Quand la pureté reste dans l'âme

These Days

Bonjour tout le monde !

Bien bien, déjà petite parenthèse avant de commencer :

Le terme "lynx tips" fera son apparition, c'est une touffe (plus ou moins volumineuse) de poils placée à la pointe des oreilles qui est présente, par exemple, chez les chats de race "Maine Coon", ou encore les chats des forêts norvégiennes (ou plus couramment "Norvégiens").

Désolée de ne pas avoir pu poster un second chapitre le weekend dernier, je pensais que j'aurais le temps… *triste*

Pims : Oui, Regulus va reprendre ses marques loin des manipulations des habitants de Poudlard et dans un environnement neutre !

Pour Tomek oui, il était temps qu'il en parle…

AnnaMerteuil : j'ai adoré écrire le passage des animaux ;-)

Lesaccrosdelamerceri : oui j'avoue pour le coup cet établissement-là est aussi à proscrire de la liste des écoles xD.

Clefto : oui c'est plus pratique, même s'ils ont tous les deux de sales caractères (rires).

Harry : Oui, overdose de Phénix à souhait ! :-D Il y a certainement des périodes dans certains siècles où la magie offre de tels cadeaux afin de sauver l'âme de ses enfants, au moins ceux qui ont encore une chance… (j'essaye de trouver une justification, là (rires)).

TeZuKa j : Merci !

Voili voualou un nouveau chapitre ! (et d'ailleurs, entre parenthèse, je suis en train d'écrire mon propre bouquin (sur la magie aussi) - ya encore pas mal de boulot *rires* d'où le fait que mes semaines et weekends soient aussi chargés, d'autant plus que je viens de passer chef de service… huhu).

Plein de poils de Maine Coon, de poussière d'étoile et tout et tout ! Bonne lecture !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 43 :

These Days

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Ecoute : These Days

Liberty Charms

Irlande

Les enfants étaient excités comme des fléreurs ayant senti leur repas arriver.

- On dirait que Salazar s'en ramone les lynx tips de recouvrir ses besoins, sérieux ! râla Hardwin. Harry ? Tu peux expliquer à ton chat préféré que c'est désagréable de sentir ses crottes ?

- Il dit que c'est pour montrer qui est le chef, papou, fit Harry en riant.

Il avait censuré quelques autres mots, et Hardwin s'en doutait.

- Bien. Il nous suit en Angleterre ?

- On y va vraiment, papa ?

Harry n'était pas partant. C'était bien la première fois qu'il n'était absolument pas motivé pour découvrir une nouvelle ville. Ville qu'il aurait dû connaître depuis bien longtemps, à vrai dire.

- Tout le monde sera là, fit Abigaelle. Allez, p'tit frère.

Harry soupira.

- Alekz et les Mordinov nous rejoignent et Nikolaï ne te lâchera pas d'une semelle, intervint Elizabeth. Et nous serons également près de toi. D'accord ?

- Et si… et si on rencontre ce… Dumbledore ?

- Ca m'étonnerait qu'il se balade sur le Chemin de Traverse durant cette période de l'année mais quand bien même, il ne te reconnaîtrait pas puisqu'il ne t'a jamais vu.

- Il ressemble à James, quand même, ne pu s'empêcher de murmurer Elizabeth.

- Tu vois papa ! Même maman le dit !

- Harry… tu es en sécurité avec nous, tu le sais, ça, non ? fit alors Hardwin en tenant son fils par les épaules. Peut-être rencontreras-tu des personnes désagréables, mais nous te protégerons. Je te le promets, mon fils. Nous t'aimons et nous ne t'abandonnerons pas.

- Hey Harry ! firent alors deux voix bien connues.

Fred et George venaient d'arriver avec les Mordinov.

- Ils vont rester ici avec Tomek, Luka et Eulia, annonça Lianna en déposant son sac à dos. Tout le monde va bien ?

- Harry ne veut pas venir, répondit Hardwin, dépité.

- Harrychou, fit Alekzandra en le prenant dans ses bras. On sera là, d'accord ?

- Je te suivrais à la trace et tiendrai ta main, si tu veux, intervint Nikolaï. Je ne te lâcherai pour rien au monde. Compris ? Niklas, Abigaelle, Hardwin et Sergej feront également partie de ton groupe puisque vous avez déjà trouvés vos cadeaux les uns pour les autres.

Harry finit par accepter et fixa Severus qui lui intima de fermer son esprit. Il inspira profondément avant de sentir la main de son parrain dans ses cheveux et Hardwin qui le prenait dans ses bras.

- Ca va aller, fils.

- Merci papa. Mais j'ai quand même peur.

- Je serai là et Severus ne sera pas loin non plus avec son glamour.

- Ok.

Le petit groupe pris alors la poudre de cheminette afin de rejoindre les Prewett chez eux puis ils se rendirent tous à Londres. Émerveillés, ils marchèrent dans quelques rues moldues sous les explications d'Alekzandra puis ils entrèrent enfin dans la partie sorcière de la ville.

Nikolaï tenait fermement la main de son protégé, lançant un regard noir à tous ceux qui osaient leur jeter un coup d'œil. Severus, sous glamour, suivait le groupe tout en discutant avec Everyia, la mère de Luka, Audrey, Niklas et Elea. Les enfants discutaient en riant, faisant oublier un instant à Harry le stress qui le rongeait de l'intérieur.

Il ne savait pas pourquoi, mais il ne se sentait pas en sécurité. Comme si une ombre malsaine planait au-dessus d'eux.

- Fleuryyyy… et Bott ! Hey Harry ! s'écria Audrey. Ya un magasin de livres !

- Je présume que vous souhaitez y aller, marmonna Severus qui craignait de rencontrer certains élèves.

- Oui ! fit Harry. Tu viens ?

- Non, je vais aller acheter des ingrédients…

Une petite rousse les bouscula, le regard vide, arrachant la main de Harry et se mettant à l'embrasser langoureusement sur la bouche alors que l'enfant, effrayé, se débattait.

Les mains de la jeune fille s'accrochaient vainement à la taille de Harry, alors qu'il la poussait de ses mains.

- Mademoiselle, fit une voix grave et dangereuse. Arrêtez immédiatement, fit-il froidement en faisant ressortir ses canines pointues.

La jeune fille rigola quelques secondes avant d'essayer – en vain – de plonger sa main dans le pantalon du jeune garçon qui la gifla et la repoussa grâce à la magie informulée.

Tout s'était déroulé en une petite minute, mais Nikolaï était sur le point d'envoyer un sortilège très douloureux à la jeune fille au moment même où Harry se libérait enfin.

- Elle est folle, grogna Severus.

Sonnée, la jeune fille se mit à pleurer puis à hurler, totalement hystérique. Nikolaï, sa main tendue devant lui, murmura quelques paroles.

- Elle est sous l'emprise d'un imperium combiné à un sortilège de confusion, désolé mais il ne faut pas lui en vouloir, elle l'a fait contre son gré, Harry.

Énervé, Harry tenait maintenant la main de son père et Niklas avait entouré sa taille de son bras.

- J'te lâche plus non plus, avait-il décrété.

- Merci, chuchota Harry alors qu'Alekzandra lui lançait un sortilège informulé de nettoyage sous le rire d'Audrey.

- Elle a atteint l'intérieur de ta bouche ? demanda alors la petite Elea, écœurée.

- Non, elle a juste trop léché mon visage. Beurk, fit-il en y repensant et frissonnant.

Une femme assez forte faisait maintenant face à Nikolaï, Hardwin et Léto.

- Comment osez-vous ! cria-t-elle. Comment osez-vous utiliser de la magie informulée ! Vous êtes un mage noir ! AU SECOUR UN MAG…

- Silence ! tonna la voix glaciale de Sergej.

- Vous…

- Mrs. Prewett, je présume ? demanda Nikolaï.

- Je…

- Oui. C'est bien vous, je le sais, fit-il mielleusement. C'est très aimable à vous de vous présenter. Ne vous a-t-on jamais appris que la moindre des politesses est de se présenter, avant d'entamer une conversation avec un inconnu ?

- Je… vous…

- Silence.

Tous frissonnèrent. La colère de Nikolaï était palpable et tous les passants de la rue observaient la scène, intrigués.

- Apparemment non, continua-t-il. Sinon… continua-t-il dangereusement, vous auriez inculqué ces valeurs essentielles à votre… fille ?

Du coin de l'œil, Hardwin apercevait certains Aurors qui avaient reconnu Nikolaï.

- Aurors ! Intervenez ! Il y a un mage noir ! gronda une voix au loin.

Le rire glacial du russe fit taire tous les murmures.

- Votre intelligence nationale est en déclin, à ce que je vois.

- Veuillez excuser… fit une voix, plus loin.

- Oh, non, Mrs. Bagnold, vous n'êtes en aucun cas responsable de ce massacre, croyez-moi.

Que faisait la Ministre en ces lieux ? Elle semblait tout aussi gênée que Hardwin d'avoir autant de regards posés sur elle et sa famille. Elle avait pourtant bien le droit de profiter de son temps libre, au même titre que les autres.

- Je me nomme Nikolaï Alekseï Vladimir Mordinov, né en 1825, membre de la famille royale russe comme tous mes amis ici présents, et vampire à mes heures perdues, annonça-t-il avec un faux sourire à la foule et laissant sortir ses canines bien pointues. Et, Mrs. Prewett, votre… fille, vient d'enfreindre une des règles primordiales et de violenter un membre de ma famille. Je vous prie donc de garder vos distances avec nous, sans quoi je me verrai obligé de déclarer un accident diplomatique qui vous coûterait très chère Ma Dame. Très… cher. Disparaissons, maintenant.

Une bulle violette enveloppa le petit groupe et les fit disparaître, sous les yeux ébahis de la foule ne comprenant pas réellement ce qu'il venait de se passer.

- Circulez, circulez ! cria un Auror. Mrs Prewett, vous et votre fille êtes en état d'arrestation pour agression sur membre de la royauté russe. Veuillez me suivre.

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*~*°O°o°O°*~*

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Harry tremblait. Sa magie crépitait dangereusement autour de lui.

Ils avaient atterri un peu plus loin, en face d'un magasin de farce et attrapes. Severus avait entouré Harry de ses bras, le berçant doucement et lui indiquant la marche à suivre dans son esprit. Harry réussit à enfermer les précédents évènements dans un coin de son labyrinthe avant de rejoindre le monde réel en ouvrant les yeux.

- Désolé… c'était horrible, souffla-t-il.

- C'est moi qui suis désolé, fit Nikolaï. Si je l'avais vue avant je…

- Pas de « si », oncle Niko, fit Harry en riant doucement bien qu'un peu amèrement. Elle nous a foncés dessus ! Personne n'aurait pu l'arrêter. Mais purée, c'est dégueulasse.

- La pauvre, murmura Alekzandra. Son âme est sens dessus-dessous. Son regard était tellement loin de la réalité…

- Les Aurors les ont pris en charge, fit alors Hardwin. Fils, comment te sens-tu ?

- Très bien, père. Mais si une seconde personne venait à me sauter dessus de la sorte, j'aimerais que nous rentrions.

- Cela signifie que tu souhaites tout de même continuer la visite ? demanda Hardwin, étonné.

- Oui, Père.

- Très bien, dans ce cas, je vous emmène dans une librairie au coin de la rue.

Le reste de la journée se passa plus calmement. Harry, Alekzandra et Niklas avaient acheté plus de dix livres chacun sur l'histoire anglaise et Hardwin ne put s'empêcher d'acheter un livre, de nouvelle édition, sur l'Histoire de Poudlard en quinze exemplaires. Il se promit d'acheter les livres des différentes écoles où allaient se rendre les enfants, afin que chacun connaisse le lieu de vie des autres.

Ça leur brisait le cœur de les séparer ainsi, mais que faire ? Ils avaient leur famille, leur pays. Ils ne pouvaient décemment pas forcer chaque parent à envoyer son enfant au bout de la terre. Surtout qu'ils étaient si jeunes… Déjà qu'Audrey et Niklas ne seraient, à titre exceptionnel, pas scolarisés en Russie mais en Irlande… Les parents avaient une maison de vacances non loin de chez eux, donc ce n'était vraisemblablement pas un problème, mais Hardwin leur avait d'ores et déjà réservé une chambre au Manoir de Liberty Charms afin que les parents puissent venir lorsque les enfants seraient en week-end.

Le jour de la rentrée promettait d'être riche en émotion. Tristesse et joie… mélancolie et excitation. Il secoua la tête et observa Alekzandra et Harry, du coin de l'œil. Ils riaient devant un petit chaton noir.

- D'après la vendeuse, ce chaton n'a encore trouvé personne, marmonna Severus en le faisant sursauter.

- Étrange, il est si mignon, fit remarquer Hardwin.

- Les enfants l'aiment bien, répliqua Severus. La vendeuse dit que dès qu'on le sort de la cage, il se met à feuler, mordre et griffer jusqu'au sang. Il a quatre mois, sa mère n'a pas voulu le nourrir et le magasin l'a pris en charge.

- Tu sais quelle race c'est ?

- Un chat des forêts norvégiennes, d'après la vendeuse. Je me suis permis de lancer quelques sortilèges, ce n'est pas un animagus. Il a l'air en bonne santé mais il est dénutri.

- Dis pas ça à Elizab…

- De quoi, mon amour ? demanda la jeune femme avec un grand sourire.

- Oh, euh, non rien, chérie.

Severus ricana.

- Mon prince charmant me mentirait-il ?

- Oh, non, il n'oserait pas, répliqua Severus qui se vengeait enfin.

Le regard noir de Hardwin ne le fit que rire encore plus fort. Son ami ne l'avait jamais défendu face à sa femme lorsqu'elle voulait l'emmener de force dans des magasins de vêtements. Il pouvait enfin se venger, et il en profitait pleinement.

- Le petit chaton sans défense, répliqua Severus en montrant d'un geste la cage.

- Oh, nom d'un phénix. Depuis quand on enferme les chats dans une cage ?

- Ce chat est très dangereux, madame, intervint une vendeuse.

- Enchantée, répliqua Elizabeth qui n'appréciait pas être apostrophée sans présentation au préalable.

- Oh, euh, navrée. Je me nomme Lady Jane Hansen, mon mari est le gérant de cette animalerie.

- Merci, Lady Hansen, je suis Lady Potter. De quelle race ce chat est-il ?

Lady Hansen ouvrit quand les yeux. Potter ? Potter, comme… ? Mais le regard sombre de l'homme – Hardwin – la retint de dire quelque chose à ce sujet.

- C'est un chat norvégien, il a un pedigree. Sa mère l'a allaité durant les trois premier jours, mais le responsable de l'élevage ne voulait pas vendre de chat noir et nous l'a amené. Le chaton feule, mord et griffe quiconque le sort de cette cage, fit-elle tristement. Il est si… majestueux. Il ne mange pas beaucoup, pourtant j'ai tout essayé.

- Je comprends. Ce n'est pas de votre faute, fit doucement Elizabeth. Son changement radical de vie et l'abandon de sa mère, combiné à un sevrage inachevé a dû le bouleverser.

- Mon mari dit que ce n'est qu'un chat, et qu'il aurait même dû mourir.

- En effet, surtout sans être sevré…

- Je lui ai donné un biberon toutes les deux heures, je me suis renseignée auprès d'un autre élevage car celui-ci ne voulait pas nous répondre.

- Ce sont des gens sans cœur, marmonna l'homme en noir. Hm. Lady Hansen, je me nomme Lord Elphias Prince. Un ami de Lady Potter. Ce chaton a quatre mois, n'est-ce-pas ?

- En effet, j'ai un carnet de santé à jour. Vous êtes intéressés par lui, réellement ?

- Oui, fit Elizabeth. Par contre, je vous déconseillerai de le sortir de sa cage. Nous le transporterons ainsi.

- Vous…

- Ne vous inquiétez pas, Lady Hansen. J'ai un élevage de Maine Coon, je connais les chats et mes études portaient également sur les chats de Norvège.

- Puis-je… je sais que cela ne se fait pas, mais je suis tout de même attachée à ce petit… est-ce-que vous pourriez me donner des nouvelles ?

Elizabeth eut alors un grand sourire.

- Bien sûr, Lady Hansen. Nous vous enverrons un hibou avec quelques photos, d'accord ?

Elle lisait tant de bonté et d'amour pour les animaux en cette jeune femme qu'Elizabeth ne pouvait que la comprendre. Elles échangèrent quelques conseils sur les différents animaux alors que les enfants continuaient de visiter la plus grande animalerie du quartier.

Severus se dirigea vers la cage du chaton et tendit la main, par instinct. Etrangement, le chaton passa son museau humide par les barreaux et se mit à ronronner. Les yeux ors le fixèrent et il se senti sourire.

- Il n'est pas castré, fit doucement Elizabeth. Tu le prendrais avec toi ?

- J'ai déjà plein de chats à la maison…

- Sev', il t'aime déjà, ce petit.

Severus soupira, et vérifia que personne ne l'ait entendu.

- Idiot, je ne dirais pas ton surnom si je n'avais pas posé les sortilèges d'intimité avant. Alors ?

- Rrrr… maou, fit doucement le chaton en baissant la tête tristement.

Severus fronça les sourcils. Il ressentait la tristesse du chaton et cela lui fit mal au cœur. Pourquoi ?

- Ton âme l'aime déjà, parrain, fit Harry qui était arrivé derrière eux. Prends-le, j'l'aime bien moi ! Si tu veux je le garderai quand tu seras au travail, Sally sera content d'avoir un ami en dehors de la chatterie !

M'man, j'ai pris du miamhibou, yen a des nouvelles sortes, peut-être qu'ils aimeront ?

- Fais, fils. Bien, on prend ce petit et on y va. Je demanderai à un elfe de l'emmener au labo.

- Non, fit fermement Severus. Je vais le prendre maintenant et je le garde avec moi.

Surprise, Elizabeth observa son ami. Sa voix avait été tremblante, chose rare. Ce chat devait avoir quelque chose de spécial…

La vendeuse ouvrit, craintive, la cage afin que Severus puisse toucher le chaton. Elle pensait déjà à lancer quelques sortilèges alors que le petit être ronronnait de plus en plus fort et vint de lui-même toucher la main de l'Homme en Noir et se frotter au bras d'Elizabeth.

- Vous ne voulez pas le caresser ? demanda Eliz.

- Je…

Severus prit alors le chaton et le lova dans ses bras. Le petit tendit une patte vers la vendeuse qui, étonnée, toucha délicatement la petite patte poilue. Le chaton ronronna encore plus fort et Lady Hansen finit par caresser la tête du chaton.

- Sois sage, petit prince, fit-elle alors.

- Rrr maoumama !

Le petit groupe rit alors, et Alekzandra donna une friandise au chaton.

- Belle vie à toi, petit loulou, murmura une dernière fois la vendeuse avant d'aller au comptoir pour chercher les papiers du chaton en tentant, en vain, de cacher ses émotions.

Le petit groupe alla ensuite chez Zonko pour Fred et George puis achetèrent des cadeaux pour les absents et les plus jeunes en allant de magasin en magasin et sans oublier les jumeaux Weasley. Ils avaient prévu de faire une grande fête durant l'été un peu comme la fête de Noël, mais en plein été dans le jardin des Potter afin de se retrouver tous ensemble avant la rentrée.

Il y avait bien entendu les diverses fêtes d'anniversaires mais ils voulaient une fête générale, avec toutes les personnes qu'ils aimaient et appréciaient.

Les parents, devant le groupe d'enfants soudés les uns aux autres, n'avaient pas pu dire non alors que Severus se moquait d'eux dans l'ombre, de ne pouvoir tenir tête aux sales gosses.

Sales gosses qu'il adorait, malgré lui.

Le petit groupe rentra ensuite en Irlande, chez les Potter.

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Ward's Cross

Ruelle des Lionceaux d'Irlande du Nord

- Salut Sirius ! fit une voix féminine au loin.

- Je t'avais bien dit qu'elles arriveraient bientôt, fit Regulus, moqueur.

Le jeune Black avait immédiatement souhaité suivre son grand frère et l'aider dans ses recherches d'appartement ou de maison. Ils en avaient déjà visité deux et Regulus remerciait Magia pour le fauteuil roulant car sinon, il n'en n'aurait pas eu la force.

- Bonjour Solène, fit timidement Sirius.

- Salut ! Je te présente Tahlyia Lola Rooss, ma petite sœur, elle est un tout petit peu plus jeune que toi. D'un an ou deux je crois.

- Enchantée, fit alors la jeune blonde aux yeux bleus.

- Enchanté, répondirent Regulus et Sirius.

La jeune femme blonde mesurait environ 1 mètre 70, et les cheveux descendaient en cascade dans son dos. Elle détailla les deux jeunes hommes devant elle. Le dénommé Sirius avait les cheveux noirs, tendant vers le châtain et les yeux gris en amande. Il était un peu plus grand qu'elle et elle apercevait le début de muscles sur les bras.

Regulus lui, semblait fatigué et était bien maigre. Son teint pâle montrait qu'il n'était pas en grande forme et son grand sourire montrait sa force psychologique. Il ne semblait pas être du genre à se laisser aller.

Son regard se redirigea vers Sirius qui observait le paysage au loin alors que Solène lui montrait une direction inconnue, parlant de maisons à vendre dans le coin. Elle observa le visage encore légèrement creusé et les quelques rides qui se formaient dans le coin des yeux. C'était un bel homme, et le doux sourire qu'il avait eu pour elle l'avait déjà touchée en plein cœur. Mais peut-être était-ce simplement sa manière de saluer quelqu'un ?

- Bien, allons-y ! s'écria Solène.

- Mais…

- Quoi, mais, Sirius ? fit-elle exaspérée.

Regulus et Tahlyia rirent un instant.

- C'est une maison ! T'as vu la superficie ? Je suis seul et célibataire, je n'ai pas besoin d'autant de place et je n'ai même pas encore trouvé de travail…

- Rien ne coûte d'aller voir cette maison, si ? tenta gentiment Tahlyia.

Le regard gris se posa dans le regard bleu profond et s'y perdit l'espace d'un instant. Solène, souriante, finit par prendre le devant avec Regulus et les deux autres adultes les suivirent.

Effectivement, il n'avait rien à perdre. Et son oiseau sur l'épaule chantonnait une douce mélodie qu'il tentait tant bien que mal d'ignorer.

- C'est une chanson douceuh que me chantait ma maaaaaaaaaa…

- Chut Alios, marmonna Sirius.

- Il est magnifique, murmura Talhyia, intimidée.

- Je sais, Ma Très Chère Dame, chantonna l'oiseau. Allez, traduis Siri !

- Il dit qu'il le sait, fit Sirius en levant les yeux au ciel, déclenchant un doux rire à la jeune femme.

Qu'elle était belle…

- Bien, c'est là, intervint Solène. Ruelle des Lionceaux d'Irlande du Nord, Unicorn Village. Nous sommes à environ quinze minutes du Centre. Et la maison est… Là ! Le numéro deux !

Deux grandes haies longeaient la rue, et les quatre adultes se dirigèrent vers le portail noir. Un vendeur vint à leur rencontre et leur présenta les lieux. C'était une très vieille maison entièrement rénovée et dont les fondations avaient été entièrement assainies et refaites.

Le sentier menant à l'entrée partait d'abord sur la gauche, sur la droite puis sur la gauche avant de déboucher sur deux marches devançant la grande porte.

L'entrée n'était pas grande, tout juste ce qu'il fallait. Sur la gauche se trouvait un endroit qui serait, d'après le vendeur, parfait pour un petit quartier d'elfes de maison, puis, en face, une petite buanderie et réserve.

En face de l'entrée se trouvait un grand salon, d'où on pouvait accéder aux escaliers disposés contre le mur du couloir. Ils se dirigèrent vers les escaliers et découvrirent, en face d'eux, une salle de bains assez grande et donnant sur la verdure présente devant la maison. Toujours sur la droite du couloir se trouvait un petit cellier puis la cuisine.

En face de la cuisine il y avait une grande chambre avec une petite salle de bain privée et un petit dressing. Entre la chambre et le salon se trouvait une salle à manger avec une cheminée qui devait partager le même conduit que celle du salon.

Le vendeur les mena ensuite sur la terrasse à l'arrière de la maison et ils virent un reste de ce qui fut autrefois un potager, un petit lac, et, sur leur gauche accolée à la buanderie, une grande volière.

Ils montèrent ensuite à l'étage. Il y avait le même salon qu'au rez-de-chaussée bien que légèrement plus petit et qui débouchait sur un petit balcon. Toujours comme au rez-de-chaussée se trouvait une salle de bain en face de ce salon, ainsi que quatre chambres sur leur gauche. Sur leur droite se trouvait un petit bureau, situé au-dessus de l'entrée, ainsi que la seconde et dernière pièce réservée aux elfes. Au bout du couloir se trouvait également des toilettes, une chambre en face de celle des elfes ainsi qu'une seconde en face du bureau.

Ils retournèrent dans le couloir et passèrent devant la salle de bain. La deuxième chambre au fond à droite avait également un petit balcon et celle au-dessus de la suite parentale avait aussi une petite salle de bain. Par contre, la pièce au-dessus de la salle à manger avait été aménagée en chambre bien qu'il y ait également une cheminée.

Le vendeur les laissa revisiter chaque pièce et les attendit en bas, devant la maison.

- C'est trop grand, grogna Sirius.

- Si tu reçois de la visite ? fit alors Regulus. Franchement je la trouve chouette. Et ce serait cool si les parents pouvaient venir ici de temps à autres. Ils seraient plus proches de nous, même si je comprendrais que tu ne veuilles pas les avoir sur le dos… juste des fois ? Puis si tu te fais des amis… Et ton filleul, il pourrait venir aussi !

- Et tu ne veux pas avoir une vie de famille, un jour ? renchérit Solène.

- Pour cela, il faudrait déjà que quelqu'un veuille bien de moi, ronchonna Sirius.

- Moi, je veux bien, fit timidement Tahlyia en rougissant.

- Je suis vieux, moche, et j'ai fait trop de bêtises dans ma vie…

- Quoi comme bêtises ? demanda Solène. Allez, vas-y, raconte nous !

- Il a martyrisé certains camarades de classe durant nos études, répondit Regulus. Et lui et son groupe d'amis ont fait les quatre cents coups… Ils enchaînaient des blagues pas drôles et des manquements au règlement !

- Et j'ai perdu quelques années de ma vie en prison, à tort.

- Si tu veux je peux t'aider à aménager cette maison, fit plus sérieusement Tahlyia.

- Tu… tu voudrais ?

- Bien sûr ! Je travaille dans un bureau, non loin d'ici, et je pourrais venir t'aider.

- Tu fais quoi comme métier ?

- Secrétaire-comptable, dans une entreprise d'import-export sorcier, à Ward's Cross. Et toi ? Tu as une idée de ce que tu voudrais faire ?

- Non, pas vraiment, mais il va falloir que je trouve. Il faut aussi que j'aille m'acheter une autre baguette, j'utilise celle que mon père avait en réserve mais bof…

- Tu ne veux pas reprendre tes études d'Auror ? demanda alors Regulus.

- J'y ai pensé, mais non. Je n'en ai plus envie. Père m'a dit avoir quelques idées… faudrait que je lui parle.

- Bah viens, on fini la visite et on appelle les parents ? demanda Regulus.

- Ok, ok. Vous aimez vraiment cette maison, les filles ?

- Oui ! répondirent en cœur Solène et Tahlyia.

Sirius lança un regard à son petit frère qui souriait. C'était un des rares véritables sourires qu'il voyait et celui-ci lui fit chaud au cœur. Peut-être que ce projet aiderait aussi son petit frère ? Peut-être qu'il pourrait venir de temps à autres ?

Le vendeur avait aussi parlé de souterrains aménageables et que la bâtisse pouvait être rapidement aménagée en un petit manoir confortable. Grâce à la Magie, il pourrait y créer un second étage, mais à quoi bon ?

Ils rejoignirent le vendeur, et Solène annonça qu'ils devaient réfléchir avant de donner leur réponse finale et ils prirent congé. Les quatre adultes retournèrent alors à Celtic'Muffin où les attendaient justement Lady et Lord Black.

Walburga tint à ce que les deux jeunes femmes restent avec eux et ils allèrent dans le parc du centre afin de boire un soda. Sirius leur expliqua les différentes visites, ses doutes et ses craintes sans oublier le fait qu'il ne savait absolument pas quoi faire de sa vie.

- Tu as plusieurs possibilités, fils, intervint Orion. Tu pourrais demander à Hardwin et Severus s'ils ont quelque chose à te proposer mais je pense que tu n'aimes pas les potions. Il y a aussi les jumeaux Weasley qui font de très belles inventions et j'ai entendu parler de tes frasques au collège. Ce serait peut-être une bonne chose que tu aides à superviser leurs œuvres et à les guider ?

- Ils font quoi exactement ? demanda Sirius, curieux.

- Ils aiment beaucoup inventer toutes sortes de choses afin de faire rire leur entourage. Des canulars à base de potions et de métamorphose généralement. Ils ont une imagination débordante. Tu es adulte et posé. Tu connais, maintenant, les limites à respecter, je me trompe ?

- Oui, Père. Je suis bien plus respectueux des règles aujourd'hui, fit doucement Sirius.

Il s'en voulait. Il n'avait jamais voulu faire autant de mal à Severus et il avait dû passer par la case « prison » pour se rendre compte de ses bêtises et de son inconscience.

- Je te vois plus adulte, plus réfléchis, fit alors Walburga. La Magie t'a même offert un magnifique Phénix dont tu prends véritablement soin. Ce serait une bonne idée, je trouve, que tu discutes avec Fred et George. Ils ont besoin de soutient dans leur projet et tu as assez d'argent pour vivre sans salaire le temps que leur projet prenne réellement vie. Qu'en penses-tu ?

- C'est jouable, pensa Sirius à voix haute. Dans ce cas, j'aurai aussi besoin d'espace…

- Les potions sont créées au Laboratoire des Potter et des Prince, mais vous pourriez effectivement stocker du matériel chez toi dans l'attente d'une ouverture potentielle de leur futur magasin, ne penses-tu pas ? proposa Orion. Et, dans ce cas, je participerai aux frais d'achat du futur local et ce ne sera pas négociable.

- Ah… Euh… Tu… tu es sûr, papa ? demanda Sirius, d'une petite voix.

- Ils ont vraiment beaucoup de talent, répondit simplement Lord Black.

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Londres

Cellule n° 5

Dans les livres pour jeune fille qu'elle avait dû lire étaient inscrit que souvent, nous voyions la vie en bleue ou en rose.

De ses yeux, elle ne voyait plus que des nuances de gris.

De la brume, des larmes, du gris, du noir. Des cheveux ternes, son regard éteint dans un miroir. Son enfance, par flash. Aucune pensée positive, non.

A quoi bon ?

Son corps faisait des choses qu'elle ne voulait pas. Elle avait essayé de combattre mais elle avait alors été grondée par sa mère, par son frère et par Lord Albus Dumbledore, Grand Homme, Grand Directeur de la meilleure école de sorcellerie du Monde.

Elle s'était sentie attirée comme un aimant par un corps qui lui semblait si puissant, rassurant. Son corps avait envie de toucher chaque partie de son corps. Pas elle, non. Son corps, son esprit tout entier, oui. Mais son cœur ne le voulait pas.

Qu'elle avait été heureuse, au fond de son cœur, que le jeune garçon ait gardé sa bouche bien fermée ! Elle s'écœurait elle-même.

Puis il y avait ces… Aurors. Ils lui avaient fait boire des potions, afin de la défaire de certains liens. Elle n'avait pas bien compris, mais ça n'avait pas réellement fonctionné. Elle fit alors ce que son esprit voulait d'elle : paraître aller mieux, sourire tendrement à sa mère hystérique et rejoindre la personne qui était venue les libérer.

Elle aurait tellement aimé voir son père, pensa-t-elle furtivement. Son père ? Mais… qui était-ce ? C'était quoi, un père ?

Les sortilèges qui furent discrètement lancés sur les surveillants des cellules eurent l'effet escompté. Les deux prisonnières du jour se virent relâchées et prise en charge par une tierce personne, que personne ne reconnut. Presque tous les aurors s'étaient laissé avoir par le sortilège puissant. Presque.

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- Ginny Prewett a subi plusieurs sortilèges de contrainte, marmonna Alastor Maugrey. Par Merlin, Mrs. Bagnold ! Je ne peux pas croire en ces résultats, il faut que j'aille parler à Albus de…

- Non.

- Je… pardon ?

- Vous n'irez en aucun cas discuter avec une tierce personne de ce qu'il se passe entre ces murs, Lord Maugrey, fit dangereusement la Ministre. Ceci est une affaire interne, qui doit être gérée par les Aurors et non par une tierce personne qui n'est pas un employé du Ministère et encore moins un Auror. Est-ce bien clair ?

- Ou… oui.

Alastor Maugrey – ou Fol'œil – n'avait jamais eu peur de quiconque. Mais Mrs Bagnold avait son respect, et rien que pour cela il ne transgresserait pas ses ordres et ses lois. Mais que pouvait-elle bien avoir contre Albus ? Le test était faussé, il en était convaincu. Quoi que… il y avait cette histoire mystérieuse, avec le père Weasley… Aie ! Son pied le faisait souffrir. Depuis quand ? Pourtant il tenait la réponse ! Qu'il haïssait cette manie qu'avait son pied de le faire souffrir dès qu'il était sur une piste !

- Réellement clair, Lord Maugrey ?

Le regard de Fol'œil vrilla.

- Apparemment, non. Nous allons donc devoir utiliser un sortilège de secret professionnel. Elfe Wyst. Appelez Lord Shacklebolt, s'il vous plaît.

Sans un mot, Alastor se rassit dans le fauteuil. Pourquoi était-il là, en fait ? Il vit arriver le grand homme du coin de l'œil mais ne lui adressa pas la parole. Kingsley lui lança le sortilège souhaité et quitta les lieux, sans un regard pour son collègue.

Alastor avait la langue liée et ne sembla pas s'en soucier. Il fit son rapport auprès de la Ministre puisqu'elle suivait l'affaire de près et pris congés.

Durant ce temps, Arthur avait rejoint son bureau, posé son sac et tenait sa tête de ses deux mains.

Sa fille… son petit ange… était dans un sale état. Pourquoi Dumbledore était-il aussi puissant ? Il était obligé d'user de glamours puissants lorsqu'il sortait de son Département. Son département.

Son regard alla de lui-même sur la pile de dossiers. Il devait se remettre au travail, et de penser aux projets abordés lors de la dernière réunion, mais son esprit était occupé par autre chose.

Sa femme qui ne l'aimait plus – mais était-ce réel ? – et sa fille… sa pauvre fille. D'ailleurs, où étaient Ron et son amie ?

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