Quand la pureté reste dans l'âme

Je me permets tout seul !

Bonjour tout le monde !

Voici le chapitre de la semaine !

Bonne lecture à tous ;-).

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 18 :

Je me permets tout seul !

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Vendredi 17 novembre 1989.

La famille Prewett avait repris sa routine après cette journée spéciale. Severus quittait le château régulièrement grâce à son héritage familial et Dumbledore ne s'était pas encore rendu compte des réunions secrètes que faisaient une partie de ses enseignants.

Tellement pris par ses activités au sein du Ministère, les diverses conversations avec la Ministre et le côté administratif de Poudlard, il semblait être dans sa bulle, heureux de regarder ses élèves et proches évoluer comme il l'avait souhaité.

Les jumeaux Weasley, par contre, se retrouvaient souvent en retenue. Snape avait dû arrêter de les punir sans arrêt, de plus qu'il avait aussi des potions à faire, améliorer ou encore créer. Depuis que Severus Snape s'était mis dans l'idée de lire un certain grimoire rempli d'idées et d'hypothèses concernant les potions, il avait eu le pressentiment qu'il devait continuer les recherches de ses ancêtres.

McGonagall avait donc dû se prêter au jeu des punitions concernant les jumeaux, bien que ce ne fut pas réellement difficile. Durant un de ses cours, elle aperçut un rat voleter au-dessus d'un groupe de Serpentard. Celui-ci s'était alors désossé et l'animal explosa juste au-dessus de la tête d'un des élèves, faisant hurler la moitié de la classe et rire les Gryffondor.

Elle eut alors la preuve de ce que Flitwick avançait depuis quelques jours : les jumeaux mettaient de plus en plus d'eux-mêmes dans ces blagues, bien que parfois celles-ci soient un peu écœurantes.

Elle était pourtant certaine que le rat n'était rien d'autre qu'une métamorphose d'un récipient rempli d'une potion étrange, car les intestins du rat se liquéfiaient alors qu'elle grondait vivement ses deux Gryffonds. Puis, les rires s'étaient accrus lorsque le pauvre élève de Serpentard avait vu ses cheveux prendre de la longueur jusqu'à en toucher le sol dans un dégradé de couleurs. Il eut également une verrue sur la paupière gauche et un doigt qui avait pris une couleur jaune fluo. Un grand serre-tête avec un cœur qui flottait dans les airs apparut alors de nulle part, agrémentant la couleur des cheveux de l'élève qui tentait, en vain, de retirer cette horreur.

Décidément, les jumeaux faisaient bel et bien preuve d'imagination.

Fred et George suivaient ainsi, à l'abri des regards et grâce à l'un des phénix et elfe de maison de la chauve-souris des cachots, des entraînements physiques ainsi que mentaux. Ils avaient immédiatement retrouvé cette confiance en leur oncle, Fabian Prewett, et celui-ci se régalait de leur apprendre l'art de l'esprit ainsi que quelques sortilèges. Il fut amusé de voir les frasques que faisaient ses neveux afin de se prendre des retenues, et leurs blagues devenaient de plus en plus poussées. Il leur conseilla alors, avec Severus, de tout écrire dans un carnet magique. N'en ayant pas, Fabian leur en avait offert un, peu avant mi-novembre. Severus leur demanda aussi expressément de lui demander son avis s'ils voulaient faire des expériences en potions, avant de créer quelque chose qui risquait fortement d'être mortel. Fred et George firent semblant de ne pas comprendre alors que Severus connaissait parfaitement l'existence des bonbons que fabriquaient les jumeaux afin de rendre malade certains Serpentards et Poufsouffles ainsi que l'existence du fameux rat puisque l'élève visé lors du cours de métamorphose avait expressément demandé à Severus de les sanctionner.

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La vie suivait son cours chez les Mordinov, Windsor, Potter, Black et Tonks. Nymphadora rendait souvent visite aux Mordinov pour Alekzandra, et Alekz se rendait quatre jours par semaine chez les Potter afin de profiter des cours plus approfondis qu'offrait Althus.

L'évolution de Harry se faisait ressentir. Il prenait confiance en lui, et surtout, en sa famille. Il regardait tous les soirs les photos que lui avaient données Severus et Hardwin, demandant par le biais de lettres à Severus quelques précisions de temps à autres. Cela faisait d'ailleurs quinze jours que le professeur de Potions n'avait pas pu quitter le château, et il avait étrangement bien envie d'avoir un week-end de libre, loin du château, et de revoir ceux qu'il pouvait considérer comme des amis proches.

Quant à la famille Weasley, Charlie était revenu au collège avec un visage froid quelques jours plus tard. Fred et George avaient voulu avoir des nouvelles de leur père mais il n'en fut rien. Charlie les avait évités durant quelques jours, et, ayant marre que ses frères tentent de l'intercepter aux quatre coins du château, il les piégea dans leur propre dortoir.

Charlie s'était alors mis à crier contre ses frères, les insulter, les frapper. Cela leur fit beaucoup de peine, ne comprenant pas ce qui pouvait mettre dans une telle rage leur grand frère. D'autant plus que Charlie parlait tellement rapidement que cela formait un mélange confus de mots et de rage.

Ils essayèrent de demander des explications, mais n'en n'eurent pas. La seule information qu'ils avaient eue était l'annonce fière de Charlie : au vu de leur ignorance de la définition du mot « famille », leur père allait très certainement les renier, si, un jour, il sortait vivant de cette épreuve. Il les informa également que leur absence s'était fortement fait sentir, et qu'ils étaient tous très en colère contre eux, et également contre Percy.

Charlie était ensuite parti en claquant la porte, laissant ses frères pétrifiés dans l'incompréhension la plus totale.

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Vendredi 1er décembre 1989.

Les heures et les jours défilaient, et ce qu'espérait Severus depuis plusieurs semaines se présenta à lui comme un pétale de rose sur une potion de Felix Felicis. En effet, lors d'une réunion de professeurs, Albus Dumbledore annonça son absence dès le soir même jusqu'au lundi suivant, donnant tous les droits de gestion et de décisions à son adjointe. Il y avait une rencontre de tous les Manitous de différents pays et la Confédération Internationale des Sorciers avait exigé, naturellement, sa présence dès le vendredi soir, avant dix-neuf heures.

Alors, lorsque la réunion prit fin et qu'Albus Dumbledore fut définitivement hors du château, Severus, Minerva, Chourave et Flitwick se retrouvèrent chez la directrice adjointe. Flitwick avait alors immédiatement pris la parole.

- Les professeurs Bibine, Burbage et Sinistra prennent les rondes de garde ce soir et cette nuit. Batsheba, Cuthbert et Horace prendront celles du samedi et ils échangeront le dimanche. Cela pour dire que Pomona peut rentrer chez elle, que ma présence ainsi que la tienne Minerva et celle de Severus ne sont pas nécessaires.

- Je suis tout de même la directrice adjointe, je me dois d'être présente.

- Tu pourrais t'absenter quelques heures, et un des phénix ou elfes de Severus te ramènerait sans que quiconque ne s'aperçoive de ton absence.

- C'est dangereux… fit Chourave.

- Et encore faudrait-il que je sois d'accord, intervint Severus.

- Où veux-tu en venir exactement, Filius ? demanda Minerva.

- Vous êtes idiots ma parole, marmonna le professeur de sortilège. Nous pourrions contacter Sergej, et discuter des actes de Dumbledore tous ensembles.

- J'avais pour plan de me rendre en Irlande, marmonna Severus dont l'espoir d'un week-end tranquille fondait comme neige au soleil.

- Et il y a les jumeaux Weasley et leurs retenues, fit Minerva.

- Nous pourrions… les amener avec nous le samedi matin éventuellement, avec l'accord et la présence de Prewett, s'il est d'accord, marmonna Snape.

- Ce soir ce serait mieux, surtout que Fabian vient au château dans deux heures.

- Severus, préviens ton ami ainsi que Fabian, qu'ils viennent plus tôt. Maintenant, si vous le voulez bien, allons manger, intervint Minverva. Ensuite, j'irai chercher les deux ados et nous nous retrouverons tous ici. Compris ? Allez, du balai !

Elle poussa ses collègues en-dehors de son appartement, pris une cape et sortit à son tour. Les couloirs du château se faisaient de plus en plus froids et elle ne voulait pas attraper de pneumonie.

Le repas se passa sans encombre et chacun avait rejoint ses activités personnelles pour le week-end. Le château était calme, comme à son habitude depuis quelques années déjà.

Enfin, cela n'était tout de même pas le cas partout dans le château…

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Fred et George voulaient des explications sur l'étrange réaction de Charlie. Ils n'avaient toujours pas compris et se sentaient frustrés. Ils avaient donc rejoint leur frère dans son dortoir encore vide et Fred lança un sortilège de silence appris depuis peu grâce à Flitwick avec qui il avait eu une retenue pour avoir changé la baguette de son voisin par une baguette en réglisse.

Charlie, qui ne les avaient remarqués que trop tard, se leva de son lit sur lequel il lisait tranquillement et fit face à ses deux frères. D'abord surpris, une colère sourde monta dans sa gorge. Il leur demanda de partir, mais George lui demanda de s'expliquer, car ils ne comprenaient vraiment pas le sens de leur dernière conversation.

- Comment vous permettez-vous de telles actions ? fit dangereusement Charlie.

- Je me permets tout seul ! cracha George. Depuis des semaines, on attend des nouvelles de papa ! Des semaines ! cria-t-il. Dumbledore nous évite et toi, tu nous as gueulé dessus comme si nous n'étions que des pauvres imbéciles !

- Mais c'est parce que c'est ce que vous êtes ! cria à son tour Charlie. Les parents sont terriblement déçus par votre attitude ! Ils ont été très tristes et terriblement déçus de votre absence ! Ginny et Ron ont parlé sur votre dos, et Dumbledore a rajouté une couche en disant qu'heureusement que vous n'étiez pas là car vous êtes des éléments perturbateurs qui ne respectent personne ! cracha Charlie.

- Mais nous voulions venir ! Mais Dumbledore nous disait que…

- Vous ne valez pas mieux que Perce, rajouta Charlie qui ne gérait plus sa colère. Vous êtes ingrats, égoïstes, et faites bêtises sur bêtises ! Ce n'est pas une école de clowns, ici !

Fred, ne comprenant pas pourquoi son frère niait une chose évidente fronça les sourcils.

- Charlie, commença plus calmement Fred. Tu ne peux pas comprendre, parce que tu n'as pas connaissance de tout. Tu nous fais confiance, non ?

- Ecoutez les jeunes, je ne sais pas ce que vous mijotez, mais vous décevez tout le monde. Absolument toute la famille. Et non, je ne vous fais plus confiance ! Je pensais que vous aimiez les parents.

- Mais bien sûr qu'on les aime et qu'on voulait venir ! ragea George. Il faut que je te le dise en quelle langue ?

- C'est Dumbledore qui ne voulait pas, Charlie. Il nous a manipulés.

- C'est impossible ! Dumbledore a dit à maman que vous aviez réagi exactement comme Perce et que vous sembliez n'en avoir rien à faire de l'état de papa !

- Je te jure que c'est faux, fit Fred en retenant son frère. Et certains professeurs peuvent confirmer nos dires. Pour Perce, on ne sait pas, il nous évite comme la peste !

- Je vais voir Dumbledore, au moins, lui, il me dira la vérité.

- En aucun cas, Monsieur Weasley, fit alors une voix derrière eux.

Tous sursautèrent et George, qui avait du mal à se contrôler depuis le matin même, s'était relevé d'un bon en pointant sa baguette vers le professeur.

- Baissez votre baguette, George, fit plus doucement le professeur. Le fait d'apposer un sortilège de silence m'a averti qu'il se passait quelque chose en ces lieux, et je préfèrerais sincèrement que ce « quelque chose » se passe autre part. Suivez-moi, tout en étant calme, sinon vous aurez quelques sortilèges cuisants qui brûleront vos fesses, messieurs. Maintenant, sortez d'ici en silence.

Bouche bée devant leur professeur de Métamorphose dont ils craignaient une quelconque punition, les trois enfants Weasley eurent besoin de quelques secondes avant de bouger. Minvera les regardait durement et les attendait dans l'encadrement de la porte.

Quelques minutes plus tard, ils se trouvèrent dans les appartements privés de Minerva, lieu qu'ils n'auraient jamais imaginé voir. Seulement, ils entendaient des voix qu'ils ne connaissaient pas.

- On a de la visite, fit froidement Minerva en poussant les adolescents dans le salon.

Un long silence s'ensuivit. Severus Snape, Filius Flitwick, Pomona Chourave, Sergej Mordinov, Hardwin Potter, Léto Prince ainsi que Fabian Prewett se trouvaient dans le salon, debout, et firent un signe de tête aux trois adolescents. Fred et George furent heureux de voir leur oncle, mais ils craignaient la réaction de leur frère.

- Oncle… Fabian ? hésita le plus âgé des trois.

- Bonjour, mon neveu, fit Lord Prewett avec un grand sourire. Tu m'as manqué, ça me fait plaisir de te voir.

- Mais… maman m'avait dit que tu ne voulais plus me voir, fit Charlie sur un ton étrangement craintif et en se frottant le front.

- OK, fit Fabian. Là, je vais vraiment tuer Dumbledore, les enfants.

- Prewett, du calme, grogna Hardwin. Déjà, fais immédiatement le Rituel du Silence. Je m'en fiche qu'il ne soit pas d'accord et je ne veux ni qu'il nous dévoile, ni lui imposer un serment inviolable.

- Désolé, petit, fit Sergej en s'approchant de Charlie qui n'osait plus bouger.

Dans quoi les avait amenés le professeur McGonagall ? se demanda alors courtement Charlie avant de sentir une présence dans son esprit.

- Charlie Weasley, fit alors Sergej. Navré de t'imposer cela, mais c'est pour ta propre sécurité, pour ton bien et surtout, pour le bien de ta famille. Je dois délier des sorts, et le professeur McGonagall te donnera des potions. Compris ? Bien.

Sergej marmonna alors quelques paroles que Charlie ne comprit pas.

- Des sortilèges augmentant ta colère et ta confusion étaient présents, désolé pour le petit picotement dans tes mains, c'est un effet du contre-sort qui restera durant une petite heure. Si tu rencontres Dumbledore à partir de maintenant, il faudra faire ou du moins lui dire « oui » s'il te demande de faire ou dire quelque chose. Car c'est ce qu'il attend de toi, apparemment, de croire tout ce qu'il te raconte. Ensuite, à toi de voir si tu souhaites nous en informer ou gérer seul la situation. Par contre, le rituel ne te fera pas mal, et ne sera actif que pour ce que tu apprendras à notre sujet et contre le professeur Dumbledore. Tu auras du mal, au vu de ton état d'esprit, mais ce n'est pas de ta faute. Il te faudra quelques heures pour que tout soit clair dans ton esprit. Bien… Voyons voir…

Sergej cherchait un endroit où loger le rituel dans l'esprit ordonné de l'aîné. Les lieux semblaient poussiéreux, comme si le jeune homme ne s'était plus entraîné depuis des lustres, mais les bases étaient là. Il vit alors une boîte en argent posée sur un rocher au milieu d'une mer sombre. Il dédoubla la boite, y logea le rituel et la fit disparaître dans la roche.

Lorsqu'il sortit de l'esprit du jeune homme, Minerva et Pomfresh retenait le corps du garçon.

- Buvez, ordonna alors l'infirmière.

Charlie se laissa faire, ne pouvant pas réellement réfléchir. Et alors, la pièce s'illumina. Charlie fronça les sourcils. Non, l'intensité de la lumière devait être restée la même, mais… quelque chose avait changé.

- Vous aviez quelques puissants sortilèges sur vous, mon cher, fit Sergej d'une voix plus douce que d'ordinaire. Bien, maintenant que nous sommes tous là, faisons les présentations. Vous êtes tous liés par le Secret et cette pièce est définitivement sûre, même si je n'ai aucune confiance en ces lieux…

Snape soupira.

- C'est bon, Sergej, nous allons au Manoir.

- Tu as encore changé d'avis ? rit alors Hardwin.

Severus Snape lui lança un regard noir et fit apparaître quatre de ses elfes et ses phénix. Oèn prit en charge les jumeaux, Breval s'occupa de Charlie et Léto. Sinéad prit d'office le bras de Minerva et Pomona. Delyth s'empara du bras de Flitwick avec elle. Sergej disparut à l'aide de Zephyr, Fabian de Surya, Severus et Poppy de Névius.

Ils atterrirent alors dans le petit salon du Manoir de Severus.

- Je ne pourrais pas rester longtemps, fit Minerva en prenant place dans un des fauteuils.

- Je sais, fit Sergej. Tu retourneras au château avec les ados.

La petite réunion commença alors. Fred et George savaient à peu près à quoi s'attendre, mais Charlie leur avait lancé un regard interrogatif. Les adultes expliquèrent rapidement à Charlie certains actes de Dumbledore, ou du moins la partie la moins complexe de tout ce dont ils avaient connaissance.

Charlie observait les adultes tout en ayant les yeux de plus en plus ouverts. Plus il se concentrait, plus il apprenait des choses qui, en fin de compte, lui paraissaient logique. Il était assez grand pour faire la part des choses, et il savait pertinemment qu'il pouvait avoir confiance en son oncle. Il remarquait aussi que les adultes évitaient certains sujets qui devaient être très sensibles, et qu'ils ne leur disaient pas tout. Que des choses bien plus graves s'étaient produites…

Fabian s'était justement assis à côté de Charlie, tout en posant un bras rassurant autour de ses épaules.

Les discussions diverses parlaient de futurs procès contre Dumbledore pour manipulation, recherche d'informations privées, prises de décisions qu'il n'aurait pas eu le droit de prendre. Les garçons ne connaissaient pas tous les détails, mais au moins, ils se sentaient utiles, car les adultes leur demandèrent ce qu'ils souhaitaient faire : aider en s'entraînant, apprenant de nouvelles choses dont Dumbledore empêchait l'apprentissage – la magie sans baguette par exemple – et les runes celtes. Ils auraient ainsi toutes les cartes afin de résister aux manipulations de Dumbledore.

Puis, après ces courtes explications et discussions, les adultes expliquèrent à Charlie ce qu'il s'était passé dans le bureau de Dumbledore avec Fred et George. Pour ce qui était de Percy, ils ne savaient pas ce qu'il s'était passé, mais craignaient que ce soit à peu près la même chose.

- Je t'aime comme un fils, Charlie, intervint Fabian. Je ne savais pas que ta mère était manipulée. J'ai cherché le contact, mais toutes mes lettres me revenaient, et n'avaient pas été lues. Je suis désolé de ne pas avoir tenté autre chose que ces lettres. J'aurais dû.

- Mon oncle, intervint doucement George alors que Severus distribuait des parts de gâteau, tu ne pouvais pas savoir. On ne t'en veut pas.

- Euh… fit Fred en voyant une assiette approcher de lui.

- Promis, elles ne sont pas empoisonnées, fit ironiquement Snape.

Charlie lança un regard compatissant à ses frères. Il savait, maintenant, ce qu'il s'était passé et cela lui retournait l'estomac. Il comprenait la rage de ses frères et se sentait coupable de ne pas avoir cherché la discussion et d'avoir cru bêtement ce que leur avait raconté Dumbledore.

D'habitude, il cherchait la communication, étant toujours ouvert à la discussion et voulant toujours tout mettre au clair avant de croire quoi que ce soit. Il avait, là, la preuve que Dumbledore les avaient bel et bien manipulés, car son comportement n'avait pas été normal.

- Je sais, professeur, désolé… mauvais souvenir.

- Ne me dites pas que vous n'avez mangé aucun dessert depuis cet épisode ! les gronda doucement Chourave. Oh, mes pauvres chéris !

La professeur de botanique se leva alors et prit les jumeaux, un à un, dans ses bras puissants.

- Je suis tellement désolée pour vous, mes enfants. C'est inadmissible, ce que fait cet homme.

Les garçons, dont le visage avait viré au rouge, acceptèrent l'étreinte sans rien dire. Etrangement, cela les réconfortait.

- Charlie, tu es d'accord pour nous aider dans notre quête ? demanda alors Fabian. Je comprendrai si tu dis non, mon petit, et ne t'en voudrai pas. Tu fais tes choix. Il ne faut pas que tu te sentes forcé, compris ?

- Bien sûr que je vous suis, fit Charlie, mais il nous faut une solution pour nous protéger. Dumbledore a des manières assez vicieuses, je trouve.

- Il faudra te joindre à nos entraînements, fit Fabian. J'entraîne tes frères durant leurs retenues.

- Sérieusement ? Ils…

- Ils font des blagues pour se prendre des retenues, oui, fit Severus avec un petit rictus sadique. C'est qu'ils aiment faire les clowns, ceux-là, mais je dirais que le pire, c'est qu'ils ont de très bonnes idées pour rendre le sourire à tout le monde.

- Je… oh, je suis désolé Fred, George… je…

- Charlie, tais-toi, fit Fred d'une voix plaintive. Le plus important, c'est que tu sois ici avec nous, et que tu sois de notre côté.

- Bien, après cet instant émouvant…

- Oh, Severus, râla Leto alors que le reste des invités riait de bon cœur.

- Mais, fit Charlie en souriant légèrement, comment tu fais, mon oncle, pour venir sans que Dumbledore ne le sache ?

- La magie des elfes et des phénix, Charlie, répondit l'homme. Ceux de Severus viennent me chercher, et comme ils sont rattachés à lui, et étant professeur à Poudlard, cela ne se remarque pas. D'autant plus que Dumbledore ne connaît pas leur existence.

- Comment cela se fait-il ?

- J'ai eu droit à un certain héritage, éluda Snape.

Ils avaient discuté, ri et grignoté pendant trois heures. Minerva, par acquis de conscience, était rentrée au château et avait fait croire à la présence des frères Weasley dans leur lit grâce à son don de métamorphose. Elle n'avait pas un doctorat pour rien, en fin de compte.

Elle avait ensuite rejoint ses appartements et s'était assoupie sur son canapé.

Les Weasley, eux, n'étaient finalement pas rentrés de la nuit. Minerva avait vidé les lits alors que les autres garçons du dortoir étaient en train de prendre leur petit déjeuner. Normalement, les jumeaux devaient avoir une retenue avec Severus, mais Charlie…

Filius était alors arrivé devant la Grande Salle en agrippant le bras de Minerva et lui adressa immédiatement la parole devant les élèves, lui expliquant une conversation passionnante sur les sortilèges de soins pour dragons, thème favori de Charlie Weasley qui semblait avoir été son interlocuteur. Minerva sourit alors devant la scène que lui faisait son collègue tout en arrivant vers la table des professeurs.

Fred et George étaient en effet restés au Manoir, avec Charlie, pour la nuit ainsi que le début de matinée. En réalité, les garçons s'étaient endormis dans les canapés alors que les adultes avaient lancé un sortilège de silence, parlant de sujets plus complexes dont le petit Harry. Ils n'avaient en effet pas nommé l'enfant devant les garçons et préféraient que cela reste encore plus confidentiel que le reste.

Après tout, Charlie était certes en âge de tout comprendre, mais les jumeaux avaient beau être plus matures que la norme, les adultes voulaient les protéger au mieux. Ils connaissaient les grandes lignes, maintenant, et avaient pu manger un second dessert accompagné d'une tisane qui avait aidé leur sommeil à prendre le dessus. Severus leur avait alors donné la seule chambre à l'étage qui avait été nettoyée par ses elfes. Flitwick les avaient montés avec un sortilège puissant de lévitation et les garçons ne s'étaient pas réveillés. Fabian veillait dans le salon, tout en discutant avec Severus et Flitwick. Ce dernier avait prévu de rentrer au château, accompagné des trois élèves.

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Lorsque tout ce petit monde fut parti de chez lui et que Pomona rejoignait sa propre famille, Severus se décida à contacter les Potter. Elizabeth l'invita immédiatement pour le repas de midi. Il se doucha alors, prit des habits un peu plus chauds et emprunta le réseau de cheminée.

Hardwin l'accueillit alors en premier.

- Bonjour, Lord Prince !

- Potter, fit ironiquement Severus.

- Je sais, je sais, tu détestes ce titre. Pourtant, il est tiens ! Bon, tu as fini le fameux grimoire ?

- En grande partie. Il y a des idées de potions pour les descendants de sorciers qui ont très peu ou pas de magie en cas de cancer. Et ce qui m'intrigue, c'est que jusqu'ici, personne n'a cherché quoi faire contre la pneumonie magique, le cancer du foie et les malformations génétiques…

- Et ?

- Et… j'ai une petite idée sur certains plans, mais j'ai du mal à me concentrer, aussi bien à Poudlard qu'au Manoir. Bref. Comment vont les enfants ?

- Philipp a repris des cours privés avec un professeur particulier afin d'approfondir les matières qui le mettent en difficulté. Harry est donc seul avec Althus la plupart du temps. Clarence a fait un peu de magie incontrôlée cette semaine. Alekzandra, Jania et Leonius viennent maintenant deux matinées par semaine.

- Et Harry s'en sort bien ?

- Ça peut aller. Etrangement, il a réussi à lire en moins de deux mois. Bon, le niveau n'est pas encore très élevé mais ça vient. C'est la partie écriture qui est plus pénible pour lui. Par contre, niveau magie, c'est le jour et la nuit. Sans compter que grâce à tes conseils et les entrevues avec Alekzandra, Harry en a appris beaucoup. Et il aime passer du temps avec moi au laboratoire, je lui donne souvent des ingrédients à découper et il se débrouille plutôt bien. Il a adoré refaire une potion de bulles magiques odorantes. Et Salazar ne le lâche toujours pas d'un poil.

- Ah, oui, le chat. Ses petits vont bien ?

- Oui, ça va. Comme tu sais, la plupart des petits de Berlioz et Bia ont été vendus. C'est toujours une période difficile pour Eliz', de les laisser partir après trois mois de câlins. E'Mileto, qui portait bien son nom d'ailleurs, ça veut dire « destruction » justement, est parti en premier le 20 septembre, Elwyn qui était un crème tabby est parti le 10 octobre, tout comme Ethior, Enoria, Ewen et Ella. Seuls E'Caleum, un mâle blue smoke, et la femelle Elf'Inn qui aurait dû partir mais les gens se sont désistés, sont restés. Elle est black smoke. Enfin… je sais que tu aimes bien certains chats. Mais je doute que ce soit ton sujet préféré, termina Hardwin en riant.

- Si, si, ça m'intéresse. Elizabeth ne parle pas beaucoup de son élevage.

- Oui, elle essaye de garder une certaine distance par rapport à ça. C'est sa passion, mais se séparer de chaque chaton est toujours difficile. C'est un peu comme ses propres bébés, tu comprends. Puis il y a tous les tests génétiques à faire, les contrôles, vaccins… Et comme elle vend aussi à des Sans-Pouvoirs, qui heureusement ne voient que cette partie de la maison, elle préfère les faire à la moldue en combinant avec des sortilèges spécialisés grâce à notre vétérinaire. Enfin, c'est assez complexe au final, car il faut respecter la race et faire attention, lors des mariages entre chats, que les tares soient inexistantes tout en faisant attention au bien-être de l'animal et des futurs chatons. Heureusement, nous avons la magie, cela nous permet de lancer des sortilèges faisant le même effet que des contraceptifs sur les animaux et aussi protéger les mâles et femelles contre leurs chaleurs, sinon nous aurions des miaulements de chat en continu.

- Et les chatons de Salazar et Tania, alors ?

- Ils se portent tous bien. Il y a eu trois femelles et deux mâles, comme tu le sais bien. Celui que Harry a sauvé se prénomme Eizan et on se doute que le petit ne voudra pas que nous nous en séparions, donc nous prévoyons de le garder. Evène et Elfy, deux des femelles, ont déjà trouvé leur famille : des gens d'Irlande du sud, de gentils Sans-Pouvoir adorant cette race, ils sont venus les chercher début novembre, après les trois mois des chatons. Eulaly est partie mi-novembre et Evahn avant-hier. Eizan reste souvent avec Clarence ces dernières semaines, c'est mignon. Enfin, tu viens ? Nous allons manger.

Severus resta le reste de la journée chez les Potter. Léto Prince était arrivé en milieu d'après-midi et discuta longuement avec Hardwin alors que Severus fabriquait quelques potions pour leur projet commun.

Harry, lui, était retourné dans sa chambre. Les jours défilaient et bizarrement, il ne s'était jamais aussi senti bien que chez cette famille qui l'avait accueilli les bras grands ouverts.

Mais… est-ce que cela allait durer ? Il avait beau fermer cette porte dans son esprit, les questions refaisaient surface dès qu'il avait le temps de penser. Il était ici depuis bientôt six mois, et les semaines s'étaient écoulées bien rapidement.

Les premiers jours avaient été difficiles, pour lui. Philipp le collait sans arrêt, lui expliquant tout un tas de choses auxquelles il ne comprenait absolument rien. Heureusement qu'Elizabeth était là pour lui sauver la mise. Puis il avait rencontré Alekzandra, Jania et Leonius. Jania était discrète mais toujours là, avec une pochette remplie de crayons, feuilles et livres. Elle avait souvent l'air d'être dans un autre monde et écrivait beaucoup. Leonius, lui, aimait courir, chanter… et surtout apprendre, tout comme sa sœur jumelle. Alekzandra, elle, était d'autant plus spéciale qu'elle parlait plusieurs langues. Elle répondait toujours à ses questions, et lui avait appris à ordonner son esprit. Il n'en voyait, jadis, pas l'utilité, mais il devait à présent avouer qu'il était moins enclin à la panique depuis cette après-midi-là. Il essayait de matérialiser chaque souvenir dans son esprit et de leur trouver la place qui leur correspondait. Il y avait aussi une petite prairie, entourée des haies de son labyrinthe. Celle-ci était remplie d'herbe et d'odeurs délicieuses comme dans le jardin du Manoir. Quand il avait besoin de s'endormir, il s'imaginait alors être allongé dans l'herbe, au milieu de cette prairie qu'il avait créée grâce à Jania, qui pensait à chaque détail, et Alekzandra qui arrivait à se matérialiser dans son esprit afin de l'aider sous les conseils de Jania.

Les relations qu'il entretenait avec sa famille étaient totalement différentes que celles qu'il avait avec Dudley, Oncle Vernon et Tante Pétunia. Il avait du mal à comprendre le comportement aussi différent des deux familles. Mais il était certain d'une chose : Elizabeth et Hardwin l'aimait au même point que leurs autres enfants. Il ne s'en sentait pas digne, mais il avait bien compris qu'il n'avait pas le choix.

Cela le fit sourire.

C'était tellement… étrange.

Puis il y avait eu cet homme étrange, qui paraissait plutôt froid comme Althus. Léto Prince. Il lui avait parlé, une fois. Hardwin lui avait demandé de venir près d'eux et Léto lui avait gentiment demandé quelque chose.

Gentiment. C'était étrange, car cet homme avait l'air si froid et si dur…

Hardwin lui avait demandé d'accorder sa confiance à cet homme. Harry n'était pas certain de pouvoir le faire, mais il entendit alors Léto lui demander s'il se sentait bien, ici. Il répondit à l'affirmative, bien entendu. Puis il y eut cette question… « Est-ce que les Dursley te manquent ? ».

Il n'avait pas répondu. Il était resté là, devant les adultes, avant de sombrer dans ses pires cauchemars.

Léto ne lui avait plus reposé cette question, mais Harry cherchait toujours la réponse. C'était sa famille, après tout. Et Leonius lui avait bien expliqué que le mot « famille » est un mot englobant toutes les personnes qui ont le même sang, et généralement, ce sont des personnes qui s'aiment les unes et les autres. Mais… pourquoi lui, n'avait aucun sentiment pour les Dursley ? Pourquoi, dès qu'il y pensait plus profondément, son estomac se tordait et une boule montait dans sa gorge ? Pourquoi…

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