Renouveau

Tel est pris qui croyait prendre

Tel est pris qui croyait prendre

Sirius s'était réfugié dans sa chambre pour ne pas subir une nouvelle fois les remontrances du professeur Dumbledore.

Le lendemain du départ d'Harry du manoir Black, peu après le refus d'Hermione de venir à son tour, le directeur l'avait pris à partie, l'accusant de ne pas avoir pensé à la sécurité d'Harry en ne réussissant pas à le convaincre de rester. Assez surpris par l'accès de colère du vieux sorcier, Sirius avait laissé passer et avait froidement tourné des talons pour ne pas balancer quelque chose à la face du leader de l'Ordre pour tant de mauvaise foi. Car oui, en discutant avec son filleul, il avait compris que Dumbledore avait agi pour le plus grand Bien et donc, s'était passé de l'accord de Loki pour mettre Harry en sécurité. Et il s'étonnait que le brun refuse de rester plus longtemps !

Depuis, Sirius ne descendait que le strict minimum dans les pièces principales, soit les repas, car outre le professeur Dumbledore, les deux derniers enfants Weasley commençaient sérieusement à lui taper sur le système pour le harceler d'écrire à Harry pour qu'il revienne au manoir. En effet, ils étaient vexés qu'Hedwige, la chouette d'Harry, apporte régulièrement des lettres pour le couple Weasley, Fred, Georges et Sirius mais aucune pour eux. Curieux, Sirius avait posé la question à Harry qui lui avait répondu qu'en fait, il attendait toujours la réponse à sa propre lettre où il leur avait rappelé que Loki était son tuteur et pas le professeur Dumbledore.

Encore de la mauvaise foi …

Pour occuper ses journées, Sirius discutait beaucoup avec les jumeaux Weasley pour fabriquer de nouvelles farces et attrapes. Tous les trois s'entendaient tellement bien que les deux roux lui avaient confié leur projet secret : ouvrir un magasin pour faire concurrence à Zonko. Emballé, Sirius avait proposé de les aider en leur trouvant un local sur le Chemin de Traverse. Mais conscient des inquiétudes de leur mère, il leur avait imposé qu'il passe leurs examens haut la main. L'été passé avec Hermione lui avait fait comprendre qu'il était temps de prendre des responsabilités et que la sécurité des autres ne devait pas être oubliée. Les jumeaux avaient parfaitement accepté et ainsi, Sirius avait envoyé Hedwige aux gobelins pour les charger de trouver ce local.

Durant les moments où il se retrouvait seul, Sirius se surprenait à penser à la lettre que Loki avait envoyé à Harry après que celui-ci lui ait indiqué sa localisation. Un passage particulier, en fait.

Dans tous les cas, un fidelitas protège un lieu, certes, mais il n'empêche pas les personnes dedans de sortir, encore plus si le rituel ne le protège pas spécifiquement.

Pour sa sécurité, le professeur Dumbledore avait argué qu'il ne devait pas sortir du manoir Black car il était protégé par le fidelitas. Mais … si Loki avait raison, le rituel le protégeait parce qu'il se trouvait dans le secret, pas parce qu'il était le secret à protéger. Soit, mais pourquoi dire cela ? Sirius s'empara de la lettre d'Harry répondant à cette question.

… Moi aussi je ne comprends pas pourquoi Loki a dit ça. Mais bien avant que je ne lui raconte ce que je savais sur toi, il avait des doutes sur ta culpabilité, ce qui m'a fait comprendre que les actes du ministère n'étaient pas si dissimulés que cela. Bien sûr, je lui ai montré ta question et il a simplement souri en me disant que tu avais plutôt intérêt à te débrouiller rapidement pour me rendre visite, que notre porte te sera toujours ouverte. Je déteste quand il ne parle pas clairement mais là, il a dit que c'était à toi de comprendre …

L'illumination arriva brusquement. Le message était tellement simple ! Le fidelitas ne le protégeant pas spécifiquement, il pouvait aller et venir comme bon lui semblait ! En clair, il n'était pas enfermé dans cette maison qu'il haïssait de toutes ses forces ! Il pouvait aller rendre visite à son filleul, à ses risques et périls, certes, mais le ciel ne lui tomberait pas sur la tête s'il faisait un seul pas dehors ! Il pourrait aller retirer de l'argent pour …

Et là, il comprit ce que Loki Potter lui suggérait.

Il lui proposait de travailler lui-même à démontrer son innocence !

Le professeur Dumbledore avait toujours sous-entendu que la présence de Peter Pettigrow suffirait à prouver qu'il n'avait pas livré Lily et James à Voldemort. Mais Hermione lui avait déjà dit que ça l'innocenterait uniquement de l'accusation de meurtre de Pettigrow et par extension de celle des douze moldus tués par le même sort, ce qui n'était pas du tout la même chose. La seule personne qui pourrait l'innocenter pour les parents d'Harry était celui qui avait réalisé le rituel du fidelitas. Or, cette dernière ne s'était jamais manifesté. Mais il devait exister des sorts pour démontrer si quelqu'un avait déjà été gardien de secret ou pas.

N'ayant jamais cherché dans cette direction – n'ayant jamais cherché tout court, en fait – Sirius se redressa et se rendit dans la bibliothèque. Le directeur avait voulu en faire une purge drastique mais les protections du manoir lui avaient purement et simplement interdit l'accès à la pièce. A la place, il avait préféré dire qu'il n'y avait que des livres de magie noire ce qui avait efficacement interdit l'accès à Ginny et Ron. Hermione, Fred et Georges, plus pragmatiques, ne l'utilisaient que pour faire leurs devoirs et après qu'il soit plus stable psychologiquement parlant, Sirius leur avait indiqué les rayons qu'ils ne devaient approcher sous aucun prétexte.

Ce fut vers ces rayons qu'il se dirigea, en cherchant les rituels. Le fidelitas y figurait en très bonne place et il sortit délicatement le grimoire de sa place pour le monter dans sa chambre, surtout pour ne pas être dérangé. Pris de frénésie, il se promena dans les autres rayons, notamment de droit sorcier, pour savoir comment est-ce qu'on avait pu l'enfermer sans procès, avant de remonter sans un bruit sa moisson.

Puisqu'Harry n'allait pas venir, autant l'aider en s'innocentant de la mort de ses parents et qui sait, lui apporter le soutien du clan Black.

§§§§§

-Snape, fit une voix derrière lui.

Severus se retint de sursauter. Loki Potter pouvait se vanter d'être le seul à pouvoir le surprendre et il ne savait toujours pas comment il y arrivait.

-Potter, salua Severus.

-On peut discuter ? demanda Loki

-Mes appartements ou les vôtres ? demanda Severus

-Si ça ne vous embête pas, les miens, fit Loki.

-Très bien, accepta Severus.

Depuis qu'il lui avait sorti ses quatre vérités, Severus se tenait loin des Potter, du professeur comme de l'élève. Même s'il pouvait être de très mauvaise foi, les paroles de Loki l'avaient ébranlé car il s'était rendu compte que par haine, il était passé à côté d'un enfant maltraité, le fils de Lily en prime. Cela lui avait fait également réfléchir aux actes de Dumbledore car si même la Magie avait jugé bon d'intervenir, cela voulait dire qu'il n'était pas forcément tout blanc dans toute l'histoire.

Mais ce soir-là, Severus se doutait de la raison pour laquelle Loki l'avait abordé.

Ils arrivèrent dans les appartements du professeur de défense, situés curieusement près des cachots, et le maître de potions sentit une magie étrangère agir sur lui.

-Pas de panique, mes protections sont en train de se débarrasser de tous les invités indésirables que nous pouvions transporter, sourit Loki.

Méfiant, Severus prit ensuite place dans le confortable salon, un verre d'alcool moldu que Loki avait eu la délicatesse d'ouvrir la bouteille devant ses yeux. Ils savourèrent leur breuvage durant quelques minutes en silence avant que Loki ne prenne la parole.

-Harry m'a appris que vous devez lui donner des cours d'occlumencie, déclara Loki.

Harry Potter avait en effet passé la journée du 27 décembre au manoir Black pour essentiellement donner ses cadeaux de Noël et recevoir les siens. Severus avait appris que les cadeaux destinés au Survivant avaient, cette année, tous sans exception, été retournés à leurs expéditeurs. Mis au courant, le professeur Dumbledore avait profité que Loki ne soit pas présent pour annoncer à l'adolescent la nouvelle, arguant que si Voldemort se rendait compte qu'il pouvait voir à travers de son familier – Nagini avait été formellement identifié comme étant celui qui avait mordu Arthur Weasley – il pourrait sûrement l'utiliser pour faire du mal à ses amis.

Et comme d'habitude, l'accord de Loki Potter avait été optionnel et le consentement de Severus également.

-Oui, soupira Severus. Pour les autres élèves, il s'agirait de cours de soutien en potions.

-Je me trompe mais vous n'avez pas eu votre mot à dire ? ricana Loki

-Vous non plus, retourna Severus. Potter a eu l'air surpris que ce soit le professeur Dumbledore qui lui apprenne la nouvelle au lieu de vous.

-Je vais me charger de rappeler ce point à notre cher directeur, siffla Loki.

-Mais vous savez qu'il n'a pas tort, fit Severus.

-Sur quel sujet ? demanda Loki. Sa sécurité ? Vu l'état dans lequel je l'ai retrouvé cet été, je ne suis pas sûr que ça soit sa priorité.

Severus détourna subtilement le regard. Dans un sens, il était autant en tort que le directeur.

-Ce qui m'étonne, c'est qu'il ait trouvé comme solution parmi toutes celles possibles l'occlumencie, reprit Loki. C'est une discipline complexe, encore plus pour un adolescent qui n'a pas atteint sa maturité magique. Il existe des maîtres dans les arts de l'esprit et corrigez-moi si je me trompe, Dumbledore n'en est pas officiellement un. Alors sur quoi est-ce qu'il se base pour décréter que mon pupille aurait un lien avec Voldemort ?

-La scène à laquelle il a assisté ne trompe pas, rappela Severus.

-Certes, concéda Loki. Mais il aurait pu être un voyant, non ? Généralement, ils sont spectateur de la vision donc ce serait une possibilité.

Severus ferma la bouche. Lui avait assisté à une prophétie mais c'était le seul contact avec la divination qu'il avait eu.

-Ça se tient, concéda Severus. Donc vous allez refuser cet apprentissage ?

-Non, déclara simplement Loki.

Severus le regarda, surpris. Il avait parfaitement compris que Loki Potter se faisait un devoir de faire le contraire de ce que voudrait Albus Dumbledore mais là, il allait dans son sens ? Très étonnant.

-Je ne suis pas devenu fou, sourit Loki. Mais je vais le prendre à son propre piège.

-Qui vous dit que j'accepterai de vous aider ? se méfia Severus

-Peut-être le fait que notre cher directeur a l'intention de faire de vous un hors la loi ? proposa Loki

-Que voulez-vous dire ? fronça des sourcils Severus

-En tant que garant magique d'Harry, avec son accord, j'ai repris la représentation du clan Potter au sein du Magenmagot, expliqua Loki. Ainsi, j'ai pu avoir accès à toutes les sessions passées et j'ai découvert que lors de l'une d'entre elles, en comité très restreint, cette assemblée a mis à jour la liste des matières dont l'enseignement serait désormais illégal, tout comme la maîtrise. Devinez l'une d'entre elle ?

-L'occlumencie ? proposa sombrement Severus

-Mais pas la légilimencie, précisa Loki. Pratique pour lui pour récupérer certaines informations sans que personne ne s'en doute, non ? Mais pour revenir au sujet qui nous concerne, j'ai eu l'occasion d'étudier cette loi en particulier et je l'ai traduite. L'occlumencie ne peut être ni maîtrisée ni enseignée en Grande Bretagne. Sauf dans deux cas. Avoir le diplôme qui prouve qu'on maitrise la matière, mais ce diplôme n'est plus délivré depuis une trentaine d'années dans ce pays, ou se le faire enseigner par un membre de sa famille dans le cadre d'un héritage familial. Il y a deux siècles environ, un lord avait réussi à classer dans l'héritage d'un Sang Pur les capacités qui faisaient la célébrité d'un clan. Ce lord … Prince, je crois, refusait qu'on lui interdise de brasser des potions de haut niveau et surtout, de pratiquer les arts de l'esprit et plus particulièrement l'occlumencie parce que quelques gratte-papiers en avaient peur ou voulaient limiter leur pouvoir.

Loki eut un immense sourire intérieur quand il vit Severus sursauter. Il s'était souvenu que Severus Snape était un héritier des Prince – en plus d'être un salaud notoire, cela s'entend – et il était vraiment tombé sur cette information par hasard. Mais cela expliquait mieux comment il avait pu rester espion pendant si longtemps.

Il adorait mettre des coups de pied dans la fourmilière.

-Je ne savais pas … lâcha Severus.

-Quoi, que vous alliez enfreindre la loi pour les beaux yeux d'Albus Dumbledore ? railla Loki

Loki savait parfaitement qu'il parlait du fait que sa famille était célèbre pour ses capacités en occlumencie. Mais chut ! C'était un secret.

-Nous devons faire des choix pour que le bien gagne, corrigea Severus.

-Pour que le plus grand Bien triomphe ? reformula Loki

Là, Severus frissonna. Dit comme cela, il y avait quelque chose de … malsain. Pourquoi ?

-Bref, balaya Loki. Ce n'est pas le problème. Ce que je veux, avec votre accord, c'est que vous passiez le diplôme avant que vous ne donniez des cours à Harry.

-Comment ça ? se secoua Severus

-Suis-je le seul à voir que si vous ne satisfaisiez pas aux désidératas de notre supérieur, il peut très bien vous vendre aux « autorités » pour avoir ensorcelé le Survivant et lui avoir enseigné des magies illégales, peu importe lesquelles ? pointa Loki. Même si vous êtes un connard borné, vous m'êtes sympathique, Snape.

Car oui, sans cette haine absurde envers James Potter, Severus Snape pouvait être intéressant avec son cynisme et ses sarcasmes.

-Je n'étais pas allé au bout de ma réflexion, avoua Severus du bout des lèvres.

-Non, vous vous étiez arrêté au fait que vous alliez devoir enseigner un si noble art à la copie miniature de James Potter qui n'en aurait rien à foutre de ces cours, résuma Loki.

-Je ne vous permets …. gronda Severus.

-Allons, allons, tempéra Loki. Nous sommes entre adultes et je vous ai déjà dit que James n'était pas mon personnage préféré dans la famille Potter. Simplement, essayez de ne pas me mentir ou de nous inventer des vies. Ça ne passera pas du tout.

Severus retomba dans son siège.

-Vous êtes là pour me torturer ? soupira Severus

-Même pas, assura Loki. Mais je m'attendais à plus de combativité de votre part.

-Disons que vos paroles trouvent échos à certaines questions que je me posais, souffla Severus.

-Content d'avoir pu aider, sourit Loki. Bien, nous y allons ?

-Où ? demanda Severus

-Mais passer votre diplôme, voyons, répondit Loki avec un immense sourire.

La tête de Severus Snape était impayable.

§§§§§

La rentrée scolaire arriva et Dolores Ombrage était remontée comme un coucou suisse.

Son but ? Pousser Harry Potter à avouer qu'il avait bien crié sur tous les toits qu'il avait vu le retour de Voldemort et le punir en conséquence. A ses yeux, ce n'était qu'une ineptie ! Mais le garnement persistait à garder le silence, même quand le sujet était expressément amené sur la table. Et quand certains insistaient, il leur répétait ce qu'il lui avait dit quand elle l'avait interrogé sur le sujet, que ce n'était pas à lui de leur dire en quoi ils devaient croire.

Devant l'absence de résultats avec la méthode « douce », Dolores avait décidé de s'instaurer Grande Inquisitrice avec la bénédiction du ministre de la magie. En clair, elle prenait la place du directeur pour remettre l'école dans le droit chemin et pour l'aider, elle avait l'intention de créer en parallèle aux préfets une brigade d'élèves chargés de relever et de verbaliser tout comportement contraire au règlement de Poudlard qu'elle aura bien évidemment remanié.

Alors qu'elle gagnait ses appartements à l'école, Dolores se frottait les mains. En ce moment-même, Albus Dumbledore était suspendu de ses fonctions pour ne pas avoir su justifier l'engagement de Sybille Trelawney au poste de professeur de divination et de Rubeus Hagrid à celui de soins aux créatures magiques et pire, de les y avoir maintenu malgré leur incompétence. La rentrée scolaire, qui aurait lieu le lendemain, se ferait sous son égide et elle avait bien l'intention de remettre bon ordre dans cette éducation qu'elle jugeait totalement laxiste. Les professeurs, quand elle avait inspecté leurs cours, n'avaient pas compris ce à quoi elle œuvrait et avaient des réticences à appliquer ses précieux conseils mais maintenant qu'elle était au-dessus d'eux, ils allaient devoir lui obéir au doigt et à l'œil ! Y compris ce Loki Potter qui ne lui inspirait pas du tout confiance ! Elle se souvenait encore du cours qu'elle avait inspecté.

Flash-Back

Dolores avait été outrée d'apprendre que Loki Potter s'était permis de retirer son pupille pour fêter Halloween à l'extérieur de l'école. Donc dès que son cours suivant eut commencé depuis une dizaine de minutes, elle fit son entrée dans la salle de classe.

-Hum, hum.

Mais le professeur continua son cours comme si de rien n'était, bien que plusieurs élèves se soient retournés au bruit.

-Hum, hum, insista Dolores.

Le professeur ne semblait rien entendre, sauf ses élèves, puisqu'il en interrogea certains.

-Monsieur Potter, se racla la gorge Dolores.

Loki se tourna enfin vers elle.

-Professeur ou maître Potter, je réponds aux deux, mademoiselle Ombrage, reprit Loki.

-Je vous demande pardon ? s'indigna Dolores. Je représente le ministère et …

-Je suis détenteur d'un titre de professeur ainsi que d'une maîtrise de combat, coupa froidement Loki. Vous êtes dans ma salle de classe, pas dans les couloirs du ministère, donc je vous prierai de vous adresser à moi avec le respect qui convient.

Pas un seul élève ne broncha mais Dolores était certaine que ce n'était pas l'envie qui manquait.

-Je suis ici pour inspecter votre cours, annonça Dolores d'un air hautain.

-Avec plaisir, répondit Loki d'un air affable. Dès que vous m'aurez présenté votre maîtrise de duel.

-Pardon ?! piailla Dolores

-Vous m'avez bien entendu, fit froidement Loki. Si vous vous imposez pour inspecter mon cours, je suis en droit de vérifier que vous avez les qualifications pour le faire le plus objectivement possible. Cela comprend donc que vous en savez donc un minimum sur la matière que j'enseigne.

-Je représente le ministère … tonna Dolores.

-Les Aurors aussi mais le département de la justice magique n'aurait jamais l'idée d'envoyer … je ne sais pas, un elfe de maison pour enquêter sur un délit qui a été commis, rappela sèchement Loki. Pour inspecter des cours, il faut donc être au moins professeur, dans l'idéal dans la matière qu'on vous fait inspecter. Si ce n'est pas le cas, vous sortirez de ma salle de classe, de gré ou de force.

-Vous n'oserez pas ! assura Dolores

-J'en déduis que vous n'avez donc aucune légitimité à faire ce pourquoi vous êtes venue, sourit machiavéliquement Loki. Ne testez surtout pas ma patience, vous empêchez mes élèves de suivre leur cours.

-Je suis … rugit Dolores.

L'instant suivant, elle se trouvait dans le couloir, la porte de la salle se refermant sur son nez.

Fin Flash-Back

Les détails de son humiliation avaient fait le tour de l'école et peu importait le nombre de fois qu'elle tentait d'entrer de nouveau dans la salle, l'accès lui était toujours refusé.

Mais avec son nouveau statut, Loki Potter ne serait pas le fier bien longtemps et la première chose qu'elle ferait serait de le renvoyer avec pertes et fracas !

Avec un gloussement inquiétant, elle trottina vers la gargouille qui gardait le bureau du directeur de l'école.

-Je suis celle qui dirige Poudlard alors ouvre-toi ! ordonna Dolores

§§§§§

Fred et Georges Weasley avaient longtemps repoussé cette conversation mais ces vacances leur avaient ouvert les yeux.

-Maman ?

Molly leva les yeux du grimoire qu'elle lisait et leur sourit tendrement.

-Mes chéris, fit Molly. Quelque chose ne va pas ?

-Est-ce qu'on pourrait te parler ? demanda Georges

Elle les regarda fixement chacun à son tour avant de comprendre qu'ils étaient sérieux. Elle se leva et se dirigea vers la bibliothèque pour y retrouver Sirius, qui étudiait de son côté.

-Je peux t'aider, Molly ? demanda Sirius en voyant la matrone devant lui

-Est-ce que tu pourrais surveiller Ginny et Ron ? demanda Molly. Les jumeaux vont m'aider à faire une course.

-Bien entendu, sourit Sirius. Pars tranquille, ils ne sortiront pas d'ici.

-Merci, dit Molly.

Fred et Georges, qui l'avaient suivi, la regardèrent, perdus.

-Allez chercher une cape mais faites attention, nous allons côté moldu, ordonna doucement Molly.

Dix minutes plus tard, tous les trois se retrouvèrent dans les rues de Londres toujours parées de ses décorations de Noël. Ils flânèrent une bonne heure avant de prendre place devant un chocolat chaud dans un salon de thé moldu.

-Nous ne serons pas entendus, déclara Molly. Je vous écoute.

-Mais … protesta Fred.

-Nous disposons que d'une quinzaine de minutes avant qu'on ne nous demande de rentrer, rappela Molly.

Les jumeaux comprirent qu'elle était elle aussi sérieuse et que c'était leur seule chance.

-Tu sais que nous voulons ouvrir notre propre boutique, fit Georges.

-J'aurais été plus tranquille si vous entriez au ministère comme votre père et Percy, commenta Molly. Mais vous êtes comme moi, vous n'en ferez qu'à votre tête.

-Euh oui, fit Georges. On sait que ça ne plait pas au professeur Dumbledore.

Le visage de Molly devint sombre. Depuis qu'Harry était en sécurité auprès d'un autre que le directeur de l'école, la matrone avait commencé à se poser des questions. Le coup de la bibliothèque, par exemple, dont il assurait qu'elle regorgeait uniquement de livres de magie noire alors que ce n'était pas le cas, ou encore le fait qu'il ne pouvait pas filtrer le courrier qui passer ses barrières étaient autant de clous dans le cercueil de la confiance aveugle qu'elle lui avait porté. Avec du recul, elle avait également trouvé déplacé que Dumbledore pousse Ron à continuer à être ami avec Harry, qu'il refuse que les jumeaux se rapprochent du brun et pire, qu'il félicite Ginny qui voulait sortir avec le Survivant. Oui, elle avait remarqué que le directeur de l'école s'immisçait beaucoup trop dans la vie de sa famille.

-Et donc ? poussa Molly

-On ne voudrait pas que tu aies des problèmes avec lui, souffla Georges.

-Qu'il essaie, balaya Molly.

-Mais en fait, on ne voudrait pas entrer dans l'Ordre du Phénix, lâcha Fred.

-Je sais, fit simplement Molly.

Ses deux fils la regardèrent avec de grands yeux.

-Mes chéris, pouffa Molly. Vous êtes bien trop libres pour vous soumettre à qui que ce soit sans pouvoir garder votre liberté d'action. Si le professeur Dumbledore ne nous avait pas convaincu qu'il serait plus sûr pour notre famille d'habiter dans une maison sous fidelitas, votre père et moi nous serions contentés de nous rendre au QG de l'Ordre sans qu'aucun de nos enfants y soient mêlés. Vous auriez pu faire votre choix en toute liberté. Enfin … vous pouvez toujours le faire, mais avec quelques contraintes.

-Comment ça ? demanda Georges

-J'ai eu le temps de réfléchir depuis que vous êtes tous à l'école et je me suis rendu compte que tôt ou tard, il vous faudrait une porte de sortie, soupira Molly. Arthur a été d'une grande aide, surtout qu'il a des connaissances dont je suis dépourvue. C'est ainsi que nous avons pris une décision.

-Laquelle ? demanda Fred

-Je ne pourrais rien vous dire pour le moment, secoua la tête Molly. Il ne vaut mieux pas que vous ne sachiez quoi que ce soit avant que tout ne se mette en place.

Elle regarda tendrement ses deux enfants. Si Harry était resté dans sa famille moldue, Molly aurait continué à croire que le professeur Dumbledore avait leurs intérêts à cœur et œuvrait pour un monde meilleur. Elle aurait suivi sans faillir ses recommandations pour ses enfants, y compris forcer ses jumeaux à prendre un travail au ministère et pousser ses deux plus jeunes à rester proche d'Harry. Mais ce dernier avait trouvé un nouveau père qui le plaçait en premier dans ses priorités et qui refusait que l'ancien garant de son pupille mette le nez dans ses histoires, encore plus pour le plus grand Bien. Qui posait les bonnes questions et remettait en cause la parole sacrée du vieux sorcier.

Qui lui avait fait comprendre qu'Albus Dumbledore n'avait aucun droit sur la famille Weasley, qu'importe son aide.

-Faites-moi simplement une promesse, souffla Molly. Quand vous aurez vos ASPIC, rendez-vous chez Muriel. S'il vous plait.

Les jumeaux se regardèrent.

-On te promets, maman, déclarèrent Fred et Georges en chœur.

Molly était contente. Ses fils seraient en sécurité.