Quand la pureté reste dans l'âme

Liberté enneigée

Bonjour tout le monde !

Un paragraphe de ce chapitre vous paraîtra connu, certainement, pour ceux qui ont lu « Une pomme en Or ». Un personnage important, lié à Poudlard, dont je ne pouvais guère changer l'Histoire que j'avais jadis pensée pour lui.

Merci pour vos reviews, vos réactions et MP ! La semaine a été loooongue, du coup je poste rapidement avant de m'effondrer dans le lit et dormir tout le weekend (rires).

Bonne lecture !

Poils de Maine Coon & poussière d'Étoiles sur vous !

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 60 :

Liberté enneigée

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Ecoute : Faun - Von den Elben

Faun - Mit dem Wind

Décembre 1991,

Londres

Alors que le peuple sorcier d'Angleterre reprenait peu à peu vie, le Ministère réglait le plus d'affaires possible. La Ministre de la Magie profitait pleinement des rares moments de détente dans sa famille mais faisait bel et bien partie du quotidien dans l'immense bâtisse ensorcelée.

La neige recouvrait toutes les rues, tous les arbres et tous les trottoirs. Les sans-pouvoirs tentaient, en vain, de déblayer devant leur porte et les sorciers se faisaient plus rares dans les rues et ruelles. Et en ce deux décembre, tous les employés du Ministère se retrouvaient, à quatorze heures, pour une réunion exceptionnelle.

Les rumeurs les plus folles couraient dans les couloirs, car personne ne pu se souvenir qu'un tel évènement eut déjà lieu. Pas même Bagnold ne les avait convoqués pour une réunion interne au Ministère. Elle était certes à l'écoute, mais l'idée de tous les réunir le temps de quelques heures ne lui était, jusque là, pas venu à l'esprit.

Et c'est certainement cela qui fera remonter Kerstin Caithbright dans l'estime des plus sceptiques.

Elle leur présenta alors le plan du nouveau Ministère, en leur dévoilant le lieu exact. Tous étaient liés par un serment de confidentialité et chacun pu donner son avis, quel qu'il soit. La Ministre leur demanda également de faire une liste, leur donnant jusqu'à juin prochain, concernant toutes les améliorations à prévoir au sein de chaque service tout en précisant que leurs commentaires pourraient se faire dans l'anonymat le plus total afin que chacun puisse s'exprimer.

Elle leur présenta également Charles Lloyd, son Vicarius ministerium qui serait son adjoint officiel dès le mois de juin. Celui-ci avait été élu lors d'un vote interne au Ministère. Lord Lloyd représenterait donc régulièrement la Ministre lors de déplacements officiels et perdrait son emploi lorsque la Ministre quittera ses fonctions.

Il y eut ensuite un grand buffet de diverses choses sucrées et salées afin que les employés puissent se rassasier. Ils purent ainsi discuter les uns avec les autres, rencontrant des collègues qu'ils ne connaissaient pas, ou peu.

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Quant à Poudlard, seuls les quartiers de Salazar Serpentard furent découverts. La chambre de l'homme restait cependant inaccessible et seul le salon pouvait être vu. Du moins, ce fut l'information qui fut transmise par le Ministère.

Minerva McGonagall se trouvait actuellement dans son bureau, assise sur le fauteuil bien confortable. Derrière elle, sur l'étagère, se trouvait le Choixpeau. Elle ne savait pas de quelle façon il était arrivé en ces lieux, mais elle l'observait, de temps à autres. Elle se sentait seule. Elle avait certes beaucoup de choses à faire, mais le château était interminablement grand et… vide.

D'un regard absent, elle fixait les piles de documents et de lettres posées sur sa table de travail. Les elfes et des artisans sorciers avaient fait leur maximum et cette semaine étaient une sorte de pause dans ce travail fastidieux qu'était de rénover le Château. Le plus dur avait été fait : le domaine avait été assaini de tout sortilège manipulateur ou de surveillance. Seuls des sortilèges à l'entrée, dans le Hall, pouvait déterminer qui entrait et sortait du domaine. Pour le reste, les tableaux et les gargouilles suffisaient.

- Madame la directrice ?

La voix masculine qui brisait le silence continu du bureau fit sursauter Minerva. Cette voix, elle la connaissait par cœur. Elle se retourna, intriguée, et fixa le Choixpeau poussiéreux.

Elle voulut dire quelque chose et se rendit compte qu'une information pour le moins banale lui manquait cruellement.

- Melwyn. Je me prénomme Melwyn.

La bouche entrouverte, Minerva bloqua sur l'annonce de cette voix pour le moins douce et aimable qui jurait avec la voix autoritaire du Choixpeau. Il avait un prénom ? N'était-ce pas un simple chapeau ensorcelé ?

Ce qui servait de bouche à l'artefact s'étira en un doux sourire.

- Permettez-moi d'avoir l'insigne honneur de me poser sur votre tête, Madame la Directrice. Je vous conterai une histoire que les trois derniers Directeurs n'ont jamais souhaité entendre ou simplement ignorée tout le long de leur carrière.

Fumseck apparut, comme par magie sans que Minerva ne l'ait appelé et attrapa le Choixpeau puis le posa délicatement sur les cheveux de la nouvelle directrice. L'oiseau se posa ensuite sur le rebord du bureau avant de pencher la tête sur le côté puis de picorer dans ses plumes.

Minerva sursauta alors que le Choixpeau parla directement dans sa tête, perçant légèrement la première barrière protectrice de l'esprit de McGonagall.

- Bonjour à nouveau, gente Dame. Ne vous inquiétez pas, je n'irai pas plus loin dans vos pensées sans votre accord. J'aimerais simplement, si vous me le permettez bien entendu, vous conter une histoire d'avant le Poudlard que vous connaissez aujourd'hui.

- Avec plaisir. Je n'arrive pas à me concentrer sur…

- Je le sais bien. Une petite pause ne vous fera pas de mal, et je pourrais vous aider si cela vous convient. Je vous conseillerai de fermer les yeux, il m'est plus simple de discutailler ainsi au vu de la longueur de mes futures explications. Je vais vous emmener dans mes souvenirs… Fumseck surveillera le bureau ainsi que le château.

- Merci.

- Mais de rien, chère amie. Merci de monter dans le carrosse sur votre droite, près de la fougère carnivore qui protège votre esprit…

La Directrice se concentra alors tout en fermant les yeux. Elle vit un carrosse bleu clair, orné de plumes et tiré par deux animaux qui lui étaient inconnus.

Elle tendit la main, hésitante, mais se vit retenir par une douce main.

- Je suis Melwyn.

Étonnée, elle ne se priva pas d'observer l'homme qui lui faisait face. Un jeune homme, à la peau légèrement bronzée et aux longs cheveux roux. Une mèche brune sur le côté droit balayée la chevelure de feu. L'homme faisait à peu près la même taille qu'elle, soit un mètre quatre-vingt, et avait des bras légèrement musclés.

Il avait une sorte de chemise, ouverte dans le haut, ainsi qu'un pantalon large qui cachait ses formes. Il ouvrit la porte du carrosse et permit à Minerva de monter les deux marches. Ils s'envolèrent ensuite vers l'horizon, alors que la neige tombait doucement.

Une fois le carrosse arrêté, Minerva descendit à l'aide de l'homme et posa les pieds dans de l'herbe haute.

- Nous voici dans mes souvenirs… murmura le jeune homme. Le soleil brillait et la chaleur contrastait amèrement avec le temps du mois de décembre. Voyez-vous cette colline, qui commence à nos pieds ? Je vous présente le domaine de Poudlard. L'ancien Poudlard. Celui qu'il était, avant que les fondateurs ne disparaissent sous terre.

Melwyn commença alors à conter ce qu'il avait vécu, au château, et Minerva comprit enfin que le Choixpeau n'était pas simplement un artefact magique mais avait été – et était toujours, en réalité – un être humain à part entière. Mais que s'était-il passé ?

Il raconta sa vie en tant que demi-frère de Salazar et petit frère de Godric, toujours entre les deux. Il expliqua également comment un entraînement se transforma en tragédie. Comment Salazar avait battu pour la seconde fois de la semaine Godric au combat corps à corps. Comment il évita la mort d'Helena qui traversait la salle de duel, voulant absolument retrouver sa peluche.

- Mel', laisse-moi partir, je veux ma peluche ! Godric, aide-moi ! criait la petite.

Elle semblait désespérée d'être séparée de la sorte de sa peluche préférée. Elle se baladait avec chaque jour, et lui faisait visiter les couloirs interminables de leur grande demeure. Étant pour le moment la seule enfant du château, elle discutait avec son doux compagnon et communiquait avec dans une langue que seule Rowena savait déchiffrer.

- On est en plein combat Helena, retourne voir ta mère, fit Salazar.

- Je veux ma peluche ! Je veux Wicky ! Lâche-moi !

- Fais-la sortir d'ici Mel', s'il te plaît, rajouta Godric qui tentait d'échapper aux coups de son ami.

Salazar et Godric aimaient leurs moments de combats. Ils se défoulaient, se chamaillaient parfois aussi. Mais surtout, ils s'entraînaient et musclaient leurs jambes et leurs bras, apprenant l'un de l'autre des techniques peu orthodoxes afin de remporter le duel. C'était un corps à corps, mélangé à de la magie que les peuples d'aujourd'hui appelleraient de la magie « accidentelle » ou des sortilèges informulés.

- Mais que faîtes-vous ici ! Grogna une voix.

La petite sursauta avant de se débattre à nouveau entre les bras de Melwyn qui ne comptait pas la lâcher.

- Oh, bonjour, Sir de Poufsouffle. Comment allez-vous ?

- Je viens voir quel genre de cochon vous égorgez. Pourriez-vous faire taire cette gamine ?

Les trois hommes se regardèrent, déconcertés. La petite se défit assez facilement des bras de Melwyn et se dirigea instinctivement vers les bras protecteurs de Salazar.

- Votre fille est en voyage, Sir.

- Ah, vraiment ? fit l'homme d'une voix horriblement mielleuse.

La voix de leur invité surprise se voulait peut-être sympathique, mais cela semblait surtout mielleux. Manipulateur. Chose que Salazar haïssait au plus haut point.

- Elle reviendra la semaine prochaine avec son mari, Sir. Si vous permettez, nous souhaitons nous entraîner encore quelques peu.

- Je veux ma peluche ! sanglota Helena, à moitié terrorisée.

L'homme, plutôt costaud et âgé, lança un regard noir vers la petite et aperçu une peluche au fond de la salle de duel. Il leva alors la main vers le tas de tissu que la petite avait précédemment appelé « peluche » et lança un sort de découpe en riant de bonheur.

Mais ce fut sans compter sur la jeune Helena qui s'était échappée des bras de Salazar et failli se prendre le sortilège en pleine poitrine.

- Je veux ma peluche ! Cria Helena de plus belle, ne remarquant pas que son protecteur venait de se prendre le sortilège sur la joue.

Le souvenir s'effaça, alors que Minerva cherchait à comprendre ce qui venait de se produire devant elle.

- Ce jour-là fut le dernier où nous laissâmes entrer le père d'Helga dans le château. C'était un homme fort, avec des idées bien précises et totalement différentes de celles de notre amie. Helga était adorable, loyale et aimante. Comme sa mère.

Salazar protégeait Helena comme il le pouvait des intrus et des apprentis à forte tête, mais il ne réussit pas à protéger son demi-frère. Les quatre fondateurs formaient une sorte de famille, tous amis bien qu'ils aient des idées quelques fois différentes. Ils préféraient la concurrence à la guerre et acceptaient tous les apprentis près à se battre pour leurs idées.

Une nuit, le château fut attaqué.

Les protections, affaiblies en ce soir d'hiver pour que les adolescents puissent partir et rentrer à leur guise, sautèrent en partie. Melwyn, premier réveillé, en informa Helga dont le frère l'accompagna dans le Hall. Des soldats, des sans-pouvoirs, avaient réussi à les atteindre et tentaient de mettre le feu au château. Les élèves présents combattirent contre les sans-pouvoirs en essayant de leur laisser la vie quitte à leur faire oublier leurs mauvaises idées, mais beaucoup moururent. Les lances enflammées et pointues des sans-pouvoirs étaient féroces et dangereuses. Moins rapides, mais bien plus douloureuses et mortelles qu'un sortilège de torture.

A la fin du combat, vers midi, deux sans-pouvoirs se relevèrent du champ de bataille et lancèrent une flèche en direction de Rowena. Melwyn, le plus proche de la jeune femme, fit barrage de ses mains devant la flèche enflammée.

C'était sans compter Godric, Salazar et Helga qui tentaient de protéger à la fois Melwyn que Rowena. Mais ce fut la première magie d'Helena qui décida du futur. Sortant certainement de son lit par on ne sait encore quel miracle – Rowena avait barricadé sa chambre de sortilèges – elle apparut et fit coucou à Melwyn. Un rayon bleu sortit de la main droite de l'enfant, alors qu'un rayon argenté sortait de la main gauche et se dirigeaient côte à côte vers Melwyn. Le rayon argenté rata sa cible, la flèche enflammée, alors que le bleu transforma Mel' en chapeau pointu.

Il ne retrouva jamais son apparence normale, malgré les tentatives de sa famille et de ses amis. Helena avait utilisé sa pure et simple volonté de sauver Melwyn de tous maux, et qu'il reste en vie coûte que coûte. Que la Magie le protège à jamais.

Helena le portait alors de temps à autres, s'excusant à tort et à travers du mal qu'elle lui avait fait. Il la rassurait en lui rappelant qu'il avait, grâce à elle, la vie sauve.

Il se vit alors confier une tâche des plus importantes : départager les esprits des futurs apprentis et élèves qui parcouraient les couloirs du château.

Poudlard, le Wyverne qu'abritait la demeure, se vit attribuer une petite famille d'elfes qui le surveillèrent au cours des siècles.

Melwyn expliqua alors à Minerva que Fumseck apportait, de temps à autres, quelques encas au dragon du Château.

Fumseck descendait en réalité d'une famille de Phénix qui s'agrandissait au cours des siècles et protégeait chaque directeur de ce qui était devenu l'École de Poudlard.

Le paysage s'éloignait des yeux de la nouvelle Directrice et une main la ramena lentement jusqu'au carrosse. Dans ses pensées, elle aperçu plus qu'elle ne vit, le paysage que voulait lui montrer Melwyn. Il comprit son trouble et fit arriver le Carrosse avant de permettre à Minerva de regagner la réalité et le froid qui envahissait le domaine.

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La neige tombait violemment sur le sol. Minerva s'éloignait du Château, afin de rejoindre le Parc de Poudlard à quelques dizaines de mètres de la façade de la bâtisse.

Les arbres avaient bien entendu perdu leurs feuilles et le sol était recouvert d'un épais manteau blanc. Au loin elle apercevait un bâtiment aux pierres d'un gris anthracite qui contrastait majestueusement avec la neige. Fumseck voletait devant elle, justement dans cette direction. Minerva le suivit alors, souhaitant tout d'abord profiter de la fraîcheur afin de se changer les idées.

Elle avait hâte de revoir les autres enseignants afin de leurs donner les nouvelles directives. Chacun d'eux avait envoyé une liste d'idées, de nouveaux programmes ou encore de choses à améliorer.

Fumseck chantonna joyeusement avant de se poser sur le rebord d'une des fenêtres de ce bâtiment jusqu'alors inconnu. Elle ouvrit donc la porte en bois massif et découvrit une grande salle. Les quelques fenêtres étaient en réalité des vitraux reflétant quelques passages connus de la vie d'un mage bien connu.

Puis elle vit enfin les étagères sur lesquelles étaient disposées des balais qu'elle ne connaissait pas ainsi que plusieurs coupes. Quelques vifs d'or de différentes couleurs se mouvaient dans une des vitrines.

- Gente Dame ! fit alors une voix d'homme.

Minerva sursauta et chercha la provenance de la dite voix.

- Un peu sur votre gauche, ma chère, fit une voix moqueuse. Bienvenue dans notre antre aux fans de Quidditch ! Doux Aerlin !

- Bonjour, articula Minerva qui fixait le tableau, stupéfaite.

Ce visage lui rappelait vaguement quelque chose, mais qui ?

- Je me prénomme Dcezia Merydd, épouse d'Elohim Wyllt qui vous a interrompu dans votre contemplation, ma chère.

- Enchantée, je me nomme…

- Mrs. Minerva Isobel Cameron McGonagall, née le 04 octobre 1935, nous savons, fit un homme qui venait d'arriver sur la toile.

Surprise, la directrice écarquilla les yeux.

- Ce fut écrit dans les étoiles, chère descendante, fit le nouveau venu en souriant. Je suis Merddin. Le petit-fils d'Elohim ainsi que le père de votre ancêtre Soroius. Czelia, ma fille, se trouve être l'ancêtre de votre époux Cleante. Mais cela remonte tellement loin dans le temps, qu'il n'y a pas lieu de parler de… d'inceste ?

- Fils, un peu de courtoisie je vous prie.

- Navré, mère, fit l'homme en s'inclinant.

- Notre visage semble vous rappeler un être connu, n'est-ce-pas ? fit une jeune femme. Je me nomme Gwendyth. Le visage d'Elohim, mon grand-père, est la copie conforme de l'icône que les humains sans pouvoirs ont dédiée à Merlin l'enchanteur.

- Merlin… murmura Minerva.

Une autre personne expliqua alors d'une voix enjouée l'Histoire de la famille qui était peinte sur le mur face à la Directrice.

Elohim Wyllt, né dans les années 300, avait épousé une jeune femme Dcezia Merydd qui lui donna un fils : Aerlin, né en 472. L'espérance de vie, à cette époque-là, était telle qu'Aerlin et Zia eurent leur premier enfant en l'an 519 : Miosa. Puis vinrent des jumeaux : Myrddin et Gwendyth durant l'an 525 et enfin Merddin en 530.

Une légende moldue fit de Merddin la source d'un personnage connu dans les deux mondes : Merlin l'enchanteur. Mais les faits correspondaient généralement à l'Histoire vécue par le père de Merddin : Aerlin Wyllt.

Et comme la plupart des légendes Moldues ont pris leurs sources d'histoires réelles, il en fut de même pour celle-ci.

La famille Wyllt était en réalité une des plus grandes familles sorcières avant la naissance d'Elohim. Malheureusement, elle fut en grande partie décimée dans les années 600 après J-C.

Myrddin et Soliana Wyllt donnèrent au monde deux fils : Merlin, et Merzilius.

Merddin et Cazia-Nymphia Dorei donnèrent au monde leur fils Soroius, l'ancêtre de Minerva, et Czelia, l'ancêtre de Cleante McGonagall.

Il va sans dire que Miosa, Myrddin, Gwendyth et Merddin eurent d'autres enfants et que les héritiers d'Elohim sont aujourd'hui dispersés dans le monde…

- Merlin fut assez connu dans le monde des Sans-Pouvoirs, continua Miosa. Mais en réalité, la Magie existe depuis la création du monde. La terre entière recèle de diverses sources de magie. Mais nous sommes ici pour vous indiquer le lieu des appartements de Godric Gryffondor, non pour parler de l'ancienneté de la Magie.

Minerva, toujours hébétée d'une telle découverte, fixait le visage de la jeune femme.

- Quelques tours sont réapparues, ainsi que notre Antre ici-même. Cependant, près des cuisines de Poudlard, vous trouverez un passage qui fut oublié avec le temps : sur le pan de mur, face au tableau des cuisines, se trouve une brique qui devient dorée sous le sortilège informulé nommé Lumos. A cet endroit, en tant que Responsable des Lieux, vous prendrez connaissance de plusieurs secrets. N'hésitez pas à y aller dès ce soir.

Le chant de Fumseck fini de ramener Minerva à la réalité. La tempête de neige arrivait directement sur Poudlard et il était temps pour elle de rentrer.

- N'oubliez pas, un Lumos informulé, fit alors Elohim alors que Minerva quittait les lieux en les remerciant.

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Les cheveux trempés par la neige qui continuait de tomber à l'extérieur, Minerva observait maintenant le mur faisant face aux cuisines.

- Minerva ?

- Oh, Severus ! J'ai… veuillez m'excuser, je…

- Je ne voulais pas vous effrayer, fit alors Severus avec un sourire moqueur. Vous semblez bloquer devant quelque chose…

- Je… Je dois lancer un informulé. Mais je n'y arrive pas.

Minerva expliqua rapidement sa découverte au directeur des Serpentard. Elle ne doutait pas qu'un chef de maison ait le droit de savoir ce que renfermait le Château. Elle avait donné sa confiance en Severus depuis bien longtemps…

- Ok. Concentrez-vous et fermez les yeux. Essayez d'imaginer la magie fuser de votre index droit et fixer cette brique. Et pensez à ce que vous souhaitez effectuer. Ne dite rien à voix haute, pensez et croyez en vos capacités, fit alors Severus sur un ton professoral.

Il était bien plus simple de l'expliquer que de l'effectuer, mais la professeur de Métamorphose finit par réussir, quelques dizaines de minutes plus tard. Une porte en bois apparut alors devant eux.

- Vous m'accompagnez ? murmura Minerva.

- Si vous le souhaitez.

L'homme en noir ouvrit donc la marche, baguette en main, alors que Fumseck se posait sur l'épaule de la Directrice.

Devant eux se présentait une grande table, entourée de quatre fauteuils recouverts de velours. L'un était recouvert de velours vert, le deuxième était doré, le troisième était rouge sang et le quatrième était d'un bleu nuit parsemé d'étoiles argentées.

Leur regards se détachèrent des fauteuils et parcoururent les murs. En face d'eux se trouvait un tableau de dix mètres de large et de deux mètres de hauteur, touchant presque le sol.

Une porte, sur la toile, s'ouvrit alors et quatre personnes vinrent au-devant de la toile. Bouche bée, Severus et Minerva ne surent que dire.

- Nous avons de la visite, à ce que je vois, fit alors un vieil homme en riant doucement.

- Bien le bonjour jeune gens ! fit alors un homme bourru en rentrant dans la pièce.

Severus et Minerva dégainèrent leur baguette et se mirent en position de défense.

- Tout doux, fit l'homme sur un ton moqueur. Je suis un des descendants de Serdaigle, voyez-vous.

- Mais… murmura Minerva.

- Mais il n'y a personne dans ce château à part vos elfes et vos deux personnes ? Permettez-moi d'en douter ! Poudlard recèle de mystères…

- Suffit, crétinus, gronda un homme du tableau. Navré, Madame la Directrice, ce descendant aime taquiner les gens. Je me nomme Salazar Serpentard, descendant de Merlin Wyllt qui fut le fils de Myrddin et Soliana Wyllt dans les années 540 après J.C.. Et voici Godric, qui est déjà affalé à table en train de manger comme un porc, descendant de Merzilius, le frère de mon père.

- Bonjour à vous, je suis Helga Poufsouffle, fit une dame.

Minerva tourna la tête vers la voix provenant de leur droite. Severus observait la toile avec attention, essayant de deviner l'identité de chaque individu.

- Ma grand-mère a créé cette toile dix ans avant notre disparition, continua Helga. Elle nous a créé plusieurs toiles dans le château afin que nous puissions aider quiconque aurait besoin de notre aide. Malheureusement, la personne ayant pris en charge le Château après notre disparition a lancé plusieurs maléfices de blocage et il ne nous reste plus que l'accès à cette toile. Enfin, bienvenue dans la salle où nous prenions nos repas, tous les quatre. C'était un beau rituel…

- Nous avions nos tableaux dans chaque salle commune, intervint Salazar. Nous pensions ainsi pouvoir aller et venir, observer et conseiller nos étudiants. Nous aurions également pu prévenir les adultes d'un quelconque souci. Mais nous sommes bloqués entre trois toiles : celle dans une chambre à coucher où nous avons nos chambres, pour ainsi dire, ainsi qu'une salle de bain. Puis celle-ci.

- Bonjour, fit alors une autre femme qui arrivait sur la toile.

- Rowena Serdaigle, je présume ? demanda Severus.

- En effet.

- Votre fille a-t-elle connaissance de ces toiles ? demanda subitement Minerva, omettant de saluer la jeune femme qu'ils avaient devant eux.

- Non, malheureusement non.

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Loin de Poudlard, quelques heures plus tôt, en Irlande.

Un groupe d'enfants jouait dans la neige en riant. Quelques chats les suivaient et les coursaient dans la poudreuse blanche. Les températures étaient basses mais les adultes laissaient leurs enfants jouer et rire. Seul un enfant restait à l'intérieur, à observer ses amis et sa famille.

- Tu ne veux vraiment pas les rejoindre ? avait demandé Elizabeth.

L'enfant fit non de la tête avant de s'affaler dans un des fauteuils.

La mère de famille quitta la pièce, tristement. Harry avait senti une présence mais ne s'était pas retourné. Il adorait sa famille, mais il avait besoin de calme.

- Harry ? fit une voix d'homme.

L'enfant sentit une main se poser sur son épaule. Il soupira.

- Tout va bien ?

Il acquiesça. Mais cela ne sembla pas suffire, puisque des doigts fins se posèrent sur son menton, le forçant à regarder son parrain.

- A quoi penses-tu ?

Les yeux émeraude fuirent.

- Viens avec moi, fit Severus d'une voix autoritaire.

Il força l'adolescent à se lever et lui pris la main avant de l'amener dehors, loin des rires et cris de victoire dus à la bataille de neige.

- Pourquoi ne veux-tu pas jouer avec les autres ?

- Je… je pensais à papa et maman, murmura Harry.

Severus ne put s'empêcher de ressentir la tristesse dans la voix de son protégé. Lily…

- Ils seraient fier de toi, tu sais, fit Severus d'une voix lourde en émotions.

- Tu penses ?

- Bien sûr. Tu as bien grandit, tu as rejoint ta famille, tu as des amis… tu apprends vite, tu as de bonnes notes au collège et surtout, tu es un adolescent intelligent et adorable, Harry. N'en doute jamais.

- Tu seras toujours là pour moi, n'est-ce-pas ?

- Toujours.

Harry inspira alors avant de se fondre dans les bras du Maître de Potions. Severus, toujours quelque peu maladroit dans les démonstrations d'affection, lui tapota doucement le dos.

- Tu sais, tu peux aussi caresser le dos au lieu de tapoter, on dirait que tu veux me faire faire mon rot, là, se moqua doucement Harry.

- Je pourrais tout aussi bien t'enterrer dans la neige, fit sarcastiquement Severus alors que son filleul riait ouvertement.

- Tu n'oserais pas !

- Crois-tu ?

Harry n'eut guère le temps de réfléchir à sa réponse qu'il se retrouva avec de la neige dans le dos, puis les autres enfants arrivèrent dans leur direction tout en les mitraillant de boules de neige.

Noël approchait à grands pas et chacun profita pleinement de ce week-end de répit. Severus quitta le Manoir Potter en fin de journée, ayant une réunion avec les directeurs de Maisons et la directrice de Poudlard. Lord Dumbledore était enfin écarté de leur monde, et bien que cela paraisse encore irréel, il était enfin libre de montrer son vrai visage. Il avait également accepté la requête de Sergej : défaire les liens qui maintenaient la Marque du Seigneur des Ténèbres sur son bras.

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Magia observait tout ce petit monde avec une certaine fierté. Ses enfants pourraient enfin vivre plus librement, prendre des chemins un peu moins chaotique que ce que prédisaient les étoiles… Elle embrassa la neige une dernière fois, avant de rejoindre la source la plus proche.

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