Quand la pureté reste dans l'âme

Le Rituel D'Ionawlestina

Bonjour & bonsoir tout le monde !

J'ai l'impression que les semaines défilent de plus en plus vite. Bientôt ce sera à nouveau Noël !

Et… waw ! On approche des 200 reviews ! Merci à toutes et à tous, merci à vous qui suivez, lisez, prenez le temps de vous plonger dans cet univers encore et toujours, et merci à celles et ceux qui laissent une trace écrite de leur passage.

Merci à ma correctrice qui corrige plus vite que son ombre. Merci à la magie de l'écriture qui me motive encore et toujours.

Et promis, non je n'adore pas vous torturer ! Mais j'avoue avoir toujours espéré réussir à finir des chapitres sur du suspens, chose que, jusqu'à maintenant, je pensais n'avoir jamais réussi. ;-)

Et oui, les phénix ont sentis que leurs maîtres n'étaient pas dans une bonne posture.

Allez, zou, je vous laisse lire tout ça ! Poussière d'étoile, de lune et poils de Maine Coon sur vous !

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 25 :

Le Rituel

D'Ionawlestina

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Le carnet de Lord Hardwin Potter brillait intensément sur un vieux bureau en bois. A moitié assoupi sur ses dossiers, l'adulte se réveilla brusquement à cause de la lumière violente que projetait la couverture du carnet.

C'était le carnet dit « indéchiffrable » qui semblait faire appel à lui. Par instinct, il le prit et se surprit à l'ouvrir. Il n'avait pas réussi à ouvrir la serrure du carnet cadenassé le lendemain de Noël. Alors pourquoi maintenant ?

Une phrase irlandaise s'inscrivait devant ses yeux et il pâlit.

- Elizabeth ! Hurla l'homme en se précipitant vers le salon. Eliz' ! Où es-tu ?

- Hardy, qu'est-ce que tu as à hurler ainsi mon amour ?

- Eliz, ils sont en danger, fit-il paniqué et en attrapant une cape. Il faut y aller…

- Qui est en danger ?

- Harry ! Sergej, Severus ! Tout le monde !

Elizabeth ne prit pas le temps de répondre et demanda à son fils de veiller sur Clarence avant de partir, comme Hardwin, par la cheminée.

Sergej leur avait donné accès à leur salle réservée aux passages par cheminette et également le code du passage pour se rendre au Palais Royal de sa famille.

Essoufflés, ils arrivèrent dans le grand hall et se virent entourés d'elfes russes.

- Où sont Harry et Sergej ? demandèrent les Potter d'une même voix.

- On ne peut pas rentrer dans la Salle, Lord Potter, intervint un elfe. Les Runes ont parlées, elles ont dit qu'il fallait attendre, Lord Potter. Navré de vous annoncer cela, Slow est navré de vous annoncer cela, fit tristement l'elfe.

- Il faut pourtant agir…

- Comment avez-vous su ? demanda un autre elfe.

- Mon fils m'a offert un carnet… hm, tenez. Ceci. Il a été nommé « carnet indéchiffrable » et je n'avais rien pu en faire jusqu'ici.

- Oh mais c'est… fit une elfe excitée. C'est… Oh Lord Potter ! C'est un cadeau inestimable ! C'est Magia qui avait offert cela à l'un des Eligente de Dromeille il y a plusieurs siècles de cela ! Il aide quiconque a une âme assez bonne afin de sauver ses proches. Oh, Lord Potter, vous êtes bénis. Krzistia va vous conduire jusqu'à la salle ! Magia saura vous guider pour la suite. Mais soyez prudent, Lord et Lady Potter ! Le rituel ne doit pas être brisé, sous aucun prétexte, sinon ils perdront la vie dans de terribles circonstances !

Hardwin se frotta le front.

- Mais… comment faire et que s'est-il passé ?

- Slow pense qu'il y a eu un incident, quelque chose d'imprévu. Normalement, Maître Niko et Maître Isaak calculent toujours avec les imprévus, mais il s'y est produit quelque chose de plus grave, Monsieur Lord Potter. Une très sombre magie qui a tenté de corrompre le Cercle. Ne touchez aucun être de la pièce, et ne traversez pas les lignes définies par la magie, cela vous coûterait la vie, Monsieur Lord Potter.

Hardwin acquiesça et observa sa femme qui semblait être sur le point de pleurer. Il toucha son épaule et la poussa vers l'elfe qui les guida au travers du Palais.

La porte devant laquelle ils s'étaient arrêtés pulsait. Un animal doré et rouge sang les observait de ses yeux dorés.

- C'est Surya ? demanda Hardwin à sa femme.

- Oui, c'est le phénix de Severus qui peut percer toutes les protections d'un simple regard, chuchota Elizabeth.

Le concerné émis deux petites notes très aigües avant de s'envoler et se poser sur l'épaule d'Elizabeth. Hardwin, par instinct, prit la main de sa femme et ils disparurent du couloir dans lequel seul l'elfe resta.

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Après avoir examiné les différents endroits du labyrinthe, Severus avait rejoint Nathanaöl à l'entrée. Ce dernier prononçait des incantations russes et celtes en boucle, afin de protéger les Lieux autant que possible, mais les vibrations des tremblements de l'enfant se faisaient ressentir comme un tremblement de terre.

Ils apercevaient, au-dessus des haies, quelques étincelles dorées et argentées.

- Magia ? murmura Nathanaöl.

- Est-elle là ? fit Severus, surpris.

- On dirait bien, murmura Nathanaöl. Il a de la chance dans son malheur, ce petit. Dépêchons.

Ils accélérèrent le pas et entendirent une voix criarde discuter avec ce qui représentait Harry. Surpris, Severus laissa échapper un juron alors que la créature étrange, bien trop proche de leur protégé, fixait à présent son – ancien – partisan.

- Severus ? grinça la petite voix désagréable.

Sa main tendue, un jet marron et malodorant était sorti des doigts de la créature disgracieuse au visage d'ange et toucha Severus en plein cœur.

Harry avait hurlé, horrifié, et Severus hurla de douleur alors qu'un feu noir brûlait son corps projeté dans l'esprit de l'enfant.

- Il faut le sortir d'ici Harry ! cria Nathanaöl. Fais-le sortir de ton esprit ! Harry ! Éjecte Severus ! Tout de suite ! hurla le vampire.

Ce fut lorsque Harry réussi à éjecter Severus que celui-ci atterrit, en-dehors du cercle, aux pieds d'Elizabeth et Hardwin qui venaient d'arriver.

Le bruit du corps tombant sur le sol avait alerté Elizabeth qui, dans l'obscurité, avait réussi à reconnaître l'ami de la famille.

Elle avait alors cherché le pouls de l'homme et une petite bougie s'était allumée, comme par magie, près d'eux.

Severus avait été exclu du rituel et quelqu'un devait aller expressément prendre sa place.

Ce fut Hardwin qui se dévoua et le phénix l'amena immédiatement aux côtés de son fils adoptif dont l'aura noire asphyxiait toute la pièce.

- Ne le laisse pas gagner ! Avait alors murmuré le père de famille.

Elizabeth, elle, tenta de soigner et surtout de réveiller leur ami. Les potions renversées avaient retrouvés leurs récipients et les yeux des personnes présentes se firent soudainement plus vifs, comme si le rituel puisait dans leurs forces et esprit tant que les potions et objets n'avaient pas repris leur place.

Le Rituel d'Ionawlestina était, de nos jours, uniquement utilisé par les plus grands mages ainsi que par les vampires. Il y avait plusieurs types de magies anciennes qui pouvaient combattre la magie modifiant une âme, mais la plupart des rituels avaient été enfouis, trois mille pieds sous terre.

Les dirigeants du Monde Magique étaient souvent aveuglés par les « on dits » et rumeurs courantes. Cependant, le cas n'était pas aussi alarmant qu'en Angleterre.

Les sorciers slaves, français et australiens avaient pourtant mis en garde, lors de congrès, les dirigeants d'Angleterre et cela jusqu'au siècle dernier.

L'Australie avait été le premier pays à abandonner les discussions à sens unique avec le Ministère anglais : un Manitou suprême ne cessait de mettre sa poudre de lune dans leurs chaudrons et contredisait les paroles des plus anciens.

Les créatures magiques devraient certes avoir un peu plus de droits mais devaient rester en-dessous des sorciers et, si possible, méconnues des sorciers afin que personne ne « prenne peur » de ces êtres si différents et cherchent à leur faire du mal.

La magie non commune devraient rester secrète, afin d'éviter les guerres de jalousies et de pouvoirs divers.

L'Angleterre souhaitait alors diviser son peuple et l'empêcher de trop en savoir sur le monde qui l'entourait.

Quelle hérésie.

« Cela les mènera à leur propre perte » avait alors annoncé un grand homme français.

La monarchie Russe et sorcière avait décidé de donner certaines terres aux créatures et surtout d'informer le peuple des diverses créatures magique. De leur dangerosité, leurs capacités et leurs caractères.

Les diverses magies étaient alors présentées et expliquées dans les écoles des autres pays. Ceux qui avaient des dons ou des prédispositions dans des domaines particuliers revoyaient leurs priorités et suivaient des cours spécialisés afin de mieux gérer leur magie. Et souvent, ceci engendrait de nouveaux employés pour les métiers les plus rares : des briseurs de sorts, des soigneurs utilisant des rituels anciens, des professeurs en runes latines, celtes, australiennes…

Mais le rituel qu'avaient, de génération en génération, enseigné la famille sorcière Romanov-Poutine-Mordinov restait des plus rares, complexes et violents.

Il réunissait le domaine de sortilège, potion, protection runique celte et slave, la magie de l'esprit, sans compter le nombre précis de personnes devant être atteint.

Tous étaient liés par divers liens magiques, et placés en trois losanges dont chaque ligne tracée devait trancher en deux l'une des autres formes.

Il y avait une potion de felix felicis qui devait être mélangée à une potion de soin contre les douleurs mentales. Un philtre de paix devait remplir deux coupes posées aux deux côtés du Maître du Rituel qui chantait la première incantation.

De la pierre de lune devait être posée au centre de la figure géométrique, sous le tronc sur lequel devait être placé la personne pour qui le rituel était nécessaire.

Une potion de régénération sanguine, une autre calmante et une potion d'Aiguise-Méninges devaient être administrées à Harry.

Dès que Hardwin était arrivé aux côtés de l'enfant, le rituel reprit et la lumière revint. Anya caressait le dos de Harry, Nathanaöl et Hardwin étaient assis, par terre, devant Harry, chacun plongé dans la magie des esprits.

Severus n'avait toujours pas repris connaissance et Elizabeth paniquait. Le Phénix l'avait rejoint et donnait des coups de bec dans le cou de son maître.

- Eliz', fit alors Sergej d'une voix grave. Va t'asseoir près du mur et ne fait aucune magie, cela pourrait interférer.

- Et… et Severus ?

- Nous nous en occuperons après. Laisse.

La voix était dure et froide, bien que sans aucune animosité. Elizabeth acquiesça et fit ce que son ami avait dit. Il avait certainement pris un risque en lui parlant durant ce rituel ancien.

La chaleur revint peu à peu, et Harry reprenait des couleurs. Les chants se firent plus graves, plus… profonds.

Arsène était sorti de son cercle runique et se dirigeait cérémonieusement vers le piédestal sur lequel était posé un récipient en pierre qui pulsait au même rythme que le cœur de l'enfant. Les runes brillaient en rythme et prirent une teinte rouge sang lorsque Arsène prit le récipient dans ses mains.

Il le tendit ensuite à son père, Isaak, qui marcha cérémonieusement jusqu'à son frère.

Nikolaï pris délicatement le récipient et le posa entre les mains de Nathanaöl et Hardwin qui le tinrent à bout de bras, devant le corps de l'enfant.

Anya fit alors léviter le couvercle du récipient carré et un vent glacial engloba la pièce.

La forme jaune, marron et noire qui entourait Harry semblait être aspirée par ce récipient. Le corps de l'enfant tremblait malgré la couverture chauffante disposée sur ses épaules et Anya tenait tant bien que mal ce petit corps qui tressautait.

Une poussière marron sortit alors des pores de la peau du petit. Cette poussière devint rouge sang puis forma un petit morceau noir, menaçant à tout moment de tomber à nouveau en poussière.

Une fois formé, ce morceau d'âme – si on pouvait encore l'appeler ainsi – fut violemment aspiré par le récipient qui se referma immédiatement, accompagné d'un bruit sourd.

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L'atmosphère lugubre avait quitté les lieux et tous purent se retirer des formes dessinées par les diverses runes. Quatre grands canapés apparurent et tous s'affalèrent dessus. Anya transporta Harry, tombé dans l'inconscience, vers un petit lit.

Les elfes des Mordinov, des Prince et des Potter étaient tous apparus et amenèrent de quoi manger, boire et des potions pour soigner les différentes blessures qu'avaient causés, à tous, le rituel.

L'aube était levée depuis plusieurs heures lorsque tout le monde sorti de la Salle. Les elfes préparèrent plusieurs chambres, interdisant les départs pour la journée. Mais ce fut sans compter Severus Snape, grognon, qui avait un rendez-vous très important en ce dimanche après-midi.

- Nous vous y amènerons avec la magie des elfes, Maître Lord Prince ! Avait alors crié Breval, mécontent. Cessez d'être désagréable, vous ne quitterez pas ce palais avant d'être remis sur pieds, ordre de votre grand-mère et de votre oncle !

Severus avait ouvert la bouche afin de renvoyer vertement son elfe, mais il eut le souffle coupé.

- Maître Lord Prince vous ne pourrez pas quitter ses lieux, reprit plus calmement l'elfe après avoir pris une grande inspiration comme pour s'insuffler un courage presque inexistant. Vous ne voudriez tout de même pas vous évanouir de fatigue en plein milieu de votre rendez-vous, n'est-ce-pas ?

Lord Prince grogna encore quelques secondes, pour la forme, déclenchant les rires des vampires qui félicitaient l'elfe rebelle.

- Breval vous présente ses excuses, Maître Lord Prince, mais Breval ne veut pas qu'il vous arrive quelque chose, fit plus doucement l'elfe en baissant la tête.

- Tu as raison, Breval, répondit finalement Severus. Excuses acceptées, même si cela ne me plaît pas.

L'elfe acquiesça et donna un verre d'eau à son Maître.

- Il y a une potion dedans, fit Breval. Afin d'amoindrir la douleur.

- Il faudra retirer la marque très rapidement, Severus, intervint Sergej. Elle a failli te coûter la vie aujourd'hui.

- Durant le rituel ?

- Ce fou furieux anglais t'a reconnu. Ca aurait pu aussi bien te tuer que tuer Harry. En es-tu conscient ? Alors nous retirerons cette fichue marque dès que nous aurons détruit tous les horcruxes et ce n'est pas une question.

- M…

- Pas de mais ! grinça Sergej. Tu vas arrêter de t'auto-flageller pour des erreurs que tu as commises il y a bien longtemps.

- Ca prendra du temps, Il reviendra…

- Non, ma famille sait comment fonctionne les horcruxes et connait déjà, approximativement, les lieux où se trouvent les autres. Nous les détruirons tous ensemble.

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Harry était dans un état second. Son corps lui semblait étrangement léger et il se sentait en paix. Peut-être était-ce le philtre de paix ?

Il se promenait tranquillement dans le labyrinthe et fut surpris par la clarté environnante. Un soleil doux et chaud réchauffait sa peau et son cœur. Des fleurs avaient pris place sur la pelouse douce des couloirs de haies et une douce odeur titillait ses narines.

- Pourquoi y-a-t-il des fleurs ici ? demanda-t-il à voix haute, bien qu'il sache être seul en ces lieux.

- La méchante forme et son aura empêchait la nature de vivre pleinement, répondit une voix douce.

- Sa… Salazar ? Mais…

- Ne panique pas, Ry, oui c'est moi. Nous sommes au chaud, en Russie, je suis allongé sur toi depuis quelques minutes.

- Mais…

- On peut discuter dans ton esprit, et je resterai à jamais ici pour protéger ces lieux et te rassurer.

- Tu… tu es mort ? fit Harry soudainement triste.

Un doux miaulement moqueur se fit entendre.

- Non, Rychou. Mais il viendra un Temps où je devrai quitter le Monde des Vivants. Par contre, Magia m'a autorisée à rester dans ton cœur et ton âme, elle dit que tu es très attaché à moi et que ma magie t'aidera. Et quand viendra le temps de ta propre disparition, nous irons ensemble retrouver Magia.

- Oh… fit tristement Harry. Tu… tu as des pouvoirs, toi aussi ?

- Oui ! Tout plein, fit le chat en se frottant contre la main de son Maître.

- Je t'aime, Salazar.

- Moi aussi, petit ange.

- La forme ne reviendra plus, alors ?

- Non ! Par contre, Severus a fait une belle coonerie !

- Coonerie ?

- Hm… vous humains dites connerie. Mais j'suis un Maine Coon Magique, et qui dit coon, dit coonerie, parce que je ne suis pas sage, je suis un chat et un chat se doit d'embêter ses esclaves !

- Je suis ton esclave, alors ?

- Oui !

- C'est bizarre de t'entendre parler.

- J'imagine, tu entends mes pensées et les traduis. Tu ne parles pas le chat, désolé. Mais le principal est que le rituel ait fonctionné.

- Et Severus ?

- Il va bien, enfin il ne va pas être très en forme les jours prochains, mais sa magie le protège. En fait, la méchante forme avait fait un tatouage tout moche sur le bras du pauvre Severus et Severus a joué l'espion pour le grand Albus Dumbledore.

- C'est le directeur de l'école en Angleterre, c'est ça ?

- Oui, celui que ton papa n'aime pas. Il a l'air bien vicieux et manipulateur. Il aime aussi voleter tranquillement aux frontières des pensées de ses élèves, afin de voir ce qu'ils pensent et mieux les manipuler.

- Je ne veux pas aller en Angleterre…

- Les parents ne te mettront pas dans cette école tant qu'elle sera aussi mal gérée et surtout tant que cet homme sera à sa tête, crois-moi. Ou alors je les grifferai ! Enfin, Severus a un rendez-vous dans une école supérieure d'études approfondies cet après-midi donc tu ne le verras pas.

- Cet après-midi ? Mais… c'est samedi soir !

- Oh non, p'tit ange ! On est dimanche, et il est 14 heures !

- Mais faut que je me réveille !

- Tout doucement, toi. Tu as eu beaucoup de séquelles et ton petit corps est tout fatigué. Regarde déjà si toutes les pièces sont intactes, et met un peu d'ordre et de joie dans ton esprit !

- Tu m'accompagnes ?

- Bien sûr, idiot de mon cœur ! Miaou !

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Lord Severus Prince se trouvait en Irlande. Il n'avait pas pensé que ce rituel puisse durer aussi longtemps, et encore moins que l'âme de Voldemort le reconnaîtrait. Il n'y avait absolument pas pensé et se mordit la lèvre en se souvenant de la douleur affreuse qui avait parcouru son corps.

Le cri horrifié de l'enfant résonnait encore à ses oreilles.

La famille de vampires était déjà en train de planifier la recherche des autres morceaux d'âmes et avaient aussi pris contact avec certains fantômes de l'ancienne famille Royale. Mais il ne devait pas penser à cela pour le moment. Il devait se concentrer sur l'entretien qu'il allait avoir dans cette école devant laquelle il se trouvait depuis plus de dix minutes.

Pour n'importe quel être humain n'ayant pas les « droits » nécessaires afin d'apercevoir le bâtiment, celui-ci ne pouvait qu'apercevoir un champ de blé sans aucun intérêt. Parmi ceux qui ne pourraient pas voir cet établissement comptait bien entendu, aussi, le très connu et admirable Albus Dumbledore.

Mais Severus, le parchemin entre les mains, voyait l'immense bâtisse devant lui comme le rêve qu'il n'avait jamais pu réaliser. Il n'avait jamais imaginé entrer un jour dans cette École Supérieure d'Arts des Potions et des Plantes d'Irlande du Nord. Albus Dumbledore lui avait offert une place sûre au sein d'une école bien connue en tant que professeur et ses diplômes étaient largement suffisants pour enseigner. Il avait pu ainsi se préparer à l'inévitable : l'arrivée de Potter junior à Poudlard et devoir à la fois le détester et le surveiller, au loin, afin de payer le crime qu'il avait commis. Jamais il n'avait voulu la mort de Lily. Celle de James, peu lui importait, à l'époque. Mais Lily… sa Lily. Non. Jamais.

Le professeur haït de Poudlard inspira profondément, gérant au mieux ses émotions.

Les plans de Dumbledore avaient été chamboulés. C'était un état de fait dont le grand directeur n'avait pas encore conscience, et il allait bientôt tomber de haut.

Et, malheureusement pour Dumbledore, Severus avait définitivement plus d'ambition qu'Albus souhaitait le lui faire croire : il avait, jadis, eu plusieurs idées de potions et beaucoup de points d'améliorations pour les potions de soin qu'il concoctait pour l'infirmerie scolaire. Il en discutait régulièrement avec Poppy qui l'encourageait sans en avoir l'air. Sans compter Pomona qui avait rallumée la flamme curieuse quant aux plantes qui demeuraient sur son domaine.

Alors oui, cette école l'intéressait. Vraiment. Pourrait-il seulement devenir un élève de cet établissement ? Il savait bien que peu réussissait à suivre les cours du soir, sans compter leur propre emploi et famille. Lui au moins n'avait pas de femme ni d'enfant. Mais il savait qu'il devrait gérer son temps au mieux entre les Potter, les Prince, Poudlard et l'ESAPPI.

Severus frotta son bras qui le brûlait depuis son réveil puis soupira.

Les grandes portes en verre brillaient sous le soleil du mois de janvier et il se décida à passer les dernières protections.

Un petit chemin, bordé de cerisiers en fleurs et quelques rosiers, menait aux grandes portes noires en bois massif dans lesquelles étaient sculptées des runes anciennes.

- Bonjour et bienvenue dans l'école dédiée aux arts des Potions et de la Botanique ! fit joyeusement un homme blond, aux yeux dorés. Vous êtes très certainement Lord Prince !

- Bonjour, en effet.

- Venez donc, suivez-moi !

Severus suivit alors l'homme vif et charmant qui lui expliqua brièvement l'utilité des salles devant lesquelles ils passaient.

- Là il y a une salle avec cinquante cheminées reliées à différents pays et lieux d'Irlande. Beaucoup d'élèves sont logés, la nuit, dans des auberges qui sont donc reliées à l'école afin de faciliter le transport. Les plus pauvres ont une chambre sur place, dans l'aile est du château.

Le bureau directorial était situé au premier étage, au nord du château. La porte était en bois massif, de couleur marron avec des roses et quelques arbres sculptés dans le bois verni.

Le responsable des étudiants, Konnor Heaney, frappa deux brefs coups à la porte et fit entrer Severus.

- Lord Prince ! Fit une femme en se levant de son bureau. Enchantée, entrez et asseyez-vous ! Souhaitez-vous boire quelque chose ? Du thé, du café, un verre d'eau ?

- Une tasse de café serait parfait, s'il vous plaît, répondit alors Severus en prenant place.

Mr. Heaney était alors sorti du bureau et la directrice posa une tasse encore fumante devant son invité.

- Je présume que vous connaissez déjà mon nom, mais je me présente : Eva Mentholiana Chelsea.

- Avez-vous un lien… avec les jardins Chelsea Physic Garden près de Londres ?

- Hm, de loin. La partie sorcière de ces jardins appartient à un de mes grands-oncles, et il nous fournit en plantes médicinales bien entendu, mais mes parents n'ont jamais accordé une réelle importance à la botanique. Par contre, Lord Prince, j'ai beaucoup entendu parler de vous, ainsi que de votre projet. Pourriez-vous, s'il vous plaît, vous présenter et m'expliquer pourquoi vous venez seulement maintenant ?

Severus expliqua alors, sur le conseil de Léto, la raison de sa présence aussi tardive. Il n'aurait jamais pensé pouvoir approfondir ses connaissances et ses actions pour Lord Voldemort avaient été dévoilées lors de son procès. Il expliqua également ses raisons personnelles : son employeur ne devait rien savoir de ces plans, mais il souhaitait accumuler le plus de connaissances possible afin de mettre au jour le projet qu'il avait avec Lord Potter. Et surtout, continuer les travaux en potions qu'avaient débutés sa grande famille.

- Le Directeur de Poudlard est-il toujours Lord Albus Dumbledore ?

- En effet.

Le regard, jadis bleu de la directrice, vira au noir.

- Votre secret est bien gardé, Lord Prince. Je présume qu'il ne connaît pas non plus l'existence de votre héritage magique, n'est-ce pas ? Léto Prince est un bon ami, et a insisté pour que nous vous enregistrions sous le nom de Prince et non de Snape.

- Effectivement, ce serait plus... prudent si… fit Severus, hésitant.

- Si votre nom venait à apparaître dans les revues internationales.

- C'est cela.

- Très bien.

Severus hésita un instant, portant sa tasse aux lèvres. Il avait vu le regard plus dur de la directrice lorsqu'il avait affirmé qu'Albus était encore directeur.

- Vous semblez connaître le professeur Dumbledore, Miss Chelsea ?

- Mrs Chelsea, Lord Prince. J'ai certes gardé mon nom de jeune fille, mais je suis mariée, fit-elle en souriant doucement.

- Veuillez m'excusez, je…

- Ne vous inquiétez pas, Lord Prince, je suis habituée, répondit la jeune femme en riant. Pour ce qui est du grand Albus Dumbledore, en effet. Une de mes cousines a failli perdre la vie par sa cause et nous ne le portons pas dans notre cœur.

Severus fronça les sourcils. La jeune femme sembla hésiter un instant, jaugeant l'homme qu'elle avait devant elle. Mais quelque chose, son aura certainement, la motiva à donner quelques explications.

- Laura, ma cousine, ne souhaitait absolument pas participer aux combats contre le Mage Dangereux qui a fait perdre la vie aux Potter. Elle servait d'espionne au Ministère, au même titre que d'autres membres de l'Ordre du Phénix il y a une dizaine d'années. Lord Dumbledore lui a alors forcé la main, lui annonçant que sa fille était en de bonnes mains et qu'elle ne devait pas s'inquiéter, puis l'avait emmené avec elle par transplanage d'escorte en plein milieu de la petite ville de Newton Abbot. C'était un véritable carnage… les mangemorts ont assassiné plusieurs sans-pouvoirs ce soir-là. Nous avons vu les souvenirs de Laura, c'en était à être malade. Lorsque la bataille prit fin, elle était allongée au sol se tordant de douleurs dans son sang. Elle supplia Albus Dumbledore de la ramener chez elle, mais il n'en fut rien. Son corps n'aurait pas supporté un transplanage et elle se sentait faible, expliqua la directrice en fixant un tableau.

- Son corps était mutilé. Son esprit aussi… Elle entendit Dumbledore lancer un sortilège de diagnostic et murmurer à quelqu'un d'autre qu'il n'y avait plus aucun espoir pour elle et, lorsque l'autre personne fut partie, Dumbledore déposa une couverture sur son corps ignorant ses supplications avant de disparaître dans la nuit profonde.

Le regard de la directrice se perdit dans les yeux noirs du directeur de Serpentard.

- Mais ce ne fut sans compter le moyen de communication qu'elle avait avec son mari. Elle ne se baladait jamais sans son petit bracelet qui lui permettait de le contacter. C'est ainsi qu'il vint la chercher, horrifié, et me demanda de l'aide afin de la rapatrier en Irlande. J'avais alors contacté nos parents, médicomages, et ils soignèrent Laura avant de nous ramener en Irlande. Il s'avéra que son mari n'avait aucunement connaissance de l'endroit de leur fille et ils durent faire un rituel gaelique. Ils la retrouvèrent seule, dans une chambre sale, sombre et poussiéreuse, en train de pleurer et baignant dans sa couche sale.

Severus, inquiet, observa la jeune femme. Quelle atrocité…

- Il s'avéra que, d'après les aurors irlandais, cette demeure ait appartenu aux parents de Lord James Potter mais rachetée par Lord Dumbledore à petit prix. Ils nous ont déconseillé de porter plainte, de part la popularité de l'homme qui combattait « pour le plus grand bien ».

- Je… je suis désolé pour vous, Madame…

- Tout va bien mieux maintenant, mais ma cousine en garde des traces. Aussi bien physiques que psychologiques. Sans compter sa fille qui, depuis, a peur de l'obscurité.

- Ce n'est malheureusement pas la seule chose horrible et déplacée qu'a fait cet homme, murmura Severus peu sûr qu'il doive l'inclure dans leurs plans.

Son instinct lui disait qu'il ne devait pas hésiter, que cette femme serait un élément supplémentaire pour rabaisser Albus Dumbledore.

- Que voulez-vous dire ? demanda Eva Chelsea avec une pointe de curiosité.

- Il a manipulé plusieurs personnes, soi-disant « pour le plus grand bien », pensant bien faire, très certainement. Il a brisé quelques familles aussi. Enfin, il a essayé. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment, mais je peux vous proposer une chose : Léto Prince s'occupe de récupérer toute information pouvant nuire à Albus Dumbledore, et je peux vous dire qu'il y en a pas mal. L'histoire de votre cousine, si elle a la force de repenser à cela et de se battre avec nous, serait sans aucun doute un plus.

Mrs. Chelsea acquiesça.

- Je lui en parlerai et vous tiendrai au courant, fit-elle doucement. Merci, Lord Prince, de me confier cela.

- Merci à vous de m'accorder cet entretien, fit-il dans un de ses rares sourires.

- Maintenant, passons au côté théorique de notre entretien, finit par annoncer la directrice en souriant à nouveau. Que pourriez-vous me dire sur ces quatre plantes ici présentes ?

Severus venait de remarquer la présence des quatre plantes. Il y avait aussi une dizaine de potions disposées sur le côté droit du bureau.

Les plantes étaient rares, mais heureusement pour lui, il les connaissait grâce à sa volonté d'apprendre par lui-même depuis des années. Sans compter sa lecture assidue de magazines traitant les essais de potions.

- La plante verte aux fruits marron et rouges a des racines noires et sèches. Cette plante est rare et nous vient d'Australie. L'ingestion du fruit cru est mortelle, le goût serait, d'après les analyses, un mélange entre la fraise et la menthe. Les traits rouges sur le fruit sont en réalité des vaisseaux reliant le fruit directement aux racines et puisant ainsi ses forces dans l'argile. Les études ont révélé que la plante ingère plus facilement l'eau s'infiltrant dans des copeaux de bois que dans la terre elle-même.

La plante a été nommée Niusucus et elle a été utilisée en Allemagne dans un essai de potion de soin pour les elfes Äliaziu. Ce sont des elfes qui ont une grande ressemblance avec les humains si ce n'est le nombre de doigts, leurs pieds et la couleur de leur peau, sans compter celle de leurs cheveux ou encore de leurs yeux. La potion n'a jamais fonctionnée et je pense que celle-ci comprenait une trop grande quantité de miel rouge, connu pour ses bienfaits cicatrisant dans notre monde. Les Äliaziu ont une peau bien plus fine que la nôtre et le miel a des propriétés certes guérissantes mais appropriées à une peau plus épaisse. Il me semble que la sève de pin d'Orient aurait mieux fonctionné pour cette potion.

- Très belle hypothèse en effet. Les potionistes qui travaillent sur ce cas n'ont absolument pas pensé au miel mais plutôt à la qualité de la fleur d'oranger utilisée. Pourrais-je faire part de votre idée ?

- Bien entendu, professeur Chelsea. La seconde plante est un Refriasus. C'est une plante extrêmement rare venant d'Amérique latine qui, étrangement de part sa localisation, préfère les températures basses. C'est une sorte de fraisier orangé dont les racines sont translucides. Cette plante est utilisée dans les essais de potions contre l'eczéma jaune et la rougeole magique. La troisième plante est un Choquiapus. C'est une plante dont les tiges sont d'un vert très clair, parfois même fluo. La fleur, entièrement marron, a été utilisée dans son intégralité dans un essai d'Etienne Smith contre la scarlatine mais la plante n'a pas donné l'effet escompté. Je pense que la solution définitive avait eu un taux trop élevé de sucre, ce qui expliquerait l'état du patient ayant servi de cobaye, et qu'il faudrait essayer de n'utiliser que les pétales, mélangés à de la sève de sapin.

- Pourquoi donc de la sève de sapin ?

- La sève fixera le sucre plus légèrement présent dans les pétales et sera bénéfique à la texture de la potion sans compter ses effets bienfaiteurs dans les baumes de soin.

- Hm, vous marquez un point, Lord Prince. Il me semble que Monsieur Smith est en froid avec la sève des plantes en règle générale.

- C'est une matière difficile à manier et compatible avec peu d'ingrédient, mais je pense qu'il serait intéressant d'essayer ceci. La quatrième plante est quant à elle un petit arbuste peu commun. Ses branches sont bleues et les racines, prisées pour de rares poisons, sont rouges. Les feuilles vertes sont, quant à elles, prisées pour certains antidotes sauf pour les poisons étant fait des racines de la même plante.

- Très bien Lord Prince, approuva la directrice. Je dois avouer que vos connaissances dépassent celles des potionistes acharnés qui se concentrent sur les potions elles-mêmes et ne connaissent pas tous les aspects et parfois aucunement l'aspect physique de la plante leur ayant donné certains ingrédients. Bien, passons aux potions maintenant.

Les potions étaient des essais, et aucune d'elle n'avait réellement donné l'effet souhaité. Severus su donner leurs noms, et la plupart des ingrédients utilisés. Mrs Chelsea était impressionnée. Elle voyait en cette personne quelqu'un d'ouvert au monde contrairement à ce qu'elle pensait au début. Il était curieux et donnait son avis sans tergiverser bien longtemps. Ses réponses et ses questions étaient bien précises et ses hypothèses des plus intéressantes.

Elle voulait avoir cet étudiant dans son école, et bien qu'elle sache que tout était payé d'avance, elle aurait même fait un don anonyme pour aider cet adulte qui semblait avoir caché ses dons bien trop longtemps.

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Alors, qu'en pensez-vous ?