Quand la pureté reste dans l'âme

Procès à huis clos

Bonjour tout le monde !

Bien bien, nous arrivons presque à la moitié de cette fanfiction. Alors, vous aimez ?

Petite Licorne : Oui, Narcissa va pouvoir y vivre sereinement, et éduquer son fils comme elle l'entend. Elle y fera son petit nid avec sa famille ;-)

Pour ce qui est de Dumbledore, ce n'est malheureusement pas fini…

Lokki : Oui, Dumby a mal à son ego là ^^.

Clefto : Mdr. Oui, Dumby au magenmagot ! Qui est pour ? Qui est contre ? ;P

Pims : Je l'espère pour vous ;-p Mwahaha.

Lia : De rien, de rien :-D Hm, pour Dumby… vous verrez ! Je ne vais rien dire, sinon je vais spoiler ! xD

AnnaMerteuil : oui ^^ pas simple d'écrire quand on est submergé par des émotions…

Lesaccrosdelamerceri : Oui, que Merlin les préserve !

Harryliada : Oh non, cela bloquera tout, s'il devient le président… quoi que… Hm. A suivre :-D

Adenoide : Yes! Presque tout le monde est en sécurité… presque.

Lana : exactement pareil…

Shadow : (j'aime ton pseudo !) Merci ! Oui, désolée, j'ai vu les choses en grand et j'ai créé beaucoup de perso… plus que vous n'en verrai dans cette fiction en fait, car j'ai créé plusieurs arbres généalogiques…

Bien, je vous souhaite un bon dimanche mais surtout une très bonne lecture. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Des plumes de phénix, de la poussière d'étoile et des poils de Maine Coon sur vous !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 35 :

Procès à huis clos

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Samedi 1er décembre 1990

La nuit avait été glaciale. Comme d'habitude. Il n'avait pas eu de nouvelle de l'elfe, cette semaine-là. Pourtant, s'il comptait bien, il aurait dû venir la veille. S'était-il passé quelque chose ? Quelque chose de grave ? Est-ce que le couple avait finalement changé d'avis ?

Etrangement, il sentit un léger pincement dans sa poitrine. Un pincement de tristesse.

C'était probable, en effet. Tout l'accusait véritablement du décès de ses meilleurs amis.

Ils avaient eu raison, pour une chose : tout le monde pensait qu'il avait été le Gardien du Secret. L'erreur, l'ultime erreur, avait été de faire confiance à quelqu'un d'autre… pourtant, c'était aussi un ami proche. Alors pourquoi ? Avait-il été jaloux ? Est-ce qu'il les trompait depuis peu, ou depuis toujours ? Au vu du comportement qu'ils avaient à Poudlard, il avait dû se sentir mal, vraiment, à être dans l'ombre. Dans l'ombre des deux fauteurs de trouble de la grande école anglaise.

Non, vraiment, ils avaient été égocentriques et bien trop populaires pour leur propre bien. Cela l'écœurait, maintenant.

Remus et Peter les avaient toujours suivis, James et lui. Pourtant, ils n'avaient pas été de bons modèles et ils auraient certainement pu s'épanouir avec d'autres.

Mais ils étaient trop jeunes pour comprendre, à l'époque. Trop jeunes et immatures pour comprendre que non, le monde ne leur appartenait pas. Que l'on ne jouait pas avec les sentiments des autres, ni avec leur honneur, d'ailleurs. Ils avaient décidément été trop loin, surtout avec Snape.

Severus n'avait pas dû avoir une enfance facile, il s'en doutait et avait pu réfléchir durant ces années de prison. Ces années perdues… Tant d'années.

Son espoir de pouvoir éventuellement sortir de ces murs, ne serait-ce que pour un jugement, venait de s'envoler.

Sa famille avait dû abandonner, finalement.

L'homme maigre à faire peur avait froid et se cala dans le coin d'un mur, enroulé dans une couverture. Il ne lui restait plus qu'à mourir, maintenant.

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Alors que ce qui lui sembla être des semaines plus tard, un grand bruit se fit entendre. Les détraqueurs n'étaient pas venus depuis quelques heures, d'ailleurs. C'était étrange.

Des voix et des bruits de pas emplissaient le couloir, des clés que l'on insère dans une vieille serrure, puis un grincement désagréable d'une porte en métal fermée depuis trop longtemps.

- Black !

Le corps maigrichon sursauta. Il ouvrit les yeux difficilement. Il avait mal partout.

- Debout, grinça l'homme.

Que se passait-il ? Allait-il enfin recevoir le baiser du détraqueur ? Il n'en pouvait plus. Il…

- Debout, j'ai dit ! grogna la personne.

Quatre mains le levèrent et il tenta de garder son équilibre, tant bien que mal. Un homme fit léviter la pierre qui le gardait attaché et la fit s'exploser contre le mur.

Il sentit quelqu'un mettre des bracelets en métal autour de ses poignets et il se laissa guider au travers des multiples couloirs sombres et humides de la prison.

Il n'avait pas vu que ses affaires avaient disparues – grâce à Sorah – de la cellule peu avant que les gardes ne viennent le chercher. Il n'avait pas non plus remarqué les quelques patronus qui se baladaient autour d'eux. Son esprit était ailleurs… perdu dans les méandres de la peur, de la crainte. De la mort. Où allait-il ? Cela n'avait, maintenant que sa famille l'avait définitivement abandonné, que peu de sens… que peu d'importance.

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Le Grand Hall était rempli de monde. Les personnes plus ou moins jeunes se poussaient, courraient, marchaient, se bousculaient ou encore attendaient impatiemment quelque chose, quelqu'un.

La vie dans le Grand Hall du Ministère changeait drastiquement de celle paisible et calme au-dessus dudit Ministère.

Le petit groupe attendit encore quelques autres membres avait de s'enfoncer dans les profondeurs du Ministère de la Magie. Les couloirs et les portes défilaient alors, et ils atteignirent enfin le lieu de rendez-vous : la salle d'audience numéro… zéro.

C'était La Salle spéciale, pour les rares jugements qui se faisaient avec la Cour de Justice Magie et la simple présence de deux représentants de la Grande Cour (le Magenmagot) et non toutes les cours réunies.

Le jugement se ferait également – et exceptionnellement – en présence de la Ministre de la Magie, Mrs Bagnold.

Ce fut également elle qui prononça les premiers mots lorsque tout le monde fut assis et que l'accusé se trouvait au centre, attaché sur un fauteuil assez confortable en comparaison aux pierres de la prison anglaise.

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- Bienvenue à tous et à chacun pour cette procédure pénale exceptionnelle et à huis clos. Plusieurs pâtisseries, des gâteaux et des mignardises seront offerts à dix heures à chacun d'entre vous, tout en sachant que les portes de cette salle ne s'ouvriront qu'après la Déclaration Définitive. Je me dois en premier lieu de présenter mes excuses au nom du Ministère de la Magie pour n'avoir pas reconsidéré tous les dossiers des dits criminels et mangemorts. La précipitation et la fin présumée de la guerre n'est en aucun cas une excuse pour les emprisonnements massifs qui se sont déroulés alors. Il est également nécessaire de vous informer que chaque dossier sera rouvert dans les semaines à venir. Je me dévoue pour présenter chaque personne présente pour cette fameuse journée.

Du côté du Ministère, voici donc

Amélia Bones, Directrice du Département de la Justice Magique, diplômée d'Etat en enchantements et runes ;

Maître William Wellbeloved, président du Magenmagot (1957-1990), Docteur en Droit pénal et en Langues étrangères ;

Tiberius Ogden, secrétaire du président du Magenmagot, auteur renommé de romans policiers sorciers ;

Mirabella McFlowers, juge responsable des procureurs, Docteur en Droit Général Magique ;

Jonatan McKinnon, procureur des affaires criminelles, Docteur en droit pénal ;

Octavius Perks, procureur des affaires familiales (par rapport au fidelitas), Docteur en droit des enfants ;

Léto Prince, Docteur en Droit international, Avocat de renommée mondiale, Maître des Potions qui défendra l'accusé présumé innocent Sirius Black.

Du côté de notre accusé se trouvent donc

Lady Walburga Black, née à Broomfield dans le Manoir familial de la famille Crabbe-Black le 10 novembre 1925 de Lady Irma Crabbe-Black 1912-1983 et Lord Pollux Black 1912-1990.

Lord Orion Black, né dans le manoir familial de la famille MacMillan-Black dans la banlieue londonienne de Wembley le 04 février 1929 de Lady Melionia MacMillan-Black 1901-1980 et de Lord Arcturus Black 1901-1982.

Lord Nikolaï Alekseï Vladimir Mordinov, né à Saint-Pétersbourg dans le Palais Royal des Roses en présence de la famille Royale le 18 août 1825 et vampire depuis les années 1855, né de Nikolaïevna Romanov-Mordinov 1805-1899 et du Tsar Nikolaïevitch Mordinov 1804-1900.

Lord Sergej Nikolaï Vladimir Mordinov né à Saint-Pétersbourg dans le Palais Royal Stroganov, aile sorcière, le 06 décembre 1935 né Lady Talya Mordinov et du Tsar Nikolaï Vladimir Sergej Mordinov nés en 1917.

Lord Elphias S. A. Prince, né à Cokeworth le 6 janvier 1960, statut confidentiel.

Lord Hardwin Charlus Phineus Potter, né dans le Manoir familial Potter-Black le 05 novembre 1950 de Lady Doréa Black 1920-1977 et de Lord Charlus Potter 1919-1988.

Et le présumé innocent Sirius Black, né à Londres le 3 novembre 1959.

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Il fut d'abord rappelé le contexte et les faits connus de tous. La mise sous fidelitas de la maison des Potter à Godric's Hollow par les Potter eux-mêmes, l'intervention meurtrière de Tom Elvis Jedusor alias Lord Voldemort et l'arrivée puis le départ de Sirius Black ainsi que la bataille avec Peter Pettigrow qui demanda à Sirius pourquoi il avait trahi leurs meilleurs amis ainsi que l'explosion ayant tué douze moldus et formé un cratère après avoir détruit tout ce qu'il était possible de détruire sur son passage.

Il fut aussi nommé le décès de Peter Pettigrow dont seul un doigt, gardé précieusement dans le département des Mystères parmi les diverses preuves contre les mangemorts simplement mis dans des caisses mais n'ayant jamais servi puisque peu eurent droit à un procès.

- Maître Lord Léto Prince, vous pouvez commencer, annonça Amélia Bones. Qu'est-ce qui vous amène à penser que Sirius Black n'a pas été coupable de ces actes.

- Merci, Lady Bones. J'aimerais tout d'abord que, dans le courant de la matinée soit examiné magiquement Sirius Black et que l'on puisse déterminer s'il a bien été partie prenante d'un sortilège de fidelitas et si oui, quand et de qui. Deuxièmement, j'aimerais que soit effectué une analyse poussée du doigt retrouvé de Peter Pettigrow.

- Mesures accordées, intervint la juge Mirabella McFlowers. Lord Ogden, merci d'envoyer une note confidentielle au Département des Mystères.

L'homme s'exécuta et une note voleta puis disparu.

- Sirius Black a été le plus proche des trois amis de Lord James Potter et était également le parrain du petit Harry Potter. Mes hypothèses sont les suivantes : soit il a été manipulé par Tom Jedusor, soit il n'a rien à voir avec le décès de ses meilleurs amis. Comme je n'ai pas pu rencontrer cet homme avant ce matin, j'ai simplement pu préparer ma plaidoirie en fonction de ces deux hypothèses.

La Langue-de-Plomb Lady Sonia Jerriks se présenta alors à la porte d'entrée de la salle. Elle annonça alors que son collègue, Lord Norém Stow, analysait en ce moment même le membre retrouvé et qu'elle se dévouait afin d'ausculter magiquement Sirius Black grâce à des sortilèges poussés que seuls les membres de son département connaissaient.

Elle tourna alors en cercle autour du fauteuil du prisonnier et lança quelques sortilèges dont personne ne put entendre les formules. Cela dura quelques minutes puis, un parchemin apparu dans les airs. Lady Jerriks sembla survoler le document avant de le faire léviter vers la juge, Mrs. McFlowers.

- Sirius Black ici présent, commença alors la juge d'une voix neutre, est en état de dénutrition avancé et en phase numéro deux de dépression. Le relevé montre qu'il n'a jamais été sous sortilège de l'Imperium et n'a jamais eu la fonction de Gardien du Secret.

Quelques personnes commencèrent à murmurer alors que Orion, Walburga, Léto et Severus se concentrèrent sur le visage de la juge qui fronçait les sourcils.

- Par ailleurs…

Elle semblait réfléchir à toute vitesse, et son teint pâlissait de seconde en seconde.

- Par ailleurs ? répéta alors Lady Bagnold. Vous savez que ces informations sont primordiales et que vous vous devez de nous informer de cela, Mrs. McFlowers.

- Oui, Lady Bagnold. Je crains que… souffla-t-elle.

- Que quoi, Lady McFlowers ? intervint fermement Lord McKonnon, procureur des affaires criminelles.

- Que cela n'engendre d'autre procès, termina la juge avant d'inspirer profondément. Sirius Black ici présent a été, jusqu'à son enfermement, sous l'emprise de plusieurs sortilèges de contrainte, de confusion et de sortilèges plus anciens se rapprochant de l'imperium.

- Qui en est l'auteur, Lady McFlowers ? demanda Léto Prince.

La Magie des Langue-de-Plomb était puissante, et chaque personne présente savait que Mrs. Jerriks savait également analyser les auras et l'auteur de chaque sortilège, car chaque personne avait une magie bien particulière laissant des traces, un peu comme l'ADN ou une empreinte digitale…

- Lord Albus Dumbledore, Maître Prince, fit gravement la juge.

Un cri se fit entendre, Walburga se retenant tant bien que mal à son mari, avait une main plaquée devant sa bouche et son teint était encore plus pâle que celui de Severus.

Tous parlèrent alors, plus ou moins fort, donnant leur avis, posant des questions à tout va ou faisant des remarques plus désobligeantes les unes que les autres.

- Et dire que nous lui avons proposé le poste de président du Magenmagot ! Se plaignit Maître William Wellbeloved à voix basse.

- Bien que cette décision vous revienne en partie, Lord Wellbeloved, je ne l'approuverai pas, répliqua Lady Bagnold. Cet homme passe plus de temps au Ministère qu'à Poudlard, il est venu il y a peu afin de parler avec Lord Maugrey concernant une disparition alors que ces personnes soi-disant disparues ne veulent simplement plus de contact avec lui, mais il ne semble pas l'accepter. Cet homme m'horripile malgré tout le respect que je peux avoir pour lui.

Cette annonce eut pour effet de faire taire toutes les personnes présentes. La Ministre donnait rarement son avis en public, et avait, jusque là, porté Albus Dumbledore dans son cœur ou tout du moins prouvé un respect sans failles.

- Lord Dumbledore n'est pas aussi blanc que ce que vous pensez, intervint gravement Léto Prince, et sincèrement, cette découverte ne me surprend guère, mais ce n'est pas le thème de ce procès et je ne répondrai à aucune question concernant mes doutes sur ce Lord. Cependant, Lady Jerriks, est-ce que Sirius Black est désormais libre de ses actions et pensées ?

- En effet, Lord Prince, Sirius Black n'est plus sous l'emprise de ces sortilèges depuis son entrée à la prison d'Azkaban et Lord Dumbledore n'a certainement pas jugé utile de lui rendre visite afin de les réactiver. Azkaban est connue pour rendre fou toute personne y passant le plus clair de son temps et il n'a jamais dû croire en l'innocence de cet homme.

- Et nous avons été assez aveugles pour croire en les mots de Lord Dumbledore lors de l'arrestation de cet homme, grogna Lord McKinnon.

- Lord Dumbledore est un puissant sorcier, Lord McKinnon, rajouta Léto, et la fin de la guerre a provoqué beaucoup de débordements.

- Ce n'est pas une excuse, intervint Lord Perks, nous avons de ce fait manqué à nos devoirs, et si la population en vient à le découvrir…

- La population le sait très bien, Lord Perks, fit sèchement Mrs. Bagnold. Ils sont conscients et en étaient d'ailleurs très heureux, que chaque membre présumé de ce groupe de mages noirs soit enfermé à vie. Nous rouvrirons tous les dossiers, c'est certain.

- Par contre, rajouta Léto Prince, pour des raisons personnelles nous préfèrerions que le résultat de cette affaire reste confidentielle, c'est-à-dire non divulguée à l'extérieur de ces murs. Si Sirius Black venait à être libéré, il sera interné dans un espace médical et accompagné psychologiquement, dans un endroit que vous devrez garder pour vous. Sa libération pourrait éventuellement divulguée lorsqu'il sera en état, psychologiquement parlant.

- Nous en sommes conscient, rajouta la juge, et il ne fait aucun doute que le chef d'accusation a été erroné. Nous pouvons à présent profiter de notre pause qui aurait dû commencer il y a une heure déjà, puis viendra, je l'espère, le résultat de l'analyse du membre restant de Peter Pettigrow.

Il était onze heures. Le léger en-cas ressembla alors plus à un repas de midi et chacun se régala des divers sandwichs et viennoiseries. Orion demanda la permission de rejoindre son fils afin de le faire boire un peu d'eau. La juge l'y accompagna et ils observèrent le corps maigre de l'adulte.

- Sirius, fit difficilement Orion.

Trop d'émotions incontrôlables étaient présentes en lui. Il revoyait son fils, enfin. Mais… il était véritablement mal en point.

Le prisonnier l'observa, ne semblant pas réellement comprendre tout ce qu'il se passait autour de lui.

- Vous avez écouté ce que nous avons dit, Monsieur Black ? demanda alors Mrs. McFlowers.

Le détenu acquiesça.

- Bien, fit doucement la juge. Buvez un peu d'eau, Monsieur, souhaiteriez-vous manger quelque chose ?

Le détenu fit non de la tête.

Elle s'éloigna un peu, et discuta non loin de là avec le procureur des affaires criminelles.

- Est-ce que tu serais d'accord pour parler sous veritaserum, fils ? demanda alors Orion en le forçant à boire de l'eau.

Son fils acquiesça.

- Oui… oui père, fit-il d'une voix rauque. Dum… Dumbledore n'est pas là ?

- Non, mon enfant. Mais nous sommes là pour toi. Andromeda te transmet ses salutations, d'ailleurs.

- Andro ?

- Oui, elle est à la maison avec Regulus en ce moment même.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de son fils, alors qu'Orion craignait que la confiance de Sirius aille principalement à Dumbledore.

Sirius apercevait la silhouette de sa mère en train de discuter avec ce qui semblait être Snape, mais il n'avait pas entendu son nom lors des présentations.

- Severus est là, répondit Orion à la question muette de son fils. Il a juste reprit le nom de ses racines, mais nous t'expliquerons plus tard. Le but de cette journée est de te sortir de cette maudite prison.

- Mer…merci, Père, fit difficilement Sirius.

- De rien, mon fils, fit Orion avant de retourner vers Sergej et Hardwin.

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Le procès avait repris quarante minutes plus tard, lorsque la Ministre fit sonner la cloche et que la juge, au même moment, fit claquer à trois reprises ce qui ressemblait à un marteau en bois sur son pupitre.

Mrs Jerriks devait, par soucis de confidentialité, rester dans la salle et fut soulagée lorsque son collègue se présenta avec les résultats.

- Lord Norém Albatus Stow, le salua la juge.

- Bonjour à tous, fit simplement le Langue-de-Plomb.

- Qu'avez-vous pu trouver au sujet de ce membre ?

Le Lord inspira profondément et expira, comme pour se donner le courage de donner des informations sensibles, qui n'allaient pas plaire.

- Nous avons pu découvrir, mon équipe et moi-même, plusieurs choses. Ce doigt a été tranché volontairement, de la main droite de la même personne alors que celle-ci fut, bien évidemment, encore en vie. Il y avait également des traces d'une baguette n'appartenant pas à cette personne et dont les propriétés en surface ressemblent à celle recherchée de… Vous-Savez-Qui. Les traces sur ce doigt sont les mêmes que les traces magiques qui ont été trouvées sur les corps torturés par Vous-Savez-Qui en personne.

- Donc, ce doigt appartient à Peter Pettigrow ?

- En effet, Madame. Et l'homme s'est tranché lui-même ce doigt après avoir lancé un sortilège puissant qui est, pensons-nous, le fameux sortilège de destruction qui prit la vie à plusieurs Sans-Pouvoirs ce soir-là.

Plusieurs personnes, dans la salle, portèrent leurs mains au visage, atterrés. Combien d'erreurs avait commis le Ministère, à cette époque ? Ils avaient ainsi puni une personne innocente et laissé un criminel en liberté !

- Avez-vous découvert autre chose, Lord Stow ? demanda alors Mrs. McFlowers.

- En effet. Cet homme était, et l'est certainement encore aujourd'hui, un animagus de type rongeur.

- Un rat, fit la voix rauque de Sirius qui n'avait, jusque là, pas prononcé un seul mot.

La juge n'eut pas le cœur de lui rappeler qu'il n'avait pas été invité à parler.

- Pe… Peter est un animagus rat. James et moi voulions déclarer nos animagus lorsque nous avions commencé notre formation, mais… Dumbledore… le professeur Dumbledore nous l'a déconseillé, prétextant que ce serait un atout majeur durant la guerre.

- Sirius Black, intervint Léto Prince. Merci de votre intervention, n'oubliez pas que vous ne pouvez parler que lorsque vous y serez invité.

- Je… désolé, fit alors l'homme en baissant les yeux.

- Vous êtes excusé, fit amicalement Mrs. Bagnold. Il est donc probable que cet homme soit encore en vie.

- Puis-je ?

- Oui, Lord Prince, confirma la juge.

- Est-il possible d'administrer une potion de veritaserum à Sirius Black, afin que vous entendiez sa version des faits ? Nikolaï Mordinov connaît également le moyen de faire apparaître les souvenirs devant vous.

- Faites, répondit Lord McKinnon.

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Le silence était pesant.

Chacun prenait des notes, réfléchissait ou regardait simplement dans le vide, fixant un point visible d'eux seuls.

Sirius Black avait été dûment interrogé sur ses actions du 31 octobre 1981. Ils avaient pu avoir énormément de détails et même voir le dernier souvenir, celui où, dans un coin de l'image, ils purent voir Pettigrow trancher son doigt et se transformer en rat avant de disparaître dans la nuit.

Léto Prince, lui, prenait le plus de notes possible pour compléter – si cela était encore nécessaire – toutes les preuves accablantes des manipulations de Lord Dumbledore. Il fut une fois de plus heureux d'avoir suivi son instinct et d'avoir participé à ce procès.

Severus observait l'homme immobile et épuisé, Sirius Black. Le détenu n'avait même pas remarqué qu'aucune menotte ne tenait son poignet. Il aurait été libre de se lever, de frapper quelqu'un, de piquer une baguette… mais l'homme était trop faible et ses yeux semblaient pleurer la perte de ses amis de toujours, même si l'absence de larme aurait pu laisser planer un très léger doute sur la raison de ce regard.

Severus frissonna lorsque son ennemi le fixa, un bref instant. Mais ce ne fut pas de la haine qu'il vit dans ces yeux. C'était de la tristesse, de la crainte… et une supplication silencieuse. Severus sentit plus qu'il ne contrôla un léger sourire se dessiner sur ses lèvres. Un sourire qui se voulait rassurant. Il était sous glamour, sous son apparence de Lord Prince, mais Sirius semblait, contre toute attente, l'avoir reconnu.

Peter Pettigrow, l'ami craintif et quasiment invisible des Potter se baladait dans la nature. Sous sa forme humaine ou en tant qu'animagus. Il attendait, certainement, le retour de son Maître.

Comment allaient-ils le retrouver ? C'était comme chercher un vers incolore dans une potion bouillante.

La libération certaine de Sirius Black allait rester secrète jusqu'à son rétablissement. Léto Prince avait annoncé l'amener, en cas de libération, dans un centre médical en Irlande où les parents se rendraient régulièrement. Il serait ainsi soigné et remis sur pied, et, si son état psychologique n'était pas trop grave, il pourrait sortir et faire sa vie tranquillement et seulement à ce moment là le Ministère serait en droit de dévoiler les faits.

La décision avait été, au final, assez simple à prendre.

Personne ne douta plus de l'innocence évidente de cet homme qui avait tout perdu.

Mrs. Bagnold avait alors proposé d'amener, sous un sortilège de désillusion et avec la partie adverse, Sirius à son bureau et de le faire prendre sa Cheminée afin de rejoindre le Ministère Irlandais que Hardwin connaissait bien, au lieu de lui faire subir un voyage par Portoloin. Personne n'avait refusé.

Elle les avait accompagné jusqu'en Irlande, se présentant à l'accueil du Ministère et donnant l'ensemble du dossier à Léto Prince. Elle le remercia vivement pour ce procès très intéressant et proposa de le rencontrer, une autre fois, autour d'un café.

Ce fut un sourire moqueur sur les visages de ses amis qu'il vit alors qu'il venait de quitter la Ministre.

- C'est pas comme si j'étais déjà marié, grogna-t-il pour la forme.

Ils sortirent du Ministère – situé à Ward's Cross, près du village Lisnafeddaly ; Ward's Cross est une ville principalement sorcière située à une petite cinquantaine de kilomètres des Potter et du Laboratoire P&P – et allèrent directement dans la rue « Muffin's street ». Le bâtiment était d'un blanc pure avec un grand panneau au-dessus de la grande porte, sur lequel était inscrit :

Centre médical de convalescence et réadaptation, CMCR Celtic'Muffin

Walburga avait étrangement demandé la présence d'Ornelia Prince qui s'était déplacée en Irlande et les avait rejoints devant le bâtiment. Elle se présenta à Sirius qui resta silencieux en observant les alentours.

Le paysage semblait paisible, les arbres étaient étrangement en fleurs alors qu'il aurait dû neiger ou, au moins, faire plus frais. Sa robe de sorcier, donné expressément par son père, n'était pas très chaude mais il sentait l'air doux fouetter son visage.

Ornelia, Walburga et Orion emmenèrent alors Sirius à l'intérieur avec Léto. Les autres restèrent à l'extérieur, pensant que le jeune adulte ne devait pas se sentir à l'aise en la présence d'autant de personnes, et ils n'avaient pas forcément tort.

Léto conduisit le petit groupe et se présenta à l'accueil. Sur leur droite et leur gauche se trouvaient deux salles d'attente et le bureau d'accueil était en face de la porte d'entrée. La jeune femme qui les accueillit les conduisit cependant un bureau sur leur gauche, où ils rencontrèrent un médecin-psychomage. Celui-ci observa son nouveau patient, notant son amaigrissement et son visage triste, puis discuta avec les parents de Sirius avant de les reconduire vers l'entrée où ils prirent un ascenseur derrière le bureau d'accueil.

Ils arrivèrent sur le palier du premier étage et allèrent sur la gauche du bâtiment, et le médecin ouvrit une porte.

- Monsieur Black, voici ce qui sera votre chambre durant votre séjour parmi nous. Elle fait une quinzaine de mètre carrés et vous pourrez l'aménager comme bon vous semble. Avez-vous apporté des affaires ?

Sirius fit non de la tête, il n'avait rien. Il fut par contre surpris d'entendre Lady Prince et sa mère annoncer qu'elles avaient apporté de quoi subvenir aux besoins du jeune homme.

- Très bien. Au rez-de-chaussée, à l'arrière, se trouve une petite salle de loisir, une pièce de restauration ainsi que d'autres bureaux et une bibliothèque. Vous avez accès ici-même à une petite salle d'eau avec une douche et un lavabo. Les visites se font tous les jours de la semaine, entre huit heures et dix-neuf heures, heure du repas. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à venir me trouver, d'accord, monsieur Black ?

Sirius hocha imperceptiblement la tête, et le médecin sourit.

- Bien, je vous laisse vous installer. Il y aura quelques activités, vous serez libre de choisir celles que vous préférez, le but étant de ne pas vous enfermer dans votre chambre. Je vous retrouve dans une heure en bas ?

- Oui, Lord Smith, merci, répondit Ornelia avant de fermer la porte derrière le médecin. Bien, jeune homme, quelles sont vos couleurs préférées ?

Bouche bée, Sirius observa la vieille femme.

- Sirius, fit Orion.

- Euh…

- Eloquent, fit Léto en riant doucement.

Sirius sourit alors, commençant à se détendre.

- Rouge…

- Merci ! fit la vieille femme en s'activant alors.

Une armoire apparut, ainsi qu'un lit qui semblait bien confortable. Walburga fit sortir une couverture patchwork qu'elle avait elle-même faite et la plaça au pied du lit. Ornelia fit apparaître des rideaux rouges sombres ainsi que quelques tableaux colorés, et une commode sur laquelle elle posa deux cadres photos avec les parents de Sirius et un groupe d'enfants qu'il ne connaissait absolument pas. Il sourit cependant devant l'air heureux de chaque visage qui fixait l'objectif.

Orion fit apparaître une étagère et un bureau, ainsi que quelques livres et de quoi écrire, puis Ornelia ouvrit l'armoire, demandant à Sirius d'approcher.

- Est-ce que cela vous conviendra ? demanda-t-elle doucement.

Sirius, de plus en plus surpris – et légèrement choqué par la gentillesse de cette femme – observa le contenu de l'armoire.

Comme pour Charlie, elle avait apporté des vêtements : deux capes, plusieurs écharpes, trois pantalons, une dizaine de chemises, de t-shirt et de pulls. Sur la dernière étagère en bas de l'armoire étaient placés deux tiroirs en tissus dans lesquels se trouvaient au moins une vingtaine de paires de chaussettes et de boxer ainsi que deux caleçons.

- C'est… c'est…

Quelque chose l'empêcha de parler et il sentit plus qu'il ne vit la vieille femme le prendre dans ses bras.

- Tout va bien se passer, maintenant, mon enfant. Vos parents vont vous aider et rester ici quelques heures. Vous ne retournerez pas en prison, compris ?

- Ou… oui. Merci… Merci, Lady Prince.

- Mais de rien mon enfant. Allez donc embrasser votre mère.

Sirius, quelque peu déboussolé, regarda alors sa mère l'observer en souriant. Elle n'avait plus sourit ainsi depuis qu'il était entré à Poudlard, depuis qu'il avait commencé à les haïr. Il s'en voulait, maintenant… Walburga le prit alors dans ses bras, lui frottant doucement le dos.

Une nouvelle vie semblait commencer pour lui, et il se promit de faire autant d'efforts possibles.

La vie pouvait être dure, difficile et désagréable, mais il y avait toujours un rayon de soleil qui apparaissait, quelque part, afin d'illuminer les cœurs remplis de nuages sombres. Et ce rayon de soleil avait enfin brillé au fond de son cœur. Il voulait revivre, profiter de sa famille, revoir Regulus et surtout, rencontrer son filleul. Quand il irait mieux.

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