Quand la pureté reste dans l'âme

Décembre 1989

Bonjour tout le monde !

Et bienvenue pour ce 21ème chapitre !

Merci à Plumedelou qui m'a énormément aidée dans la correction et merci également à Aleonor qui corrige la suite.

AnnaMerteuil : :D

Emishi-Haru : Bonjour et bienvenue dans mon monde ^^ Bonne lecture pour la suite !

Pims10 : Merci ! Elles sont véridiques en plus ;p

lesaccrosdelamerceri : Merci !

Clefto : Qui a dit que j'étais sympa ? ;p

Adenoide : Oui, c'était condensé, mais il aura des cours spécialement pour cela aussi. C'était une sorte d'introduction un peu trop dense :-).

Harry : :-D

Lils : merci !

Lilatloo : Bienvenue ;-) Merci infiniment pour ton commentaire, ca me fait chaud au coeur ! Ahah, Sev, je l'aime aussi ! Et t'inquiète, pour les 300 lignes je veux bien les lire en MP si tu veux ! Je suis preneuse de tout conseil / toute critique et idée.

Allez, zou, bonne lecture à tous ! Et passez un agréable week-end.

Poussière d'étoiles et poils de Maine Coon sur vous ;p

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 21 :

Décembre 1989

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La maison était en effervescence. Harry avait observé sa famille décorer la maison avec joie, et il ne comprenait pas. Jamais il n'avait pu fêter Noël, et à cela, Hardwin n'y avait pas songé. Ce fut Severus qui fit remarquer le visage perdu de l'enfant aux adultes.

- Oh mon Dieu… avait murmuré Elizabeth.

- Hardwin, tu devais aller au Ministère, tu veux que je m'en occupe ? demanda Severus.

- C'est mon rôle, mais… si ça ne t'embête pas…

- Je demanderai le titre de parrain c'est tout, grogna Severus pour la forme.

- Ok, chef ! fit Hardwin. Mais attends, je vais quand même parler deux minutes avec le petit.

Hardwin était donc allé rejoindre son fils, assis dans un coin.

- Hé, petit. Quelque chose ne va pas ?

- Je…

Harry n'arrivait pas à parler, la gorge nouée.

- Petit ange, tu peux tout nous dire.

Le regard perdu et incertain de l'enfant lui fit mal au cœur.

- Tu n'as jamais fêté Noël, c'est ça ? demanda doucement Hardwin.

L'enfant bougea la tête de gauche à droite.

- Mais tu sais ce que c'est ?

Harry acquiesça.

Son regard se perdit à nouveau. Chez les Dursley, il avait uniquement le droit de faire le repas et de prendre une sous-tasse remplie de ce qu'il voulait. Mais comme c'était une des plus petites sous-tasses, souvent rien d'autre qu'un petit morceau de viande ne tenait dedans. Et encore, si Dudley ne le bousculait pas en se moquant de lui. Le dernier Noël, Harry avait fait tomber sa sous-tasse à cause de Dudley. Et alors, en plus de ne pas avoir eu de nourriture, Vernon l'avait enfermé dans sa chambre – son placard – pendant deux semaines avec une tranche de pain tous les deux jours et un bol d'eau. Comme pour les chiens.

La vue de l'enfant se brouilla et il sentit une main essuyait ce qui coulait de ses yeux.

- Dé… désolé… papa, fit-il difficilement.

- Tu préfères en parler avec Severus peut-être ? Vous pourriez finir quelques potions si tu veux.

Il acquiesça. Pas qu'il ne voulait pas parler avec Hardwin, mais c'était difficile. Severus, au moins, n'insistait pas et le laisserait en paix tout en lui changeant les idées. Du moins, c'est ce qui s'était passé il y a quelques semaines.

Il aperçut alors l'homme en noir s'approcher de lui alors que son père annonçait son départ pour aller au travail.

- Harry ?

Il tourna alors la tête vers Severus mais resta au sol, alors l'homme s'assit à ses côtés. Ils étaient dans le salon, mais tout le monde était occupé et personne n'entendrait la conversation qui allait suivre.

- Noël est une belle fête, commença Severus. Elle permet de réunir les gens qui s'aiment et s'apprécie. Ce sera mon premier Noël en dehors de Poudlard, tu sais ?

- Vous… Tu… seras là ?

- Je serai là oui, ta mère m'égorgerait si je restais dans mon coin. Crois-moi, je ne suis pas quelqu'un de très… expressif.

- J'ai… remarqué, fit Harry en se raclant la gorge.

- Tu as peur ?

- Un peu.

- Il y aura du monde, concéda Severus. Des enfants de ton âge, et ceux que tu connais déjà. Ils ne te laisseront pas seul, ça je peux te l'assurer. Tu mangeras avec nous, vous irez certainement jouer ensemble. Je ne sais pas réellement comment se passera la première soirée de Noël, c'est Lianna qui planifie.

- Il y en a plusieurs ? fit Harry avec inquiétude.

Severus laissa un doux rire s'échapper.

-Normalement non. Mais le soir du 24, nous irons en Russie. Nous dormirons là-bas, aussi, et nous ouvrirons les cadeaux le 25 au matin.

- Oh.

- Qu'y-a-t'il ?

- Cadeaux… je dois en faire aussi ?

Severus sembla réfléchir un instant.

- Normalement oui, Harry, pour ceux que tu aimes bien. Tu n'y a pas pensé, n'est-ce-pas ?

Harry avait pâli et posé ses mains devant ses yeux. Severus prit alors le garçon contre lui.

- Ne t'inquiète pas. Je crois que tes parents n'ont même pas pensé à ça. Hardwin et Elizabeth adorent offrir et partent du principe que vous êtes encore trop jeune pour offrir d'autres cadeaux que des dessins comme fait Clarence. Mais cette année, Philipp et Abigaelle ont préparés de belles choses, et tes parents ne sont pas au courant. Si tu me fais confiance, je pourrais demander à Elizabeth de me laisser sortir avec toi en ville et nous irions chercher quelques petites choses.

- Mais… je n'ai pas d'idée… et pas d'argent.

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour l'argent, petit. Et en ce qui concerne les idées, tu en auras en voyant certaines vitrines, j'en suis sûr. Veux-tu ?

- Oui, fit doucement Harry. Si… cela ne te dérange pas…

- Ca ne me dérange pas, petit caillou, sinon je ne te l'aurais pas proposé ! Aller, zou, lève-toi garnement, sèche-moi ces larmes et file t'habiller convenablement. Je vais aller supplier ta mère de te laisser m'accompagner pour des achats d'ingrédients de potion.

- Han ! On fera des potions, après ?

- Si tu es sage ! fit Severus avant de se diriger vers son amie en plein débat avec Philipp concernant les couleurs des guirlandes.

Elizabeth accepta alors, demandant à Severus de la prévenir via un de ses phénix si quelque chose se passait ou si Harry paniquait.

Harry revint quelques minutes plus tard, chaudement habillé.

- J'en profiterai pour lui acheter quelques autres vêtements, car il fera bien plus froid qu'ici chez Lianna.

Elizabeth accepta et embrassa son fils.

- Sois sage, mon ange, et fait ce que Severus te dit, d'accord ?

- Oui maman.

- Je t'aime.

- Moi aussi, fit Harry en se blottissant contre sa mère.

Severus leva les yeux au plafond, toujours mal à l'aise avec ce genre de choses, et sentit avec effroi les bras de Harry et d'Elizabeth l'entourer.

Clarence, Philipp et Abigaelle vinrent également et ce fut le doux rire de Harry qui finit par détendre Severus Snape.

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*~*°O°o°O°*~*

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Le soleil brillait dans le ciel. L'air frais faisait un bien fou, même si les températures étaient bien basses. Snape avait emmené son petit protégé près de Newbliss, dans la rue commerçante sorcière.

En premier, ils allèrent chez Mr. Progaz'clothes et Severus eut un sourire sadique lorsque l'enfant grimaça.

- Aller, petit arbrisseau.

- On est obligé ?

- Oui ! Je l'ai promis à ta maman !

Boudeur, l'enfant entra alors dans le magasin. Il y avait des guirlandes partout. Le plafond en bois était décoré de boules qui voletaient doucement au-dessus d'eux et le parquet noir grinçait sous leurs pas. Le magasin semblait immense, contrairement à la vitrine.

Severus lui montra des capes en velours, des pantalons et des robes de sorciers plus chaudes. Il lui acheta une tenue pour Noël ainsi qu'une tenue pour le nouvel an. Il avait aussi eu droit à deux pyjamas vert et blanc cassé, un bonnet noir et des gants bien épais. Severus lui prit également des sous-vêtements plus chauds et quelques habits d'été qui étaient moins chers au vu de la saison actuelle. Le garçon grandissait tellement vite qu'il avait pris deux tailles au-dessus, afin que son amie n'ait pas besoin d'acheter d'autres choses d'ici l'été prochain.

Harry demanda également un conseil pour une écharpe et demanda à Severus de choisir. Surpris par cette demande, Severus obtempéra après quelques secondes de réflexion.

Ils allèrent ensuite dans un magasin de bibelots et Harry y trouva un magnifique vase fantaisiste qui coûtait deux Gallions. Il hésita un instant mais le léger – très léger – sourire de Severus confirma son choix. Sa mère aimait les fleurs, et elle serait heureuse d'avoir un vase supplémentaire. Il se promit de faire un petit dessin à côté.

Il trouva une peluche pour Clarence, un bracelet pour Jania et une chaîne en argent pour Alekzandra. Il prit quelques autres objets en essayant de cacher ses achats à Severus. Celui-ci ignora parfaitement le petit manège de son protégé et lui avait donné un porte-monnaie de la part de sa mère afin qu'il se sente libre de dépenser cet argent comme il le souhaitait.

Alors que Severus avait déjà payé ses achats, il annonça à Harry qu'il l'attendrait à l'entrée du magasin. Légèrement stressé, Harry se retrouva alors dans les rayons, entouré de monde qu'il ne connaissait pas. Il essaya alors de focaliser ses pensées sur ce qu'il cherchait.

Et que ne fut pas sa surprises lorsqu'il arriva au fond du magasin et que ses mains se posèrent sur une étagère bien poussiéreuse.

- Tu cherches quelque chose ? demanda la vendeuse.

Harry sursauta. C'était plus fort que lui. Il observa la jeune femme qui le regardait gentiment, et qui s'excusa de l'avoir effrayé.

- Je… je ne pense pas que vous avez ca, mais je voulais quelque chose pour mon père. Il adore les potions…

La vendeuse sourit.

- Tu es au bon endroit, alors. J'ai deux livres sur les propriétés méconnues de certains ingrédients, mais personne n'en veut. C'est un peu trop poussé, je présume.

Harry ne comprenait pas très bien, mais hocha la tête.

- Je veux dire, reprit la jeune femme, que peu de gens s'intéressent autant aux potions et qu'ils ne sont pas fous au point de vouloir connaître tous les ingrédients possibles. Ton père aime beaucoup les potions ou c'est juste un loisir ?

- Il en fait, il en crée… il aime beaucoup.

- Eh bien… tiens, fit-elle en dépoussiérant un grand livre bleu et argenté.

- Il coûte combien ? demanda doucement Harry, inquiet de ne pas pouvoir le payer.

- Je vais parler avec mon père et je reviens. Tu restes là ? Il y a d'autres choses sur les potions, tu peux choisir ce qui te plaît, je te l'offrirai, fit-elle avant de disparaître vers l'arrière du magasin.

Perplexe, Harry observa les rayons poussiéreux. C'était l'endroit le plus sale du magasin pourtant très bien entretenu. Il vit un petit carnet où une pancarte signifiait qu'il était indéchiffrable. Cela l'interpella. Il le prit alors, ainsi qu'un porte-fioles qui semblait protéger son contenant de plusieurs magies.

Du haut de ses neuf ans, Harry paniqua lorsqu'un homme plutôt bourru se dirigea vers lui, accompagné de la vendeuse.

Mais l'homme lui fit un doux sourire et prit deux autres livres avant de les réduire et les mettre dans un sac bleu turquoise.

- Tu souhaites prendre ceci également ? demanda-t-il en pointant ce que Harry avait dans les bras.

- Si… si j'ai assez, monsieur.

- Ce sont des choses de valeur, petit. Mais j'ai vu que tu es venu avec cet homme, qui t'attend à l'avant du magasin. Il a énormément de connaissances et ce fut un plaisir d'échanger avec lui quelques idées. Alors je t'offre une remise de cinquante pourcents sur ce que tu as pris. Et surtout, je te demanderai un Gallion symbolique pour ce grimoire dont personne ne veut. Il appartenait à mon grand-père, il y a son nom dedans. Mais personne ne s'y est réellement intéressé jusque-là et je suis certain que ton père saura quoi en faire.

- Mais… Mer… Merci, Monsieur, fit Harry, intimidé.

- Allez, viens mon grand, nous allons encaisser tout ça ! Et le sac-sans-fond est cadeau !

L'homme le frappa doucement à l'épaule et le poussa vers la caisse alors que Severus souriait à Harry, se moquant doucement de son air suppliant.

L'enfant aurait préféré, en fin de compte, que Severus reste avec lui au lieu de le laisser seul.

Harry paya alors la somme demandée et remarqua dans un soupir que sa bourse était quasiment vide. Severus l'attira vers lui en le prenant dans ses bras, comme pour le féliciter de ne pas avoir paniqué devant l'homme grand et fort qui avait l'air aussi doux qu'un yéti. Severus fit un geste de la main pour saluer le gérant du magasin qui deviendra très certainement un des clients du Laboratoire qu'il mettait en place avec Hardwin.

- Tu viens, on va manger un petit goûter.

- Il est déjà l'heure ?

- Pas vraiment, mais je pense que tu as eu assez d'émotions pour mériter un bon chocolat chaud, non ?

Harry retrouva alors le sourire et prit instinctivement la main de son tuteur provisoire.

Le reste de l'après-midi se passa plus agréablement et Severus l'emmena dans un petit magasin de papeterie magique. Là-bas, ils purent emballer leurs cadeaux à l'abri des regards avec quelques décorations supplémentaires sur les paquets.

Harry avait réellement pris du plaisir à choisir les motifs et lesquels devaient bouger ou non sur le papier. Il y avait un sortilège d'activation qui permettait aux motifs de bouger durant quelques heures, et ce serait parfait pour le temps de déballage.

Severus donna quelques sacs à Harry et ils se dirigèrent vers une impasse avant d'appeler un phénix et d'atterrir devant les grilles du Manoir Potter.

Elizabeth les accueillit et monta les cadeaux avec Harry. Elle lui expliqua qu'elle les amènerait chez Lianna et que tout serait caché dans un endroit secret. Clarence croyant au Père Noël, comme certains autres enfants, les cadeaux seront placés par les elfes autour du sapin chez les Mordinov. Harry sembla soudainement paniqué.

- Et Salazar ?

- Hm ?

- Est-ce-que… est-ce qu'il pourra être avec nous ? Je… je ne veux pas le laisser seul ici… pas à Noël.

- Bien sûr, je prendrai Eizan aussi. Salazar sera heureux d'être avec toi, fit Elizabeth en caressant le dos de son fils.

Celui-ci soupira de soulagement.

- Je sais que tu aimes beaucoup Salazar.

- Mais il vit sa vie aussi, fit tristement Harry. Peut-être qu'il ne veut pas fêter Noël avec nous ?

- Salazar est un chat, petit ange. Il ne sait pas ce qu'est réellement Noël je pense, mais ce que je sais, c'est qu'il sera heureux d'avoir ton attention et ronronnera de plaisir sous tes gratouilles.

Harry retrouva instantanément le sourire.

- Puis Eizan t'aime bien aussi, il restera certainement près de Salazar.

- Normal, c'est son papa.

- C'est surtout que ce sera le seul chat aux alentours, Eizan n'est pas encore très rassuré lorsqu'il n'est pas près de sa famille. Aller, on descend. J'ai hâte de voir les horreurs qu'à pris Severus pour t'habiller !

- Mais c'est beau, maman ! râla Harry.

- Hm, un homme choisir des vêtements ? Il n'a jamais eu d'enfant et ne sait même pas gérer sa garde-robe, alors…

- Il s'habille quasi toujours en noir, renchérit Harry en riant doucement.

- Et il adore un peu trop le vert à mon goût ! fit Elizabeth en poussant l'enfant vers le couloir menant aux escaliers.

- Mais je te promets, je trouve ça beau, ce qu'il a pris.

- Tu me rassures, on verra ça. A-t-il prit quelque chose pour lui ?

Harry fronça les sourcils.

- Non… je ne crois pas. Il a acheté quelques petits trucs mais c'était pour des cadeaux.

- Ok, soupira Elizabeth. Il faudra le forcer à prendre soin de lui alors !

- Ok maman !

Ils descendirent les marches avec le sourire, rejoignant le reste de la famille. Severus, lui, rentra à Poudlard pour un tour de garde pour ensuite s'endormir, épuisé, sur le canapé de ses appartements privés.

Comme Dumbledore ne se doutait absolument pas de son héritage et était habitué à ce que son enseignant sorte peu de ses appartements, il ne fut pas surpris de ne pas le voir de la journée.

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Dimanche 24 décembre 1989

Severus Snape se leva difficilement du canapé qui lui avait servit de lit pour la nuit. Râlant contre les courbatures, il se doucha et s'habilla en quatrième vitesse. L'heure du petit déjeuner arrivait à grands pas, et il devait faire acte de présence dans la Grande Salle.

Une cinquantaine d'élèves étaient restés cette année, dont les jumeaux Weasley qui voulaient passer leur premier Noël à Poudlard. Charlie leur avait conseillé de rester bien loin des manigances de Dumbledore et de se faire oublier pendant les vacances.

Arthur Weasley avait été triste de voir que sa famille ne serait pas réunie pour les fêtes, mais Charlie l'avait rassuré : les jumeaux profiteraient pleinement de la fête à Poudlard, et ils seraient sages.

Molly avait rit à cette remarque, n'en croyant pas un mot, et Arthur avait défendu les jumeaux en arguant qu'ils avaient beaucoup d'imagination et qu'il fallait bien qu'ils l'utilisent pour faire rire les autres.

Ce fut avec tristesse qu'il vit sa femme ignorer ses paroles et faire comme si Ronald et Ginny étaient les seuls enfants importants de la famille. Charlie et Bill ne s'en formalisaient pas, mais Arthur sentait que quelque chose avait changé depuis quelques années dans le comportement de sa femme. Malheureusement, il n'avait jamais de réponse des Prewett lorsqu'il leur envoyait un hibou.

- Fabian ne te manque pas ? avait-il alors demandé à Charlie, loin des oreilles de sa femme qui aurait explosé de colère à l'entente de son nom.

- Papa… fit Charlie en réfléchissant rapidement.

Devait-il le prévenir que Fabian était en contact permanent avec les jumeaux ? Devait-il, au préalable, en parler à Snape ?

- Tu peux me le dire, tu sais. Je ne me fâcherai pas. J'ai essayé de reprendre contact avec lui, mais il ne répond pas aux hiboux…

Charlie stoppa net ses pensées. Est-ce que Dumbledore bloquait les hiboux de la famille ?

- Depuis que ta mère a rompu les liens pour je ne sais quoi, son caractère a légèrement changé. Ca s'est fait en douceur, mais je suis certain que ce fut le moment déclencheur… je ne m'en suis pas rendu compte immédiatement, malheureusement…

Charlie décida alors d'en parler à Snape, après les vacances de Noël.

- Tu ne sais pas pourquoi maman s'est disputé avec lui ?

- Pas réellement non. A part que depuis ce jour-là, elle a refusé net que l'on continue de vous transmettre les valeurs familiales. Heureusement, Bill et toi avez pu en profiter. On dirait que même les jumeaux en ont profité malgré leur bas âge à cette époque.

- Les jumeaux, quand ils ne font pas leurs blagues, intervint Bill en arrivant dans le salon, se tiennent merveilleusement bien en société. Tu te souviens, au Ministère avant la rentrée ? Fred et George sont restés près de nous et ont salué les passants avec nous quand on t'attendait. Ils étaient calmes. C'était impressionnant.

- Alors que Ron crie et pleure pour un rien, grogna Charlie. Je l'aime bien, papa, n'en doute pas, mais il est bien trop impulsif pour son propre bien. Puis son amie… Elle est extrêmement intelligente, heureusement d'ailleurs, car elle le recadre. Mais je n'aime pas trop le regard de Dumbledore sur eux…

- Quel regard ? fit Arthur, en fronçant les sourcils. Il est toujours bienveillant.

- Un peu trop, fit Bill. On dirait qu'il calcule chaque acte, chaque discussion. Tu n'as pas vu le sourire manipulateur lorsque Ginny a fait une crise de jalousie contre la meilleure amie de Ron ?

- Non… j'avoue que je n'y ai pas fait attention.

- Papa, reprit Charlie. Tu fais toujours de l'occlumencie et de la légilimancie ?

Arthur, surpris par cette question, réfléchit un instant puis pâli.

- Oh.

- Depuis quand ?

- Depuis… depuis que Fabian ne vient plus, je n'y ai plus pensé, chuchotta Arthur en réfléchissant. Les enfants, reprit-il plus gravement. Evitez de regarder Dumbledore directement dans les yeux, fixez plutôt son front… Je crois que…

- Les garçons ! fit Molly en arrivant dans le salon. Que faites-vous là ? cria-t-elle. Des cachotteries ?

- Non maman, on discute ! fit Charlie en se forçant à rire.

Mais Molly ne fut pas dupe.

- Je ne veux pas de manigances sous mon toit ! Et Albus vient dans dix minutes, il vient d'appeler par cheminée pour me dire de vous prévenir. Allez vous habiller !

Charlie monta alors les escaliers et Arthur fixa étrangement un objet qui avait brillé. Pourtant, il n'y avait pas eu de soleil. Étaient-ils surveillés ?

- Arthur ! Dépêche-toi !

- Oui ma chérie, ne soit pas si stressée voyons ! C'est Noël aujourd'hui, fit Arthur d'une voix douce. J'irai à la salle de bain après les garçons. Ginny et Ron sont-ils levés ?

- Mais non voyons ! fit Molly sur un ton réprobateur. Ils sont petits, ils ont besoin de dormir, ces deux pauvres petits anges !

Arthur haussa un sourcil et préféra quitter la pièce sans rien dire. Il était onze heures et jamais elle n'avait laissé les enfants dormir aussi longtemps. Elle exécrait, avant, que ses enfants ne soient pas prêts quand un invité se présentait à la maison.

Lorsque tous furent prêts à accueillir comme il se doit – pour quelle raison d'ailleurs ? – le directeur de Poudlard, Arthur, Charlie, Bill et Percy descendirent les escaliers et disposèrent les tasses de thé sur la table à manger ainsi que quelques gâteaux faits par Molly. Le directeur arriva alors, le sourire aux lèvres.

- Bonjour les enfants ! Tenez, j'ai apporté quelques petits cadeaux pour vous, fit l'homme en posant un sac au sol.

- Oh merci Albus ! Fit Molly particulièrement joyeuse. Mais il ne fallait pas voyons ! Du thé ?

- Avec plaisir, Molly.

Arthur fronça à nouveau les sourcils et sentit Dumbledore lire ses pensées. Il aperçu alors des étincelles dorées sortir des doigts du directeur et décida de jouer le jeu, se protégeant d'un informulé typique de sa famille et Dumbledore n'y vit que du feu bien que l'esprit d'Arthur tournait à toute allure. Il échangea un regard avec Charlie qui lui aussi avait remarqué ce qui venait de se passer et hocha légèrement la tête en souriant.

Charlie semblait en savoir plus qu'il ne le pensait, et Arthur se promit de tirer certaines choses au clair.

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Un phénix au ventre violet et plumes rouge vif perça les protections de la grille du Manoir de Liberty Charms.

Le regard rose bonbon de l'animal se posa sur son maître qui prononça quelques mots de passe afin de dépasser les dernières protections.

Zéphyr était certes inclus dans la famille et aurait pu faire apparaître son maître dans le salon des Potter, mais Severus tenait à rester poli et ne voulait en aucun cas s'imposer ainsi. Il avança alors et frappa à la porte.

Ce fut Philipp qui l'accueillit en souriant et ils se dirigèrent vers le salon décoré d'un grand sapin, de guirlandes lumineuses.

- Bien tout le monde est là ! fit Hardwin. Comment vas-tu, Severus ?

- Bien, merci. Dumbledore pense que je suis encore à Poudlard, je lui ai dit que je ne viendrais pas au repas du soir car trop de copies à corriger et de potions sur le feu. Il n'était pas très heureux de cette nouvelle et tentera certainement d'accéder à mes appartements…

- Un elfe de Lianna te ramènera à Poudlard si nécessaire, intervint Eulia qui tenait sa fille par la main.

Severus salua alors l'ensemble des personnes présentes et ils disparurent, chacun leur tour, dans le réseau de cheminette.

Hardwin fut le dernier du groupe à quitter les lieux et éteignit toutes les lumières en tendant la main, un sourire sur les lèvres.

Ce sera le premier Noël de leur enfant de cœur et de sang, le premier Noël durant lequel Harry sera libre de rire, jouer et manger comme il le souhaite.

Le premier Noël de Severus aussi, loin de ses soucis et de sa peine d'avoir perdue Lily. Car maintenant, il avait Harry qui le regardait avec admiration et surtout Elizabeth et Hardwin veillait toujours à le sortir de ses idées noires.

Sergej et Lianna, bien que la distance physique fut évidemment un souci les premiers mois, s'étaient eux aussi intégré à la famille d'Alekzandra. Sans compter qu'aujourd'hui serait une grande fête, réunissant la grande famille qu'ils formaient depuis l'arrivée du petit Harry Potter.

Noël est une fête unique en son genre, remplie de joie, des fois de tristesse lorsque des personnes manquaient à l'appelle. C'est un moment familial, mais aussi d'accueil lorsque quelqu'un était seul et que ses amis ne souhaitaient pas le laisser se morfondre dans son coin.

C'est une fête magique, faite d'étincelles de bonheur et de joie. De cadeaux, de nourriture, de rires, de jeux. C'est le moment où se retrouvent les familles et amis, afin de profiter d'un moment de joie qui laissera une trace dans le cœur et l'âme de chacun. Une trace de bonheur. Un moment de joie.

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