Quand la pureté reste dans l'âme

Phoenix time

Bonjour & bon dimanche à tous !

Nous voici donc, mon cerveau et moi, pour un nouveau chapitre.

Merci à tous pour vos reviews !

Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 38 :

Phoenix time

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Ecoute : Barlow GirlSurrender / Matt RedmanThrough It All

Samedi 6 avril 1991

Palais Royal II de Russie

Saint-Pétersbourg

Les mois s'était écoulés bien rapidement depuis septembre, et ce, pour tout le monde. Les préadolescents se préparaient tant bien que mal à leur future rentrée scolaire et n'étaient pas très motivés voire absolument pas enthousiastes de quitter leurs précepteurs et professeurs privés ainsi que les différents manoirs familiaux. Mais, comme le disait Lianna, il fallait bien grandir un jour et quitter le petit nid douillet même si eux, parents, étaient bien contents de les avoir près d'eux.

Harry et Alekzandra étaient certainement ceux qui auraient le plus de mal, en septembre. La jeune fille s'était fortement attachée aux autres jeunes qui faisaient maintenant partie de sa famille de cœur. Ils avaient des ascendants de la même famille et cela les rapprochait d'autant plus les uns des autres, sans compter la famille Mordinov qui s'était bien intégrée au groupe. Même les parents de Niklas et Audrey rendaient régulièrement visite à Elizabeth et avaient adopté un des chatons de Liberty Charms.

Alors, en ce samedi du mois d'avril, les enfants avaient prévu une grande matinée. Pourquoi une matinée ? Parce que ce serait le moment où Fred et George Weasley, censés avoir une retenue avec le détesté professeur de Potions, arriveraient tout droit d'Angleterre grâce au Phoenix Prince.

Ce fut d'ailleurs dans une poussière argentée qu'arriva Fred avec Névius, le phoenix de Phalathar aux yeux vert clair et au ventre violet puis les ailes rouges. L'oiseau se posa sur le rebord de la cheminée et observa les enfants saluer le nouvel arrivant alors que Zéphyr amenait George dans une sorte de bulle rose bonbon.

Zéphir était le phoenix dit « de Nyxia » et était l'un des plus rares. Il avait les yeux roses vif et le torse recouvert d'un plumage rouge profond. Des plumes argentées recouvraient le reste de son corps.

Il était étonnamment gros, aujourd'hui, fit d'ailleurs remarquer Alekzandra alors que l'oiseau se posa près de Névius.

Puis vint Severus, accompagné de son phoenix d'Oyliossée-Alba, nommé Surya. Ses yeux était dorés et ses ailes étaient dorées, disposées sur le corps rouge sang.

Les enfants présents se réjouirent de cette arrivée et chantèrent les chants de coutume pour leur souhaiter un heureux anniversaire, et cela, dans différentes langues. Cela se termina dans une cacophonie horrible mais qui fit rire tous les occupants du Manoir Russe.

Ils se retrouvaient enfin, tous, avec leurs frères et sœurs qu'ils soient encore trop jeunes pour comprendre ou trop vieux pour vouloir participer à la bataille de polochons qui s'ensuivit. Ensuite vint le moment du gâteau d'anniversaire, apporté par Arthur et Charlie Weasley, suivis de près par Fabian et sa petite famille en surprise finale pour les jumeaux qui ne purent prononcer de remerciement, tant ils étaient surpris par la présence de leur père.

Ce dernier les serra dans ses bras en leur chuchotant quelques vœux.

- Mes enfants, je vous aime. Et je sais que votre mère vous aime aussi, au fond de son cœur. Bon anniversaire, mes fils.

Les larmes aux yeux, ils essayèrent de cacher leur soudaine mélancolie. Ce fut, étrangement, Severus qui leur tendit deux morceaux de tissus.

- Des mouchoirs magiques, ce sera mon cadeau d'anniversaire pour mes deux Gryffondor préférés je présume ? fit sarcastiquement Snape, rendant ainsi instantanément le sourire aux jumeaux.

- Merci, professeur, firent-il simplement d'une même voix avant de se concerter du regard et d'encercler leur professeur de leur bras.

Après tout, c'était lui qui les avait amenés ici pour deux heures de soi-disant retenue, c'était Snape qui avait organisé cette petite escapade et ils ne l'avaient su que cinq minutes avant. C'était une énorme surprise.

Après deux minutes de câlin avec l'homme en noir aux cheveux graisseux, Alekzandra ricana et lança haut et fort…

- Tous sur Severus et les jumeaux !

…avec entrain et le professeur des potions, une expression horrifiée sur le visage, se vit entouré de bras et de mains sous les rires de ses amis.

- Bien les enfants ! fit alors Lianna. Les gâteaux attendent les jumeaux pour un soufflage de bougies en règle !

En riant les enfants se défirent de l'étreinte géante, embrassant George, Fred et Severus sur la joue avant de partir en courant rejoindre les autres, autour de la table.

- Je vais mourir moi, avec ces sales gosses, murmura Snape, désespéré.

- Mais tu les aimes bien, répliqua Hardwin en souriant.

- Malheureusement… heureusement qu'ils ne vont pas à Poudlard, je n'arriverais pas à les terroriser comme il se doit !

- S'ils allaient à Poudlard ils seraient sages comme des botrucs dans leur environnement naturel, Sev, répondit Elizabeth. Mais aucun des enfants ici présents sauf les Weasley y mettront les pieds tant que ce Lord est dans les parages. Et si ça ne tenait qu'à moi, je prendrais Fred et George sous mon aile.

- On sait, fit Hardwin. On sait, chérie. Mais ils s'en sortent bien… C'est triste, mais ils s'en sortent. Et Arthur est là, ce matin, je pense que c'est le plus beau cadeau que nous puissions leur faire.

Un doux chant de phoenix se fit alors entendre et tous se retournèrent vers la table basse, devant la cheminée.

Severus regardait avec effroi l'un de ses phoenix se consumer sans raison. Fred et George étaient en train de caresser à la fois Névius et Zéphyr, puis Surya les avait rejoints avant de s'enflammer.

- Elle… elle n'aurait pas dû, fit Severus, inquiet et cherchant Hardwin du regard. C'est trop tôt, elle… Le cycle…

Mais le Maître des cachots se tourna vers les jumeaux, arrêtant de parler et fronçant les sourcils.

Zéphyr fixait Fred, s'avançant doucement vers le bord de la table basse. Fred se senti submergé par plusieurs émotions et il lui semblait que l'oiseau qu'il titillait un peu avant lisait en lui comme dans un livre ouvert.

L'oiseau rouge aux yeux roses ne le quittait pas des yeux et commença une nouvelle mélodie, joyeuse.

Névius, l'oiseau violet et rouge observait quant à lui George, jusqu'à toucher le bout de son nez avec son bec dans un cri joyeux.

Les garçons, par instinct, tendirent la main afin de les caresser.

Névius et Zéphyr reculèrent alors et observèrent à nouveau le petit tas de cendre de leur amie de toujours.

Surya n'était plus qu'un petit tas de cendre, alors qu'elle n'aurait pas dû retourner à cet état avant au moins deux bonnes semaines.

Severus, tremblant malgré lui, regardait la scène, désemparé. Il adorait ses phoenix, même s'il ne pouvait pas les avoir toujours avec lui. Il les aimait comme s'ils étaient ses enfants, aussi étrange que cela puisse paraître.

Il y tenait. Est-ce que Surya était morte ?

Un regard rose vif et un regard vert clair se posa sur leur maître qui s'était accroupi entre la cheminée et la table basse. Fred et George firent de même et observèrent les deux phoenix tourner autour du tas de cendre en sifflant une douce mélodie.

Personne n'osa parler et les enfants attendaient patiemment, en observant la scène.

Fred et George laissèrent échapper des larmes de tristesse, ainsi que Severus. Par ils ne surent quel miracle, ces larmes se décolèrent de leurs joues avant de planer au-dessus du tas de cendre. Surpris, ils se reprirent en observant le tas de cendre dont la fumée n'était plus grisâtre mais argentée.

Au fond de leurs cœurs, chacun savait qu'ils assistaient à un rare évènement. Mais qu'était-ce ?

Les deux phoenix se penchèrent alors, leurs becs touchant le tas de cendre de leur amie, de leur sœur de cœur. Une mélodie apaisante se fit entendre alors que plusieurs larmes des deux phoenix tombèrent sur les cendres.

Il y eut alors deux petites étincelles dorées et Surya ressuscita de ses cendres, accompagnée de sept œufs minuscules et beiges.

Zéphyr s'envola alors, afin de se placer sur l'épaule droite de son maître et de frotter son bec sur la joue de celui-ci, en signe d'apaisement.

Névius, lui, tapota sur les différents œufs alors que Surya les couvait tous du regard.

Une petite tête couleur rouge sang sortit alors d'un des œufs, donnant des coups de becs dans sa coquille protectrice qu'il se mit ensuite à grignoter. L'oiseau ne ressemblait en rien à un petit venant de naître. Ses yeux étaient d'un or pur. De toutes petites oreilles, rappelant celles des elfes, étaient présentes sur chaque côté de la tête, chose rare pour les oiseaux. Le corps était fait de plumes et de longs poils mélangés et ses ailes étaient dorées. La première personne qu'il observa fut Fred qui, par instinct, vint caresser la tête du minuscule animal.

Il se prit un coup de bec affectueux de la part de Surya et, malgré la petite douleur, il laissa échapper un doux rire. Le petit phoenix était en train de chantonner une douce mélodie qui atteint Fred en plein cœur, puis marcha difficilement vers son nouveau maître.

Incertain, il regarda Severus qui acquiesça.

- Nevenia. Tu t'appelles Nevenia, murmura Fred.

Il sentait que c'était une femelle. C'était comme si son âme le savait. Et le prénom lui était venu tout seul… Neven venant de « ciel » en breton, ses yeux lui rappelaient le soleil d'été. Il ne savait pas d'où il sortait cela, mais l'oiseau laissait échapper une mélodie joyeuse depuis qu'il avait prononcé son nom.

- C'est un phoenix d'Oyliossée-Alba, un vrai trésor, murmura Severus à l'attention de Fred.

Quant à George, il observait avec inquiétude une coquille qui restait fermée. Zéphyr, sentant l'âme soudainement triste du jeune jumeau vint se poser sur son épaule et frotta sa tête dans le cou de l'adolescent. Ollyos, le phoenix d'Oyliossée-Alba qu'Alekzandra avait eu sous forme d'œuf et qui était né en janvier 1990, apparu de nulle part et alla caresser de ses ailes le petit œuf qui attirait George. Alors, la petite coquille rose se fissura et le bébé phoenix observa sa mère, puis son regard se posa sur George qui le couvait déjà de son regard.

C'était un mâle. Il le savait. Ses yeux étaient pourtant rose bonbon et en amande. Ils brilleraient dans le noir lorsque la nuit tombera. Son torse était fait de plumes d'un rouge très sombre et ses ailes étaient argentées. Une ligne de poils longs et dorés était présente entre les deux ailes.

- Zoro.

L'oiseau émit un son doux aux oreilles de George et réclama des caresses alors que Surya donna un coup de bec dans le bras de George, en guise d'avertissement : il avait intérêt de prendre soin de son bébé. Tout comme Fred.

- C'est un phoenix de Nyxia, fit doucement Alekzandra. Je… je ne comprendrai jamais la conception des phoenix, fit-elle doucement déclenchant un sourire moqueur sur les lèvres des adultes.

Un petit craquement leur fit comprendre qu'un troisième phoenix sortait de sa coquille.

- Eden ! S'écria spontanément Harry, s'attirant le regard du petit être, trempé, qui venait de sortir sa petite tête de la coquille.

L'enfant s'approcha doucement, par peur de terroriser les oiseaux. La coquille violette tachetée d'argent était en train de tomber en poussière alors que le petit être poussait un cri victorieux.

C'était également un Oyliossée-Alba. Un mâle, dont les yeux couleur or fixaient, pétillants, ceux émeraude de son Maître.

Par contre, cet oiseau n'avait pas d'oreilles visibles mais son corps était d'un rouge profond fait de plumes et de poils. Les ailes d'Eden étaient argentées et il les déployait déjà.

Severus, lui, fixait une coquille blanche qui s'était ouverte en deux, en coup net. Le petit être le fixait déjà de ses yeux verts pétillants et brillants de milles feux qui semblaient le protéger de ses craintes. L'oiseau était recouvert d'un plumage rouge profond et ses ailes étaient argentées.

- Nyxia…

La femelle laissa sortir un son ravi et Severus su que ce serait le phoenix qui serait le plus attaché à son âme. Pas que les autres ne le soient pas, mais ils appartenaient à la famille Prince, donc également à sa famille proche. Il était bien connu que le phoenix n'avait qu'un seul et véritable Maître…

Nyxia, Phoenix de Nyxia.

- Oh, fit précipitamment Arthur Weasley, faisait sortir Severus de ses rêveries.

L'homme était surpris, et figé. Il fixait une coquille vide et l'être qui le fixait depuis quelques secondes.

- Approche, fit Severus.

Tremblant, Arthur rejoignit ses fils et observa le petit corps poilu. Les yeux bleu ciel, elle avait le ventre d'un violet profond et le reste du corps recouvert de plumes argentées et rouges. Quelques plumes argentées rebiffaient sur le sommet de son crâne, faisant penser à deux petites cornes.

- Eve, murmura Arthur, envoûté par les yeux de son phoenix.

Ce furent Audrey et Niklas qui s'approchèrent ensuite de la table, lançant un regard tendre envers les petits êtres qui marchaient sur la table basse. Elizabeth avait fait apparaître un peu de paille et d'eau, ne sachant pas vraiment ce que mangeaient ces oiseaux extrêmement rares.

C'était une bénédiction d'avoir de tels animaux sous son toit.

- Elowenn, Fox ? firent alors les jumeaux Driomow d'une même voix.

Surpris, chacun observa le phoenix s'enflammer dans un feu turquoise qui laissa apparaître deux phoenix presque identiques.

Elowenn, qui n'avait d'yeux que pour Niklas, était un phoenix de Phalatar tout comme son frère jumeau, Fox, qui lui observait Audrey en penchant sa petite tête sur le côté.

Les yeux de Fox étaient aussi argentés mais allant plutôt légèrement vers le vert clair, il avait le ventre de couleur violette, plus foncé que celui de sa sœur jumelle. Ses poils violets étaient aussi plus longs que la « normale » et le reste du corps était recouvert de plumes violettes et rouges. Quelques plumes argentées rebiffaient sur le sommet de son crâne, faisant penser à deux petites cornes.

Severus observa alors le dernier œuf présent que couvait Surya de ses ailes et de son regard. Il suivit alors le regard de la femelle et vit une des jeunes filles qui était la plus discrète et la plus timide du groupe.

Paniquée, elle tenait fermement une de ses mèches blonde.

- Rebecca ? chuchota Elizabeth. Viens, ma chérie, l'encouragea la mère de famille en lui prenant délicatement la main.

Les yeux bleus fixaient les yeux de Surya. Elle n'osait pas avancer, pourtant elle savait ce qu'elle devait faire. Les yeux de Surya l'encourageaient autant que la douce main d'Elizabeth.

Elle appréciait grandement Eliz. Elle était comme une marraine, une tante, pour elle. Elle pouvait tout lui raconter, ses peurs, ses craintes. Pas qu'elle ne puisse pas le faire avec sa mère mais la relation était différente.

Elizabeth caressa son dos, l'incitant à s'accroupir à son tour alors que les autres avaient pris leurs petits et s'étaient installé dans des fauteuils avec des petits coussins pour le confort des petits phoenix qui hululaient joyeusement.

- Surya ? chuchota, incertaine, Rebecca.

La phoenix pencha la tête sur le côté avant de commencer un chant joyeux.

La blonde aux yeux bleus approcha alors sa main de l'œuf blanc. Elle le caressa et senti un duvet de poils fins qu'elle n'avait pas remarqué sur la coquille. Surya déploya ses ailes puis rejoignit Severus et Nyxia, tout en gardant la jeune fille à l'œil. Des coups de becs se firent entendre et la dernière coquille se brisa en deux, rapidement suivit d'un chant victorieux.

- Flames ! fit alors Rebecca en retrouvant son sourire heureux. Oh… que tu es beau.

C'était un mâle aux yeux gris barrés à l'horizontal par un trait vert clair. Son ventre était recouvert de longs poils violets. Quelques plumes blanches étaient présentes sur le sommet du crâne formant des sortes de petites cornes. Ses ailes étaient rouges. Et Rebecca étant en profonde admiration, les yeux plongés dans le regard mystérieux du petit être qui venait de naître.

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Impressionnés par cet évènement, tous prirent le temps d'enregistrer chaque détails, de se remémorer chaque instant, et ils prirent place dans les divers fauteuils et canapés alors que les nouveaux maîtres des phoenix apprivoisaient leurs nouveaux compagnons de vie.

Rebecca, sous le choc, s'était rapprochée d'Audrey et Harry qui lui souriaient.

- Je… je peux ?

- Bien sûr, assieds-toi, fit Harry en lui laissant un peu de place.

La jeune fille rougit alors, avant de s'asseoir. Audrey l'embrassa sur la joue en guise de salut.

- C'est chouette de te voir ce week-end, avait alors commencé Harry alors que les autres commençaient également à parler.

Ils caressaient les petits phoenix, les laissant aussi voleter et apprendre des choses de Surya, Zéphyr et Névius qui roucoulaient joyeusement.

Lianna et Elizabeth les appelèrent alors, afin de rejoindre la grande table de la salle à manger car le gâteau attendait toujours, trônant au centre de la table.

Fred et George, leur phoenix sur l'épaule, se levèrent alors avec élégance arrachant un rire moqueur aux plus jeunes. Ils se mirent ensuite de chaque côté de la table et soufflèrent enfin les bougies de leur gâteau favoris, les yeux plein d'étoiles.

- Alors comme ça, tu as adopté Rebecca et Mysthya, oncle Fabian ? demanda Fred.

- Oui ! Il y a déjà plusieurs mois d'ailleurs, mais nous n'en avions pas parlé. Rebecca et Mysthya ont maintenant du sang de Prewett en elles, en plus de celui de leurs parents. Lisa voulait le faire le plus vite possible et la famille de Sergej nous y a aidée. Encore merci, d'ailleurs, Sergej !

- De rien, petit. Ma famille aime se mêler de tout. Et ça va, les filles ?

La plus jeune acquiesça vivement alors que Rebecca fit un grand sourire.

- Fabian est un vrai papa-poule, répondit-elle, et franchement j'adore ça, même si des fois il pourrait nous lâcher un peu plus.

- Tu peux toujours courir, marmonna le concerné sous les rires de Lianna et Lisa.

- Notre papa aussi est un papa-poule, fit Philipp. Et d'après Abby, c'est encore pire une fois que l'on va à l'école.

- Oh, non, fit Harry, dépité.

Le rire de Lianna parti de plus belles.

- Ne t'inquiète pas, petit lionceau, fit Elizabeth. Je veillerai à ce qu'il te laisse un peu respirer.

- Dans vos rêves, grogna Hardwin.

- Sirius va bien ? demanda Harry dans un murmure, à l'oreille de Severus.

- Il a l'air d'aller bien, mais je ne le vois pas beaucoup tu sais. Tu devrais demander à Sergej.

- D'accord… tu ne l'apprécie pas trop, Sirius, hein ?

- Hm… on ne s'entendait pas du tout, quand on était à l'école. Mais on a grandit depuis.

- Ca veut dire ?

- Ca veut dire qu'on essaye de bien s'entendre. Et il a l'air d'être devenu plus grand dans sa tête. Tu comprends.

- Oui, Sev'. Merci.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es toujours là et j'adore passer du temps avec toi, fit l'enfant en posant la tête sur l'épaule de son parrain.

Severus ne put s'empêcher de sourire et de décoiffer encore plus le petit.

Alors que tout le monde mangeait tranquillement, les phoenix voletaient à quelques centimètres du sol en hululant joyeusement de temps à autres. Salazar, sur les genoux de Harry, les observait avec envie.

- Tu les manges pas, hein Sally ?

« Non, comment oserais-je ? » fit une voix dans l'esprit de l'enfant.

- T'es un chat, je te tiens à l'œil !

« Oui, oui… »

L'enfant gratouilla le menton de son compagnon et ce dernier se mit à ronronner bruyamment.

« J'vais les bouffer, ces ptites volailles. Han Harrychou, un peu plus de gratouilles dans l'cou teplaîtchou ! Rrrr….R…rrrrr… »

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L'heure du repas de midi était déjà dépassée lorsque les jumeaux quittèrent le lieu de retenue. Ils tentèrent d'effacer le petit sourire qui menaçait de s'agrandir de seconde en seconde. Ils avaient passé une merveilleuse matinée. Ils n'oublieraient pas ces moments de sitôt.

Ils avaient pu discuter brièvement – trop peu ! – avec leur père, et cela leur avait fait un bien fou. Sans compter Fabian et Lisa qui leur avaient redonné le sourire à chaque instant où la tristesse reprenait le dessus. Leur mère, Percy, Ron et Ginny les avaient ignorés ces derniers mois. Ils ne leur avaient même pas souhaité leur anniversaire. Pas une carte, pas un mot. Même pas une beuglante.

Cette matinée était l'une des plus mémorables de l'année. Ils ne risquaient pas de l'oublier.

Même le regard suspicieux du Directeur ne leur retira pas leur joie de vivre. Ils étaient bien trop heureux pour cela, peu importait que cet état de fait déplaise.

Leurs phoenix étaient en sécurité dans les appartements de Severus et ils pourraient les appeler dès qu'ils regagneraient leur dortoir.

Quant à Severus, il s'était affalé sur son canapé, ressassant les derniers moments : ses cours approfondis, les rondes à Privet Drive durant lesquelles il pouvait parler librement à Filius ou à Minerva.

Ses cours… il en était au troisième semestre. En juillet il passerait le dernier diplôme avant le dernier semestre, LE semestre le plus complexe.

Le premier avait été intéressant et il avait réussi les différents partiels sans trop se fatiguer à la tâche mise à part pour les cours de radioactivité et les différents tests à effectuer sur les animaux et patients souffrants.

Mais les mois qui avaient suivis ne furent pas du gâteau. Il apprenait sans cesse de nouvelles choses, et approfondissait encore ses cours chez lui.

Le premier semestre, qui fut de janvier 1990 à juillet 1990 lui avait valu le fameux diplôme « BASTARD » : Botanical knowledge with deadly Accuracy, Senior Tester of Anti-inflammatories and Radioactive Decontaminations.

Le deuxième semestre, qui lui coûta la plupart de son temps, fut du mois d'août 1990 au mois de janvier 1991 et ses efforts avaient payés : il était dorénavant le détenteur du diplôme « PAIN ». Potion Administrator for International Naturopathy. Il avait véritablement apprécié les cours qu'il avait pu suivre. La comptabilité des ingrédients entre eux, et les différents rituels à base de potions et de plantes avaient été ses matières préférées. Bien que les cours de « Créativité & potions anciennes », de Botanique, et de « Médicomagie et Potions » aient été tout aussi intéressants.

Les partiels étaient stressants. Il revenait à chaque fois lessivé. Son esprit retenait pourtant chaque détail, chaque cours, chaque nuance. Mais les ressortir au moment voulu était difficile, surtout au vu de tout ce qu'il avait en tête.

Et maintenant, depuis février, il se trouvait en plein dans le troisième semestre, encore plus difficile à gérer à cause de la dizaine de partiels sur les précédents semestres qui pointaient le bout de leur nez tous les deux mois et mélangeaient tous les thèmes abordés jusqu'ici.

Ce semestre était aussi complexe à cause des thèmes abordés : les potions et l'imagination un peu trop débordante, les plantes et les arbres comprenant également les secrets des saisons et leur importance dans le développement desdits ingrédients. Il y avait aussi la botanique, l'art et l'histoire des potions dans le monde.

Fin juillet il serait donc détenteur du diplôme DUMB : Doctorat Universel en Magie des potions et en Botanique.

Il était donc Lord Prince, Maître de Potions, Professeur de Potions, diplômé du BASTARD, PAIN et du DUMB.

Quelle tête allait faire Dumbledore, quand il le remarquera ? Enfin, si jamais Dumbledore était assez intelligent pour comprendre…

Comme à son habitude, il passa le plus clair de son temps à corriger ses copies dans son bureau et retourna dans ses appartements, prétextant devoir faire des potions pour l'infirmerie.

En réalité, il se déplaçait au Laboratoire grâce à un elfe et travaillait sur divers projets avec Hardwin ou encore préparait des potions de soins pour le corps affaibli de Regulus que Hardwin se faisait un plaisir de donner à la famille Black.

Il avait un très grand stock de potions basiques pour l'infirmière et Poppy ne manquerait de rien pour les deux ou trois années à venir. Il continuait de temps à autre, histoire de stocker toujours plus dans une idée de départ de Poudlard.

Plus rien ne l'y retenait, à vrai dire. Harry n'y entrerait – normalement – jamais, et lui n'était embauché que pour garder un œil sur le Survivant. Dumbledore, bien que conscient des capacités de Severus, ne lui prêtait pas tant d'importance que cela. Alors à quoi bon perdre son temps ici ?

Mais… est-ce-que l'enseignement de ces têtes vides allait lui manquer ? Peut-être, car il aimait avoir cette réputation du professeur le plus détesté de l'école.

Et il y avait Fred et George…

Quelques coups se firent entendre. Severus sursauta, prêt à partir pour le Laboratoire. Il lança un sortilège sur sa cape de voyage et fit disparaître son sac dans la chambre avant de se diriger vers la porte.

- Albus ?

- Bonjour Severus, je ne t'ai pas vu aujourd'hui, fit le vieil homme avec un air faussement inquiet.

- J'ai des copies à corriger et je devais surveiller une retenue, répondit froidement Snape.

- Je me doute, je me doute.

- Vous aviez besoin de quelque chose ? demanda alors Snape en haussant un sourcil.

- En effet, Severus. Nous aurons une réunion cet après-midi chez Molly Weasley, vous pourrez prendre la poudre de cheminette avec moi.

Chez Molly Weasley… ?

- C'est que j'ai beaucoup à faire, Albus. Ma présence est-elle réellement nécessaire ?

- Evidemment, votre présence serait appréciée.

Balivernes.

- Et à quelle heure nous attendent Mr. et Mrs. Weasley ? demanda-t-il alors.

- Mrs Weasley nous attend dans trente minutes.

- Et Mr. Weasley ?

- Comment ça ?

- Eh bien, c'est lui le chef de famille, non ?

Le froncement de sourcil de Dumbledore le fit sourire intérieurement.

- Chef de famille ? Ce n'est pas une famille noble, Severus, tu le sais très bien, fit Dumbledore sur un ton réprobateur. Et c'est encore moins une famille de Sang-Pur. Dans trente minutes dans mon bureau s'il te plaît.

Et l'homme, contrarié, fit demi-tour sans laisser le temps à son enseignant de répliquer.

Pourquoi donc Severus parlait d'Arthur en tant que chef de famille ? Tout le monde savait que c'était Molly – grâce à lui, cela allait sans dire – qui gérait la grande famille. Arthur ne faisait que travailler et ramener de l'argent pour les nourrir.

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Le Terrier

Molly était allée au marché afin de chercher de la viande et des légumes frais et Arthur comptait bien profiter de ce moment afin de comprendre ce qu'apprenaient ses deux plus jeunes enfants qu'il ne comprenaient plus.

Ginny avait toujours été très joyeuse et parlait sans cesse, ou du moins jusqu'à ce que Dumbledore fasse activement « partie de la famille ». Le regard heureux de sa fille qu'il chérissait était devenu à la fois morne et déterminé. Il n'avait pas réellement vu l'évolution, puisque cela s'était fait petit à petit. Mais quelque chose pesait sur son cœur, et il n'avait pas encore réussi à en connaître la raison.

Quant à Ron, il avait toujours été très actif. Il voulait toujours jouer, il ne voulait jamais apprendre. Molly lui disait toujours qu'il irait à l'école pour apprendre, qu'il pouvait profiter du temps à la maison. Sauf que… il fallait bien qu'il apprenne à lire et à écrire et Molly avait fini par capituler et s'en était arraché les cheveux. Aucun de leurs enfants n'avaient fait autant de difficultés. Même Ginny était heureuse de savoir lire… elle se plongeait dans l'histoire, ne se préoccupant plus des autres et s'enfermant dans le monde décrit dans ce même bouquin.

Mais Ronald avait le parfait comportement d'un gosse pourri gâté et cela exécrait Arthur. De une, ils n'en avaient pas les moyens, de deux, Molly le défendait sans cesse. Alors, il se dirigea vers la chambre de Ginny afin d'avoir, si ce n'est toutes, au moins quelques réponses à ses questions.

Il frappa et attendit que sa fille lui réponde mais des petits sanglots étouffés se firent entendre. Il actionna alors la poignée sans rien dire et découvrit son petit ange sous les couvertures, la tête sous l'oreiller. Il s'avança dans la pièce dont les volets n'avaient pas été ouvert et fronça les sourcils. Il posa une main qu'il voulait rassurante, mais sa fille sursauta violemment en hurlant.

- Nan maman ! Tu peux pas comprendre ! J'veux pas ! J'veux pas coucher avec lui ! T'es nulle, j'veux plus faire semblant !

- Coucher avec qui, princesse ? demanda Arthur d'une voix dure.

Elle n'avait que neuf ans ! Comment pouvait-elle utiliser un tel terme ? Il pâlit alors devant le visage effrayé de sa petite fille chérie.

Des bruits se firent entendre au rez-de-chaussée. Molly était rentrée et montait précipitamment les escaliers.

- Que fais-tu à ma fille ? cracha-t-elle.

Ne comprenant pas, il ouvrit la bouche pour répliquer que c'était aussi la sienne, mais il n'en n'eut pas le temps.

- J'ai fais un cauchemar, maman, fit doucement Ginny en regardant ses mains. J'ai hurlé et papa a eu peur pour moi et est venu me rassurer.

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