Quand la pureté reste dans l'âme

Errare humanum est

Bonjour à tous,

Voici donc - enfin ! - le chapitre que je rêvais de vous poster ce weekend. Le dernier de ce week-end de pâques avec ses surprises ;-). Ce chapitre est sans doute un de mes préférés, et vous saurez bientôt pourquoi !

Lisez bien le titre du chapitre, et la musique aussi tiens ;-P.

A lire :

Alors non, Dumbledore n'a pas eu de relation "physique" avec Ginny, mais il est extrêmement probable qu'il lui ait montré quelques petites choses… et fait lire des livres dans ce sens.

Non, ce n'est pas Dumbledore qui a attaqué la famille Black, mais il aurait pu, effectivement.

AnnaMerteuil : Pourquoi Sally ? =)

Allez zou, bonne lecture ! Jvais essayer d'expliquer à mon Maine Coon qu'il ronfle plus fort que mon mari en attendant vos reviews !

Poussière d'étoile, terre de lune et poils de Maine Coon sur vous !

Helia

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 49 :

Errare humanum est,

Perseverare diabolicum

L'erreur est humaine, l'entêtement est diabolique

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Ecoute : Ed Sheeran - Castle On The Hill

Privet Drive, Little Whinging, Surrey

Un homme, vêtu d'une longue robe bleu claire était apparu au coin de la rue. Il semblait pressé et son visage laissait transparaître son inquiétude.

Il n'avait pas remis les pieds dans cette rue depuis le mois d'octobre 1981 mais rien n'avait changé, absolument rien. Le numéro quatre de Privet Drive ne dérogeait pas à cette règle. Les mêmes volets que jadis étaient fermés, comme le jour où il avait déposé l'Elu sur le pas de la porte. Il frappa alors quatre coups contre le bois massif.

Quelques voix se firent entendre et un jeune adulte lui ouvrit.

- Monsieur ?

- Bonsoir, Monsieur Dursley, je viens chercher Harry.

L'homme roux fronça les sourcils tout en regardant l'inconnu d'un œil critique. Il était en train de dîner tranquillement avec sa petite famille et ils n'attendaient pas de visite.

- Vous faites erreur, Monsieur, fit-il en observant d'un oeil critique l'accoutrement étrange du vieil homme. Nous sommes la famille Campbell.

- Harry, arrête de piquer dans mon assiette ! entendit alors Dumbledore.

- Bah donne-moi un peu de riz, Zach. Allez, s'il te plaît !

- Je ne crois pas m'être trompé, Monsieur, repris Albus avec un sourire éclairant subitement son visage. Laissez-moi entrer.

- En quel honneur ? demanda calmement le père de famille en haussant un sourcil interrogateur.

Mais Albus n'avait aucune envie de discuter avec des moldus et souffla, contenant mal son agacement.

- Je vous conseille de rentrer chez vous, monsieur.

- Laissez-moi entrer, fit plus durement le directeur de Poudlard.

Mais l'homme ne souhaitait apparemment pas le laisser entrer. Albus Dumbledore tenta le tout pour le tout : forcer le passage.

- Rosie, appelle la police ! Un vieillard se…

- Petrificus totalus, murmura alors Dumbledore sans un regard vers le corps qui tomba au sol. Cet homme l'agaçait déjà et il n'avait vraiment pas de temps à perdre. Légèrement contrarié et énervé, il entra dans la maison. Il traversa le couloir avant d'arriver dans le salon où mangeaient les enfants ainsi qu'une dame.

- Qui êtes-vous ? fit alors une femme brune et mince. Joey !

Albus pu entrevoir la panique dans les yeux de la mère de famille mais ne s'y attarda pas. Poudlard l'attendait et il se devait d'amener Harry au collège, de gré ou de force. On ne se soustrait pas aussi facilement à la scolarité sorcière, après tout.

- Harry, Zach, allez dans votre chambre.

L'ordre avait été donné froidement par la mère de famille, et les deux garçons se levèrent prestement, la bouche pleine.

- Harry viendra avec moi, fit alors Albus sur un ton ferme.

- Certainement pas. Mon fils restera ici.

- Ce n'est pas ton fils, Pétunia.

- Pardon ? Je me nomme Rosemay. Harrison, appelle la poli…

- Petrificus totalus, répéta alors Albus en soupirant.

Il se laissait de cette mascarade.

Le Directeur de Poudlard lança le même sortilège sur le prénommé Zach qui le menaçait avec un couteau alors que le prénommé Harrisson était déjà en train de composer le numéro de la police. Albus lança un sortilège d'attraction sur l'appareil et pris Harry par le bras avant de transplaner.

Il n'avait pas remarqué les Aurors qui venaient d'entrer dans le salon, ni les yeux désapprobateurs de la directrice du département de la Justice Magique.

Aucun des Aurors n'avait réussi à atteindre Dumbledore avant le transplanage et ils craignirent alors le pire.

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Un hurlement de terreur se fit attendre alors que les deux individus atterrirent sur la terre ferme.

- Qui êtes-vous ? hurla le jeune enfant. Papa ! Maman ! Au secours !

- Tais-toi. Je croyais que tu étais au courant ? fit alors le vieil homme avec un sourire qui se voulait rassurant.

- Mais qui êtes-vous ? Au courant de quoi ? Au secours ! hurla l'enfant.

La voix de l'enfant se répercuta contre les rochers, et l'écho fut rapidement étouffé par l'eau qu'il ne voyait pas.

- Je suis Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard.

- Poux-de-lard ? fit alors Harrison en réfléchissant rapidement. C'est quoi ? Un asile de fous ? Et vous avez vu vos vêtements ? Vous êtes quoi au juste ? Un kidnappeur ? Vous êtes déguisé en fille ?

La voix tremblante de l'enfant avait laissé place à une colère froide et impressionnante. On venait de le retirer de sa famille aimante et douce sans aucune raison et de lui faire faire un voyage terrifiant en moins de deux secondes.

- Et je saigne par votre faute ! cracha l'enfant roux en montrant son bras. Vous n'êtes pas bien, ma parole !

- Un peu de respect je te prie, mon enfant, fit durement Albus. Je t'amène à l'école.

- A l'école ? Il est vingt heures ! Tu te fiches de moi, vieillard ?

Albus faillit lancer un sortilège cuisant à son élève mais se retint de justesse. Il fallait que l'enfant se calme, et vite. S'il faisait un faux pas, il ne réussirait jamais à avoir sa confiance…

Il tenta alors de se composer un visage bienveillant et expliqua à l'enfant qu'il était un sorcier, né de deux parents prénommés Lily et James Potter, eux aussi sorciers.

- C'est impossible, nia fermement l'enfant.

- Viens avec moi, tu comprendras, fit doucement Albus en l'entrainant par le bras.

Après deux minutes de marche l'enfant se remit à crier.

- Il… il faut que je rentre ! J'ai oublié un truc ! Ah ! Je dois faire pipi !

- Viens, et ne discute pas, répondit Albus en tenant l'enfant.

Harry cria alors que Dumbledore le fit passer les grilles.

- Mais pourquoi vous m'amenez dans une ruine ! Mais vous êtes fous ! LÂCHEZ-MOI !

Albus fronça les sourcils et traînait le corps derrière lui en tenant encore et toujours le bras du jeune garçon.

- Ca suffit maintenant, Harry ! tonna-t-il.

- Je m'appelle Harrison Campbell, nous venons des Etats-Unis et Harry est un surnom pour ma famille, pas pour un vieux fou !

Albus, avant d'exploser de rage, finit par utiliser ses pouvoirs de directeur et transplana directement dans la Grande Salle avec l'enfant puisqu'ils étaient déjà dans l'enceinte du château. Une fois sur l'estrade, Harrisson trébucha.

- Mais c'est du vide ! hurla à nouveau l'enfant avec une voix aiguë. AU SECOURS AIDEZ-M…

- Silencio ! lança Albus.

L'enfant devint pâle comme la mort et fixait les bougies d'un air absent alors que ses jambes tremblaient comme jamais. Le directeur observait tout le petit monde autour de lui et ne remarqua pas l'état de faiblesse de l'enfant. Les élèves avaient arrêté de manger et observait la scène avec intérêt.

- Que se passe-t-il ? demanda Filius alors que tous les élèves les fixaient avidement.

- Harry Potter, mes enfants ! présenta joyeusement Albus Dumbledore.

Des chuchotements se firent entendre et Albus remit l'enfant sur ses pieds.

- Mais tenez-vous correctement, bon sang, monsieur Potter.

- Il ne voit pas le sol, cru bon de faire remarquer Poppy Pomfresh.

- Bien sûr que si, grogna Dumbledore dans sa barbe.

Il ne vit pas le regard inquiet de Minerva, Filius et Severus sur l'enfant. Ils n'avaient pas pensé à cela : les moldus ne voyaient qu'une ruine, là où le château était présent. Mais voyaient-ils seulement l'intérieur du château s'ils n'avaient véritablement aucune filiation avec la magie ?

- Il s'est évanoui, marmonna Pomfresh, mécontente. Laissez-moi le soigner rapidement, voulez-vous ?

Elle bouscula Albus alors que Minerva reposa le Choixpeau sur le tabouret.

- Les sortilèges de guérison ne fonctionnent pas vraiment, Albus, fit alors l'infirmière du Collège en devenant pâle.

- Laissez-moi faire ! répliqua durement le Directeur qui lança plusieurs sorts sur le garçon dont l'état s'aggravait de seconde en seconde.

- Mais arrêtez, bon sang, Albus ! cria Minerva. Arrêtez !

- Il faut bien le soigner !

- Vos sortilèges semblent faire l'effet inverse, intervint Severus.

- Ils fonctionnent très bien ! Ecoutez, je suis un Mage et je suis bien plus puissant que vous tous réunis !

- Vos sortilèges ne font pas grand-chose sur son corps parce que c'est un enfant moldu que vous venez de nous ramener d'on ne sait où ! cria alors l'infirmière folle de rage. Son corps réagit moins aux sortilèges de guérison parce qu'il n'a pas de magie ou trop peu pour y répondre ! Albus ! Vous avez kidnappé un moldu !

- Il se nomme Harry et était à Privet Drive ! hurla à son tour Dumbledore. Je sais ce que je fais, pauvre innocente !

- Professeur Albus Dumbledore, fit alors une voix froide dénuée d'amitié.

- Oh, Alastor ! Mon vieil ami ! fit alors Albus, tout sourire.

- Je ne crois pas, non. Kingsley, Nymphadora, prenez l'enfant et emmenez-le à l'hôpital moldu le plus proche.

- Harry Potter ne sortira pas d'ici ! Tonna Albus en descendant les marches de l'estrade sous les regards surpris des élèves.

- Cet enfant n'est pas Harry Potter, fit Fol'Oeil avec dédain. Vous êtes en état d'arrestation pour avoir enfreint le Code International du Secret Magique, pour avoir agressé une famille sans pouvoirs et kidnappé leur fils de onze ans nommé Harrison Campbell.

- Mais enfin, rigola Albus. Tu entends ce que tu dis, mon ami ?

- Pour vous je me nomme Lord Maugrey, Lord Dumbledore. Pas « mon ami » et encore moins « Alastor ». Suivez-moi ou je vous fais interner à Sainte Mangouste sur le champ.

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Le grand Albus Dumbledore s'était frotté le front avant de suivre Alastor Maugrey jusque dans le Hall. Durant ce temps, le petit Harry s'était réveillé sur l'estrade en buvant un liquide que lui administra Severus.

- Ne t'inquiète pas, petit, avait-il murmuré alors que les voix des élèves couvraient ses paroles. C'est triste ce qu'il t'arrive, mais reste calme. Tu vois le sol, maintenant ? Tu as fait un malaise, à cause de la peur et du stress.

- Je… je veux voir mes parents.

- Tu les verras le plus vite possible, je te le promets.

- Nous sommes désolés pour ce qui vous arrive ce soir, Monsieur Campbell, intervint Nymphadora. Je suis Mrs. Tonks, je travaille pour le gouvernement anglais, vous êtes en sécurité avec nous. Nous allons vous amener dans votre monde.

- C'est… c'est réel, tout ça ? Les bougies qui flottent ?

Minerva soupira. Oui, c'était réel.

Alastor Maugrey revint quelques secondes plus tard dans la Grande Salle informant l'équipe enseignante que leur Directeur souhaitait poser le Choixpeau sur la tête de l'enfant, afin de prouver que c'était bien Harry Potter. Severus remarqua subtilement qu'un Harry Potter moldu aiderait certainement à vaincre Le Seigneur des Ténèbres. Minerva soupira et vit arriver Albus Dumbledore, lié par la magie à l'un des Aurors.

Le Choixpeau fut alors posé sur les cheveux roux de l'enfant.

« Désolé, petit, mais tu n'as rien d'un sorcier. »

« La magie existe vraiment, alors ? »

« Oui ! Et c'est magnifique. Navré que tu ais dû survivre à l'action de ce soir. Les adultes te ramèneront chez toi, ne t'inquiète pas. Tu ne diras rien sur notre monde, n'est-ce-pas ? »

« Non, mais tu sais, je savais déjà que la magie existait. C'est juste… inaccessible pour moi. »

« Je sais, petit, je sais. Magia t'offrira peut-être des enfants magiques ? Allez, je vais lancer une bombe psychologique au vieil homme grincheux. »

« J't'aime bien tu sais ! »

« Moi aussi. J'viendrais peut-être te voir, si Fummy est d'accord. »

« Fummy ? »

« C'est un phénix. Allez mon petit. Bon courage et surtout n'aies pas peur. »

- Cet enfant se nomme Harrison Campbell, né le 18 août 1981 à San Francisco et n'a absolument rien de sorcier.

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Le silence sur la Grande Salle était lourd. Les professeurs avaient du mal à se remettre de leurs émotions et les élèves fixaient à la fois le petit enfant et le Directeur. Quelques ricanements finirent par se faire entendre de certains serpentard.

Les Aurors embarquèrent le Grand Albus Dumbledore – qui ressortirait de prison très certainement le soir même mais peu leur importait – et Minerva se repris afin de continuer la répartition.

Harry, quant à lui, se vit raccompagner par Severus et Poppy dans le monde des Sans-Pouvoirs après quelques sortilèges des Aurors.

Harry Potter et Drago Malefoy brillaient donc par leur absence, mais le festin de début d'année pu enfin commencer. Le Choixpeau disparu à nouveau, peu après que le moldu ait quitté le château.

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Palais Royal II de Russie

Famille Mordinov

Sergej tournait le dos à son bureau, concentré sur le paysage se profilant à l'horizon. Un petit chant le fit sursauter et il grogna pour la forme. Il venait de rentrer alors que sa femme discutait encore chez les Potter avec leurs amis.

- Euh…

« Eloquent ! » fit le Choixpeau qui avait été posé par Fumseck sur la tête du Lord.

« Je me prénomme Melwyn, Choixpeau de Poudlard à mes heures perdues, frère de Godric Gryffondor et demi-frère de Salazar Serpentard. Mais ça, presque personne ne le sait puisque jamais quelqu'un ne m'a demandé d'où je venais. Je viens parce que Fumseck, la volaille volante rouge, m'a informé que vous aviez de la famille chez les vampires et qu'ils squattent le Château, enfin les appartements du petit Severus. »

« Si Severus entendait ce « petit »… » pensa Sergej.

« Il me tuerait sur place, effectivement. »

« Ah, pas besoin de parler à voix haute, ok, remarqua Sergej. Que me voulez-vous ? »

« Juste vous informer, parce que Fummy m'a dit que vous étiez, vous aussi, contre le Professeur Dumbledore, que j'ai remarqué une chose étrange en lisant les pensées de la jeune Hermione Granger lors de la Répartition des élèves. Sans compter que notre cher Directeur nous a dégoté un petit enfant moldu en prétextant qu'il était le grand et fort Harry Potter. Mais cela, Severus vous l'expliquera mieux que moi. »

« Oh… »

« Oui, oh. Les extravagances du Directeurs vont un peu trop loin ces derniers temps. »

Le Choixpeau continua sur sa lancée, trop heureux de ne pas s'être fait jeter par l'homme puissant que Sergej était. A vrai dire, Severus lui avait déjà parlé du Choixpeau et bien qu'il fût surpris de voir sa présence en ces lieux, il n'en fit pas la remarque. Ce qui le contrariait, par contre, ce fut la présence de Fumseck.

« Fummy s'est fait agresser par Dumbledore, l'informa Melwyn. La volaille n'appartient pas à ce cher directeur mais à l'école. Il est un peu attaché à Albus, bien sûr, mais ce n'est pas son maître principal comme il aime à le penser. Non, cette volaille puante s'est très rapidement liée à Poudlard plutôt qu'à Dumbledore. »

« Arrête de m'appeler la volaille, chapeau tout rabougri ! »

« A qui la faute, personne ne me rend propre. »

« Comment puis-je vous aider, Melwyn. » demanda alors Sergej.

« En prenant soin de réussir vos plans contre Dumbledore et essayer de comprendre ce qu'il s'est passé avec la fille Granger. Son esprit ressemble à un fromage avec beaucoup de trous, comblé par des pensées vide de sens. »

« Très bien. »

« Je dois vous laisser, Dumbledore ne va pas tarder à rentrer au Château, je pense. »

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Silverstone Manor

Samedi 7 septembre 1991

- Il est fou, ce Dumbledore, grogna Silius.

Severus était rentré pour quelques heures, profitant de son temps libre pour discuter avec Silius, Sergej et Hardwin.

- Et l'enfant, Harrison, qu'est-il devenu ? demanda Hardwin.

- Il a été amené dans un hôpital moldu, les aurors ont lancés quelques sortilèges de confusion mais l'enfant se souviendra de Poudlard. Le Choixpeau lui aurait apparemment fait la promesse d'aller le voir.

- Effectivement, répondit Sergej. C'est ce qu'il m'a dit. Il pense que c'est mieux pour lui de se souvenir de la soirée, afin de moins paniquer si Dumbledore revenait à la charge.

- J'espère qu'il se tiendra à carreaux, marmonna Silius.

- Il n'a plus le droit d'approcher Little Whinging, les informa Severus.

- Reste à savoir s'il respectera cela, répliqua Sergej.

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Harry et Jania lisaient par-dessus l'épaule d'Abigaelle dans le Jardin du Manoir de Liberty Charms. Tous les enfants s'étaient retrouvés en ce samedi après la rentrée pour s'amuser, se détendre, et parler de leurs premiers cours.

Fabian Prewett s'était joint à eux avec sa plus jeune fille, et avait annoncé une grande nouvelle : Lisa, de neuf ans plus jeune que lui, attendait des jumeaux et en était à son troisième mois de grossesse.

La jeune femme de 36 ans observait son époux avec amour alors que Lianna l'encerclait déjà de ses bras.

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à nous appeler ! s'écria la femme russe.

- Je confirme ! On a aussi beaucoup de choses pour nouveau-nés ici, rajouta Elizabeth, donc n'hésite surtout pas ma belle ! Han c'est trop bien. Félicitations ! Des jumeaux en plus !

Les enfants félicitèrent à leur tour Lisa, et Harry demanda timidement à toucher le ventre. Attendrie, elle accepta et lui expliqua le déroulement d'une grossesse.

Abigaelle expliqua ensuite ce que Rebecca leur avait écrit dans le Livre : elle était à Poufsouffle et ses camarades de chambre étaient géniales. Elle s'entendait avec presque tout le monde, mais Ginny l'avait ouvertement insultée parce qu'elle n'était pas digne de porter le nom de Prewett. Dumbledore était présent mais n'avait pas réagi, ce qui avait blessé l'adolescente.

- Je vais lui écrire, répondit alors Fabian en embrassant furtivement sa femme. Si ça ne va pas… si ça ne va pas, on ira la récupérer.

- Il faut qu'elle se forme une carapace, intervint Nikolaï. Nous lui écrirons aussi pour lui montrer notre soutien.

- Elle nous a aussi raconté ce qu'il s'était passé dans la Grande Salle, fit Harry. Sérieusement, c'est vrai maman ?

- Oui, Severus nous l'a confirmé.

- Comment va le petit ? demanda alors Luka.

- Bien, il est rentré chez lui et des protections ont été placées autour de leur demeure.

- Le pauvre, murmura Harry en baissant les yeux.

- Ce n'est pas de ta faute, mon chéri, fit immédiatement Elizabeth en s'accroupissant devant son fils.

- Si… renifla-t-il. Si, si j'avais été là-bas, il n'aurait pas dû subir ça…

- Harry, fit une voix masculine derrière eux. Je confirme ce qu'Eliz dit : ce n'est pas de ta faute.

- Sev' ? fit Harry d'une petite voix.

L'homme en noir s'approcha et le pris dans ses bras avant de lui frotter le dos. Il venait d'arriver par cheminée avec Hardwin et Sergej afin de manger tous ensemble. Il n'aurait pas pensé que Harry se sentirait fautif quant à l'action d'Albus.

- Et, petit lionceau, murmura Severus à l'oreille de l'enfant. Je te promets que ce n'est pas de ta faute. Tu me crois ? Albus fait des erreurs, et celle-ci n'était pas des moindres mais c'est sa faute à lui, pas la tienne. Il a pris la décision d'aller chercher cet enfant. Ce n'est pas toi qui y es allé.

- Mais… mais… si j'avais…

- Avec des « si » nous pourrions refaire le monde, répliqua un peu plus durement Severus. Arrête de martyriser ton petit cœur pour cela.

- Je pourrais écrire à Harrison ? Je… j'ai besoin de m'excuser.

Severus soupira.

- Je pense que c'est faisable, mais à la moldue alors.

- D'accord, Sev'. T'aime.

- Moi aussi, petite crapule.

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La rentrée s'était globalement bien passée pour le petit groupe d'enfants Potter-Mordinov-Windsor-Prince-Driomow et leurs amis. Chacun se plaisait dans son école et apprenait le plus de choses possible sur la magie. Certains sujets furent plus simples pour eux, puisqu'ils avaient eu cours avec Althus avant d'entrer à l'école.

Harry était loin de toute « célébrité » et il passait son temps à lire, rire avec ses amis et avait même commencé les cours de vol avec entrain.

Alexandra se faisait des amis, même si elle préférait rester avec ses cousins et cousines au Collège de Moscou. Elle s'épanouissait et contactait ses amis via le Livre chaque soir.

Ils avaient pleinement profité du samedi avant de rentrer dans leur propre famille afin de se reposer le dimanche pour être en forme le lundi suivant. Fred et George Weasley avaient rejoints l'école Irlandaise et avaient réussi à obtenir l'aval de la direction pour effectuer un stage au laboratoire de Severus et Hardwin durant le mois de janvier.

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Ecole de Poudlard,

Triple cours de Potion,

Gryffondor – Poufsouffle – Serpentard

La deuxième semaine de septembre avait débuté dans le calme. Severus avait pu s'absenter le samedi sans que personne ne vienne le déranger. Cependant, son phénix vint le chercher le dimanche matin lorsqu'Albus Dumbledore frappait vivement à la porte de ses appartements.

L'homme lui demanda expressément de se préparer pour une réunion de l'Ordre du Phénix qui devait avoir lieue au cours de la matinée dans le Bureau Directorial. Il avait acquiescé avant de fermer la porte au nez du Directeur et d'aller prendre une douche. Il se rendit ensuite dans le bureau du Directeur, non sans terrifier quelques nouveaux élèves sur son passage dont la petite Ginevra Prewett. La réunion n'eut rien de bien intéressant : Dumbledore était en colère contre le Ministère et comptait recruter de nouvelles personnes afin de renforcer l'Ordre du Phénix. Il recherchait aussi Harry Potter et dû avouer ne pas savoir où l'enfant se trouvait. Le Ministère n'avait pas souhaité l'aider, arguant que cela n'était pas son problème et qu'aucun décès n'avait été déclaré.

Severus pensa avec ironie que Dumbledore se concentrait seulement sur l'Angleterre pour les recherches. Heureusement, personne ne pensa à contacter les autorités internationales. A quoi bon, l'enfant était certainement sur le territoire anglais. Mais Albus pensait dur comme fer que cet Harrison était réellement Harry Potter et demanda aux équipes de continuer la surveillance de Privet Drive.

Le professeur des Potions revint alors au moment présent : un triple cours de potions – pour la seule et unique fois de l'année – avec les Gryffondor, les Serpentard et les Poufsouffle allait bientôt débuter. Il entendait déjà parler et crier dans le couloir et soupira. Le dernier cours avait été une pure catastrophe. Autant dire que la plus jeune des Weasley n'avait aucun don pour les potions et que son jeune âge ainsi que son manque de maturité provoquait de sacré dégâts. Se passant une main sur le visage, il décida d'ouvrir la porte un peu plus tôt que d'habitude. Il sortit alors du cachot et se plaça devant la rangée de cornichons qui étaient en train de rire et de…

- Il est interdit d'user de magie dans les couloirs de ce château, les informa froidement Severus en fixant chaque élève, un à un.

Tous se raidirent et se tournèrent vers leur professeur.

Un élève voulu lancer un contre-sort mais Severus appela la baguette de l'élève qui vola directement jusqu'au tiroir du bureau professoral.

- J'ai dit : pas de magie en-dehors des salles de classe, monsieur Prewett ! fit durement Severus. Comprenez-vous notre langue, ou dois-je vous expliquer les règles autrement ? susurra-t-il.

Il vit l'enfant se figer de terreur. Bien, voilà qui était fait.

- Entrez, en silence. Le premier que j'entends finira emmuré dans les murs humides des cachots.

Les élèves entrèrent alors dans la salle de classe sous le regard noir de Severus Snape.

- Vous allez répondre à une interrogation écrite durant la première demie-heure et… Mrs. Prewett, qu'y-a-t'il donc ?

La jeune fille secouait son bras en l'air et semblait absolument vouloir parler. Eh bien soit.

- J'ai beaucoup apprécié le livre de potion, Dumbl…

- Cela me rend très heureux pour vous, mademoiselle Prewett, répondit Severus avec un rictus. Qui vous l'a lu ?

- Mais… je l'ai lu ! Moi-même ! répliqua Ginny en fronçant les sourcils.

- Et vous avez tout compris ? Surprenant. Veuillez fermer ce qui vous sert de boite à parole et répondez aux questions du parchemin disposé sur votre table. Je serai heureux de voir si vous avez réellement apprécié la lecture. Que faites-vous, Miss Granger ?

- Je réfléchis, Professeur.

- Ah bon ? Depuis quand un Gryffondor fait cela ?

La bouche ouverte, Hermione ne sut quoi répondre et cela fit sourire Severus.

- Et monsieur Goyle ? Que faites-vous donc avec cet encrier ! J'ai dit écrire, pas boire l'encre !

- Je… je crains que ma réponse soit fausse, je voulais juste vérifier qu'il y avait assez d'encore dans mon pot, mais…

- Vous doutiez ?

- Oui, monsieur.

- Un philosophe a dit, un jour, commença Hermione alors que Severus sentait qu'une migraine allait poindre avant la fin du cours, que seules les personnes intelligentes sont toujours dans le doute. Il n'y a que les idiots pour être affirmatifs.

- En êtes-vous certaine, Miss Granger ?

- Bien entendu, professeur.

- C'est bien que ce que je pensais, marmonna Snape. Maintenant silence et travaillez.

Le bruit des plumes sur le parchemin les accompagna quelques minutes avant que Ronald Prewett laissa, par mégarde, tomber son parchemin.

- Je… je suis désolé, professeur ! s'exclama Ron.

- Ramassez et taisez-vous.

- Je… je réfléchissais et…

- Vous réfléchissez, vous aussi ? Mais arrêtez donc, ou vos cheveux vont roussir. Ah non, suis-je bête, …

Quelques élèves de Gryffondor ricanèrent et Severus finit par lancer un accio sur les parchemins. Il leur demanda de recommencer la potion qu'ils avaient vue la semaine précédente : celle pour soigner les furoncles.

- Hé, Granger, t'es tellement moche que quand tes parents moldus te demandent de couper un oignon, c'est lui qui chiale ! lança un Serpentard.

- Et toi t'as le corps d'un mannequin, Zabini, lança alors Pansy Parkinson. C'est triste que ce soit pour les affiches représentant les malades comateux de Sainte Mangouste !

- Si un jour tu m'arrives à la cheville sois sympa et cire-moi mes bottes ! se moqua le jeune garçon.

- Ca suffit maintenant, fit Snape dont la voix résonna dans la salle. Le prochain qui prononce ne serait-ce qu'une syllabe se retrouvera en retenue avec Rusard pour deux semaines ! Monsieur Prewett, qu'ais-je dis i peine deux secondes ?

- Mais j'ai rien fait !

- Vous venez de parler, ce sera trois semaines pour vous.

De la méchanceté pure et dure, Snape le savait, mais ces cornichons sans cervelles qui ne pensaient qu'à se disputer les uns les autres l'agaçaient hautement. Il était là pour enseigner, nom d'un bézoard, pas pour surveiller une garderie !

Le cours continua avec la confection de potions. Snape fini par mettre Ginevra Prewett au fond du cachot, seule à une table, car elle faisait sans cesses déborder son chaudron. Ses tremblements étranges l'empêchaient de se concentrer et Snape s'inquiétât pour elle malgré lui.

Il congédia les trois maisons deux heures plus tard et s'installa tranquillement à son bureau, soupirant de bonheur : cela avait été le dernier cours de sa longue journée. Normalement, les Serpentard n'auraient pas dû participer au cours mais Dumbledore en avait décidé autrement : Minerva avait dû s'absenter pour des raisons personnelles et il ne voulait pas que les élèves de première année traînent dans les couloirs.

L'année scolaire commençait donc doucement, mais sûrement.

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