Quand la pureté reste dans l'âme

Nuit de Terreur

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 69 :

Nuit de Terreur

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L'atmosphère lugubre, autrefois mise en place pour amuser les adolescents, ne rassurait pas le moins du monde les occupants de Poudlard. Bien au contraire.

Les élèves couraient dans tous les sens. Les règles de sécurité précédemment posées ne furent guère suivies, et Severus Snape se dit alors qu'il faudrait donner des cours à leurs élèves sur le respect des règles, encore plus en cas de danger.

Il s'isola des autres professeurs quelques instants afin de contacter Sergej. Peut-être que sa famille de vampire avait eu vent de cette histoire de Nécromancien, même s'il espérait vainement que Poudlard ne soit pas victime de cet individu sombre.

Mais quelque chose en lui le prévenait d'un danger imminent. Tout comme Minerva, Adèle et Filius. Il sentait que ce n'était pas une vulgaire blague pour la « fête ».

Les quelques membres du Ministère qui étaient à Poudlard tentaient de mettre en sécurité la plupart des personnes présentes, et une grande partie se vit confinée dans la Grande Salle. Minerva McGonagall discutait avec les tableaux, furieuse et hors d'elle. Severus tentait de la calmer et de tirer un maximum d'information sur l'intrus.

Severus sentit le Carnet chauffer dans sa poche.

« Nos ados sont-ils en sécurité ? »

Sur le point d'écrire que oui, il observa autour de lui avant de remarquer l'absence de Philipp, Harry, Alekzandra, Leonius et Jania. Son sang ne fit qu'un tour. Ce n'était pas les seuls qui manquaient, certes, mais c'était les enfants de ses amis et il les protégerait coûte que coûte.

Les quelques descendants des Fondateurs présents allèrent, non sans prévenir Minerva, inspecter chaque couloir du château. Ils connaissaient le domaine sur le bout des doigts même sans y avoir mis les pieds puisque les informations secrètes du château restaient dans leurs familles respectives et liées par le Serment du Secret. Ils pouvaient ainsi longer les murs, se fondant dans la pierre, afin de trouver l'individu responsable de cette agitation.

Les torches enflammées illuminant habituellement les couloirs étaient éteintes et les flammes restaient impossibles à raviver. Les sortilèges de réchauffement, de feu ou encore de lumière n'émettaient même plus la moitié de la puissance habituelle et les lumos les plus puissants n'éclairaient pas plus d'une dizaine de centimètre carrés.

La respiration des descendants des fondateurs se fondait dans l'air, mais ce n'était pas le cas pour les autres dont le souffle se transformait instantanément en lames de glace, fines et tranchantes.

Poudlard, plein de vie, s'était soudainement transformé en château hanté.

Alors qu'Adèle Carron, directrice de Gryffondor et descendante de ce même fondateur, apparaissait au troisième étage, un frisson d'horreur la parcourut. Un homme, dont la peau était en lambeaux, riait en ordonnant à une jeune fille, telle une marionnette, de danser devant lui en se déshabillant, la faisant léviter au-dessus du vide par une des fenêtres qu'il avait dû faire disparaître, puis la jeter contre le mur. Cet homme riait et criait des mots dans une langue qu'elle espérait ne plus jamais entendre. Une langue horrible, plus complexe que le fourchelangue.

Un feulement la fit sursauter et si une main ferme ne l'avait pas tirée en arrière, elle aurait pu être sacrément blessée. Adèle, ne prenant pas le temps de remercier son petit frère, se transforma alors en Lionne alors qu'Ezekiel prit la forme de son animagus : un serpent.

Le corps de l'enfant se dédoubla alors que le mort-vivant chantait une incantation depuis quelques secondes. Le renard grogna puis se lança à la poursuite des deux demoiselles terrorisées, attrapant au passage une de leurs chevilles. Un cri de terreur se fit entendre.

- Ma… Ma cheville ! Aaaah…

La lionne se fit alors remarquer et coursa le corps animé de sombre magie. Le serpent essaya de la retenir, mais rien n'y fit.

C'était un piège.

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Au-dehors, Rebecca Prewett, élève de 2ème année à Poufsouffle, courrait en cherchant Luna. Elle l'avait vu sortir peu avant l'alarme. La jeune fille la trouva et s'accroupit devant le corps pâle.

- Luna, Lu', réveilles-toi !

La jeune blonde frissonna et, le regard hagard, se redressa en époussetant sa cape.

- Luna !

- Rebecc', oh… mais… où… où est Harry ?

- Harry ? Harry était avec toi ? cria presque Rebecca, essoufflée.

- Oui ! Une … oh par les boucles de Merlin…

- Qu'est-ce qu'il s'est passé, Luna ?

- Une…

Luna fixa son amie qui frissonna à son tour. Elle put lire tant d'horreur dans ces yeux bleu clair qu'elle ne fut pas certaine de vouloir entendre la suite.

La lueur argentée qui avait foncé sur les deux jeunes corps était en réalité une licorne. Mais pas n'importe laquelle… cette licorne avait une patte arrachée, dont le sang coulait. Un œil meurtrit et le second rouge, sans compter le trait noir qui séparait son museau en deux. Le ventre en décomposition, des mouches bien nourries voletaient autour de l'animal qui les avait observés quelques secondes avant de charger férocement sur les deux adolescents figés par l'incompréhension et la surprise.

Une masse de vêtements bougea un peu plus loin, dans l'herbe humide.

- Harry ! S'écria Rebecca. Oh Harry…

- Il faut rentrer, fit la voix étonnamment lucide de Luna. Il faut rejoindre les autres.

- Harry ! Luna ! Rebecca ! hurla alors deux voix.

- Leonius, Jania, vous devriez être dans la Grande Salle, fit Luna dont les yeux prouvaient son inquiétude.

- Luna ? fit Jania, incertaine.

- Quelque chose marche dans les ombres du château, fit la jeune Lovegood d'une voix inhabituelle et grave. Quelque chose pire que le Mal que l'on connaît s'approche.

- Désolé, Luna, fit Leonius, mais même si tu as raison, Hermione est seule quelque part dans le Château et n'a certainement aucune idée de ce qu'il se passe réellement.

- On ne peut pas la laisser seule, approuva Jania.

- Alors allons-y ! fit Harry qui lança un sortilège de réchauffement… qui ne fonctionna pas.

- Les sortilèges de lumière, de magie pure et pratique ne fonctionne plus, fit sombrement Luna. Une aura à l'odeur âcre étouffe tout espoir…

- Où est allée Hermione ? demanda alors Harry.

- Certainement dans les toilettes… mais à quel étage… fit Leonius.

- Ne traînons pas, intervint alors Luna, d'une voix beaucoup moins rêveuse qu'à l'ordinaire.

Le petit groupe se mit alors en marche vers une porte dérobée : un passage secret que leur avait montré Fred et George dès la rentrée. Il leur fallait absolument retrouver Hermione.

Une fois dans le passage, ils remarquèrent que leur souffle se changeait en larmes de glace. Harry, qui avait porté sa main au visage, vit des entailles sur sa paume.

- Ne touche pas, idiot ! fit alors Jania.

- Il faut monter par ces marches, nous sommes en demi sous-sol, fit Leonius.

- Non, fit Luna. Elle est allée rejoindre la noirceur de ses sentiments…

- Elle est allée dans les cachots ? demanda doucement Harry.

Le regard de la jeune Serdaigle se fit vide durant quelques secondes. Puis elle acquiesça.

- Je crois que oui.

- Tu as un don merveilleux, fit alors Rebecca. Allons-y.

Mais avant qu'ils n'atteignent la seconde sortie cachée, un des murs de l'étroit couloir se fissura, et des morceaux de pierres menaçaient de tomber.

- Courrez ! hurla alors Jania.

Harry atteint alors la sortie, et le groupe tenta de faire le moins de bruit possible en refermant le passage. Mais ce ne fut pas réellement utile.

De la pierre s'effritait, tombant en poussière le long des murs. Le plafond, assez bas à cet endroit du château, se fissurait lui aussi.

- A gauche ! murmura Jania. Il y a des toilettes sur la gauche il me semble.

Ils auraient, quelques secondes plus tard, tout donné pour ne pas être au bon endroit…

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Un rire nerveux envahissait le château. La température avait baissé drastiquement et les habitants du Château étaient tétanisés.

Minerva, forcée par Filius et Severus à rester dans la Grande Salle avec la plupart des élèves, prenait des nouvelles grâce aux tableaux qui ornaient la Grande Salle.

Au septième étage, un mouton attaquait un professeur.

Au sixième, un cadavre d'Elfe des forêts avançait en tenant la tête d'un chat dans les mains.

Au cinquième étage, un serpent se battait avec un renard, une jeune fille courait bien qu'elle n'avait plus de pieds et son double, qui avait ses bras aussi mou que de la compote de potiron, se battait contre deux squelettes.

Au quatrième étage, les portes s'étaient vues attribuées une marque faite avec du sang de licorne.

Au troisième étage, un professeur se faisait agresser par un troll.

Au deuxième étage, un groupe d'élève de cinquième année était encerclé par un ours, deux aigles et plusieurs araignées géantes.

Au premier étage, il n'y avait que brume et poussière.

Au rez-de-chaussée, une ombre vagabondait dans les couloirs en direction de la Grande Salle.

Tout en haut de la tour d'astronomie, une lionne était en lévitation et le cadavre de Cuthbert Binns menaçait de la jeter vulgairement par-dessus la balustrade.

Au sous-sol, une licorne à moitié en décomposition, une musaraigne géante, un bébé ours et une panthère albinos menaçaient quatre élèves avec des épées volantes. Un autre élève était suspendu dans les airs par une cheville, les cheveux brûlés et le visage en sang.

Les animaux présents dans les cachots parlaient d'une voix aigüe, désagréable.

Alors que Minerva chercha un moyen de prévenir ses collègues à l'extérieur de la Salle, les portes de la Grande Salle vibrèrent.

- Quelqu'un d'indésirable tente d'entrer ! hurla alors le Baron Sanglant alors que les élèves, terrorisés, s'éloignèrent silencieusement des portes.

Minerva voulu appeler un elfe, ou encore les phénix. Mais personne ne répondit à son appel.

- Une armée de Cadavres entrent dans Poudlard, Madame la Directrice, fit froidement un des tableaux. Une des protections ancestrales du château vient de sauter ! Nous avions pourtant dit à ce vieux Dumbledore de rénover les runes des cachots !

- Et pourquoi ne pas me l'avoir dit ? gronda alors Minerva dont le regard n'avait plus rien d'aimable ni même d'humain.

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Il faisait froid. Mais qu'était-ce que la chaleur ? Ils ne le savaient plus.

- Hihihi, petite fille aux cheveux carbonisés ! Hihihihihi… que tu es chatouilleuse… que tu sembles moelleuse !

- Laich'lamoui, espèce d'ours mal léché ! Le Maîtreuh m'a promis de la chaire fraîcheuh.

- Sale panthère, va nettoyer tes babines, grogna alors la licorne.

- Oh, les petits enfants ont peur… fit doucement la musaraigne. Ça tombe bien ! C'est la nuit de la Terreur ! Hihihihihihi…

- Oh, mais dites-moi donc, fit une voix masculine derrière le petit groupe. Ne serait-ce pas Harry Potter ? Celui-qui-a-survécu ?

- Qui êtes-vous ? fit brusquement Jania.

- Je me nomme Violeto Shnakgrakth Jedusor. Un vulgaire cousin de Tom, tu sais, celui qui t'a fait cette cicatrice, ricana l'homme en pointant le front de Harry.

- Les Jedusor sont moldus ! fit alors Hermione, la tête en bas.

Dumbledore lui avait expliqué que le véritable nom de Voldemort était Tom Jedusor, de père moldu et de mère sorcière.

- Pas tous, fit l'intrus en penchant sa tête et en éclatant de rire. Que tu es jolie, ma petite…

- Ne la touchez pas !

- Sinon quoi, Potter ?

- Je ne suis pas un Potter !

- Oh, pourtant tu as la même voix que le bébé Harry.

L'homme tendit le bras et visa Hermione. Un filet noir vint s'enrouler autour des poignets de la jeune élève alors que Harry sortait sa baguette.

- Que voulez-vous ? fit alors Luna dont le visage s'était étonnement durci.

Le visage couvert de cicatrices fixa alors la jeune blonde. Les yeux enflés et globuleux dont on ne voyait que le blanc et un cercle gris fixa les enfants un à un.

- Une vengeance… fit-il d'une voix grinçante, lente et glaciale. Poudlard n'a jamais voulu de moi. Le… professeur Dippet pensait que je n'avais aucune magie en moi… et Tom, que je ne connaissais pas encore, a osé inventer des histoires à mon sujet, comme quoi j'aimerais… les morts ! cria-t-il. Les morts, voyez-vous ! Hahahaha. Mes petits animaux chéris, il est temps de manger !

Alors que Leonius et Harry tentaient de se battre avec l'homme, Luna essaya de détacher Hermione.

Malheureusement, plus de la moitié des sortilèges employés par les adolescents ne provoquèrent rien d'autre qu'une simple fumée noire.

La panthère arracha violemment la robe de Luna, et griffa le dos de la jeune fille. La musaraigne, quant à elle, émettait de petits cris en répétant « miam miam miam miam » inlassablement alors que le rire faussement joyeux de l'homme se répercutait contre les murs.

- Vit ! cria-t-il alors, et une pierre vola et s'écrasa contre un des éviers. Harry hurla en voyant un corps surgir du sol et s'approcher de lui.

- Léo, attention !

- Harry ! Harr…

- Harry… quel délicieux nom, remarqua doucereusement le nécromancien. Nous allons voir si je peux te tuer… je pourrais ainsi prouver à Tom que je suis plus puissant devant un gamin de ton gabarit…

Un autre cri emplit la pièce alors que l'homme prononçait des paroles inconnues.

L'ours avait attrapé Rebecca, et mordilla les mains déjà ensanglantées.

- Hm… que tu as l'air bonne…

Un bruit sourd se fit entendre. Le bruit d'un bâton solide qui frappait le sol retentit à nouveau et une vague de lumière aveugla toutes les personnes présentes.

- Aw… Aiwend…

- Cela suuuuffiiiit ! fit gravement une voix. Cela suffit, sale misérable petit veracrasse des lacs ! Les enfants, restez au sol je vous prie, fit alors le nouvel arrivant, projetant les adolescents contre les murs à l'aide de son bâton. Tu n'as pas le droit de venir dans ce monde, fit le vieillard d'une voix tremblante de colère. Tu es rongé par le Mal ! Pauvre enfant ! Oh… plazthazonklaravivo… najamazijhgbriu… Gozhelssiathahos…

La vive lumière devint plus douce, alors que le corps du dénommé cousin de Voldemort tremblait, essayant en vain de combattre.

- Les esclaves de tes envies disparaissent, et ne reviendront plus jamais hanter cette terre… Ces corps deviennent poussière… et pour le crime impardonnable que tu as fait sur cette Licorne nous te maudissons…

- Vieux fou !

- C'est la seule parole que tu arrives à prononcer ? Miserere… Miserere, Magia… Sois banni, esprit maléfique… sort de ce corps impur… soit banni à jamais de cette terre.

La lumière blanche aveugla une fois de plus chaque enfant.

Le vieil homme aux longs cheveux bruns se tourna vers les enfants, et Hermione se vit posée délicatement au sol.

- Oubliez, fit-il en pointant une boule dorée vers eux.

Mais ils n'oublièrent rien. Le Mage haussa les épaules en se grattant un sourcil broussailleux.

- Que la volonté de Magia soit faite.

Il posa la main sur le crâne dégoûtant du nécromancien qui hurla de douleur. Alors que la porte allait s'ouvrir, le regard gris du Mage fixa celui de Harry avant de disparaître dans une puissante lumière.

Puis ce fut le noir total.

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Sergej et Arsene Mordinov avaient retrouvé Harry et les cinq autres enfants au fin fond des cachots. Endormis, mais surtout blessés, ils se retrouvaient dans un sale état.

Arsene fit alors usage de sa magie de vampire afin de les emmener en urgence à l'infirmerie dont il ne connaissait que le nom.

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- Comment va-t-il ? fit une voix d'homme, que l'enfant reconnut sans mal être celle de son père.

- Cela aurait pu être pire, grogna l'infirmière. Le nécromancien n'a pas pu terminer son travail.

- C'est-à-dire ?

- Harry Potter a subit les premières incantations d'une malédiction. Une malédiction touchant les voies respiratoires et le cœur. Heureusement, le lanceur n'a apparemment pas eu le temps de prononcer les derniers couplets… Monsieur Potter devra rester alité durant une semaine, et boire un certain nombre de potions sans compter qu'il sera nourri à la soupe pendant un mois, avec un steak saignant par semaine. Pas de pain, pas de fromage. Ah, voilà que monsieur Potter daigne se réveiller !

L'adolescent se redressa difficilement, toussant plusieurs fois alors que Leonius donnait des coups dans son dos.

- Allez-y doucement, Monsieur Windsor, je n'ai guère envie de lui faire repousser ses côtes ! grogna l'infirmière qui semblait être de mauvaise humeur.

Et bien que celle-ci soit peu agréable, les cinq élèves retinrent leur souffle alors que d'autres adultes entraient dans l'infirmerie de Poudlard.

- Que vous a-t-il pris, sombres idiots, d'errer seuls dans le château ? fit froidement Severus Snape.

- N'auriez-vous pas pu retourner à la Grande Salle ? Ou rejoindre vos dortoirs ? fit Elizabeth qui embrassa furtivement son fils sur le front.

- A quoi pensiez-vous ? gronda Arsene. Vous vous rendez compte de ce qu'il s'est produit ? De ce qu'il aurait pu se passer ? Des conséquences que cela aurait pu avoir ?

- Her… Hermione, fit difficilement Harry, Hermione était partie durant le repas, on s'était disputé et…

- Et comme nous étions dehors, reprit bravement Leonius, nous ne pouvions pas vous prévenir…

- Les adultes ne seraient-ils pas plus à même de rechercher une jeune fille en détresse que trois élèves de deuxième année ? Sans compter que Miss Lovegood n'est qu'en première année d'étude ! cracha Snape. Quelle inconscience ! Vous croyez-vous donc plus habiles et plus intelligents que nous ? Potter ! Lève la tête quand je parle, et regarde-moi ! Et vous, Miss Malefoy ! Vous vous isoliez donc pour des sottises au lieu de vous rendre dans votre dortoir qui, de toute évidence, aurait été vide et plus chaleureux que de vulgaires cachots ! Je vous pensais plus intelligente, jeune fille ! Monsieur et Mademoiselle Windsor, vous avez, vous aussi trop de sang Potter dans vos veines ! Miss Lovegood, n'auriez-vous pas pu retenir cette équipe de malheureux ? Vous qui me sembliez bien plus sage que vos condisciples. Vous me décevez. Tous ! termina Snape d'une voix polaire.

- Luna a essayé, chuchota Harry.

- Tais-toi ! hurla alors Severus. Aurais-tu fait des heureux, en y laissant la vie ? continua Severus d'une voix dangereuse.

Tous les regards fixèrent alors le directeur de Serpentard. Jamais les élèves n'avaient vu leur professeur perdre son sang-froid. Les élèves blessés observaient avec crainte la scène qui se passait devant eux, et les adultes n'avaient pas encore jugé bon d'intervenir.

- Réponds ! cria-t-il en frappant du poing sur la table de chevet.

- Severus, fit durement Minerva qui venait d'arriver. Je pense qu'ils ont compris. Allez vous occuper des Serpentard.

Severus Snape observa chaque personne durement avant de quitter la salle dans un tourbillon de cape.

- J'ose espérer que vous ne tenterez plus jamais ce genre d'expérience, fit gravement Arsene.

- Nous… nous ne voulions pas avoir d'ennuis, fit Leonius qui tremblait. Nous voulions simplement aider Hermione, nous avions peur et…

- Nous sommes désolés, termina Harry qui avait baissé la tête. Nous ne voulions pas vous mettre en colère, nous pensions juste à trouver Hermione avant qu'il ne soit trop tard.

- Votre attitude, bien que cela soit louable de souhaiter sauver votre camarade, a été bien trop dangereuse, fit durement Minerva McGonagall. Vous n'êtes pas assez qualifié pour partir en mission de sauvetage, Potter. Et vos amis ne le sont pas non plus.

- Nous sommes désolés, chuchota Jania.

McGonagall soupira.

- Je vais demander aux elfes de vous ramener de quoi manger. Miss Malefoy doit impérativement se reposer et dormir, son corps a subi pas mal de dégâts et elle aura besoin de temps pour s'en remettre.

- Vous allez être isolés les uns des autres durant quatre jours avec interdiction de visite, les informa brièvement Elizabeth.

Près à répliquer, Leonius se tut devant le regard sévère de Hardwin.

- Croyez-moi, si nous avions laissé Severus vous punir, cela aurait été bien pire, leur annonça Minerva. Et je pense que vos blessures et votre état psychologique sont une punition assez sévère. Ces quatre jours vous serviront à réfléchir à vos actes dignes de Gryffondor irréfléchis et de réviser vos cours. Vos directeurs de maison vous ramèneront vos cours. Ne vous plaignez pas, Potter et Windsor, vous n'êtes pas les seuls à subir cette punition. Miss Patil, monsieur Londubat et d'autres élèves ont également voulu jouer les héros la nuit passée.

Après un dernier regard, la Directrice de Poudlard reprit sa cape.

- Nous nous reverrons dans quatre jours, et nous discuterons de vos actes irréfléchis.

Elle repartit alors, suivit de la plupart des adultes. Elizabeth embrassa chaque enfant, les rassurant légèrement malgré la tension qui régnait.

- Vous êtes censés être en sécurité ici, chuchota la mère de famille. Vous avez dérogé à plusieurs paragraphes du règlement en ne suivant pas les règles internes au Collège. Je vous en conjure, faites attention à vos paroles et vos actions, mes amours. Nous avons eu peur pour vous, mais que cela ne se reproduise plus, compris ? Vous auriez été bien plus en sécurité en suivant le règlement, croyez-moi. Si nous ne pouvons plus avoir confiance en vous, et sans cesse avoir peur que vous jouiez les héros…

Personne n'osa répondre et Elizabeth Potter quitta l'infirmerie, laissant la trentaine d'élèves blessés dans la tristesse.

Des rideaux furent tirés autour de chaque lit, et des sortilèges d'impassibilité, de silence et d'isolation furent posés. Chaque blessé avait un elfe attitré, mais ne devaient, d'aucune façon, faire passer quelque message que ce soit, mis à part à la Directrice de l'école. Chaque livre communicant était confisqué jusqu'à nouvel ordre et leurs animaux étaient confiés à leur famille jusqu'à la fin de la semaine.

Heureusement pour Harry, il pouvait communiquer avec Salazar dans son esprit. Mais il ne s'attendit pas à ce que son amour de chat le boude jusqu'à refuser toutes les promesses de souris juteuses ou encore de croquettes magiques dont il raffolait… Oh non, Salazar n'était pas manipulable pour une Mornille et Harry allait avoir beaucoup de difficultés à se faire pardonner de lui.

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Loin, très loin de Poudlard…

- Mais où est-ce ! cria un vieillard. Où est ce maudit château !

Il le savait. A chaque fois, il était tout proche de la réponse mais une barrière mentale le repoussait violemment, laissant un grand vide dans sa poitrine. Un vent de panique s'empara de lui.

- Il… faut que je retrouve le château… il le faut…

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Liberty Charms

Irlande

Après la petite visite à Poudlard et après avoir été assurés que leurs fils soient en sécurité, Hardwin et Elizabeth avaient repris le chemin de leur Maison. Leur petite dernière y était restée avec Eulia.

- Maman ?

- Oui Clarence ?

- Harry… Harry et Philipp vont bien ?

- Ils sont blessés, cela aurait pu être plus grave. Ils ont eu droit à un interrogatoire en règle par Arsene qui discute en ce moment-même avec la directrice, marmonna Hardwin en faisant chauffer du café.

- Tu veux quelque chose à boire, petite puce ? demanda tendrement Eulia.

- Du lait ! Te Plaît. Et Jania et Leonius ?

Eulia se tourna vers Elizabeth qui répondit cette fois.

- Ils vont bien, mieux que Harry en tous cas. Ils sont tous à l'infirmerie pour la semaine. Edouard y est encore, il souhaitait s'entretenir avec Severus.

- Et Salazar est revenu avec vous, remarqua Eulia alors que le matou s'affalait sur une chaise de la cuisine.

- Oui, c'est une des punitions, fit Hardwin alors que le chat les regardait méchamment.

- C'est pour le bien de Harry, fit Elizabeth en s'accroupissant devant le chat. Il faut qu'il comprenne.

- Mew ! fit Salazar en repoussant la main de la mère de famille d'un coup de patte.

- Il n'est pas content parce qu'il aurait voulu protéger Harry, fit innocemment Clarence alors que les parents soupiraient.

Le feu de la cheminée s'illumina et les Potter retournèrent dans le salon.

- Sev ! fit Eulia en allant le serrer dans ses bras. Tu vas bien ?

- Moi ? Oui, répondit l'homme en haussant un sourcil. Je vous ramène Edouard.

Aussitôt dit, le mari d'Eulia arriva et embrassa son épouse.

- Je devrais aller voir mon filleul, fit doucement Severus.

- Drac… Jonas ?

- Oui, Jonas, en prononçant le « j » comme un « y », fit remarquer Severus. Je ne suis pas allé voir Narcissa depuis bien longtemps.

- Tu penses qu'elle va vouloir envoyer son fils à Poudlard maintenant que Dumbledore est hors-jeu ?

- Au milieu des enfants de mangemorts ? fit ironiquement Severus. Non, elle ne le souhaitera jamais. Par contre, les enfants de Grace, la petite sœur de Lucius, y seront scolarisés. Elle a épousé Drew Nott, Abraxas avait alors exigé que leurs enfants portent le nom de la famille Malefoy. Bref, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, il faut que je passe par Silverstone, Charlie Weasley avait besoin que je lui ramène des ingrédients spécifiques.

- Tiens, donne-lui ce panier de notre part, fit Hardwin, il y a quelques gâteaux et plats fait maison. Nous lui avons dit de passer s'il le souhaite, mais j'ai l'impression qu'il a peur de nous.

- Je crois surtout qu'il a peur de déranger, fit Eulia. Allez, file et embrasse-le de notre part.

- Eulia, râla Severus. Je ne transmettrai ton embrassade pour rien au monde.

Quelques rires se firent entendre puis le Maître des Cachots disparu dans les flammes vertes.

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