Quand la pureté reste dans l'âme

Ad lucem

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Lia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 52 :

Ad lucem

Pour la lumière

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Ecoute : Sad Emotional Music | Beautiful Dramatic Orchestral Music Mix

Mercredi 16 octobre 1991

Salle d'audience, procès publique

Ministère d'Angleterre

Londres

- Premier chef d'accusation, entama Lady McFlowers, juge et docteur en Droit Général de la Magie. La parole est donnée à Lord Léto Prince, Docteur en Droit international, Avocat et Maître des Potions.

- Merci à vous, Lady McFlowers, fit alors le concerné en se levant. Mes clients, Lord Potter, Lady Potter-Windsor ainsi que Lady McGonagall se prononcent contre Lord Dumbledore pour abandon d'un corps sans défense devant la porte d'une maison et cela, en pleine nuit.

- Merci de préciser, Lord Prince, demanda alors Lord Jonatan McKinnon, des affaires criminelles, en fronçant les sourcils.

- Vous n'êtes pas sans savoir que la nuit du 31 octobre 1981 marqua la fin de la Terreur en Grande-Bretagne et, par là même, le décès de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom, fit Léto non sans sourire. Le Ministère arrêta Monsieur Sirius Black et personne ne se préoccupa, sur le moment, de l'absence de l'enfant des Potter qui avait été retiré par Monsieur Rubeus Hagrid. Lord Dumbledore, peu après avoir appris de ses fidèles placés au Ministère le décès de Lily et James Potter, avait en effet demandé à Monsieur Hagrid de lui amener le petit être. Sur cette base, rien de choquant puisque nous avons appris que grâce à sa renommée publique, Lord Dumbledore eut la confiance du Ministère afin de placer l'enfant où que ce soit dans le pays sans en divulguer l'endroit.

Quelques cris indignés sur firent entendre.

- Il n'y a aucune loi interdisant à un haut membre de la société de placer un enfant orphelin dans une autre famille, continua Lord Prince, et bien que cela me désole, ce n'est pas le sujet. Pour vous expliquer en détails ce qui se passa en cette soirée du 31 octobre, j'aimerais appeler à la barre ma cliente qui, sous veritaserum et en Lien avec la Pensine vous montrera ce qu'il s'est produit.

- Ce ne sera pas la peine, je peux vous expliquer, fit Albus en se levant. J'ai fait ce qu'il y avait de mieux pour cet enfant, fit-il alors en levant la main et collant un sourire bienveillant sur son visage.

- Silence, Lord Dumbledore ! claqua la voix de Lady McFlowers. Ce n'est pas votre tour et vous n'avez aucun droit d'utiliser la magie au sein de ce tribunal !

Des murmures parvinrent aux oreilles de Dumbledore. Comment avaient-ils remarqués ?

- Vos gestes sont reproduits sur les écrans, lui expliqua brièvement Lord Turner, son avocat. Qu'est-ce qu'il vous prend bon sang ! Ne refaites pas ça !

La bouche entrouverte, Dumbledore finit par acquiescer et se rasseoir.

Il avait simplement souhaité lancer un sortilège de bienveillance et de calme sur l'assemblée afin de taire leurs questionnements dont il sentait les vibrations…

- Lady McGonagall, je vous prie, approchez, demanda alors Octavius Perks, procureur des affaires familiales.

Minerva, se donnant un air assuré malgré sa crainte, se leva et rejoignit le fauteuil réservé aux témoins, près des procureurs et de la juge.

Un membre du Département des Langues-de-Plomb s'approcha d'elle et lui tendit un verre en cristal dont elle but le contenu. Ses yeux se firent plus foncés et se fixèrent à un étrange objet en losange qui tournoyait devant elle.

Les prismes envoyèrent alors une image sombre aux différents écrans.

- Qu'avez-vous fait le 31 octobre 1981 à partir de treize heures jusqu'au lendemain à deux heures de la nuit, demanda froidement Lord Cameron Caithbright, directeur du département de la coopération magique internationale et époux de la Ministre.

Toutes les personnes présentes virent alors Minerva McGonagall en train de discuter avec Albus Dumbledore. Ce dernier l'informait que, si les Potter venaient à disparaître, l'enfant serait confié à la sœur de Lily Evans. Minerva appris quelques heures plus tard le décès des Potter et avait mené son enquête afin de vérifier que l'enfant serait dans un endroit serein.

Elle transplana alors dans un champ et lut une adresse qu'elle avait écrite sur un parchemin de l'école de Poudlard.

Sa baguette pointa le nord et elle observa chaque panneau qu'elle trouva sur sa route avant d'arriver au… 4 Privet Drive.

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- Pensez aux faits, Lady McGonagall, intervint Lord Prince.

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La vision sembla s'accélérer quelques secondes et s'arrêta à nouveau : une femme était en train de gaver un enfant en bas âge lorsqu'un homme pour le moins obèse entra dans la maison. Ils entendirent Pétunia Dursley raconter des ragots et critiquer toutes les personnes du voisinage et chacune de leurs différences montrant ainsi leur anormalité.

La nuit était en train de tomber et Minerva s'était transformée en chat depuis bien longtemps, rodant sur le muret et s'approchant autant que possible de la fenêtre entrouverte.

Et alors que la maisonnée s'était endormie depuis bien longtemps, quelques lampadaires s'éteignirent. Tous purent apercevoir Lord Dumbledore en train d'attirer à lui les différentes lumières.

- Vous êtes conscient que malgré votre puissance, vous n'êtes guère autorisé à utiliser la magie dans les secteurs entièrement moldus, Lord Dumbledore, n'est-ce-pas ? remarqua Lord Philibert Dawlish, Auror.

Mais Dumbledore ne répondit pas, intrigué par ce qu'il voyait. De toutes façons, il avait modifié sa mémoire donc il ne serait pas méchamment traité, pensa-t-il. Et il avait bien fait le travail puisque Minerva ne lui parlait plus de cette soirée-là.

Minerva était en train de reprendre sa véritable forme alors que Dumbledore lui souriait avec un air fatigué collé sur le visage.

- C'est vrai ce que l'on raconte, Albus ? demanda Minerva. Lily et James Potter sont décédés ?

- J'ai bien peur que oui, ma chère, fit tristement le directeur de Poudlard. Hagrid est parti chercher l'enfant, il va bientôt arriver.

- Que s'est-il passé ?

- Sirius Black a trahi les Potter, Minerva.

- Non, je ne peux pas y croire… Sirius était le meilleur ami de James !

- Il a rejoint le sombre côté de sa famille, c'était certainement inévitable, répondit Dumbledore avec fatalité.

Le silence se fit sur la ruelle et la moto d'Hagrid arriva dans un vacarme assourdissant. Il leur présenta l'enfant endormi, la larme à l'œil.

- Ne pleurez pas, voyons, Hagrid. Ce n'est pas un adieu, mon enfant. Juste un au revoir.

- Juste… juste un au revoir, fit difficilement Hagrid. Oh, je suis tellement triste pour ce petit ange.

Dumbledore prit l'enfant et le posa sur le pas de la porte. Tous remarquèrent qu'il ne prit même pas la peine de poser un sortilège de réchauffement sur Harry. Il passa sa main sur le front de l'enfant, découvrant ainsi la cicatrice qu'il parcourut de ses doigts.

- Je te souhaite une belle vie, Harry, murmura Albus avant de poser une enveloppe sur le corps de l'enfant et de se relever.

- Bien, je dois repartir, fit doucement Hagrid. Je… je dois y aller, fit-il en étouffant quelques sanglots.

Minerva lui tapota le dos et n'aperçut pas le geste de main ni le filament argenté liant Dumbledore et Hagrid. Mais la salle toute entière le remarqua.

Un sortilège de Secret et de Silence…

Hagrid reparti alors, laissant Minerva, Albus et Harry seuls.

- Vous ne lancez pas un sortilège de chaleur sur le petit, Albus ?

- Il est protégé grâce à la magie du sang, Minerva, fit Albus avec les yeux pétillants. Ne vous inquiétez donc pas autant.

- Il fait quand-même dix degrés !

Albus Dumbledore balaya sa réplique de la main.

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Dans la salle, le silence était religieux. Chacun observait la scène avec curiosité, et intérêt.

Dumbledore, qui s'était déjà désintéressé de ce qui se passait devant lui puisqu'il avait assuré ses arrières sursauta. Le souvenir continuait et cela n'était pas bon. Pas bon du tout. Il allait se lever mais un sortilège le fixait à son siège.

Il écarquilla les yeux.

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- Vous allez vraiment leur confier cet enfant, Albus ? Nous ne savons même pas s'ils accepteront de s'en occuper. N'a-t-il vraiment aucune autre famille ? Les Potter…

- Non, Minerva, répondit tristement Albus. Sa seule famille est celle-ci. Ils en prendront soin, je vous le promets, fit-il sur un ton rassurant.

*~*°O°o°O°*~*

- Je sens des turbulences, fit un des procureurs.

- Montrez-nous la vérité non manipulée, Lady McGonagall, exigea un Auror.

Et ce fut fait, le veritaserum et la potion des Langues-de-Plomb aidant.

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- Et la famille Potter ? James avaient des cousins et cousines qui seraient bien plus à même de s'occuper de l'enfant !

- Confusio… Malheureusement non, Minerva, répondit durement Albus. Oblivate Maxima Tempus… Memory change…

- Albus ! s'offusqua Minerva. Comment osez-vous !

- Arrêtez, Minerva ! S'emporta Albus. La professeur recula d'un pas.

- Mais enfin, cet enfant…

- Il n'a pas d'autre famille digne de s'occuper de lui, fit durement le Chef de l'Ordre du Phénix. Vous ne voudriez pas offrir cet enfant a une famille de mangemort tout de même ?

- Mais, Albus, les Potter ne sont pas… James Potter avait des cousins, je le sais, Harry serait mieux que chez…

- Non, fit dangereusement Albus, ce n'est pas dans mes plans, murmura-t-il comme pour lui-même.

Le visage éclairé par la seule lanterne encore allumée, il reprit :

- Il n'a aucune autre famille, et il grandira au mieux près des moldus qu'avec une célébrité sans limites dans notre monde.

- Confundo.

- Bien, mon amie, reprit doucement Dumbledore avec un sourire soudainement plus doux. Rentrez chez vous ou allez fêter cet évènement. Lord Voldemort n'est plus, et le petit Harry aura une belle vie dans sa famille. Ce n'est pas un adieu, ma chère, mais seulement un au revoir. Vous le retrouverez à ses onze ans, à Poudlard.

- Oui, vous avez raison, Albus, répondit Minerva, un air triste sur le visage. Bonne soirée.

McGonagall se retransforma alors en chat puis disparu au coin de la rue, emportant Severus sur son chemin et revenant à la réalité actuelle.

- Nous laissons à l'accusé un temps de quinze minutes pour remettre au point sa défense, les informa le secrétaire du Magenmagot.

Albus, sous le choc, observa avec rage son ancienne directrice adjointe. Ancienne, oui, car il était certain qu'il la virerait dès qu'il remettrait les pieds dehors.

Le temps passa et Dumbledore pu enfin prendre la parole, non sans ignorer les soi-disants conseils de son avocat.

- Harry Potter a été confié à sa seule famille, commença calmement le grand homme en se levant et donnant ainsi l'image d'un grand homme, fort et puissant. Cet enfant a été menacé par les Forces du Mal, et par Lord Voldemort en personne, il est normal pour moi de chercher à le protéger, et de l'avoir confié à une famille qui n'avait aucun lien direct avec notre monde.

- Vous n'avez pas pris la peine de mettre des sortilèges de protection sur l'enfant, remarqua alors Lord Perks, procureur des affaires familiales.

- Cela n'était pas nécessaire, fit Dumbledore en souriant. L'enfant était assez proche de sa tante pour ne pas mourir de froid.

- Mais Mrs. Dursley n'avait jamais rencontré l'enfant, fit remarquer Lord Wellbeloved.

Dumbledore fronça les sourcils. Comment pouvait-il en être certain ?

- Vous avez abandonné un enfant en bas âge au pied d'une porte d'individus que vous ne connaissiez pas, Lord Dumbledore, ne voyez-vous pas le problème ? fit ironiquement Lord Léto Prince.

- Il était en sécurité, contra Dumbledore. La magie du sang protège tout être de la même famille…

- La Magie du sang protège des actions extérieures à la famille, oui, confirma Léto Prince, mais pas contre les actions internes à cette même famille. Cependant, cette branche de la magie aurait pu protéger Harry Potter si et seulement s'il avait été à l'intérieur de la demeure des Dursley. Ce qui n'était pas le cas, durant cette soirée. Cet enfant est resté dehors toute la nuit, par pas moins de cinq degrés aux alentours de trois heures du matin ! Qu'avez-vous à dire pour votre défense, Lord Dumbledore ? Ne me dites pas que vous n'étiez pas au courant.

- Je… J'ai pris la meilleure décision pour Le Plus Grand Bien de tous, et surtout pour le bien-être de cet enfant.

- Tout en sachant qu'il avait survécu à de la magie sombre, à un sortilège de la mort justement, et qu'il aurait certainement dû être tout d'abord amené dans un hôpital ?

- Il était en pleine forme.

- Comment le saviez-vous ? Vous ne l'aviez pas vu depuis l'attaque.

- Lily et James Potter prenaient soin de leur enfant.

- Votre mage noir n'en a pas pris soin, c'était irresponsable de votre part de laisser cet être sans défense dehors, dans la nuit, et dans le froid qui plus est. Vous avez confié cet enfant, et peu importe qu'il s'agisse de Harry Potter ou d'un autre, à une famille que vous ne connaissiez absolument pas. Vous ne connaissiez pas Vernon Dursley, et vous saviez pertinemment que Pétunia Evans, épouse Dursley, ne voulait aucun contact avec sa sœur puisque c'était une sorcière et qu'elle exécrait tout ce qui avait un lien avec la magie. Sans compter que vous avez attenté à la mémoire de ma cliente qui, heureusement, a pu retrouver ses souvenirs !

- Avez-vous quelque chose à ajouter pour votre défense, Lord Dumbledore ? intervint Lady McFlowers.

- J'ai fait ce qu'il y avait de mieux pour l'enfant. Il a pu avoir une enfance heureuse, être choyé et aimé par la famille de sa mère sans être confronté à sa célébrité.

- Avez-vous des preuves que l'enfant ait été choyé et aimé dans ce foyer ? demanda Léto Prince.

- Oui, très certainement, les membres de l'Ordre du Phénix ont surveillés la maison des Dursley depuis l'hospitalisation prolongée de Mrs Figg. Ils pourront témoigner qu'au moins sur l'année passée, cet enfant eut une enfance heureuse.

- Harry Potter a été retiré à la famille Dursley en date du samedi 10 juin 1989 pour mauvais traitements, Lord Dumbledore, fit un homme russe d'une voix polaire.

- J'annonce le procès en suspens pour aujourd'hui, annonça Mrs McFlowers. Nous allons délibérer. Lord Dumbledore peut être reconduit à sa cellule.

S'ensuivit ensuite d'une longue discussion, au sein même du Tribunal, entre les membres du Ministère et le peuple présent lors de la première étape du procès. L'ancien président du Magenmagot fut horrifié d'apprendre que la famille à laquelle avait été confié l'enfant avait maltraité Harry Potter et que Lord Dumbledore n'ait absolument rien remarqué, pas même le changement de propriétaire du 4, Privet Drive.

L'assemblée appris alors, par la bouche de Lord Perks, le thème du deuxième chef d'accusation. Le silence avait reprit ses droits alors que certains discutaient sous sortilèges de confidentialité afin de donner leur avis en faveur ou en défaveur de Lord Dumbledore.

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Jeudi 17 octobre 1991

Salle d'audience, procès publique

Ministère d'Angleterre

Londres

La Ministre se leva et le silence se fit immédiatement dans la salle.

- Bonjour et bienvenue pour la deuxième session de ce procès. Le verdict concernant le premier chef d'accusation fut transmis hier dans la soirée aux journaux anglais.

- En effet, repris Mrs McFlowers. Lord Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore né en date du 15 août 1881 a été nommé coupable d'abandon et de non-assistance volontaire sur un enfant âgé d'un an et trois mois ainsi que de manipulation et atteinte à la vie privée de son adjointe en modifiant son esprit afin de cacher ces faits. Pour cela, il sera condamné à une amende de 10.000 Gallions et d'un enfermement de cinq ans à Azkaban. Passons maintenant au deuxième chef d'accusation. Lord Léto Prince, s'il vous plaît.

- Merci, Lady McFlowers. Le second chef d'accusation porte une fois de plus sur le petit Harry et la famille Dursley : la non-assistance à personne en danger. Vous n'êtes pas sans savoir que Lord Dumbledore, pensant bien faire, a confié cet enfant à une famille qu'il ne connaissait pas, ou presque pas. La famille Dursley avait en effet la Magie en horreur. Mrs. Dursley reçu quelques menaces de la part de Lord Dumbledore par le biais de lettres et de beuglantes. Mrs. et Mr. Dursley n'avaient en effet pas la moindre envie de garder cet enfant sous leur toit et Mrs. Figg en avait immédiatement fait part à Lord Dumbledore. Cependant, la famille Dursley se vit forcée à garder et… prendre soin de l'enfant, malgré leur réticence. Je vous laisse découvrir les souvenirs concernant ces lettres, les beuglantes ainsi que certains passages sur l'enfance du garçon. Certains seront seulement visibles par le Ministère de part leur violence accrue et perverse. Je tiens également à vous préciser que Lord Dumbledore, d'après ses dires auprès des membres de l'Ordre, avait posé des sortilèges de surveillance sur la demeure de la famille afin d'être notifié si quelque chose de malsain se produisait.

Dumbledore, cette fois-ci lié au fauteuil par des liens magiques, fixait le prisme qui brillait devant lui. Qu'allait-il découvrir ? Il avait effectivement posé des sortilèges sur la demeure, mais seulement l'extérieur… Toute mère qui se respecte soignerait un nouveau-né comme il se doit, et il n'en avait pas douté une seule seconde, jusqu'à hier…

Les souvenirs étaient sans conteste ceux de Pétunia Evans, épouse Dursley. La lecture de la lettre de l'enfant, jusqu'à la menace de Dumbledore deux mois plus tard, par Beuglante, qu'elle avait intérêt de garder l'enfant alors qu'elle projetait de se débarrasser de l'être immonde et criard.

Toutes les personnes présentes purent voir les traitements que le couple infligeait à l'enfant : jeter l'enfant sans ménagement sur le matelas en mousse du placard sous l'escalier, le laisser trainer dans son vomi, le biberon d'eau, une dispute à propos d'un ou deux biberons de lait par semaine… c'était, niveau nutritionnel, déjà surprenant que l'enfant survive. Sans compter les chiens de la sœur de l'homme qui courraient après Harry qui ne devait pas être âgé de plus de trois ans. Puis vint, à ses quatre ans, l'apprentissage de « comment passer une serpillère convenablement ». Les bains dans l'eau glacée dans le jardin… les vêtements trop grands. Une demie tartine de pain par jour, qui était, au fil des ans, devenu une entière par jour sauf lorsque l'enfant cassait quelque chose ou faisait mal son travail : nettoyer la vaisselle, étendre le linge, faire les poussières et le ménage. Il apprit également à faire à manger et à répondre « oui oncle Vernon », « oui tante Pétunia » à tout bout de champ. Puis il y eut le début des scènes encore plus choquantes, les attouchements déplacés, les gifles et les fessées et enfin la dernière partie, celle résumant les dimanches habituels chez les Dursley, qui fut seulement montrée aux membres du Ministère ainsi qu'à Dumbledore qui avait légèrement pâli.

Les personnes faisant partie du « simple » public criaient, hurlaient et sifflaient. Certains pensèrent justement que ces faits n'auraient guère dû être montrés au grand public puisque cela concernait la vie privée de l'enfant mais les Potter, en accord avec le garçon, voulaient faire mordre la poussière à Dumbledore. Et Harry était maintenant assez fort pour supporter toute remarque ou attaque verbale. Le bruit était impressionnant mais personne ne pensa à les faire taire, non. Le Ministère voulait voir leur réaction et étaient eux-mêmes en état de choc. Ceux ayant participé au jugement des Dursley étaient déjà conscient des faits, mais les revoir n'avait pas été simple. Les membres du Ministère demandèrent une petite pause et Dumbledore réfléchit rapidement à ce qu'il pourrait répondre à cette accusation. Il n'avait pas prévu que le peuple sorcier ait connaissance du lieu et des conditions de vie du Survivant et encore moins que l'enfant ait été retiré de cette famille. Quelle bande d'inconscient ils étaient ! Lily Evans avait donc protégé son enfant pour rien ? Elle avait sacrifié sa vie pour son fils, et ils avaient simplement ignoré ce fait plus qu'important ?

La pause prit fin et Dumbledore observa le procureur des affaires familiales se lever et demander le silence.

Ce qui se fit sans attendre.

- Lord Dumbledore, la parole est à vous et à votre avocat : qu'avez-vous à nous dire pour votre défense ?

- Ma décision de confier Harry Potter à la famille Dursley était la meilleure pour l'enfant.

Cette seule déclaration lui valut plusieurs exclamations outrées.

- Certes, il n'a pas eu une enfance très heureuse, mais la magie du sang l'a protégé contre la mort et les attaques extérieures ainsi que la célébrité qui lui aurait monté à la tête s'il avait été confié à une famille du côté sorcier. Vous ne pouvez pas comprendre, étant donné que vous n'avez pas autant de connaissances en magie du sang que j'ai pu acquérir tout au long de ma vie. La magie du sang est une magie pure et exceptionnelle, et rares sont ceux pouvant la manier avec autant de beauté que l'a fait Lily Evans.

- Vous permettez ? fit alors une voix russe.

La juge se concerta avec le procureur puis acquiesça.

- Oui, Lord Maksim Melkior Stanislas Mordinov.

- La Magie du sang n'est plus réellement connue par le peuple anglais par la faute de ceux qui se voulurent porte-paroles du Bien : l'utilisation du sang serait liée à la magie noire, fit-il sur un ton légèrement moqueur. Et vous faites partie de ces personnes, Lord Dumbledore, a avoir affirmé avec verve à des journalistes il y a quelques décennies que cette magie devait être proscrite à jamais. Si je puis me permettre, Lord Dumbledore, il n'existe pas de magie blanche ou noire, mais un immense panel de différentes magies dont vous et vos prédécesseurs avaient étouffé les pouvoirs, et je trouve cela honteux ! Vous avez remis en cause la magie sans baguette, alors que vous l'utilisez vous-même sans cesse. Vous affirmiez que la magie du sang était extrêmement dangereuse et néfaste pour le monde, provoquant l'hilarité des autres pays mais peu vous importait, à l'époque. Et maintenant, vous nous dites que la magie du sang est exceptionnelle et a sauvé cet enfant d'une vie de douleur ? Veuillez m'excuser, mais vous me donnez envie de vomir. Cet enfant a souffert le martyr. Certes, il aurait peut-être grandit dans la luxure et l'arrogance si le Ministère l'avait placé dans de hautes familles, mais il aurait tout aussi bien pu grandir dans sa propre famille, c'est-à-dire chez Lord Hardwin Potter !

- Lord Hardwin Potter est le fils d'une mangemorte, fit Dumbledore.

- Mrs. Black, mariée à Charlus Potter, n'était aucunement une mangemorte, Lord Dumbledore, marmonna son avocat. Faites attention à vos paroles, par Salazar !

- Lady Doréa Black appartenait à la famille Noire de Sang-Purs Black, reprit Dumbledore. Jamais je n'aurai confié un enfant à une famille qui offrirait Harry à Voldemort dès son retour !

- Ah parce que vous pensez que Voldemort va revenir ? intervint la Ministre d'une voix polaire.

Elle le savait, mais elle ne voulait pas que le peuple panique.

- Oui, et je le sais.

- C'est possible, en effet, que votre mage noir de pacotille revienne grâce à certains procédés et qu'il ait simplement été affaibli. Mais dites-moi pourquoi vous ne l'avez tout simplement pas éliminé alors que vous êtes si puissant, Lord Dumbledore ? demanda alors l'Auror Lord Beasley.

- Je ne tue pas, fit froidement Dumbledore.

- Non, vous laissez souffrir un gamin dans une famille qui le traite de monstre toute son enfance, effectivement c'est parfait pour son éducation, ironisa Léto Prince. Un parfait petit esclave, en somme. Etait-ce votre but ? Je propose que votre client, Lord Turner, se soumette à la potion des Langues-de-Plomb, tout comme l'a fait ma cliente.

- Est-ce du polynectar ?

- Une version améliorée, dirons-nous, répondit Lord McKinnon qui était le procureur des affaires criminelles. Et nous avons déjà vérifié, rajouta l'homme en tendant la paume de sa main vers Dumbledore qui allait parler. Votre client n'est allergique à aucun des composants.

- Très bien, fit Lord Turner alors que Dumbledore lui lança un regard qui signifiait « ne m'y forcez pas ! ».

Malgré la menace silencieuse, l'avocat invita son client à boire la potion tendue. Mais Dumbledore ne voulait pas et avait essayé de renverser le verre de cristal. Malgré son geste, le liquide restait collé au récipient.

- Nous avons pensé à tout, fit le Langue-de-Plomb en souriant ironiquement. La Potion ne peut que tomber dans votre bouche, ne vous inquiétez pas, tout le contenu arrivera bien au fin fond de votre corps, cher ami.

Le regard cruel, Lord Stow tendit à nouveau le récipient au vieil homme qui tenta, en vain, de se lever.

- Cela suffit, Lord Dumbledore, siffla l'avocat entre ses dents. Si vous n'avez rien à vous reprocher, buvez !

- Fumseck ! cria alors Albus, dans un dernier espoir.

Et ses yeux brillèrent en voyant son oiseau apparaître au centre de la salle.

- Viens, Fummy, nous rentrons à Poudlard. Désolé, jeunes gens, mais je n'ai guère de temps à perdre avec de telles imbécilités.

Paniqués, les Aurors étaient déjà en train de pointer l'animal de leurs baguettes.

Fumseck, en bon phénix, se dirigea vers Dumbledore en hululant joyeusement, et alors qu'Albus souhaita lever les bras afin de disparaître dans sa fumée argentée habituelle, il sentit un liquide couler sur ses longs cheveux et leva les yeux.

Des exclamations moqueuses et étonnées retentirent à ses oreilles.

Puis il sentit plus qu'il ne vit, la diarrhée verdâtre et nauséabonde qui recouvrait peu à peu son visage et ses longs cheveux. Sursautant d'effroi, il observa son phénix planer autour de lui, en cercles infinis, et qui laissait échapper une mélodie cruelle à ses oreilles.

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