Quand la pureté reste dans l'âme

Halloween

Bonjour !

Désolée, je n'ai que très peu de temps ce weekend mais voici tout de même le chapitre de la semaine !

Et super, vous avez trouvé les noms ;-) Hihi. Pauvres ados.

Bonne lecture !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 68 :

Halloween

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Ecoute : Peder B. Helland - Bright Future [Full Album]

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Septembre & Octobre 1992

Domaine de Poudlard

Harry Potter traversait les divers couloirs rapidement, suivant les autres élèves de sa maison. Michael et Niklas discutaient joyeusement de Quidditch alors que Leonius se liait d'amitié avec un autre élève. La première journée de cours avait été éprouvante, et la seconde ne semblait pas être meilleure. La veille au soir, il avait attendu Vincent comme convenu jusqu'à ce que son parrain vienne le chercher et lui apprenne que l'élève en question se trouvait en retenue chez McGonagall.

Une voix désagréable le tira de ses pensées alors que le petit groupe arrivait enfin devant la porte de leur prochain cours.

- Harry Potter… L'enfant qui a survécu, fit alors avec ironie Marcus Flint, un élève de septième année.

- Je peux avoir un autographe ? demanda un autre élève de serpentard, imitant à la perfection un élève de première année de Gryffondor qui harcelait Harry depuis le matin.

Jusque-là, Harry avait ignoré les demandes, évitant de répondre et de se retrouver dans le bureau directorial. Il ne comprenait pas – et ne voulait pas comprendre – l'intérêt que lui portaient les élèves de ce château.

- Alors, t'es heureux, le Survivant ? Dommage que Dumbledore ne soit pas là ! La célébrité te convient ? Ou devons-nous nous abaisser devant celui qui a détruit le plus puissant mage du siècle en clignant des yeux ?

- Je ne vous permets pas, grogna Harry.

- Oh ! Le petit bébé Potter parle, voyez-vous ça ! ricanna Flint.

- Le prochain que j'entends me nommer le Survivant, l'Elu, ou avec un surnom tout aussi débile, je le changerai en vulgaire crapaud avec des pustules, cracha Harry alors que plusieurs rires fusèrent. Je ne mérite aucunement d'être célèbre, et au diable les paroles que disait ce fou de Dumbledore. C'est ma mère qui m'a sauvé grâce à la magie. J'étais un bébé, je n'ai pas sauvé votre fichu monde. En fait, je pense même que certains d'entre vous auraient dû crever sous les sortilèges de Voldemort parce que vous n'êtes pas mieux que lui.

- Comment oses-tu parler ainsi du professeur Dumbledore ? fit une fille, outrée.

- C'était lui, le plus grand mage de tous les temps ! répliqua alors un garçon qui devait se nommer Ronald Weasley. C'était le mentor de mes parents et de beaucoup de gens ! Il était bon et généreux !

- Dumbledore ? Bon ? répéta Harry d'une voix polaire.

Niklas posa une main sur son épaule, tentant de calmer Harry qui fulminait de rage maintenant. La température avait drastiquement baissé dans le couloir et, si personne ne s'était raclé la gorge derrière eux, ils auraient pu geler sur place.

- Les sortilèges de métamorphose sur les êtres humains sont interdits en ces lieux, monsieur Potter, fit une voix doucereuse. Mais je vous enseignerai quelques sortilèges cuisants afin de remettre les idées en place à ceux qui ne connaissent pas le drame de n'avoir jamais connu ses parents biologiques, continua Laure Smith. Maintenant, si vous le voulez bien, entrez dans la salle de Charmes en silence. Je ferai disparaître la langue à quiconque ouvrira ce qui lui sert de boite émettrice de sons indistincts et pitoyablement ennuyant. Merci.

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Le temps d'été avait laissé sa place à un temps plus frais, moins doux, plus mordant. Le vent arrachait, de-ci de-là les feuilles des arbres devenus roux et jaunes.

L'écorce se fissurait, se transformait en poudre sous le bec des oiseaux qu'abritait le parc de Poudlard. Septembre avait bien trop rapidement laissé place à Octobre, qui lui touchait déjà à sa fin.

Le professeur Snape observait les élèves dans une des cours intérieures du domaine. C'était son tour de garde, et la cheminée de ses appartements lui manquait déjà. Le froid mordant le fit frissonner plusieurs fois.

Depuis la rentrée, il passait le plus clair de son temps entre Poudlard et le Laboratoire en Irlande. Deux jeunes femmes, Tahliya et Solène Ross occupaient son esprit. Tahliya s'était définitivement mise en couple avec Sirius, malgré les différentes crises par lesquelles était passé Sirius. Il se surprit à la plaindre, bien qu'il sût que quelque chose avait changé. Sirius avait pris de l'assurance, et apprivoisait les dons de sa famille. Et Solène… Il revoyait les yeux marrons de cette jeune femme l'observer. Ses cheveux châtains, mi-longs, qui bouclaient aux pointes. Les yeux pétillants de joie à sa vue lors des rencontres chez les Potter. Elle semblait s'entendre à merveille avec Elizabeth. Elle avait même adopté un des chatons de Liberty Charms. Elle l'avait d'ailleurs invité à dîner le soir même, sans qu'il n'en comprenne réellement la raison. Solène lui avait par ailleurs laissé le choix du restaurant, puisqu'ils se rencontreraient non loin de Poudlard.

Il soupira avant de se diriger vers Harry qui semblait, une fois de plus, se disputer avec le plus jeune garçon des Weasley.

- Tu n'as pas le droit d'insulter Dumbledore ! Il nous a dit qu'il avait tout fait pour que tu sois heureux, et toi, égoïste, tu veux nous faire croire qu'il n'a pas pris la meilleure décision en t'envoyant chez ces sales moldus ?

- Ronald ! fit alors Hermione.

- Ferme-là, Malefoy !

- Mais, Ron…

- Quoi ? Sale traitre !

- Mais, Ron, on est amis…

- Amis ? Tu t'es vue ? Tu fraternises avec l'ennemi !

- L'ennemi ? demanda Harry.

- Elle fait partie de la famille Malefoy, sale débile !

- Et alors ?

- Tout le monde sait que les Malefoy sont des Mangemorts !

- Pardon ? fit alors la jeune Serdaigle, dont des larmes menaçaient de couler.

- Va chialer dans les robes de ta sale mère !

- Mais… Ron… Ginny…

- Tais-toi !

Harry, dont le cerveau fonctionnait à toute vitesse, répondit d'une voix plus posée qu'il ne l'était.

- Ce n'est pas parce que la mère d'Hermione est la cousine de Lucius Malefoy que ça en fait une mangemort, Weasley.

- Mêles-toi de tes affaires ! cracha le roux.

Harry ne comprenait pas réellement la situation. Hermione, dont il ne connaissait au final que le prénom et le nom, s'était présentée à lui peu après le repas de midi, s'excusant pour des choses qu'elle n'avait pas faites. Accompagné de Niklas, il lui avait alors annoncé qu'il n'avait rien contre elle, puisqu'elle n'avait pas pu suivre les ordres de Dumbledore de part son absence à Poudlard.

La jeune élève, malgré ce que Michael leur avait raconté lors de la rentrée, n'avait pas levé la main une seule fois en classe depuis la rentrée. Renfermée sur elle-même et apparemment incapable de se faire des amis, elle s'était vue repoussée à la fois par Ginevra et Ronald Weasley. Les filles qui partageaient son dortoir ne lui adressaient que très peu la parole et si la Serdaigle n'était ni au dortoir ni à la bibliothèque, elle se trouvait avec ses frères dans les appartements de ses parents : Annabelle Malefoy de Bridgewater, professeur de Bienséance et de Danse et Daniel Malefoy de Bridgewater né Londubat, professeur de Duels.

- Si tu insultes Hermione, fit un garçon prénommé Neville, tu m'insultes aussi.

Ronald, qui pourtant traînait le plus souvent avec Neville, ouvrit alors la bouche avant de la refermer plusieurs fois.

- Le père d'Hermione est le cousin du mien, Ron.

- Mais il n'est pas marié à une Malefoy !

- Le nom ne fait pas tout, répliqua alors Niklas qui ne voyait absolument pas où tout cela allait les mener.

- Donc tous ces bons moments sont mis aux oubliettes parce qu'il y a le nom Malefoy dans le mien ? fit Hermione d'une voix aigüe. Notre amitié ne compte donc pas ?

- Quelle amitié, Malefoy ? fit méchamment Ron qui était aussi rouge que son écharpe. J'étais ami avec toi seulement parce que Dumbledore te faisait venir à la maison !

Il semblait pourtant clair à Niklas qui observait le groupe de Gryffondor que cette amitié avait été réelle, à un moment donné. Les sautes d'humeurs du rouquin finissaient quasiment toujours de la même manière et il perdait le peu d'amis qu'il avait. Même Fred et George se tenaient à distance alors que leur père avait récupéré toute la fratrie, et leur mère était malheureusement toujours en soins intensifs…

- Cela suffit, intervint une voix méprisante et glaciale qui fit sursauter tout le monde.

Hermione voulut alors partir, la tête enfouie dans son long manteau avant que la main ferme de Snape ne se referme sur sa capuche.

- Windsor, Driomow, Londubat, Potter et Malefoy vont me suivre gentiment jusqu'à mon bureau. Quant à vous, Weasley, vous allez docilement suivre le professeur Prince.

- Venez, fit alors Raphael Prince – professeur de Potions des quatre premières années.

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Ronald Weasley s'était alors vu retirer cents points pour avoir lancé des rumeurs plus que grotesques sur la branche familiale Malefoy-de Bridgewater. Certains professeurs avaient même parlé d'une possible exclusion provisoire, mais Annabelle et Daniel espéraient sincèrement que les retenues que le dernier fils d'Arthur aurait avec eux allaient peser dans la balance.

Quant à Severus, le terrifiant professeur de Potions, il avait longuement discuté avec Leonius, Niklas, Neville, Harry et Hermione. La jeune fille avait explosé en larmes au bout de quelques mètres alors que Neville tentait de la calmer et de la soutenir maladroitement jusqu'au bureau du professeur qu'ils avaient tant haï en première année. Hermione s'était excusée, à moitié en pleurs, devant un Severus qui fronçait les sourcils. Il lui assura que ce n'était pas elle la fautive.

- Comment vous adaptez-vous à votre nouvelle maison, Miss Malefoy ? avait-il finit par demander.

C'était une question qui le suivait étrangement depuis qu'il avait remarqué que la jeune élève ne mangeait guère durant les repas. Ses parents, toujours en grande discussion lors des repas, n'avaient aucunement remarqué le manège de leur petite fille chérie. Mais la question sembla choquer tous les morveux présents dans son bureau.

- Harry… ferme ta bouche, grogna Severus, déclenchant le rire nerveux de Leonius.

Hermione, elle, avait encore et toujours la tête baissée. Elle ne savait pas quoi répondre.

- Miss Malefoy ? Dois-je répéter ma question ?

- Il ne te mangera pas, tenta Niklas.

- Je n'en serais pas si sûr si j'étais toi, remarqua Harry avec un rictus amusé. Hermione passe beaucoup de temps à la bibliothèque, remarqua alors le filleul de Snape.

- Et dans son dortoir, aussi, continua Niklas. Si elle n'est pas dans les appartements de ses parents.

- Je… je vais bien. Puis-je me rendre en cours ? demanda alors la jeune Serdaigle dont le regard semblait perdu.

- Non. Miss Malefoy, fit Severus en se levant, faisant face au petit groupe. Je n'ai pas pour habitude de m'inquiéter pour mes élèves, mis à part pour Potter qui adore faire des bêtises plus grosses que lui. Mais vous mangez très peu durant les repas. Ne soyez pas surprise, vous vous installez en bout de table, le plus loin des élèves de votre année. Vous ignorez les regards de vos camarades de dortoir et vous vous perdez dans les divers livres que vous trouvez. Alors ne me mentez pas, miss Malefoy. Pas à moi.

Harry osa un regard en biais à celle qui, selon les plans de Dumbledore, aurait dû devenir sa meilleure amie. Pas qu'il l'appréciait. Il ne savait même pas si les sentiments qu'il avait en ce moment même étaient de la compassion ou de la pitié. Pas qu'il ne s'intéressait pas aux autres, mais il avait déjà son cercle d'amis et n'avait pas franchement besoin d'en avoir plus. Il se frappa mentalement. Qu'il était égoïste. Il voyait bien que Luna et Jania, sans compter Alekz, s'inquiétaient pour l'ancienne Hermione Granger. Ses amies lui avaient posés quelques questions sur la façon d'être d'Hermione, mais il n'avait pu répondre.

- Hermione ? fit alors Leonius.

La jeune fille leva timidement les yeux vers lui, essuyant les dernières larmes.

- Ca te dirait de rester avec nous durant les prochains repas ? Je suis sûr que Jania serait contente de te connaître. Severus, est-ce que Katya et Audrey pourraient manger avec nous ?

- Je pense que oui, fit Severus. Je ne pense pas que la table des Serdaigle ne soit que la propriété des élèves de cette maison, fit-il en haussant un sourcil, décrochant un sourire à Niklas.

- Bien, c'est décidé. Miss Hermione Malefoy de Bridgewater mangera avec nous dès ce soir !

- Mais… je…

- Pas de mais, répliqua Harry. Mais d'abord, on va faire un tour aux cuisines.

- Harr…

- Tu n'as rien entendu Sev', répliqua Harry en se tournant vers Hermione alors que le professeur levait les yeux au ciel. T'as besoin d'un goûter, et d'un bon chocolat chaud, tu es toute pâle. On ira chercher Jania en passant à la Bibli et nous irons au prochain cours.

Sans un mot de plus, Severus leur ouvrit la porte et observa son filleul mener le petit groupe par le bout du nez.

Il secoua la tête. L'année se présentait plutôt calmement. Malgré les rumeurs concernant un nécromancien au sud de l'Angleterre, le Domaine de Poudlard avait retrouvé une certaine paix et sécurité. Severus soupira et décida d'aller se changer avant son rendez-vous. Il avait déjà prévenu Minerva de son absence.

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La Gazette du Sorcier,

Londres,

Mercredi 28 octobre 1992

Chères lectrices & chers lecteurs,

Alors que le Ministère effectue beaucoup de changements au sein de notre communauté et que des infrastructures plus nobles et modernes se construisent un peu partout dans notre royaume, ce renouveau ne semble pas avoir de prix aux yeux de nos dirigeants.

En ce jour, toujours plus proche de la fête d'Halloween, nous avons une bien mauvaise nouvelle à vous transmettre. Le procureur des affaires criminelles Jonatan McKinnon nous a annoncé, lors d'une conférence de presse ce matin même, qu'un être infâme semblerait vouloir prendre le flambeau de Vous-Savez-Qui.

Un individu aurait, la nuit précédente, conduit une horde de plus de cents cadavres qui auraient parcouru les quelques quarante miles séparant Sheffield de Manchester tout en traversant le parc national en passant, entre autres, par la Snake Road.

Ces cadavres ambulants viendraient d'un des cimetières méconnus de Nottingham, profané il y a quelques dizaines de jours.

Comment cet homme a-t-il transporté tant de corps au-delà des villes sans que sa magie, certainement sombre, ne fasse sonner les alarmes du Ministère ? Quel est son but final ?

Les oubliators travaillent d'arrache-pied au sein des sans-pouvoirs, mais le souci principal de notre Ministère reste le plus grave : ces corps, et cet homme, se déplacent de nuit seulement, et restent introuvables. Seules des photos de journalistes moldus et les faits avérés nous prouvent l'existence véritable de cet être.

Que nous prépare cet individu, qui s'est très certainement plongé dans la sombre magie qu'est la nécromancie ?

Nous en appelons à la population : en cas de besoin, n'hésitez pas à vous procurer un téléphone portable (cf. page 7, technologies sans magie) et à nous contacter.

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Edimbourg,

Quartier sorcier

Ethel Avenue

Severus Snape-Prince, qui gardait son premier nom à Poudlard afin de ne pas le confondre avec Raphael Prince *, marchait dans les rues sorcières d'Edimbourg. L'enseigne du restaurant brillait de milles feux, comme appelant Severus au-travers des rues pavées.

Le restaurant des Libellules bleues était un des restaurants les mieux côtés de la ville. Doté de 4 étoiles filantes, le restaurant sorcier offrait bien plus de mets succulents divers et variés que la totalité des restaurants du Royaume-Uni.

Le cœur du potionniste battait bien rapidement, et il dut inspirer profondément en s'arrêtant devant les grandes portes. Il fronça les sourcils un instant, tentant en vain d'analyser le stress que son corps ressentait.

- Tu es idiot, Snape, grogna-t'il pour lui-même.

Il secoua la tête et tapota ses robes avant d'entrer dans ces lieux surchauffés.

Des yeux, il chercha l'accueil mais ce fut une jeune femme qui l'accueillit. Il se présenta et annonça sa réservation afin d'être conduit à la bonne table.

Son invitée déjà présente se leva et lui offrit un sourire resplendissant.

Severus resta un instant planté là, figé, observant le corps mince et bien formé de la jeune femme. Il se fustigea alors que certaines pensées dérangeaient son anatomie. Il n'avait pas eu de relation amoureuse depuis bien longtemps, et il ne souhaitait guère en avoir. Mais son corps ne semblait pas être du même avis…

La robe de Solène était blanche, les manches évasées laissaient entrevoir les bras fins et bronzés de la jeune brune. Sa poitrine était mise en valeur par un décolleté profond et la ceinture dorée posée sur les hanches larges était sertie de plusieurs pierres multicolores. Solène avait mis une petite chaine argentée autour du cou, dont le pendentif était en forme de feuille, et ses boucles d'oreilles resplendissaient par de petites perles nacrées.

Solène observait également Severus. Grand, vêtu d'une chemise d'un vert profond qui faisait – certainement malgré lui – ressortir ses bras musclés, et d'un pantalon noir, une cape bien épaisse encore posée sur les épaules. Sa bouche entrouverte fit sourire la jeune femme, contente de son effet. La main tendue vers lui, elle se racla la gorge.

- Bonsoir, Severus, comment vas-tu ?

Reprenant contenance, il fit un baise-main et déposa sa cape de voyage sur le fauteuil avant de s'asseoir alors que Solène reprenait place sur la banquette recouverte d'un velours rouge flamboyant qui brûlait les yeux de la terreur des cachots.

- Très bien, merci, et toi ?

Ils discutèrent, mangèrent, rirent et parlèrent de tout et de rien. Severus devait avouer que la présence de Solène lui faisait un bien fou : elle le faisait rire et penser à autre chose que Poudlard ou ses erreurs passées… Elle était indéniablement belle, intelligente. Différente.

Différente de Lily qu'il avait aimé et que son cœur n'oublierait jamais. Solène avait la même joie de vivre, les mêmes attentions pour lui que Lily, mais elle n'avait pas les mêmes connaissances ni les mêmes sujets de conversation.

Ce soir-là, Severus rentra au château plus perdu dans ses pensées que jamais. Il s'enfonça dans les profondeurs du domaine sans apercevoir la lueur argentée qui flottait derrière les arbres.

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Poudlard

Samedi 31 octobre 1992

Halloween n'était pas la fête préférée de l'actuelle directrice de Poudlard.

Cependant, elle avait tout fait pour rendre la soirée agréable, et les professeurs avaient mis la main à la pâte.

La matinée avait été passée à Pré-au-Lard pour l'ensemble des élèves ayant l'autorisation écrite de leurs parents, sous la surveillance des professeurs, de cinq Aurors et de quelques parents. Tout s'était agréablement bien passé. Les élèves concernés s'étaient vus attribués une bourse de quinze Gallions afin de compléter le costume qu'ils porteraient en soirée.

Harry, qui n'avait absolument pas envie de participer à ce banquet, fut tiré par son frère et son père dans plusieurs magasins afin de lui acheter un costume noir au col orange. Il serait également muni d'un chapeau haut de forme, d'où sortaient des cheveux rouge sang. La famille Mordinov lui avait également fait parvenir des canines de vampires ainsi qu'une cape de leur famille.

- Papa, je ne veux pas y aller, fit Harry pour la énième fois alors qu'il sortait d'une des multiples boutiques.

- Fils. Je comprends bien que c'est un jour de deuil, pour toi. Pour nous aussi, tu le sais. T'amuser un peu, comme chaque élève normal, ne fera pas de peine à tes parents bien au contraire. Ton père serait même fier de toi. Lily râlerait pour la forme, c'est certain, mais ton père aimerait te voir faire des farces, peut-être un peu moins inconscientes que celles qu'il faisait à l'époque, mais crois-moi quand je te dis que tes parents n'aimeraient pas te voir triste, mon garçon.

Hardwin passa une main dans les cheveux de son neveu et fils.

- Lily et James seraient fiers de toi. Profiter de cette soirée ne signifie pas ignorer leur décès en ce jour tragique. Cela signifierait plutôt leur rendre honneur en souriant et pensant aux souvenirs dont tu as hérité, aux photos que tes parrains, que ce soit Severus ou Sirius, t'ont transmis. D'accord ?

- Grand frère ! fit Philipp en sortant d'une boutique de la rue commerçante. Tu ne voudrais pas porter une boucle d'oreille ? On en porterait une chacun ! Aller, s'il te plaît, juste pour la soirée ?

Harry observa leur père qui souriait.

- Euh…

- Harry, fit Hardwin sur un ton qui voulait le rappeler à l'ordre.

- D'accord, soupira Harry, elles ressemblent à quoi ?

- Ce sont deux citrouilles noires, accompagné d'une baguette miniature et qui lévitent au-dessus d'un chaudron en étain en réalité accroché avec un fil de nylon transparent.

Harry acquiesça alors que leur père sorti le dit bijou du sachet, et le fixa au lobe de ses garçons à l'aide d'un sortilège.

- Par contre, les enfants, évitez de vous faire percer les oreilles, sinon vous aurez votre mère sur le dos durant un bon moment.

- Et toi aussi, firent les deux garçons avec un sourire amusé.

Des citrouilles et potirons voletaient devant les Grandes Portes du château. Des guirlandes lumineuses envahissaient les arbres du parc, le plongeant dans une atmosphère orangée et verte, alors que la boue recouvrait les parcelles d'herbe.

Des bouquets de fleurs séchées pendaient de-ci de-là, dégageant une odeur peu commune.

Les élèves étaient tous arrivés dans la Grande Salle à dix-neuf heures précise et prirent place à leurs tables respectives. Les fantômes voletaient au-dessus des tables, saluant les plus anciens élèves et se faisant connaître par les nouveaux. Harry n'en avait jamais vu autant en une seule fois, et fut heureux de ne pas devoir tenir une conversation avec l'un d'eux même si les fantômes de Serdaigle restaient plutôt réservés et observaient plus qu'ils ne terrorisaient les élèves.

Harry s'était tout naturellement assis aux côtés de Niklas, alors que Jania s'était installée avec Luna et Lisa Turpin. Harry observa rapidement la table des Gryffondor afin de faire un petit signe encourageant à Philipp qui avait du mal à se faire des amis. Ginny avait essayé de l'approcher mais Philipp l'avait froidement congédié, se mettant par la même occasion Ronald à dos. Fred, George et Alekzandra restaient donc souvent proche du dernier fils Potter, mais cette fois-ci, il avait souhaité prendre place près d'un élève que personne n'approchait depuis la rentrée : Aypik. Adèle et Lola étaient les seules qui arrivaient à faire parler le jeune élève, mais Philipp s'était promis de ne pas le laisser de côté.

- Que me veux-tu ? avait dit le châtain, sur la défensive.

- Passer une bonne soirée, si possible loin de ceux qui me rappelleront que ma tante et mon oncle ont perdu la vie il y a quelques années, fit sombrement Philipp.

- Tu peux m'appeler Ayp, si tu veux, marmonna l'adolescent alors que Lola entamait une conversation sur le Quidditch avec Philipp, Colin et Romeo.

Harry écouta la conversation d'une oreille distraite alors que les autres élèves se faisaient de plus en plus bruyant.

- Harry, tu veux aller à Gryffondor ? fit Leonius.

- Mais… non pourquoi ?

- Tu observe ton frère comme si tu le couvais. T'es sûr que ça va ?

- Oui, désolé, j'ai manqué quelque chose ?

- Non, mais McGonagall va bientôt faire le discours traditionnel, remarqua Luna.

Et c'est ce qu'elle fit. Elle annonçait le déroulement de la soirée, le repas, les petites activités en plein air et dans les salles de classes du rez-de-chaussée, puis les plats apparurent, déclenchant des cris plus ou moins joyeux dans toute la salle.

Les elfes semblaient se surpasser : les couleurs principales rappelaient le thème de la soirée, des gâteaux de légumes avaient été confectionnés dans des moules en forme de citrouille, de tête de mort ou encore en forme de sorcier sur un balai.

- Ils ne te manquent pas trop, tes parents ? questionna une voix qu'il aurait aimé ignorer.

Harry se redressa et fusilla Hermione du regard, lui indiquant de ne pas continuer sur cette voie, mais la jeune fille ne semblait pas savoir décrypter ce regard.

- D'après les livres, Lily et James étaient de grands sorciers, continua-t-elle à l'intention de Luna.

- Oui, Lily Evans était une amie de ma mère, fit doucement Luna dont les yeux s'assombrirent légèrement, étonnant Harry.

- Comment s'appelle ta mère ? demanda alors Hermione.

- Elle s'appelait Pandora.

Harry tiqua sur l'emploi du passé, mais Hermione ne semblait pas l'avoir remarqué.

- Son nom n'est pas écrit dans le livre de…

- Hermione, la coupa Jania. Tout n'est pas écrit dans les livres, fit-elle en souriant.

- Si, Lily Potter, née Evans, est définitivement tombée amoureuse de James Potter à l'âge de 16 ans.

- Dix-sept, grogna Harry.

- Non, seize, c'est écrit dans les livres ! Elle avait les cheveux blonds tirant vers le roux, les yeux verts dont a hérité Harry. Elle aimait les fraises, les…

- Ca suffit, Hermione, fit Harry d'une voix grave. Je ne sais pas où tu as lu tout cela, mais à part la couleur de ses cheveux et de ses yeux, il n'y a rien de vrai là-dedans.

- Tu ne peux pas le savoir, Harry, fit Hermione en tournant la tête. Les livres ne mentent pas, et puis, tu n'as pas connu tes par…

- JE LES CONNAIS ! Ce sont MES parents, pas les tiens ! Ma famille m'en parle assez souvent pour que je puisse connaître leurs goûts, les réactions qu'ils auraient et leurs histoires ! Tu n'as pas à me dire qui ils étaient ! Surtout pas aujourd'hui, Hermione !

- Mais, …

- Je sors.

La voix était calme, trop calme pour refléter l'état d'esprit du garçon. Luna posa sa main sur le bras de Niklas qui s'apprêtait à le suivre.

- J'y vais. Hermione, je t'aime bien. Harry t'aime bien. Mais ne parle pas d'un passé révolu, surtout le jour du décès de ses parents. Harry n'avait déjà pas envie de venir, tu as remué la lame de l'épée dans son cœur.

Sur ces paroles dites sur un ton doux et aimant, Luna disparu comme flottant par-dessus le sol, rattrapant son ami déjà sorti au-dehors.

- Je… je suis désolée… fit difficilement Hermione avant de quitter, à son tour, la table des Serdaigle sous les regards noirs de ses camarades.

Personne ne la retint, et c'est certainement ce qui lui fit le plus mal. Même ses parents, en pleine conversation avec d'autres personnes, ne remarquèrent pas son départ précipité. Ses frères, trop absorbés par les blagues de leurs amis, ne la virent pas non plus disparaître de la Grande Salle.

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Le ciel était si bien dégagé que Harry pouvait apercevoir chaque étoile, même les moins étincelantes. Assis sur une des pierres devant la façade du château, il observait le ciel.

Les divers stands placés sur l'allée menant aux grandes portes commençaient à s'activer : des professeurs, des parents et des membres du Ministère marchaient et allumaient les décorations et chalets. Le festin n'était pas fini, mais les élèves étaient libres de se dégourdir les jambes avant de continuer le repas.

Il sentit plus qu'il ne vit Luna s'asseoir près de lui.

- Tu n'as pas froid ? demanda alors Harry.

- Si, un peu, fit Luna d'une voix rêveuse. Et toi ?

Harry secoua la tête et déposa sa propre cape sur les épaules de son amie.

- Oh, merci Harry.

- Tu es là à cause de moi, il est normal que je fasse quelque chose en retour.

- Je ne suis pas là à cause de toi, Harry, fit-elle d'une voix douce. Je suis là pour toi.

La bouche entrouverte, près à répliquer qu'il n'avait besoin de personne, il finit par soupirer.

- Tu… tu as employé le passé en parlant de ta maman.

- Oui, remarqua-t-elle.

- Elle…

- Elle… J'ai eu un instant d'égarement, je crois, fit la jeune fille avec une douceur extrême. Je pensais à mon enfance durant laquelle je la pensait disparue. Mon cerveau me disait qu'elle avait perdu la vie lors d'une expérience en potion. Ma maman aimait beaucoup faire des potions. Mais… ce n'était pas vrai. Mon enfance a été faite de mensonges, à cause de l'ancien directeur, termina plus doucement encore la jeune fille.

- Je suis désolé.

- Ce n'est pas de ta faute, Harry. Viens, marchons un peu.

Luna entraîna Harry dans le parc de Poudlard, observant les diverses décorations et piochant dans les quelques tonneaux de confiseries sorcières. Leur petite pause, loin des élèves trop joyeux et trop curieux, fut interrompue par une puissante alarme.

- Tous les élèves dans le Hall ! Immédiatement ! cria une voix, au loin. Mais, avant que Luna et Harry puissent faire deux pas en avant, une lueur argentée fonça droit sur eux.

Un peu plus loin, dans le château, un corps bien trop vieux pour être encore en vie s'avançait dans les couloirs, accompagné d'êtres tout aussi sombres dont un renard qui léchait ses babines pleines de sang.

- Pro… professeur Binns ? fit alors une voix incertaine alors que le cadavre se tourna vers l'élève brune en levant sa baguette.

- Impero.

- Oui, oui, c'est bien moi, fit alors l'homme en ricanant.

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Fin du chapitre - un peu de généalogie pour vous !

* Raphael Prince : pour ceci, voici une partie de la généalogie Prince :

Octavius Prince (1830-1920) et Dyna Potter (1831- ?) eurent trois enfants :

Harrald Prince (1850-1928) ; Hyacinthus Prince (1855-1962) et Héphaïstos Prince (1863-19

64)

Harrald Prince (1850-1928) épousa Cedrella Scott (1850-1940) en 1869.

Hyacinthus Prince (1855-1962) épousa Alexia Jones (1866-1940) et ils eurent deux enfants.

Héphaïstos Prince (1863-1964) épousa Oceane Roy (1965-1960) et ils eurent trois enfants :

Arcturus Prince (1891-1988) ; Galwin Prince (1892-1980) et Ionathas Prince (1894-1990).

Arcturus Prince (1891-1988) épousa Ornelia Jorkins (1892-*) et ils eurent deux enfants :

Silius (1918-*) qui épousa Mathilda Bartholdy (1919-*) [trois enfants : Héra Prince 1943-1948 ; Phineas 1950 – disparu depuis 1986] et Eileen (1935-1984) qui épousa Tobias Snape avec qui elle eut un enfant : Severus Snape.

Galwin Prince (1892-1980) épousa Sorela Black (1892-1981) et ils eurent un enfant : Sirius (1918-1980) qui épousa Sophia Bartholdy (1919- ?) : ils eurent deux enfants : Léto et Gaïa.

Léto Prince (1947-*) épousa Carleen (1950-*) et ils eurent trois enfants : Coraleen (1975), Donn (1980) et Timiosha (1985).

Gaïa n'a pas d'enfants.

Ionathas Prince (1894-1990) épousa Jeanne Amalrius (1896-1980). Cette branche de la famille n'est jamais allé à Poudlard : ils avaient des précepteurs et vivaient au fin fond de l'Ecosse.

Ils eurent, entre autre, un fils du nom d'Iustinus Prince, né en 1916.

Iustinus Prince épousa Adélahis O'Malley (1920) et ils eurent deux enfants, dont Justus Prince né en 1945, docteur en Potion.

Justus épousa Anna Bartholdy (1940), la cousine de Mathilda, et ils eurent deux enfants : Aurelia (1962) et Raphael *(1964) actuellement professeur à Poudlard.

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