Quand la pureté reste dans l'âme

Une visite à Londres

Bonjour tout le monde !

Et bienvenue pour notre troisième chapitre.

Merci aux followers, aux reviewers, et à tous ceux qui suivent cette fiction.

Orionne hale potter stilinski : Merci pour ton enthousiasme !

Karozthor the Necromagus : J'espère que la suite te plaira ;-) et je confirme, l'histoire est bien différente. J'aime beaucoup les fictions de Arwengeld, mais je ne veux en aucun cas faire une fiction semblable donc j'espère qu'elle ne ressemble pas !

Maxine : Merci beaucoup ! Oui, le prologue est un peu lourd mais malheureusement je me devais de poser les bases de la fiction. Le reste devrait venir tout seul…

TeZuKa j : Merci pour ta review ! J'espère que la suite te plaira.

Adenoide : Oui je suis totalement d'accord, Bella et Lucius sont des ordures. Mais personne ne peut être parfait, hein… sinon on s'ennuierait ! Hihi.

Harry : je réexplique ici pour tout le monde, histoire que ce soit plus clair :-) :

J'ai pris les arbres généalogiques de EHP pour base, et j'ai rajouté plusieurs personnages venant tout droit de mon imagination.

Doréa Black (tante de Walburga mais qui est âgée de seulement 5 ans de plus que W.B.) s'est mariée à Charlus Potter. De par toutes les choses que j'ai lues, il est probable que Charlus Potter fut l'oncle de James Potter.

Doréa et Charlus ont eu, dans ma fiction, trois enfants : Abraham, Hardwin et Eulia. Ce sont donc, techniquement, les cousins de James.

Ce qui fait d'Hardwin le grand-cousin de Harry, mais pour raccourcir et simplifier le tout, il sera dit que c'est l'oncle du Survivant.

Clefto : Harry arrive bientôt ;-) un peu de patience… pas beaucoup, mais juste un tout petit peu de patience… :-D

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Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 3 : Une visite à Londres

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Petite note chronologique, Nymphadora devrait être née en 1973, mais pour le « bien » de la fiction, je lui donne cette date de naissance : 1er janvier 1970. Andromeda a donc eu sa fille à 17 ans. Normalement j'évite de changer les dates de naissances originales mais je me suis rendue compte trop tard qu'en 89, elle n'avait que 16 ans et ne pouvait pas quitter Poudlard comme elle le voulait – quoi que – …

Ecoute actuelle : BarlowGirl - Hello Sunshine

Mercredi 17 mai 1989

Lianna, Sergej et Alekzandra (Black-)Mordinov, Andromeda, Ted et Nymphadora étaient restés pour le repas du soir. Hardwin avait décliné l'invitation car il était déjà invité avec sa femme et leurs enfants autre part, quant à Eulia, elle était venue avec sa fille, son fils et son époux.

Severus Snape avait accepté l'invitation qu'Andromeda lui avait transmise et ils discutaient des élèves turbulents de Poudlard.

- Professeur Snape, avait dit Orion Black, vous êtes un des derniers descendants de la famille Prince, si je ne m'abuse, fit-il cordialement.

- En effet, mais ma mère fut reniée, Lord Black.

- Oui, j'en avais entendu parler à l'époque. Quelle tristesse. Mais j'ai entendu dire que vous aviez hérité du don de la famille : les potions, n'est-ce-pas ?

- En effet, répondit Snape, ne sachant pas où voulait en venir son hôte mais gardant un visage impassible.

- Et vous n'avez absolument plus aucun contact avec la famille de votre mère ?

- Je n'ai jamais eu de contact avec ma famille, Lord Black, répondit froidement Snape.

- Oh. D'accord. Je suis navré de vous déranger avec cela, professeur, mais votre grand-mère maternelle et votre oncle vous recherchent. Ce sont les derniers membres vivants de la famille Prince, et votre oncle aimerait vous rencontrer. J'ai pu lui parler cet après-midi, peu avant mon entretien à Gringotts. Il avait un rendez-vous en même temps que moi, avec d'autres conseillers et semblait affaibli. Il m'a alors demandé si, par pur hasard, j'avais des contacts avec vous. Je lui ai répondu qu'indirectement oui, et il m'a demandé de vous transmettre cette enveloppe, annonça Orion Black en lui tendant une enveloppe cachetée.

- Par ailleurs, ce n'est pas la seule raison de notre invitation au dîner de ce soir, rajouta le Lord, mais nous en parlerons en fin de repas, lorsque les plus jeunes seront au lit, plongés dans leurs rêves, éluda alors Orion. Reprendrez-vous donc un peu de viande, mon cher ?

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La soirée s'était plutôt bien passée, dans l'ensemble.

Les enfants avaient pu manger à leur faim, et jouer ensemble dans la pièce opposée avant de monter au lit. Walburga avait insisté pour que tout le monde reste, et seul Severus Snape avait poliment refusé. Il ne semblait pas à l'aise et ne se sentait pas à sa place dans cet environnement.

D'autant plus que ne pas être présent pour le repas à Poudlard n'était pas bien grave, mais il se devait d'être présent la nuit, au cas où un incident surgissait.

Il n'avait pas apprécié l'intrusion de la famille Black dans sa vie privée, bien qu'à vrai dire, il n'en avait pas réellement. Il passait son temps dans les livres, les potions et… ses souvenirs. Ainsi que la crainte de devoir supporter le rejeton Potter.

Il fut cependant surpris de rencontrer une partie de la famille Potter sous le toit des Black et cela fut remarqué – étrangement – par Eulia.

- La famille Potter et Black ont des générations en commun, Severus, fit Eulia en lui servant un nouveau verre de Cognac à l'eucalyptus. Vous ne le saviez pas ?

- Je l'ignorais, Eulia, fit Snape en s'efforçant de prononcer son prénom comme elle lui avait quasiment ordonné.

- Dorea Black, ma mère, malheureusement décédée, est la femme de Charlus Potter. Mon cousin était James, celui qui vous martyrisait à l'école… fit doucement la jeune femme.

- Ah, fit Snape simplement. Vous étiez également à Poudlard ?

- Oui, répartie à Serdaigle.

- Elle passait le plus clair de son temps à la Bibliothèque ! fit Walburga.

- Effectivement, rit alors Eulia. Par ailleurs, j'ai su que mon cousin Sirius, qui vous en avait fait voir de toutes les couleurs, je le sais bien, était le parrain de l'enfant de James. Et… je souhaitais vous demander si vous saviez quoi que ce soit à son sujet, finit-elle rapidement comme si elle craignait la réponse de leur invité.

Snape fronça légèrement les sourcils. Pourquoi devrait-il en savoir plus qu'eux sur le sort du fils de James et Lily ? Harry était de leur famille, pas de la sienne… à moins que…

- Severus ? demanda doucement Walburga afin de le faire revenir à la réalité.

- Toutes mes excuses, Ma Dame. Je… J'avoue que votre question me trouble, Eulia.

- Cessez de me vouvoyer !

- D'accord, Eulia, fit-il pour la calmer et remettre ses idées au clair. Bien. Il se trouve qu'Albus Dumbledore nous a simplement annoncé que le petit Potter avait été placé dans sa famille, en sécurité et loin du monde magique. Je pensais que vous le sauriez, puisque vous êtes techniquement sa… cousine ?

- J'ai cru comprendre que du côté de Lily – que nous connaissions très peu – il y avait sa sœur, fit Sergej avec un fort accent russe et prenant la parole pour la première fois depuis que les enfants étaient montés se coucher. Et nous avons eu l'honneur… hm. De la rencontrer. Il était très visible qu'elle haïssait tout ce qui avait trait à la magie. Et comme personne du côté Potter n'a vu ce petit être depuis le décès des parents, je crains qu'il n'ait été placé chez cette tante désagréable.

- Oh. Fit Snape.

Merde. Pensa-t-il. Dumbledore lui avait demandé de surveiller et de protéger le garçon dès son arrivée à Poudlard, mais avec une tante pareille… qui le surveillait depuis son enfance ?

- Mrs Figg, fit Andromeda suivant le même chemin de pensée que Severus. Mrs Figg pourrait nous en dire plus. Dumbledore avait prononcé ce nom, une femme âgée et cracmole. Il ne doit pas y en avoir beaucoup en Angleterre, il faudrait peut-être suivre cette piste-là ? Personne ne sait quel est le nom actuel de… comment s'appelle-t-elle déjà ?

- Pétunia, grogna Severus. En espérant qu'il ne soit trop tard, marmonna-t-il.

- Que voulez-vous dire ? osa Eulia. Si Dumbledore surveille de loin via cette femme, c'est qu'il ne doit pas y avoir trop de risques…

- Dumbledore ne semble définitivement pas mieux que le Lord noir qui a détruit des dizaines de vies il y a neuf ans, grogna Sergej.

Lianna posa une main sur son épaule pour le calmer. Personne n'avait relevé.

- Il ne semble, en réalité, pas être aussi protecteur qu'il en donne l'image, marmonna Snape en repensant à sa propre enfance.

- Que voulez-vous dire ?

- Il n'a jamais aidé les adolescents qui ont survécus à des familles difficiles, intervint Andromeda. Mais cela, tout le monde le sait. Contrairement au professeur Dippet qui lui trouvait toujours des solutions pour protéger chaque élève, le professeur Dumbledore ne semble pas attacher plus d'importance que cela au bien-être de ceux-ci. Mis à part lorsqu'ils sont dans l'école et encore… Durant la guerre de 1980-1981 il a plus pensé à ses plans qu'à autre chose. Il était désolé des dommages collatéraux mais… ce n'était justement que des victimes collatérales, fit durement Andromeda. Je l'apprécie, mais toute personne a ses propres défauts.

Ted avait la bouche grande ouverte. Il était entièrement d'accord avec sa femme mais n'aurait jamais pensé qu'elle en ferait part ainsi.

- Donc il est probable que notre héros national ait été confié à une tante désagréable, raciste, détestant tout ce qui a un lien direct ou non avec la magie. Résuma Snape. Je ne portais pas James Potter dans mon cœur, mais je ne souhaiterais cela à personne, fit-il d'une voix qui se voulait détachée.

Il avait pris pour habitude de conserver ses sentiments et émotions pour lui, cachées au fin fond de son cœur, de son corps. Mais il voyait que l'alcool – dont il avait un peu trop abusé – avait réduit une bonne partie de ses capacités à cacher ses émotions. En prenant sa montre à gousset dans la poche de sa robe, il toucha l'enveloppe qui émettait une chaleur douce. Allait-il seulement la lire ? Si oui, quand ? Etait-ce vraiment nécessaire ? Que lui voulait le reste de sa soi-disant famille ? Il soupira imperceptiblement, suivant sans réel intérêt la conversation qui suivit.

Sergej, Eulia ainsi qu'un certain Hardwin Potter souhaitaient se mettre à la recherche de cet enfant. Severus se vit proposer de les accompagner.

Ne pouvant nier qu'il s'était promis de protéger l'enfant de Lily, il acquiesça, non sans annoncer qu'il le ferait pour sa meilleure amie défunte : Lily Potter, née Evans.

*~*°O°o°O°*~*O*~*°O°o°O°*~*

Alekzandra et les deux enfants d'Eulia eurent du mal à émerger, ce matin-là. Leonius – dit Leon – et Jania, les enfants d'Eulia, étaient conviés à participer à la visite de Londres. Sergej avait proposé de prendre également Abigaelle et Philipp Potter en charge pour la journée, Clarence étant encore trop jeune pour les suivre toute la journée.

- Mais, Abigaelle n'est pas à Poudlard ? demanda Andromeda sur le point de partir au Ministère.

- Non, elle est à l'école de magie d'Irlande et elle sera certainement libre aujourd'hui car ils ont une semaine de vacances, ça la fera sortir un peu.

- Vous connaissez toute la famille ! fit Ted en se moquant doucement.

- Surtout grâce à Elladora, fit tristement Lianna. Elle nous avait présenté quelques membres de la famille peu avant la naissance d'Alekzandra.

Le petit groupe se prépara alors qu'Orion avait contacté Hardwin qui envoya sa fille, habillée à la moldue et avec un petit sac à dos, via la Cheminée.

Abigaelle observa sa famille ainsi que les nouveaux venus. Elle ne connaissait pas beaucoup Alekzandra – elle n'avait pu la voir que deux ou trois fois – mais l'appréciait. La journée promettait d'être belle.

Walburga, suivie de Lianna, Eulia, Sergej et Orion décidèrent de sortir de cette maison un peu trop vieillotte.

A l'extérieur, le soleil brillait déjà pleinement et avait fait fuir tous les nuages. Walburga et Orion durent prendre quelques instants afin de s'habituer à la luminosité.

- Vous n'êtes vraiment jamais sortis, même dans le jardin derrière ?

- A vrai dire, non, fit Orion. Nos elfes s'occupent du potager et… nos parents nous ont toujours dit que les moldus étaient dangereux et il ne nous était pas venu à l'esprit de visiter le quartier à cause de toutes les choses horribles sur la population sans magie que l'on entendait à la maison.

- Pour aller à Poudlard, nous utilisions le réseau de Cheminée grâce à une de nos maisons près de la gare. Mais personne ne s'y est rendu depuis longtemps… fit-elle tristement.

- Vous avez d'autres maisons ?

- Trois autres, pour être exact, précisa Orion, mais nous n'y allons plus. Il y a trop de souvenirs et d'objets de magie noire que nous préférerions éviter de revoir, éluda le Lord.

- Allons, profitons de cette journée afin de découvrir le monde ! fit joyeusement Alekzandra. Grande-tante Walburga, puis-je t'appeler ma Tante également ? S'il te plaît ! fit-elle en sautillant devant la concernée.

- Bien sûr, mon enfant.

- Tante Eulia, toi aussi ?

- Bien sûr, Alekzandra, fit-elle en riant doucement. Bien, où allons-nous en premier ?

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Ils étaient d'abord allés à Hyde Park. Alekzandra et Abigaelle étaient restées en admiration devant le « Rose Garden » et ses magnifiques fleurs. La longue pergola, abritant un chemin sillonnant entre les rosiers, était fleurie comme jamais. La rosée du matin avait rafraîchit les plantes ayant souffert de la chaleur de la veille.

Les odeurs fluctuaient et la légère brise était agréable. Les plans d'eaux, les canards, les cygnes… tout faisait rêver.

Les enfants, suivis de près par les adultes, se régalaient de la promenade dans le parc et furent également sans répit lorsqu'ils se dirigèrent vers une des rues commerçantes du Londres moldu. Ils marchèrent ainsi pendant longtemps, passant tranquillement par King's Cross où Walburga leur expliqua comment se rendre sur le quai réservé au Poudlard Express, Pancras Road et Midland Road, le petit groupe finit par entrer dans un magasin de vêtements près de Dangoor Walk.

Orion observait sa femme à la dérobée et remarqua que cette sortie semblait la faire revivre. Il ne l'avait pas vu sourire ainsi depuis longtemps. Eulia avait posé sa main sur l'épaule d'Orion, lui indiquant la sortie. Il sortit alors du magasin, accompagné de sa cousine.

- Irons-nous sur le Chemin de Traverse ? Abigaelle aimerait acheter des ingrédients et objets qu'elle ne trouve pas en Irlande.

- Bien sûr, si Walburga n'est pas trop fatiguée.

- Cette sortie a l'air de lui faire le plus grand bien, ainsi qu'à toi, d'ailleurs.

Orion laissa inconsciemment un sourire se dessiner sur son visage vieilli par les soucis.

- Je te l'accorde. Cependant, la fin de journée risque d'être chargée.

- En effet, mais nous nous organiserons. Comment s'est déroulé l'entretien avec Sieur Bosag d'Heurophia ?

- Très bien, en réalité. J'ai appris plusieurs choses dérangeantes par ailleurs. Comme le fait que Narcissa, notre nièce, ait demandé d'avoir la main sur nos comptes, tentant de prouver notre fragilité. Les Gobelins ont ignoré sa demande jusqu'alors, et posé un veto dès hier. J'ai décidé, avec l'approbation de Walburga, que si malheur nous arrivait, notre héritage reviendrait au filleul de mon fils.

- Très beau geste, mais pourquoi ? Sans compter qu'Andromeda craint que ses comptes ne soient gérés par Dumbledore.

- C'est plus que probable, mais j'ai nommé Hardwin – sans vouloir te vexer – comme ayant charge de nos comptes jusqu'à la majorité du petit.

- Vous ne connaissez même pas l'enfant, fit doucement Eulia.

- Effectivement, mais comme tu le sais, nous mettrons tout en œuvre pour le retirer de cette famille de moldus.

- Et s'il s'y sent bien ?

- Nous aviserons, concéda Orion. Maintenant, si tu le permets ma chère cousine, pourrions-nous retourner dans ce magasin ? Je crains que notre famille ne le dévalise.

Ce fut avec un petit sourire en coin qu'Eulia suivit son cousin à l'intérieur. Elle l'observa aller à la recherche de sa femme et lui caresser doucement le dos, se pensant à l'abri des regards.

La sortie faisait du bien à tout le monde, en réalité. Alekzandra semblait aux anges, se laissant faire par Abigaelle qui lui faisait essayer plein de vêtements. Leon et Jania couraient autour des rayons de jouets, chacun armé d'une peluche qui finirait très certainement parmi la collection qu'ils avaient déjà. Walburga et Lianna discutaient avec Orion quant à quelques vêtements posés sur une chaise près d'eux et Philipp – qui allait sur ses sept ans – arrivait à la hauteur de sa tante.

- Tante Eulia, tout va bien ?

- Bien sûr mon grand. Et toi ?

- Oui ! fit-il, mais Clarence me manque.

- Je sais bien, petit ange, mais tu la reverras ce soir.

- On mangera chez Oncle Orion ?

- Ou à l'extérieur, je ne sais pas. Tu as trouvé quelque chose qui te convient ?

- Une peluche, mais Leonius la voulait donc je lui ai laissé. Puis j'ai pris des pantalons, des t-shirts et des pulls. Papa est arrivé il y a dix minutes, il a fini sa réunion plus tôt, et est en train de payer les achats pour la famille. Il a dit qu'il veut aussi offrir quelque chose à ses neveux et nièces – j'espère que ça ne te dérange pas, ma tante ?

- Ton père a toujours été un grand frère généreux, tu sais. Et je pense qu'Abraham lui manque.

- Tonton Abraham est loin en plus… Il nous offrait toujours plein de cadeaux à Noël, mais depuis qu'il est parti au Brésil l'an dernier, il ne nous a pas envoyé un seul hibou… fit Philipp tristement.

- J'enverrai une beuglante à ton oncle, fit Eulia en souriant doucement. On ne néglige pas sa famille, murmura-t-elle en prenant son neveu contre elle.

- Tu es une tante géniale, tu sais ?

- Je sais, fit Eulia avec un air suffisant.

Philipp laissa échapper un rire de contentement avant de rejoindre ses cousins et cousines. Eulia et Lianna avaient payé le reste des vêtements pris par la famille puis portèrent les sacs avec Orion et Sergej. Tous se dirigèrent joyeusement vers le Londres sorcier, alors qu'Orion lançait discrètement des sortilèges sur les sacs afin de les réduire.

Ils visitèrent les lieux connus chez les sans-pouvoirs durant toute la matinée puis entrèrent en début d'après-midi dans un des cafés londoniens menant à un quartier bien plus vivant et surtout dans lequel ils pourraient utiliser leur magie sans aucun souci.

Arrivés dans le quartier sorcier de Mayfair, situé dans la cité de Westminster du Londres moldu, les adultes firent voleter leurs sacs devant eux. Les enfants observaient chaque vitrine discrètement. Alekzandra, Leon et Jania voulaient absolument acheter leur première baguette – bien qu'ils n'aient pas encore l'âge requis – à Londres. Lianna emmena alors les trois enfants à Frogg's Road alors que les autres s'assirent à la taverne « Squirrel's » pour manger une glace.

Lianna et les enfants entrèrent alors dans un grand magasin dont la vitrine présentait un grand nombre de bibelots. Chester Mews les accueillit, un grand sourire éclairant ses yeux bleus.

- Bienvenue, jeunes gens !

- Bonjour, Chester.

- Oh, Lianna ! Je ne pensais pas te revoir un jour ici ! Comment vas-tu ?

- Tout va bien, mon cher. Je viens pour ces trois pipelettes qui observent avec envie ton balai miniature, fit-elle un sourire aux lèvres.

- J'aurais pensé que tu les amènerais chez Ollivander !

- Non, je préférais ton magasin. Puis, comme tu m'aidais en cours de sortilèges, je trouve que tu mérites bien notre présence dans ta liste de clients !

- Mais ils ont l'air bien jeunes, ces trois enfants.

- Oui, répondit Lianna.

- Ils viennent aussi de Russie ? Ils parlent bien anglais, pourtant.

- Ils sont d'Irlande et de Russie, c'est pour cela que ça ne pose pas de problème pour l'achat de baguettes avant leur onze ans. Les lois sont un peu plus souples, chez nous, en ce qui concerne la pratique de la magie.

- Effectivement, concéda Mr. Mews.

- L'Irlande ne te manque pas ?

- Un peu, si, mais ma femme tient à cette ville donc nous restons. Bien, je vais déloger ces trois enfants, afin de leurs présenter les baguettes.

Lianna rit en entendant Chester appeler les trois pré-ados qui sursautèrent alors que trois crapauds leur sautèrent sur l'épaule.

Le marchand de baguettes leur présenta alors les différents bois, les différents ingrédients et leurs propriétés magiques.

La poudre d'ambre et de lune, par exemple, améliorait les sortilèges de soin. Le bois de rose était plus à même de fonctionner s'il était accompagné d'une plume de mésange d'Irlande et d'une artère de dragon que si on y intégrait une plume de phénix et un poil de fléreur.

Leonius Potter se vit accepté par une baguette en bois de pin des Landes avec sa sève, une plume d'Alycon et une vertèbre de Liver bird.

La sève du pin des Landes est un atout majeur pour les sortilèges de guérison, la plume d'Alycon améliore la précision des sortilèges de métamorphose. La vertèbre, elle, est censée renforcer les sortilèges de protection.

Jania Potter fut immédiatement attirée par une baguette plus foncée : en bois de merisier – Prunus avium – plus connu sous le nom de cerisier des oiseaux. Il est résistant à l'eau, à la plupart des potions et permet à ceux qui ont des dons en cuisine de faire des merveilles.

Alekzandra n'eut guère le temps de féliciter sa cousine qu'une baguette en bois de rose se posa délicatement dans sa main. Dotée d'une plume de Phénix de Tauronn*, la baguette comprenait également des racines d'Euphraise.

Le phénix était doté de grands pouvoirs de protection, le bois de rose, lui, semblait bien fragile alors qu'il n'en était rien. Quant à l'euphraise, cette plante était connue pour aider l'utilisateur dans ses sortilèges ou potions de protection et de guérison, mais surtout être utile pour rendre plus précis les dons de voyance…

Les dons de chaque enfant se virent ainsi confirmés par la magie provenant de ces baguettes. Lianna salua, accompagnée des enfants, son ancien camarade d'études supérieures et ils se dirigèrent vers la taverne où les attendait le reste de la famille Black.

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Severus Snape se trouvait dans son bureau, à Poudlard, pensif. Il réfléchissait à ce que lui avait appris Lord Black, et les conséquences de ses propres actes quelques années auparavant.

Etrangement, il appréciait cet homme. Cette partie de la famille était restée très discrète, depuis qu'il leur avait ramené Regulus et apporté quelques informations sur le Mage Noir. Il soupira. Peut-être n'aurait-il pas dû. Mais qu'aurait-il dû faire, en réalité ?

Il avait, comme un idiot, cru que son engagement dans les forces du Mal aurait plu à sa meilleure amie. Il les pensait forts, puissants, et il voulait se montrer ainsi. Fort, et puissant. N'ayant peur de rien. Il s'était fabriqué une carapace des plus épaisses depuis sa plus tendre enfance et n'avait pas vu le coup venir : ce furent ces choix – totalement stupides, pouvait-il affirmer aujourd'hui – qui lui avait fait perdre la seule amie qu'il ne verrait plus jamais.

Ses pensées dévièrent vers l'enfant de Lily. Une partie de lui le détestait, revoyant le père de l'enfant et son attitude désobligeante durant leur adolescence. Certes, il était devenu plus sage avec l'âge mais Severus ne pouvait pas le voir en peinture. Non, même aujourd'hui, il avait envie de le frapper au visage.

Il avait cependant promis et effectué des sortilèges avec Albus Dumbledore, afin de protéger cet enfant contre le malheur qui allait très certainement s'abattre à nouveau sur lui. Si ce n'était pas déjà le cas depuis huit ans…

Maintenant qu'il y repensait, il était inconcevable de laisser Potter entre les mains de Pétunia. Son prénom lui arracha une grimace. Il avait pu en parler, entre quatre yeux, avec Minerva. Elle-même avait désapprouvé le choix de l'homme qui se voulait être leur mentor. Elle avait suivi cette famille sans pouvoirs une journée entière, et elle avait été très surprise qu'Albus amène l'enfant à cet endroit. Par ailleurs, si Severus ne lui en avait pas parlé, elle n'aurait pas poussé plus loin sa réflexion.

Deux jours plus tard, elle était venue le trouver directement dans ses appartements. Ils avaient discuté de la vie de ce petit être que tous les sorciers adulaient dans leur monde. Et elle avait aussi avoué s'étonner de ne pas avoir approfondi la discussion avec Dumbledore, avec un léger trouble.

- Vous êtes doué en légilimancie, n'est-ce-pas, Severus ?

- En effet, répondit-il sèchement.

Minerva soupira, secouant la tête de droite à gauche. Severus ne laissait rien transparaître de ses émotions, et cela ne lui plaisait pas.

- Pourriez-vous, s'il vous plaît, observer mes souvenirs de cette fameuse nuit, peu avant que Hagrid nous amène Harry jusqu'à notre départ de cet endroit.

- Pourquoi donc, Minerva ?

- Je ne me souviens pas du nom de leur habitation, j'y ai pourtant rodé toute une journée et j'ai simplement le souvenir que je ne confierai jamais quelqu'un à cette femme, mais aucun détail plus précis ne me revient.

- Le temps passe, Minerva, il est normal que vos souvenirs…

- Non, fit-elle catégorique. Et si mes craintes s'affirment, c'est que nous sommes dans de beaux draps, Severus. Alors, s'il vous plaît, faites. En laissant mes neurones tranquilles, bien évidemment.

*~*°O°o°O°*~*

Le 20 mai 1989

La visite à Londres avait été magnifique. Chacun était rentré chez soi, non sans un au-revoir difficile. Les enfants décrétèrent qu'ils devraient rendre visite plus régulièrement à Orion et Walburga, et eux-mêmes, bien que fatigués, avaient avoué à leur famille que leur présence mettait un peu de vie dans cette maison – vie qui leur manquait.

Lianna, Andromeda et Eulia avaient d'un commun accord demandé à Walburga si elles pourraient se permettre de redécorer et refaire les tapisseries de la maison qui avait inévitablement besoin d'un rafraîchissement. Walburga, d'abord étonnée d'un tel entrain, approuva. Chaque pièce lui rappelait des souvenirs dont elle ne voulait ni ne pouvait se défaire, mais elles avaient trouvé un compromis et prévoyaient un week-end de rénovation.

Orion avait sourit discrètement, approuvant ce choix. Il voyait sa femme revivre, et il avait aussi demandé à Severus Snape de passer voir Regulus régulièrement.

Ce fut ainsi qu'Alekzandra, revenue pour le week-end accompagnée de ses parents adoptifs, rencontra une nouvelle fois Severus.

- Bonjour, Monsieur, fit-elle timidement.

Snape l'observa alors, son attention focalisée sur le collier qui lui rappelait un été, plusieurs décennies plus tôt.

- C'est le même collier que Tante Lily, fit Alekzandra en penchant la tête sur le côté. Vous l'aimiez n'est-ce-pas ?

Snape fronça les sourcils et voulut répondre sèchement.

- N'ayez crainte, je ne le dirai pas, Monsieur, fit la jeune fille d'une voix bien plus assurée. Mais je dois vous dire quelque chose. Vous avez vécu plus que d'autres en peu d'années. Votre cœur se morfond et se force à rester froid, tentant d'effacer vos sentiments. Mais vous souhaitez protéger ce qui reste de la vie de votre amie que vous aimerez à jamais. Ce garçon est et sera votre force, votre pupille. Il vous faut le sortir de cet endroit affreux. Il souffre, je le sens et je sens vos craintes fondées. S'il vous plaît, allez chercher ce pauvre enfant avec mon père et mon oncle.

Encore une fois, Snape voulut réagir, mais ce fut plus fort que lui.

- Mon oncle s'en occupera, je sais, mais cet enfant aura besoin de vous. N'ayez pas confiance en celui qui croit être un sage et un mentor. Il utilise beaucoup trop de pions et vous êtes trop noble et digne pour vous abaisser à de telles règles. Il a de bons côtés, je pense, mais son envie est d'imposer sa loi même si pour ce faire, il doit écraser les autres et envoyer d'autres vers une mort certaine. Harry Potter n'est pas destiné au destin funeste que lui réserve cet homme et pourrait vivre une belle vie, si seulement vous pouviez dévier ces lois qui semblent s'imposer dans l'Histoire. Vous savez ce qu'il faut faire pour protéger mon cousin. Tout comme, j'en suis certaine, vous saurez aider Regulus à revenir à la vie. Quand à Oncle Sirius, il s'est amélioré, en prison, et vous deviendrez amis. Croyez-moi.

La bouche ouverte, Severus Snape, observa les pupilles dorées de cet enfant qui venait d'expliquer à voix haute ce qu'il essayait de mettre au clair au plus profond de lui. Il ne sut quoi répondre, et ne répondit pas au hochement de tête d'Alekzandra. La jeune fille lui avait souri, avant de partir dans les étages de la vieille maison.

Sonné, il ne vit pas non plus arriver Orion qui l'observa à la dérobée.

- Tout va bien, Maître des Potions ?

Snape sursauta.

- Lord Black, veuillez m'excuser, je…

- Ne vous excusez pas. Vous aviez la même expression sur le visage que Hardwin lorsqu'Alekzandra l'avait informé qu'il devrait consulter pour une verrue plantaire il y a cinq mois, fit-il dans un demi-sourire. Vous a-t-elle parlé ?

- Oui, en effet, mais…

- Donc, l'interrompit Orion, prenez ces mots sans précaution aucune.

- Comment cela, Lord Black ?

- La magie de notre famille renaît de ses cendres, lui annonça Orion. Mes neveux et nièces nés de familles au sang-mêlé font revivre les dons de notre famille, qui ne s'étaient plus montrés depuis plus de quatre ou cinq générations. Andromeda et Lianna sont convaincues que la phrase « Toujours purs » ne concerne en rien le sang. Nymphadora et Alekzandra sont celles qui ont les dons les plus importants alors qu'Alekzandra a un grand-père maternel et un père moldus.

- Métamorphomage ?

- Et le don de lire les âmes, d'en déduire leur avenir.

- J'ai cru voir la petite utiliser la magie sans baguette, crut bon d'ajouter Snape.

- La magie sans baguette est en réalité ce sur quoi devrait déboucher les études en magie, mon cher enfant. La baguette magique avait été créée afin d'aider à la maniabilité et l'utilisation magique. Mais, tout vrai sorcier, sans vouloir vous offenser, devrait savoir lancer n'importe quel sortilège sans baguette. Malheureusement, cette pratique est rare en Angleterre. Par ailleurs, en Russie et Irlande, leur pratique de la magie dépend des pouvoirs et des dons des enfants. Certains sont plus à l'aise sans baguette, et d'autres ne peuvent et ne pourront jamais s'en passer. Chaque être est différent, bien heureusement.

Snape acquiesça, pensif.

- Et pour ce qui est de votre famille, avez-vous pris une décision ?

- Je m'y attèlerai dès que nous aurons mis en place notre plan, Lord Black.

- Très bien, fit le plus âgé en posant une main puissante sur l'épaule de son invité. Nos elfes nous ont préparé du thé, voulez-vous ? proposa Orion en montrant la porte du salon de son autre main.

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*Phénix de Tauronn : (créé par Helianay pour le projet Barlheid)

Ses yeux sont verts émeraude. Le ventre est doté d'un plumage doré, alors que les ailes sont d'un bleu qui peut varier selon les Créatures, et les pattes sont ornées de quatre petites griffes argentées et puissantes.

"Tauronn" : grande forêt verte abritant un Seigneur mystérieux

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