Histoires nocturnes estivales

Semaine 4 - Carton

Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Carton" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.

Harry ferma un autre carton et regarda autour de lui. Toutes ses affaires, ses possessions étaient désormais dans cette pile de cartons.
Finalement, il avait eu le courage de prendre une décision, et il déménageait enfin.
Loin de Ginny.

Après Poudlard, Harry ne s'était pas posé de questions. Il avait voulu intégrer la formation des Aurors, mais son épuisement magique suite à la bataille de Poudlard l'avait obligé à différer son entrée. Les médicomages lui avaient conseillé de se reposer, et le jeune homme avait obéi, comme toujours.
Après tout, il avait les moyens de vivre sans avoir à travailler.

Cette année de vide lui avait permis de réfléchir à son avenir, à ce qu'il voulait. Retranché Square Grimmaud, il avait décidé de prendre sa vie en main, alors que beaucoup pensaient qu'il était déprimé et brisé.

C'était un nouvel Harry qui avait émergé, plus sûr de lui. Plus décidé.

Il avait annoncé qu'il ne serait pas Auror, même pas pour rendre hommage à ce père qu'il n'avait pas connu. Ce père qu'il avait idéalisé, mais qui n'avait été qu'un homme avec ses défauts. Qu'il soit mort en héros ne changeait rien : Harry n'avait pas l'intention de devenir un double de James Potter.

Il avait trouvé une jolie petite maison, un peu isolée, mais agréable. Lumineuse et sans souvenirs tragiques, elle était ce qu'il avait toujours rêvé comme foyer.

Harry était en pleine métamorphose. Mais il avait encore beaucoup de décisions à prendre. C'est pourquoi quand Ginny débarqua avec ses valises chez lui après avoir reçu son diplôme il la laissa faire.
Il la laissa l'embrasser à pleine bouche, mais il refusa qu'ils partagent le même lit, la même chambre, malgré son insistance.

Il n'avait pas réussi à lui parler de ses doutes, et il garda lâchement le silence.
Il lui fallut six mois pour comprendre.

Ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre. Ginny attendait trop de lui. Elle espérait le héros des livres qu'elle avait lu petite fille, elle voulait être l'épouse du Sauveur.
Elle ne semblait pas voir Harry, juste Harry, et pendant leur période de vie commune, elle le poussa à changer d'avis et à devenir Auror.

Lorsqu'elle annonça qu'elle avait invité les responsables de la formation d'Auror pour qu'ils lui parlent du métier, Harry avait craqué. Sans un mot, il avait quitté la maison, et il avait passé deux jours entier Square Grimmaud.
Finalement, il était retourné dans sa maison, et il avait emballé toutes ses affaires dans des cartons.

Ginny était absente, probablement retournée au Terrier pour se plaindre de son comportement. Ron allait lui faire la morale, sur sa façon de traiter sa soeur. Molly allait lui parler du couple idéal de ses parents, comme si la seule aspiration de Harry était de recréer cet amour bien trop idéalisé.
Ginny le regarderait avec cet air de chien battu qu'il détestait, ou elle lui hurlerait dessus prête à lui lancer un chauve-furie selon son humeur.

En fermant le dernier carton, Harry soupira, soulagé. Il tournait une page de sa vie, et enfin, il allait pouvoir faire ce qu'il voulait. Il n'aurait plus aucun ordre à suivre, plus aucun conseil indésirable à écouter.
Il prenait le contrôle, et il avait subitement l'impression de se sentir mieux comme s'il était libéré de chaînes invisibles qu'il n'était même pas conscient d'avoir eues.

D'un coup de baguette, il expédia ses affaires Square Grimmaud. Il jeta un dernier regard sur sa maison, et se rendit compte que c'était l'endroit qu'il avait imaginé lorsqu'il pensait à la maison de ses parents. Chez les Dursley, il rêvait de vivre dans une maison comme celle-ci.

Harry ferma les yeux, et souffla doucement. Ses amis allaient lui en vouloir, terriblement. Peut être qu'ils ne le lui pardonneraient jamais, mais il devait aller de l'avant.
C'était sa seule chance de se trouver, de découvrir qui il était réellement, loin de son rôle dans la guerre et de cette prophétie qui avait dirigé sa vie entière.

Il prit un morceau de parchemin et traça juste un mot. "Adieu".
Ce n'était pas définitif, mais un "Au revoir" sonnerait comme quelque chose qui pourrait être changé…

Un dernier regard, et Harry transplana, prêt à suivre son destin. Il allait voyager, seul, loin de l'Angleterre, loin de ses racines.
Il allait apprendre à se découvrir, à se reconstruire, pour oublier ses cauchemars et pour trouver qui il était.

Puis, il reviendrait, et il vivrait avec ce qu'il aurait perdu. En paix.