Quand la pureté reste dans l'âme

Black & Black

Bonjour et bienvenue pour un nouveau chapitre !

Le beau temps est revenu, j'espère que vous allez tous bien !

Pims10 : Je ne comprends pas ta question :-/ Pourrais-tu développer s'il te plaît ? (en review ou MP :-))

Lilatloo : Les réponses vont bientôt arriver :-)

AnnaMerteuil : oh que oui :-D

Xialdene : Bienvenue ici ! Merci beaucoup pour ta review ! De rien pour l'image mentale xD Celle qui me choque le plus, c'est ma propre idée de le mettre tout nu aux Etats-Unis (mwaha). Probable que Dumby n'ai que des caleçons avec des citrons ;-)

Oui, la famille Weasley souffre beaucoup mais Molly n'y voit que du feu.

Je vous laisse suivre la fic', et si j'ai le temps, j'en posterai peut-être un second ce weekend (mais je ne promets rien hein !)

Bonne lecture !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 42 :

Black & Black

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Ecoute :

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Playlist Eloïse R. / Fiction : Quand la pureté reste dans l'âme

Ecole d'Akilinsha – Saint-Pétersbourg

Russie

Alekzandra suivait les jeunes filles excitées qu'elle avait eu la chance de côtoyer avant d'avoir des professeurs privés. Elles courraient après les garçons qui eux tentaient de les fuir.

La visite de l'école, qui était sur deux étages, s'était terminée en beauté par un feu d'artifice en plein jour. Chose assez inutile, en soi, avait fait remarquer Alekz sous le sourire amusé de sa mère.

Bien que son grand frère, Tomek, fasse ses études ici, Alekzandra ne s'y sentait pas aussi bien qu'elle ne l'avait été à l'école de Magie d'Irlande. Ici, le bâtiment était blanc, froid. Il y avait excessivement peu de décoration et seules quelques anciennes photos de classes étaient attachées dans une salle commune à toutes les jeunes filles du collège.

Non, elle n'aimait pas cet endroit. Lianna avait soupiré en voyant le visage triste de sa fille pour la seconde fois de la journée.

- Alekzandra ne survivra pas dans cette école Lianna, avait alors dit Nikolaï.

- Mais, …

- Le parc est minuscule et crois-moi, même à mon époque, j'ai détesté cet endroit. Même si la salle de réception et celle de bal sont sympa, et les professeurs compétents, Alekzandra ne s'y plaira pas. Je te rappelle qu'il est strictement interdit de décorer son lit ou encore le mur de son dortoir, ici. Tu n'as pas non plus le droit d'amener une couverture ou un oreiller, ni de peluches. Tout est commun. Les lits sont en lignes contre les murs, en face les uns des autres et le tout fait limite penser à un hôpital de misère.

- Sérieux ? Ils ne peuvent pas amener d'effets personnels ? Je… je ne savais pas. Je ne suis pas allée à Akilinsha et Tomek ne s'est jamais plaint, fit Lianna soudainement inquiète.

- Tomek est un jeune homme, intervint Walburga, légèrement timide. Votre fils a certainement moins envie d'exposer ses goûts et sa vie aux autres. Et il a des amis qu'il connait depuis qu'il est un enfant et qu'il côtoyait encore avant la rentrée de sa première année si j'ai bien compris.

- Oui… réfléchit alors Lianna. Oui, vous avez raison. Je… je n'avais pas vu cela sous cet angle.

- Vous pourriez lui demander ce qu'il en pense ? proposa alors Walburga avec douceur.

- Je le ferai dès que nous rentrerons, vous avez raison Walburga, merci.

- Peut-être n'ais-je pas raison, Lianna, mais je sais que Regulus n'a jamais décoré son dortoir.

Alekzandra arriva alors, essoufflée.

- Purée qu'est ce qu'elles peuvent être énervantes ! râla la jeune fille.

- Que se passe-t-il, princesse Mordinov ? fit sarcastiquement Nikolaï, rappelant ainsi Severus.

- Ces demoiselles ne pensent qu'aux garçons qui eux, en ont plus qu'assez d'être suivis. Et j'ai beau les prévenir que cela va mal se terminer, elles ne m'écoutent pas ! Une a même glissé son string dans la valise d'un garçon de cinquième année ! Et elle est de quelques mois plus jeune que moi !

- Bien rentrons, intervint Lianna coupant court à la tirade de sa fille.

Alekzandra, surprise par le ton froid, suivit alors le regard de sa mère.

Une jeune fille en mini-jupe un peu trop courte venait d'arracher le t-shirt à un garçon musclé qui menaçait la jeune fille excitée de sa baguette sous les rires non dissimulés des surveillants. Lianna n'avait jamais vu une telle chose lors de ses visites pour Tomek et jamais elle n'aurait pensé que des surveillants et des professeurs laissaient se produire de telles scènes. En marmonnant quelque chose, elle emmena sa fille avec elle sous le regard protecteur de Nikolaï.

Rentré à l'ancien palais royal, le petit groupe retourna au salon et Lianna s'éclipsa afin de rejoindre son fils qui lisait dans le jardin.

- Fils ?

- Mère ! fit-il en se levant et serrant Lianna contre lui. Comment s'est passé la visite ? demanda l'adolescent sans arriver à cacher sa grimace.

- Pourquoi une telle grimace ?

Lianna semblait énervée et Tomek se dit qu'il avait eu raison. Jamais sa petite sœur n'aurait dû mettre les pieds dans son école de dégénérés.

- Je…

- Sois honnête, Tomek, fit-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

- Je pense que ce serait une très mauvaise idée d'envoyer ma petite sœur dans cet endroit crade et déprimant et j'aimerais continuer mes études à Moscou, maman, et je ne t'ai rien dit parce que vous étiez bien trop occupé mais bien que les profs soient très bons, ils n'ont aucune autorité et les filles font l'amour à des garçons dans mon dortoir et personne ne dit rien, le bâtiment est nettoyé genre une ou deux fois par an pour les réunions importantes et les repas sont infects c'est pour ça que tu trouves que je suis trop mince maman, fit-il en une fois sans reprendre sa respiration.

- Tu peux me la refaire avec des virgules et des points ? demanda alors Lianna non sans sourire.

- Désolé, je… tu avais l'air énervée et je ne voulais pas que tu me coupes…

Lianna pris alors le visage de son fils entre ses mains.

- Pourquoi ? Tu as eu des soucis, dans cette école ?

Tomek baissa les yeux.

- Mon fils. Répond.

- Pas directement, non, mais un des garçons de ma classe veut…

- Veut ?

- Veut se faire Alekz si jamais elle entre. Je la protègerai quitte à devoir dormir avec elle, mais je ne serai pas indéfiniment là. Je n'ai qu'une année encore… Elle est trop sensible pour survivre à ça. Et mes meilleurs amis sont partis depuis longtemps.

- Pourquoi n'avoir rien dit ? Je sais bien que tu nous l'aurais dit avant, même si nous étions occupé. Il y a forcément une autre raison.

- Je…

- Tu ?

- Il, nous, vous, ils ?

- Tomek !

- Maman ?

- S'il te plaît.

- Ok, ok. Je n'ai rien dit parce qu'il y a Sevastiana… mais…

- Mais… ?

Tomek se mit à pâlir et trembler. Lianna était proche de la vérité mais encore fallait-il que son fils veuille en parler. Il inspira et expira plusieurs fois, avant de reprendre place sur le banc en mettant ses jambes contre son torse.

Bien que Lianna n'appréciait guère les chaussures sur les bancs du jardin, l'image de son fils se superposa avec le même enfant, sept ans plus tôt. Et la raison lui sauta alors aux yeux.

Elle prit place aux côté de son fils, le tirant vers elle et lui caressant les cheveux.

- Sevastiana a… couché. Avec cinq garçons de mon dortoir, les uns après les autres. Et elle le voulait, elle s'en est même vanté auprès de ses amies. Elle pensait que je ne le saurais pas, elle pensait que je dormais et que je ne parlais jamais avec ses copines de dortoir.

- Quand ?

- Il y a une semaine. Je… je voulais demander à papa de rompre les fiançailles ce soir…

- Il le fera, tu veux lui en parler toi-même ?

- Si… oui… oui, je pense qu'il le faut. Mais… tu pourras être là, maman ? Pour qu'il n'aille pas égorger Sevasti ?

- Tu l'aimes, fit Lianna.

Ce n'était pas une question. Elle le savait. Il aimait tellement la jeune fille que cette information lui tordait l'estomac. Son fils se détendit peu à peu et ce fut Alekzandra qui arriva, une demi-heure plus tard, donnant d'office une tasse de chocolat chaud malgré la température extérieure à son frère avant de disparaître aussi vite qu'elle n'était apparue.

Lianna, qui caressait l'épaule de son fils, ne put s'empêcher de sourire. Elle avait deux enfants extraordinaires. Et même si les nouvelles de ce jour bousculaient tous leurs plans, ils feraient tout pour que Tomek et Alekzandra soient heureux.

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Sergej tournait en rond comme un lion en cage. Severus et Hardwin avaient récupéré leur ami dans un sale état. Hardwin avait réussi à le faire parler alors que Severus restait calmement – trop calmement – planté au centre de la pièce à observer les va et vient du russe.

La magie crépitait autour de lui.

- Elle a manipulé mon fils ! Combien de temps aurait-ce duré s'il n'avait pas été réveillé durant ces ébats sous sortilèges de silence ! cracha-t-il.

Tomek avait fait des photos durant les différents ébats grâce à la magie informulée. Cela lui avait retourné l'estomac et il s'était enfermé dans un mutisme parfait durant les derniers jours de cours. Il n'avait pas eu la force de revoir son ex-fiancée. Par contre, il avait volontiers accompagné son père lors de la rencontre avec les parents de Sevastiana.

Il s'avéra alors qu'une mère de famille les avait déjà contacté et que cela avait donné lieu à un interrogatoire en règle auprès de la jeune adolescente, bientôt adulte. Elle allait avoir dix-sept ans en septembre.

La jeune fille avait ramené beaucoup de garçon dans les dortoirs féminins, dont un qui força une plus jeune à avoir un rapport sexuel. Le père de Sevastiana avait alors encaissé la responsabilité, vu que c'était Sevastiana qui organisait ce genre de « soirées ». Il avait lui-même été fou de rage et porté plainte contre les surveillants incompétents de l'école avec preuves à l'appui comme les souvenirs, pris par force, de sa fille qui était maintenant inscrite pour les deux prochaines années dans un internat de jeunes filles, à Irkoutsk, loin de sa famille et loin de ses amis, afin de terminer ses études.

Sa majorité ne changerait rien à ce fait, car le père de famille avait demandé l'appui d'un psychiatre et avait mis son enfant sous tutelle afin de lui éviter la prison pour mise en danger volontaire de mineurs.

L'histoire n'allait pas en rester là, mais ce n'était plus le souci des Mordinov bien que Sergej fut encore dans une colère noire quelques jours plus tard.

Après plusieurs díscussions et informations prises dans la famille Mordinov, Lianna s'était rendue avec Tomek à Moscou.

Luka Driomow, le petit cousin de Tomek, entrerait à l'Ecole du Domaine d'Artème & Flauryia en 4ème année et avait proposé de les accompagner puisqu'il connaissait les lieux.

Après un entretien avec la direction et deux professeurs, ceux-ci informèrent Tomek qu'il devrait rattrapper beaucoup de choses s'il souhaitait réellement intégrer leur école car il y aurait certains enseignements supplémentaires, comparé à son ancienne école où le niveau était généralement médiocre.

Lianna avait alors rit en leur annonçant que Tomek y était déjà préparé et le jeune garçon se fit un plaisir de disserter sur certains thèmes qui finirent par convaincre leurs hôtes.

Lianna restait tout de même perturbée par un point : comment avait-elle pu passer à côté des commentaires négatifs de l'école d'Akilinsha ?

- Lady Mordinov, intervint le directeur. L'école d'Akilinsha a fait censurer la plupart des informations négatives et menacé la presse nationale. Mais sachez que la donne a changé depuis deux années et que leur médiocrité devient de plus en plus visible. Ne vous inquiétez pas du passé, d'autant plus que vous avez continué à éduquer votre fils et lui avez donné tout ce que vous pouviez apprendre à un futur Lord du nom de Mordinov. J'avoue avoir été sceptique en voyant le nom de l'établissement qui a suivi votre enfant lors de ces premières années d'études, mais s'il est aussi curieux et doué dans toutes les matières, il saura s'en sortir parmi nous.

- Merci, Lord Artiuszoshka, répondit sincèrement Lianna. Pourrais-je également inscrire ma fille dans votre école ?

- Est-ce Alekzandra Mordinov, née Black ? fit l'homme, étonné d'une telle requête.

- En effet.

- J'aurais pensé qu'elle ferait ses études à Poudlard, en Angleterre.

- Nous vivons en Russie, et j'aimerais qu'elle ne soit pas trop éloigné de nous. Sans compter que…

- Que ?

- Je ne fais absolument pas confiance en Lord Dumbledore.

- Vous montez encore plus dans mon estime, Lady Mordinov, fit alors Mortem Artiuzoshka en souriant. Je ne le porte pas non plus dans mon cœur, pour diverses raisons. Très bien, je note votre requête, il nous reste encore quelques places. Quel est son nom complet, avec son titre, s'il vous plaît ?

- Princesse Alekzandra Anastasia Mordinov de Russie, née Black et héritière des deux familles par le sang.

- Très bien, merci.

- Sa date de naissance est le premier avril 1980, rajouta Lianna.

- D'accord. C'est noté ! Vous recevrez un courrier dans les prochains jours. Je présume que votre fille serait mieux avec les petites-filles de votre beau-frère ? Pour les dortoirs, je veux dire.

- Oui, en effet, ce serait bien.

- Parfait. Dans ce cas, je vous remercie pour votre confiance. Vous serez tenus informés et nous vous enverrons les listes d'objets nécessaires pour la rentrée.

Les Mordinov prirent alors congé des membres de l'école et Luka les dirigea vers la sortie. Tomek prit sa mère dans ses bras et la remercia de tout son cœur alors que Luka observait le paysage en souriant. Il allait entrer à l'École de Magie Domaine d'Artème & Flauryia et pourrait enfin prendre les options qui lui tenaient tant à cœur. Et, en plus de cela, sa petite sœur y ferait également sa rentrée.

Quelque chose lui disait qu'elle n'y terminerait pas ses études, mais il savait qu'elle s'y sentirait bien, au moins pour les premières années. Luka et les autres cousins et cousines seront également présents pour elle. Tout irait pour le mieux.

Alekz rentrerait donc en première année. Déjà. Que sa petite sœur grandissait vite ! Mais elle avait aussi la chance d'avoir des amis, et, grâce à Harry, elle s'était aussi rapprochée de la famille Mordinov. Il faudrait qu'il le remercie, un jour. Harry ne se doutait certainement pas que sa présence ait aidé les autres à se lier d'amitié. Son arrivée avait chamboulé leurs vies, jusqu'en Russie, et avec une facilité et une évidence déconcertante. Ce garçon avait un don.

Enfin, pensa-t-il, sa petite sœur sera bien accompagnée lors de sa vie à Artème & Flauryia. Luka y fera sa quatrième année et y restera normalement pour la suite de ses études – on pouvait changer d'école si on avait réussi son examen de milieu de parcours et voulait se spécialiser pour un métier spécifique, mais, normalement, tout le monde suivait le parcours habituel – puis Pavel et Nadège Mordinov, Katya Stegnov et Mattews Sevolod y feraient également leur première année.

Il savait que sa petite sœur aurait préféré aller en Irlande, et les parents avaient beaucoup hésités. Mais ils voulaient le meilleur pour leur fille et l'école d'Irlande était certes une des meilleures écoles, celle de Moscou était encore mieux réputée. Et rien ne les empêcheraient de voir leurs amis qui iront en Irlande tous les week-ends. Enfin, Lianna avait proposé de fixer un week-end par mois avec les autres parents, afin qu'ils puissent aussi profiter de leurs enfants en dehors des rencontres familiales et de l'école.

Pour l'école d'Irlande, Abigaelle Potter y ferait sa rentrée en 4ème année et Coraleen Prince – la fille de Léto – y entrerait en 6ème année.

Audrey, Niklas, Leonius, Jania et Harry entreraient en première année, accompagnés de Donn Prince, le fils de Léto, qu'ils ne connaissaient pas encore.

Tomek pensa alors aux Weasley. Fred et George avaient du mal à retrouver le sourire et restaient souvent enfermés dans leur chambre. Ils restaient dormir au Palais Royal mais Tomek savait bien qu'ils se sentaient inutiles et encombrants, même si ce n'était absolument pas le cas.

Arthur et Charlie passaient de temps à autres, et Severus aussi. Heureusement, les Potter, Windsor et les Black venaient également afin d'amener un peu de vie par ici.

Et Arthur n'avait pas encore décidé où iraient étudier Fred et George, mais il était très probable qu'ils aillent en Irlande pour continuer leurs études et faire un stage chez Hardwin et Severus, au Laboratoire, en milieu d'année.

Tomek soupira et s'étira. Il était l'heure d'aller taquiner sa petite sœur et de lui expliquer l'Histoire des Écoles de Russie.

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Ward's Cross

Regulus semblait perdu. Walburga et Orion l'avaient fait sortir, pour la première fois depuis des années et dans un pays inconnu qui plus est.

Ils avaient pris la poudre de cheminette chez Andromeda et étaient arrivés dans une salle comprenant cinq cheminées et plusieurs grandes fenêtres. Il y avait une table, trois chaises et quatre fauteuils.

Regulus observa les différentes pancartes et plusieurs tableaux qui observaient les nouveaux arrivants.

- Bienvenue à Ward's Cross jeunes gens !

- Oh, bonjour Monseigneur Agostino ! s'exclama Orion sous le regard surpris de son fils.

- Lord Black ! En voilà une belle surprise. Comment vous portez-vous ?

Avec ses pieds, pensa Regulus.

- Ma foi très bien, merci.

- Eh bien, je vous souhaite une bonne et agréable journée, chers amis ! Le devoir m'appelle. A bientôt, jeunes gens !

Et le vieux personnage disparu. Regulus secoua la tête et observa brièvement par la fenêtre. Le temps était tout simplement magnifique. Il y avait beaucoup de fleurs et d'arbres, ainsi que des jeux pour enfants.

Walburga le poussa légèrement, posant une main dans son dos. Il se reprit alors, et ils sortirent de la bâtisse. Le soleil brillait dans un ciel bleu et Regulus observait chaque fleur, chaque papillon et chaque arbre qu'ils trouvaient sur leur chemin. Ils rejoignirent un carrefour où ils s'engagèrent dans une rue pavée. Des couples et des enfants marchaient tranquillement dans la ville, entrant et sortant des magasins ou se reposant à la terrasse d'un café. Des gestes simples qui avaient manqués à Regulus. Aurait-il seulement la possibilité de le faire un jour ?

Son corps le faisait souffrir, mais il ne disait rien. La sortie lui faisait du bien, même si Severus avait dû lui donner une potion pour les muscles et lui donner de la force, puisque ses jambes le faisaient atrocement souffrir.

Ils tournèrent quelques fois, à droite, puis à gauche et encore à droite, et entrèrent dans une petite rue nommée « Muffin'street ». Ils étaient donc arrivés. C'était ici que son grand frère réapprenait à vivre convenablement.

Ses yeux lurent une petite pancarte.

« Centre médical de convalescence et réadaptation, CMCR Celtic'Muffin »

- Regulus, tu viens ? fit doucement Orion.

Le concerné observait la façade recouverte de lierre et de roses.

- Regulus ?

- Oui, oui Père, j'arrive.

Ils entrèrent alors. Walburga entraîna son plus jeune fils vers la salle d'attente sur la droite alors qu'Orion se présentait au bureau d'accueil. Le cadet ne s'était pas attendu à un bâtiment aussi beau et agréable. Sa surprise était tellement visible que Walburga lui en fit la remarque.

- Maman, papa ! Oh, Regulus ! Je suis très content de te voir ici, fit Sirius, enjoué.

Regulus se leva tant bien que mal, mais Sirius le prit dans les bras et profita pour le soutenir physiquement.

- Petit frère, je suis vraiment heureux que tu sois ici. Tiens, je vais te faire apporter un fauteuil roulant qui lévite, ce sera plus simple pour toi.

- C'est quoi ?

- Attends. Sandra ?

La dame de l'accueil vint alors, en souriant.

- Oui, Sirius ?

- Puis-je avoir un fauteuil roulant s'il te plaît ? Mon petit frère ne peux pas beaucoup marcher et…

- Pas de souci, je reviens ! Et… vous voulez quelque chose à boire, peut-être ? La salle de réception est ouverte, n'hésitez pas ! fit la jeune femme en disparaissant dans une des réserves.

Elle revint quelques instants plus tard et aida Regulus à s'installer en lui expliquant comment se servir du fauteuil.

- Mais c'est génial ! s'émerveilla-t-il en provoquant le rire de son frère.

- Mrs Dalhianne Collins voulait vous rencontrer, tous les quatre, vous souhaitez aller discuter à l'extérieur ou plutôt à l'intérieur ?

- C'est toi qui décide, Reg', fit alors Sirius.

- Oh, euh… mais je ne vais pas déranger ?

- Non, monsieur Regulus Black, intervint Mrs Collins, vous ne dérangerez pas. Lady Black, Lord Black, je suis heureuse de vous voir rassemblés aujourd'hui.

- Et moi ? marmonna Sirius.

- Et vous, bien que je sois heureuse de vous voir tous les jours, je serai aussi très heureuse lorsque vous serez totalement remis ! fit-elle en déclenchant le rire de toutes les personnes présentes.

- Le Parc, alors, ou la cantine ?

- Le parc, fit timidement Regulus.

Mrs Collins approuva gaiement et le petit groupe prit la direction de la terrasse puis du petit parc où étaient dispersées quelques tables en bois.

L'attention de Regulus eut par contre ses limites et son regard finit par se perdre dans le paysage. Quelque chose avait attiré son regard. Un homme, assis comme lui dans un fauteuil roulant. Les fauteuils du centre étaient d'ailleurs très confortables et il pouvait léviter pour monter et descendre les marches, et simplement rouler dans l'herbe.

- Le jeune homme que vous observez, Regulus, fit Dr. Collins, se prénomme Adriannio. Il est ici pour une rééducation physique après un long coma.

- Vous faites ce genre de chose ? demanda alors Regulus qui n'avait absolument pas suivi la conversation précédente.

- Oui, entre autres. Les personnes qui sont ici ont leur propre lieu de vie, mais peuvent également vivre en commun, manger avec d'autres, et faire des activités. Il est fortement conseillé de s'intégrer à un groupe afin de se motiver les uns les autres mais rien n'est obligatoire. Nous avons plusieurs kinés, médecins et psychologues qui suivent nos patients. Si vous voulez, vous pouvez vous promener dans le parc, vous y rencontrerez certainement des personnes qui aimeront partager avec vous.

- Je… hésita Regulus.

- Vas-y, ils sont sympa. Puis si tu ne veux pas parler, laisse simplement parler et observe ce qu'il y a autour de toi, d'accord petit frère ?

- Je… tu es sûr ?

- Bien sûr, ce n'est pas dangereux ici.

Regulus acquiesça, incertain. Il finit par léviter son fauteuil afin de se retourner entièrement et, avec un dernier regard pour ses parents, décida de rouler dans l'herbe en profitant de l'heure et de la nature environnante.

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Jeudi 4 juillet 1991

Celtic'Muffin

Sirius observait son phénix avait attention. L'oiseau avait été dans un sale état, et il n'y avait pas de mot pour décrire son désespoir. Mais Sirius n'avait pas laissé tomber et avait même laissé son oiseau venir se blottir contre lui la nuit.

C'était étrange, mais il l'avait laissé faire. Il s'était souvent réveillé les premières nuit car Alios pleurait et tremblait. Sirius lui avait alors raconté des petites histoires et avait caressé ses ailes. Et là, c'était la première fois que l'oiseau se tenait droit sur son perchoir en l'observant comme il ne l'avait jamais fait.

Sirius s'était alors approché et avait tendu une friandise qu'Alios accepta avec joie. Une petite mélodie agréable avait emplit la pièce et cela détendit imperceptiblement l'ancien prisonnier.

- Tu as l'air d'aller mieux, toi, fit-il en souriant.

- Hiiii ! Hiiiii !

- Ca veut dire oui ?

Une mélodie joyeuse se fit entendre. Oui, cela voulait dire oui. Sirius avait lu beaucoup de livres sur les phénix et il sentait avoir un lien réel avec son oiseau. Le fait que celui-ci aille aussi bien lui réchauffait le cœur, et le rassurait. Alios chantonna encore un peu avant de disparaître dans une poussière dorée et réapparaître deux secondes plus tard, ne laissant guère le temps à Sirius de s'inquiéter.

Qu'avait-il fait ? Etait-ce volontaire ? Est-ce-que son ancien propriétaire le recherchait ?

« Non, il ne peut pas, sombre idiot, c'est toi, mon proprio et je t'aime Sirius ! »

- Tu… tu me parles ?

- Bah oui idiot !

- Je ne te permets pas !

- Je me permets tout seul, hihi. Je te parle dans ta tête, enfin dans ton esprit et dans ton âme. Je suis lié à toi. Merci de m'avoir sauvé. Sans toi… je n'ose même pas imaginer ma tombe.

Sirius frissonna.

- Tu es un maître adorable et attentionné. Je te suivrai partout, même sous ma forme invisible si nécessaire. Mais tiens, lis ça ! J'viens d'aller le chercher.

Sirius, surpris, vit alors un magasine apparaître devant ses yeux.

- Appartement et petites maisons en vente… sérieusement, Alios ?

- Bah t'es grand, t'es en bonne santé, pourquoi rester ici ?

- Regulus…

- Regulus ne sera pas seul et tu pourras venir le voir des fois, le soir par exemple ! Non ? Tu ne veux pas avoir un joli lieu pour accueillir, de temps à autres, ton filleul ?

- Je…

- Tu n'y avais pas pensé.

Non. Non, il n'arrivait même pas à y penser, à vrai dire. Il avait peur d'être déçu. Peur que l'enfant ne l'apprécie pas.

Après la visite d'Orion et Walburga, Regulus avait souhaité avoir une chambre à Celtic'Muffin. Les parents en étaient tristes, même s'ils auraient encore Andromeda et sa famille près de chez eux. Walburga avait du mal à accepter le choix de son dernier fils, malgré le fait qu'Orion, lui, en soit plus que fier.

Son second enfant voulait aller mieux, et il avait confiance en Mrs. Collins et ses collègues. D'autant plus que Regulus s'était immédiatement trouvé deux personnes sympathiques avec lesquelles il pouvait converser librement.

- Arrête de penser, tu vas avoir des cheveux gris avant l'âge, fit alors l'oiseau. Tu sais que je t'aime très fort, petit gryffondor ?

- Tu me fais peur, Alios, fit Sirius d'un air grave avant de rire devant les yeux offensés de son oiseau.

- On va visiter un appart', dis ? Aller ! J'ai envie de sortir.

Sirius soupira. Ce n'était pas une mauvaise idée en soit, mais il voulait demander à Regulus et Solène de l'accompagner.

La vie reprenait doucement son cours, et il fallait s'y faire.

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