Renouveau

Invités imprévus

Invités imprévus

Neville tenait une lettre dans ses mains et s'approcha d'Harry qui discutait vivement avec Hermione d'un livre qu'ils avaient tous les deux lu.

-Est-ce que je peux vous interrompre ? demanda Neville

-Bien sûr, sourit Harry tandis qu'Hermione reniflait. Je pense de tout de façon que nous serons d'accord sur un seul point : que nous n'aurons pas le même avis.

-Harry ! pesta Hermione pendant qu'Harry et Neville éclataient de rire

-Je t'embête, Hermione, sourit Harry. Que pouvons-nous pour toi, Neville ?

-Grand-mère vient de m'écrire et elle me propose d'inviter des amis à passer quelques jours à la maison pendant les vacances, répondit Neville. Vous seriez d'accord ?

-Ce sera avec plaisir, sourit Hermione. Tu t'en doutes, je dois d'abord en discuter avec mes parents.

La pique était surtout adressée à Ron qui se trouvait derrière eux et qui faisait semblant de travailler tout en écoutant soigneusement leur conversation.

-Idem pour moi, répondit Harry. En plus, connaissant Loki, il aura plein de projets pour moi.

-Qui comptes-tu inviter d'autre ? demanda Hermione

-Fred et Georges je pense, réfléchit Neville. Luna, Padma, aussi. Oh, et Théo.

-Théo ? s'étonna Hermione. Théo Nott ?

-Oui, répondit Neville.

-Tu vas inviter un mangemort chez toi ?! rugit Ron, ne se cachant même plus d'écouter

Le silence se fit dans la salle commune. L'éclat du roux avait fait sursauter tout le monde mais n'était pas surprenant : tous les Gryffondors connaissaient son aversion quasi phobique des Serpentards et de son amalgame dangereux qui voulait qu'il les considère comme des mangemorts en puissance.

Neville le fusilla du regard.

-Tu vois Ron, susurra Neville d'un air mauvais. J'avais l'intention de te demander si ça te dirait de venir également, surtout que j'avais prévu deux jours dans le quartier magique de Paris, mais ta réaction m'a parfaitement répondu : tu serais incapable de te tenir. En quoi ça te concerne qui j'invite dans ma propre maison ? Mes amis et mes alliés ne sont pas les tiens, Ron, donc ton avis, je m'en tamponne complètement.

-Mais c'est un Serpentard ! protesta Ron

-Une maison ne fait pas tout ! rétorqua Neville. Sinon, je serais ton portrait craché !

Harry eut le mérite de ne pas grimacer ouvertement à l'image mentale. Ron n'était pas exactement le meilleur des Gryffondors.

-Tu appartiens à une famille de la Lumière ! argua Ron. Tu ne peux pas fraterniser avec des mangemorts !

-Est-ce que tu as vérifié que c'était vraiment le cas ? siffla Neville. Et est-ce que tu connais la véritable définition de famille de la Lumière, au moins, avant de l'utiliser à tort et à travers ?

Harry regarda Hermione, un peu perdu, et s'aperçut que la jeune fille l'était également. De quoi parlait-il exactement ?

-Mais … insista Ron.

-Ce que je fais de ma vie, ce n'est pas ton problème, décréta Neville avec une fin de non-recevoir. Je me passerai donc de tes commentaires déplacés.

Il se détourna de son camarade et érigea une bulle d'intimité autour des deux bruns et lui.

-Je disais donc, reprit Neville après une profonde respiration pour se calmer. Grand-mère accepte que j'invite quelques amis courant juillet. Comme on a une maison à Paris, elle est d'accord pour qu'on puisse l'utiliser pour un moment entre jeunes.

-Mais Nott ne va pas se sentir un peu seul ? demanda Hermione

-Si tu regardes bien, nous ne mélangeons pas forcément avec les autres sans pour autant se taper dessus comme en rêverait Ron, critiqua Neville. Ces vacances vont nous permettre d'apprendre à nous connaître sans la pression de certains et de l'école en générale.

-Tu es sûr ? s'inquiéta Harry

-Ta relation avec Malfoy est plus une rivalité enfantine, révéla doucement Neville. Depuis cette année, je me suis rendu compte qu'elle aurait pu en rester là si Ron ne mettait pas régulièrement de l'huile sur le feu. Tu noteras que Malfoy se contente de surnoms assez « gentils » comme le balafré ou la belette. Sang de bourbe est l'insulte la plus grave qu'il ait utilisé mais il l'utilisait plus comme un mot offensant et pas parce qu'il pensait vraiment que les nés de moldus n'avait pas leur place dans le monde sorcier.

-Alors ce n'était pas une impression, murmura Hermione.

-Neuf fois sur dix, quand vous rencontrez Malfoy, c'est Ron qui dépasse la ligne entre rivalité et haine pure et dure, reprit Neville. C'est lui qui tire la baguette le premier, prenant offense de tout et de tous, même quand on lui fait une simple remarque. Il considère qu'il a toujours raison, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse et que c'est aux autres de lui présenter leurs excuses ou de revenir vers lui et ce, sans qu'il ne se remette en question.

Harry se rendit compte que c'était vraiment le cas.

-Je vais même aller plus loin, poursuivit Neville. Depuis le début de l'année scolaire, je l'ai entendu remettre en question toutes les règles de vie que le professeur Potter et toi avaient mis en place pour toi. Il n'a jamais posé de question sur ta vie avant que tu ne changes de garant et maintenant que c'est le cas, il sait soudainement ce qui est le mieux pour toi ? Pire, il imagine que le professeur Dumbledore sera toujours le meilleur gardien pour toi alors que la Magie elle-même lui a retiré ce droit ?

-Neville, prévint Hermione. Tu t'emballes.

Neville sourit, penaud, drastiquement calmé.

-Tu as raison, fit Neville. Mais là où je veux en venir, c'est que Ron ne fait pas et ne veut pas faire la part des choses. Si je l'invite, on resterait à couteaux tirés avec mes autres invités et il plomberait l'ambiance car il ne voudrait être qu'avec des familles de la Lumière voire que des Gryffondors.

-D'ailleurs, en parlant de cela, qu'est-ce que tu voulais dire par ce que signifie exactement famille de la Lumière ? demanda Hermione

-J'oublie que quelqu'un a préféré vous inculquer ses préjugés au lieu des véritables enseignements magiques, critiqua Neville. Mais ce n'est pas une conversation pour la salle commune.

-On peut aller dans ma chambre dans les appartements de Loki, offrit Harry.

-Ce serait parfait, fit Neville. Mais on ira plus tard, si ça ne vous dérange pas.

Les deux bruns hochèrent la tête puis d'un commun accord, ils se rendirent à la bibliothèque pour étudier.

§§§§§

Le manoir Black était en effervescence quand Sirius quitta ses quartiers. Surpris, le propriétaire des lieux se fit discret pour descendre. Heureusement, il tomba sur Molly en passant devant la bibliothèque.

-Bonsoir Molly, salua Sirius.

-Bonsoir Sirius, répondit Molly.

-Il n'y a pas de réunion de l'Ordre ce soir, non ? s'étonna Sirius

-Le professeur Dumbledore a fait venir tout le monde pour une mise au point, déclara Molly. J'imagine qu'il allait te faire venir une fois que tout le monde serait arrivé, dans une heure.

Sirius fronça des sourcils. Tout comme Molly, il avait remarqué qu'il était de moins en moins convié aux réunions de l'organisation. Il fallait dire aussi qu'il faisait en sorte d'être toujours hanté par son séjour en prison et sa cavale, surtout depuis qu'il avait appris quelques vérités dérangeantes à son sujet.

-Où se trouve Arthur ? demanda Sirius en emboîtant le pas à la matrone

-Dans notre cachette, répondit Molly. Même si sa blessure s'est enfin refermée, il reste encore très fatigué.

Sirius sourit. Il ne lui viendrait jamais à l'idée de demander l'adresse de Molly et d'Arthur depuis qu'ils avaient signifié à Dumbledore qu'ils quittaient le QG. Ce dernier avait beau tempêter, il ne savait pas non plus où le couple avait trouvé refuge, tout comme leurs sept enfants.

Tous les deux continuèrent de discuter à voix basse devant la bibliothèque mais quand le brouhaha devint beaucoup trop intense, ils descendirent à quelques minutes d'intervalle pour qu'on ne se doute pas qu'ils avaient eu une conversation cordiale et entrèrent dans la cuisine où visiblement, la réunion avait déjà commencé.

-Sirius, j'allais justement te faire chercher, fit Albus. Installez-vous.

Sirius se retint de qu'il était très aimable de lui permettre de s'asseoir sous son propre toit mais il savait qu'il devait choisir ses batailles. A la place, il se cala dans un coin, non loin de Molly, et observa distraitement les alentours, notant les présents et les absents. Sans surprise, Snape faisait partie de la dernière catégorie ce qui voulait certainement dire que Dumbledore ne voulait pas que Voldemort soit au courant.

-Si vous êtes réunis ici, c'est parce que je vous ai tous sélectionné pour une mission très spéciale, déclara Albus.

L'enthousiasme gagna rapidement l'assemblée.

-J'ai confié une arme qui pourrait grandement nous aider contre Voldemort au département des Mystères mais je ne suis pas rassuré pour sa protection, révéla Albus.

-Nous pouvons nous en charger pour vous, professeur ! s'exclama une voix

De nombreuses voix abondèrent dans son sens.

-Je ne voudrais surtout pas mettre cela sur vos épaules, balaya Albus de sa voix paternaliste. C'est un travail dangereux, d'autant plus que les mangemorts sont au courant de son existence. Pour le moment, leurs tentatives pour s'en emparer ont été vaines, mais ce n'est pas passé loin l'année dernière avec l'attaque d'Arthur Weasley quand je lui ai demandé de passer là-bas.

La main de Sirius s'abattit sur le poignet de Molly pour l'empêcher de s'insurger. Pour eux qui connaissaient la vérité – c'est-à-dire qu'Arthur avait été blessé pendant cette fameuse mission qui avait déjà été mise en place depuis le début de l'année scolaire – l'annonce avait de quoi surprendre mais l'utilisation de l'attaque d'Arthur à son propre profit n'était pas pour les étonner. Le reste du discours leur donna raison. Enrobé de paroles mielleuses, Dumbledore avait convaincu les membres de l'Ordre d'organiser des tours de garde pour surveiller l'entrée du département des Mystères et, si les mangemorts arrivaient, de prévenir les renforts.

Sirius se demanda s'il vivait dans un monde parallèle. Est-ce que ces imbéciles, qui ne savaient même pas défendre correctement, pourraient rester assez discrets pour ne pas se faire repérer par les rondes de surveillance des aurors, pire, par les Langues de Plomb ou les mangemorts ? D'autant plus, au fur et à mesure que le directeur détaillait le plan qu'il avait soi-disant l'intention de mettre en place, les guetteurs étaient censés prévenir les autres en lançant un patronus corporel vers eux. Seulement voilà, combien d'entre eux savaient le faire ? Lui-même, en tant qu'aspirant auror, avait mis presque deux ans pour y parvenir et ces petits parvenus s'imaginaient pouvoir en faire de même sans même s'être entraîné ?

Les tours de garde furent rapidement établis. Chaque « surveillant » devait rester sur place six heures planqué dans un recoin d'un couloir sous une cape d'invisibilité. Pendant un instant, Sirius avait espéré que le directeur avait réussi à subtiliser la cape des Potter rien que pour voir ce que Loki ferait pour le lui faire payer après l'avoir récupéré mais après qu'il ait exhibé une cape de moindre qualité, son espoir s'était évanoui. Autre point qui ne surprenait pas, Arthur n'était pas inclus dans ces tours, à cause de ses blessures, mais également Molly – parce que c'était une sorcière au foyer, et surtout, une sorcière – et lui-même, parce qu'il était considéré comme encore instable.

Très vite, la cuisine se vida – surtout parce que les membres de l'Ordre ne pouvaient pas dîner sur place à cause de l'absence à demeure de Molly – et Dumbledore ne resta pas non plus, visiblement pressé de mettre en branle ses grands projets. Molly et Sirius restèrent donc seuls et d'un seul regard, ils dédaignèrent les lieux pour se rendre dans la bibliothèque.

-Sérieusement ? Des petits crétins pour faire de la surveillance ? ricana Molly

-Il n'a pas le choix, rappela Sirius. Il a choisi des membres pour leur porte-monnaie, pas pour leurs capacités sur le champ de bataille.

La rousse hocha la tête. Elle aussi avait remarqué ces deux points.

-Je vais relater à qui de droit cette réunion, décréta Molly avant de saluer Sirius et de partir.

Ce dernier laissa un sourire orner ses lèvres en comprenant ce que la rousse voulait dire : elle raconterait la réunion à Arthur mais également en glisserait un mot à Loki.

§§§§§

Hermione était heureuse que les examens soient terminés. L'histoire avec Dolores Ombrage avait bouleversé la dynamique de l'école mais maintenant qu'elle était en prison, l'ambiance était devenue beaucoup plus sereine.

Enfin, presque. Elle avait juste envie de claquer avec joie deux personnes de sa connaissance.

La mauvaise foi de Ron n'était plus à démontrer, surtout depuis qu'il avait ouvertement nié les traumatismes subis par Harry entre les mains d'Ombrage. De plus, Loki avait refusé de faire disparaître les lignes gravées dans le dos de la main du brun ce qui voulait dire que le roux avait la preuve sous les yeux de l'horreur qu'avaient traversé de nombreux élèves, y compris son meilleur ami. Certain que Loki n'apporterait rien de bon à Harry, contrairement au professeur Dumbledore, et le criant presque sur tous les toits, Ron ne se rendait pas compte que ses meilleurs amis s'éloignaient de plus en plus de lui mais également que les élèves avaient de plus en plus mauvaise opinion de lui. Hermione, libérée de la confiance absolue qu'elle avait envers le directeur, jetait sur son environnement un regard bien plus critique et s'était aperçue que si Ron n'était pas devenu ami avec Harry, il aurait été mis sur le ban de l'école depuis très longtemps.

Mais la personne qui lui donnait des envies de meurtre, c'était Ginny.

Depuis qu'Harry avait quitté le QG de l'Ordre du Phénix par la grande porte et sans que Dumbledore ne puisse s'y opposer, la rouquine s'était faite particulièrement discrète, laissant le devant de la scène aux mauvaises manières de son frère. Mais dès que la garce qui se prétendait garante des bonnes mœurs avait dû répondre de ses actes, elle avait estimé que ses plans pouvaient enfin être mis en application. Sans y avoir vraiment prêté attention, Hermione avait vu que la dernière de la fratrie Weasley avait subtilement changé son uniforme pour se montrer sous son meilleur jour. Ensuite, elle avait commencé à se faire de plus en plus présente dans le champ de vision d'Harry et par extension celui d'Hermione et de Neville. Ses éclats de rire étaient un peu plus forts que ceux de ses « copines », elle était toujours sur le passage d'Harry, elle le regardait plus longtemps que nécessaire et d'une certaine façon … Hermione devait s'incliner, elle était assez subtile pour ne pas passer pour une allumeuse aux yeux des professeurs, contrairement aux garçons plus âgés qui avaient bien noté son attitude. La rousse aussi l'avait remarqué et en jouait à fond. Mais il était clair que sa cible était et serait toujours Harry.

Harry qui ne remarquait heureusement rien. Contrairement à elle et à Neville.

Depuis le début de l'année scolaire, ils avaient bien vu qu'Harry s'éloignait des deux derniers Weasley mais depuis la nouvelle année, c'était eux qui faisaient barrage pour que les deux roux n'harcèlent pas le brun. Mais l'attaque de Ginny était bien plus sinueuse et demandait bien plus de doigté, du moins, jusqu'à ce que Loki s'occupe de cette petite parvenue.

Mais heureusement – il y avait beaucoup de « heureusement », de « contrairement » et de « mais » dans sa réflexion, se dit Hermione – il y avait une règle tacite durant la période des examens où les élèves passant les BUSES et les ASPICS étaient virtuellement intouchables sous peine d'amèrement le regretter. Hermione espérait sincèrement que Ginny respecterait cette règle ou elle se chargerait en personne de lui donner la raclée qu'il lui avait manqué petite quand elle avait décidé de ce projet insensé de devenir la prochaine lady Potter.

Au-dessus de son grimoire, Hermione observait la rouquine minauder juste en face d'Harry. Non, la brune n'était pas jalouse mais depuis qu'elle s'était rendue à Gringotts avec ses parents sur la proposition de Loki et Harry, les consignes mentales lui cachant la véritable portée des actes de Ginny et de Ron ainsi que de Dumbledore lui avaient fait comprendre que la vie n'était pas aussi parfaite qu'ils voulaient qu'elle le soit.

Voyant qu'Harry ne lui prêtait aucune attention, Hermione détourna ses pensées.

Avec l'arrivée des BUSES, l'avenir professionnel des élèves avaient été posé sur la table. Harry, Neville et elle en avaient discuté à l'abri des oreilles indiscrètes – comprendre Ron et par extension, Ginny – et alors que les deux garçons avaient convenu que l'honneur et le prestige de leurs familles respectives devaient être restaurés car beaucoup trop malmenés par les guerres contre Voldemort, Hermione était intéressée par beaucoup trop de choses pour arriver à se fixer. Elle avait commencé par vouloir entrer au ministère pour révolutionner la vision des nés de sorciers sur les nés de moldus mais Neville l'avait tout de suite fait redescendre sur terre en lui révélant que pour qu'elle puisse faire réellement la différence, il fallait effectuer un travail de fond qui ne pourrait débuter que si Voldemort mais également Dumbledore n'étaient plus présents pour imposer leur vision erronée du monde. Elle s'était donc alors rangée du côté de ses amis, se laissant les années suivantes pour murir son choix et aider Harry à échapper à Voldemort.

Bien évidemment, la conversation était revenue quand les entretiens avec les directeurs de maison avaient émaillé leur mois de mai. Les élèves de cinquième année s'étaient réunis un soir après que tout le monde soit passé et ils en avaient discuté tranquillement. Quand Ron avait argué qu'Harry et lui entreraient dans le programme des aurors une fois leurs ASPICS passés, le brun l'avait fait déchanter en déclarant que même si son père en était un, ce n'était pas son intention de suivre ses traces, encore moins pour les beaux yeux d'un peuple qui préférait le considérer comme le héros qui avait défait Voldemort au lieu de la victime du massacre de sa famille. Ça avait fait taire tout le monde et surtout ceux qui étaient restés sur ses affirmations concernant le retour de Voldemort. Pour une fois, Ron n'avait pas argumenté contre ça mais avait tenté de le convaincre que le métier d'auror était parfait pour lui, surtout avec lui à ses côtés. Lavande apporta alors un coup fatal dans son argumentation en rappelant au roux qu'il n'avait même pas les notes minimales pour prétendre audit programme, ce qui avait fait pouffer tout le monde et fait fuir le concerné.

Soudain, un hibou inconnu arriva vers Harry qui la réceptionna, non sans les vérifications d'usage. Son visage devint grave mais ce n'était pas pour autant qu'il se précipita pour ranger ses affaires. Sans un mot, Hermione et Neville en firent de même et suivirent le brun hors de la salle commune.

-Eh ! Tu vas où ? s'exclama Ron

-Voir Loki, répondit Harry distraitement.

-Je viens avec toi ! décida Ron

-Moi aussi, ajouta Ginny en s'incrustant.

-Ce n'est pas comme si vous pourriez entrer, marmonna Neville.

Hermione retint un sourire. Les appartements du professeur Potter n'étaient accessibles que par ce dernier et son pupille Harry. Hermione et Neville avaient dû montrer patte blanche – et prêter serment – pour entrer mais comme ni Ginny et ni Ron n'avaient montré le moindre respect pour Loki, ces derniers ne pourraient même pas passer la porte. Ils se mirent donc en chemin et naturellement, Luna se greffa à eux. Le groupe chemina jusqu'aux cachots mais quand Hermione et Neville voulurent emboîter le pas à Harry dans les appartements de Loki, ils furent arrêtés, ce qui ne voulait dire qu'une seule chose : le locataire des lieux n'était pas là.

-Il y a un problème ? demanda franchement Neville

-Oui, soupira Harry. Il semblerait que Sirius se soit rendu au département des Mystères.

Hermione fronça immédiatement des sourcils. Elle savait de sa propre bouche que Sirius avait été soigneusement écarté des roulements concernant la surveillance de ce département. Qu'est-ce qui avait donc changé ?

-Et ? demanda Ron

-Il n'est pas encore innocenté, rappela Harry, irrité. Qui sait si l'ordre d'Embrasser n'a pas été annulé ?!

-Pourquoi on est ici alors ? demanda Ginny, l'air mauvais

-Peut-être parce que je voulais demander conseil à mon garant magique ? railla Harry

-Il ne surveille pas un examen ? demanda Neville

-Non, il a terminé depuis deux heures, répondit Harry, clairement inquiet.

-Il ne t'a pas dit s'il devait s'absenter ? comprit Hermione

-Non, répondit Harry. Je veux savoir si Sirius ne s'est pas mis en danger.

-La cheminée des appartements n'est pas connectée au réseau ? s'étonna Neville

-Pour des raisons de sécurité, non, répondit Harry.

Loki lui avait expliqué qu'il prenait très à cœur la notion de vie privée et tout comme les Abysses, ses appartements n'étaient pas raccordés au réseau, même interne de l'école. L'aîné avait précisé que s'il avait pris cette précaution après les fêtes de fin d'année, c'était surtout pour éviter que Dumbledore ne prenne ses aises en fouillant allègrement ses affaires quand il n'était pas là. La seule exception était un miroir à double sens relié au bureau du directeur de l'école utilisable uniquement en cas d'urgence.

-Il ne reste plus qu'à y aller en personne, décréta Ron avec un grand sourire.

-Ou prévenir un autre professeur membre de l'Ordre, cassa Hermione. Le professeur McGonagall …

-Se trouve avec les professeurs Flitwick et Chourave à Pré-au-Lard, renseigna Luna. Je les ai croisés en venant vous voir.

-Ne reste que le professeur Snape, constata Neville.

-Pourquoi aller voir ce mangemort ? grogna Ron

-A ton avis ? grinça Hermione. On y va.

Hermione, en tant que préfète, les mena vers le bureau du maître de potions. Mais ils trouvèrent porte close et une gravure.

-« En brassage », traduisit Hermione. Il peut ouvrir dans cinq minutes comme dans plusieurs heures.

-Alors on y va ! s'écria Ron

-Comment ? grinça Neville. Avec nos uniformes, on se fera directement repérer !

-On a des balais, proposa Ginny.

-Outre le fait que je ne monte pas sur un balai, rappela sèchement Hermione, on parle de plusieurs centaines de kilomètres !

-Et les sombrals ? proposa Luna

-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? renifla Ron

-Tu parles des créatures magiques qui tirent les calèches de l'école ? s'étonna Harry

-Ils peuvent voler des heures durant en toute discrétion, expliqua Luna. Après, c'est ta décision. Il ne faut pas oublier tes promesses.

Harry tressaillit. Effectivement, il avait promis de ne pas se mettre en danger à Loki. Mais si Sirius s'était mis en danger …

-On y va, déclara Harry. J'imagine que tu sais où ils vivent ?

-Je vais vous y conduire, sourit Luna.

Alors qu'ils remontaient vers le hall de l'école, Hermione et Neville remarquèrent qu'Harry envoyait une note pour Snape et pour Loki, ce qui les fit sourire. Enfin, le brun avait fait preuve d'instinct de conservation et avait assuré ses arrières en prévenant qui de droit. Certes, il se prendrait une monstrueuse soufflante au retour mais au moins, deux personnes savaient où le trouver.

En espérant qu'ils n'aient pas besoin de le chercher.

Ils trouvèrent rapidement le troupeau de sombrals et Luna fut géniale en séparant trois d'entre eux acceptant de les transporter jusqu'à Londres. Les équipes furent rapidement faites, Harry monta derrière Hermione après l'avoir guidée pour monter à cru – elle ne voyait pas les sombrals – Luna en avait fait de même avec Neville, Ron et Ginny puis ils partirent. Quelques heures plus tard, ils étaient arrivés dans la ruelle où se trouvait l'accès moldu au ministère de la magie et la première chose qu'Hermione, Luna, Harry et Neville firent en descendant fut de changer leurs tenues pour quelque chose de plus pratique. Ron et Ginny voulurent en faire de même mais ils échouèrent.

-Je propose qu'on se rende au QG de l'Ordre pour savoir si Sirius est toujours là, fit Hermione. Notre visite ne sert à rien s'il est chez lui.

-Mais ils ne font pas partie de l'Ordre ! rappela pompeusement Ron en désignant Luna et Neville

-Techniquement, aucun d'entre nous n'en fait partie, s'irrita Hermione. La seule personne qui a une raison valable de s'y rendre est Harry, en tant que filleul de Sirius.

Cela clôt le bec des deux roux. D'un regard, Harry accepta la proposition de son amie et ils remontèrent en selle pour se rendre non loin. Les sombrals et toute la troupe se cachèrent dans une ruelle donnant sur le square tandis qu'Harry et Hermione se rendaient sous la cape d'invisibilité jusqu'au manoir Black. La porte s'ouvrit sans problème et l'absence de bruits augmenta leur angoisse, car cela voulait dire qu'il n'y avait personne.

-Kreattur ! appela doucement Harry

L'Elfe de maison arriva aussitôt et fixa hargneusement le duo, à la plus grande surprise du brun.

-Kreattur, fit Harry. Où se trouve Sirius ?

-Sirius Black ne se trouve pas au manoir, répondit froidement Kreattur.

-Sais-tu où est-ce qu'il est ? insista Harry

-Kreattur ne sait pas où se trouve Sirius Black, répondit Kreattur.

-Merci Kreattur, nous allons te laisser, souffla Harry.

Les deux amis retournèrent dans la ruelle et révélèrent ce qu'ils venaient d'apprendre.

-Alors direction le ministère ! fit Ron

Ils ne mirent pas longtemps à retourner sur leurs pas et grâce aux connaissances des Weasley mais également de Neville, ils se retrouvèrent rapidement devant le département des Mystères. Mais personne ne montait la garde.

-Je pense qu'il va falloir empêcher nous-même les mangemorts de prendre ce que le professeur Dumbledore a caché ici, décréta Ginny.

La jeune fille s'élança avant même que les autres n'aient pu l'en empêcher et ces derniers durent se mettre à sa poursuite. La plupart savait qu'ils allaient amèrement le regretter.

Ils ne se doutaient pas à quel point.