Histoires nocturnes estivales

semaine 2 - Endorphines

Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Endorphine" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.

Harry Potter titubait, épuisé. Il venait de vaincre Voldemort, et le mage noir était mort. Mort et bien mort.

Il avait une fois de plus lancé l'Avada sur l'adolescent qui lui faisait face et Harry avait tenté de le contrer d'un Experlliamus. C'était un geste désespéré, un réflexe idiot, parce que le jeune homme savait que rien ne pouvait stopper le rayon vert mortel.

Cependant, contre toute attente, les deux sorts s'étaient rencontré à mi-chemin, provoquant une explosion lumineuse intense. Puis, le rayon vert de l'Avada s'était retourné contre son lanceur, frappant un Voldemort figé par la stupeur en pleine poitrine.
Le Mage Noir s'était effondré, et toute la magie noire qu'il avait pu utiliser pour rester en vie avait consumé ses restes, ne laissant qu'un tas de cendres au milieu du tissu de ses vêtements.

De Survivant, l'adolescent était passé à Sauveur. Il avait mis fin à la guerre, il avait vaincu l'homme qui avait tué tant de monde. Cependant, il ne pensait pas vraiment à sa réussite.
Le combat avait été rude. Le jeune homme avait dû se battre contre des Mangemorts avant d'atteindre leur chef. Et bien qu'il se soit montré brillant lors de ces duels, il avait subi quelques sorts.

Il était perclus de douleurs, chacun de ses muscles le faisait souffrir.
Maintenant que l'adrénaline qui avait parcourut ses veines avait disparu et chaque blessure pulsait douloureusement.

L'adolescent tituba une fois de plus, et il allait s'écrouler lorsqu'une poigne de fer le rattrapa pour le stabiliser.
Un peu perdu, il leva les yeux vers la personne qui venait de l'aider, et il eut un large sourire ravi en voyant de qui il s'agissait.
- Professeur ! Vous êtes en vie…

Severus Rogue, un large bandage serré autour de sa gorge le fixait de son regard sombre, le visage fermé. Une fois de plus, l'homme était venu l'aider, sans un mot, soutien permanent et discret.
Sans la moindre émotion sur ses traits, le Maître des potions haussa un sourcil.
- Le phénix de Dumbledore a fait son grand retour et m'a fait l'honneur de venir me secourir. Juste à temps. Poppy a ensuite pris le relais et me voilà.

Après les moments de stress intense qu'il venait de vivre, Harry craqua soudain, et il se mit à sangloter irrépressiblement. Il se jeta dans les bras de l'homme figé par la surprise, en marmonnant à quel point il était heureux qu'il soit en vie.

L'homme en noir grogna, mais ne repoussa pas le gamin qui avait donné beaucoup pour mettre fin à la guerre. Même s'il avait détesté James Potter, et qu'il critiquait régulièrement le fils et sa façon d'oublier les règles, ça restait un adolescent, un de ses élèves, et il avait juré autrefois de le protéger.
Le jeune homme venait de tuer un homme après tout, encouragé par tout le monde magique. Cependant, il avait dû se débrouiller seul, et personne n'était près de lui pour le réconforter. Personne en dehors de lui.

Il lui tapota maladroitement le dos, et attendit qu'il se calme. Finalement, reniflant, Harry s'écarta, les joues rouges de honte, et essuya ses larmes de sa manche.
- Je suis désolé Monsieur. Je…
Rogue écarta les excuses maladroites d'un geste brusque de la main et il observa le gamin avec un soupçon d'inquiétude au fond de ses yeux noirs.
- Vous êtes blessé Potter ?

Détournant le regard, Harry haussa les épaules avec une grimace.
- Je ne pense pas. J'ai juste… Je suis épuisé, et j'ai mal partout.
Avec un grognement, le Maître des potions leva les yeux au ciel, puis lança un sort sur le jeune homme, pour s'assurer qu'il était relativement indemne.

Voyant que le jeune Potter survivrait et continuerait de lui pourrir la vie encore longtemps, Severus eut un rictus amusé.
- Et bien Potter. Je dois avouer que je suis surpris de voir que vous êtes en un seul morceau. Pour ce qui est de vos douleurs, ce n'est que le contrecoup de cette journée intense.
Le jeune homme hocha lentement la tête, un peu étourdi. Rogue plissa les yeux et poursuivit.
- J'ai bien peur cependant que vous ne puissiez pas bénéficier d'une potion anti-douleur. Poppy a dévalisé mes réserves pour s'occuper des blessés, et il me faudrait quelques heures pour en brasser des nouvelles. Cependant… Il y a probablement une solution pour… vous soulager.

Harry resta muet, mais son regard s'était éclairé à l'idée de pouvoir avoir une aide, quelle qu'elle soit.
Le sourire de Rogue se fit carnassier et il se pencha vers son élève, pour le fixer intensément.
- Avez vous déjà entendu parler des endorphines, Potter ?

Perplexe, le jeune homme secoua la tête.
- Non professeur. De quoi s'agit-il ?
Bien qu'il fasse désormais pleinement confiance à l'homme, Harry eut un frisson de crainte face au regard brillant de l'homme. Rogue semblait s'amuser, et ce n'était jamais bon pour lui. D'un ton professoral, l'adulte lui répondit, sans perdre son petit rictus.
- C'est un composé chimique naturellement sécrété par votre corps dans certaines conditions. C'est de la morphine endogène tout simplement. Donc… avec ceci, plus de douleurs.

Harry dévisagea l'homme avec attention, essayant de deviner où pouvait être le piège. Après un long silence il hocha doucement la tête, et il finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Et comment fait-on pour…
Severus s'empressa de le couper pour terminer sa phrase.
- Pour en secréter ? Dites moi, Potter… Vous êtes toujours proche de Miss Weasley ?

Surpris par le changement de sujet, Harry cligna des yeux, perdu et répondit machinalement.
- Ginny ? Je… oui. Elle est mon… amie.

Son hésitation n'avait pas échappé à son professeur, et son sourire s'élargit. L'homme jubilait presque et il s'approcha encore plus près du gamin, jusqu'à le voir se tortiller de gêne, les joues rouges brique.
- Dans ce cas, son aide vous sera indispensable, Monsieur Potter. Je suis certain que cette demoiselle se fera un plaisir de vous porter assistance… Surtout dans ces… Conditions.

Harry esquissa un mouvement de recul, sourcils froncés, essayant de deviner comment Ginny pourrait l'aider. Finalement, il soupira face au regard rieur de son professeur. Après tout, il ne l'avait jamais vu aussi joyeux et il était définitivement du bon côté. Sa solution devait donc avoir une certaine… validité.
- Je ne comprends pas Monsieur.

Probablement pour la première fois depuis qu'il était enseignant, Severus Rogue offrit un large sourire joyeux à un de ses élèves. Le genre de sourire qui transformait ses traits et prouvait que l'homme n'était pas si vieux… Cependant Harry écarquilla les yeux et sentit son cœur accélérer, ayant d'un coup terriblement peur de ce que l'homme allait dire.
Severus Rogue était un professeur intransigeant et colérique , il avait traumatisé plusieurs générations d'élèves. Il était un Mangemort effrayant à bien des niveaux. Malgré tout, Harry lui avait toujours tenu tête et n'avait jamais vraiment été effrayé par lui.
Ce sourire pourtant lui faisait terriblement peur. Probablement parce qu'il n'avait jamais vu cette expression sur le visage de l'homme.

Avec un plaisir non dissimulé, Severus se rapprocha jusqu'à ce que son nez touche presque celui du gamin, et il susurra, définitivement amusé.
- Les endorphines sont sécrétées dans certaines conditions Potter. Notamment lors d'activités physiques intenses. Cependant vu votre état, le moyen le plus rapide et le plus efficace serait de demander à Miss Weasley de vous offrir un orgasme.

Harry eut un mouvement de recul et sans la main de Rogue toujours enroulée autour de son bras, il serait tombé. Il avait les yeux écarquillés et la bouche ouverte, son cerveau refusant d'accepter que son professeur lui ait suggéré de…
Voyant la lueur de joie mauvaise dans les yeux de l'homme, il referma brusquement la bouche et prit une longue inspiration.

Puis, après avoir serré les poings, il releva les yeux vers ceux de Severus Rogue et s'obligea à afficher un petit sourire mutin.
- Je suis désolé professeur. Ginny est seulement une amie. J'ai bien peur de préférer la compagnie des garçons…

Le choc qui s'inscrivit sur le visage de son professeur et son absence de répartie satisfit largement Harry, et lui fit oublier la gêne qu'il avait ressenti. Au moins, durant ce moment, il avait oublié à quel point il souffrait, et surtout, il avait oublié qu'il venait de tuer un homme.
Son sourire s'élargit, alors qu'il se retenait de dire à l'homme que leur conversation brève l'avait grandement soulagé…