Quand la pureté reste dans l'âme

Reappraisal

Bonjour et bienvenue pour ce nouveau chapitre !

Je ne pouvais pas attendre le weekend (rires).

Merci encore pour tous vos commentaires.

Je tiens à préciser que, techniquement, Ginny n'est pas censée avoir eu des rapports sexuels. Mais souvenez-vous, dans l'un des précédents chapitres, des romans étranges que lui donnait à lire sa mère et Albus Dumbledore ? Dumbledore ne joue pas aux billes avec eux, quand il leur donne des cours privés. Il prépare son plan, il le potasse à merveille…

Clefto : Oui, Sirius est un crétin ! :-D Je pense qu'il n'a jamais accepté la mort de Lily et James. Il a bien dit "James" à Harry avant de se prendre un sort dans le Département des Mystères…

Harry : réponse dans ce chapitre pour l'explosion ! Non, ce n'est pas Voldychou !

Adenoide : Ginny est attirée comme un aimant par Harry. Comment ? Il faudrait poser la question à Dumby. Pour ce qui est de Molly : elle s'en mordra les doigts, le jour où elle s'en rendra compte… si jamais elle s'en rend compte un jour.

Pims : Je pense (j'espère !) que tu ne seras pas déçu !

TeZuKa j : Merci !

Lana : Merci pour la review !

Bonne lecture à vous.

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

Chapitre 46 :

Reappraisal

Remise en question

*~*°O°o°O°*~*

Ecoute : Musique celtique de l'océan - Atlantis | Belle bande-son fantastique

Celtic'Muffin,

Bureau du Docteur Elya James,

Psychomage

Sirius s'était renfermé sur lui-même. Il ne sortait plus de sa chambre, si ce n'est pour apparaître au repas du soir. Il lisait les magasines dans sa chambre, afin de se trouver un nouveau petit nid douillet, mais son visage restait détaché de la réalité.

Il essayait de réfléchir à ses actions, et pensait avoir réussi à surmonter sa tristesse en prison mais se rendait compte que tout n'était pas encore bien clarifié dans son esprit. Son phénix l'observait tristement à longueur de journée, ne trouvant rien pour le sortir de son mutisme si ce n'est que de prévenir le docteur James.

Son Maître ne le nourrissait d'ailleurs que s'il insistait en picorant ses mains et ses bras. Sirius semblait déprimer et dépérir. Les médecins l'avaient bien sûr remarqué mais laissèrent la psychomage s'en occuper avant la visite médicale hebdomadaire.

Elya James fut heureuse de voir Alios qui apparut le matin même dans son bureau et déposa une plume sur son bureau. C'était donc le moment approprié pour donner un petit électrochoc à son patient. Elle comprit l'appel à l'aide de l'oiseau et lui caressa la tête, l'informant qu'elle passerait dans la journée afin de mettre un bon coup de pied aux fesses de son Maître – au sens figuré bien entendu –.

Elya se fit donc un plaisir d'aller chercher Sirius directement dans sa chambre et le tirer jusqu'à son bureau par l'oreille.

Elle le poussa vers une chaise et claqua la porte avant d'ouvrir toutes les fenêtres d'un coup de main en l'air.

- Alors, Monsieur Black, que se passe-t-il dans votre petite tête ? Un caprice ? Un chagrin d'amour ?

Sirius, la bouche ouverte, fixa Mrs. James qui était bien agressive par rapport à d'habitude.

- Fermez votre bouche, si ce n'est pour vous expliquer.

- Je… fit-il en baissant la tête. Je me suis comporté comme un idiot.

- Ah oui ?

Sirius expliqua, malgré lui, brièvement ce qui s'était produit chez les Potter et sa remise en question quant au deuil de son meilleur ami.

- En effet, le petit n'est pas son père, fit durement Mrs. James.

Bien qu'il l'ait déjà remarqué, l'entendre dire lui faisait mal.

- Navrée de vous faire redescendre sur terre, Monsieur Black, mais vous êtes adulte et vous avez également toutes les responsabilités qui vont avec. Vous ne pouvez pas vous permettre ce genre de comportement, et encore moins ici, au Centre. Vous vous êtes renfermés sur vous-même ces derniers jours et comprenez-moi bien : vous allez passer un sale quart d'heure, chez le docteur général qui vous suit, durant votre prochain rendez-vous hebdomadaire.

Sirius fixa ses mains, en inspirant profondément alors que sa psychomage reprenait son discours.

- Savez-vous au moins ce que signifie le terme « parrain » ? Lord James Potter vous a fait l'honneur de vous nommer ainsi pour son fils unique, et ce n'était certainement pas pour vous permettre de parler de la sorte de cet enfant. Le petit est un enfant qui a vécu de terribles et désagréables choses dont vous n'imaginez même pas la moitié. Vous rendez-vous compte de votre égocentrisme ?

- Il… Je… il ne ressemble pas à son père et… je croyais le retrouver… je croyais retrouver James en Harry, mais non c'est impossible… Nous avons toujours été des enfants, on a toujours aimé déconner…

- Vous êtes adulte, Monsieur Black, alors comportez-vous comme tel, nom d'un scroutt à pétard ! Quelle responsabilité avez-vous envers cet enfant, d'après vous ?

- Je… Je ne sais pas. J'imagine que je devrais jouer avec lui, que l'on devrait faire les quatre cents coups…

- Non. Vous êtes censé être son point de repère, pas son meilleur ami, fit plus doucement la psychomage. Bien entendu, dans les cas normaux, un enfant peut se confier sans souci à son parrain ou sa marraine et préfère lui parler de choses qu'ils ne veulent pas aborder avec leurs parents. Vous devez être présent pour lui, répondre à ses questions et l'aider. L'encourager à faire ce qui est bon pour lui, et non pour vous. Le conseiller et l'aimer comme un fils, comme un neveu, non comme un frère ou un ami.

Sirius fixait à présent les arbres à l'extérieur en acquiesçant. C'était difficile à assimiler.

- Vous ne retrouverez jamais votre meilleur ami en lui, car ce n'est pas une réincarnation mais le fruit de l'amour entre deux personnes qui vous étaient chères. Vous n'avez pas le droit de dénigrer le fruit de cet amour pour votre propre besoin, Monsieur Black. Soit vous prenez vos distances, soit vous acceptez votre rôle. Mais avant tout, il me semble important que nous discutions de votre ami. Êtes-vous déjà allé vous recueillir sur sa tombe ?

Sirius tourna vivement la tête vers elle et l'observa pour la première fois de la journée, la bouche ouverte.

- Euh…

- Vous me regardez comme si j'étais la plus idiote du monde, pourriez-vous m'expliquer vos pensées ?

- Je… Non, vous n'êtes pas idiote, c'est juste que… je ne comprends pas votre question, fit-il en fronçant les sourcils.

- Êtes-vous déjà allés vous recueillir sur la tombe de Lily et James Potter, Monsieur Black ?

- Je… ils ont… oh.

- Puis-je avoir une réponse courte, claire et concise, Monsieur ?

- Non, je n'y suis jamais allé, je ne savais même pas qu'ils avaient été enterrés, ça me parait logique bien sûr, mais… je ne sais même pas où, en fait. Et…

- Et ? répéta la psychomage en haussant un sourcil.

- Je… je ne sais pas pourquoi cela m'aiderait, fit-il plus bas.

- Voir l'endroit où ils dorment pour toujours vous aidera à comprendre la réalité des faits. Votre subconscient vous joue des tours et j'ai l'impression que vous n'assimilez pas réellement le fait et les mots le décrivant.

- C'est-à-dire ?

- Votre esprit ne semble pas accepter le lien qui a entre la phrase « Mon meilleur ami est décédé. » et l'état de fait, que votre ami soit bien six pieds sous terre.

Aussi dur que cela puisse paraître, elle avait enfin touché le noyau du problème. Sirius pensait avoir fait son deuil, mais une étape importante restait encore inachevée. Elya se dit qu'elle devrait en parler avec Elizabeth, mais le secret professionnel… elle soupira.

- Avec votre accord, Monsieur Black, je pourrais demander à Elizabeth si une personne de votre entourage pourrait vous accompagner sur cette tombe. Est-ce que cela vous paraît faisable ?

Sirius sembla réfléchir, et les diverses grimaces douloureuses apparaissant sur son visage montraient qu'il combattait intérieurement contre quelque chose.

Il finit par inspirer profondément.

- Oui.

- Très bien, j'écrirai à Elizabeth. Maintenant, discutons de vos amis d'enfance, voulez-vous ?

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

L'édition de la Gazette du Sorcier avait fait le tour de l'Angleterre. La Ministre Bagnold resterait durant une semaine aux côtés de Kerstin Caithbright qu'elle connaissait déjà. Elle l'avait soutenue durant toute sa campagne et ne comptait pas l'abandonner. Kerstin était une femme mince, d'environ un mètre soixante-cinq mais qui avait une grande autorité. Elle arrivait à se faire respecter de n'importe qui et avait une force morale plus grande encore que Millicent.

Millicent organisa une rencontre avec quelques Lords et Kerstin, afin de lui présenter les personnalités qui se liguaient contre une seule et même personne. Kerstin rencontra alors, en Ecosse dans un café du village de Galloway, les lords Léto, Severus et Silius Prince accompagnés d'Ornelia Prince, les Lords Hardwin et Abraham Potter, Lord Fabian Prewett, Lord Arthur Weasley ainsi que les Lords Orion et Althus Black accompagnés de leurs épouses.

Kerstin avoua sa surprise, car elle pensait que ces familles s'étaient éteintes. Cela déclencha une vive réaction de la part de Silius et Orion, mais Kerstin s'imposa en haussant elle aussi le ton.

- Ce que j'ai dit ne signifie aucunement que je dénigre vos familles, très chers Lords, alors veuillez bien me laisser terminer ma phrase ou je vous envoie aux cachots du Ministère !

Les hommes, surpris et mal à l'aise, se turent alors.

- Votre existence, du moins surtout celle des Potter et des Prince, m'étonnent en effet mais je suis bien heureuse que vous soyez encore là. En effet, j'ai bien conscience que certains personnages aimeraient que vos branches familiales disparaissent, ce qui serait bien triste.

- Lord Dumbledore a demandé un entretien avec Kerstin la semaine passée, continua Millicent.

- Je l'ai reconduit trois fois, l'interrompit l'intéressée en soupirant. Est-il toujours aussi… Imposant ?

- Il a tendance à beaucoup empiéter sur la vie des gens haut placés, répondit alors Léto. N'est-ce pas, Mrs. Bagnold ?

- Effectivement.

- Il ne comprenait pas pourquoi j'engageai un précepteur pour mes enfants et ne les envoyait pas à Poudlard, fit doucement Kerstin, mais je doute que ce fut la raison de cette demande d'entretien.

- Vous devriez accepter, simplement par curiosité, proposa Silius.

- J'ai d'autres choses à faire que de rencontrer cet homme, contra Kerstin.

- Il fait partie du Magenmagot, fit justement remarquer Severus. Refuser un tel rendez-vous pourrait nuire à votre réputation, sans vouloir vous offenser, Madame la Ministre.

- Vous avez raison, répondit Kerstin. Mais que me veut-il ? Je n'ai jamais confiance en les vieux papy-gâteaux fans de bonbons au citron.

Le petit groupe eut alors un fou rire.

- Non mais c'est vrai ! se défendit la jeune femme. D'autant plus qu'il précisait souhaiter me voir seul.

- Oulà, s'exclama Ornelia dont les yeux laissaient entrevoir la crainte. Ne faites surtout pas cela, Mrs. Caithbright. Sans vouloir vous manquer de respect, bien entendu, mais je doute que cela ne soit sans conséquences.

- Que voulez-vous dire, Lady Prince ? fit alors Kerstin soudainement intéressée par la tournure de la conversation.

Quelque chose se tramait sous ses yeux. Une chose qu'elle ne comprenait pas encore, à vrai dire. Son amie avait insisté pour l'emmener à cette rencontre et avait expressément demandé à ce que cela reste secret.

- Je n'ai pas confiance en cet homme, répondit lentement Ornelia. Il a une puissance qu'il ne faut pas ignorer, et j'ai des raisons de croire qu'il vous manipulera afin que vous le souteniez, Madame.

- J'ai appris qu'il avait manipulé certaines personnes au Ministère, Lady Prince. Je ne peux bien entendu pas vous en dire plus, mais je peux vous assurer que je ne le soutiendrai pas.

- Si je puis me permettre, intervint Léto, je vous conseillerais d'être en présence d'un de nos amis russe durant cette éventuelle rencontre.

- Pourquoi donc, et qui est-ce ?

- Il se nomme Arsene Mordinov.

- Un descendant de la cour royale ? s'étonna Kerstin.

- Effectivement, répondit Hardwin. C'est un vampire, et il a déjà réussi à contrer les sortilèges de manipulation lancés par Lord Dumbledore. Je crois qu'il sera à même de vous protéger, sans que Lord Dumbledore ne remarque sa présence.

- Comment un sorcier si puissant que Dumbledore ne remarquerait-il pas la présence d'un vampire ? demanda Millicent en fronçant les sourcils.

- Si Albus Dumbledore est en confiance, pense être seul avec vous et est concentré sur son propre plan, alors il ne remarquera rien, annonça Severus.

- Vous semblez réellement méfiant envers cet homme, remarqua Kerstin.

- Il a cherché des noises à nos familles depuis quelques décennies, commenta Silius comme s'il parlait du beau temps. Il se permet beaucoup de choses qu'il n'a normalement pas le droit de faire mais comme il inspire la confiance à quiconque se trouve sur son chemin… Vous savez bien, seul Lord Voldemort lui tient tête.

- Vous pensez qu'il reviendra ?

La question de la Ministre resta en suspens et chacun se perdit quelques instants dans ses pensées.

- Millicent m'a annoncé que vous saviez quel type de magie pourraient manier les cracmols, pourriez-vous m'en dire plus ? demanda soudainement Kerstin.

- Pas réellement, répondit Althus Black, mais la famille Royale de Russie a déjà proposé de vous rencontrer afin de vous éclairer sur ce sujet.

La carafe qui voletait au-dessus de la table attira l'attention de la Ministre. Silius se servait de sa main pour guider, au loin, la carafe d'eau qui leur servit quelques verres. Étonnée, Kerstin fixa la main du vieil homme.

- Plaît-il ? demanda l'homme avec un visage faussement innocent.

Severus eut un rictus moqueur. Pour la subtilité, il pouvait recommencer.

- Vous utilisez la magie sans baguette, fit remarquer Kerstin, surprise.

Millicent laissa alors un sourire éblouissant se dessiner sur ses lèvres. L'après-midi promettait d'être constructive.

.

*~*°O°o°O°*~*

.

La nouvelle Ministre en fonction profita pleinement de ces heures de discussion à l'abri des regards et des oreilles, loin de Londres. Ils étaient sortis du café et s'étaient promenés dans les champs environnants, profitant de l'air doux et chaud du mois d'août. Elle entendit alors parler de la magie sans baguette, de l'utilisation secondaire des baguettes magiques et de l'enseignement anglais qui prônait cette utilisation pour tout et n'importe quoi.

Cela avait débuté au début des années 1900 avec la bien connue Heliotrope Wilkins qui fut, à l'époque, la directrice de Poudlard. Elle avait imposé l'achat d'une baguette magique avant l'entrée à Poudlard et introduit le terme « magie incontrôlée » dans le jargon sorcier pour les enfants en bas âge, si bien que les générations suivantes crurent que la magie, effectuée sans baguette, était considérée comme dangereuse. Il faut dire que le gouvernement d'époque aidait également dans ce sens, interdisant aux enfants l'accès à une baguette ainsi que la pure et simple interdiction d'utiliser la magie. Ce qui s'avérait, en réalité, bien complexe à interdire.

Dexter Fortescue, un des prédécesseurs de Lady Wilkins, tenta de mettre fin à ces balivernes. Cela resta cependant sans succès car Phineas Black reprit le chemin de Wilkins. Dumbledore avait alors continué sur la lancée, et devenait un des rares sorciers à avoir appris à gérer la magie sans baguette dès son plus jeune âge grâce à ses parents. Il fut alors immédiatement considéré comme un grand mage ayant des capacités bien plus grandes que le commun des sorciers. Croyance qui était, en réalité, erronée.

Mais cette croyance prenait de l'ampleur de génération en génération et certains se complaisaient dans celle-ci. Comme peu de sorciers s'ouvraient au monde extérieur – c'est-à-dire aux autres pays – personne ne remarquait plus les différences entre les différents habitants de la planète. Car – et ce fut certainement ce qui fit l'effet d'une douche froide pour la nouvelle Ministre – il était commun pour les sorciers irlandais et russes, par exemple, d'utiliser la magie sans baguette.

Elle annonça y réfléchir dans les prochains mois et s'informer davantage sur ce sujet. Elle-même utilisait sa baguette pour quasiment tout et cette information lui fit froid dans le dos. D'autant plus que Léto Prince ne sembla pas prendre le sujet avec des pincettes et l'informa brièvement de sa vision des faits : ces personnes voulaient prendre le pouvoir sur le peuple anglais au fur et à mesure, et cela s'avérait bien entendu dangereux.

Elle prit également connaissance du projet d'un procès avec Lord Dumbledore et fut étonné que les Lords ne lui demandent pas son soutien.

Ils l'avaient simplement informé du sujet, sans entrer dans les détails et sans lui demander de les soutenir.

Elle appréciait ces personnes et se surprit à leur demander quelques conseils pour le Ministère. L'après-midi avait été bénéfique pour chacun et Millicent fut fière d'avoir organisé cette rencontre.

Le retour au Ministère fut assez difficile pour Kerstin qui avait bien trop de choses en tête. Elle ne remarqua guère les regards des autres sur son passage ni les murmures dans le Hall. Millicent ouvrit la porte du bureau ministériel et la fit entrer.

- Il va falloir t'y habituer, ma grande, fit-elle légèrement moqueuse.

- Désolée… Je crois qu'effectivement je préfèrerai arriver directement dans mon bureau par cheminée. Ca fait un peu asocial mais bon.

- Effectivement, oui, rigola Millicent. Alors, que penses-tu de ces personnes de la haute ?

- Ils semblent aimables, de bon conseils et surtout aussi simples que des gens normaux. Je ne sais pas si cela se fait, en tant que Ministre, mais j'aimerais les rencontrer de temps à autre. Les conversations furent rafraîchissantes, et je crois que je les apprécie.

- Je ne pense pas que cela pose un quelconque problème, et quand bien même tu as parfaitement le droit d'avoir une vie privée et des relations avec les personnes de ton choix. Et ne perds pas de vue Lord Weasley, s'il te plaît. Il a besoin de soutient même si tu restes loin de lui.

- Oui, ne t'inquiète pas. Tu m'aides à trier les dossiers, ou tu m'abandonnes ?

Millicent observa son amie en souriant.

- Allez, soyons folles, je t'aide !

Elles rirent durant quelques instants. Millicent n'était plus la Ministre et n'avait techniquement plus le droit d'aider l'actuelle en quoi que ce soit, mais cela leur importait peu. Elles préféraient s'entraider et se conseiller mutuellement plutôt que rester seules face à ce peuple. Kerstin prévoyait déjà quelques réformes sans passer par la case «Magenmagot» et cela allait faire jaser, quelque soit l'opinion publique. Les deux femmes prévoyaient un réaménagement du Ministère tant d'un point de vu moral qu'au niveau du bâtiment simplement tenu par la magie.

Que se passerait-il, si les sortilèges permettant les accès aux divers niveaux souterrains s'écroulaient ? La Magie supportait toute la bâtisse et des fissures dans les sortilèges de protection et de tenues se voyaient grâce à certains diagnostiques.

Mais les gens, trop habitués à cela, préféraient laisser les choses telles-quelles, pensant que la Magie tiendrait indéfiniment puisque le Ministère était censé en être le « Siège ».

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

Juste avant les résultats du vote,

Poudlard,

Bureau directorial

La rentrée allait bientôt poindre le bout de son nez, mais le Directeur de la meilleure Ecole de Sorcellerie d'Angleterre tournait en rond dans son bureau ovale. Minerva avait décliné l'invitation à prendre le thé prétextant devoir s'occuper de sa famille, et les autres enseignants arriveraient au cours de la semaine.

Il était bien fier de son coup, à vrai dire. Il avait réussi à convaincre plus de deux cents personnes de voter pour son vieil ami, Cornelius, qui écoutait religieusement chacun de ses conseils. Cela ferait un pied-de-nez au Ministère et avec un peu de chance, provoquerait une réélection. Ca lui laisserait le temps de convaincre plus de personnes encore…

De toutes façons, de nos jours, peu de personnes prenaient encore le temps d'aller voter et chacun vivait sa petite vie.

Il voulait justement partager cette réussite avec son adjointe qui avait, elle aussi, voté pour Fudge.

Entre Abercria McFlowers qui osait lui renvoyer chacun de ses courriers non décachetés, cette Kerstin Caithbright qui voulait réformer tous les services du ministère en offrant plus de droit qu'il n'en faut à la population et Cameron Caithbright, le mari de Kerstin, qui voulait à tout pris réintégrer la magie sans baguette aux différents programmes scolaires… mais où allait le monde ? Sans compter Vincent Stuart qui n'avait aucune réelle notion de politique et Edgar de Nothampton bien trop âgé qui lui mettrait certainement des bâtons dans les roues…

Il comptait sur ses amis pour convaincre d'autres personnes afin d'élire plus facilement Cornélius. Le Ministère avait beau avoir annoncé que seulement cinq candidats étaient bons à être élus, il connaissait assez de monde au Magenmagot et au Ministère en général pour faire flancher les plus hauts placés.

Dumbledore inspira doucement l'air tiède du bureau et repris place dans son fauteuil en souriant et se servit une tasse de thé au citron et à la cannelle.

Il avait tellement rêvé d'être connu et reconnu dans le monde entier. Que serait-il devenu, s'il ne s'était pas disputé avec son amant ? Il s'était résolu à agir dans l'ombre, plus subtilement, pour un monde meilleur.

Un monde de paix, sans guerre, où seuls les humains sorciers pourraient être libres de leurs mouvements. Rendre sa dignité au peuple sorcier… voilà ce dont il rêvait. Il y avait bien entendu des dommages collatéraux, comme cet enfant, Harry, qui ferait sa rentrée en septembre. Il serait son arme contre Voldemort même s'il aurait pu tenter de le tuer lui-même, une prophétie avait été dite et il la laissera s'accomplir.

De toutes façons, cet enfant n'avait certainement pas été apprécié ni choyé dans ce foyer qu'il lui avait offert. Il ne sera donc pas difficile de le faire se sacrifier pour le peuple sorcier.

Il aperçut, au loin, un oiseau se frayer un chemin entre les nuages et apparaître à sa fenêtre.

Le résultat de son travail se trouverait dans la Gazette, cette fois-ci. Avec joie, il prit le paquet et paya le hibou avant d'ouvrir le journal à la page concernant les élections.

Il s'appuya contre son bureau, appelant Fumseck à le rejoindre. Mais l'oiseau chanta doucement, ne souhaitant guère quitter son perchoir. Dumbledore n'y prêta guère d'importance et lu les mots qui défilaient sous ses yeux, sans en comprendre le sens réel.

L'air dans le bureau se fit soudainement plus étouffant, plus lourd. Plus… orageux. Dumbledore relisait pour la quatrième fois l'article et frappa son poing sur le bord du bureau, ignorant la douleur que cela déclencha.

Fumseck laissa échapper un chant joyeux, ne pouvant se retenir plus longtemps.

C'est certainement ce qui déclencha définitivement la rage dans le cœur et l'âme du très aimé Lord Dumbledore, toujours calme et bienveillant, qui dirigea sa colère vers son oiseau.

Les murs tremblèrent et les fenêtres se brisèrent.

- Comment oses-tu chanter un chant joyeux ? M'aurais-tu trahi ?

« Tu n'es pas mon Maître, Albus, seul Poudlard est et sera mon Maître pour toujours. » pensa Fumseck sans que Dumbledore ne puisse l'entendre. Il pencha la tête sur le côté et chanta un son triste aux oreilles de son Maître.

Un hurlement de rage se fit entendre dans tout le domaine, et l'oiseau disparu alors que Dumbledore s'effondra, au sol.

Une goutte de sang perla le long de sa joue et tomba délicatement sur le sol de son bureau.

L'oiseau avait disparu avec le Choixpeau peu avant la déflagration ultime et s'était réfugié dans les appartements de Severus Snape le temps que le directeur se calme.

.

*~*°O°o°O°*~*

.

Comment se faisait-il que seulement… cinq personnes aient votées pour Cornelius ? pensa Dumbledore, en portant sa main à son front.

Il avait dû tomber sous la colère, pensa-t-il. Il avait un mal de crâne vraiment horrible. Et tous ces débris… il lança un puissant reparo sur toute la pièce.

Qu'avait-il bien pu se passer ? N'avait-il pas réussi ? C'était impossible. Les votes avaient dû être trafiqués. D'un geste il métamorphosa ses vêtements et quitta Poudlard pour le Ministère. Il se dirigea vivement vers le service de la Justice Magique et apostropha une personne afin de demander un rapport des élections.

- Je voudrais la liste des électeurs et leurs votes.

- Et en quel honneur, monsieur ? se moqua l'employé qu'il ne connaissait pas.

- Je suis Albus Dumbledore voyons ! Laissez-moi voir la liste de…

- Les votes ont été anonymes, mon cher. Ou peut-être ne lisez-vous pas les journaux ni les annonces du Ministère ?

- Vous avez certainement la possibilité de…

- Non non non, monsieur.

- J'exige de…

- Qu'exigez-vous, Albus ? fit la voix d'Amélia Bones qui congédia son employé.

- De voir le résultat des votes.

- Il a été publié dans la Gazette, Albus.

- Les votes ont été trafiqués, continua Albus qui tentait, en vain, de rester calme.

- En aucun cas.

- J'en suis certain, croyez-moi. J'exi…

- Êtes-vous le Ministre de la Magie ? demanda alors Amelia.

- Non, mais je suis…

- Même Madame le Ministre ne peut connaître l'identité des votants, cher Albus, donc je ne vois pas pourquoi vous, simple électeur, auriez la possibilité d'accéder à ceci.

- Je fais partie du Magenmagot !

- Et ? Cela ne vous donne pas tous les droits, Albus. Veuillez quitter mon département, à présent. Nous avons du travail, ici.

- Je…

- Auror Maugrey, voudriez-vous bien ramener cet homme en dehors du Ministère s'il vous plaît ?

L'interpellé arriva dans leur direction et pris Albus par le bras.

- Désolé, je dois obéir aux ordres, Albus, marmonna Maugrey.

- Tu as bien voté pour F…

- Cela ne te concerne pas, Albus, répondit fermement Maugrey en poussant le directeur dans l'ascenseur.

Surpris par tant de violence dans la voix de son ami, Dumbledore voulu lancer un sortilège que Maugrey contra immédiatement.

- Pas de ça entre nous, Albus, grogna l'Auror, menaçant. Suis-je bien clair ?

Albus pâlit. C'était bien la première fois que… que quelqu'un remarquait ses manigances. N'avait-il pourtant pas été assez discret ? Il se laissa docilement raccompagné et se dirigea vers le Londres Moldu en effervescence. Que se passait-il, autour de lui ?

Et d'ailleurs, où était Fumseck ?

.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

.

Ward's Cross,

Au Café

Sirius attendait sagement, assis à une table, que Lord Potter arrive. Hardwin et lui avaient longuement discuté ces derniers jours et ils avaient convenu de cette journée pour une petite virée à Godric's Hollow.

- Hey, petit, fit Hardwin d'un ton bourru. On prend un café, ou un soda, puis on y va, d'accord ?

- Bonjour, oui avec plaisir.

- Tu n'as pas pris Alios ?

- Si, il est… sous la table.

Hardwin laissa échapper un petit rire.

- Bien ! Alors, tu as pensé à ce que tu voulais faire, cet après-midi ?

- Aller sur leur tombe et… et… revoir le village, peut-être. Je ne sais pas si j'en suis capable, vous savez…

- Tu me tutoie, déjà. Pour le reste, nous te lancerons un petit glamour avant de partir d'ici. Nous irons donc en premier au cimetière car je pense que ce sera le plus difficile pour toi et il vaut mieux que nous ayons cela derrière nous le plus rapidement possible, je me trompe ?

- C'est d'accord. Mais… Personne n'a mis de piège ? Comme des mangemorts ou…

- Tout a été contrôlé sous ma demande, et rien n'est actif. Il y avait un petit sortilège de traçage mais le lanceur du sortilège est décédé depuis bien longtemps, il a donc été très simple d'annuler les effets.

- Qui était-ce ?

Hardwin soupira.

- Lucius Malefoy. Il a reçu le baiser du détraqueur…

- Ah… ok.

- Souhaitez-vous boire quelque chose, messieurs ?

- Deux coca s'il vous plaît, demanda alors Hardwin.

Ils burent tranquillement puis disparurent pour Godric's Hollow une petite vingtaine de minutes plus tard.

.

*~*°O°o°O°*~*

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*