Quand la pureté reste dans l'âme

Christmas Week

Bonjour bonjour !

Merci à vous tous, chers lecteurs, et bienvenue à ceux qui viennent en cours de route !

Je poste en ce moment une autre petite fiction que j'écris dans un rythme un peu caothique, et je viens d'ailleurs de retrouver d'autres textes que je réécris au propre… donc peut-être que si vous avez le temps, et que vous êtes intéressés, vous pourriez jeter un oeil !

Ici - enfin ! - quelques réponses à vos reviews ! [Merciiii]

Adenoide : Oui, il va y avoir du boulot pour réparer tout ce que Dumby a fait !

JusteMarianne : Merci ! Désolée, c'est vrai qu'il y a pas mal de personnages ;-)

Harry-Sterek : Merci d'aimer Poudlard-le-Dragon ! Il m'a fallu le détailler bien précisément et m'en faire une image. J'aimais justement en faire une espèce bien spécifique, avec une apparence hors du commun parce que justement, c'est Poudlard et que Poudlard ne peut décemment PAS être comme les autres dragons.

Pour les elfes, j'ai eu un doute justement, mais comme le terme femme / homme n'est que pour les humains et que les elfes, par définition, ne sont pas des humains… compliqué.

Lesaccrosdelamerceri : merci !

Pims : oui, bien qu'ils vont devoir s'y habituer et que ce n'est pas encore gagné ^^.

Elwenn Snape : Ce sera chez les Potter-Black ;-) (je rappelle que la mère de Hardwin était de la famille Black)

Harry : Oh oui, Poudlard va être rempli ! Les surprises… ça, je crois qu'il y en aura jusqu'à la fin…

Clefto : Hagrid n'était pas là car il ne fait pas partie de la « Direction » comme Minerva ou les directeurs de Maison. Minerva ne retourne pas dans le bureau de Dumbledore, le Château lui en a donné de nouveaux, dans lequel les tableaux sont bien différents de ceux qui étaient/sont encore dans le bureau de Dumbledore.

Miss RPREG : Désolée que l'apparence du Dragon Poudlard t'ait déçue ! Je souhaitais que Poudlard soit différent de toutes les espèces de dragons que l'on connait déjà. Il a son propre caractère, sa propre magie et sa propre intelligence. Il ne pouvait pas ressembler aux autres dragons, ou du moins pas trop. Son apparence reflète un peu sa personnalité.

Mesho est un petit hommage à un chat receuillit par un de mes contacts, un chat venant d'Egypte et aveugle. J'ai tellement été touchée par son histoire que j'ai craqué et voulu faire un petit hommage discret ici :-).

Harryliada : Oui, soit les directeurs étaient inconscients des conséquences de leurs décisions, soient totalement inhumains…

Bonne lecture ! On se retrouve en bas du chapitre ;-)

Magicalement vôtre,

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 63 :

Christmas Week

Vacances de Noël

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Ecoute : Autumn Forest - Adrian von Ziegler

Vendredi 20 décembre 1991

Matinée – Poudlard

Un vent doux soufflait sur le paysage argenté. La lune, pleine, avait passé la nuit à surveiller le désormais paisible et calme Domaine de Poudlard et les alentours. Mais l'aube approchait et la Lune quitterait bientôt son poste, laissant la place au Soleil.

Au milieu de l'herbe, à l'est d'un château moyenâgeux, se déployaient les ailes d'un oiseau rare. Extrêmement rare. Sa famille vivait cachée, non loin de là, attendant son heure. Mais lui, voyant un jour nouveau s'approcher pas à pas, avait décidé de se montrer à la lumière de la Lune, puis à celle du Soleil.

Le ciel étonnamment clair pour un jour d'hiver aussi froid, était parsemé de quelques nuages blancs formant des oiseaux, des plantes ou encore d'autres objets incongrus dessinés par le Destin et la Magie de la Planète.

Le bleu azur du ciel se reflétait dans l'eau gelée des divers lacs et rivières. L'Oiseau avait doucement quitté la terre ferme afin de goûter à sa liberté. Le vent doux caressait sa crête faite de plumes colorées et une brise fraîche mordait la peau de l'animal aux endroits les plus sensibles. Quiconque aurait été témoin du spectacle aurait pu apercevoir les douces paillettes dorées se dispersant sur son passage, au gré du vent.

La longue queue rouge balayait l'air avec vitalité alors que les grandes ailes se déployaient au-dessus du corps étrange et majestueux prenant peu à peu son aise dans les airs. Les pattes argentées étaient repliées sous son torse, laissant les ailes contrôler chaque mouvement. Les yeux dorés scrutaient les environs, à la recherche de mystères non résolus.

Quelques larmes roses, pleines de mélancolies, coulèrent alors sur le pelage blanc avant de quitter le corps de l'Oiseau et rejoindre les runes protectrices de l'Endroit Caché.

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Pouddy – alias Poudlard, renommé ainsi par le Choixpeau – avait quitté les sous-sols du Château peu avant l'aube. Minerva l'observait depuis quelques heures déjà, inlassablement. Trois phénix le suivaient maintenant, et les quatre animaux protecteurs déployaient leur douce magie autour du Château, sur le Domaine de Poudlard ainsi que sur le Village Sacré.

Ses yeux parcoururent à nouveau le sol du parc, dans lequel elle marchait depuis une petite demi-heure en maudissant le froid ambiant. Elle sourit en observant de courageuses fleurs et diverses pousses tenter, tant bien que mal, de transpercer l'épaisse couche de neige.

Le ciel bleu azur et le soleil étincelant la firent frissonner. A l'ombre, il faisait réellement froid. Au soleil… celui-ci réchauffait son cœur meurtri. Quelques hiboux hululèrent, au loin, et Minerva chassa les pensées sombres des derniers mois.

Le Château avait changé. Majestueux, blanc, presque pur… Mystérieux, avec ses secrets, mais si complet à la fois. Plusieurs endroits avaient été découverts, et d'autres restaient encore à découvrir… les Fondateurs et leurs descendants devaient maintenant discuter afin de déplacer les animaux emblématiques du château - car apparemment il y en avait et seraient probablement en vie -, endormis et cachés elle ne savait où dans l'immense bâtisse, et ce, avant l'arrivée des élèves.

Le départ de Dumbledore avait choqué. Le procès, puis sa disparition avaient bouleversé des dizaines et des dizaines de personnes. Ses manipulations avaient semées la zizanie au sein de la communauté sorcière. Minerva fut soudainement heureuse que le petit Harry n'ait jamais mis les pieds à Poudlard. Personne ne se serait rendu compte, alors, des manigances parfois excentriques du Directeur. Si la famille Potter n'avait pas refait surface…

Elle secoua la tête. Noël arrivait et elle avait d'autres choses à penser. Elle sourit à nouveau, pensant à l'invitation qu'elle avait reçue de la famille Potter.

Minerva s'y rendrait avec sa famille, et cela leur ferait certainement du bien.

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Euphelia's home

Centre de repos pour sorcier surmené

Centre médical de rééducation

Glasgow, rue des chouettes bleues

Le lieu était neuf, brillant par sa propreté et ses possibilités. Ouvert depuis deux semaines, il hébergeait quelques familles ou personnes seules ayant subi un surmenage psychologique ou encore tout genre de manipulation, dû à des sortilèges ou non.

Les personnes étaient encadrées, soignées, écoutées, conseillées. Des activités avaient lieues dans l'espoir d'une réadaptation à la vie de tous les jours. Le Ministère les subventionnait, et plusieurs jeunes diplômés voulaient tenter l'expérience. Et ce fut à cet endroit qu'avaient atterri Molly, Ginevra et Ronald Prewett – allias Weasley –.

Molly était actuellement assise sur son lit, le regard dans le vide. Ses jambes se balançaient sur le rythme d'une musique qu'elle seule pouvait entendre.

Une musique triste résonnait en elle comme une épée bien aiguisée au-dessus de son cœur, la faisant autant souffrir que ses sombres pensées. Son cœur et ses pensées allaient vers un seul homme. Un homme fort, appréciable, adorable. Attentionné, aimant.

Elle avait remarqué son laxisme par rapport à l'éducation de ses enfants. Elle n'avait rien dit. Molly savait que c'était pour le plus grand bien… sans compter que cet homme qu'elle admirait leur donnait l'argent qu'ils n'avaient pas.

Puis il y avait eu cette fille… Hermione. D'après le Chemin Tracé, elle devait se marier à son fils. Mais la mère de Ron ne l'appréciait pas tellement, bien trop intelligente et sûre de soi, elle avait remis en cause bien trop de fois l'avis du vieil homme.

Albus… C'était à lui que pensait Molly. Elle lui avait promis de continuer ses plans, de retrouver Harry… mais un doute traversait ses pensées, tous les jours. Etait-ce réellement ce que Magia voulait ? Etait-ce réellement… réel ? Après tout, elle savait bien qu'Albus n'avait jamais été attiré par les femmes. Alors pourquoi lui avait-il fait ces clins d'œil, ces confidences ? Pourquoi… Elle se souvenait très bien de cette soirée… bien que la brume de son esprit l'empêchait de revoir chaque détail… Il lui parlait, sans cesse… d'une voix grave et appréciable. Tendre. Il lui promettait de belles choses, et surtout un long voyage, tous les deux… elle se souvenait, maintenant, avoir senti la baguette pointée dans son dos. Mais son instinct lui avait dicté d'avoir confiance… Ou était-ce un sortilège, posé un peu plus tôt lors de l'entrevue ? … son esprit, ses souvenirs lui faisaient défaut.

Elle avait aussi conscience des faits accablants allant contre cet homme. Elle avait lu les journaux, avait posé des questions. Elle s'était sentie perdue lorsqu'elle apprit sa propre séparation d'avec son mari. Son époux… son amour. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle laissé faire une telle chose ?

Elle aperçut une ombre s'approcher d'elle, mais elle ne sut réagir. Son corps était comme figé dans le temps, et elle était spectatrice des désastres qui s'accumulaient.

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Fabian Prewett et Arthur Weasley venaient de discuter avec les soigneurs. Molly semblait aller un peu mieux, mais avait toujours des phases d'absence où ses pensées affluaient. Ils avaient dû commencer un traitement en magie psychologique, essayant d'utiliser la magie de l'esprit afin de comprendre tous les aspects de son état. Les sortilèges avaient certes été enlevés – trop rapidement certainement – mais son esprit était sens dessus-dessous. Elle ne connaissait jamais la date du jour, par exemple, et se perdait dans les prénoms de ses enfants. Elle pensait n'en avoir que trois depuis une semaine : Percy, Ronald et Ginny.

Ginny était cloîtrée dans une chambre, sous plusieurs sortes de perfusions. Son sang avait été souillé par un produit que personne ne connaissait, modifiant ses hormones qui faisaient déjà des siennes alors qu'elle n'avait pas encore l'âge d'aller à Poudlard.

Ronald, lui, allait de mieux en mieux mais ne souhaitait toujours pas parler à son père. Mais Arthur et Fabian ne perdaient pas patience et observaient à présent Molly qui, assise sur son lit, ne semblait pas encore avoir remarqué leur présence. Ses joues tressautaient, comme si elle combattait quelque chose, au plus profond d'elle-même…

- Agresse… égorge… ils ne valent rien… ma lionne…

D'un bond, sans qu'Arthur n'ait le temps de réagir, Molly sauta du lit et tenta de l'égorger à mains nues. Fabian repoussa sa sœur à l'aide d'un sortilège et les soigneurs, attirés par le hurlement hystérique de leur patiente, arrivèrent puis attachèrent la mère de famille au lit.

- Navré, fit un soigneur. Lord Weasley, nous allons soigner cela. Venez.

Arthur, quelque peu dérouté, suivi alors l'homme blond.

- Votre… épouse ?

- Ou… Oui.

- Votre épouse a encore des séquelles que nous n'arrivons pas à soigner. Elle va cependant mieux que la semaine passée mais son esprit est… tordu. Désolé du terme, mais… je ne sais pas comment expliquer cela.

- Ne vous inquiétez pas, fit Arthur en soupirant. Je me doute bien que le comportement de ces dernières années n'était pas normal et que sa guérison sera longue… vous avez déjà amélioré son état depuis son arrivée ici.

- Vous ne venez pas assez souvent, remarqua doucement l'homme.

- Me faire agresser à chaque visite n'est guère plaisant, voyez-vous, répliqua froidement Arthur avant de se reprendre. Je le sais bien, mais il m'est difficile de venir et de voir ma famille dans cet état. J'aimais ma femme, Monsieur, et je l'aime toujours mais… cette femme. Cette femme n'est pas la Molly Prewett que j'ai connu.

Arthur inspira profondément, tentant de gérer ses émotions. Il devait encore aller voir sa fille, qui, elle, ne recevait absolument aucune visite.

Ses amies de classe – puisqu'elle avait dû commencer un an plus tôt à cause de Dumbledore – ne souhaitaient aucune nouvelle. Elles avaient clairement spécifié au père de famille que la jeune demoiselle était immature, dévergondée et bien trop fixée sur une seule et même personne dont elle parlait sans cesse : Harry Potter, aux abonnés absents.

Le soigneur accompagna alors Arthur auprès de sa fille. Il apprit que ni Molly ni Ronald ne voulaient entendre parler de « l'erreur de la nature », ce qui avait pour le moins choqué les membres de la famille qui pensaient que Molly y tenait comme la prunelle de ses yeux.

La pièce était blanche. Déprimante. Seule une petite peinture, face au lit, donnait de la couleur à la chambre impersonnelle. Les cadres et tableaux avaient été déplacés puisque la jeune fille avait essayé, à maintes reprises, de se trancher les veines avec toute sorte d'objets, dont les cadres.

- Ginny ?

L'enfant tourna alors les yeux marron foncés vers ceux de son père.

- Pa… papa ? fit-elle alors qu'une lueur de lucidité traversait ses yeux.

Arthur en profita afin d'approcher le lit. Sa fille n'avait pas réagi aux dernières visites, mais c'était également la seule qui ne tentait rien contre lui.

- Ma chérie, fit Arthur en prenant le corps assis de sa fille contre lui. Tu m'as manqué.

- Toi aussi, papa, murmura Ginny, le regard dans le vague.

- Comment te sens-tu ?

- Je… je ne sais pas. Je… j'ai mal à la tête. J'ai des pensées qui ne me plaisent pas du tout mais elles reviennent…

- Tu veux m'en parler ?

La jeune fille baissa les yeux en observant bien trop attentivement ses ongles coupés et rongés à sang.

- Tu n'es pas obligée, ma belle, mais il faudra que tu en parles à quelqu'un, d'accord ? fit le père de famille en plaçant ses doigts sous le menton de sa fille.

- Les soigneurs vont me prendre pour une folle… pour une… pour une… je… je ne veux pas.

- Ils sont là pour te soigner et pour t'aider à aller mieux.

- J'ai des pulsions… des envies de faire des choses d'adultes… avec… avec Harry, papa. Je ne le connais même pas ! Je ne veux même pas ! C'est juste des images, que je déteste… le visage reste flou… je ne veux plus voir ça, papa, fit la jeune fille en pleurant subitement.

Le soigneur, resté en retrait, nota les tremblements et la fatigue de la jeune fille. Il soupira de compréhension et il était hors de question qu'un de ses collègues ne vienne à se moquer de cette victime. Car oui, Ginevra Weasley était une victime. Victime d'un homme tout d'abord admiré et admirable qui avait par ailleurs des idées bien trop perverses… et avait appris à l'enfant un rôle à jouer, à la perfection. En la manipulant telle une marionnette, à l'aide de sortilèges psychologiques et en lui montrant des choses qu'elle ne devrait même pas savoir. Il referma la porte, laissant père et fille discuter un peu en privé. La jeune fille ne ferait rien contre son père, il en était convaincu. Quand bien même, elle ne se confiait à personne… personne d'autre que son père.

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2 ruelle des Lionceaux d'Irlande du Nord

Unicorn Village

Irlande

Sirius Black sirotait son café dans le salon de sa maison. Il l'avait visité, quelques mois plus tôt, avec son petit frère et deux jeunes femmes qui étaient rapidement devenues de bonnes amies.

Malheureusement Sirius avait fait une belle gaffe en juillet dernier, lors de la fête de son filleul au Manoir Potter. Sirius avait pensé retrouver James en Harry. Il avait pensé, ou même espéré, retrouver son meilleur ami. Il aurait pu faire tellement de choses, de blagues, de… mais non. Cet enfant n'était pas James.

Les paroles de Snape et Hardwin résonnaient encore : Harry était le fruit de l'amour qu'il y eut entre Lily et James.

Et une autre vérité l'avait frappé, lors de son départ précipité : Harry, en plus de ne pas être James, était encore un enfant. Un enfant qui avait besoin de stabilité, de conseils, d'amour. Ce n'était pas l'adolescent, et encore moins le jeune adulte que Sirius connaissait. Non, Harry n'était pas James. Harry était… Harry. Harry Potter.

Il s'était ensuite coupé du monde. Il s'était même enfermé dans sa chambre, comme un enfant pris en faute. Mais là aussi, une déception le frappa : personne ne vint le chercher. Personne.

Il avait ensuite su comprendre, grâce à une psychomage venue lui botter littéralement les fesses une bonne semaine plus tard, que son petit frère et les deux jeunes femmes lui en voulaient. Ou du moins, étaient en colère contre lui à cause de ces enfantillages et de sa réaction envers l'enfant de se meilleurs amis, alors qu'il avait des responsabilités à accepter. Il était le parrain du jeune Harry, pas son ami. Et encore moins son frère.

La psychomage l'avait forcé à parler, et il avait fini par expliquer tout ce qu'il avait sur le cœur. Sirius, après quelques excuses formulées maladroitement envers ces trois personnes, reprit contact avec sa famille et le monde extérieur puis décida d'acheter la maison qu'ils avaient visités et de prendre en main son futur. Enfin ! Il avait été temps.

Quant à son filleul… Sirius avait envoyé une lettre d'excuses à la famille Potter. Puis il y avait eu le procès contre Dumbledore et maintenant… maintenant il aurait enfin l'occasion de revoir son filleul, chez les Potter, fin décembre. Il le souhaitait de tout son cœur, mais sa propre réaction durant l'été dernier le faisait souffrir. Comment avait-il pu être aussi idiot et égoïste ?

Severus l'avait également croisé, une fois, au Laboratoire. Sirius l'avait apostrophé afin de s'excuser. Cela lui avait demandé beaucoup d'efforts et de courage. Les premiers mots avaient choqués Severus, qui ne s'était absolument pas attendu à cela. Il s'abstint même de prononcer les piques qui traversaient son esprit alors que l'ancien prisonnier se fondait en excuses devant lui. Les deux hommes avaient ensuite échangés quelques mots poliment, puis étaient repartis chacun de leurs côtés.

Il y avait aussi le projet des Jumeaux Weasley auquel il souhaitait participer. Sergej et Severus en avaient discuté avec lui et ils avaient décidé d'en reparler avec les deux concernés après Noël. Il avait déjà reçu une liste des créations des deux blagueurs en herbe et Sirius en avait profité pour rajouter quelques petites idées qui germaient dans son esprit.

Sirius repensa à sa propre scolarité et aux mauvaises blagues à Poudlard. Depuis, il avait bien grandit et murit. Et il s'en voulait encore et toujours d'avoir rendu la vie dure à plusieurs élèves lors de sa scolarité… James avait été le premier à se rendre compte qu'ils n'étaient pas réellement « gentils » et aussi blancs qu'ils voulaient le croire. Et le fait que Sirius sache, maintenant, que le grand Albus Dumbledore les soutenait dans l'ombre lui fit froid dans le dos. D'après ses sources, Dumbledore savait tout ce que les maraudeurs avaient fait contre Snape, mais n'était jamais venu les arrêter. Pourtant, le jeune serpentard aurait pu mourir… Sirius soupira. On ne referait pas le passé. Il fallait, maintenant, se concentrer sur le présent.

Il s'était, depuis Juillet, réconcilié avec Tahlyia. Celle-ci rendait visite, de temps à autres, aux Potter afin de discuter avec Elizabeth et surtout de voir les chats sur lesquels elle craquait de plus en plus. Sirius, quant à lui, avait voulu garder ses distances afin de se reconstruire aussi bien psychologiquement émotionnellement. La psychomage du Centre le suivait toujours et cela lui faisait du bien. Et Tahlyia lui racontait les frasques de la nouvelle génération Potter-Windsor-Mordinov.

Cela faisait un mois que Tahlyia habitait dans la maison de Sirius et Regulus. Car même si Regulus était encore au Centre, il venait assez régulièrement et s'y sentait réellement chez lui. Même Orion et Walburga venaient de temps à autres, grâce au réseau de cheminée privé.

Solène, la sœur de Tahlya, restait active au sein du Centre Celtic'Muffin mais n'y dormait plus depuis deux semaines : elle avait, elle aussi, prit possession d'une des chambres de la maison de Sirius, au premier étage. Solène avait décidé de suivre une formation afin de pouvoir aider officiellement les âmes en peine qui vivaient au Celtic'Muffin.

Tahlyia continuait à travailler en tant que secrétaire-comptable au sein de Sor'xport, une entreprise d'import-export sorcier qui, grâce à elle, obtenait aussi des contrats de chargements au laboratoire de Severus et Hardwin. Elle les aidait aussi, trois après-midi par semaine, pour l'entretien des serres. Après les diverses discussions et remises au point avec les Potter, Sirius avait également obtenu la possibilité de devenir commercial au sein du Laboratoire.

La vie continuait son cours, en somme.

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Silverstone Manor

Talnotry Lake

Severus Snape, ou plutôt Severus Prince, était assis dans son salon tout en caressant le chat noir qu'ils avaient sauvés, avec Elizabeth, du magasin anglais.

C'était un chat des forêts norvégiennes. Le petit chaton avait été récupéré par la vendeuse qui avait fait de son mieux pour soigner ce chat sauvage, qui griffait et mordait tout ce qui l'approchait. Mais Elizabeth et Severus n'avaient eu le cœur à le laisser sur place. Le petit être s'était d'ailleurs tout de suite laissé apprivoisé et avait même remercié, à sa façon, la vendeuse pour ses soins.

Maintenant surnommé Aurelius-Augustinus*, il fêtait ses huit mois en ronronnant sur les genoux du Maître de Maison qui discutait inlassablement avec son invité. Xenophilius Lovegood lui racontait ses dernières découvertes et Severus se perdait dans ses réflexions. L'apparence de l'homme lui rappelait étrangement celle de Lucius Malfoy. Mais l'homme qu'il avait en face de lui était bien plus ouvert d'esprit, et agréable. Et surtout, moins introverti et moins farfelu que les dernières années. Ils discutaient de Poudlard, et des nouvelles mesures qui entreraient en vigueur lors de la prochaine rentrée. Minerva doutait qu'il y aurait beaucoup d'élèves, mais elle souhaitait que Poudlard face bonne figure et tienne les promesses d'un renouveau, d'un nouveau départ sur des bases qui, elle l'espérait de tout cœur, étaient meilleures que les précédentes.

Severus et Xénophélius, eux, n'en doutaient aucunement. Pandora, Luna et Elias étaient occupés avec les chats du domaine, écoutant les elfes leur raconter les nouvelles sorcières. La famille Lovegood avait été « libérée » par les Langues-de-Plomb le premier décembre et leur liberté était encore étrange à leurs sens, si bien qu'ils s'occupaient le plus possible. Luna et Elias lisaient énormément de livres et de revues sorcières, bien que Xénophilius aurait aimé les faire changer d'air.

- Severus ?

- Oh Elizabeth ! s'exclama Severus. Je…

- Tu avais oublié que nous devions aller acheter quelques cadeaux pour les ados ? Oh, vous êtes certainement Lord Lovegood, je suis navrée, je me nomme Elizabeth Potter, née Rothesay.

- Je suis enchanté de faire votre connaissance, Lady Potter, répondit Xénophilius.

- De même ! Ce sont votre femme et vos enfants ?

- En effet, attendez, je…

- Non, ne les dérangez pas pour moi, fit Elizabeth.

- Elizabeth est une bonne amie, qui se prend pour ma grande sœur, marmonna Severus à l'attention de Xénophilius qui se mit à rire.

- Il faut bien que quelqu'un s'occupe du Maître des cachots qui est aussi coincé qu'un scroutt handicapé ! fit théâtralement Elizabeth. Avez-vous quelque chose de prévu, Lord Lovegood ?

- Nous, nous allons pouvoir vous quitter.

- Non, restez donc en notre compagnie, proposa Elizabeth. Nous pourrions ensuite dîner chez nous.

- C'est que nous ne souhaitons pas vraiment… nous… afficher à Londres…

- Nous habitons en Irlande, Lord Lovegood, je ne pense pas que beaucoup d'anglais y soient en cette période de l'année.

- En Irlande ?

- Oui, en Irlande. Y-êtes-vous déjà allé ?

- Il y a assez longtemps je dois dire… puis-je en toucher un mot à mon épouse ?

- Bien entendu !

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La famille Lovegood se retrouva donc à faire les courses de Noël avec Severus, Elizabeth et Althus. Lianna les rejoignit en fin de journée et tout le petit monde mangea au Manoir Potter. Les enfants jouaient dans le Manoir, ne laissant que le salon libre pour les adultes qui profitaient d'un semblant de calme. Luna et Elias avaient timidement rejoint le grand groupe d'adolescents, quittant leurs parents des yeux pour la première fois depuis qu'ils avaient quittés le Ministère. La famille Lovegood avait rejoint le Manoir Ancestral de leur famille mais, sous la demande des enfants et le sentiment de vulnérabilité, les quatre personnes dormaient dans une seule et même pièce depuis une vingtaine de jours.

Ils n'avaient même pas pensé à Noël, à vrai dire. Ou secondairement. Mais Elizabeth les invita pour les fêtes de fin d'années, et attitra déjà une chambre au couple, laissant les enfants décider au dernier moment.

- Il est hors de question que vous restiez seuls dans votre coin, Xénophilius, fit Elizabeth. Nous avons assez de place pour vous ici sans compter que vos enfants seront très vite apprivoisés par les nôtres, ne vous inquiétez donc pas de cela. Et votre présence sera un cadeau à elle seule.

- Je… pourrais tout de même vous aider pour quelque chose ? demanda Pandora qui appréciait déjà Elizabeth.

- Si vous aimez cuisiner, nous avons pour tradition d'aider les elfes pour les préparatifs.

- Ce serait une bonne idée !

- Pourrions-nous utiliser le tutoiement dorénavant ? proposa doucement Xénophilius.

- Bien sûr, répondit Hardwin en souriant. Bien, vous resterez pour la semaine des fêtes de fin d'année. Nous aurons également une soirée le 27 décembre, avec quelques connaissances dont certains professeurs de Poudlard. Vous serez libre de participer ou de rester dans une partie plus calme du Manoir, ne vous inquiétez pas.

L'organisation se fit alors, bien qu'Eulia et Elizabeth aient déjà prévu en amont la plupart des choses. Les elfes avaient fait le plein de nourriture et de boissons diverses et Severus et Hardwin avaient fermés le laboratoire pour les fêtes de fin d'année. Seuls les elfes et quelques employés passeraient une ou deux fois afin d'entretenir les plantations.

Les enfants s'amusaient dans les diverses pièces du Manoir, et les jumeaux Weasley discutaient avec Elias. Harry, timidement, était venu parler avec Luna qui les observait en souriant, sans pour autant participer à leurs activités.

- Tu n'aimes pas dessiner ? Ou peindre ?

- Si… si.

- Pourquoi ne viens-tu pas, alors ?

- Je… je ne sais pas. J'ai peur.

- Peur de quoi ? s'étonna Harry.

- J'aime dessiner les Tozyius, fit doucement Luna dont le regard se dirigeait vers un coin de la pièce.

- Oh, tu pourrais m'en dessiner un s'il te plaît ? demanda alors joyeusement Harry, les yeux pétillants de bonheur. Alekz les voit mais n'arrive pas à les dessiner ! S'il te plaît !

- Tu… tu connais ? fit Luna, surprise.

- Bien sûr ! Chaque sorcier a ses propres dons. C'est vraiment génial je trouve. Tu pourrais m'en dessiner un, alors ? Je… tu voudrais quoi, toi comme dessin ?

- Tu sais dessiner les chats ?

- Bien sûr. Tu veux que je te dessine Salazar ? C'est le gros matou en train de dormir sur la table, là.

- Il est trop mignon ! Oui, je veux bien.

- Allons dessiner alors !

Les deux jeunes adolescents prirent alors place auprès d'Alekzandra, Rebecca et Niklas. Audrey quant à elle était retournée voir Elias, que les jumeaux Weasley essayaient de dérider en lui expliquaient quelques anecdotes.

- Pourquoi es-tu aussi méfiant ? fit timidement Audrey.

- Sa famille a souffert à cause de Dumbledore, tu sais, celui qui a placé Harry chez la tante peu aimable… répondit gravement George.

- Attend, le coupa Elias. Pourquoi Dumbledore a fait une telle chose ? Ce n'est pas à lui de prendre ces décisions !

- Apparemment, il ne voulait pas que Harry vienne ici, parce que Hardwin vient de la famille Black du côté de sa mère, Doréa. Et apparemment pour les gens « bons », les Black sont mauvais, répondit Fred.

- C'est discriminatoire, fit Audrey. Mais cet homme a voulu manipuler plein de gens… je suis contente que nos familles soient venues en Irlande. L'ancien directeur de Poudlard ne démentait pas ceux qui prenaient Harry pour le Sauveur, alors que Harry a été une victime.

- Mais maintenant ça sera certainement plus paisible, en Angleterre, remarqua Elias. Vous irez à Poudlard, vous ?

- Ce n'est pas prévu, répondit Audrey. Certains d'entre nous sont en Russie, ou ici en Irlande. On rentre tous les weekends, alors qu'à Poudlard, vous restez dans une sorte d'internat… personnellement, ok pour l'internat mais pas les weekends ! J'ai besoin de ma famille et de voir mes parents.

- Peut-être que cela changera, avec la nouvelle directrice, répondit Elias. Mais j'avoue que je ne vais pas supporter d'être aussi longtemps éloigné de mes parents, même si Luna reste avec moi…

- On pourra s'écrire, ça t'occupera un peu ! fit George. Allez, viens, on va voir ce que font les autres.

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Alors que la famille Potter-Black-Windsor préparait le Manoir pour la longue mais joyeuse semaine des fêtes, Minerva McGonagall était rentrée auprès de sa famille en laissant Poudlard aux elfes de Maison. Elle ne reviendrait que le deux janvier afin de préparer la rentrée, prévue pour le sept janvier.

La famille d'Hermione viendrait vivre au château pour quelques semaines, afin d'accompagner leurs enfants dans cette réintégration au sein de l'école. Minerva tentait d'organiser les diverses tours et ailes jusqu'ici méconnues du château afin que chacun ait son havre de paix. Son époux tentait de lui changer les idées mais cela n'avait que peu d'effet sur Minerva.

- Le Nouveau Ministère ouvrira ses portes durant la première semaine de janvier, remarqua Cleante, le mari de Minerva. En attendant toutes ces nouveautés, j'aimerais que tu profites de ces quelques jours de repos, ma chérie. Les enfants arrivent le vingt-quatre, on pourrait peut-être en profiter pour décorer la maison ?

- Tu as raison, soupira Minerva.

- J'ai toujours raison ! Puis, maintenant que tu es la directrice de Poudlard, j'espère que tu changeras cette manie de vouloir garder les élèves au château toute l'année, ainsi que les professeurs.

- C'est prévu. A l'entrée du domaine il y a une petite maison plein pied, que personne n'avait découvert jusque la semaine passée. Un des Aurors nous a conseillé de l'utiliser pour les transports sorciers. Les élèves viendraient avec le Poudlard Express, par tradition, à la rentrée, mais les parents seraient libres de venir chercher leur enfant via la cheminette les weekends ou lors de certaines occasions, sous condition de nous prévenir au préalable. Les professeurs pourront donc même rentrer chez eux le soir, s'ils ne souhaitent pas dormir au collège, ou alors seulement rentrer les weekends selon les tours de garde… enfin, ce sera un peu mieux je pense.

- Tu pourrais enfin rentrer…

- Oui, mais nous avons des appartements…

- Je viendrais en semaine, alors, et nous rentrerons le weekend. Tu auras un ou une adjointe, je présume ?

- Oui… je ne sais pas encore. Severus a trop de responsabilités et… je ne sais pas.

- Vous pourriez rester à tour de rôle et vous occuper de vos familles. Ce sera mieux, tu verras. Tu feras une très bonne directrice. Allez, viens, nous allons au salon de thé et acheter de quoi gâter nos enfants et petits-enfants.

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Aurelius-Augustinus est un hommage au chat de mon oncle, du même prénom (le « u » est à prononcer « ou »). Un chat très intelligent, dont une (ou plusieurs) anecdote sera retranscrite dans cette histoire.

Le pauvre petit être a survécu à beaucoup de choses, dont à un déménagement des Pays-Bas jusqu'en Allemagne avec mon oncle. Aurelius adorait sortir du sac à dos, lorsque mon oncle faisait du vélo, afin de se placer sur son épaule et observer le paysage. Il se rendait au parc avec eux, afin de profiter de l'herbe et du beau temps, en laisse. Il était cependant trop timide pour vagabonder dans le parc.

Malheureusement, un jour, (ils avaient décidé de le laisser en liberté au lieu de l'accrocher à une laisse puisqu'il voulait toujours sortir sur la terrasse au-dessus des toits, et la laisse risquait de l'étrangler, donc ils ont préféré le laisser découvrir le monde), il ne rentra pas par la fenêtre restée ouverte pour lui et il pleuvait. Il a certainement glissé, et chuté d'environ quatre étages puis mourut alors en tombant de ces toits, en face d'une église.

Le gardien des lieux de l'église l'a enterré avant que mon oncle et ma tante ne rentrent car il n'avait aucune égratignure, son enveloppe corporelle était intacte mais à l'intérieur, tout était brisé. Alors, pour ce chat que mon oncle a adoré, je dédie ce personnage.

Au petit coquin et adorable Aurelius-Augustinus.

Helia

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