Quand la pureté reste dans l'âme

Le charme des Rituels

Bonsoir tout le monde !

Désolée du retard de publication, je n'étais pas là ce weekend ;-) et la semaine est chargée. C'est pourquoi je poste rapidement ce soir, en espérant que vous m'excuserez du retard !

Bienvenue aux nouveaux lecteurs et merci à vous tous d'être aussi fidèles à cette fanfiction !

Merci également à ma correctrice.

Sur-ce, je vous laisse pour que vous puissiez enfin lire ce chapitre ! Merci pour vos commentaires !

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 30 :

Le charme des Rituels

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Écoute durant le chapitre, Joy Williams ''Child Of Eden''

Liberty Charms, lundi 6 août 1990

Le soleil emplissait les environs, brûlant l'herbe verte et caressant les douces fleurs, laissant échapper les parfums agréables des roses et de la sève.

Les arbres fruitiers offraient leurs fruits étincelants, la douce brise de la matinée déposait quelques gouttes sur les brins d'herbe encore verts… le paysage était magnifique et les cris d'enfants heureux se faisaient entendre, au loin.

Le week-end était passé à une vitesse incroyable et les idées pour Le Projet des Enfants avaient commencées à prendre vie. Personne n'avait eu envie de partir le dimanche soir et la rencontre «familiale» continua en cette belle journée d'été.

Ils avaient beaucoup joué, couru dans l'herbe et entre les arbres du domaine, construit des cabanes en bois et en toile et bien évidemment mangé énormément de gâteaux. Ce fut un « week-end de rêve », d'après les enfants. Inoubliable.

Il était 10 heures du matin, et les enfants suppliaient Nikolaï – ainsi qu'Isaak venu exceptionnellement en Irlande – d'effectuer un rituel spécial.

Les livres avaient trouvés leur propriétaire et chacun décida d'écrire ou de dessiner ce qui leur tenait à cœur sur les premières pages. Certains laissèrent la première page blanche, et dessinaient un animal ou un objet, avant d'inclure quelques citations par-ci, par-là.

La dixième page était réservée à une sorte de sommaire, que l'on pouvait étrangement dérouler, sur la même page, en faisant glisser le texte vers le bas ou le haut en touchant la page de son doigt. Il y avait aussi, dans le bas, un petit losange avec une plume, indiquant que l'on pouvait cliquer dessus afin de rechercher un certain mot, un numéro de page ou autre. Nikolaï avait utilisé une plume spéciale, donnée par un hippogriffe des centaines d'années plus tôt et qui avait subi une transformation magique grâce aux pouvoirs incontournables des Romanov-Mordinov.

La plume avait permis à Nikolaï d'utiliser une magie spécifique et d'inscrire des runes invisibles à l'œil nu sur l'intérieur de la peau de griffon. L'encre noire de cette plume avait également donné le sommaire, modifiable selon les souhaits de l'utilisateur.

Ils avaient effectué un sortilège de liaison gaélique, appris dans un vieux grimoire, afin que seuls les propriétaires des livres puissent en lire le contenu. Les parents avaient la possibilité de lire ceux de leurs enfants, mais à part cette exception, personne ne pouvait lire le livre de l'autre.

Le rituel liait la magie et l'âme du propriétaire au livre concerné et protégeait donc contre l'intrusion d'un tiers, même sous les effets d'une potion telle que le polynectar anglais.

Le livre pouvait disparaître, devenir plus petit, plus léger, se transformer en bracelet ou en chaîne avec une montre à gousset. Il suffisait de connaître l'informulé. Niklas et Alekzandra avaient aussi trouvé un sortilège permettant aux futurs stylos de s'attacher au livre, et d'y disparaître à l'aide d'un petit sortilège lui aussi informulé.

Nymphadora avait été surprise devant tant d'ingéniosité et avait aussi eu la possibilité de prendre part aux recherches. Le livre comprenait, physiquement, cent sept pages. Les pages n° 11 à 48 étaient réservées aux conversations privées, entre deux à quatre personnes, et les pages 52 à 89 étaient réservées aux groupes de discussion. Chaque conversation était présente sur deux pages côte à côte, laissant 37 possibilités de conversation. Celles-ci était aussi archivables afin d'en ouvrir d'autres. Les conversations archivées étaient disponibles grâce à un mode de recherche, le même losange avec la plume colorée, sur les pages 90 et 91.

Les pages 92 à 100 étaient à nouveau laissés à la créativité de l'utilisateur, pour les notes importantes, les rappels, et les paramètres modifiables de ce livre purement magique.

Ils étaient, sans le savoir, les créateurs du « messenger » ou du « whatsapp » moldu qui ferait son apparition bien plus tard…

Les pages 48 à 51 restaient inutilisées pour une raison que seuls Nikolaï, Isaak et Hardwin connaissait.

Les enfants apprirent puis lancèrent un sortilège de confusion, afin qu'une personne apercevant ce livre n'y porte aucune attention, car ils étaient conscient de devoir s'écrire devant d'autres personnes. Il y avait aussi un autre sortilège de confusion dédié aux personnes extérieures voyant les pages : ils y trouveraient donc, soit des insultes, soit des dessins anodins ou encore des énigmes, selon le choix de l'utilisateur.

Audrey, Jania et Nymphadora trouvèrent un sortilège de tromperie russe qui compléta parfaitement les deux sortilèges de confusion en une protection supplémentaire, puis Leonius et Niklas, qui ne se connaissaient pas vraiment, s'étaient attardé sur un livre irlandais traitant de rituels anciens.

Il y avait un rituel de propriété, permettant à l'objet de revenir à son propriétaire si celui-ci l'avait perdu ou si on lui avait volé peu importe les sortilèges posés dessus par le tiers. Il y avait un rituel d'encre éternelle, permettant à l'encre qui se déposait sur les pages de rester en mémoire à jamais. Il y avait un sortilège celte aussi, permettant de rajouter des couleurs aux écritures selon celle que l'on choisissait grâce à un petit menu sur la droite de l'écran en touchant un dessin de fleur – ou un autre symbole selon le choix – avec un doigt.

Pavel, Nadège et Leonius avaient également trouvé un rituel dit « cellulaire » permettant, selon un petit panel de sortilèges, de rajouter des images en fond de page, visible ou non par le destinataire du message selon les choix de l'utilisateur.

Et le rituel final, trouvé par Philipp Potter et Mattews Sevolod, encrant et liant les différentes magies présentes dans les pages et dans la couverture épaisse du livre, et c'était justement pour cela qu'ils insistaient auprès des deux vampires Mordinov.

C'était un trésor de magies.

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Il était quatorze heures, et le soleil réchauffait, comme chaque jours depuis une semaine entière, la pelouse et les environs du domaine des Potter. Les 16 enfants, adolescents et jeunes adultes présents étaient autour d'un feu de bois, préparé sur la pelouse et entouré de pierres grises et bleues.

Abigaelle, Harry et Philipp Potter ; Leonius et Jania Windsor ; Tomek, Alekzandra, Nadège et Pavel Mordinov ; Katya et Dorian Stegnov ; Luka, Audrey et Niklas Driomow ; Mattews Sevolod ; et Nymphadora Black-Tonks se tenaient droits et fiers autour des flammes rouge sang.

Ils seraient le noyau de leur groupe qu'ils formaient à présent, incluant leurs frères et sœurs encore trop jeunes pour comprendre ce qui leur tenait à cœur : faire de leur amitié un lien plus fort, leur permettant de communiquer quoi qu'il advienne. Ils ne savaient pas réellement pourquoi, mais ils sentaient que ce serait une chose importante dans un avenir proche, qui leur promettait un soutien nécessaire à certaines épreuves. Les adultes présents, dont la plupart étaient les parents de ce petit groupe, avaient imposé une chose pour le rituel : ce serait eux, qui donneraient de leur sang, et non les enfants. Chaque adulte vint donc déposer une goutte de sang, se piquant l'index à l'aide d'une petite aiguille, au milieu du feu qui ne brûlait pas.

Les flammes orangées léchèrent les gouttes qui tombaient, une à une, et les plus jeunes frissonnèrent. Non, ils ne regrettaient pas, mais oui, ils trouvaient cela écœurant d'utiliser du sang pour une telle chose.

Ils avaient appris une incantation le matin même, répétant les mêmes mots, les mêmes phrases…

« Nous voulons être unis,

grâce à Magia,

protéger nos familles et proches amis.

Avancer pas à pas,

dans ce monde rempli de magie.

Pour rester toujours plus proche nous souhaitons communiquer

pour ne pas se sentir seuls, perdus ou abandonnés,

simplement pour discuter et ensemble planifier notre avenir.

Si nous venions à perdre la raison, à fuir le bon chemin,

à faire du mal à nos amis et notre famille et le mal chercher en vain,

ce rituel sera rompu et le traître dans le livre ne pourra plus lire ni écrire.

Il quittera le Cercle, ce cercle que nous voulons créer,

afin de protéger la Magie, nos magies,

et faire revivre celles que les êtres ont osé oublier ou enfouir dans l'Histoire. »

Les phénix des adultes présents voletèrent alors au-dessus de la ronde, laissant couler des larmes imprévue au centre du feu orangé.

Des étincelles argentées jaillirent alors du petit feu comme un feu d'artifice, faisant apparaître des étoiles sur les livres déposés au centre du cercle.

Isaak et Nikolaï Mordinov, en tant que vampires et proches de toutes ces personnes, terminèrent alors le rituel à l'aide d'un charme très ancien.

Ils tendirent leurs mains, à l'opposé l'un de l'autre, et des filaments plus ou moins épais sortirent des bras des deux vampires avant de fusionner au-dessus du feu.

Nikolaï scandait un chant russe alors qu'Isaak prononçait une litanie latine, inconnue de tous.

Mués d'un instinct sans faille, les enfants levèrent les bras vers le ciel et inspirèrent profondément.

Le soleil brillait à pleine puissance, réchauffant leur peau, leurs vêtements et leurs cheveux. Ils s'allongèrent sans quitter le ciel des yeux et le pollen, des pétales et de l'herbe jaunie voleta tranquillement au-dessus d'eux, comme une douce couverture qui les frôlait sans les blesser. La magie se mêla à la danse.

Les adultes, debout, tenant la main des plus jeunes, observaient le spectacle éblouissant. Magia était présente, en personne, de cela ils ne pouvaient pas douter.

Le sévère professeur de Poudlard, Severus Snape, ne pu empêcher deux larmes qui coulèrent, sans qu'il ne bouge d'un millimètre, le long de ses joues. Il sentit la poigne puissante de Sergei se serrer autour du bras ayant la Marque. Il ferma les yeux, comme pour se concentrer sur l'odeur qui titillait ses narines.

« Tu dois te débarrasser de cela, Severus » fit une voix qu'il ne connaissait pas.

Il ne sursauta pas, n'esquissa aucun mouvement.

« Accepte l'offre de ton ami ; les morceaux d'âmes de Lord Voldemort seront bientôt détruit et tu seras libre de vivre la vie que tu mérite, mon enfant. »

Severus ne croyait en personne, en aucune entité et encore moins en lui-même. Pourtant, c'était bel et bien dans son âme qu'une personne parlait.

« Je suis la Magie. Celle qui insuffle le souffle de vie à tous les êtres vivants sur la terre, qu'ils aient ou non des pouvoirs, avec l'aide de mon double. Ni homme, ni femme, mais présent parmi vous, en vous, pour toujours. Aie confiance, Severus. Vis. »

Un vent froid s'éleva alors, faisant rouvrir les yeux à chaque personne présente.

Le feu était devenu bleu turquoise et les flammes prenaient des formes étranges, d'épées, d'armures, mais aussi d'animaux. Les enfants étaient à présents assis en tailleurs dans l'herbe, avec quelques chats de l'élevage d'Elizabeth qui semblaient s'être échappés des enclos pour les rejoindre. Des lapins étaient aussi présent, plus proche du feu, et des coccinelles rouge voletaient, suivies de libellules multicolores.

Des papillons se posaient sur les fleurs qui venaient de sortir du sol et de pousser en une vitesse folle. Un livre s'envola tranquillement dans les airs, traversant le feu, avant de rejoindre Hardwin.

Un deuxième livre épais arriva vers Severus, un troisième vers Eulia, et ainsi de suite. Les livres rejoignaient leur propriétaire et lévitaient devant eux. Personne n'osait les toucher.

Les enfants au sol furent également rejoints de leurs biens, et, étrangement, le reste des livres arriva devant les plus jeunes qui ne pouvaient, pourtant, pas encore écrire.

« Les plus jeunes sauront utiliser ma magie pour communiquer via le Livre du Soleil » souffla le vent.

Les flammes du feu se figèrent avant de commencer à fondre. Le vent se calmait et les chats, pour la plupart, retournèrent à leurs enclos. Les libellules voletèrent tranquillement autour du petit lac qui se formait à cause des flammes, et les coccinelles retournèrent doucement vers la forêt lointaine. Les Phénix se posèrent sur les épaules des adultes et Severus vit son ami le fixer. Il acquiesça. Oui, il acceptait finalement cette sorte de libération. Oui, cette marque ne sera bientôt plus.

Un sourire naquit alors sur le visage du russe qui prit la main de son épouse. Chacun revint doucement au moment présent et sourit. La magie était tellement belle, parfois…

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Alors que les enfants découvraient toutes les possibilités du Livre toutes plus révolutionnaires les unes que les autres, les adultes étaient retournés sur la terrasse et discutaient tranquillement autour d'un thé et de gâteau bien mérité.

Ils en avaient bien entendu proposé aux enfants, mais ceux-ci avaient répondu qu'ils avaient assez mangé de gâteau durant le week-end pour une année entière ce qui fit bien rire les adultes.

Severus, Hardwin, Léto, Althus et Sergej étaient allés au Laboratoire familial. Les elfes et assistants présent y préparaient quelques fioles en prévention de futures commandes et ils souhaitaient se concentrer sur la préparation de la potion de Severus : celle qu'il avait amélioré avec l'aide efficace des jumeaux Weasley.

Regulus n'était toujours pas réveillé mais Severus et Alekzandra arrivaient à le rejoindre dans son petit cocon, au fin fond d'une prairie paisible loin du monde réel.

L'homme était enclin à la discussion et cherchait lui aussi une solution. Il évitait tant bien que mal de retomber dans le cercle vicieux des souvenirs et l'antidote préparé précédemment par Severus semblait l'aider. La femme d'Althus avait donné quelques idées à Severus pour la confection d'une nouvelle potion, et il restait à définir dans quel ordre rajouter ces ingrédients supplémentaires.

La petite-fille de Nikolaï et enfant de Lena les rejoignirent quelques minutes plus tard par cheminée.

- Bonjour !

- Bonjour ma chérie, fit Nikolaï, tu as fais bon voyage ?

- Ca va, j'ai eu du mal à trouver une cheminée apte à me transférer ici mais tout va bien.

- Bien, reprit Nikolaï en se tournant vers ses amis, je vous présente Diana, jeune fille de Lena qui s'était liée avec Nils Pedersen, décédé en 1871 d'une pneumonie. Diana, de son nom complet, se nomme Diana Lena Nikolaïevna Mordinov, née en 1871 et vampire depuis ses 22 ans.

Les autres hommes acquiescèrent et saluèrent la jeune femme aux longs cheveux d'un roux éclatant et aux yeux verts.

- Et comme je vous l'ai dit, elle adore les potions et aimerait postuler à un poste chez vous, Hardwin et Severus.

- Très bien, fit Hardwin, nous verrons cela ! Vous êtes donc intéressée par le projet de Severus ?

- En effet, fit la jeune femme légèrement timide. J'en ai entendu parler par Sergej avec votre accord et je dois avouer que j'aime beaucoup l'art des potions, j'ai fais plusieurs thèses sur les thèmes créatifs de nouvelles œuvres liquides. Et les ingrédients dangereux ca me connait… enfin, pourriez-vous m'expliquer plus en détails ce cas ?

Severus commença alors à expliquer l'état de Regulus, le poison qu'il avait dû boire et les conséquences de son acte, sans oublier les potions de force et de soin que son elfe lui avait administrer avant de disparaître dans le Manoir qu'occupait celui qui se faisait nommer le Seigneur des Ténèbres.

Ces potions avaient certainement interférées avec le poison et avait pu en amoindrir ou aggraver certaines propriété. Cela, ils ne le sauraient probablement jamais…

Il expliqua ensuite l'idée de Fred et George Weasley et le fonctionnement de la potion qui avait déjà apporté ses fruits. Le plan était maintenant de l'améliorer afin de ramener doucement le malade à la réalité.

La discussion dura plus de trois heures avant qu'ils ne se mettent à faire des essais, dans des pièces différentes afin de ne pas interférer dans la magie de la création. Ils devaient éviter les contaminations même au niveau des effluves que pourraient avoir les différents essais.

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Regulus Black était en train de rêver tranquillement, allongé dans l'herbe haute tout en observant le ciel à l'ombre du seul arbre de la prairie.

Il avait soif. Il voulait sortir de là et revenir à la réalité, aussi dure soit-elle. Les deux visiteurs ne lui avaient rien expliqué sur ce qui se passait autour d'eux, seulement que ses parents étaient fatigués et bien loin des Malefoy et de leurs manigances, ce qui soulageait leur fils qui avait craint le pire.

Il sentit alors un liquide descendre le long de son œsophage. Certainement une des multiples potions que lui donnaient son médicomage attitré ou Severus lui-même… Regulus s'adossa plus confortablement contre l'arbre, tout en réfléchissant et pensant au monde extérieur. Il sentit alors une aiguille dans son bras qu'il observa, par instinct. Non, il ne voyait pas l'aiguille ni la pression qu'il sentait contre son bras. Il voyait simplement sa peau bronzée par le soleil inexistant de ses pensées…

il soupira.

Il se savait allongé dans le lit de sa chambre. Chambre qu'il n'avait plus revue depuis longtemps, même s'il ne savait pas l'année actuelle.

La dernière fois qu'il y avait mis les pieds, consciemment, c'était la veille de son départ du Manoir, juste avant Noël 1978. Si sa cousine Elladora avait une fille, et que cette dite fille donnait l'impression d'avoir au moins une dizaine d'année, alors il devait traîner dans ses souvenirs durant plus de 10 ou 11 ans… quelle horreur.

Il frissonna. Etrangement, il venait de remarquer le goût infecte de la potion qu'il venait d'ingurgiter contre sa volonté. Il n'avait plus senti d'autre goût que le poison depuis… depuis…

Et encore plus étrangement, il entendit un « désolé » lointain. Il avait dû grimacer, crut-il.

- Tu nous entends ? demanda une voix qu'il n'avait plus entendu depuis… depuis quand, déjà ?

Il ferma les yeux, se laissant aller contre l'arbre, puis se concentra sur ses ressentis. Un drap léger était posé sur son corps habillé. Il sentait aussi une brise s'infiltrer dans la pièce. Ses paupières étaient lourdes… bien trop lourdes. Depuis combien de temps était-il ainsi, vulnérable et aussi utile qu'un légume qui pourrissait à vue d'œil au fond d'un cachot ?

- Mon fils, ouvre les yeux s'il te plaît.

« S'il te plaît »… avait-il bien entendu ?

En fronçant les sourcils, il tenta le tout pour le tout, peu convaincu que ses efforts aient un effet quelconque sur son état actuel.

Sa vue était floue, et des larmes coulaient le long de ses joues. Une main tremblante avait saisit sa main et caressait son visage tendrement.

- M… mère ? fit-il d'une voix rocailleuse.

- Oh, mon enfant, chuchota Lady Black, soulagée. Mon fils… Orion ?

- Regulus ! S'exclama le vieil homme. Bienvenue parmi les vivants.

Regulus sentit plus qu'il ne vit un sourire sur le visage de son père. La voix de ses parents était aimable et paisible. Etait-ce vraiment la réalité, ou bien un autre rêve ?

La douleur qu'il sentit dans son bras lui prouva la réalité des faits : il était bien de retour.

- Bonjour, grand-cousin Regulus, fit la jeune fille qui l'avait sorti de ses tourments.

- Monsieur Black, saluèrent deux hommes dans l'ombre.

Il se senti frustré de ne pas pouvoir se redresser mais pu reconnaître Snape. Severus…

- Tu nous entends, nous comprends ? demanda sa mère.

- Cligne trois fois d'affilée pour oui, si tu veux bien, fit lentement Orion.

Regulus Black cligna lentement des yeux en tentant un petit sourire. Ses muscles, peu importe leur endroit, le faisaient souffrir atrocement.

- Ton état léthargique a duré très longtemps, commença son père. Tu nous es revenu dans un état très grave, fin décembre 78 et Merlin sait combien de choses se sont passées depuis. Severus t'a ramené à nous la veille du nouvel an, et nous avons tout essayé pour te sauver, mais ce ne fut jamais assez. Ne sois pas choqué, mais nous avons dû te déclarer mort à la société, mon enfant, car Lucius essayait en vain de te trouver et son regard mauvais ne me dictait qu'une seule chose : garder ton état secret.

Et il n'avait jamais eu autant raison de mentir au Monde, Regulus ne le savait que trop bien. Seulement… savaient-ils ?

- Nous te raconterons tout plus tard, quand tu auras pu reprendre tes esprits. Tu es dans notre salon, au rez-de-chaussée, afin que nous puissions nous occuper plus simplement de toi, reprit sa mère. Les informations que nous te donnons maintenant sont les plus importantes à retenir : ton… bourreau, car je n'appellerai pas ce monstre un Lord, non, pour rien au monde. Cet… homme ? a été détruit, ou du moins une partie de son âme a été détruite en octobre 1981. Son retour est probable, mais le secret que tu as découvert est entre les mains de personnes ayant notre confiance, dont deux sont en ces lieux : Lord Sergej Mordinov et son ancêtre, le vampire Lord Nikolaï Mordinov. Leur présence parmi nous est due à plusieurs autres événements dont tu prendras conscience au fil de ton rétablissement.

- L'information suivante, reprit Lord Black d'une voix étrangement douce, est que la date d'aujourd'hui est le dimanche 12 août 1990.

Presque 12 ans…

- Andromeda a été, par mes soins, à nouveau acceptée par la famille Black. Le frère de ta mère, Cygnus, est décédé en 1987 par accident de transplanage. Son épouse, Druella, est décédée en 1959 si tu te souviens bien.

Et Sirius ? voulu demander Regulus, mais sa voix se bloqua dans sa gorge. Il… il était resté 12 ans dans un lit ?

Il aperçu un peu de soleil à sa droite. Du soleil ? Mais… les fenêtres étaient toujours cachées par d'épais rideaux, normalement…

- Nous avons tiré les rideaux, mon enfant, et fait réapparaître la porte condamnée menant à notre jardin. Tu ne l'as jamais vu, tout comme nous, car tes grands-parents haïssaient tout ce qui se rapprochait des moldus. Mais c'est un endroit paisible et agréable qui s'étend derrière notre maison et tu pourras nous y accompagner lorsque tu sauras te mettre dans un fauteuil roulant. Ted, le mari d'Andromeda, nous en a ramené un pour toi. Cela t'aidera grandement et nous évitera de lancer des sortilèges de lévitation.

- Nous allons devoir vous faire boire une potion de nutrition, fit une voix grave à l'accent russe.

Une main froide se posa sur son front.

- Aucune fièvre, parfait. Je me nomme Sergej Mordinov, je suis le parrain et père adoptif de votre petite cousine Alekzandra. N'ayez crainte et buvez ceci.

Un petit verre rempli de liquide légèrement bleu se déposa contre ses lèvres et il bu doucement.

Ses gestes étaient lents et il tremblait, mais le soleil présent dans la pièce le réchauffait. Il se sentait étrangement bien et avait un peu faim. Il se vit proposer une petite soupe qu'il accepta avec bonheur alors qu'il commençait à voir de plus en plus de détails.

Ce qui semblait être le vampire lui expliquait que sa vue reviendrait peu à peu, au courant de la journée, et Severus s'éclipsa discrètement par la porte du salon, annonçant un rendez-vous extérieur.

Regulus Black était enfin éveillé et allait à nouveau revivre. Il avait tellement de choses à apprendre, à constater ou encore à accepter… mais ses pensées allaient vers son frère.

Avait-il continué à renier ses parents ? Malgré la froideur qui les avaient séparés depuis que Regulus eut choisi de rejoindre le Seigneur des Ténèbres, Regulus tenait à lui et l'avait toujours admiré.

Pourrait-il le revoir ? Est-ce que son frère lui rendrait visite, un jour ?

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Lady Walburga Black pleurait doucement dans la cuisine nouvellement décorée. Nymphadora lui caressait tendrement le dos alors qu'Andromeda préparait du thé et la soupe pour Regulus.

- Ma tante, tout va bien se passer, fit doucement Andromeda.

- Je… merci Andro. J'ai eu tellement peur de ne plus pouvoir lui parler… jamais… jamais je n'aurais cru qu'il reviendrait parmi nous.

- Il a encore du chemin à faire, fit doucement Nymphadora, mais il a l'air de vouloir se battre et cela ne sera que positif, il ira mieux j'en suis certaine.

- Merci Nymphe, fit Walburga en reniflant. Merci… tu es un ange.

Nymphadora sourit alors au nouveau surnom. Etrangement, elle s'attachait à sa grand-tante qui montrait rarement sa faiblesse. Elle se sentait enfin bien avec son grand-oncle ainsi qu'avec sa grand-tante et profitait de chaque instant et surtout de leurs visages affichant une réelle surprise lorsqu'elle leur expliquait le fonctionnement de certains objets non magiques.

Mais l'instant n'était pas à la découverte. Walburga n'arrivait pas à cacher ses émotions, trop heureuse de pouvoir voir son fils ouvrir les yeux mais aussi effrayée par tout le travail qui les attendait : Regulus allait avoir besoin de temps pour se remettre entièrement, si seulement cela était possible…

- Avez-vous reçu la date du procès pour Sirius ? demanda alors Ted en entrant dans la cuisine.

- Non, répondit Walburga, Lord Léto Prince pense que la lettre viendra demain par hibou.

- Nous serons présents pour vous soutenir, fit Andromeda d'une voix qui refusait toute contradiction.

Mais Walburga n'avait pas envie de refuser. Toute aide était la bienvenue. Severus Snape serait présent en tant que Lord Prince avec un glamour sur le visage, le même qu'il devait porter en ce moment même à son fameux rendez-vous en plein Londres sorcier, Nikolaï Mordinov serait également présent même si cela ferait grincer certains membres de la Grande Cour. Son statut de vampire et membre de la famille Royale Russe ne ferait que prouver l'importance de ce jugement. Le Ministère anglais ne savait pas encore comment traduire cette présence, mais ils savaient que cela devait avoir un but important et que le jugement ne serait pas une partie de plaisir.

- Sorah aimerait se rendre à la prison aujourd'hui, Maîtresse Walburga, fit une petite voix.

L'elfe était apparu discrètement derrière Nymphadora et leur servit, d'office, une tasse de thé.

- Très… très bonne idée, fit Walburga. Mais je n'ai pas préparé de coffret pour Sirius.

- Ma tante, souhaiteriez-vous que nous allions acheter quelques petites choses pour mon cousin ? demanda Andromeda.

- Ce ne serait pas de refus, j'aimerais rester aux côtés de Regulus aujourd'hui.

- C'est parfaitement normal, intervint Ted. Il vient de se réveiller et votre présence à ses côtés est nécessaire. Nous allons donc de ce pas nous rendre en ville. De quoi a-t-il besoin, Sorah ?

- Il aura besoin de linge propre à mettre sous son habit de prisonnier, il est aussi grand que vous mais très maigre. Seuls les prisonniers de riches familles ont des habits en-dessous, et les courants d'airs sont terribles dans cet endroit, fit timidement l'elfe.

- Il aura besoin d'eau et de nourriture mais nous avons cela ici. De quoi se laver les cheveux aussi, pensa Walburga en tendant une bourse de Gallions.

- Ne vous inquiétez pas de cela, ma Tante, nous allons lui trouver quelques petites choses et nous vous montrerons tout cela en rentrant.

Andromeda, Ted et Nymphadora partirent alors, laissant les Mordinov et les Black ensemble près de Regulus qui reprenait difficilement pied dans la réalité.

Walburga amena alors la soupe pour son fils au salon, et l'elfe amena le thé dans la petite pièce agrandie grâce à la magie. La lumière du soleil faisait réellement du bien aux habitants de la sombre maison et l'elfe s'était réjouit de voir la nature à l'arrière de la maison au travers des fenêtres fraîchement lavées.

Lorsque les trois Tonks revinrent de leur shopping, ils présentèrent leurs achats à la mère de famille. Andromeda avait tenu à payer certains articles comme une montre mécanique, un pull pour la nuit et des chaussons confortables. Ted s'était occupé des sous-vêtements, laissant un sortilège de taille actif pour que ceux-ci s'adaptent automatiquement à la morphologie du prisonnier.

Nymphadora avait acheté un petit walkman et quelques paires d'écouteurs ainsi que des CD. Elle en expliqua le fonctionnement à Sorah, impressionné, qui enregistra toutes les informations afin de tenter de les expliquer à Sirius. Andromeda lui tendit également une lettre où elle avait succinctement écrit les explications de sa fille ainsi qu'une jolie carte postale.

Etant donné que Sirius faisait partie des prisonniers les plus dangereux, peu de gens ou même de gardiens s'aventuraient près de sa cellule, il pourrait donc porter les différentes capes et vêtements moldus offerts par sa famille.

Sorah se retrouva donc avec une petite valise en cuir, dans laquelle était présent vingt repas miniaturisés, deux gâteaux, dix litres d'eau en bouteille, quatre potions de nutritions que Severus et Orion avaient expressément préparées pour Sirius ainsi que quatre pulls, deux jeans, un pantalon large, dix shorts et dix maillots de corps. Sorah y ajouta du savon et du shampoing afin de nettoyer discrètement les cheveux de son Maître. Walburga y ajouta une photo de Regulus datant de cinq minutes plus tôt, faite discrètement alors que Regulus écoutait Sergej parler.

Sorah emballa le tout et disparu dans un « plop » discret avant de retrouver Sirius, adossé au mur froid et humide en train de regarder des photos de familles. Le sourire que lui fit le détenu rassura l'elfe de maison : son Maître semblait aller mieux de semaine en semaine.

L'elfe disposa les habits sur un petit tapis et cacha, en-dessous d'une dalle, la nourriture préparée par Walburga. Il donna ensuite une petite tasse de thé au prisonnier et, comme à son habitude raconta quelques petites choses anodines passées durant la semaine ainsi que l'évolution de l'état de Regulus.

Sirius l'observait sans un mot mais acquiesçant de temps à autres, pour seul signe d'encouragement. Il avait mal partout et ne pouvait pas parler sans que sa voix ne laisse transparaître la douleur traversant son corps maigre. L'elfe semblait avoir compris et parti une heure plus tard, avec le linge sale de la semaine passée.

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Loin de Londres et d'Azkaban, dans un bureau ovale et bien trop grand pour une seule personne…

Lord Albus Dumbledore était confus. Quelque chose clochait mais il ne comprenait pas quoi. Ses tableaux étaient bien silencieux et Phineas Nigellus Black disparaissait bien souvent de son tableau pour il ne savait quelle raison.

Il avait bien pu, aimablement, demander ce qui valait ses absences alors qu'il faisait partie des tableaux surveillant les différents couloirs et rapportant quelques informations au Directeur, mais il n'avait jamais daigné lui répondre.

Puis il y avait cette lettre refusant sa commande annuelle de revues égyptiennes. Le prélèvement n'avait apparemment pas pu avoir lieu. Il en avait alors demandé la raison à Gringotts qui tardait à lui répondre.

Il soupira en buvant une énième tasse de thé au citron. La journée était belle et il pourrait aller se dégourdir les jambes dans le parc d'ici peu. Il devait également préparer la prérentrée des professeurs ainsi que relire, comme chaque année, le règlement intérieur. Il avait également été invité par Molly pour le lendemain midi. Quel plaisir aura-t-il de revoir ces deux derniers enfants plein de vie.

Etrangement, Severus Snape n'avait pas refait d'apparition au château depuis fin juin et cela le perturbait également. Où était son espion ? Certainement à l'Impasse du Tisseur où il ne pouvait plus apercevoir la maison. Du moins il l'espérait…

Car cela ne faisait aucun doute : Lord Voldemort allait bientôt refaire surface, et il aurait besoin de Severus pour mener à bien ses plans.

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