Quand la pureté reste dans l'âme

Le Sage déstabilisé

Coucou tout le monde !

Une chose très importante : il me semble qu'un point ait été mal compris :

Daniel et Annabelle Malefoy de Bridgewater = les Granger

Hermione reste Hermione.

Les parents avec lesquels elle a grandit sont bien les siens, mais ils ont tous bu des souvenirs de personnes qui n'existaient plus.

Je cite ici le chapitre précédent, du flash back.

"Les souvenirs et les apparences dont vous avez hérité appartenaient à des personnes n'existant plus. Elvin [= Daniel] et Jeanne [= Annabelle] , vos familles sont décédées et vous êtes coupés du monde, seuls avec votre fille [Hermione], seule personne que je laisse à votre disposition afin de mieux vous garder à l'œil puisque cette petite viendra très certainement à Poudlard."

Comme je voulais couper court à cette mauvaise compréhension ;-) [j'avoue que c'est un peu complexe pour le coup !] j'en profite pour vous poster le second chapitre du weekend !

Bonne lecture,

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 56 :

Le Sage déstabilisé

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Samedi 26 octobre 1991

Irlande

La soirée du vendredi avait été très chargée pour les Potter. Entre le retour des enfants de l'école, la présence appréciée d'Abraham qui leur avait fait l'honneur, pour une fois, de participer pleinement à la vie de famille et ses anecdotes toutes plus intéressantes que les autres, Harry n'avait pas encore eu le temps de parler à son père.

La soirée était déjà bien entamée alors que le petit garçon de onze ans se dirigea doucement vers le bureau de Hardwin.

- Pa… Papa ? Je peux entrer ?

- Oh, Harry ! Bien sûr mon grand, quelque chose ne va pas ? demanda le père de famille avec une voix teintée d'inquiétude.

- Si, ça va, répondit Harry en s'affalant dans un des fauteuils. Je… je voulais juste te dire merci.

- Pourquoi, fiston ?

Harry sembla réfléchir aux mots qu'il souhaitait employer et sourit.

- Vous m'avez fait découvrir une autre vie, vous m'avez aidé à vivre, en fait. J'ai eu du mal mais grâce à Sev' j'ai pu voir tout le chemin que j'avais fait jusque maintenant… Je ne sais pas comment te remercier ni comment remercier maman. Vous êtes ma famille, vous l'avez toujours été mais ma vie n'a jamais été aussi belle chez les Dursley…

- Tu n'as pas à nous remercier, petit ange. Nous te considérons comme notre fils, Elizabeth me corrigerait même en disant que tu es notre fils. James et Lily seraient fiers de toi, tu sais ?

- Mais… comment ? Je n'ai rien fait !

- Tu es devenu un jeune garçon posé, intelligent, qui aime apprendre. Ton père serait déçu, certainement, que tu ne fasses pas les quatre cents coups mais ta mère le frapperait gentiment rien qu'en connaissant ses pensées…

Harry laissa échapper un petit rire. Hardwin et Severus lui avaient déjà expliqué que James avait été un enfant pourri gâté. Ses parents l'avaient eut assez tardivement pour leur époque et ils ne pensaient plus pouvoir avoir un enfant.

- Ils avaient quel âge, mes grands-parents, quand ils l'ont eu ?

- 38 ans il me semble. Ton grand-père est décédé en 1967, c'était un grand Auror.

- Il est mort de quoi ?

- Durant son service, il s'est battu en duel avec un dangereux mage et ça ne s'est pas bien terminé. Ton grand-père est décédé de ses blessures mais avait réussi à éliminer le mage… Ta grand-mère avait donc couvert d'amour et de cadeaux ton père, et ce jusqu'à ses dix-neuf ans. Elle lui légua tout l'héritage lors de son décès en lui demandant de le protéger et de ne pas le laisser à la vue de personnes comme Dumbledore mais… il n'a pas prêté attention à ces dernières paroles.

- On va le ravoir, cet héritage, papa ?

- Pas dans son entièreté, je ne pense pas. J'aimerais surtout retrouver les souvenirs de tes parents afin d'activer leurs tableaux…

- Ce serait bien…

- Mon ange, n'oublie par contre pas que tu dois vivre pour les personnes encore en vie, d'accord ? Je comprends ton besoin de parler avec Lily et James, mais n'oublie pas la vie réelle, d'accord mon poussin ?

- Oui maman !

- Et, je suis pas une femme moi ! fit Hardwin, faussement outré.

- Tu es un papa poule, mais je t'aime, papa.

- Je t'aime aussi, mon fils. Que dirais-tu d'un bon chocolat chaud devant la cheminée ?

- Oui ! Je peux aller chercher Philipp ?

- Bien sûr, et tu peux proposer à Abraham de nous rejoindre, on se fera une petite soirée entre hommes comme ça.

Harry se leva joyeusement et se dirigea vers la porte avant d'arrêter son mouvement et de fixer son père.

- Papa ?

- Oui ?

- T'es génial.

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La famille Potter avait passé un bon week-end entre les visites des uns ou des autres mais aussi grâce à la présence d'Abraham Potter. Il les avait informés qu'il avait définitivement quitté sa vie de voyageur ainsi que la vie qu'il s'était fait au Brésil. Il souhaitait maintenant se poser quelque part. Il avait déjà acheté un terrain sorcier, dans le parc de Gladstone à Londres. Ce parc, du côté des Moldus, faisait environ 35 hectares mais il était en réalité bien plus grand, tout comme le parc Saint James. Le parc de Gladstone avait au moins 35 hectares de plus, entre la bordure moldue du côté ouest près de la Dollis Hill Ln et la Park view Road. Les maisons alignées le long de la Park view Road voyaient la verdure côté moldu grâce aux différents sortilèges sorciers.

Le parc était très rarement visité par les sorciers malgré la beauté de l'endroit légèrement vallonné. L'entrée se faisait via une petite allée du parc qui n'était jamais empruntée par les sans-pouvoirs. Elle menait à un mur de pierres blanches sur lesquelles il fallait poser la main et prononcer la formule « open your eyes ».

Ce que ne savaient pas les sorciers anglais, c'est que le Ministère hésitait à y installer ses nouveaux locaux ou aller au Parc Saint James, lui aussi ayant un coin sorcier.

Abraham comptait ouvrir un restaurant à Gladstone Park et avait déjà quelques ébauches de plan, mais il profita du week-end pour discuter avec les enfants, leur raconter quelques histoires et caresser inlassablement les chats d'Elizabeth, sa belle-sœur.

Après ce petit week-end tranquille, les enfants durent retourner dans leurs écoles et les adultes rejoindre l'amère vie sociale en plein Londres, dans les méandres du Ministère anglais.

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Lundi 28 octobre 1991

Londres,

Tribunal ouvert aux visiteurs

Procès public contre Lord Dumbledore

Madame le Juge, Mrs. McFlowers, avait rappelé les chefs d'accusations vus et revus durant les dernières sessions. Ils avaient tenté de catégoriser chaque sujet abordé par thème, bien que cela ne fut guère simple. Le premier concernait donc l'abandon de l'enfant Harry Potter, alors âgé d'un an et quelques mois, devant une maison moldue en pleine nuit et ce, sans aucun sortilège de réchauffement ou même de protection.

Le deuxième était pour la non-assistance à personne en danger, personne qui n'était personne d'autre que Harry Potter. Puis venait, ensuite, le troisième chef d'accusation : la gestion des comptes Potter et la manipulation de l'Héritage.

Le quatrième chef d'accusation concernait la limitation de plusieurs noyaux magiques, ce qui fut immédiatement reconnu comme un crime contre l'humanité. Cela comprenait également le blocage de plusieurs enseignements sur la magie, faisant descendre le taux de compréhension du peuple ainsi que leurs connaissances en culture générale.

En cinquième place venait ensuite les essais infructueux d'accéder aux différents coffres bancaires de ses employés et « amis ». En sixième, la non-défense de Sirius Black, le condamnant sans aucune preuve de sa culpabilité. En septième, la manipulation d'adolescents et d'adultes par le biais de drogues et de potions dans diverses boissons, divers bonbons et la nourriture servie dans la Grande Salle. Plusieurs cercles runiques avec la signature magique de Dumbledore avaient également été découverts un peu partout dans le château, ainsi que tous les systèmes de surveillances dans les chambres, les dortoirs, les appartements des professeurs ou encore les toilettes et les salles de bain.

En huitième venait la tentative de manipulation envers la famille Tonks quant à l'héritage des Malefoy puis en neuvième position venait l'histoire presque incroyable de la famille Granger, anciennement Londubat. Durant le neuvième chef d'accusation il y eut également le dépôt de plainte de la famille Prince pour tentative d'intimidation et manipulation sociale sur la personne de Severus Snape.

Le dixième chef d'accusation concernait la mise en danger inutile des habitants du château de par la présence de la pierre philosophale ainsi que l'engagement d'un professeur habité par un horcruxe.

Venait maintenant le dernier – tout du moins de ce qu'espérait l'avocat de Lord Dumbledore – chef d'accusation. Eva Mentholiana Chelsea, la directrice de l'ESAPPI – l'École Supérieure d'Arts des Potions et des Plantes d'Irlande – avait longuement discuté avec Severus et Léto Prince puis convaincu sa cousine, Laura Zorian, de participer au procès. La jeune femme était justement en train de s'avancer au centre de la salle, accompagnée de Lord Léto Prince afin de prendre place près des procureurs et de Mrs. McFlowers. Elle but une potion de vérité préparée par le Département des Mystères et son regard se perdit dans le losange de cristal posé devant elle.

- Déclinez votre identité, s'il vous plaît, intervint Amélia Bones.

- Laura Eva Mentholiana Zorian, née le deux juillet mille-neuf-cent-cinquante.

Laura expliqua alors comment elle avait connue Albus Dumbledore, un mentor et un conseiller hors-pair. Elle raconta également les tentatives de manipulation de l'homme souhaitant qu'elle intègre son groupe, l'Ordre du Phénix. De telles associations n'étaient pas interdites, mais espionner au Ministère et rapporter des informations internes l'étaient formellement. Le Ministère de l'époque était bel et bien conscient qu'un Mage rôdait et n'était pas infesté de Mangemorts comme Dumbledore aimait le faire entendre. Il y avait certes quelques personnes douteuses mais ce n'était pas excessif au point de les laisser prendre le Pouvoir.

Laura ne contrôlait pas ses paroles, la potion détruisait peu à peu les barrières formées par les sortilèges de Dumbledore tout en faisant apparaître des mots sur les parchemins des Langue-de-Plomb. Autant dire que les diverses recherches du Département des Mystères rendaient tout le monde admiratif devant autant de possibilités qu'offrait la magie.

La jeune femme, âgée de 41 ans, expliqua qu'Albus lui avait forcé la main un soir, pendant une réunion de l'Ordre.

- Une attaque se prépare à Newton Abbot, un de nos espions a pu me le confirmer, avait dit Albus. Plus nous serons, mieux cela sera !

Laura avait envie de rentrer, et avait prévenu Albus depuis le début qu'elle n'irait pas sur le terrain, mais il ne l'entendait pas de cette façon.

- Des vies doivent être sauvées, Laura, pourriez-vous réellement trouver le sommeil en sachant que celles-ci mourront parce que vous n'aviez pas daigné bouger votre baguette ? De plus, votre fille est entre de bonnes mains et j'ai pris la liberté de prévenir votre mari. Ne vous inquiétez donc pas pour votre famille et venez avec nous, avait dit le vieil homme, insistant.

La salle du Ministère retenait son souffle et vit la jeune femme se faire embarquer par transplanage d'escorte en plein milieu du champ de bataille. Elle ne dû sa vie qu'à ses réflexes. Les maisons étaient en feu, des corps gisaient çà et là.

Tous purent voir, peu après la terrible fin de la bataille, le corps de Laura se tordre sur le sol puis convulser.

- Ramenez-moi, Albus, je veux voir ma fille…

- Votre corps ne supportera pas de transplanage, je suis désolé, Laura.

- Albus… fit désespérément la jeune femme qui ne bougeait soudainement plus.

Il déposa une couverture sur elle, en murmurant à un autre homme.

- Son corps est mutilé, son esprit aussi… il n'y a plus aucun espoir pour elle, retournons au QG.

L'homme avait alors transplané et Dumbledore recouvrit le corps sanglotant de la femme en ignorant les supplications puis disparut dans la nuit sombre et glaciale.

Tous observèrent la jeune femme tenter de toucher son bracelet en parlant. Un homme apparut alors quelques secondes plus tard, affolé.

- Bon sang ma chérie ! Oh douce magie… dis-moi que ce n'est pas vrai !

Quelques petits « pop » se firent entendre et le petit groupe d'ami transportèrent le corps presque immobile jusqu'en Irlande. La voix monotone de Laura expliqua alors que son mari n'avait eu aucune connaissance du plan de Dumbledore et pensait que leur fille se trouvait avec son épouse. Ils firent alors un rituel gaélique et les personnes présentes dans la salle frissonnèrent d'horreur.

Le corps de l'enfant, alors âgée d'à peine une année, était au sol d'une pièce poussiéreuse dépourvue de lumière. L'enfant pleurait et baignait dans la saleté de sa couche trop remplie. Le souvenir continua jusqu'à la venue de quelques Aurors Irlandais et Anglais qui l'informèrent que la demeure avait jadis appartenue à Lord James Potter, rachetée par Lord Dumbledore et la Police anglaise lui déconseilla de porter plainte à cause de la popularité de Dumbledore.

Le souvenir pris fin et les yeux de Laura reprirent leur couleur normale, laissant échapper quelques larmes.

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Un des procureurs, Lord Octavius Perks, avait demandé à la juge ainsi qu'à Lord Turner de pouvoir interroger une dernière fois Lord Dumbledore. L'avocat de l'accusé ne pu refuser et Albus Dumbledore se vit, une fois de plus, en position de faiblesse face au peuple sorcier grâce à une potion des Langue-de-Plomb.

- Avez-vous fait du mal à un autre enfant, si oui lequel. Directement ou indirectement. Répondez et détaillez.

- Ronald Weasley, j'ai dû lui montrer ce qu'était un homme, ainsi qu'à sa sœur à qui j'ai montré ce qu'elle devra faire au lit avec Harry Potter.

Un cri d'effroi retentit mais les procureurs restèrent impassibles.

- Qui d'autre ?

- Luna Lovegood. J'étais en visite chez eux lorsque j'ai dû faire croire à un accident. J'ai bridé la magie de l'enfant et enfermé Lady Lovegood dans une des caves de ma demeure.

- Pourquoi.

- Elle était trop intelligente, tout comme Lily Evans ou encore Severus Snape.

… la liste fut longue, d'autant plus qu'il nomma également ce que la salle entière avait pu découvrir durant le procès et tout cela valida une dernière fois les chefs d'accusations.

Lord Turner, l'avocat de Dumbledore, demanda ensuite une pause d'une demi-heure durant laquelle ils terminèrent de mettre au point leur défense. Albus s'installa ensuite près des procureurs et pu enfin commencer à se défendre.

- Mesdames et Messieurs. Vous n'êtes pas sans savoir que la guerre qui aurait éclaté sans mon intervention aurait pu avoir des conséquences plus que néfastes sur notre peuple, est-ce donc une manière de me remercier pour tout ce que j'ai fait pour vous ?

Un frisson le parcouru.

- Lord Dumbledore, vous venez d'enfreindre la Loi une fois de plus en voulant lancer un sortilège de compassion, sachez que vous êtes entouré d'un bouclier vous empêchant d'envoûter qui que ce soit avec vos paroles, fit froidement Mrs. McFlowers.

C'était donc cela, le frisson, pensa Dumbledore. Très bien, il ne lui restait que les mots… peut-être que les boucliers étaient puissants mais les mots avaient bien plus de pouvoir… surtout lorsque l'on savait les utiliser…

- Lord Voldemort est un mage puissant, il reviendra et seul Harry Potter peut le combattre réellement. Il fallait qu'il grandisse loin de sa célébrité et dans un monde où au mieux il se faisait accepter, afin d'être ébloui par la magie. Si je n'avais pas pris la décision de brider ses pouvoirs, comme les vôtres, d'ailleurs, notre monde serait détruit depuis longtemps !

- Vous avez bridé les magies de chaque élève passant devant vous, n'est-ce-pas.

- Pour le Plus Grand Bien, Lady Bones.

- Pour le Plus Grand Bien, vous avez donc empêché les gens de vivre pleinement leur magie, et de participer à la vie de notre société. Pour le Plus Grand Bien, vous avez détruit des familles. Alors que, comme l'exemple de la famille Lovegood, un rituel pouvait très bien faire réapparaître le frère jumeau disparu.

- Pour le Plus Grand Bien, effectivement. Plus la population aurait été apte à comprendre, moins j'aurais eu de chance pour vous sauver !

- Pour régner sur le monde, oui, lâcha un procureur en riant amèrement. Continuez votre défense, Lord Dumbledore, avant que je ne vous envoie à Azkaban.

- Les unions entre sorciers et sans-pouvoirs rendaient les sorciers bien trop puissant, et ceci depuis des siècles. Il fallait leur inculquer la puissance de la pureté du sang, afin que la consanguinité détruise les pouvoirs bien trop dangereux pour le Monde. Il me fallait garder deux ou trois familles dites de la Lumière afin de me suivre et de combattre à mes côtés pour un monde meilleur, un monde comme je le veux pour vous tous.

- Comme vous le voulez, effectivement, ricana un autre procureur.

- Assez, fit vivement Mrs. McFlowers. Lord Dumbledore, continuez je vous prie.

- Poudlard se devait d'accueillir la Pierre Philosophale afin d'entraîner le petit Harry à combattre Lord Voldemort. J'étais bien entendu au courant que Quirrell était habité par un Horcruxe et cela devait me servir. Bien sûr, vous m'avez retiré de mes fonctions ce qui s'est clos par un tel désastre, cela est vraiment désolant. Sans moi, Poudlard n'est rien. Sans ma puissance et ma magie, les protections présentes vont s'effondrer peu à peu et les élèves périront sous les décombres d'un château tombant en ruine.

- On a compris votre manège, Dumbledore, arrêtez de lancer des rituels à travers vos mots, menaça l'un des Gobelins, ou je vous réduis en purée !

- La famille Weasley était l'un de mes meilleurs partis : Molly et Ginny faisaient absolument tout ce que je leur demandais et ils auraient pu être comme une seconde famille pour Harry. Mes plans sont beaux et bons pour notre monde, et je vous en conjure, croyez-moi, je ne vous veux que du bien. J'ai toujours été bienveillant et présent pour chacun d'entre vous, j'ai été et je suis un mentor pour une grande partie de notre peuple. Pourquoi vouloir détruire cet état de fait par de petites erreurs comme celles-ci ? Je ne suis pas un manipulateur, ni un assassin. Je veux faire le bien, et j'œuvre pour le plus grand bien. Ne voyez-vous pas que sans moi, vous ne seriez peut-être même pas en vie ? J'ai tout donné pour Poudlard et pour détruire Lord Voldemort. Je n'ai jamais battu un élève, j'ai toujours été un bon enseignant et directeur. J'ignorai que des poisons se trouvaient dans les bonbons que j'offre à mes élèves et que je mange moi-même depuis des décennies.

- C'est pour cela que nous avons même eu le souvenir d'un ancien enseignant qui vous observait mettre des quantités de poisons dans les aliments de la cuisine du château, lança Lord McKinnon. Ne vous faites pas passer pour le père Noël, Lord Dumbledore.

- Je suis un homme bon, et que vous ne me croyez pas me désole, Lord McKinnon. J'ai fait plus que n'importe quel Ministre, j'ai rendu sa liberté au peuple lors de la guerre en 70-80 contre Voldemort.

- Les Aurors étaient plus nombreux et vos… partisans, dirons-nous, ont aussi donné leur vie pour votre cause… Vous avez participé de votre plein grès à la défense de sans-pouvoirs et de sorciers en embarquant sur le terrain des personnes qui n'ont jamais été Auror et qui n'avaient pas eu assez de connaissances pour pouvoir combattre. Vous avez offert à Vous-Savez-Qui de la chair fraîche sur un plateau d'argent, mon cher. Peut-être les avez-vous entraînés, je veux bien le croire, mais ces personnes auraient pu aussi s'entraîner librement dans des centres spécialisés avec des professeurs.

- Nous n'avions pas le temps pour de telles sottises…

- Sottises ? Les personnes qui sont décédées dans l'Ordre du Phénix et qui sortaient de Poudlard n'avaient que très peu de notion de combat. Ils ne savaient même pas déjouer les sortilèges de magie noire puisque vous en aviez interdit l'enseignement, Lord Dumbledore. Pour pouvoir combattre des mages dangereux, il faut pouvoir comprendre et analyser les sortilèges, peu importe leur branche de magie ! La magie est un tout. Vous avez inculqué à vos élèves qu'il y avait la magie blanche d'un côté, et la magie noire de l'autre. Nous ne sommes pas dans un conte de fées, Lord Dumbledore, nous sommes dans la vraie vie. Il n'y a que des nuances de couleurs selon la volonté et la puissance du lanceur ! Vous avez certes sauvé quelques Sans-Pouvoirs, mais vous avez aussi participé à la destruction de la culture sorcière.

- Quelle est donc cette manie de dire « Sans-Pouvoir » ! s'agaça Dumbledore. Nous avons un terme pour les désigner, je ne comprends pas cette mode, sincèrement.

- Le terme « moldu » est assez dégradant, voyez-vous, fit Mrs. McFlowers. Nous ne sommes pas là pour parler d'eux, mais de vous, Lord Dumbledore. Vous avez, aujourd'hui, l'immense honneur de parler à notre peuple. Continuez donc votre défense au lieu de dévier du sujet. Et cela vaut également pour les intervenants.

Dumbledore inspira profondément, tentant vainement d'appeler Fumseck. Celui-ci finit par apparaître et, une fois de plus, laisser couler un véritable ruisseau de couleur marron et vert sur la tête de Dumbledore. Le liquide nauséabond et poisseux colla les cheveux du directeur qui râla sous les rires moqueurs de l'assemblée. Après que son avocat lui ait tendu un linge pour se laver le visage – il n'avait plus le droit d'user de la magie – Dumbledore continua son récit.

Il expliqua le pourquoi de ces plans, ainsi que la raison de ses décisions. En ce qui concernait le petit Harry, il avait cru bien faire en demandant à Mr. Hagrid de sauver l'enfant des décombres. Il avait également dû prendre une décision rapide de placement afin que l'enfant soit immédiatement en sécurité et non pris en otage par ces sorciers voulant l'aduler ou même risquer la vie de l'enfant à cause des partisans du Mal qui criaient vengeance.

Il oeuvrait pour le bien de tous, c'était un personnage qui se voulait bienveillant mais qui avait malheureusement connu le goût du pouvoir avec Grindelwald qui lui avait donné de beaux rêves. Ils n'allaient pas exactement dans le même sens, Gellert voulant plutôt faire souffrir les moldus alors que Dumbledore les voyait plus comme des êtres ayant peu d'importance. Albus ne se souciait pas d'eux, il voulait simplement que le monde Sorcier reprenne de la graine et impose sa présence parmi les humains en règle générale. Il souhaitait faire en sorte que les sorciers prennent encore plus de pouvoir et que seuls quelques uns aient connaissance de la réelle magie. Le souci, dans tout cela, c'est qu'il se concentrait à l'Angleterre. Les autres pays n'auraient jamais laissé faire cela, et il le savait bien. Ses idées n'étaient pas toutes mauvaises, mais ils étaient tous présents pour juger ses actions qui elles, n'étaient pas bonnes. Pas pour ses idées révolutionnaires qui ne tombaient pas dans l'oreille d'un sourd.

Il expliqua également le rôle qu'aurait dû avoir Molly Weasley : devenir sa femme ou encore une mère pour tous les enfants orphelin puisqu'il comptait retirer, dans le futur, tous les enfants sorciers des foyers moldus sous couvert d'accidents ou de décès prématurés grâce à quelques oubliettes et sortilèges de modification des mémoires. Mais le peuple n'était pas d'accord avec cette vision des choses, retirer un enfant de sa famille ? Quelle cruauté !

D'autant plus que la une des journaux citaient évidemment les projets du Ministère : l'accompagnement des familles non-sorcières ayant un enfant doté du don de la magie, des centres d'accueils pour les enfants rejetés ou encore l'étude sur les cas des dits cracmols. Il avait également été déclaré au peuple anglais que ceux-ci avaient de la magie en eux, mais une autre sorte de magie que peu de monde connaissait de nos jours. Et autant dire que cela avait fait du bruit dans les rangs des Sang-Purs.

Les sorciers de Russie avaient transmis au Ministère Anglais une encyclopédie sur les différentes magies que pouvaient avoir les êtres humains. Encyclopédie ancienne, dont l'Angleterre avait un exemplaire caché au fin fond du Département des Mystères. Mais de par leur indépendance, les Langue-de-Plombs n'avaient, jusqu'ici, pas eu le droit d'interférer avec la société sorcière. Chose qui changerait dans le futur, la nouvelle Ministre se le promettait… Elle voulait être à l'écoute de chaque département afin de mieux répondre à la volonté du peuple ainsi que d'effectuer quelques référendums. Elle s'était également rapprochée du petit gouvernement écossais et du Ministère Irlandais afin de prendre tous les conseils possibles et elle n'était, jusqu'ici, pas déçue.

Tout ce qu'elle avait pu entendre lors des différentes sessions du procès lui avait donné froid dans le dos. Comment faire pour surveiller ce genre de choses tout en laissant la liberté de penser et de faire au peuple ? Il était certain qu'empêcher la connaissance de certaines branches de la magie pouvait être tout aussi dangereux que de laisser un accès libre à toutes les documentations. Comment faire, alors ? En Irlande, une grande bibliothèque avait été construite non loin de la capitale et donnait libre accès à quiconque n'ayant aucun casier judiciaire. Elle tenta de se concentrer sur le moment présent, bien que peu intéressée par le monologue de Dumbledore. Il avait certainement eu de bons côtés, à l'époque. Il avait toujours cet air gentil et bienveillant mais avait manipulé tellement de vie, détruit beaucoup de familles… ils devraient trouver une sanction exemplaire, sans le tuer. Elle était contre le baiser du détraqueur, mais comment faire pour l'empêcher de faire du mal autour de lui afin que les gens le suivent aveuglément ?

Alors qu'elle retournait dans ses pensées, Albus tentait de réparer toutes ses erreurs au travers de phrases prometteuses et bienveillantes. Que deviendrait le peuple sans mentor ? Son regard se remit à pétiller de joie lorsqu'il vit quelques visages approuver ses paroles et ses idées. Il demanda par ailleurs à pouvoir rencontrer Harry Potter, puisqu'il était le seul à pouvoir gérer – soi-disant – l'enfant. Mais la réponse fut sans équivoque : il ne mettrait jamais la main sur l'enfant et quand bien même cela devait arriver, il ne pourrait jamais le manipuler.

Le vieil homme se vit raccompagner dans sa cellule alors que les visiteurs rentraient chez eux. Le verdict serait rendu le jeudi suivant mais en attendant, le Ministère avait beaucoup de choses à faire…

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A des centaines de kilomètres du centre de Londres, à Loutry Ste-Chaspoule, plusieurs Aurors et membres du Département de la Sécurité Familiale étaient sur le chemin d'une maison pittoresque. Une petite fille qui serait bientôt en âge d'entrer à l'école était en train de courir dans l'herbe après des papillons.

Le petit groupe frappa à la porte et un homme blond platine leur ouvrit.

- Mes… Messieurs ? Bonjour, venez, entrez. Que puis-je faire pour vous ?

Xenophilius Lovegood déprimait depuis des années. Il ne souriait que lorsque sa fille était là, et encore, son regard se perdait souvent au loin. Il était surpris de cette visite mais sentait que le vent tournait. Quelque chose se déroulait sans qu'il ne puisse en deviner la nature, mais il savait que quelque chose allait changer d'ici peu… Il inspira fortement, essayant d'ignorer la peur et la crainte qui lui tordait l'estomac. Il proposa aux cinq personnes de prendre place autour de la table de la cuisine et prépara du thé – il n'en avait qu'à la menthe, s'était-il excusé –. Mais toutes les personnes présentes avaient acceptés volontiers. Le père veuf ne pu s'empêcher de penser que ces personnes étaient bien aimables et ne semblaient pas critiquer l'apparence pauvre de leur demeure.

Il craint un instant que l'on veuille lui retirer sa fille, avant de se reprendre en demandant l'identité de chaque personne présente.

- Je me nomme Harold Bodderge, voici Jordan Bruklee et Oracio Drow, nous sommes Aurors. Et voici Gawin Smith, le directeur du Département de la Protection de l'Enfance et sa collègue Elisa Curdo.

- Ais-je fais quelque chose de mal ? demanda l'homme d'une petite voix. Ais-je commis un délit ?

- Vous non, Lord Lovegood, fit doucement Lord Bruklee.

- Ma fille ?

- Encore moins, continua Lord Bodderge. Notre présence a un lien avec le procès en cours contre Lord Dumbledore.

- Je… je ne peux pas vous aider, désolé. Il… il a ignoré mes invitations… il avait pourtant dit qu'il serait là, si nous avions besoin de conseils.

- Vous aviez besoin de conseils ?

- Ma fille fait des rêves très violents depuis le décès de sa mère, et nous n'avons pas les moyens de voir un psychomage.

- Et vous, comment allez-vous, Lord Lovegood ? demanda Lady Curdo.

- Oh, euh… à vrai dire, je… je ne sais pas, je n'y ai pas pensé.

- Ne vous inquiétez pas, vous n'avez rien fait de mal. Par ailleurs, Lord Dumbledore a manipulé vos esprits et nous aimerions vous amener au Ministère, vous et votre fille. Au Département des Mystères, pour être exact.

L'homme acquiesça. Il leur semblait légèrement absent, comme préférant se cacher derrière son air rêveur afin de fuir la réalité. Ses yeux reflétaient une peine difficile à dissimuler, une tristesse sans fin…

Il appela sa fille qui, avec le même regard rêveur, les accompagna sans en demander la raison. La seule phrase qu'ils entendirent de sa part fut « Le Temps est arrivé, nous allons pouvoir reconstruire ce qui a été trop longtemps perdu dans les profondeurs de l'insouciance et de l'inconscience. ».

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