à parier la fortune des Potter et des Black que l'animagus chien suivrait toutes les consignes d'Albus Dumbledore sans même penser à mettre en avant le bien-être d'Harry.

Au fur et à mesure de ses réflexions, il avait tout noté et maintenant qu'il avait une vue d'ensemble, il allait pouvoir commencer.

§§§§§

Harry eut beaucoup de mal à se sortir de ce cocon de douceur et de chaleur. Ce fut ce qui le poussa à se réveiller en sursaut. Mais la douleur vive le cloua au lit.

-Je me disais bien avoir entendu du bruit, fit une voix sur le pas de la porte. Ne bouge pas, toutes tes blessures sont loin d'être soignées.

Quelques minutes plus tard, ses lunettes furent sur son nez et le petit brun put découvrir tout à loisir celui qui apportait les soins. Plusieurs fioles et mouvements de baguette plus tard, Harry se sentit assez bien pour poser les questions qui tournaient dans sa tête.

-Qui êtes-vous ? demanda doucement Harry

-J'aimerai que tu te contentes de savoir que je suis celui qui t'a débarrassé de tes horribles tuteurs mais ça ne te satisferait pas du tout, sourit son interlocuteur. Je suis Loki et pour information, cela fait deux jours que tu joues à la belle au bois dormant.

-Je suis chez vous depuis tout ce temps ?! sursauta Harry. Mais les autres …

-Si les autres tenaient tellement à toi, ils auraient réellement fait en sorte de te le montrer, claqua sèchement Loki. Or, ma maison n'empêche pas les hiboux et les chouettes de passer délivrer du courrier et mis à part un harfang des neiges, rien n'est venu.

Loki avait souri quand Hedwige était arrivée pendant les soins d'Harry. Il n'avait jamais eu à douter de sa compagne ailée et cela s'est encore vérifié.

-Mais … protesta une nouvelle fois Harry.

-C'est bien beau de penser aux autres mais de ce que j'ai pu voir, il n'y a que toi qui sois gravement blessé, pointa Loki. Si tu veux tellement les aider, commence par penser à toi car ce n'est qu'en pleine forme que tu pourras le faire.

Pendant ses premières années en tant que faucheuse, Loki avait beaucoup réfléchi à sa vie et il s'était rendu compte qu'il fonçait dans les ennuis sans être correctement soigné ou même préparé la plupart du temps, que ce soit physiquement ou psychologiquement. On ne lui avait jamais permis d'être égoïste, même pour son bien-être, parce que certains avaient pensé intelligent de mettre la survie de tout un pays sur les épaules d'un gosse.

-Il faut que je leur écrive … fit Harry.

-Comme un bon chien qui fait la fête à ses maîtres quand ils reviennent après des jours d'absence ? grinça Loki

Il se souvenait parfaitement que cet été-là, il n'avait eu des nouvelles de personne par peur que les alliés de Voldemort n'interceptent leur courrier. Il avait d'ailleurs engueulé ses chers meilleurs amis pour cela dès qu'il avait mis le pied dans le QG de l'Ordre du Phénix. En parlant de cela …

-Ce n'est pas que je refuse mais je préfère que tu te reposes, souffla Loki. Je t'ai trouvé dans un état alarmant et même si les potions sont de première qualité, ton corps a quand même besoin d'assimiler qu'il peut prendre le temps de guérir. Dors, je ne suis pas loin.

Harry sentit ses paupières se faire lourdes et la minute suivante, il dormait profondément. Loki s'était redressé et avait abandonné son air serein et rassurant pour en prendre un autre plus grave.

Pendant ces deux jours, il s'était concentré sur un moyen légal et solide pour empêcher Harry de retourner chez les Dursley. Il avait donc épluché tous les grimoires que Chaos avait rassemblé et il était finalement tombé sur les lois d'héritage Sang Pur. D'après les textes, un orphelin pouvait accéder à son héritage dès ses quinze ans, en accord avec ses tuteurs et son garant magique. Loki avait assimilé cette procédure à une émancipation, ce qui l'arrangeait, mais le terme garant magique l'avait interpellé. Quelques recherches plus tard, il avait trouvé l'amère vérité : un garant magique devait s'assurer que l'orphelin puisse parfaitement entrer dans la société en ayant les connaissances nécessaires en tant que Sang Pur. Or, s'il ne se fiait qu'au comportement des Serpentards, ce n'était pas du tout le cas d'Harry qui était plus un né de moldus. Il y avait donc eu un loupé dans l'éducation d'Harry et il fallait absolument savoir où. C'était pour cela que Loki avait décidé que dès qu'Harry se réveillerait, ils iraient ensemble à Gringotts. De nombreuses choses étaient encore trop obscures et Harry avait tellement été occupé par ses aventures au sein de l'école qu'il n'avait pas eu le temps – ou on ne lui avait pas laissé le loisir, s'il fallait être cru – de se pencher sur sa situation personnelle.

Ils allaient corriger cela très vite.

§§§§§

Harry ouvrait grand les yeux.

Il n'avait jamais eu l'occasion de se balader sur le Chemin de Traverse la nuit mais visiblement, c'était un spectacle à ne pas manquer, s'il se fiait au nombre de familles sorcières qui se baladaient sur l'allée commerçante. Le brun se demanda distraitement pourquoi les Weasley ne profitaient pas eux aussi du spectacle mais préféra mettre la question de côté.

Laissant Harry à son admiration, Loki consultait une nouvelle fois les indications des gobelins pour se rendre à leur entrée de nuit. N'ayant jamais aimé le regard pervers et fouineur des sorciers, Loki avait demandé par courrier les horaires de la banque et si possible, un rendez-vous le plus tard possible avec le gestionnaire des coffres des Potter. Comme il s'était adressé en gobblebabil, il avait été surpris d'apprendre par retour de lettre qu'en tant qu'être respectant les autres races magiques – sous-entendu, ce que n'étaient pas les sorciers – la banque, ou plutôt l'agence principale, était ouverte pour eux vingt-quatre heures sur vingt-heures. Loki avait écarquillé des yeux en comprenant que l'immense bâtiment sur le Chemin de Traverse n'était qu'une simple annexe pour les sorciers clients de la banque, elle-même se trouvant dans le quartier des Embrumes. Il se promit de fouiller dans les grimoires de Chaos la véritable histoire des gobelins car il était évident qu'ils étaient plus que des guerriers barbares qui s'amusaient à attaquer de pauvres petits sorciers innocents, comme le rabâchait sans cesse le professeur Binns.

Gardant une main sur l'épaule de sa charge – il arrivait de plus en plus facilement à considérer Harry comme une personne à part entière et non plus son alter ego – il la mena dans l'une des allées secondaires du Chemin de Traverse pour contourner l'allée des Embrumes. Ils entrèrent dans le quartier des Embrumes et flânèrent un peu, ayant encore du temps devant eux.

-Où sommes-nous ? souffla Harry

-Dans le quartier des Embrumes, répondit Loki en admirant les lieux.

-Je pensais que l'allée des Embrumes était un endroit mal famé, s'étonna Harry.

-C'est ce que j'ai cru comprendre aussi, haussa des épaules Loki. Mais je suis prêt à parier que l'allée a été aménagée pour faire peur aux gens bien-pensants et pour qu'on puisse laisser tranquille ceux qui respectent la Magie.

-Ce n'est pas le rôle du ministère ? demanda Harry

-Tu es le dernier que j'aurais cru utopiste, railla Loki. S'il était tellement respectueux, est-ce que tu penses qu'il aurait fait enfermer un sorcier sans lui accorder un procès, comme Sirius Black ?

-Comment vous le savez ? sursauta Harry

-Je sais lire, très cher, ricana Loki. Les journaux ont annoncé son emprisonnement mais ils n'ont même pas pris la peine de faire une retranscription de son procès, alors que tous les autres y ont eu droit. Il ne faut pas avoir fait Oxford pour comprendre qu'il y a eu un déni de justice. Ce que je trouve hallucinant, c'est que le peuple sorcier n'a rien remarqué mais surtout qu'il n'a rien l'intention de faire …

Harry se figea mais fut poussé à avancer par Loki. Effectivement, le cas de Sirius était au mieux assez épineux. Si le sorcier avait pu le voir rien qu'en lisant les journaux qui n'étaient même pas objectifs, alors comment les grands du pays avaient pu passer à côté, y compris Albus Dumbledore ?

Le brun ne put continuer sa réflexion quand il dut s'arrêter.

-Nous sommes arrivés, annonça Loki.

Harry faillit ne pas retenir sa mâchoire. Si le bâtiment sur le Chemin de Travers lui avait paru imposant, celui du quartier des Embrumes était majestueux. Et il était clair qu'il n'y avait pas que lui qui était émerveillé.

-C'est la première fois que je viens ici, souffla Loki. Si ça te dit, nous reviendrons.

-D'accord, sourit Harry.

Mais Loki ne se leurrait pas. Il se souvenait parfaitement de toutes les promesses qu'on lui avait faites et qui n'avaient pas été tenues. Il était hors de question qu'il fasse partie de la longue liste de ceux qui avaient déçu Harry.

Ils entrèrent dans la banque et Harry ne savait plus où donner de la tête. Les vampires et les loups garous se côtoyaient sans se déchirer, les vélanes ne cachaient pas leur charme, les elfes de maison ne se conduisaient pas comme des esclaves.

-Mais … commença Harry.

-Garde tes questions pour le moment, pria Loki. Nous ne sommes pas exactement les bienvenus.

Surpris, Harry regarda plus attentivement et se rendit compte qu'ils étaient effectivement les seuls sorciers qui étaient regardés avec hostilité. Conscient que ça ne pouvait pas dégénérer dans la bâtisse mais que ce n'était pas pour autant qu'ils ne perdront pas des plumes, Loki poussa Harry vers la file et quelques minutes plus tard, ils furent devant un guichet.

-Que le sang de vos ennemis se répandent à vos pieds, salua Loki. J'ai rendez-vous avec un dénommé Cracrock. Pouvez-vous l'informer de notre arrivée ?

Il tendit la lettre de convocation au guichetier qui en prit connaissance avant de leur indiquer silencieusement de le suivre.

-Dans quelle langue avez-vous parlé ? demanda Harry à voix basse

-Le gobblebabil, répondit Loki. Quand tu apprends une langue, tu en viens à apprendre une partie de sa culture. Les gobelins ont toujours accordé de l'attention à ceux qui parlent leur langue, encore plus quand il s'agit des sorciers qui sont des racistes à leurs yeux. J'ai eu l'occasion de jeter un coup d'œil sur ce que les sorciers de ce pays racontent sur les gobelins et la seule chose que je dirais, c'est qu'une histoire a autant de versions que de témoins. Je doute donc que les sorciers aient été aussi innocents dans les guerres qui les ont opposés aux gobelins.

Harry ne pouvait que concéder cette logique. Ils suivirent donc le gobelin dans les entrailles de la banque pour arriver devant une porte qui s'ouvrit devant eux. Loki entra et s'inclina devant le gobelin assis derrière le bureau.

-Que vos ennemis vous craignent, salua Loki.

-Et que les vôtres soient définitivement terrassés. Crarock, à votre service. Vous êtes celui qui a demandé un rendez-vous au nom du jeune Harry Potter ?

-Mes observations m'ont fait comprendre qu'il ne savait pas grand-chose du monde sorcier, y compris de sa famille, grinça Loki. Il faut y remédier et si en plus, je pouvais le soustraire à ses tuteurs actuels, ce serait un bonus.

-Nous allons voir cela, sourit Crarock. Lui avez-vous donné votre nom complet ?

-Pas encore, avoua Loki. Pourrait-on s'en passer ?

-Je crains que non, répondit Crarock. Passons à l'anglais, pour que je puisse vous l'expliquer plus en détail.

-J'en connais un qui s'impatiente, ricana Loki.

-Héritier Potter, je me nomme Crarock et je suis le gestionnaire des coffres de la famille Potter depuis soixante-dix ans, s'inclina le Gobelin. C'est un honneur et un privilège de vous rencontrer enfin.

-Enfin ? releva Harry

-Oui, Héritier, sourit Crarock. En tant que descendant d'une famille de l'aristocratie sorcière, ce que vous connaissez sous le nom de Sang Pur, vous auriez dû être informé de votre patrimoine au plus tard deux mois après votre onzième anniversaire et donc, vous seriez venu dans ce bureau pour que je remplisse mon devoir devant la loi.

-Quand je suis venu le jour de mon anniversaire, j'ai rencontré un gobelin du nom de Gripsec qui m'a simplement conduit dans mon coffre pour qu'Hagrid puisse prendre de l'argent pour mes achats, révéla Harry.

-Vraiment ? fit Crarock

-Oui, fit Harry.

-Une erreur de sa part, balaya Crarock. Vous avez dit qu'un dénommé Hagrid a pris l'argent pour vous ?

-Rubeus Hagrid, à l'époque le gardien des Sceaux et des Clés de Poudlard, actuellement le professeur de Soins aux Créatures Magiques, précisa Harry. Bien sûr, c'est lui qui avait ma clé, que lui avait remis le professeur Dumbledore.

Loki plissa le regard devant l'insistance du gobelin. Se pouvait-il que son premier passage à la banque n'ait pas dû se dérouler ainsi ? A ce stade, il n'était plus sûr de rien, et c'était autant sa faute, puisqu'il n'avait pas daigné se renseigner correctement sur le monde qu'il intégrait, que celle des éléments extérieurs qui ne lui avait pas fourni les informations dont il aurait besoin.

-J'en discuterai avec lui, Héritier, fit Crarock.

-Pardonnez-moi de vous interrompre, mais pourquoi m'appelez-vous héritier ? demanda Harry

-C'est votre titre, répondit Cracrock en tentant de ne pas montrer son incrédulité quant à son ignorance.

-Comment ça ? s'étonna Harry

-Parmi les Sang Pur, certaines familles possèdent des titres de noblesse, expliqua Cracrock. Les Potter sont l'une d'entre elles. Votre titre exact actuellement est Héritier Hadrian James Potter.

-Il suffit, coupa Loki.

Le nouveau sorcier avait observé la situation et il venait de comprendre que l'ignorance du dernier Potter de son véritable statut n'était pas innocente, couplé à certains faits de sa vie. Il fallait donc parer au plus pressé avant d'aller au fond des choses.

-Gardien Cracrock, fit Loki. J'ai mené ce jeune sorcier ici parce qu'il s'avère que sa vie chez ses tuteurs actuels menace son intégrité physique comme psychologique. Je sais qu'Harry ici présent est le fils d'un Sang Pur et j'ai cru lire qu'en tant que tel et orphelin, il peut demander à accéder à son héritage, ce qui comprend une émancipation de toute tutelle. Je voudrais avoir des détails.

-Je vois de quoi vous voulez parler, sourit Cracrock. En effet, l'Héritier Potter peut s'affranchir de ses tuteurs s'ils acceptent ainsi que son garant magique qui, je vous le rappelle, doit vérifier que son pupille a l'éducation nécessaire pour paraître en société, ce qui se traduit par une connaissance minimum du monde magique au moment où il entre en scolarité à onze ans. Qui est votre garant magique, Héritier ?

-Je ne sais pas, tressaillit Harry.

-Peut-être que vous ne le connaissez pas sous cette appellation, fronça des sourcils Cracrock. Est-ce qu'il y a un sorcier qui a dirigé votre éducation durant votre enfance et pendant votre scolarité ?

-Pendant mon enfance, je n'ai eu aucun contact avec le monde de la magie, déclara Harry. Je n'ai su que j'étais sorcier que le jour de mes onze ans. Et à Poudlard, le professeur Dumbledore semblait savoir ce qui était le plus sûr pour moi mais il m'ordonnait quand même de revenir chez les Dursley …

La plume de Cracrock se figea avant d'être brutalement posée. Le Gobelin bondit alors sur ses pieds pour consulter rapidement un grimoire déposé en évidence sur un lutrin. Quelques instants plus tard, une floppée de jurons en gobbelbabil retentirent, faisant grincer les oreilles de Loki. Quoi qu'il ait trouvé, ce n'était pas bon.

-En l'absence d'application du testament des parents de l'orphelin Potter, les règles d'héritage de la famille sont suivies, annonça Cracrock d'une voix quelque peu hachée. De ce fait, l'Héritier ici présent peut être considéré comme émancipé dès ses quinze ans sur sa simple demande.

-Ni ses tuteurs ni son garant magique ne pourront s'y opposer ? insista Loki

-Personne, assura Cracrock.

Loki soupira. C'était parfait. Mais il y avait un mais …

-Qu'est-ce que vous ne dites pas ? fit Loki

-Si l'Héritier enclenche ouvertement cette procédure, le ministère sorcier pourrait lui créer de nombreux problèmes et cela ne m'étonnerait pas qu'il lui impose un nouveau garant, se désola Cracrock. Sachant qu'il n'a pas forcément ses intérêts à cœur, je n'ose imaginer ce qui se passerait.

-Que proposez-vous ? demanda Loki

-Que le nouveau statut de l'Héritier, s'il enclenche cette procédure, ne soit pas rendu public, répondit Cracrock. A la place, que sa tutelle soit passée à son nouveau garant magique.

-Qui est-ce et qui était l'ancien ? demanda Harry

Le Gobelin prit une grande inspiration avant de répondre.

-Si je lis bien ce qui est écrit ici, fit lentement Cracrock, à la mort de vos parents, Sirius Black, votre parrain devant la Magie, a été désigné comme votre tuteur et votre garant magique mais il y aurait renoncé immédiatement. Le Magenmagot a alors désigné un garant qui aurait choisi de nouveaux tuteurs.

-Qu'est-ce que nous ne dites pas ? gronda Loki

-Les tuteurs d'un orphelin Sang Pur répondent à des critères précis qui ont tous été bafoués dans le cas de l'Héritier Potter, annonça gravement Cracrock. De plus, un garant ne peut être choisi par le Magenmagot et on ne peut renoncer à sa charge par le biais d'un simple papier libre.

-Qui était mon ancien garant et qui est le nouveau ? insista Harry, sentant qu'on mettait le doigt sur quelque chose d'important

-Le garant désigné par le Magenmagot était Albus Dumbledore et aujourd'hui, la Magie a désigné celui qui vous mené ici comme garant magique, Loki Potter.