Quand la pureté reste dans l'âme

Tarte au citron

Bonjour & bonsoir tout le monde !

Tout d'abord, un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui passe par ici, prennent le temps de lire durant leur pause, le week-end ou autre. J'espère que vous aimez toujours autant cette fiction (il n'y a certes pas encore (j'insiste vraiment sur le "pas encore" ;-) ) énormément d'action, mais chaque chose en son temps !

Il y a toujours cette playlist, sur Tutube, avec le nom de la fiction et sous mon pseudo. J'y rajoute des musiques, selon les chapitres que j'écris.

Il est probable que je n'ai pas le temps de poster un chapitre la semaine prochaine (beaucoup de travail en ce moment !).

Merci pour vos reviews ! Ca me motive à continuer !

Pims10 : Les réponses viennent ;-)

Clefto : j'avoue, j'ai bien rit en écrivant le passage de l'elfe ! Hm… Qui dit que c'est Severus qui a retrouvé Dumbledore ? ;-P

AnnaMerteuil : Entièrement d'accord… Mais… est-ce que Severus est déjà prêt à quitter les fantômes du passé ?

Harry : c'est un risque, en effet, pour la robe. Mais Sirius est considéré comme un criminel extrêmement dangereux donc peu visité. Et il ne sort pas de sa cellule. Et pour le traître… toute une histoire à venir… :-)

Adenoide : Oui, Sirius voit les choses d'un autre angle, maintenant. Il a eu le temps de réfléchir… peut-être même trop., d'ailleurs.

Lils : Merci beaucoup ! Oui, à voir s'ils arriveront à le sortir de là !

Sur-ce, bonne lecture !

Plumes de phénix et poils de Maine Coon sur vous !

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 16 :

Tarte au citron,

goût framboise

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~ Ecoute : BrunuhVille - Mother Earth ~

Vendredi 1er septembre 1989

Alekzandra Black-Mordinov avait essayé de cacher les larmes qui menaçaient de couler lorsque son frère dut partir pour l'école. Certes, c'était un vendredi et elle le reverrait le soir, mais… il lui manquait déjà. Tomek avait une petite amie, et Alekzandra, très possessive envers son frère, tentait de cacher sa jalousie.

Nymphadora avait rejoint ses nouveaux collègues pour une dernière année de formation afin de devenir Auror.

Abigaelle était retournée à l'une des écoles de magie d'Irlande.

Et bien entendu, le Poudlard Express était une nouvelle fois parti de la voie 9 ¾ le matin même pour rejoindre Poudlard, l'école de Magie la plus connue d'Angleterre…

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Severus était assis à la table des professeurs, dans la Grande Salle de la célèbre école. Les élèves des années précédentes – sauf les anciens de septième année bien entendu – entraient joyeusement dans la Grande Salle, s'installant autour des tables en discutant et riant fortement.

Personne n'avait remarqué l'état actuel du Grand Albus Dumbledore, assis tranquillement au centre de la table des Professeurs en observant ses élèves d'un air bienveillant.

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*~*~*°*~*~**~* Flash Back *~**~*~*°*~*~*

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Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore s'était rendu, durant l'été, à l'Impasse du Tisseur, chez l'un de ses employés, le très cher et tendre – ou pas – professeur de potions, Maître des Potions, Monstre des Cachots, Chauve-Souris ambulante, Severus Snape.

Il avait essayé de transplaner directement dans la maison, mais cela n'avait pas fonctionné. Quelqu'un semblait avoir renforcé les sortilèges de protection et ce n'était pas de bon augure. La porte non plus ne voulait pas s'ouvrir et les murs restaient impénétrables. La cheminée était condamnée depuis bien longtemps et également inaccessible. Les fenêtres ne se cassaient pas non plus.

Enervé, Albus lança quelques sortilèges contre la porte et vit trembler le bas de la porte.

- Enfin un point faible, grogna-t-il en donnant un coup de pied dans la porte en bois.

Est-ce que Severus avait une petite amie et qu'il quitterait les rangs de l'Ordre afin de protéger sa vie ? Avait-il oublié qu'il avait promis des centaines de choses au grand Albus Dumbledore ?

Dans un cri de rage, il fit alors exploser la porte, déclenchant ainsi une alarme puissante qui lui vrilla les tympans et entra dans la maison.

Mais avant qu'il ne puisse faire un second pas dans la demeure, il s'évanouit et se fracassa au sol, un liquide rouge coulant le long de son crâne.

Alertés par le bruit, des voisins trouvèrent le corps d'un homme aux cheveux longs et roses, assommé à l'entrée d'une maison dont ils n'avaient plus revu le propriétaire depuis des dizaines d'années.

Ils pensaient alors, en tout bien tout honneur, qu'il s'agissait de ce même propriétaire, et appelèrent le SAMU. Des ambulanciers arrivèrent dix minutes plus tard sur les lieux, et prirent le pouls de l'homme évanoui.

- Il a dû faire un malaise cardiaque, fit l'un d'eux. Allez, on l'emmène !

Ils débarrassèrent les lieux tout en prenant soin de ne pas abîmer encore plus l'entrée qui semblait dévastée.

L'homme allongé dans l'ambulance était habillé d'une manière des plus étranges : une longue robe bleu clair et une lourde chaîne violette. Ses lunettes en demi-lune étaient abîmées, elles aussi. Mais ils laisseraient le soin aux médecins de clarifier ce cas. Il avait certainement dû s'enfuir d'une maison de retraite ou d'un asile psychiatrique…

Les médecins des urgences le prirent rapidement en charge et l'auscultèrent une heure durant.

Rien n'expliquait ce malaise. Ils savaient juste que leur nouveau patient se nommait très certainement Tobias Snape et avait dû s'enfuir d'un asile.

Mais malgré leurs recherches, le seul « Tobias Snape » qui avait habité cette demeure était décédé quelques années plus tôt. Ils pensèrent alors au fils, prénommé Severus, que le voisinage n'avait plus vu depuis une vingtaine d'années. Dubitatifs, ils observèrent alors le visage couvert d'une écriture, certainement faite au marqueur, sur le visage ridé de l'homme. Ils décidèrent de le fixer au lit, afin que celui-ci ne s'échappe pas durant la nuit et le laissèrent dormir.

Le patient se réveilla le lendemain à l'aube, avec un mal de tête affreux. Avec un cri de stupeur il remarqua des aiguilles plantées dans ses bras et une robe blanche sur son corps. Il voulut se lever, mais sentit des sangles l'attacher au lit.

Mais où était-il ? Où était sa baguette ? Il pensa à lancer un sortilège informulé mais une infirmière arriva au même moment.

- Ah ! Monsieur Snape ! Vous êtes enfin réveillé ! Fit la jeune femme avec un grand sourire. Vous nous avez fait une peur bleue ! Comment allez-vous aujourd'hui ?

L'homme écarquilla les yeux alors que la scène de la veille lui revint en mémoire. Il hocha imperceptiblement la tête, comme pour se dire qu'il comprenait un peu mieux son état actuel, mais l'infirmière avait interprété son mouvement autrement.

- Très bien, c'est une bonne nouvelle. Nous allons changer la poche de perfusion. Vous semblez totalement déshydraté.

La jeune femme s'approcha du bras du patient et toucha l'aiguille. Il eut un brusque geste de recul, n'arrivant étrangement pas à émettre de son.

- N'ayez crainte, personne n'aime les aiguilles, mais ne vous inquiétez pas, ça ira bientôt mieux, fit-elle d'une voix douce. Vous devriez vous reposer encore un peu. Je reviendrai plus tard avec mon collègue afin de vous faire prendre une douche.

Il avait alors passé quatre jours à l'hôpital sans prononcer le moindre mot, toujours bien attaché au lit, sauf durant la douche qu'il aurait bien aimé prendre seul. L'infirmier lui annonça alors qu'il n'arrivait pas à enlever les traces de marqueur sur son visage et que cela demanderait du temps et de la patience en appliquant une crème tous les jours.

Ne comprenant pas le terme « marqueur », le patient avait froncé les sourcils mais n'avait pas osé demander plus d'informations. Il entendit également les infirmiers discuter entre eux à propos d'asiles psychiatriques pour l'homme dans la chambre numéro 9 – la sienne – mais que personne n'avait connaissance d'un tel homme et qu'ils seraient bien obligés de le laisser rentrer chez lui.

Le patient s'éclipsa alors, grâce à Fumseck, et atterrit directement dans ses appartements à Poudlard. Le cerveau en bouillie, il faillit faire une seconde crise cardiaque en voyant son état dans le miroir du salon.

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*~*~*°*~*~**~* Fin du Flash Back *~**~*~*°*~*~*

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Il y eut un moment de silence et le professeur McGonagall entra, suivie par les premières années dont beaucoup étaient trempés.

Mais que faisait Hagrid avec ces pauvres enfants qui allaient attraper un rhume dès le premier jour ? Sa collègue ne pouvait-elle pas les sécher rapidement avant de venir les faire dégouliner d'eau sur le sol de la Grande Salle ?

La répartition commença alors, comme chaque année.

Severus Snape grogna en entendant le nom des jumeaux Weasley. Autant il avait apprécié Bill en tant qu'élève studieux, autant Charlie avait été quelque peu perturbateur et Percy totalement égocentrique.

Les deux Weasley furent bien entendu répartis à Gryffondor et s'assirent le plus loin possible de leur frère Percy, c'est-à-dire à l'autre bout de la table, bien trop proche au goût de Snape.

Puis vint le moment du discours directorial que tout le monde attendait avec impatience.

Ce fut à ce moment-là, lorsqu'Albus Dumbledore qui était réapparu le matin même, se leva de son fauteuil, que toute la Grande Salle – les jumeaux Weasley en premier – remarquèrent le directeur.

Albus Dumbledore tendait ses bras afin de saluer tout le monde. Un silence béat s'était posé doucement sur la salle. Les cheveux de leur directeur étaient rose fluo, ses yeux étaient devenus violets, la peau de ses mains était devenue verte.

Et comme si cela ne suffisait pas, une phrase était inscrite sur son front.

Dumbledore prononça son discours habituel mais personne n'y prêta attention. C'est alors qu'il donna une simple explication à son apparence :

- Une personne bien intentionnée a voulu me faire une farce et ainsi illuminer la fin de mes vacances, avait-il dit en lançant un regard appuyé et espiègle vers son enseignant Severus Snape qui ignora magnifiquement son supérieur.

Les jumeaux Weasley, qui pourtant n'avaient entendu que du mal de ce professeur nommé Snape, l'observèrent avec une admiration discrète. Etait-il si mauvais que ce que leur famille leur racontait ? Comment avait-il pu faire une farce pareille ? Foi de Weasley, ils auraient leur réponse.

Ils observèrent encore une fois l'inscription sur le front du directeur :

« On ne rentre pas chez un Maître de Potions sans son autorisation explicite. »

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Lorsque les élèves les plus proches arrivèrent eux aussi à lire les mots sur le visage de leur Directeur, leurs regards passèrent plusieurs fois de celui-ci au professeur le moins aimé de Poudlard.

Severus Snape, le masque froid et impassible habituel posé sur son visage, avait de plus en plus de difficulté de ne pas rire devant les visages ahuris des élèves. Le pire étant que les sortilèges de glamour ne fonctionnaient pas : il prolongeait par contre de plusieurs jours la tenue des couleurs sur la peau et les cheveux. Dumbledore avait dû passer par une rage folle... Il n'en doutait pas une seule seconde, car le premier regard qu'il lui avait adressé le matin même avait été glacial.

Il s'était alors empressé d'écrire à Hardwin le beau résultat. Ce fut aussi une réaction qui le surprit. Il avait envie de partager cela avec son ami, parce qu'il trouvait cela amusant. Il allait avoir besoin de temps pour s'habituer à avoir une vie en dehors du château, mais force était de constater que cela lui faisait réellement du grand bien.

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Le week-end suivant la rentrée fut assez calme : élèves et professeurs reprirent doucement leurs marques.

Severus avait annoncé à plusieurs collègues qu'il serait dans ses appartements, ayant plusieurs choses à préparer pour l'année scolaire, et avait fui la salle des professeurs.

Il en avait profité pour tester – en quelque sorte – les pouvoirs d'un de ses phénix.

- Zéphyr ? avait-il appelé.

Le phénix aux yeux roses apparut alors, chantonnant une mélodie joyeuse. Severus se surprit à penser que le phénix devait être heureux de cet appel. Et comme pour le lui confirmer, ce dernier se posa sur son épaule et frotta son bec contre sa joue.

- Si tu me comprends…

L'oiseau roucoula.

- S'il n'y a aucun risque que Dumbledore et d'autres le remarquent, pourrais-tu m'amener à la maison quelques temps ?

Le phénix s'envola alors et se plaça au-dessus de la tête de son Maître puis une bulle rose enveloppa les deux êtres avant de disparaître du château.

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Alekzandra n'avait pas voulu aller en Irlande, le 1er septembre. Elle était restée cloîtrée en Russie, dans sa chambre, s'entraînant aux sortilèges sans baguette un peu plus complexes et avait aussi passé la plus grande partie de la matinée à s'entraîner à métamorphoser son corps.

Sergej était rentré durant le repas de midi et avait trouvé sa fille avec les yeux vert fluo, les cheveux blancs comme neige et le visage rectangulaire. Il n'avait rien dit, sachant qu'elle essayait de surmonter le vide soudain qu'avait provoqué le matin même le départ de son grand frère adoré.

Le soir était alors arrivé, au Manoir Mordinov, ainsi qu'une note de la part de Hardwin, alors que Sergej et Tomek venaient de rentrer. Alekz était dans le jardin avec l'une de leur chouette, en train de caresser les plumes douces.

Lianna vit voleter la note de Lord Potter dans l'antre de la cheminée et la pris gracieusement.

« Bonsoir tout le monde,

Comment va Alekz ? Elle a beaucoup manqué à Jania et Harry. Leonius était malade.

Severus a rejoint son Manoir grâce à l'un de ses phénix. Dumbledore n'est pas au courant et un elfe surveille les environs, à Poudlard, afin de prévenir Severus s'il doit retourner au château.

Nous irons donc au Manoir Prince Silverstone avec Walburga et Orion afin de discuter des plaintes que nous allons émettre à l'encontre de Dumbledore. Il y a bien sûr pas mal de thèmes à aborder : l'emprisonnement de Sirius, le fait qu'Albus Dumbledore ait géré à son avantage les comptes de Harry sans que cela soit bénéfique pour le petit, que Dumbledore l'ait confié à des gens malintentionnés, contre le gré de James et Lily qui avaient stipulé les noms de ceux étant « aptes » à recevoir leur(s) enfant(s) en cas de besoin, le regard de Dumbledore sur le compte de Severus avec l'intention d'en connaître chaque mouvement, etc.

Un membre éloigné de la famille Prince est avocat international, et est un très grand ami de l'oncle de Severus. Il sera également présent afin de nous conseiller et éventuellement de prendre l'affaire en main.

Si Sergej veut se joindre à nous, il est le bienvenu. Tu voudras certainement rester avec les enfants ? Soit vous passez à la maison pour tenir compagnie à Elizabeth soit vous restez chez vous, à toi de choisir ma chère !

Je vous laisse, nous vous embrassons et vous souhaitons une bonne soirée. Vous pouvez répondre par cheminée aussi. C'est vraiment chouette ce nouveau système.

A bientôt !

Hard' et Eliz'

+ la troupe Potter. »

- Je pense que j'irai, si cela ne te dérange pas ma chérie ? fit Sergej qui avait lu par-dessus l'épaule de son épouse.

- Bien sûr, tu peux y aller. Il faut que je voie avec Alekz par contre… je présume qu'elle voudra rester ici.

- Elizabeth ne sera pas vexée. Elle sait qu'Alekz est triste quand elle est loin de Tomek.

- Papa… soupira Tomek.

- Oui, petit caillou ?

- Alekz est juste jalouse parce que je sors avec Sevastiana.

- Quand bien même, mon caillou, ta sœur t'aime par-dessus tout et ne veut pas que tu souffres d'une relation qui se terminerait mal.

L'adolescent leva les yeux au plafond.

- Et tu es avec Sevastiana toute la semaine, intervint Lianna d'une voix apaisante, ce serait bien que tu passes un peu de temps avec ta sœur le week-end.

- Je sais bien, maman, ça ne me dérange pas, j'aime beaucoup petit ange aussi ! Mais j'ai peur que…

- Que ? l'encouragea Sergej.

- Elle lit les âmes, elle comprend et peut en déduire le futur. Elle est super intelligente et je ne veux pas qu'elle me prédise quoi que ce soit… je veux profiter, peu importe que mes actions me fassent souffrir un jour, si je ne le fais pas maintenant, je m'en voudrais de ne pas l'avoir vécu.

- Explique-lui, mon chéri, fit Lianna. Elle est assez intelligente pour comprendre.

Tomek soupira.

- Ok. Elle est où ?

- Elle a boudé toute la journée et s'est épuisée en entraînement tout à l'heure. Elle est dans le jardin.

- Merci, maman, j'y vais.

- Fais-lui un bisou de ma part ! cria Sergej alors que son fils courait dans la pelouse pour rejoindre sa sœur.

Alekzandra était assise sur un banc d'un blanc immaculé, entourée d'une grande pelouse moelleuse et bien verte.

- Petit cœur de moi ? fit doucement Tomek en s'approchant.

Une marguerite voleta vers lui.

- Tomek, fit Alekzandra tout aussi doucement.

- Ça ne va pas, affirma Tomek alors que sa sœur observait le paysage.

- Je sais que tu as peur de me regarder dans les yeux depuis que mon don de dégénéré s'est amélioré, fit-elle d'une voix rauque, une boule dans la gorge.

- Hey ! Ce n'est pas un don de dégénéré !

- Ça ressemble trop à un don de voyance à mon goût, je n'aime pas ça.

- C'est beaucoup plus complexe, Anastasia Mordinov, fit doucement Tomek.

Sa sœur gardait le prénom Alekzandra seulement parce que c'était celui que sa mère lui aurait donné. Elle préférait cependant, par-dessus tout, Anastasia, que Lianna lui avait donné.

- Je sais mais…

- C'est un don de l'âme, un cadeau de Magia en personne, fit Tomek d'une voix douce. Certes, j'ai peur que tu me dises en face ce que je sais et cache au plus profond de moi. Mais c'est simplement parce que je veux profiter de chaque instant, de chaque relation… de chaque expérience. Je sais que cela ne durera peut-être pas avec Sevastiana, mais je l'aime.

- Je sais, et je n'ai rien dit ! fit durement Alekzandra.

- Calme-toi, princesse Anastasia. Ce n'est pas méchant, hein.

- Han Tomek… fit-elle en gémissant. Tu me manques tellement la semaine.

- Tu as peur de me perdre, petite puce ? fit-il en passant un bras musclé autour des épaules de sa petite sœur.

Elle acquiesça, les larmes aux yeux. Tomek passa ses doigts sous les cils de sa sœur, afin d'y récupérer les larmes salées, et la pressa contre son torse.

- Je t'aime, petite princesse. Et tu sais qu'à nous deux, grâce en plus à l'affiliation sanguine qu'ont fait les parents, on a une puissance magique plus élevée. J'ai celle des Mordinov grâce à un rituel familial, et les dons qui vont avec pour le combat que ce soit en sortilèges sans baguette ou en escrime. Toi, tu as les mêmes dons, plus ceux de la famille Black. A nous deux, on a fait suer les parents durant toute notre enfance, tu te souviens ? Alors, souris en y repensant. Nous devenons grands, on obtient malheureusement les responsabilités qui vont avec. Les craintes aussi, les peurs… Mais surtout, nous avons pu profiter de notre enfance et ça, ça n'a pas de prix.

Elle valida d'un hochement de tête.

- Je t'aime petite sœur.

- Je t'aime, grand frère.

- Bien. Demain, on reste ici ou on va en Irlande ?

- Je préfèrerais rester ici mais… Sevastiana ne vient pas ?

- Ce n'était pas prévu, mais comme Père a dit, je la vois toute la semaine lorsqu'on a cours. Elle peut bien attendre deux jours.

- C'est… méchant. Non ?

- Réaliste, petite sœur, réaliste. Nous resterons ici, nous irons nous promener près du fleuve et je t'apprendrai quelques sortilèges de protection, ça te va ?

- A ce rythme-là, je n'aurai plus besoin d'aller en cours ! fit-elle en retrouvant son sourire.

- C'est surtout que je veux que tu puisses te défendre et te protéger si quelque chose arrivait, princesse. Le monde n'est pas rose…

- Je sais bien. Il faudrait aider Harry, aussi…

- Tu l'as déjà beaucoup aidé, petite sœur. Tu lui a montré comment gérer son esprit, ses pensées. Tu as découvert des choses trop complexes que tu as rapportées à Père. Tu lui a expliqué certaines différences, certains aspects de la vie qu'il n'arrivait pas à comprendre. Tu as géré la situation comme un chef, Anastasia. Tu voyais avec ses yeux, tu as compris au travers de lui comment lui expliquer les choses qu'Althus n'arrivait pas à lui faire comprendre. Je t'aime, pour tous ces dons qui se cachent en toi, mais surtout pour ton naturel, ta façon d'être, et je déteste quand tu boudes. Tu as mangé, au moins ?

- Pas trop… marmonna-t-elle.

- Alors viens ! Allez, hop, hop, hop, hop ! Debout, demoiselle ! Faut remplir votre estomac.

Ils rirent alors, se courant après jusqu'au Manoir.

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Poudlard, vendredi 20 octobre 1989.

Severus était en train de corriger des copies. Ce week-end, il serait forcé de rester à Poudlard afin de faire les rondes de surveillance. Heureusement, il les ferait avec Pomona et il pourra écouter tout ce qu'elle avait à dire sur les plantes. Bien sûr, elle ne parlait pas de celles qu'il avait, ou alors seulement au travers de sortes de codes qui s'étaient mis en place tous seuls, d'un commun accord.

Minerva et Flitwick s'occupaient de la ronde du début de soirée, mais Severus et Pomona devaient prendre le relais à vingt-et-une heure.

Il regarda l'horloge.

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Le grand et très apprécié Albus Dumbledore était assis à son bureau. Il était déjà vingt heures. Doux Merlin, que les heures défilaient. Malheureusement, il avait une mauvaise nouvelle. Il l'avait déjà annoncé aux plus grands de la famille concernée.

Bill avait déjà terminé ses études et était en train de demander un Portoloin…

Charlie Weasley allait avoir dix-sept ans en décembre prochain, et était en 6ème année. Sa mère avait demandé à ce qu'il rentre à la maison pour le reste de la semaine et Albus n'avait pas su refuser.

Percy Weasley, alors en 3ème année, avait souhaité rester au château, et en ce qui concernait les jumeaux, Dumbledore avait conseillé à la mère de famille de les laisser au château, au vu de leur comportement cela n'aiderait en rien Molly qui avait besoin de calme et sérénité.

Il entendit alors frapper à la porte de son bureau, et laissa s'ouvrir la lourde porte.

- Bonjour, Fred et George, fit le directeur d'une voix bienveillante. Veuillez vous asseoir.

Les jumeaux n'avaient encore jamais été convoqués par le Directeur. Albus Dumbledore venait de temps à autre chez eux, au Terrier, mais depuis leur rentrée, ils avaient seulement été convoqués par leur directrice de maison au vu du nombre de retenues qu'ils avaient récoltées depuis le début de l'année.

Minerva les appréciait, cela ne faisait aucun doute. Les jumeaux aimaient faire rire les autres. Malheureusement, cela se passait souvent en cours.

Ces deux dernières semaines, les jumeaux avaient pourtant été sages. Trop sages ? Peut-être. Mais ils ne comprenaient toujours pas pourquoi le Directeur les convoquait. Ils avaient donc monté tranquillement les étages et étaient arrivés ponctuellement à l'heure donnée pour l'entrevue.

Ils grimacèrent en voyant le regard bienveillant du vieux fou. Pas qu'ils ne le respectaient pas, au contraire, toute la famille Weasley semblait devoir énormément à cet homme, mais cet aspect espiègle mais aussi manipulateur qu'ils avaient pu apercevoir une ou deux fois lorsqu'ils espionnaient les discussions qu'il avait avec leurs parents les mettaient mal à l'aise.

Ils avaient aussi eu, à plusieurs reprises, la sensation que quelque chose chatouillait leurs pensées lorsqu'ils regardaient cet homme dans les yeux et avaient pris l'habitude de fixer les sourcils broussailleux du fanatique de citrons.

- Bienvenue les enfants, asseyez-vous, les invita alors le Directeur, toujours sur le même ton bienveillant. J'ai une bien triste nouvelle à vous annoncer, les enfants.

Le sourire habituellement posé sur le visage des enfants disparut instantanément, et ils écoutèrent attentivement Dumbledore.

- Votre mère m'a contacté il y a deux heures maintenant. Votre père avait une mission et a eu un léger… accident. Son pronostic vital est malheureusement engagé.

- Quand rentrons-nous, professeur ? firent les jumeaux d'une même voix inquiète.

Dumbledore les arrêta d'un simple geste de la main.

- Votre frère Charlie est déjà à leur côté, quant à Bill il va bientôt rentrer sur le territoire anglais. Votre mère a besoin de calme et d'être sereine, votre présence, ainsi que celle de Percy n'est pas nécessaire, leur annonça-t-il d'une voix autoritaire.

Bouche bée, Fred et George tentaient de gérer la colère sourde qui grognait dans leur cœur.

- Pas…

- Nécessaire…

- Professeur ? firent les jumeaux tour à tour.

- Effectivement. Votre présence fatiguerait votre mère plus que nécessaire.

- Et la présence de Ron et Ginny peut-être pas ?

- Ce n'est pas pareil, fit Dumbledore en riant doucement.

Les jumeaux, eux, ne riaient pas.

- Je vous tiendrai au courant, les enfants. Une part de gâteau, peut-être ? fit-il en montrant une jolie tarte jaune.

Au citron, certainement. Mais les jumeaux ignorèrent le dessert envoûtant.

- Professeur, nous sommes plus âgés que…

- Non, les enfants, c'est non, fit Dumbledore d'une voix mielleuse.

Bon dieu, que les jumeaux détestaient cette voix. Quelque chose chatouillait à nouveau leurs pensées.

- Et Percy, qu'a-t-il dit ? grogna Fred.

- Qu'il a des devoirs à terminer et qu'il comptait sur moi pour le tenir informé. Il prend à cœur ses études, et votre mère aimerait que vous preniez exemple sur lui, fit-il un peu plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Maintenant, soyez gentils, mangez donc une part de tarte.

Hébétés, les jumeaux virent deux parts se diriger vers eux. Mais… ? Ils n'en voulaient pas ! Ils n'avaient pas faim. Ils avaient déjà mangé ! Et bien assez, d'ailleurs ! Que…

Leurs mains se dirigèrent d'elles-mêmes vers les petites fourchettes dorées et piquèrent dans l'assiette.

Une bulle grise les entourait. George allait poser une question, mais il l'oublia. Il n'arrivait pas à penser. Il tentait d'ignorer la peur qui lui tordait le ventre. Que se passait-il ?

George avait tenté de combattre ce qu'il savait être un sortilège peu commun et puissant. C'était son oncle qui lui… non ! Il ne devait pas y penser, pas si Dumby-fou avait le contrôle. Il ne devait pas savoir. Donc il laissa sa volonté de côté. Si c'était pour manger une part de tarte ou de gâteau… tant qu'il ne lisait pas leurs pensées les mieux cachées et protégées par… hm… le gâteau était bon.

Ils entendirent la voix de Dumbledore, au loin, leur annoncer que c'était une tarte au citron faite maison.

Une tarte au citron ? se demanda brièvement Fred. Mais… ça avait un goût plus sucré… de la framboise ?

Il ne savait pas. Il ne savait plus rien, en fait. A part qu'il sortit du bureau quelques minutes plus tard en riant, plein d'euphorie, voyant plein de couleurs partout et leurs pensées bien loin de leurs parents… de leur père gravement malade.

… et le noir total dans lequel ils sombrèrent, alors qu'une main ferme les attrapa par le col, les traînant au sol sur des kilomètres et des kilomètres tout aussi sombres que le noir qui les avaient engloutis.

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