Quand la pureté reste dans l'âme

Fummy

Bonjour tout le monde !

Désolée de ne pas être très présente / de ne pas répondre à tous les messages ces dernières semaines. Le chat de mon mari est malade et cela nous prend beaucoup de temps (vétérinaire, etc.).

Merci beaucoup de suivre cette fiction, j'espère qu'elle vous plaît toujours autant !

J'espère que le précédent chapitre ne vous a pas tant fait peur ! Je dois avouer une chose : nous n'entendrons plus parler du magicien qui a sauvé Harry et ses amis. Je voyais surtout Gandalf en la présence de cet homme qui les a sauvé et banni le nécromancien de ce monde.

Concernant le vieillard qui cherche un château, en effet, bien deviné, c'est Dumbychou !

- La jeune fille "dédoublée" sera guérie par Pompom, son double ayant disparu avec le nécromancien et toutes ses créations lugubres.

- Hermione aura besoin de temps avant de reprendre confiance en elle et de surmonter les épreuves, mais elle est forte, elle y arrivera !

Bonne lecture !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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Chapitre 70 :

Fummy

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Poudlard,

Novembre 1992

Des rumeurs courraient dans les couloirs du château.

L'actuelle directrice, le professeur McGonagall ne saurait guère gérer et surtout protéger l'école. Certains allaient même jusqu'à dire que seuls les hommes devraient être promu directeur.

Ronald et Percy Weasley, ainsi que Marcus Flint et Vincent Crabbe faisaient partie de ces gens-là.

D'autres rumeurs disaient que les Aurors recherchaient Dumbledore afin de le réhabiliter et lui rendre sa place de directeur, car le grand Albus Dumbledore aurait pu empêcher cette nuit atroce, et aurait rassuré tous les êtres vivants du château d'un seul regard.

Mais les analyses des Aurors et donc du Ministère étaient toutes autres.

Une magie sombre avait hanté le château, cette nuit-là. Une branche de la magie qui n'avait plus été utilisée depuis bien longtemps en Ecosse.

L'interrogatoire subi par les élèves avait été transmis aux Langue-de-Plomb qui analysaient chaque corps à l'aide de Médicomages.

Certains Aurors avaient alors donné une idée à l'actuelle Ministre de la Magie, qui se fut un plaisir de rechercher les cracmols ayant fait des études de médecine chez les sans-pouvoirs. Toute aide était bonne à prendre, et un regard étranger à la science magique ne ferait pas de mal. La Ministre espérait une alliance entre la médecine des sans-pouvoirs et celle du Monde des Sorciers. Les Elymasius allaient pouvoir les aider en cela, s'ils en avaient la volonté.

Minerva McGonagall frissonnait tous les quarts d'heures. Son mari avait rejoint Poudlard ainsi que les appartements de la Direction afin de la soutenir du mieux qu'il le pouvait. Leur fils, Hadrien McGonagall, était passé dans la matinée afin de ramener quelques gâteaux faits par son épouse, Julia Hope-McGonagall.

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L'intrusion du Nécromancien au sein de Poudlard avait été un coup de Maître : ce fut le squelette de Cuthbert Binns, maintenant à l'état de fantôme, qui avait traversé le premier les barrières de protection. Reconnu par Poudlard de part son lien avec le spectre qui hantait les salles de cours, le squelette avait apporté avec lui le corps du Nécromancien et une armée de cadavres…

Etrangement, alors que Minerva avait interrompu Binns dans un cours dont seuls les murs profitaient – ce fut à deux heures du matin – le fantôme l'avait suivit en continuant son cours. Elle savait de plusieurs élèves que le fantôme rabâchait encore et toujours le même programme, ne se laissant presque jamais interrompre. A croire qu'il ne faisait jamais de pause… A croire qu'il ne se rendait absolument pas compte de son état actuel.

Mais, alors qu'ils arrivaient à la gargouille en forme de dragon, le fantôme s'était arrêté, ahuri.

- Mais… où est la gargouille de ce bon vieux Albus ?

- Il serait bien que vous lisiez les journaux, mon cher, avait répondu sèchement la directrice. Albus Dumbledore ne fait plus partie de notre monde, Magia en soit loué, et jamais, oh grand jamais je ne prendrai place dans son bureau. Il va falloir faire affaire avec moi, Cuthbert, car c'est à moi qu'est revenu le rôle de diriger cet école.

Il l'avait alors suivit, survolant les quatre marches et pénétrant dans le couloir arrondi. Après deux petits virages il entra à la suite de Minerva dans un bureau qu'il n'avait jamais vu. Minerva lui avait machinalement montré un des fauteuils, ne prenant pas la peine de considérer la situation de spectre de son invité provisoire et lui avait expliqué, en présence de la Directrice et des descendants de Gryffondor et Serpentard, les derniers évènements. Le fantôme eut la présence d'esprit de baisser la tête, et d'avoir l'air abattu par ces nouvelles déplaisantes.

Il avoua avoir senti quelque chose d'anormal se produire, et pouvoir voir plus facilement entre ses mains que d'habitude – preuve indirecte qu'il avait conscience de son état actuel – mais n'avait pas trouvé le temps de les prévenir. Son squelette l'avait longtemps pourchassé au sein même des murs de Poudlard, le menaçant de brûler le spectre qu'il était puisqu'il avait refusé d'être ressuscité par l'être infâme qui rôdait. Le professeur Binns aimait être un fantôme. Il pouvait aller et venir à sa guise, traverser les murs… il n'avait plus besoin de prendre le temps de se laver, il pouvait dormir debout et gardait indéfiniment les mêmes vêtements.

Minerva n'eut pas le cœur de lui parler du programme de ses cours, pas en cette triste heure. De toutes manières, ses cours avaient été organisés en tant qu'option spécialisée en histoire des Gobelins, et Binns n'avait rien ajouté.

Les protections magiques avaient donc reconnus Binns dans ce squelette. Les alentours des Terres de Poudlard supportaient tant de runes et de sortilèges complexes que certaines n'étaient même pas connues des plus anciens habitants du Domaine ou des Terres Cachées où vivaient les descendants des Fondateurs. Mais un descendant de Serdaigle, Théophile, avait été formel : certaines runes françaises avaient sautées. Précisément celles qui rendaient le château impénétrable aux êtres faisant renaître les morts de leurs cendres. Les Nécromanciens.

Grâce à Fumseck, Minerva avait retrouvé le Grimoire dans lequel était présent les noms – pas les formules ni le moyen de les mettre en place – de chaque sortilège, de chaque malédiction, des incantations et runes qui protégeaient le domaine. Elle en connaissait quelques unes, mais la plupart avaient été oubliées au cours du Temps. Certaines avaient été posées par des Gobelins et des Centaures.

- Qui était le dit Nécromancien ? finit-elle par demander à la Ministre de la Magie, assise en face du bureau directorial.

- D'après vos élèves et toutes les données que nous avons pu répertorier, il s'agirait d'un certain Violeto Shnakgrakth Jedusor, qui fut, apparemment, un cousin de Tom Jedusor que l'on connaît sous le nom de…

- Voldemort.

- Effectivement, murmura la Ministre. Mais un souci… théorique se profile à l'horizon.

- Un souci ? répéta Minerva.

Comme si tout cela n'était pas un énorme souci, il fallait qu'il y en ait d'autres, encore ? Cela ne suffisait donc pas ?

- Cet homme. Ce… Nécromancien, car malheureusement c'en est bien un. Cet homme est né en 1923 et est porté disparu depuis une dizaine d'année selon les services d'informations des Sans-Pouvoirs. Il aurait essayé de rejoindre Poudlard à l'âge de 14 ans selon les dossiers des Aurors, l'un d'eux a dû venir le chercher car il menaçait le professeur Dippet de mort. Plusieurs sources provenant des Sans-Pouvoirs disent que cet homme serait mort. Quand bien même, s'il était encore en vie puisque nous ne savons pas où serait son corps dans le cas contraire, cet homme serait aujourd'hui âgé d'environ 69 ans.

- Et ?

- Des Aurors pensent que l'individu serait trop vieux et que ces pouvoirs demandent bien trop de forces, fit la Ministre.

- Imbéciles ! intervint un tableau. Cette magie abîme certes le corps initial, mais s'il arrive à s'approprier plusieurs corps, l'individu est bien capable de survivre une centaine d'année sans problème.

- Qui êtes-vous donc ? demanda Kerstin Caithbright, la Ministre.

- William McKinnon.

- Ce fut un professeur de sortilèges dans les années 1800 au sein de Poudlard, compléta Minerva.

- Et j'ai obtenu plusieurs diplômes en Magie Ancienne, dont un doctorat en sortilèges anciens. J'ai eu l'honneur, ou l'horreur, d'assister à des cours sur la nécromancie afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants.

- Veuillez m'excuser, fit doucement Kerstin.

- Ne vous excusez donc pas, gente dame, vous ne m'avez jamais vu et il est bien normal que vous me demandiez qui je suis. Madame McGonagall est la première personne à la tête de Poudlard réclamant la présence d'anciens professeurs et non de directeurs dans son bureau, voyez-vous. Certains directeurs sont certes là, mais ils ne sont pas les seuls à avoir englouti toutes sortes de connaissances durant leur vie. Mais revenons-en au sujet de cette discussion. Il est parvenu à mes oreilles que cet homme fut recherché par un sorcier. Sorcier, ou Mage même. Inconnu au bataillon, qui a pu apparaître et disparaître de Poudlard sans laisser de trace, et ce ne fut pas Magia. Cela ne me donne qu'une possibilité : ce fut une personne envoyée par la magie afin de bannir cet individu.

Le silence se posa dans le bureau alors que Fumseck et un autre phénix se lavaient tranquillement les plumes.

- D'après de vieux grimoires qui ont emplit ma mémoire de vieil homme adorant les livres poussiéreux, Magia aurait plusieurs représentants capables d'intervenir sur notre terre, dans notre royaume.

- Je me vois mal expliquer à notre population que des Mages inconnus puissent entrer et sortir à leur guise dans n'importe quel endroit, remarqua Mrs. Caithbright.

- Le fait que vous ne m'ayez insulté de vieil homme sénile prouve, dans tous les cas, que vous êtes ouverte d'esprit, très chère Ministre. Cela dit, en effet, donner cette explication au peuple risquerait de discréditer votre gouvernement.

- Le Nécromancien a disparu dans la nature, fit McGonagall. Le petit Potter et ses amis ont failli y perdre la vie, sans compter deux élèves de Serpentard et une dizaine de chaque maison… Nous devons renforcer les barrières magiques.

- Vous l'avez déjà fait avant la réouverture de Poudlard, l'an dernier, fit remarquer la Ministre. Il faut surtout remettre en place les protections affaiblies ou détruites. Puis-je annoncer cela auprès de la population ?

- Vous pourrez leur expliquer que la direction a remis la main sur une liste de protections anciennes, sans pour autant en dire plus, et que le Conseil d'Administration et la Direction de l'École vont corriger les lacunes. Par ailleurs, il nous faudra l'aide inévitable de Centaures et d'autres créatures magiques, et seul Merlin sait s'ils accepteront de nous aider.

- Il le faut, je compte sur vous pour les convaincre, fit la Ministre en appuyant sa phrase d'un regard sombre. Dans le cas contraire, les élèves ne pourront rester dans des murs où les nécromanciens peuvent entrer et sortir comme bon leur semble.

- Parce que vous pensez qu'ils seraient plus en sécurité chez eux peut-être ? fit un autre tableau. Sauf votre respect, Mrs. la Ministre, Poudlard reste l'un des bâtiments le plus sécurisé du Royaume-Uni !

- Que nous le sachions est une chose, Madame, répondit la Ministre. Mais la population ne sera pas facile à convaincre, croyez-moi. Faites de votre mieux, Mrs. McGonagall, et tout rentrera dans l'ordre, je l'espère. Sur-ce, je me dois de retourner au Ministère pour la conférence de presse de la semaine. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, Madame, n'hésitez surtout pas à me contacter, même au travers d'un Phénix.

- Merci, marmonna Minerva en raccompagnant la Ministre à la Cheminée du bureau.

- J'aime Poudlard, Mrs. McGonagall. Faites ce que vous pouvez et devez faire, quitte à devoir me demander une faveur au nom des divers peuples qui vivent dans notre royaume. La sécurité de nos enfants passe avant beaucoup de choses. Ne l'oubliez pas.

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Minerva McGonagall se promenait dans la Forêt Interdite. Jamais elle n'eut l'honneur de rencontrer un Centaure, mais l'heure était grave et elle souhaitait protéger ses élèves à tout prix. D'autant plus que, comme tout être habitant dans le domaine de Poudlard, leurs ancêtres connaissaient très certainement les Fondateurs et avaient dû avoir une quelconque relation qualifiable d'amicale, tout au moins, pour que ceux-là acceptent leur présence en ces lieux.

Les Centaures ont une espérance de vie d'environ quatre-vingt ans, tout au plus. Leur adolescence dure, généralement, trois ans, entre leurs sept et dix ans. Au-delà, ces êtres étaient qualifiés d'adultes.

McGonagall frissonna en entendant un cri de chien sauvage, ou d'un autre animal. La forêt lui était inconnue, mis à part la lisière et ce qu'elle savait au travers des cartes et explications de Hagrid.

Adèle Carron – enfant de Gaeliana Gryffondor et Timiosha Carron –, Lucas et Hope Serdaigle – enfants de Théophile Serdaigle et Léonie Castella –, Dahlianne Poufsouffle – fille de Donnereth Poufsouffle et Leanne Serpentard – et Legolas Serpentard – fils de Godric Serpentard et Lenna de Southfort – suivaient Minerva de près. Jamais ils n'avaient pu venir dans cette forêt qui jadis sauva, à plusieurs reprises, leurs ancêtres. Et ils se sentaient honorés de pouvoir accompagner la Directrice.

Adèle, Lucas, Hope, Dahlianne et Legolas suivaient Minerva tout en restant à une distance d'environ vingt mètres. Chacun profitait de l'air frais et des rayons de soleil qui traversaient les arbres. Legolas et Dahlianne étaient très certainement les deux enfants des fondateurs les plus proches de la nature.

Ils aimaient la rosée du matin tout comme paresser au soleil, lisant des encyclopédies sur tout et n'importe quoi, tant que cela avait un rapport avec la nature et les créatures peuplant la terre.

Le but de la journée était de trouver le repère des Centaures. Les différents gouvernements avaient toujours amoindrit leurs lieux de vie. La forêt était grande, et même Hagrid ne connaissait pas tous ses secrets. La partie nord-ouest de la forêt du Domaine était difficilement accessible mais les arbres poussaient malgré les rochers. Minerva se dirigeait justement par là, pensant y trouver des Centaures.

Malheureusement, la forêt semblait être déserte à cet endroit. Elle s'arrêta à la fin d'un sentier, respirant à plein poumon l'air marin présent : un peu plus loin, la mer était visible.

- Aucun être ne vit ici, à part quelques nids d'oiseau, intervint Legolas en rejoignant la directrice de Poudlard. Les Centaures sont certainement un peu plus à l'est.

- Vous avez entendu ? fit Adèle en arrivant.

- On aurait dit un cri d'enfant, remarqua Dahlianne.

Un hurlement se fit entendre, et Minerva fronça les sourcils.

- La voix est trop jeune pour appartenir à un élève, fit alors Lucas.

- Allons voir, firent Legolas et Minerva d'une seule voix.

Attachant ses longs cheveux dorés en queue de cheval, Legolas prit la main de Minerva qui, étonnée, n'osa rien dire. Elle n'était pas rassurée de se trouver là, et ce soutien, bien que l'homme à ses côtés soit bien plus jeune, ne fut pas de refus. De trente-trois ans son aînée, elle sourit en pensant que ce beau jeune homme aurait pu être son fils.

Ils accélérèrent la cadence lorsqu'un troisième cri, bien plus aigu et horrifié, parvint à leurs oreilles.

Écartant les fougères qui les séparaient d'une vaste clairière, Dahlianne posa une main sur l'épaule de Legolas.

- Dommage que tu n'ais pas ton arc.

- Vous faites du tir à l'arc ? fit Minerva en observant le jeune homme.

- Oui, en effet.

- Il est très doué, intervint à nouveau Dahlianne. Son arrière-grand-mère maternelle était une elfe.

- C'est bon, Dahlia, ce n'est pas le moment, marmonna le jeune homme.

- Effectivement, chuchota Lucas en arrivant derrière eux.

- Qu'est-ce que cet immonde animal ? demanda Hope en grimaçant.

- Une araignée, répondit Lucas, son frère. Une très grosse araignée.

- Qui martyrise un petit centaure, rajouta Minerva qui réfléchissait à toute vitesse. Nous ne pouvons décemment pas laisser cela se produire.

- Mais déranger le cycle de vie de la forêt… objecta Adèle, je ne pense pas que cela soit une bonne idée, Minerva.

- Allons-y fit Legolas en sortant des fougères.

- Lego ! s'écria Dahlianne. Bon sang, il veut nous tuer…

- Allons-y, répéta Minerva en sortant sa baguette.

Le petit groupe s'avança précautionneusement, réfléchissant à toute vitesse. Un nom revint alors à l'esprit de la Directrice.

- Aragog, est-ce vous ?

Une voix grave et lente répondit, alors que d'énormes yeux noirs se tournaient vers eux.

- Comment… connaissez-vous… mon… nom.

- Hagrid nous a parlé de vous, bonjour, Aragog, répondit alors Legolas, sûr de lui.

- Hagrid… il ne m'a jamais parlé de vous.

- Je m'appelle Minerva McGonagall, et…

- Ah… si. Si, il m'a parlé de vous… nouvelle directrice de Poudlard… et… je sens dans l'air que… vous autres… êtes… des…

- Des descendants des fondateurs, en effet, fit doucement Lucas qui se présenta à son tour.

- Pourriez-vous s'il vous plaît laisser cet enfant partir librement ? tenta Minerva.

- Non ! cria alors l'acromentule. Non, fit-elle plus doucement. Ce… cet animal… m'a volé une chose précieuse… mon repas de midi, voyez-vous, Madame la responsable du Domaine…

- Je… je suis désolé, je… je ne recommencerai plus… plus jamais ! fit le petit centaure d'une voix très aiguë. Je suis… très très très très désolé.

- Ah ? Vraiment… Quelle… drôle d'idée… vraiment.

- Aragog ! cria une voix au loin. Aragog !

- Ah, Bane.

- Laisse mon fils tranquille, veux-tu ?

- Non. Non, je ne veux pas, vois-tu ? Ce… petit… m'a pris mon repas. Il semble aimer les insectes juteux…

- Hyléos ! Qu'as-tu encore fait ?

- Je… je voulais jouer… Je voulais juste lui prendre et qu'elle me suive…

- Qu'elle ? Penserais-tu que je suis une femelle ? fit dangereusement l'acromentule en le menaçant de son dard.

- Non, non, non ! Je disais « elle » en pensant au mot féminin de ton espèce, araignée ! Je…

- Laissez-le partir, fit Legolas. Ce n'est qu'en enfant.

- D'autant plus que… n'êtes-vous pas censé habiter et protéger le sud de la forêt, fit Minerva en fronçant les sourcils. Que faites-vous ici ?

- Oh… Oh, oui. Oh… Madame McGonagall, oh que je me fonds en excuses. J'ai dû m'égarer en suivant ce sombre idiot qui sert de descendance aux centaures ! finit-il en criant.

- Je suis désolé ! Désolé !

- Je ne te… CROIS PAS !

L'araignée griffa alors la joue de l'enfant qui hurla. Mais ce fut sans compter une brume dorée qui apparut de nulle part en poussant un cri de désapprobation.

- Fumseck ! marmonna Legolas.

L'oiseau battit des ailes devant l'araignée qui recula.

- Reprenez votre nourriture et retourner dans votre antre, je vous prie, Aragog, fit durement Minerva. Ces lieux ne sont guère les vôtres.

- Oui… oui. Très bien. Je ne reviendrai plus. Bane. Bane, si ton fils remet une patte ou un sabot sur mon territoire, je le donnerai à manger à mes enfants, est-ce clair ?

- Très clair, répondit gravement le centaure qui s'approchait du groupe d'humains.

Alors que Dahlianne observait l'araignée quitter les lieux, Legolas sourit devant le geste de Fumseck.

L'oiseau avait prit le centaure par la peau du cou et ramené devant Minerva avant de guérir sa plaie à l'aide d'une larme.

- Navré de notre présence en ces terres abandonnées, Ma Dame, fit Bane qui n'avait guère envie de converser avec des humains.

- Ce n'est rien, répondit Legolas.

- Nous devons parler, fit Minerva.

- Les… je sens… que… vous êtes les descendants des Fondateurs ? fit le centaure en reculant de deux pas.

- Oui.

- Toutes nos excuses pour avoir pénétré en ces lieux, répéta alors Bane qui trembla soudainement de crainte.

- Vous n'avez pas à avoir peur de nous, fit Minerva qui, accroupie, soignait le crâne blessé de l'enfant.

- Vous… n'avez pas à soigner mon fils, il faut qu'il apprenne de ses erreurs, fit Bane en ignorant la dernière parole de Minerva.

- Je n'aime pas laisser des êtres blessés derrière moi, voyez-vous, répliqua Minerva qui avait très bien senti que Bane ne souhaitait pas discuter avec eux.

- Kelhiato ? fit alors Bane en se retournant vivement.

- Bane. Ton fils a encore frappé ?

Le concerné baissait la tête en tremblotant alors que Minerva passa une main dans les cheveux châtains du centaure.

- En effet, fit durement Bane. Il a volé la nourriture de l'acromentule.

- Et Aragog l'a laissé en vie ?

- Seulement parce que les humains sont intervenus, fit Bane, mécontent.

- Bonjour, habitants du Château, veuillez excuser notre intrusion dans cette partie de la forêt, nous cherchions l'enfant qui est à vos pieds. Je me nomme Kelhiato et suis le chef des Centaures.

- Bonjour, firent les cinq plus jeunes alors que Minerva s'apprêtait à se présenter.

- Je sais qui vous êtes, et pourquoi vous êtes en ces lieux, Madame McGonagall.

- Et notre réponse est non ! fit Bane en leur lançant un regard mauvais.

- Bane, rentre chez toi avec ton fils, avant que je ne te bannisse de notre troupeau. Sans Poudlard nous n'aurions même pas accès à cette belle forêt qui nous protège de bien des maux. Suivez-moi.

Alors que Bane récupérait son fils qui se prit une gifle monumentale, Minerva et les autres rejoignirent Kelhiato là où les fougères protégeaient l'entrée de la clairière vierge.

- Souhaitez-vous vous rendre auprès des nôtres, ou rester en lieu neutre, Madame la Directrice ?

- Ce qui vous semblera le plus sûr, répondit-elle alors.

- Dans ce cas, restons ici, fit-il en observant Bane quitter les lieux. Au nom de mon peuple, je vous remercie pour votre intervention et le sauvetage de cet inconscient. J'espère qu'il ne recommencera pas, cette fois-ci il aurait pu y laisser la vie.

Personne ne répondit, observant le centaure qui leur faisait face. Grand, et la carrure un peu plus épaisse que celle du dénommé Bane, Kelhiato avait de longs cheveux noirs qui bouclaient harmonieusement autour de son visage ovale. Ses yeux bleus semblaient lire en vous comme dans les étoiles.

- Le Phénix de Poudlard a sauvé l'un des nôtres, et cela ne peut que confirmer ce que les étoiles nous ont déjà révélées : une nouvelle ère débute, et Poudlard a été purifié des auras malsaines.

- Que voulez-vous dire ? murmura Dahlianne, peu confiante.

- L'ancien Directeur n'était pas reconnu à cent pourcents par le domaine. Les arbres, la nature elle-même ainsi que toutes les créatures habitants sur ces terres se méfiaient de cet homme. On dit qu'il voulait faire de grandes choses. Mais pas n'importe lesquelles… Il s'était lié à Grindelwald, et, même s'il n'en parlait pas, son cœur lui appartenait encore. Ses pensées de conquête et de pouvoir n'avaient pas quitté son aura. Son regard bienveillant n'eut guère d'effet sur nous.

Il avait réorganisé la forêt, afin de protéger les élèves, soi-disant. Les acromentules, le peuple d'Aragog, devait être en première ligne, à deux cents mètres de la lisière du bois. Les elfes, qui vous ressemblent fortement mis à part leur teint pâle et leurs oreilles pointues, je ne parle donc pas de vos elfes de maisons mais d'un autre genre d'elfes, ceux-là furent définitivement chassés de Poudlard par Dippet, et Dumbledore n'eut guère de pensée pour eux. Les lynx et chats errants, eux, pouvaient aller et venir comme bon leur semblent, et nous, pauvre centaures, devions nous abriter au fin fond de la forêt. Bien sûr, les territoires étant posés depuis bien longtemps avant la naissance de cet homme, nous avons réglé cela… à l'amiable, entre nous. Il fut un temps où l'on pouvait vivre en harmonie, ici bas. Malheureusement… les faits en ont décidés autrement. La forêt est à moitié vide d'animaux. Cette partie, où nous nous trouvons actuellement, appartenait aux elfes. Non, pas aux elfes de maisons… aux elfes d'origine, aux véritables elfes. Ces hommes et ces femmes loyaux, grands, beaux… aux oreilles pointues. Vous, jeune homme, devez certainement avoir des liens… sans vouloir vous offenser. Bien entendu.

- Vous ne m'offensez pas le moins du monde, fit le jeune blond en souriant. La mère de ma grand-mère était une elfe. Elle a abandonné l'immortalité pour épouser un humain.

- Où est ce peuple, maintenant ? demanda alors Minerva alors que Fumseck entamait une douce mélodie.

- Ils s'abritent dans des cavernes, sous les arbres qui protègent les collines d'en face, de l'autre côté de l'étendue d'eau derrière cette forêt. Ils l'ont rejoint par le seul fleuve dont la source débute au centre de la forêt. Ils avaient un arbre, à la lisière du bois, qui était une des entrées de leur royaume. Malheureusement, tout fut détruit.

Minerva senti une vague de rage s'emparer d'elle, qu'elle tenta de calmer. Mais rien n'y fit.

Un cri déchirant leur fit lever les yeux vers le ciel.

- Poudlard ! fit Legolas.

Le centaure recula rapidement, alors que l'énorme dragon plongeait vers eux.

Poudlard lança un autre cri déchirant.

- Poudlard ? demanda Dahlianne, que se passe-t-il ?

- Les elfes… mes amis les elfes ne sont plus là, fit tristement le dragon. Je ne sens pas leur odeur, ils ont quitté la forêt depuis longtemps… Mini, Minerva de mon cœur, il faut les faire revenir.

- Je ne comptais pas les laisser pourrir dans des cavernes, fit amèrement Minerva. Ils retrouveront leurs terres, cela va sans dire. Cependant…

- Cependant ? fit le centaure en penchant la tête.

- J'aimerais avoir une liste assez précise de tous les êtres qui vivent ici. Ainsi qu'un plan détaillé de la forêt.

- Je peux tout te dire, Mini Mimi !

- Arrête de m'appeler comme ça, fit la directrice, exaspérée, alors que les autres riaient doucement.

- Mais ! Rah ces z'humains, jamais content du tout ! Je peux pas dessiner, mais je peux dire à Legolas comment la dessiner.

- Pourquoi toujours moi ? râla le jeune blond.

- Parce que je t'aiiiiiiiiiiiiime, petit blondinet de mon cœur ! Tu es si… mignon, sexy, admirable, adorable, respectable…

- La ferme, sale dragon.

- Tu vois ! On est fait pour s'entendre ! Et je suis tout propre, je suis allé me baigner dans le lac, avec le calamar géant !

- Je vous aiderai à lister les êtres présents dans la forêt, fit Kelhiato.

- Merci, fit Minerva. Cependant… j'ai une question très importante.

- Mais vous craignez ma réponse, fit alors le centaure.

Minerva soupira.

- Poudlard a été attaqué par un nécromancien accompagnée d'une armée de morts… de squelettes… et le château a perdu beaucoup de ses protections, ces dernières dizaines d'années.

- Ces derniers siècles même, renchérit Poudlard en léchant les cheveux de Legolas qui essayait de garder le plus de distance possible entre lui et la langue du dragon.

- Certaines protections ont vieillies, d'autres ont été effacées par mes prédécesseurs car ils allaient contre leurs principes. Ils étaient contre la magie comprenant des rituels de sang, et certains, dont Dumbledore, ont effacé des runes dont ils ne connaissaient ni l'origine, ni la signification sous prétexte que Poudlard était déjà protégé, en soit, par les autres sortilèges déjà posés.

- Albus Dumbledore pensait même que sa simple présence protégeait le château, fit le centaure d'un ton moqueur.

- En effet… murmura Minerva, avant de reprendre. Poudlard a besoin de votre aide pour refaire les protections ancestrales. Le Domaine est grand, les menaces extérieures peuvent venir de tout côté. J'aimerais que ces protections s'étendent jusqu'au fin fond de la forêt.

- Mais la forêt est immense, remarqua le dragon d'une voix nasillarde.

- Je souhaite que le Domaine protège chaque être qui y a établit son lieu de vie. Il est de mon devoir de protéger le château et les élèves, mais cela me sera impossible sans l'aide des peuples qui vivent en ces lieux. J'aimerais que nous réunissions nos connaissances, et que nous vivions en paix et en harmonie. Personne n'est parfait, il y aura toujours des malentendus, des discordes… c'est normal. Mais j'aimerais construire, ou même reconstruire, ce domaine sur des bases saines et équilibrées. Pensez-vous que votre peuple voudrait prendre part à ce projet ?

- Madame McGonagall, fit cérémonieusement le centaure en se redressant. Au nom de mon peuple, nous rétablirons les runes et rituels qui ont échouées et qui sont disparues par l'épreuve du Temps et des Humains. Cependant, n'oubliez pas votre promesse, madame la Directrice. Car nous ne ferons rien tant qu'il n'y aura pas eu de changements au sein de notre forêt.

- C'est compris, Kelhiato, merci.

- Poudlard le dragon et Legolas pourront passer demain en fin de journée, nous discuterons des plans et des divers peuples qui vivent ici.

- Très bien, répondit Legolas. Dois-je amener quelque chose ?

Un sourire se forma sur les lèvres du centaure.

- Des fèves de cacao.

- Ce sera fait.

Ce fut ainsi que le petit groupe retourna au château, le sourire aux lèvres et plusieurs idées en tête. Minerva en savait bien plus que les autres sur la forêt interdite, et elle en informa Legolas afin qu'il ne soit pas surpris. La forêt interdite était bien plus grande que ce que l'extérieur voulait bien montrer.

Poudlard recelait de secrets bien plus sombres que ce qu'un élève lambda pouvait penser.

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