Quand la pureté reste dans l'âme

Christmas 1990

Bonjour tout le monde !

Un grand merci pour vos messages et reviews ! Je passe en vitesse pour vous poster un nouveau chapitre, exceptionnellement en milieu de semaine (je voulais le faire pour les fêtes de fin d'année mais je n'ai pas pu * ange * alors je me rattrape maintenant).

Bonne lecture pour ce doux chapitre.

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 36 :

Christmas 1990

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Sirius Black était sorti de prison. Il évoluait doucement, reprenait lentement goût à la vie. Il pouvait se balader dans le parc, accompagné de sa famille ou encore de personnes qu'il ne connaissait pas : Nikolaï et Sergej Mordinov lui rendaient souvent visite, il ne savait pas pour quelle raison. Ils étaient sympathiques et lui racontaient des anecdotes qui le faisaient sourire. Ils le conseillaient sur des activités et lui expliquaient certains côtés de la magie dont il n'avait même pas connaissance.

L'apprentissage ne s'arrêtait donc pas à Poudlard, ou encore à une formation d'Aurors… non. La magie était bien plus diversifiée que cela. Il apprit également avec effroi que même les cracmols avaient de la magie en eux, mais un autre type… des connaissances que le monde sorcier avait perdues depuis des centaines d'années, à cause de préjugés plus étranges les uns que les autres.

Tout cela l'avait fait réfléchir, et penser à ce qu'il avait appris à Poudlard, aux réunions en présence de Dumbledore qui leur affirmait que la magie était soit blanche, soit noire. Il avait longuement cru que sa famille était du mauvais côté. Mais était-ce seulement vrai ? Oui, ils avaient des idéologies, des règles bien strictes de familles nobles. Mais est-ce que tout était à jeter, dans cette éducation ?

Sa mère tenait à lui, peu importait sa maison à Poudlard. Son père avait été très déçu, et avait décidé de l'ignorer le plus possible lorsqu'il n'explosait pas contre lui. Sergej lui avait dit que Dumbledore avait lancé sur ses proches, ainsi que sur beaucoup d'enfants passés à Poudlard, des sortilèges de contrainte... peut-être était-ce là le centre du problème ?

Il n'en savait rien, et tout cela lui donnait la migraine. Ce qu'il savait, c'était qu'il avait une famille, et qu'il allait revoir son petit frère à Noël.

Il ne pouvait décemment pas encore voir son filleul avant qu'il soit stable. Il ne se sentait pas prêt. Il le sentait, il avait besoin de remettre les « pieds sur terre » et ce, dans les règles de l'art. Il avait apparemment encore beaucoup à apprendre sur son entourage et sur la raison pour laquelle il était en Irlande et non en Angleterre…

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Harry Potter profitait de la période de Noël pour faire les magasins avec son parrain adoptif, en la personne de Severus Snape.

Charlie et Abigaelle les avaient accompagnés avant de partir de leur propre côté pour prendre des cadeaux sans que les autres ne sachent ou ne puisse deviner quel genre de cadeaux ce serait. Harry était aux anges.

Il parlait sans cesse, fatiguant involontairement Severus qui avait beaucoup à penser, mais l'homme appréciait aussi de voir son petit protégé plein de vie, s'intéressant à tout et n'importe quoi.

Alekzandra été restée en Russie depuis le début du mois, et elle manquait à ses amis. Elle avait des cours approfondis en magie Russe et sortilèges informulés qu'elle transmettrait certainement aux autres après.

Chaque enfant évoluait et avait choisi son domaine de prédilection. Ils apprenaient toujours ensemble, partageant sur les divers sujets et apprenant aux uns et aux autres les anecdotes ou les histoires qu'ils avaient découvertes. Ils étaient tellement heureux d'apprendre ensemble que cela faisait mal au cœur, pour les parents, de devoir bientôt les séparer dans les différentes écoles…

Mais Noël approchait et ce n'était pas un moment de tristesse, loin de là, et Severus Snape se voyait, contrairement à l'année précédente, tirer le bras par un petit Harry plein de vie.

- Et, petit lion, tu sais que je terrorise tous mes élèves ? Pourquoi ça ne marche pas sur toi, hein ? demanda Severus avec un léger rictus.

- Parce que tu es le meilleur des parrains. T'aime, Oncle Sev' ! Allez, viens, bouge, on dirait une statue de cire ! Viens, on va à la librairie !

- Pour quoi faire ? demanda la terreur des cachots en haussant un sourcil.

- Je voudrais trouver quelque chose pour papa, et voir ce qui fait briller tes yeux afin de t'offrir le plus beau cadeau du monde !

Choqué par ces termes, Severus ne put que suivre l'enfant qui tirait son bras depuis une bonne heure.

Ils avaient fait une dizaine de magasins et dévalisé au moins trois boutiques. Le nombre de personnes à qui offrir des cadeaux avait bel et bien augmenté depuis l'arrivée de l'enfant dans leur vie.

Vers quatorze heures, Alekzandra, Tomek et les parents arrivèrent au centre-ville de Ward's Cross, là où tout le monde était allé faire les achats de Noël.

- Tu as trouvé ta robe pour Noel ? demanda alors Abigaelle qui les avait rejoint en premier.

- Non, répondit Alekzandra, mais on comptait la prendre en Russie. Tu en as une, toi ?

- Non… je n'ai rien trouvé qui me plaisait, et c'est dans deux semaines, fit Abigaelle, désespérée.

- Les filles, fit Lianna, si vous voulez on part en Russie maintenant et vous faites le tour, ok ? Sergej et Tomek sauront se débrouiller pour retrouver les autres. Ca vous tente ?

Le regard soudainement empli d'espoir d'Abigaelle fit sourire Lianna.

- Allez, je préviens Eliz' et on y va.

Elle sorti alors son carnet et y écrivit un mot et les jeunes filles discutèrent en attendant la confirmation de leur départ imminent.

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Alors que les filles allèrent faire le tour des magasins en Russie, les autres membres du groupe d'amis se retrouvèrent dans un grand café, ayant réservé une table pour le goûter.

Walburga et Orion arrivèrent, accompagnés de Sirius et d'Andromeda.

Severus, légèrement inquiet, serra discrètement la main du petit Harry.

- Ca va, papa poule Sevychou. Je sais.

Severus ne put s'empêcher de couver le petit du regard alors que Hardwin se moquait discrètement de son ami.

- Je sais que c'est le parrain que m'ont choisi mes parents, mais tu resteras toujours mon parrain aussi, et tu sais, rien ne m'empêche d'avoir deux parrains, si ?

- Non… non, tu as raison, petit lionceau. Mais sois gentil avec lui, tu sais, il a vécu des années difficiles.

Le sourire de l'enfant lui fit chaud au cœur et tout le monde accueillit chaleureusement les nouveaux arrivants. Sirius observait chaque personne présente avec intérêt, se demandant le but de cette rencontre. Il s'assit, imitant par là même son père qui lui commanda d'office de quoi boire et manger.

Il ne put s'empêcher de rire aux blagues que racontaient Sergej, Luka, Hardwin et Silius. Il aperçu aussi Léto et ce qui semblait être sa femme, en bout de table, en pleine conversation avec Ornelia et Elizabeth.

Il avait vu Harry, aussi, mais s'était retenu d'aller le voir et de le serrer contre lui. Le regard de Severus – car il était certain que c'était lui malgré le glamour – l'en avait dissuadé. En y repensant, son geste aurait pu être mal interprété. L'enfant ne le connaissait pas, ou peut-être connaissait-il son rôle de parrain, mais il ne l'avait jamais vu. Il ne pouvait décemment pas saluer trop vivement et trop amicalement l'enfant, quand bien même il en avait envie. Il se perdit alors dans ses pensées, ne remarquant ni le gâteau devant lui ni son père qui se leva afin de laisser la place à Severus. Une petite main passa devant ses yeux et il sursauta sous le regard moqueur de Lord Prince.

- Bonjour, c'est toi, Sirius ? demanda l'enfant.

- Ou… oui, fit doucement Sirius, une boule dans la gorge.

- Enchanté, monsieur Sirius ! Je peux le tutoyer, dis, Sevy ?

- Demande à Sirius, petit lionceau.

- Monsieur Sirius, puis-je vous tutoyer ?

Amusé malgré lui, Sirius répondit par l'affirmative.

- Super ! Je m'appelle Harry, Nikolaï, Severus, James, Sirius Potter. Et toi ?

- Sirius Orion Pollux Black.

Sirius ? Vraiment ? L'enfant portait son prénom aussi ?

- Oui, Sirius, intervint Severus en souriant doucement. Harry a pris quelques noms depuis son adoption et je suis, officiellement, son parrain même si j'avais refusé qu'il porte mon nom, Hardwin n'en a fait qu'à sa tête. J'ai par contre demandé à ce qu'il porte aussi ton prénom, puisque tu es, normalement, son parrain.

Sirius acquiesça.

- Je porte moins de glamour que lors de ton jugement, mais sache que ma présence ici doit rester secrète.

- Je ne dirai rien.

- Je me doute, mais je pense que Sergej fera un rituel afin de lier ton esprit, afin que personne ne puisse voler les souvenirs concernant de près ou de loin le petit.

- Je ferai tout ce qui est nécessaire pour le protéger, annonça alors Sirius, le plus sérieusement du monde. Mais Hardwin… qui est-ce ? Il me semblait pourtant qu'il était fils unique…

- Voyons Sirius, le réprimanda Andromeda. Hardwin, tout comme Eulia et Abraham, est le fils de Doréa et Charlus. Charlus était un Potter, tu te souviens ?

- Ah…

Non. Il avait totalement oublié ou occulté cette information. Mais maintenant qu'elle le disait…

- Hardwin est un cousin de James, précisa Severus, mais aussi le tiens en quelque sortes.

- Un grand-cousin, je crois qu'on nomme cela ainsi, intervint Sergej. Le monde est petit, n'est-ce-pas ?

Sirius acquiesça, pensif.

- Et nous discuterons après le goûter, Sirius, rajouta Sergej qui comptait bien aider Sirius pour gérer son esprit. Mais profite de ce moment en famille, c'est important.

Alors Sirius écouta Harry et les autres enfants débiter des mots et des phrases sans fin. Il était impressionné par les connaissances qu'avaient ces enfants et en fit part à Severus qui rit devant la remarque spontanée de l'ancien prisonnier.

- Ces enfants sont des mangeurs d'informations, intervint Nikolaï en riant. Ils veulent toujours apprendre plus. Ce sont des gosses en or, vraiment. Et ils seront les premières encyclopédies vivantes, je le crains.

- Tonton Niko ! s'offusqua Tomek sous le rire des adultes.

Ils mangèrent et rirent durant plus d'une heure, et, lorsqu'ils se séparèrent, ce fut Sergej qui ramena Sirius au Centre. Il lui expliqua le fonctionnement du Rituel de protection et lui proposa de se matérialiser dans son esprit afin de voir s'il pouvait effectuer le rituel et aider Sirius à organiser ses pensées.

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Sirius avait certaines bases en occlumencie et legilimancie grâce au statut de sa famille, mais il ne s'y était plus entraîné depuis son entrée à Poudlard. Il comprit par ailleurs l'importance de protéger son esprit, ainsi que la mise en garde de Sergej : s'il ne le faisait pas, il ne reverrait jamais Harry, pour sa propre protection et celle de l'enfant.

Sirius devinait maintenant le but des visites de cet homme russe : le mettre en confiance, et devenir un proche afin de pouvoir l'aider. Et non le manipuler, puisque l'homme avait été très clair dans ses explications. Il l'avait aussi conseillé durant ses premières semaines au centre et Sirius devait avouer que cela lui avait réellement fait du bien.

Par contre, il ne comprenait pas pourquoi il y avait autant de secrets et de mystères autour de son filleul. Mais Sergej avait sous-entendu qu'il serait en droit de le découvrir, si seulement il acceptait de protéger son esprit. Alors, il l'avait fait. Le soir même.

Sergej s'était matérialisé dans l'esprit de l'homme et y avait découvert un bazar sans nom.

- Punaise mais… c'est plein ici !

- Dé… désolé.

- Pas grave, mais il va falloir y faire de l'espace !

- Mais je l'aime bien, moi, cette pièce, marmonna Sirius, mal à l'aise.

- D'accord, alors dans ce cas… j'ai une idée.

C'était une grande pièce, mais l'espace n'était absolument pas optimisé. La lumière provenant des diverses fenêtres se reflétait dans certains objets posés à même le sol. Sergej décrivit des étagères que Sirius fit apparaître dans son esprit et ils décidèrent ensemble de l'aménagement de ce qui serait, dorénavant, l'entrée de son esprit. Ils laissèrent une couverture, un vase, un sac et une plume au sol. Chaque détail avait son importance.

Chaque objet conduisait à un couloir avec des pièges dignes des maraudeurs – l'idée avait fait sourire Sirius – et cela menait au souvenir. Sergej expliqua alors certaines règles d'hygiène pour l'esprit : le fermer ou penser à une image anodine lorsque l'on sentait une légère pression. Comment les détecter et surtout, comment les mener vers des impasses toutes bêtes et innocentes. Comment se protéger et se défendre, ou comment fuir si on se sentait trop faible par rapport au sorcier qui nous faisait face.

Sergej avait ensuite donné des conseils de méditation à Sirius.

- Il y a des ateliers de méditation, justement, remarqua Sirius. Est-ce-que… est-ce-que je devrais participer ?

- Ce serait une bonne idée, confirma Sergej, mais seulement si tu as encore la possibilité de faire des activités pour t'épanouir à côté. Je pourrais venir une à deux fois par semaine et amener Alekz afin que vous méditiez ensemble et que j'aille embêter Lord Potter durant ce temps.

- J'en parlerai à mon psychomage alors, pour savoir ce qu'il en pense… non ?

- Très bonne idée. Bien, je vais te laisser, tu es épuisé.

- Merci, je…

- Ne t'inquiète pas, je le fais avant tout pour Harry et pour ma famille, qui sera également la tienne quand tu en sauras un peu plus et si tu l'acceptes. Prends soin de toi, repose-toi et nous nous verrons au nouvel an, peut-être ?

Sirius sourit alors en observant Sergej quitter sa chambre. Noël, il le passerait au Square Grimmaurd, chez ses parents. Et c'était le lundi suivant… déjà. La semaine était passée bien rapidement et il avait encore du mal à s'habituer à toutes ces choses et personnes qui l'entouraient. Mais en cette soirée de samedi, le jeune homme nouvellement libre pu s'endormir sereinement.

Il était libre, et, surtout, il n'était pas seul comme il l'avait craint lors des premières minutes suivant sa libération.

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Ecole de Magie Secondaire d'Irlande

Hollow Castle

Ó Ceallaigh Lake

Comté magique de Glaslough

L'EMSI accueillait cette année une fête de noël internationale. Nombreux étaient les élèves qui, exceptionnellement, étaient présents en cette fin d'après-midi du 24 décembre.

A l'extérieur, tout était gelé. Le lac, qui servait de patinoire depuis deux semaines, les fleurs qui avaient miraculeusement gardé leurs pétales et sur lesquels s'était fixé le gel comme pour conserver les plantes les plus tenaces.

La neige recouvrait une bonne partie de la forêt environnante et du parc. Toutes les cheminées du château étaient allumées afin de réchauffer l'atmosphère.

Les décorations avaient été disposées depuis quelques jours déjà et le château était tout simplement magnifique. La direction avait ouvert la salle de bal, selon une tradition annuelle irlandaise. Elle devait faire au moins deux cents mètres carrés et les murs étaient recouverts de miroirs, de tableaux et de guirlandes.

Il y avait des tables sur les côtés puis, en plein milieu, une immense piste de danse lisse et brillante. Le plafond était magique et des étoiles scintillaient, et par moments, on pouvait apercevoir une ou deux étoiles filantes.

L'entrée du château accueillit quelques cinquantaines d'élèves qui observaient, émerveillés, la magie à l'œuvre : une aurore boréale était visible en face d'eux, au-dessus d'un petit lac intérieur et l'entrée était éclairée grâce à de magnifiques étoiles dans le « ciel ».

Une personne les intima de s'avancer sur le pont, traversant ainsi le lac et se dirigeant vers une autre porte : celle de la salle de bal.

En cette soirée, ils pourraient rencontrer des élèves de tout horizon : de France, d'Allemagne, de Chine, de Suède, d'Angleterre, de Russie et enfin d'Irlande.

Albus Dumbledore n'avait pas réellement porté d'importance à cet évènement et avait laissé Minerva présenter ce projet aux élèves, lors d'un dîner. Elle avait expliqué la tradition annuelle et les portes que cela pourrait ouvrir aux élèves : de nouvelles rencontres, des nouveaux contacts, et la découverte de différentes cultures et langues.

De Poudlard se trouvaient une petite dizaine d'élèves. Minerva les y avait emmenés, grâce à un portoloin international provenant du Ministère Irlandais et avec l'autorisation du Ministère Anglais.

Ils se mélangèrent aux autres écoles, et purent se présenter grâce aux différents sortilèges de traduction.

- Merci, professeur McGonagall ! Firent alors Fred et George Weasley avant de disparaître en riant.

« Pourvu qu'ils soient sages », pensa alors Minerva avant de rejoindre ses homologues irlandais.

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Alekzandra Anastasia Mordinov était magnifique. La robe couleur bourgogne et or, de style royal, brillait parmi les plus belles robes de la soirée. Ses longs cheveux bruns presque noirs et légèrement bouclés descendaient le long de son dos, accompagnés de petites perles blanches. La robe était moulante dans le haut, laissant distinguer la petite poitrine de préadolescente qu'elle arborait déjà pour son si jeune âge *10 ans*. Le jupon était large et étoffé de roses rouges qui nouaient le tissu par endroit.

Elle était au bras de son frère, Tomek *16 ans depuis le 2 décembre*, qui l'avait prise d'office en tant que cavalière pour cette soirée extraordinaire. Lui était habillé sobrement d'un costume noir et d'une chemise blanche. Une rose, rappelant la couleur de la robe de sa petite sœur était cousue sur le côté droit de sa veste.

Sa fiancée n'avait pas été heureuse de sa décision – et c'était d'ailleurs peu dire – mais il voulait offrir ce cadeau à sa petite sœur chérie et lui montrer, par la même, l'école où allaient étudier une partie de ses amis.

Leurs yeux gris se posaient sur la foule, cherchant Abigaelle et Luka *13 ans tous les deux*.

Abigaelle était vêtue d'une longue robe d'un bleu clair, dont le haut était un bustier et dont le jupon était fait de plusieurs nuances de bleu, et de plusieurs niveaux de tissu. Ses longs cheveux blonds foncés étaient attachés en une tresse décorée de fleurs blanches et de perles, et un petit diadème – le même qu'Alekzandra – était délicatement posé sur le haut de sa tête.

Luka, plus grand que les jeunes de son âge, était vêtu d'un costume ressemblant fortement à celui de Tomek malgré les manches plus longues et évasées à partir du poignet. Les yeux bleus, les cheveux noirs et son corps musclé ne laissait pas Abigaelle indifférente et elle était heureuse que le russe accepte de l'accompagner pour cette soirée.

Alekzandra repéra Luka en premier et ils se retrouvèrent autour d'une table à laquelle les rejoignit d'autres personnes qu'ils ne connaissaient pas.

- Bonjour, je m'appelle Oliver Wood, et je suis en 3ème année à Poudlard, et vous donc ? fit un jeune garçon châtain aux yeux marron.

- Je m'appelle Luka Nikolaï Driomow, commença le russe.

- Enchanté, fit Oliver.

- Je me nomme Abigaelle Potter, étudiante dans cette école-même, en Irlande.

- Potter ? répéta l'anglais en fronçant les sourcils.

- C'est une très grande famille, éluda la plus jeune. Je me prénomme Alekzandra Anastasia Black, adoptée par la famille Mordinov et voici mon frère Tomek.

- Enchanté, je m'appelle Tomek Nikolaï Sergej Mordinov, de Russie.

- Ca fait beaucoup de Nikolaï tout ça, fit Oliver en se moquant doucement avant de se prendre quelques regards noirs.

- Je suis le descendant d'une des plus grandes familles royales, tout comme Luka, d'où ce prénom qui nous suit de génération en génération, répondit Tomek comme si de rien n'était.

Oliver reprit un peu contenance, bien qu'il eût remarqué avoir fait une gaffe.

- Je ne voulais pas être méchant, se senti-t-il obligé de rajouter. Mais…

- Mais ? fit Abigaelle, méfiante.

- Je ne savais pas que les familles Potter et Black avaient encore des héritiers à leur nom.

Luka souffla. Le garçon l'ennuyait déjà.

- Hey, salut ! firent alors Fred et George, ayant remarqué l'ennui bien visible des deux russes.

- Vous vous connaissez ? demanda Oliver, surpris.

Ne sachant comment réagir, les jumeaux restèrent plantés là, cherchant une réponse adéquate. Si cela venait aux oreilles de Dumbledore…

- Nous nous sommes rencontrés à Londres, un jour, éluda Tomek. Ces deux garçons sont des rigolos, ou je me trompe ?

- Ce sont surtout des farceurs, répondit Oliver qui ne remarqua pas le soulagement des jumeaux.

- On mange ensemble ? demandèrent les Weasley à Oliver.

- Mangeons ensemble, répondit Luka sur un ton qui ne permettait aucune réplique.

Le petit groupe pris alors place, rapidement rejoint par d'autres élèves anglais et une camarade de classe d'Abby. Lorsque le silence commença à se poser sur la salle, tous les professeurs rejoignirent la petite estrade.

Il y eu un long discours sur l'importance d'une telle rencontre, que ce soit pour s'ouvrir aux autres aussi bien que pour de futurs contacts professionnels pour les plus âgés. Il y avait des professeurs de tous horizons mais aussi quelques Docteurs en Sorcellerie, Potion ou encore Botanique.

Les élèves seraient libres de discuter avec les personnes de leur choix et étaient même encouragés à venir discuter avec les adultes. Ils auraient toute la soirée – il était à peine dix-huit heures – et même la nuit pour danser, manger et discuter.

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- Tu es une Potter ? fit un garçon qui portait l'écusson de Poudlard.

Le début de soirée s'était plutôt bien passé, mais Alekzandra commençait réellement à fatiguer. Oliver leur avait fait faux bond une petite heure auparavant.

- Enchanté également, fit Abigaelle, adossée contre la table.

Elle était en train de discuter avec Alekz et Tomek, et cette interruption l'irritait déjà.

- Tu te prends pour qui ? fit le blond, moqueur.

- Tu pourrais au moins te présenter avant de déblatérer des bêtises, répliqua Tomek. C'est quoi ton problème ?

- Mon problème ? C'est qu'une petite peste se fait appeler Potter alors que tout le monde sait que l'Élu n'a ni frère ni sœur, ni famille !

- Révise un peu l'histoire des anciennes familles avant de t'en prendre à des gens respectables, intervint froidement Alekzandra.

- Voyez-vous ça ! fit alors le blond. Hé les gars, je crois que j'ai trouvé le nid de débiles ! La petite prostituée se dit être une Potter, la mini coccinelle à la robe rouge se prend pour une Black et les deux débiles disent descendre d'une famille royale ! C'est Olly qui me l'a dit ! fit-il en riant fortement, s'attirant plusieurs regards noirs.

- Ils sont vraiment idiots ! Déjà que le soi-disant survivant aurait dû crever ! Puis la soi-disant Black, là, elle est trop moche pour être digne de porter le nom de sang-purs !

- Monsieur Towler, messieurs de Serpentard et de Gryffondor, intervint une voix glaciale alors que les amis du dénommé Kenneth Towler étaient venus voir la scène. Vingt points en moins pour incitation à la violence dans une école étrangère, cinquante points en moins pour insulte envers deux familles royales en moins de deux minutes et une retenue, deux soirs par semaine durant toutes vos études à Poudlard, avec votre bien aimé Argus Rusard. Et, pour votre gouverne, les familles Black et Potter ne s'étendent pas qu'à l'Angleterre mais bien au-delà des frontières. Maintenant, dispersez-vous, je ne veux plus voir d'élèves de Poudlard près de ceux-là, c'est compris ?

L'homme en noir terrorisa de son simple regard ses élèves qui déguerpirent puis se tourna vers les Mordinov et Abigaelle.

- Faites attention à vous, vous quatre. Vous verrez les jumeaux demain, ne vous inquiétez pas, mais je vous conseillerai de ne pas traîner avec les anglais.

Les quatre acquiescèrent et reprirent leur discussion.

- Les élèves de Poudlard pensent vraiment qu'ils sont le centre du monde, c'est pas croyable ! grogna Luka.

Abigaelle prit discrètement sa main. Luka eut la décence de rougir légèrement sous le sourire de Tomek mais Abigaelle garda sa main dans la sienne et cela ne déplaisait pas au garçon, au contraire.

Ils avaient beaucoup dansé et il avait apprécié la présence d'Abby à ses côtés. Prévoyante et bonne danseuse, elle le prévenait avant le changement de rythme alors qu'il connaissait la musique, mais il n'avait rien dit. Elle était adorable et s'efforçait de dire quelques mots en russe, le faisant sourire devant l'effort de sa cavalière.

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Après l'escapade irlandaise, les jeunes étaient rentrés au Manoir Potter afin de profiter de leurs familles malgré la fatigue. Ils ouvrirent les cadeaux le 25 décembre, vers onze heures.

Eulia, Andromeda, Elizabeth et Lianna s'étaient surpassées. Andromeda avait passé la soirée chez les Black mais avait insisté pour aider aux préparatifs chez les Potter, voulant aussi connaître un peu mieux Harry. Les enfants et adolescents couraient, riaient, comparaient leurs cadeaux et sautaient au cou de leurs parents et à tous ceux qui leur avaient offert un cadeau. Severus, gêné, se retrouva au milieu d'un attroupement de jeunes et de moins jeunes qui, au même moment, voulurent lui faire un énorme câlin. Cela s'était terminé en bagarre de coussins et de plaids qui reposaient maintenant sur le sol.

Les plus jeunes avaient observé la scène en riant.

Harry, plus réservé, avait surpris Abigaelle en lui offrant un dessin et un petit poème. Il adorait sa grande sœur. Il adorait sa famille, ses amis. Il était heureux et l'avait fait remarquer, un peu plus d'un an après son arrivée.

Salazar le suivait toujours partout, réclamant des morceaux de viande ou de pain selon ce que Harry mangeait, ce qui avait aussi valu un petit cours sur ce qui était toxique pour les animaux : le chocolat était à proscrire, le pain faisait gonfler le ventre, certaines plantes étaient à éviter, les pommes de terres et les oignons étaient également toxiques, et bien d'autres choses.

Charlie avait assisté à la journée, légèrement triste de ne pas voir sa propre famille mais profitant tout de même de l'invitation afin de ne pas sombrer dans la dépression. La famille de Fabian avait donc également fait le chemin et s'était bien entendue avec les autres.

Rebecca, blonde aux yeux bleus, avait le même âge que la plupart des jeunes : dix ans et allait sur ses onze ans, en août prochain. Il y avait aussi sa petite sœur, Mysthya, qui avait le même âge que Clarence – la petite sœur de Harry –, Sandra et Vladimir Mordinov. Elea, du même âge également et qui était la petite sœur de Niklas et Audrey, s'était d'office rapproché du petit groupe et avait présenté ses peluches à tout le monde.

Rebecca fut plus intéressée par les jeunes de son âge que par son cousin Charlie, mais il ne s'en formalisa pas. Il était heureux que la famille de son oncle partage cette fête de Noël avec eux.

La journée se termina par une ronde, dans la neige, et les adultes distribuèrent des bâtonnets en métal à chacun. Severus fit voleter des flammes au-dessus des pointes, levées vers le ciel, et chaque petit bâton fit des étincelles multicolores.

Dans le ciel se formèrent alors, au-dessus du petit groupe, quelques mots :

Merci, Magia, de nous avoir donné la vie.

Un frisson les parcourut lorsqu'ils purent lire, quelques secondes plus tard,

Avec plaisir, mes enfants.

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