Quand la pureté reste dans l'âme

Un autre Lord

Bonjour tout le monde !

Bien, comme prévu je n'ai pas pu poster le week-end précédent et je prends maintenant obligatoirement le temps de vous poster le 17ème chapitre.

J'espère que vous êtes tous en bonne forme et que le chapitre vous plaira !

Merci à ceux qui passent, et prennent le temps de lire. Merci pour vos reviews et MP, ça fait plaisir !

Les réponses à vos reviews se trouvent ici, en partie, et dans les chapitres suivants, alors bonne lecture !

Poussière d'étoiles & poils de Maine Coon sur vous,

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 17 :

Un autre Lord

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Deux corps étaient allongés dans les canapés faisant face à une cheminée où un feu bleuâtre brûlait depuis une bonne heure.

Les professeurs Chourave, McGonagall, Flitwick et Snape avaient trouvé les deux adolescents dans un état désastreux et leur avaient évité une belle chute dans les escaliers. Ou plutôt, à côté des escaliers qui changeaient de direction sans cesse.

Chourave et McGonagall avaient décidé de prendre en charge la seconde ronde de surveillance de la soirée, alors que Snape et Flitwick se dirigeaient vers les cachots. Elles passeraient lorsque d'autres professeurs prendraient le relais.

Entre temps, Severus qui avait déboulé avec deux corps inconscients ainsi que Flitwick sur les talons dans ses appartements, tomba nez à nez avec Sergej, qui était alors apparu devant eux, avec un des phénix de la famille Prince.

Severus ne posa pas de question sur sa présence, et avait allongé les corps sur les canapés avant d'appeler l'infirmière de l'école.

Celle-ci était arrivée quelques minutes plus tard, via la cheminée. Elle avait vu les corps inconscients et demanda à Snape pourquoi il ne les avait pas amenés directement à l'infirmerie. Elle entendit alors les mots « mauvais pressentiments » et se tendit puis se décida à lancer un sortilège de diagnostic.

Un sortilège en enchaînant un autre, elle souhaitait analyser l'aura de magie qui semblait entourer les deux garçons, et surtout, en déterminer l'auteur. Ce qu'elle comprit alors, la fit frissonner. Sans prononcer un mot ni demander la permission, elle s'assit dans un des fauteuils présents et posa ses mains de chaque côté du visage.

- Que se passe-t-il, Madame, fit alors Sergej d'une voix teintée d'un fort accent russe.

Elle sursauta alors, n'ayant pas remarqué la présence de l'homme.

- C'est un très bon ami, éluda Snape. Cependant, j'aimerais que…

- Je n'en parlerai à personne, pas même au Directeur.

- Pourquoi donc ? fit Flitwick, dubitatif et sur le point de lancer un sortilège d'oubli à l'infirmière.

- Pas besoin de m'oublietter, Filius, j'en sais déjà assez pour… enfin… je ne veux pas laisser ces enfants à sa merci sans rien faire. Si je partais…

- De quoi parlez-vous ? demanda froidement Snape.

- Si vous avez amené les Weasley ici, dans vos appartements, c'est que vous ne vouliez pas qu'Albus le découvre, Severus. Je ne suis pas idiote, j'en sais bien plus que quiconque au sujet des sortilèges que pose Albus sur tout ce qui bouge, ou qui ne bouge pas, d'ailleurs…

- Soyez plus précise, demanda alors Sergej.

- Vous ne me faites pas confiance, grogna l'infirmière. Mais votre aura me dit que vous êtes déjà au courant.

- Vous… voyez les auras ? demanda Snape.

- Bien évidemment, sombre crétin ! s'emporta l'infirmière en se relevant, renversant par la même occasion une bouteille de whisky pur feu qui s'écrasa sur le sol du salon. Je peux faire un serment inviolable, si vous voulez !

- Bien trop gênant, intervint à nouveau Sergej. Nous ferons un rituel du secret.

- Vous… connaissez ce rituel ?

- Bien sûr, il est souvent d'actualité en Russie, ne serait-ce que pour le secret professionnel. Bien, continuez et dites-nous ce qu'ont ces jeunes.

Le regard de l'infirmière se voila alors de tristesse.

- Ils ont ingéré du gâteau. Enfin, plus précisément… une spécialité ancienne, cachant un champignon euphorisant. La tarte fait penser à une tarte au citron banale, mais lors de la deuxième bouchée, celle-ci a alors un fort goût de framboise trop sucrée qui n'est autre que le goût d'une potion de confinement psychologique. En plus de cela, avec la combinaison d'un sortilège de confusion… en additionnant à un rituel très ancien…

- Rituel ? demanda Flitwick.

- Vous voyez les bougies dans le bureau directorial ? Si deux d'entre elles lévitent près du bureau, cela active une sorte de rituel de persuasion. Je suis quasiment certaine que Messieurs Weasley n'ont pas voulu toucher à ce gâteau, et leur aura est inquiète bien que leur corps ne le montrent pas. Un des effets justement, de cette potion. C'est peu conventionnel, Severus, mais je sais que vous avez des dons en légilimancie…

- Vous me demandez sérieusement de faire cela à mes élèves ? fit-il, plus que surpris.

- Cela m'aiderait dans mon diagnostic, mentit à moitié l'infirmière.

Mais tous étaient bien trop curieux pour savoir…

- Je ne le ferai pas sans leur accord au préalable. Ils ne sont pas majeurs. Normalement…

- C'est un cas de force majeure, Severus, gronda Sergej. Fais, et explique-nous.

Le Maître des cachots soupira et inspira fortement avant d'entrer dans la mémoire de Fred Weasley.

Et il fut plus que surpris. Devant lui se tenait une statue. Une statue représentant un hibou vert et jaune fluo. Il aurait plutôt pensé rencontrer un endroit dans lequel le désordre régnait par-dessus tout.

- Passwort ?

De l'allemand ? pensa Snape. Il essaya de se matérialiser dans l'esprit de son élève.

- Je sais que vous ne m'appréciez pas, mais nous sommes là pour vous aider.

- Nous ? Vous ? fit une voix lointaine.

Severus se sentait bête, sur le coup, mais il prononça le nom des personnes présentes et un long silence suivit.

- Pas… de… vieux… Dumby… ? demanda difficilement la même voix lointaine, essoufflée.

- Non.

Et alors, la statue se transforma en un couloir sombre. Il aperçut un jeune garçon, de l'âge de deux ans, accroupi par terre. Il devina alors qu'il avait son élève devant lui.

- Professeur Snape ? fit le jeune – trop jeune garçon mais qui pourtant parlait comme un adolescent – devant lui.

- Oui. Pourrais-je voir ce qu'il s'est passé ?

- Pour… quoi… faire ?

- Voir ce que le professeur Dumbledore a osé vous faire.

- … voulu combattre. Fonctionne pas. Trop… longtemps sans entraînement…

- Entrainement de quoi ? demanda Snape.

- L'art des pensées et des souvenirs. Le pr…ofesseur Dumby…ledore, a demandé à Mère, enfin maman, de ne plus avoir de liens avec Oncle Fabian, car il nous apprenait de mauvaises choses… et l'art de protéger notre esprit en est une, d'après lui, mais Charlie, … Bill, George et… m… moi ne sommes pas d'accord. Percy … voulait jamais apprendre ça. Charlie trop grand… Bill parti… on peut plus… entraînement manque…

Malgré la faible voix enfantine entrecoupée, Snape avait compris le principal. Il vit une porte s'ouvrir sur sa gauche.

- Je peux ?

- Seulement si vous vous tenez à la deuxième poignée plantée dans le mur, sinon… vous tomberez très bas. … faites… attention… pro…fe…sseur. Vous… f…confiance.

Décidément, il n'était pas au bout de ses surprises. Sur les indications du petit sur lequel il matérialisa une couverture qu'il voulait chaude – qu'il faisait froid ici ! – il s'avança délicatement sur les dalles puis s'accrocha à la dite poignée avant de se concentrer sur la scène qui se passait devant lui.

Il observa alors chaque fait et geste, espérant vainement pouvoir tout montrer et présenter à Léto pour éventuellement rajouter ceci au dossier. Il enregistra dans sa mémoire ce souvenir, avant d'en ressortir et de revenir dans le couloir.

- Pourquoi es-tu si jeune, ici ? ne put-il pas s'empêcher de demander.

- C'est en souvenir d'oncle Fabian qui nous a tout appris. Il nous a dit que parfois, il fallait se montrer faible pour cacher nos forces… J'aimerais… le revoir.

- Nous verrons pour que tu le rencontres, si ce n'est en présence de tes parents, ce sera avec moi. Tu me suis ?

- Je… n'arrive pas à me lever… fit tristement le petit garçon.

Severus tendit alors la main. Le temps que ses doigts attrapent ceux fins et moites de son élève lui parut être une éternité. Il le prit alors dans ses bras, et refit le chemin inverse jusqu'à ce qu'ils fassent face à la statue dont la porte avait disparu après leur passage. Il ouvrit alors les yeux.

- Désolé… ça a duré longtemps, fit-il alors que Fred se réveillait en toussant.

- Pas plus de deux minutes, Severus, fit Flitwick.

- Sérieusement ?

- Oui.

- Bon… il faut que je fasse pareil avec George.

Etrangement, il n'arrivait pas à appeler l'adolescent par son nom de famille. C'était comme si quelque chose l'avait touché au plus profond de son âme… il inspira douloureusement et posa ses mains sur les tempes de l'autre frère.

Avant qu'il ne s'immisce dans l'esprit, il entendit le mot « télépathie » de la part de Fred qui arrivait à peine à parler. Sergej se chargeait de lui apporter les potions de soins nécessaires directement de Russie avec l'aide du Phénix qui allait finir par s'épuiser.

- Fred m'a dit que vous viendrez, fit une voix encore plus faible.

Il le vit alors, adossé à un arbre.

- Vous communiquez ?

- Magie ancienne… Jumeaux…

- Fabian Prewett ?

- Oui.

- Dois-je voir votre souvenir ?

- Oui, peut-être que je vois les choses différemment de mon frère, ou plus de choses… ou d'autres choses… faites. Troisième cerisier avec un vif d'or gravé à cinq centimètre du sol. Ne frôlez pas les fleurs, fit-il d'une traite mais aussi d'une voix triste et faible.

Severus s'exécuta alors, et revit le même souvenir, avec, effectivement, des informations complémentaires. Il prit alors la main du jeune homme sur le retour et ils passèrent sous une chute d'eau qu'il n'avait pas eu à traverser à l'arrivée.

Il raconta alors à l'assistance ce qu'il avait vu, sans pour autant nommer les protections des esprits. Il avait été heureux de constater que ces enfants-là avaient déjà des bases pour combattre ceux qui tenteraient de les atteindre au plus profond d'eux-mêmes. L'infirmière hocha la tête plusieurs fois et administra des potions supplémentaires.

Entre temps, Minerva et Pomona les avaient rejoints discrètement, utilisant un parcours peu connu et surtout sans tableaux qui iraient rapporter leur présence dans ces lieux. Celui protégeant l'accès des appartements étant absolument muet grâce à un sortilège que Flitwick avait proposé à Snape de lancer.

- Quel était le but recherché ? grogna Sergej.

- Les manipuler, leur empêcher de penser à leur père et surtout les rendre joyeux, fit Snape alors que les deux ados l'observaient en toussant de temps à autre.

- Il faudrait créer des potions avec des goûts moins infects, marmonna Fred en décrochant un rire nerveux à Snape.

- J'aimerais bien, fit-il. Je me penche sur le sujet, promis, fit-il en regardant plus sérieusement les deux jeunes.

- Dumbledore manipulait trop d'ondes magiques différentes en même temps, grogna l'infirmière, cela aurait pu tourner au drame ! Et leur père… pourquoi leur mère ne les a pas rapatriés chez elle ? Ne devait-elle pas demander la présence de tous ses enfants, si son époux se trouve en danger de mort ? fit-elle d'une voix aiguë.

- Mrs Pomfresh, fit calmement Sergej. Le conseil que je vous donnerais comme à chacun d'entre vous, c'est de rester sur vos gardes. Nous n'avons pas le droit de juger Madame …Weasley, sans en connaître les tenants et aboutissants. Ces crimes seront punis, soyez-en convaincus. Un dossier blindé se met en place, afin de renverser le pouvoir qu'à Dumbledore sur la société sans en donner l'impression. Restez vigilants, soyez prudents, protégez votre esprit. Et, jeunes hommes, Fred et George c'est cela ?

- Oui, Monsieur, répondirent-il en même temps.

- Je contacterai votre oncle. Severus vous mettra quelques heures de retenue, il me semble que vous en avez régulièrement si j'ai bien compris les plaintes de votre cher et très aimé professeur de Potion, fit-il avec un sourire en coin. Severus trouvera bien un moyen de vous mettre en retenue, et donc, nous verrons pour vos entraînements.

- Et si… commença George.

- Si ? demanda Snape.

- S'il ne veut pas, termina Fred.

- Il le souhaitera, soyez-en sûrs, jeunes hommes, fit alors Sergej. Je dois vous laisser, mes enfants et ma femme m'attendent. En attendant, Severus, je te conseille d'utiliser ton elfe pour les ramener directement dans leur lit. Ils ne doivent pas être vus et la magie des elfes est plus prudente pour leur stabilité. Malgré les potions, leur état de joie qui est bien trop poussé pour être réaliste, risque de survenir et un phénix n'améliorerait en rien la situation. Sur ce, soyez sages, les enfants !

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Et il en fut ainsi.

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Quelques jours étaient passés depuis l'incident, et les esprits des frères Weasley s'étaient lentement calmés. Le Directeur n'avait rien remarqué et ne se doutait pas un seul instant qu'il avait failli tuer les jumeaux.

Molly Weasley avait annoncé à Dumbledore qu'un médicomage lui avait conseillé de transférer son époux dans un hôpital écossais, ce que Dumbledore refusa aussitôt, net. Molly, les nerfs à vif, lui avait demandé des explications et s'était énervée très fortement contre celui qu'elle admirait, telle une mère lionne qui protégeait les siens.

Mais Dumbledore resta ferme, il affirma qu'Arthur devait impérativement rester à Londres, à Sainte Mangouste, pour sa sécurité et aussi car il connaissait de très bons spécialistes. Elle avait demandé alors, à plusieurs reprises depuis le mercredi précédent, de voir ses enfants. Il avait toujours trouvé une excuse, prétendant qu'ils étaient en cours, ou en train de jouer à l'extérieur avec des amis et qu'il ne souhaitait pas les perturber plus qu'ils ne l'étaient déjà.

Avec un sourire à la fois manipulateur et soulagé, il avait alors observé la mère de famille acquiescer à ses dires, confuse de s'être emportée contre leur chef du Plus Grand Bien. Il avait bien sûr dû user d'un peu de magie pour faire taire la voix qui disait à Molly que son mari avait expressément demandé la présence de Percy, Fred et George à son chevet.

Il ne donna bien sûr aucune nouvelle aux adolescents qui étaient encore au château. Percy ne semblait pas s'en soucier et Fred et George menaient leur vie. Il avait souri en entendant Severus râler haut et fort contre les jumeaux et l'entendit annoncer qu'ils avaient récolté un mois de retenue, trois fois par semaine, dans les cachots. Approuvant ceci, il eut un sourire amusé en observant le regard froid de son enseignant qui aurait bien pu le geler sur place s'il ne pensait pas que c'était sa rage contre les Gryffondor qui le mettait dans un tel état.

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Fabian Prewett était un homme grand et musclé. Il était parti vivre en Ecosse depuis quelques années, auprès de sa meilleure amie, Lisa.

Celle-ci avait deux filles qui acceptèrent Fabian comme étant un père de substitution, le leur étant décédé durant la guerre dans les années 70-80.

Sergej l'avait retrouvé au marché moldu, où l'homme achetait un poulet rôti. Il l'avait alors suivi puis interpellé, avant de se présenter en tant que Lord Mordinov de Russie, une des branches royales de la société sorcière du pays.

Fabian, d'abord sur ses gardes et prêt à se battre contre cet homme, fut alors surpris d'entendre le prénom de deux de ses neveux qu'il n'avait plus revus depuis environ cinq ans. Sergej lui annonça qu'il ne pouvait pas parler de cela dans la rue et que soit ils allaient dans un endroit plus sûr, soit il l'emmenait avec lui, en Russie. Fabian, toujours méfiant, l'invita à le suivre. Ils marchèrent durant dix minutes dans un silence pesant, avant d'apercevoir une petite maison. Il le fit entrer et attendre dans le vestibule afin de prévenir sa compagne puis amena leur invité jusqu'à son bureau.

- Est-ce que mes neveux vont bien ? demanda-t-il afin d'engager la conversation.

- Oui… et non.

- C'est-à-dire ? Ma sœur ne me parle plus depuis plus de cinq ans… nous nous sommes disputés quant aux valeurs familiales qu'elle ne voulait plus transmettre à ses enfants alors qu'Arthur y tenait également. J'avoue ne pas avoir compris.

- Vous n'avez pas tenté de reprendre contact ?

- Si, à plusieurs reprises. Mais les courriers reviennent, sans que les enveloppes aient été touchées ni ouvertes, répondit-il, les yeux teintés de tristesse.

Sergej avait conscience que ce fut une immense perte pour cet homme. Et que s'il laissait entrevoir certaines émotions, ce qui n'avait pas été le cas quelques minutes plus tôt, c'est qu'il voulait des nouvelles. Et peut-être plus.

- Connaissez-vous Albus Dumbledore ?

Fabian revint brutalement à la réalité.

- Oui, fit-il froidement.

- Cette question n'a pas l'air de vous enchanter, fit Sergej avec un sourire moqueur.

- En effet. Mais soit. Que me vaut l'honneur de votre visite, Lord Mordinov ?

- Lord Prewett. Lord Dumbledore a intenté à la vie de plusieurs amis, et donc indirectement de ma propre famille. Pour être plus précis, il a planifié la vie d'un cousin éloigné de ma filleule devenue ma fille adoptive. Une histoire bien complexe, que nous vous conterons plus tard si vous le souhaitez. Cela étant, il y a une petite semaine, nous avons eu le malheur de constater que cet homme a intenté à la vie et surtout aux esprits de vos neveux Fred et George Weasley. Il va sans dire qu'il a Mrs. Weasley à sa merci et qu'il obtient tout ce qu'il souhaite de sa part.

Les yeux exorbités et l'expression soudainement horrifiée de Prewett lui fit comprendre qu'il s'était peut-être mal exprimé.

- Hm, repris Sergej. Je veux dire par là, bien entendu, d'un point de vue moral, affectif et relationnel. Il n'y a pas de perversité en cause, du moins je l'espère.

Le soupir de soulagement confirma le doute de Sergej.

- Navré de vous avoir fait peur.

- Ce n'est pas… c'est tout de même tout aussi grave, Lord Mordinov, se reprit Prewett.

- En effet. Si j'ai bien compris le début de cette histoire, cela s'est déroulé après le décès de votre frère et de la famille Potter. Albus Dumbledore avait un plan très précis et une vision des choses qui plût à beaucoup de monde. Il a une sorte d'association… qui œuvre pour le plus grand bien, dit-on.

- Oui… vous parlez de l'Ordre du Phénix, n'est-ce-pas ?

- Entre autres.

- J'en faisais partie, durant la première guerre. Mais depuis que ma petite sœur a rompu tout contact, Lord Dumbledore ne m'a jamais contacté. Sûrement lui a-t-elle dit…

- Oh, vous vous trompez, jeune homme, le coupa Sergej. Votre dispute fut, d'après les dires de vos neveux, parfaitement orchestrée par Albus Dumbledore.

- Ah.

- Monsieur… Fred Weasley nous a brièvement raconté que Monsieur Dumbledore n'appréciait pas les règles des familles de Sang-Pur. Je pense plutôt qu'il essaye, en vain, de réduire la population à un niveau inférieur, afin de se faire respecter.

Fabian Prewett retira ses coudes du bureau, s'installant plus confortablement dans son fauteuil. Il semblait penser que l'entrevue promettait d'être intéressante et cela fit sourire Sergej.

- Mais ce n'est que mon avis, repris Sergej afin de ne pas se mettre Prewett à dos dès le début. Par ailleurs, il a demandé à Mrs. Weasley, toujours d'après l'explication de votre neveu, de stopper tout contact avec sa famille. Que l'appellation « Père » et « Mère » était trop froide ainsi que le vouvoiement, et qu'une famille aimante devait pouvoir utiliser des termes plus doux comme « papa » et « maman » même en public. Que ceux qui utilisaient les termes plus froids n'étaient pas des familles aimantes et respectueuses, et qu'il fallait impérativement qu'elle prouve qu'elle avait une famille digne de ce nom. Il lui annonça également que la magie de l'esprit était un art très dangereux et qui finirait par rendre malade ses enfants, d'une quelconque manière. Entre autres, il y eu bien entendu d'autres arguments, mais nous ne sommes pas là pour parler de cela aujourd'hui.

- Je comprends mieux le comportement étrange de ma sœur… pensa Fabian Prewett à haute voix.

- Malheureusement, elle est aux pieds de Dumbledore. Et je crains que si elle doute par moments, Albus Dumbledore ne contre cela avec des techniques peu… admises, dirons-nous.

- Possiblement, possiblement, confirma Prewett.

- Bien. Cela étant dit, voici ce qui s'est passé au cours de la semaine. Pour votre gouverne, Lord Dumbledore ne connaît pas encore mon existence, mais cela ne saurait tarder. Le mari de votre sœur est gravement malade. Je suis allé vérifier l'information par moi-même. Il a été fortement conseillé à votre sœur de transférer votre beau-frère dans une clinique spécialisée dans les infections sanguines, en Ecosse. Malheureusement, Lord Dumbledore le lui a fortement déconseillé, et ceci même devant les médicommages décrétant qu'il en allait de la sécurité de Monsieur Weasley et qu'il connaissait des médicomages spécialisés qui seraient capables, à Londres, de le prendre en charge. Ce qu'il a alors omis, c'est que ces personnes ne sont absolument pas compétents sur le sujet du cas précis de votre beau-frère.

Il fit une petite pause, portant la tasse de café qui avait été apportée discrètement par la compagne de Fabian.

- Monsieur Weasley est bien faible, en ce moment-même. Il a des accès de lucidité, et avait expressément demandé la présence de Percy, Fred et George, qui sont les seuls à ne pas s'être rendus à son chevet.

- Pourquoi donc ? demanda calmement Prewett.

- Albus Dumbledore avait annoncé au garçon se nommant… Percy, l'état de son père, mais votre neveu fut peu touché par cette information. Par ailleurs, les jumeaux, eux, ont bien failli réagir violemment, ce que Albus Dumbledore a contré à l'aide de plusieurs… techniques qui ne furent absolument pas éthiques. Un rituel de confinement psychologique, un à l'aide de bougies en lévitation et d'un cercle ancien pré-dessiné dans le sol de son bureau. Sans compter un poison euphorisant dont la combinaison avec le rituel et un sortilège de confusion bien puissant auraient pu coûter la vie de ces deux jeunes adolescents plein de fantaisies et d'énergie positive.

Sergej, laissant Lord Prewett digérer toutes ces informations, observait les phalanges de son interlocuteur se contracter et blanchir.

Fabian avait écouté le récit patiemment, appliquant un masque froid et impassible sur son visage. Mais son cœur, lui, battait à tout rompre. Il voulait aider sa famille, mais ne savait pas comment faire, surtout si Molly ne voulait pas de lui et était sous l'emprise de cet homme. Le Lord russe qui se trouvait devant lui avait l'air d'une personne honnête et loyale. Quelque chose lui disait qu'il ne devrait pas laisser passer sa chance. Mais à quel sujet ?

- Quelques professeurs de Poudlard ont également remarqué certains actes de leur directeur qui se veut être un mentor. Ceux-ci se trouvaient justement au bon endroit, au bon moment, et prirent soin de vos deux neveux, en les amenant dans les appartements privés du professeur le plus détesté de Poudlard, qui est un de mes plus chers amis. Bien qu'il ne soit pas connu pour être très… sociable, fit-il avec un sourire moqueur. Vos neveux sont sains et saufs, ils ont été soignés par l'infirmière qui est dans le secret qui nous entoure, et ramenés directement dans leurs lits, par les elfes d'un des professeurs. Cependant, et nous en venons au but premier de ma visite, il nous a fallu déterminer exactement ce qu'il s'était produit pour créer un tel chaos magique dans l'aura de vos neveux. J'ai demandé – ou plutôt ordonné – à mon ami de vérifier leur esprit, afin également de les sortir de cet endroit où ils se retranchaient. Ce n'est éthiquement pas très correct, je vous l'admets, mais je ne le regrette pas. Et je vous demanderai de me donner l'autorisation d'utiliser ces souvenirs contre le professeur Dumbledore. Mais pour le moment, vos neveux vous réclament. Ils ont eu les bases, grâce à vous, de l'art de protéger son esprit. Ils auraient besoin d'un oncle qui les soutiennent, certes, mais aussi d'entraînements. Mon ami s'y connait très bien également, mais je pense que votre présence auprès de vos neveux serait souhaitable, si vous le souhaitez bien. Ils sont jeunes et ont déjà des idées bien précises de ce qu'ils veulent faire. Mais pour cela, ils auraient besoin d'un parent qui les soutienne. Un Lord, qui détient les pouvoirs de la famille de leur mère qui plus est, serait d'un soutien extrême pour eux, et je dois admettre que vous avez fait un travail fantastique sur leur esprit alors qu'ils étaient si jeunes. Bien entendu, si vous acceptiez de venir les rencontrer, je vous demanderai de vous plier à un rituel du Secret. Pas de serment inviolable, par contre.

Un petit silence se posa sur la pièce, laissant le son des oiseaux atteindre leurs oreilles.

- Je veux bien entendu être présent pour eux. Ce serait une joie. Par ailleurs, comment cela serait-ce possible, sans que Dumbledore ne l'apprenne ?

- Les elfes des familles reliées à Poudlard, comme ceux de mon ami, ou encore ses phénix, pourraient grandement aider. Severus a d'ailleurs mis en retenue vos neveux afin de cacher ces rencontres. Et comme il est de notoriété publique qu'il voue une haine particulière aux Gryffondors, le professeur n'attirera aucun soupçon.

Fabian Prewett demanda alors de faire le rituel du Secret, mais Sergej lui conseilla de d'abord en parler avec sa femme. Il avait alors dit qu'ils venaient de se marier et qu'il craignait qu'elle ne se braque. Sergej lui avait alors demandé des précisions sur cette petite famille de quatre personnes et Fabian lui indiqua que Lisa, son épouse, souhaitait créer un lien de sang entre ses filles et Fabian, mais que cela était mal vu en Angleterre. Sergej, de bon cœur, proposa alors son aide. Mais comme cela n'était pas le but principal de cette visite, il fut d'abord invité pour le repas de midi puis ils discutèrent ensuite, entre adultes, de la situation. Lisa, peinée pour ces petits garçons, avait immédiatement accepter d'aider d'une quelconque manière ou d'au moins être présente. Sergej prit alors, pour la protection de tous, la décision d'appeler Lianna et Hardwin afin d'effectuer le rituel en présence de Lisa et des deux jeunes demoiselles.

Sergej remarqua avec un léger sourire que Rebecca, la plus âgée des deux demoiselles, était née durant la même année qu'Alekzandra, Jania, Leonius et Harry. Mysthya, la plus jeune, était née quelques mois avant Clarence, la dernière enfant de Hardwin.

Le Rituel du Secret se passa extrêmement bien et les deux jeunes filles étaient adorables. Elles avaient montré une collection de peluches à Lianna qui avait immédiatement craquée devant ces deux anges. Rebecca était blonde, mince, et avait des yeux bleus envoûtants. Mysthya, elle, avait les cheveux d'un roux clair et les yeux verts. Sergej leur proposa alors de se rendre chez eux, en Russie, afin d'effectuer le Rituel du Sang en sécurité. Il ne connaissait pas entièrement la législation anglaise sur cette sorte de magie, mais savait que si quelqu'un le remarquait à cause des effluves de magie, la petite famille risquerait gros.

Les deux jeunes filles, cloîtrées à la maison depuis deux ans à cause de leur mère qui ne sortait plus et avait trop peur de perdre le dernier souvenir de son ex-époux, sautèrent de joie lorsqu'un elfe de la famille russe arriva afin de les emmener en Russie. Elles allaient enfin voir quelque chose d'autre… et surtout, rencontrer la fille de Lianna qu'elles avaient appréciée au premier regard.

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