Quand la pureté reste dans l'âme

Joies d'été

Bonjour tous les gens !

Tout d'abord j'aimerais m'excuser pour le retard de publication.

Je tiens à préciser que la raison est tout simplement mon mariage, le week-end dernier. Et du coup, je n'ai pas pu poster avant !

Ce sera donc le chapitre pour cette semaine, le suivant sera posté en fin de semaine prochaine.

Merci à tous pour vos commentaires, les réponses viendront dans les prochains chapitres ;-).

Bonne lecture !

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 12 : Joies d'été

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Les heures et les jours s'étaient écoulés dans les différents manoirs familiaux, ainsi qu'à Poudlard. Pomona Chourave avait grandement aidé son collègue et une amitié simple et discrète s'était créée.

Chaque samedi, Severus se rendait en Irlande auprès de la famille Potter, et y rencontrait régulièrement la famille Mordinov qui venait un week-end sur deux.

La famille Black vivait sa vie, mais restait également en contact avec ces deux familles. Severus avait eu la surprise de rencontrer Orion, Walburga, Ted et Andromeda dans le salon des Potter à la fin du mois de juin. Lord Black demandait conseil à l'avocat des Potter au sujet de leur fils, enfermé dans la prison anglaise.

Alekzandra osa rejoindre Severus dans les cachots avec la permission de Hardwin et avait demandé au professeur de Potion si elle pouvait aider.

Il avait voulu refuser, mais la petite semblait réellement vouloir se rendre utile et fut d'une compagnie agréable posant de bonnes questions aux bons moments et confectionnant même une potion russe dont Severus ne connaissait pas l'existence. Il fut alors heureux de ce partage de connaissances et parlèrent de potions durant tout le week-end, attirant par-là même la curiosité de Leonius et Harry.

Fin juillet approchait, et Hardwin tremblait d'impatience. Bientôt, il pourrait venger la terrible enfance de son fils adoptif et la faire payer aux moldus.

Pétunia et Vernon étaient toujours sous surveillance, dans le service de justice du Ministère anglais. Celle-ci avait été cachée et Kingsley se chargeait de leur mener la vie dure.

Dudley avait été tout d'abord placé dans un centre de délinquants, mais M. Gawin Smith – responsable de l'Enfance, dépendant du Ministère Anglais – avait alors décidé, d'un commun accord avec la Ministre Mrs Bagnold, de le placer dans une famille d'accueil d'origine cracmole en qui il avait pleinement confiance. Il leur avait expliqué la situation, sous serment inviolable puisqu'ils avaient déjà accepté de prendre en charge l'enfant sans connaître les tenants et aboutissants de cette affaire. Le mari était connu pour être un père strict envers les enfants qui grandissaient auprès d'eux et la mère pour être sévère mais également douce.

Dudley y était à présent depuis deux semaines, et il les avait menacés de mort une bonne centaine de fois. Dudley devait faire de l'exercice mais ne voulait pas. Toutes les télés et tous les jeux de la maison avaient disparus et étaient bien cachés par la famille. De rage, Dudley avait alors donné un coup de poing dans la fenêtre et s'était retrouvé dans un hôpital, fermement attaché au lit, personne ne souhaitant écouter ses plaintes. Durant son séjour, la famille vint le voir tous les jours. Malgré cela, Dudley les ignora, pleura, insulta le personnel et frappait tout ce qu'il pouvait attraper. Il se plaignait de douleurs à l'estomac – ce qui était bien entendu faux – et disait qu'il avait faim, mais le personnel l'ignorait, encore et toujours. Il avait des repas équilibrés trois fois par jour mais n'y touchait pas, prétextant que la nourriture était infecte alors qu'il n'y avait pas touchée.

Ce fut au bout du troisième jour qu'il craqua et mangea sa salade, affamé.

Le samedi 8 juillet, dans la soirée, Hardwin demanda aux adultes présents de se joindre à lui dans ce qu'il appelait le Salon du Souvenir.

Ils descendirent aux sous-sols alors que les enfants dormaient depuis plus d'une heure dans les étages supérieurs.

Elizabeth demanda du thé et plusieurs boissons aux elfes et avait proposé aux elfes de Severus de profiter de la soirée pour rejoindre les leurs et apprendre les uns des autres.

Heureux, les elfes avaient accepté de se rencontrer et s'étaient réunis de leur côté, buvant, mangeant et discutant, tout comme les maîtres des lieux avec leurs amis.

Hardwin observa alors Severus qui débattait avec Sergej sur le thème d'un rituel puissant, puis Lianna et Elizabeth qui observaient l'arbre généalogique. Eulia arrosait les plantes présentes tout en discutant avec Althus et Dyna. Kingsley les avaient également rejoint, ainsi que Daisy O'Connor – responsable de l'Enfance, dépendant du Ministère irlandais –, devenue une amie d'Elizabeth depuis l'arrivée de leur protégé.

Tous profitèrent du moment pour échanger, discuter et observer curieusement les tableaux qui réunissaient les ancêtres de la famille Potter-Black.

Certains ancêtres de Severus y étaient également présents, et il fut agréablement surpris de rencontrer une grand-mère éloignée de plusieurs générations qui lui expliqua qu'elle avait aussi un tableau dans le Sliverstone Manor, mais que personne n'y allait. Severus lui avait alors promis qu'il jetterait enfin un œil aux sous-sols. Heureusement, les vacances d'été venaient de commencer et il pouvait faire des allers-retours sans paraître suspect aux yeux de son supérieur.

- En revanche, avait continué Hardwin qui parlait des aspects magiques de la pièce, Orion et Walburga Black n'ont pas cette chance d'avoir une telle pièce car leurs parents respectifs leur ont confié une maison, certes extraordinaire, mais qui n'a jamais été un manoir principal de notre famille. Je pense qu'ils seraient heureux de venir ici, afin de voir leurs ancêtres et familles…

- Tu pourrais les inviter fin juillet, Hardwin, intervint alors Elizabeth.

- Ah oui, bonne idée ! D'ailleurs… Hm.

Le maître des lieux se leva du canapé et les autres arrêtèrent leur discussion dans un silence respectueux.

- Personne n'est sans savoir qu'il y a eu une fête d'anniversaire très sympathique pour notre fille Abigaelle qui a fêté ses douze ans hier soir. Philipp fêtera ses sept ans le 4 août prochain et Clarence ses quatre ans le premier septembre. Mais aussi, notre fils adoptif que vous connaissez tous, Harry, fêtera ses neufs ans à la fin du mois, le 31 juillet.

Nous aimerions préparer une petite fête, un week-end intéressant. J'ai remarqué qu'il était intéressé par les animaux, les plantes et les potions. Il a commencé à apprendre à lire et se débrouille assez bien. Son développement au niveau de la langue s'améliore de jour en jour. Ce garçon est un amour. Il apprend vite, et aime cela. Je vous donne toutes ces informations car nous aimerions vous inviter, vous et vos enfants, mais aussi avoir quelques idées afin d'organiser une belle journée dans notre parc et d'aménager les lieux. Harry n'a jamais fêté son anniversaire, hormis le seul qu'il eut la chance de vivre avec ses parents.

Malheureusement, j'ai seulement retrouvé quelques objets ayant appartenu à James ainsi qu'un album photo tenu de ses parents. Je lui lèguerai ainsi un pull bleu marine qu'adorait porter son père durant son adolescence et cet album. J'ai pu visiter le seul Manoir Potter hérité par Harry qui ne fut pas connu par Dumbledore. Comme vous le savez, celui-ci s'est octroyé le droit de gestion des comptes dont son soi-disant protégé, mon fils, avait hérité.

Hardwin soupira et continua.

- En bref, j'aimerais faire de cette journée une belle journée, marquer le coup, prouver à Harry qu'il n'est plus seul et que nous l'aimons. Seriez-vous d'accord pour participer aux préparatifs ? Abigaelle, Philipp et Alekzandra souhaiteraient aider mais vont surtout détourner l'attention du petit Harry. Ils ne sont aucunement jaloux et ont même fait une liste de choses qui pourraient plaire à notre petit protégé, fit-il dans un demi-sourire.

- Bien sûr que nous serons là, répondirent Lianna et Sergej.

- Moi aussi, fit Severus qui savait qu'avec Elizabeth, il n'avait pas réellement le choix. La jeune femme faisait preuve d'autorité à son égard et lui avait annoncé, la veille, qu'elle le considérait comme un frère et qu'il se devait de participer à la vie familiale et qu'elle n'accepterait pas son habitude de se mettre en retrait.

Elizabeth lui sourit alors. Etrangement, cela lui réchauffa le cœur. Il se sentait apprécié. Comme lorsqu'il voyait Harry l'approcher timidement avec des photos de plantes lors des week-ends, lui demandant des explications sur les propriétés de telle ou telle plante ou fleur.

- Nous aussi, déclara Althus.

- Si vous souhaitez réellement ma présence, je pourrais également venir avec ma fille, elle a le même âge que Harry, proposa Daisy. Ça lui permettrait de voir d'autres enfants qu'il ne connaît pas.

- Avec plaisir, fit Elizabeth. Et toi, Kingsley ?

- Je… je veux bien venir et j'aiderai à surveiller tout ce petit monde.

- Nous viendrons avec les enfants aussi, fit Eulia. J'aiderai les Elfes pour la préparation des repas, on s'organisera, d'accord soeurette ?

- Marché conclu ! fit Elizabeth, en riant à la remarque de sa belle sœur. Ton mari viendra aussi j'espère ?

- Bien sûr, il ne manquerait pas ce genre d'occasion. Et Abraham ?

- Il est également invité, fit Hardwin. Il n'a pas pu se joindre à nous ce soir mais devrait venir fin juillet, pour quatre jours.

- Nous pourrions prévoir de grands bacs d'eau avec des ingrédients et des recettes afin qu'ils préparent du produit à bulles, proposa Althus.

- Ça devrait plaire à Harry, fit Hardwin, très bonne idée !

- A-t-il tout ce qu'il lui faut, niveau habits ? demanda Eulia.

- Pour l'instant il a quatre pulls, deux jeans et deux pantalons de costume. On lui a aussi prêté quelques t-shirt. On a prévu une sortie en ville afin de lui acheter des vêtements qui lui plaisent. Par contre, si tu veux, tu peux lui offrir des parures de lit. Un couvre-lit, un oreiller… il semble aussi apprécier les peluches, lista Elizabeth.

- Je n'ai aucune idée de cadeau, marmonna Severus.

- Fabrique donc une potion pour enfants ! Tu sais, il y a pas mal de liquides qui peuvent prendre la forme de bulles de savon, mais avec des couleurs différentes, des odeurs même, lui chuchota Hardwin à l'oreille.

- J'avoue ne jamais y avoir pensé, chuchota à son tour Severus. Merci !

- Pas de quoi ! Tu dois déjà te coltiner ma femme quasiment tous les week-ends, je te dois bien ça ! fit-il moqueur.

Il avait bien vu que seule Elizabeth arrivait à décoincer son ami et surtout, à l'empêcher de se renfermer sur lui-même. Elle avait même décidé de lui chercher une femme, mais cela, Hardwin le gardait pour lui, doutant réellement de l'idée de son épouse.

Le lundi 31 juillet serait donc une journée réservée pour leur protégé, Harry Potter.

Elizabeth invita tout le monde à aller au lit, dans les différentes chambres du Manoir.

- Mais non, nous pouvons rentrer, ne t'inquiète pas Eliz, avait dit Althus.

- Il y a assez de chambres ici et les elfes se sont fait une joie de vous préparer vos lits, alors filez dans les étages avant que je ne vous botte les fesses ! fit Elizabeth sur un ton autoritaire qui décrocha un fou rire à l'assemblée.

- Je te vois bien botter les fesses de Sergej, fit Lianna entre deux inspirations. Allez, zou, tout le monde au lit !

Les adultes montèrent alors, et choisirent leur chambre avec les indications des Maîtres des Lieux.

Severus avait, d'office, obtenu la chambre au rez-de-chaussée, la plus proche du laboratoire de Potions.

Althus et Dyna prenaient la seconde chambre, située au premier étage et entre les deux tours de l'aile droite et à laquelle était apparentée une salle de bain.

Eulia prenait la troisième chambre, en face de la salle de bains réservée aux invités. Son mari travaillait le lendemain et n'avait pas pris part à la soirée.

Daisy O'Connor avait pris possession de la quatrième chambre de l'aile droite. Sa fille lui manquait mais celle-ci devait dormir tranquillement chez sa cousine à cette heure avancée de la nuit. Le mari de Daisy avait été un grand Auror, malheureusement décédé lors d'une mission.

Kingsley utilisait la cinquième chambre, en face de celle de Daisy. Cette chambre était à côté d'un grand salon inutilisé et une pièce le séparant de l'aile gauche du Manoir.

A cet étage, à l'entrée de l'aile gauche, se trouvait également la chambre parentale, celle de Harry et Clarence, puis trois chambres vides ainsi qu'une grande salle de jeux et la grande salle de bain qu'avait pu utiliser Harry dès son premier jour au Manoir Potter.

Lianna et Sergej, eux, étaient montés au deuxième étage. Ils occupaient la douzième chambre, celle placée juste au-dessus d'Althus et Dyna.

Leonius et Jania, eux, dormaient dans la 17ème chambre du Manoir, juste après celle de Philipp qui occupait la tour de derrière située entre les deux ailes, près du couloir central. Abigaelle occupait la 21ème chambre du Manoir, située dans la tour avant de l'aile gauche. La 22ème et dernière chambre du manoir était, dans un futur plus ou moins proche, destinée à Harry lorsqu'il se sentirait réellement en sécurité en ces hauts lieux.

Voilà à peu près à quoi ressemblait le Manoir familial, bien grand, dont chaque chambre oscillait entre quinze à vingt-cinq mètres carrés.

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L'année scolaire était terminée depuis presque un mois, et tous les professeurs de l'école la plus connue d'Angleterre avaient quitté le château. Albus Dumbledore aurait bien aimé connaître chaque lieu de vie de ses enseignants, s'immiscer un peu plus dans leur vie privée. Il les appréciait et avait toujours rêvé d'avoir une grande famille.

Malheureusement, sa sœur était décédée et son frère ne lui parlait plus depuis des décennies… ses vacances étaient donc monotones. Il voyageait, rencontrait des amis politiciens, mangeait des sorbets au citron… réfléchissait.

Il avait des plans qui se mettaient en place, depuis le décès de ses deux meilleurs soldats : Lily Evans et James Potter. Et Severus Snape… celui-ci était un cas mystérieux quasiment inaccessible. Il avait été amoureux de Lily Evans, et toujours fidèle à ses sentiments.

Albus eut un pincement au cœur. Etait-il possible que son espion ait oublié Lily, celle qui le rattachait à ses plans, pour une autre femme ? Il avait bien remarqué que Severus disparaissait bien trop souvent le week-end. Il surveillait les allées et venues au château comme si sa vie en dépendait.

Il avait eu la joie de voir les professeurs Flitwick et Chourave aux côtés de Minerva qui allait certainement les amener à lui pour la future protection du petit Harry. Pour cela, il était fier de sa sous-directrice. Elle allait être un atout pour convaincre le professeur Chourave de les rejoindre définitivement, lorsque le Temps viendra.

Car il savait que ces moments de joie dont ils profitaient depuis environ huit années consécutives n'étaient qu'un temps de répit. Celui-Qui-Avait-Semé-La-Terreur et Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom reviendrait. Cela ne pouvait pas en être autrement, et Albus Dumbledore savait.

Ce dernier soupira, terminant sa part de tarte au citron.

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Severus Snape était rentré à l'Impasse du Tisseur. Il avait vu, dans les yeux de son supérieur, comme un avertissement.

Mais pourquoi ? Pensait-il réellement qu'il avait une relation amoureuse ? Voulait-il le suivre, observer chacun de ses mouvements ? Severus en était persuadé, mais tenta d'échapper à ces pensées dérangeantes. L'été avait bien commencé. Sa petite maison sombre commençait à lui donner froid dans le dos. C'est pourquoi, début juillet, il avait rejoint le Manoir Prince Silverstone. Il aurait de quoi s'occuper, ainsi. Il avait pris quelques ingrédients de l'Impasse du Tisseur afin de terminer les potions qu'il devait faire pour Pomfresh.

Et Pomona Chourave lui avait promis de venir avec son époux afin de mettre en ordre les serres.

Il avait été surpris par cet état de fait, mais la présence de la famille de Pomona était réellement agréable. Car après le début de la récolte au mois de juin, Pomona était revenue avec Daniel, son mari, afin de continuer lorsque Severus, lui, devait rester au château pour surveiller les élèves durant ses tours de garde.

Dumbledore n'avait heureusement pas remarqué ce petit manège et les elfes des Prince se faisaient un plaisir de voir un peu de vie dans le Domaine.

Daniel était également venu tous les jeudis, son jour de repos, avec ses neveux et nièces tous ayant plus de dix-huit ans.

Ils avaient fait du bon travail et Severus avait pu se concentrer sur le tri des grimoires qui remplissaient le Manoir. Il avait découvert beaucoup de recettes de baumes, de produits de beauté, de potions de soins et, pour le futur bonheur des enfants qu'il côtoyait, un grimoire rempli de recettes simples et… amusantes.

Il ne doutait pas que certains n'aimeraient tout simplement pas les potions mais il avait bien remarqué qu'Alekzandra, Leonius et Harry étaient intrigués et intéressés par cela. Philipp aussi, mais lui semblait l'être par tout ce qui l'entourait sans savoir la matière qu'il préférait le plus ou le moins. C'était, comme disait sa mère en riant, un mangeur de connaissances.

Severus s'était alors concerté avec Althus et, durant les vacances scolaires, ils avaient décidé de partager le temps des enfants en deux parties : les connaissances générales et l'Histoire de la Magie, puis l'étude des plantes et potions.

Le soir, les adultes observaient Alekzandra expliquer à Philipp, Leonius et Jania, comment utiliser la magie sans baguette. Elle avait un excellent niveau pour une sorcière de son âge, Severus devait le reconnaître. Très intelligente et elle apprenait tout aussi vite que Philipp. Les adultes intervenaient de temps à autre et leur apprenait des sortilèges.

Abigaelle, elle, restait en retrait tout en terminant ses devoirs de vacances. Elle avait demandé, une fois, de l'aide à Severus et Althus et ils avaient ri durant une bonne heure, autour des parchemins et livres de cours. Elle avait été ravie d'en apprendre plus et avait ensuite rejoint les plus jeunes.

Nymphadora Tonks venait également, le plus souvent avec Alekzandra, et faisait rire les enfants avec les changements de couleur de sa peau, ses cheveux, ses yeux et la longueur de ses mains. Alekzandra apprenait par la même à gérer son pouvoir de métamorphomage.

La famille se rassemblait très régulièrement durant l'été et Hardwin semblait n'avoir attendu que cela. Il était plus qu'heureux de voir débarquer ses amis et sa famille via la cheminée qu'ils avaient reliées les unes aux autres. Ils avaient bien sûr leurs moments de calme et de détente, entre eux, comme chaque couple formant cette grande et heureuse famille. Il n'y avait pas d'altercation, juste de la bonne humeur, des enfants qui s'endormaient debout en récitant des poèmes irlandais, des batailles d'eau, …

Hardwin passait aussi beaucoup de temps avec Harry. Ce dernier réussissait enfin à manger convenablement, bien que son estomac fasse souvent des siennes. Il avait déjà pris quelques centimètres. Ils étaient sortis en famille, à la mi-juillet.

Abigaelle et Elizabeth avaient amené Harry dans un immense magasin sorcier, dans la capitale irlandaise, et lui avaient fait essayer beaucoup de vêtements. Il avait été épuisé et tentait tant bien que mal de refuser chaque vêtement sous le regard bienveillant et compatissant de son nouveau père.

Harry se sentait bien. Il apprenait à vivre comme un enfant de son âge, à rire à volonté, à pleurer quand ça n'allait pas, et surtout à se confier aux parents quand il en avait besoin. Il ne comprenait pas tout, mais il se sentait étrangement… bien. C'était sa famille. Elizabeth lui racontait des anecdotes sur sa mère, qu'elle avait apprises de Severus, et Hardwin lui parlait de son père.

Il avait compris que Pétunia, la sœur de sa mère, avait été jalouse des talents de Lily et aurait souhaité, elle aussi, apprendre la magie. Mais se voyant refuser l'accès à Poudlard, elle s'était mise à vouer une haine sans faille à sa sœur avec laquelle elle s'entendait tellement bien jadis.

Il avait appris la différence entre les sorciers et les sans-pouvoirs, ainsi que les caractéristiques qui faisaient de certaines personnes des cracmols.

Sa chambre était son trésor. Il aimait, dorénavant, y aller le soir pour se reposer de toutes les émotions qu'il avait pu vivre. Ou auxquelles il avait dû survivre malgré ses fous-rires.

Les murs avaient été peints en blanc cassé, les moulures au plafond étaient maintenant argentées, agrémentées d'étoiles dorées qui scintillaient dans le noir. Il avait en sa possession une peluche en forme d'ours et une peluche en forme de loup. Mais surtout, Salazar dormait avec lui chaque nuit, ne le lâchant pas d'une semelle.

Harry avait eu peur de s'y attacher. Il avait confié à Hardwin que Tante Pétunia l'avait prévenu : il portait malheur. Et que ses parents étaient certainement décédés par sa faute, durant l'accident de voiture.

Hardwin avait failli s'étouffer en entendant la version des faits de Pétunia mais n'avait pas eu le cœur de perturber son fils à ce sujet. Il prit le temps de lui expliquer que, tout être disparaissait un jour. Que c'était la nature qui voulait ça, la magie. C'était normal, on ne pouvait ni ne devait être immortel. Oui, Salazar partira un jour rejoindre les étoiles mais non, ce ne sera pas de sa faute. Il lui annonça aussi que Salazar allait bientôt avoir des petits, car sa femelle attendait des chatons. Et que, en plus du fait que Salazar restera à jamais dans son cœur, il aura une descendance dont Harry pourra prendre soin, s'il le souhaite.

Quand à la famille Prince, Severus avait reçu une lettre de son oncle. Sa grand-mère était souffrante et allait certainement bientôt quitter ce monde. Silius avait prévu de passer au mois d'août et Severus lui avait proposé d'amener sa mère avec lui, afin qu'elle puisse changer d'air, si elle vivait jusque là.

Severus était, depuis une semaine, dans son nouveau domaine. Il observait les oiseaux se battre pour quelques graines alors qu'un petit chaton vint se frotter à ses chevilles.

Il le prit alors contre lui et le petit être se mit à ronronner de bonheur. Il ne savait pas réellement pourquoi il les gardait – enfin si, son elfe Oèn les adorait – mais il s'y était attaché, lui aussi.

Il pensa alors à rejoindre la volière, mais un éclat vert clair le surpris alors.

Trois volatiles étaient apparus dans son salon, se perchant sur les chaises de la petite table achetée par Enora quelques semaines plus tôt.

La maman chat était alors montée sur la table et léchait les plumes de l'oiseau du milieu. Severus n'avait pas vu venir le chat et avait craint qu'elle ne les attaque mais il n'en fut rien. Il fronça alors les sourcils, se rappelant ce que lui avait dit le Gobelin.

- Maître ? avait demandé une petite voix.

- Oui Sinéad ?

- Ce sont vos phénix, lui expliqua son elfe. Les aviez-vous oubliés ?

- Je…

- Ce n'est pas grave, ils ne vous en tiendront pas rigueur. Nous, elfes, pouvons communiquer directement avec eux, mais vous devrez apprendre à les connaître, à vous faire comprendre et aimer. Le phénix de gauche s'appelle Névius, c'est un dérivé du mot « nenv » qui signifie « ciel » en breton. Névius est un mâle et c'est un phénix de Phalathar.

Ces différentes races ont été découvertes dans la forêt protégeant Barlheid, un domaine protégé par Magia en personne, et ces animaux à plumes ont été apprivoisés par une jeune sorcière nommée Alba Loànn Melkior, dans les années 3957 avant J.-C. comme disent les Sans-Pouvoirs.

Severus acquiesça. Il avait vu un grimoire sur les animaux anciens mais n'y avait pas prêté attention, il présumait que ses elfes en connaissaient plus que lui dans ce domaine, et il ne s'était pas trompé.

Il avait rapidement lu la description de ces phénix dont il avait hérité, mais ne sachant pas où ils se trouvaient et avec tous les évènements passés, il n'y avait plus pensé un seul instant.

Névius était splendide. Ses yeux étaient vert clair, rappelant le ciel et confirmant le prénom breton. Il avait le ventre violet et ses ailes étaient recouvertes de plumes rouge. Les petites plumes sur le sommet de son crâne étaient quelque peu en désordre et formaient des sortes de cornes. Severus avait aussi appris que « Phalathar » venait de « Falathar », esprit de feu.

Le phénix du milieu était un phénix dit « de Nyxia ». Sinéad lui appris qu'il s'appelait Zéphyr et que c'était également un mâle. C'était un des phénix les plus rares – déjà qu'à leur époque cet oiseau avait presque disparu des mœurs – et avait les yeux roses presque fluorescents. Son torse était rouge profond et sur le reste de son corps étaient parsemées des plumes argentées.

Il fut appelé « Nyxia » en souvenir d'une amie lutin d'Alba, se prénommant Nyx.

Puis il y avait l'oiseau de droite, que le chat commençait aussi à nettoyer à l'aide se sa langue rappeuse.

Celui-ci était une femelle, prénommée Surya qui signifiait « divinité représentant le soleil » en hindou.

C'était une espèce qui avait vu la vie grâce à la bénédiction de la magie, disait-on, provoquée par cette même Alba durant la guerre des Elfes Celtiques.

Les yeux de Surya étaient de couleur or et Severus savait qu'elle pouvait percer n'importe quelle protection d'un seul regard. Ses ailes étaient dorées et contrastaient durement avec son corps rouge sang. Elle était l'une des créatures les plus possessives vis-à-vis de son Maître et protègeait, comme ses deux autres « amis », ceux qui sont proche des siens.

- Il est midi, Lord Severus, voudriez-vous bien vous asseoir ? demanda alors Delyth.

- Breval a préparé un repas pour le Maître, fit un autre elfe en apparaissant.

- Je vous ai dit que je n'avais pas faim, grogna Severus.

- Certes, mais il faut manger ! fit Sinéad.

Il s'avoua vaincu en voyant le gros morceau de viande et les pommes de terre dorées à la poêle. Rien que l'odeur légèrement épicée lui donnait faim. Il y avait aussi une salade accompagnée de petits morceaux de poivrons, de maïs et d'une sauce blanche.

Son domaine prenait doucement une apparence soignée et paisible. Il réfléchissait aux possibilités qui s'ouvraient dorénavant à lui, en tant que Lord Prince.

La veille au soir, il s'était décidé à contacter le centre de dépôt de brevets et d'envoyer un courrier au service de CBOMUP (Création de Brevets pour Objets Magiques Utiles en Potions).

Il ne savait pas si cela en vaudrait la peine, ou même si cette création existait déjà, car il ne serait pas surpris que quelqu'un d'autre ait déjà eu cette idée-là…

Il n'avait cependant pas dévoilé le moyen de fabrication, bien qu'il le connaisse déjà sur le bout des doigts. Ces fioles avaient un bouchon à visser qu'il fallait également produire.

Et mis à part le moule, il fallait :

Cinquante grammes de Topaze doré (extrêmement rare), dureté de 8/10 sur l'échelle de Mohs

Cent grammes de pierre minérale « Talc »

378,72 grammes de saphir étoile orange, pierre de niveau 9/10 sur l'échelle de Mohs, contient des inclusions inhabituelles semblables à de très petites aiguilles qui se croisent avec d'autres en angles variables, cela produisant un phénomène appelé astérisme.

70 grammes de sable siliceux

5 grammes d'oxyde de calcium

10 grammes d'oxyde de magnésium et d'aluminium

4 grammes de poudre de pierre de lune

Une feuille de ginko biloba

De la sève de combava géant

… et la liste était encore longue, sans compter les sortilèges à lancer durant la fabrication.

Il était, au travers de cela, normal que ces fioles pèsent généralement plus de 600 grammes…

Les elfes et la famille Chourave avaient disposé, dans le salon du premier étage qu'ils avaient nettoyé, des étagères modernes et entreposé plusieurs bocaux regroupant leurs récoltes. Cela avait presque un aspect décoratif, malgré la surcharge de boîtes et de bocaux sur chaque étagère.

Pour cela aussi, il devrait trouver une fonction. Il finit alors son repas, avant de terminer les potions qu'il avait préparées pour le lendemain.

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