Quand la pureté reste dans l'âme

Une famille

Bonjour tout le monde, et bienvenue pour un nouveau chapitre !

(Posté un peu plus tôt que prévu :D)

Je viens de remarquer une erreur dans le chapitre numéro 3 : j'ai mis "Jania & Leonius Potter", leur nom de famille est bien évidemment Windsor puisque leur père se nomme Edouard Windsor (comme une des familles royales d'Angleterre ;-) ) et la mère est Eulia Potter, la soeur de Hardwin.

Merci pour vos Favs, Follows et reviews !

Maxine : Merci !

EnigmaM : Oui, il y a beaucoup d'informations au début, mais ça sera moins lourd par la suite je pense ;-) (j'espère !)

Adenoide : J'espère que la suite te plaira tout autant ;-)

TeZuKa j : Merci !

Clefto : En effet, ce serait cool que Harry évite une telle baguette ;-P

Harry : J'espère que ce chapitre te plaira !

Un grand merci à ma correctrice, et bonne lecture à tous !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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*Attention, passages choquants*

Chapitre 4 : Une famille

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Ecoute du moment : Nichole Nordeman - Brave

Le samedi 10 juin 1989 était une journée comme les autres. Normale. La routine voulait que ce soit la matinée prévue pour les courses hebdomadaires, au supermarché du coin.

Pétunia prit les mêmes légumes que d'habitude, des œufs, du lait, de la farine, des sucreries pour son fils, du pain, des gâteaux, de la viande.

Le caddie rempli et un air satisfait sur son visage, elle se dirigea vers les caisses.

En rentrant chez elle, elle donna un paquet de bonbons à son fils qui hurlait et réclamait à manger. Elle sourit devant son beau garçon qui grandissait bien trop vite à son goût. La vie routinière de la famille Dursley ne laissait aucunement transparaître la présence d'un second enfant sous ce toit.

Vernon Dursley était assis – pour ne pas dire affalé – dans le canapé et lisait son journal en sirotant un verre de vin.

Il était onze heures, et il était l'heure pour Harry d'arroser les plantes intérieures et extérieures. Lorsque l'horloge sonna les onze coups et que Vernon ne vit pas son neveu, il grogna et se dirigea vers le couloir menant à l'entrée.

- Garnement ! hurla-t-il. Sors de ton trou immédiatement !

Il ouvrit la porte du placard sous l'escalier et attrapa l'enfant par le t-shirt trop grand. Mais une odeur écœurante le saisit à la gorge et il relâcha son neveu qui s'écrasa au sol.

- Et tu vas me nettoyer tout ce vomi et cette bile ! C'est hallucinant, ce qu'un être insignifiant comme toi peut éjecter comme crasse ! Allez, du balai !

- Oui, fit doucement Harry.

- Oui qui ? cracha Vernon non sans frapper le corps maigre de son pied grassouillet.

- Oui, oncle Vernon.

- Ah enfin un peu de politesse, allez, hors de ma vue ! Tu as du travail ! Ce n'est pas un hôtel pour brigands ici !

Oncle Vernon ragea et se dirigea vers la cuisine où sa femme rangeait les courses.

- J'en ai marre de ton… neveu ! cracha-t-il.

- Et moi alors !

- Je sais bien, fit Vernon. C'est la cinquième fois qu'il vomit cette semaine ! Pourtant on ne lui donne qu'une tranche de pain par jour !

- Il a certainement attrapé la gastro de Dudley.

- Peu m'importe, fit Vernon, il va nettoyer ça tout de suite et s'occuper de tes plantes. Dans le cas contraire, il aura une belle correction !

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Se tenant le ventre, Harry nettoya son vomi à l'aide d'une serpillère. Il acquiesça lorsque sa tante lui ordonna d'en profiter pour nettoyer le couloir et les escaliers et d'arrêter de faire semblant d'avoir mal à l'estomac.

Il n'avait pas le droit de montrer une quelconque souffrance, il le savait bien. S'il montrait ses points faibles, Oncle Vernon allait en profiter pour lui donner plus de coups de canne et de ceinture. Pas qu'il s'en plaignait – oh non, il savait qu'il le méritait – mais s'il pouvait éviter d'avoir quelques coups en plus… Il tenta de chasser ces pensées. Le lendemain serait dimanche, et le dimanche après-midi était le moment préféré d'Oncle Vernon : alors que Pétunia et Dudley se rendaient chez une voisine, Oncle Vernon s'affairait à s'occuper de Harry. Ce dernier frissonna en y repensant.

La semaine dernière, Oncle Vernon l'avait attaché au sommier de la chambre d'amis à l'aide de cordes. Il savait bien que son neveu était tellement docile qu'il n'aurait pas bougé, mais cela l'excitait d'avantage. Il adorait voir son neveu dans cette position de faiblesse et renversait, à tour de bras, des liquides brûlants sur la peau du petit être. Il riait, jasait, était heureux. Et malgré la douleur, Harry l'observait prendre du plaisir. Souvent, il touchait son pantalon. Harry ne comprenait pas ce geste, mais il ne disait jamais rien.

C'était leur routine, et Pétunia – bien qu'ayant participé les premières fois – ne pouvait plus entendre les cris aigus de son neveu et préférait quitter la maison avec Dudley trois heures durant. Elle préférait laisser à son mari ce plaisir hebdomadaire. Et Harry, lui, n'échangerait sa famille pour rien au monde. Il était heureux d'avoir son oncle et sa tante qui avaient eu assez pitié de lui pour le prendre en charge. Il ne savait pas comment il les rembourserait, d'autant plus qu'il savait que Vernon calculait tout ce qu'il dépensait pour lui : l'eau, le savon qu'il utilisait une fois par semaine pour économiser, les tranches de pain, la lumière dans le placard, les objets ou la vaisselle qu'il cassait parfois. Heureusement, il portait les vêtements de son cousin, ce qui amoindrissait la facture de son oncle.

Il étouffa un soupir lorsqu'il eut terminé le nettoyage approfondi des escaliers et du couloir avant de prendre l'arrosoir en haut du frigo. Il le remplit d'eau et arrosa chaque plante, l'esprit ailleurs. Il se dirigea doucement – trop doucement au goût de son oncle – vers le jardin et arrosa l'herbe et les plantes. Il savait qu'il aurait dû le faire plus tôt, car il faisait bien trop chaud et les pauvres fleurs auraient moins soufferts s'il leur avait donné leur eau à l'aube. Mais Vernon ne voulait pas le savoir, peu lui importait.

Il éteignit l'arrosoir et alla se débarbouiller dans la salle d'eau du rez-de-chaussée.

- Qui t'a dit que tu avais le droit d'utiliser notre eau pour te laver, petite monstruosité ! hurla Vernon, faisant sursauter son neveu qui se cogna à l'étagère.

Vernon le tira alors par l'oreille et l'amena dans la chambre d'amis avant de défaire sa ceinture.

- Combien de fois dois-je te dire que tu n'as le droit d'utiliser l'eau du robinet seulement pour le ménage ? siffla-t-il. Ne comprends-tu pas quand on te parle ? Es-tu aussi débile et dépourvu d'intelligence que tes parents ? Abaisse-toi ! cria-t-il.

Le premier coup atterrit sur le dos arrondi de son neveu.

- Tu n'es qu'un sale petit morveux ! Un vaurien ! Un monstre !

Vernon continua de frapper son neveu avec sa ceinture durant plus d'une heure. Lorsque le repas fut servi et que Pétunia les appela, il prit son neveu à moitié nu par le bras et lui fit descendre les escaliers. Harry trébucha plusieurs fois, se rattrapant de justesse à la rampe. A chaque fois, il se prit un coup de règle en métal sur les doigts pour oser salir la belle rampe que Vernon avait vernie la veille.

A chaque fois, Harry reposa tout de même ses petites mains dessus, afin d'éviter de se fracasser au sol.

Vernon, de rage, poussa son neveu sur le côté avant de s'asseoir à table, observant le menu avec satisfaction.

- Ce soir, ce sera toi qui fera le repas, espèce de sale gosse, cracha alors Pétunia. Et tu me feras le plaisir de te faire oublier cet après-midi !

- Tu vas nous regarder manger sagement, compris, le monstre ? fit Dudley.

- Et tu feras la vaisselle ensuite, termina Vernon.

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Harry acquiesça, la bouche trop sèche pour répondre. Il avait conscience que sa présence importunait sa famille qui faisait tout pour lui. Les Dursley lui avaient offert un toit où il était en sécurité, il avait un matelas confortable dans sa petite chambre et ses petites figurines. Il méritait pleinement les punitions de Vernon et en était conscient, sa tante lui avait aussi conseillé de laisser Vernon faire ce qu'il voulait de son corps s'il ne voulait pas souffrir d'avantage.

Comme d'habitude, il s'était plié aux ordres. Il observait sa famille manger et tentait d'ignorer son estomac qui criait famine. Oh oui, il avait faim. Il avait froid aussi, en short trop grand, accroché à la taille à l'aide d'une corde pour que l'habit ne tombe pas. Sans t-shirt, il se sentait encore plus vulnérable. Ses blessures suintaient de pus et de sang dans son dos. Il sentait les gouttes descendre le long de sa colonne vertébrale et se doutait qu'il allait devoir nettoyer le tabouret sur lequel il était assis actuellement, ainsi que tout le sol de la salle à manger.

Dès qu'un verre était vide, il se levait afin de resservir les membres de sa seule famille. Sa tante et son oncle l'avaient accueilli les bras grands ouverts, lui avait dit Tante Marge. Un monstre comme lui ne méritait pas d'avoir une famille aussi généreuse et aimante. D'après Tante Marge, il ne mériterait pas une tranche de pain par jour mais maximum une tous les deux ou trois jours.

Une fois que tout le monde fut rassasié, comme d'habitude, il débarrassa. Il sortit le dessert du frigo et servit de grandes parts de gâteau au chocolat. L'odeur lui donnait atrocement faim, mais il n'avait pas le droit de réclamer. Il servit, comme d'habitude, une tranche plus grande à son cousin qui réclama du chocolat chaud. Ce qu'il prépara alors, sous le regard sévère de sa tante.

Il fit ensuite la vaisselle puis retourna dans le jardin. Il y avait, depuis toujours, un petit coin caché par des arbustes et du treillis. Il devait se baisser, afin que personne ne le voie. Il y avait un grand bac d'eau, réceptionnant l'eau de la gouttière, et il avait l'honneur et le plaisir de s'y baigner pour se laver. Autant, cela n'était pas agréable en hiver, mais l'été arrivait et il appréciait la fraîcheur de l'eau.

L'eau piquait un peu sur son dos, certainement à cause de ses blessures, mais il prit soin de se nettoyer avec le savon que lui avait donné Pétunia.

Il n'avait pas remarqué les deux hommes qui l'observaient, ahuris. Il n'avait pas non plus remarqué une des deux femmes qui avait voulu courir vers lui avant d'être retenue par un des hommes. Il n'entendit pas le cri de rage que l'un d'eux poussa. Il se nettoyait, comme à son habitude.

Les bras, le visage, les cheveux, le reste du corps, avec le même savon beige dans l'eau de pluie rendue légèrement verte par les feuilles qui stagnaient dedans depuis des mois.

Il se releva alors, et secoua ses bras afin de faire tomber les grosses gouttes d'eau. Il pris ensuite quelque chose ressemblant à une grande taie d'oreiller vieillie par le temps afin de se sécher. Il prit soin de remettre son short et de serrer la corde autour de sa taille et de faire un nœud. Il se retourna alors, le visage balafré et plein de plaies – ses blessures n'arrêtaient pas de saigner – et cligna des yeux plusieurs fois, s'habituant aux lunettes qui n'étaient pas à sa vue mais avec lesquelles il voyait mieux que sans.

C'est alors qu'il vit trois personnes entrer dans la maison par la porte du jardin – comment étaient-ils entrés dans le jardin d'ailleurs ? – et une ombre sur sa droite.

Surpris et effrayé, il recula et trébucha à cause du bac et se prépara mentalement à la chute dans l'eau alors qu'une main le retint fermement.

Sans un mot, il se remit en équilibre précaire sur ses deux jambes. Il frissonna devant le regard froid de l'homme qui semblait observer son corps meurtri.

L'homme était habillé d'un pantalon noir et d'un t-shirt vert aux manches longues. Il savait que ce n'était pas poli de regarder les gens et qu'il aurait dû baisser les yeux depuis longtemps, mais la présence de ces personnes l'intriguait. Son oncle allait certainement le punir de les avoir laissés pénétrer dans la maison…

L'homme posa ses doigts sous le menton du petit alors que ce dernier baissait la tête, perdu dans ses pensées.

- Nous allons à l'intérieur, tu prendras ce à quoi tu tiens le plus, et tu partiras avec nous, c'est d'accord ?

Effrayé, Harry tenta de s'extirper de l'emprise de l'homme mince au regard sombre.

- Mais, je… je suis bien ici, c'est ma seule famille, ils sont adorables et généreux… répéta l'enfant comme il l'avait appris grâce à sa tante.

L'homme pencha la tête sur le côté – comme Alekzandra pensa furtivement Severus – et répondit doucement :

- Je ne crois pas, non.

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Lianna et Eulia tremblaient de rage alors que Sergej et Severus prirent le temps de former un masque d'impassibilité sur leur visage. Sergej demanda à Severus de s'occuper du petit lorsque le groupe entrerait dans la maison.

Il ne faisait aucun doute que cet enfant qui nettoyait contentieusement sa peau dans un bac d'eau dégoûtante était le fils de Lily. Ses yeux et ses cheveux étaient à eux seuls un signe d'appartenance à leur famille.

Alors, lorsque Severus attendait que le fils de son pire ennemi et de sa meilleur amie ne remarque sa présence, Sergej entra le premier dans la demeure des Dursley.

Minerva McGonagall les avait bien aidés malgré elle à découvrir l'endroit où vivait le grand sauveur Harry Potter.

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Quelques jours plus tôt…

- Pourriez-vous, s'il vous plaît, observer mes souvenirs de cette fameuse nuit, peu avant que Hagrid nous amène Harry jusqu'à notre départ de cet endroit, avait demandé le professeur de Métamorphose à celui des Potions.

- Pourquoi donc, Minerva ?

- Je ne me souviens pas du nom de leur habitation, j'y ai pourtant rodé toute une journée et j'ai simplement le souvenir que je ne confierais jamais quelqu'un à cette femme, mais aucun détail plus précis ne me revient.

- Le temps passe, Minerva, il est normal que vos souvenirs…

- Non, fit-elle catégorique. Et si mes craintes s'affirment, c'est que nous sommes dans de beaux draps, Severus. Alors, s'il vous plaît, faites. En laissant mes neurones tranquilles, bien évidemment.

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Severus avait alors pris sa baguette, non sans laisser échapper un soupir. Dans quoi allait-il mettre les pieds ?

Il vit alors, à travers l'animagus de sa collègue, le jardin entretenu d'un couple qui semblait des plus banals. Un enfant en bas âge criait dans la cuisine, et sa mère semblait répondre positivement à tous ses caprices. Il était vraiment obèse pour son âge, cela était visible, même au travers de la fenêtre. La femme avait pris le téléphone et racontait des histoires toutes plus farfelues les unes que les autres à une amie qui semblait la faire rire.

Severus s'était alors concentré sur la pancarte que fixait le chat : Privet Drive, Little Whinging.

Il nota l'information dans son esprit, et puis le temps sembla passer plus rapidement, voulant aller à l'essentiel. Vint alors Albus Dumbledore, l'actuel directeur de Poudlard. Il avait l'air fatigué mais avec le sourire aux lèvres. Un sourire qui se voulait rassurant.

- C'est vrai, ce que l'on raconte, Albus ? avait demandé Minerva.

Ensuite, les bribes de conversations se firent de plus en plus floues, ainsi que l'arrivée de Hagrid, avec l'enfant. Severus fronça alors les sourcils, s'ancrant plus profondément dans la mémoire de sa collègue et ignorant le cri de douleur de Minerva.

- Vous allez vraiment leur confier cet enfant, Albus ? Nous ne savons même pas s'ils accepteront de s'en occuper. N'a-t-il vraiment aucune autre famille ? Les Potter…

- Non, Minerva, répondit tristement Albus. Sa seule famille est celle-ci. Ils en prendront soin, je vous le promets, fit-il sur un ton rassurant qui avait le don de horripiler Severus.

La phrase qui suivit se fit lointaine, Minerva semblait demander plus de précision quant au reste de la famille Potter. Severus eut par contre un geste de recul en butant sur une résistance mentale. Là, c'était là que quelque chose clochait. Le souvenir avait été modifié – ou plutôt raccourci, certains détails ne concordaient pas. Un bout de mur manquait, ainsi qu'une des fenêtres du salon donnant sur l'entrée. Le travail avait dû être fait à la va-vite, Albus n'avait certainement pas pensé que Minerva aurait cette situation tant à cœur.

Severus se concentra d'autant plus, sentant une pression sur son bras. Il avait conscience de la douleur, mais il avait la possibilité de briser le sortilège de confusion et il le ferait, coûte que coûte. Sa collègue le lui avait demandé, allant même jusqu'à dire qu'elle donnerait sa santé mentale pour pouvoir retrouver cet enfant. Une Lionne, en somme… Severus tenta une remise en route du souvenir, en se concentrant sur les détails. Il lança quelques informulés, se matérialisant dans l'esprit de sa collègue. La légilimancie… une belle magie, surtout quand on pouvait rendre la mémoire à quelqu'un…

- Arrêtez, Minerva ! S'emporta Albus. La professeur recula d'un pas.

- Mais enfin, cet enfant…

- Il n'a pas d'autre famille digne de s'occuper de lui, fit durement le Chef de l'Ordre du Phénix. Vous ne voudriez pas offrir cet enfant a une famille de mangemort tout de même ?

- Mais, Albus, les Potter ne sont pas… James Potter avait des cousins, je le sais, Harry serait mieux que chez…

- Non, fit dangereusement Albus, ce n'est pas dans mes plans, murmura-t-il comme pour lui-même.

Le visage éclairé par la seule lanterne encore allumée, il reprit :

- Il n'a aucune autre famille, et il grandira mieux près des moldus qu'avec une célébrité sans limite dans notre monde.

Confundo.

- Bien, mon amie, reprit doucement Dumbledore avec un sourire soudainement plus doux. Rentrez chez vous ou allez fêter cet évènement. Lord Voldemort n'est plus, et le petit Harry aura une belle vie dans sa famille. Ce n'est pas un adieu, ma chère, mais seulement un au revoir. Vous le retrouverez à ses onze ans, à Poudlard.

- Oui, vous avez raison, Albus, répondit Minerva, un air triste sur le visage. Bonne soirée.

McGonagall se retransforma alors en chat puis disparut au coin de la rue, emportant Severus sur son chemin et revenant à la réalité actuelle.

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Un long silence, lourd de sens, s'était alors posé entre les deux collègues. Minerva frissonna et Severus alluma le feu – malgré le mois de mai – dans la cheminée et donna une couverture à sa collègue. Il prépara aussi du thé, en donnant d'office à Minerva.

- Ca vous fera du bien, avait-il marmonné.

Il n'avait pas pour habitude d'avoir de la visite dans ses appartements, mais il était conscient que la légilimancie fatiguait l'esprit et rafraîchissait le corps de celui qui la subissait.

- Merci.

Tous deux étaient choqués par ce qu'ils venaient de voir.

- Il ne faudra pas en toucher un mot à Albus, finit par dire Severus.

- Dans tous les cas, approuva Minerva, mais qu'allons-nous faire ? demanda-t-elle, perdue.

Ils avaient tous eu une confiance sans limite en leur mentor. Minerva ne s'était – jusque là – jamais méfiée ou même posée de questions quant à ses décisions parfois loufoques. Elle lui faisait confiance et l'avait soutenu coûte que coûte.

- Vous, rien, fit-il froidement. Vous risqueriez plus que vous n'y gagneriez. Mais je vous promets que nous mettrons Harry à l'abri, si sa vie est en danger.

- Vous allez vous en occuper ? demanda Minerva, étonnée.

- Sa famille le recherche depuis longtemps, éluda Snape. Et je suis en contact avec eux. Ce ne sont en aucun cas des mangemorts et ils prendront soin du fils de Lily et James Potter.

- Je vous fais confiance, marmonna Minerva. Je sais combien vous teniez à Lily.

- Ne faites confiance à personne, Minerva.

- Pourrais-je rencontrer Harry, un jour ? Viendra-t-il à Poudlard ?

- Pour ce qui est d'une rencontre, je ne sais pas. Certainement. Par contre, en ce qui concerne Poudlard, c'est une décision qui reviendra pleinement à sa famille.

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Et maintenant, Severus était là, poussant doucement ce qui aurait dû être un pré-ado insupportable et vif vers la maison. Il allait tuer les Dursley. Il était dans une colère noire, mais voulait se contrôler devant le petit.

Ce sang qui coulait, ces plaies infectées dans le cou, les jambes colorées de bleus divers… les pensées étranges de ce petit être. Tout cela lui rappelait de trop douloureux souvenirs. Bien qu'il se douta que ceux de cet enfant durent être plus difficiles encore…

- Où est ta chambre ? demanda alors Snape, priant Eulia de les rejoindre. Elle serait plus à même de gérer l'enfant, pensa-t-il.

Il entendait la voix grave de Sergej poser des questions au Dursley qui, dans un premier temps, ignoraient avoir un second enfant sous leur toit autre que Dudley.

Mais Snape n'était pas au bout de ses surprises. Alors qu'ils se dirigeaient vers le couloir, le petit s'arrêta.

- Tu as peur de nous montrer ta chambre parce qu'elle est mal rangée ? fit Eulia en souriant.

Ses propres enfants détestaient présenter leur chambre à des membres de la famille.

- Non, répondit fermement l'enfant. Ma chambre est là, fit-il en ouvrant la porte du placard.

L'effroi des adultes était visible. Harry ne comprenait pas pourquoi les deux adultes étaient là, et encore pourquoi ils avaient l'air aussi choqué. Il essaya donc d'améliorer la situation.

- Elle est super ! J'ai eu droit à un matelas un peu plus épais il y a deux ans parce que j'ai appris à nettoyer le linge, puis depuis deux mois j'ai réussi à faire le petit déjeuner de Dudley comme il les aime, donc j'ai eu le droit de prendre l'oreiller qu'il n'utilisait plus. Puis il y a ma couverture préférée ! expliqua alors Harry en prenant un bout de tissu en lambeaux.

- Et mes figurines ! Elles viennent du grenier. J'ai le droit de jouer avec elles si je suis sage. Ah et j'ai oublié de ranger mon verre de lait, j'y ai droit une fois par mois si je n'ai rien cassé en faisant le ménage ou la vaisselle.

Fier de lui, il se retourna vers les deux adultes qui auraient dû arborer un regard fier, mais au lieu de ça, il fit face à un visage triste et à un visage ne laissant transparaître aucune émotion. L'homme partit alors dans le salon, sans un mot, alors que la femme s'abaissait devant Harry.

- Je m'appelle Eulia. Eulia Potter. Je suis une des cousines de ton père, mais pour faire plus simple que "grande-cousine" tu peux m'appeler Tante Eulia ou Eulia, comme tu le voudras.

- Vous connaissez mes parents ? fit joyeusement Harry, n'osant presque pas y croire et oubliant un instant sa perplexité quand à leur réaction.

Mais son regard se teinta immédiatement de tristesse. Il n'avait pas le droit de parler d'eux sous le toit de sa famille, et Eulia sembla le comprendre, étrangement.

- Tu ressembles à ton père et à ton grand-cousin pour ce qui est des cheveux. Tu as les yeux de ta maman, par contre, ainsi que son sourire.

Il enregistra les informations comme si sa vie en dépendait.

- Est-ce qu'il y a une chose à laquelle tu tiens le plus ?

- Ma couverture, répondit immédiatement Harry.

- Rien d'autre ? Pas de peluche ?

- Peluche ?

- Un ourson…

- Non, seul Dudley a droit d'en avoir. Moi pas.

- Ah, ok. Tu vas venir avec nous, d'accord ?

- Mais, pourquoi ? fit Harry en reculant à nouveau. Je suis bien ici ! Pourquoi vous ne voulez pas me croire ?

Il eut un haut le cœur et vomit à nouveau de la bile, comme le matin même.

- Oh M… Merlin, soupira Eulia.

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Quelques minutes avant…

- Que faites-vous dans ma maison ! avait hurlé Dursley.

- Bonjour, fit froidement Sergej. Combien de personnes vivent sous ce toit ? demanda-t-il.

- Dudley, mon chéri, appelle la police ! fit Pétunia.

- Oui maman, fit le dénommé Dudley sans bouger du canapé et continuant à manger son pot de glace.

C'était un oui d'automatisme, et la mère s'en rendit tristement compte, elle ne pourrait pas confier sa vie à son enfant.

- Vous n'avez rien à faire ici ! cria alors Vernon, faisant sursauter aussi bien Pétunia que Dudley.

- Oh que si, mon cher, avait répliqué Eulia. C'est votre fils, n'est-ce-pas ?

- Oui, répondit Pétunia, et si vous lui faites du mal…

- Personne d'autre que vous trois sous ce toit ? demanda Lianna.

- Non, fit fermement Vernon, maintenant, dehors !

- Tuni, fit doucereusement Sergej. Ne te rappelles-tu donc pas ?

Le regard de Pétunia Dursley valait un sac de Gallions d'or.

- V… vous !

- Qu'est-ce-qu'il y a ? demanda Vernon rouge de colère, tu les connais ?

- Oh que oui, elle nous connait, pas beaucoup, mais un peu et cela nous suffira. Mon cher monsieur Dursley, que pensez-vous donc de votre neveu ?

- Ne dis rien, chéri ! murmura Pétunia.

- Tu as conscience que nous t'entendons, Pétunia ? fit Lianna d'un rire sans joie.

Mais Sergej avait déjà lancé un informulé au mari de Pétunia. Son corps obèse s'était tendu et ils l'entendirent raconter ses plus profondes pensées perverses.

Mais lorsque le sortilège ne fit plus effet, il continua tout de même sur sa lancée, comme se défoulant sur ces gens qu'il ne connaissait absolument pas.

- C'est un bon à rien ! Il n'est même pas capable de repasser convenablement mes chemises !

- Vous êtes conscient que vous parlez d'un enfant de bientôt neuf ans ? Votre fils repasse-t-il également, peut-être ? demanda Lianna mielleusement.

- Ce n'est pas pareil ! intervint Pétunia. Nous n'avons jamais voulu de ce petit monstre, on nous l'a imposé ! Il fallait qu'il se rende utile !

- Nous ne sommes pas de bons samaritains ! Soit il fait son boulot convenablement et obtient une tranche de pain par jour, soit il dégage ! cracha à son tour Vernon qui ne se rendit pas compte d'un élément supplémentaire : quatre sorciers venaient d'arriver derrière lui.

- Nous lui avons offert un toit ! Ce vieux fou a écrit deux lettres à ma femme ! Dumbletruc ! Il nous menace de tous les mots du monde si nous ne gardons pas cette vermine, ce monstre ! Mais croyez-moi, après que vous aurez quitté cette maison, je le réduirai au silence ! cria Vernon en s'essoufflant.

- Monstre ? Vermine ? répéta durement Snape.

- Il est anormal ! cria Pétunia. Il aurait pu mourir devant notre porte durant la nuit, mais non, nous lui avons offert un toit ! Et tout ce qu'il savait faire c'était pleurer et réclamer son monstre de mère ! On n'en a jamais voulu, de cet être dégoûtant !

- Et est-ce normal de faire dormir un enfant sous un escalier ? demanda froidement Snape dont l'aura était chargée en magie.

Un des Aurors semblait frissonner en entendant l'endroit où dormait l'enfant. Mais personne n'intervint, attendant que les moldus répondent.

- Combien de fois va-t-on devoir vous le dire ? fit mielleusement Vernon en reprenant son souffle. Ce monstre n'aura jamais sa place dans la société, nous en faisons ce que nous en voulons. C'est un bon à rien, et il est normal que les êtres anormaux soient punis dès leur enfance.

- Est-il normal qu'il n'ait pour repas qu'une seule tranche de pain par jour ? continua Snape.

- Il a ce qu'il faut pour ne pas mourir de faim ! De l'eau et du pain, cela suffit amplement ! cria Vernon.

- Vous dites « monstre » pour tout ce qui est sorcier, n'est-ce-pas ? demanda à son tour Sergej.

- Sorc… commença Vernon. La magie n'existe pas ! hurla alors l'homme qui allait finir par faire un AVC.

Un sorcier noir s'approcha alors, démontrant sa présence dans la pièce et posant sa main sur le bras de Vernon.

- Vous… Ne me touchez pas, sale noir ! Vu la couleur de votre peau, vous ne connaissez pas le terme « propreté » ! Comment… COMMENT ÊTES-VOUS ENTRÉS DANS MA MAISON ? hurla Vernon, s'appuyant subitement sur le dos du canapé.

- Papa ? demanda Dudley. Papa ! Tu t'appuies sur ma tête ! Ma série n'est pas finie ! Mamaaaaaaaaaaaaaan… pleura Dudley tout en fixant son écran.

Les quatre nouveaux venus tentèrent de cacher leur exaspération.

- Où est l'enfant ? demanda l'une des Aurors.

- Ne vous a-t-on jamais appris la politesse ? la reprit Pétunia. Et quel accoutrement… Vos habits sont horribles ! Êtes-vous… homosexuels ou des clowns pour porter des robes alors que vous êtes des hommes ? fit-elle dédaigneusement.

- Je m'appelle Kingsley Shacklebolt, responsable des Aurors de première catégorie, se présenta alors le sorcier noir.

- Un noir ? Responsable ? Eh bien le monde tombe bien bas, se moqua Vernon. Du balais, tout le monde dehors !

- Oh, et puis ça suffit, grogna Coleen Londubat en lançant un sort de pétrification sur les deux moldus.

Snape, qui se disait qu'ils étaient dans de beaux draps puisque les Aurors avaient débarqué, fut surpris par l'intervention de la cousine de Frank Londubat.

- Que faites-vous ici ? demanda Kingsley.

- Je m'appelle Sergej Lowakzy-Mordinov, voici ma femme, Lianna, et la famille de ma fille adoptive Lord Hardwin Potter, Eulia Potter qui se trouve certainement avec le petit Harry et Severus Snape, Maître des Potions.

- Potter ? fit Coleen. Mais… D'ailleurs, est-ce que par hasard, ce serait ici que vivrait le petit Harry Potter ?

Snape soupira.

- Le professeur Dumbledore n'a pas pris la peine de vous informer de l'identité de ses tuteurs, Mrs Londubat ?

- Nous évitons les contacts avec Dumbledore, depuis qu'il a manifestement porté peu d'importance à la protection de ma cousine par alliance alors qu'il connaissait plus que nous-même le danger que courait notre famille, Madame Mordinov.

- Donc, nous pouvons prendre un orphelin et le déposer dans une famille, cela ne pose pas de problème à votre Ministère ? fit sèchement Sergej.

Un des Aurors sembla peser le sens de sa question.

- C'est possible, quand la personne à assez d'influence.

- Je viens de Russie, jeune homme, et je vous promets que ce genre de choses ne se passe pas comme cela, chez nous.

Ce fut à ce moment-là que Eulia revint avec le petit garçon.

- Euh… Bonjour, fit Eulia à l'assistance.

Le regard des quatre Aurors se posa sur le petit être, torse nu.

- Qui t'a fait mal ainsi, petit ? fit Kingsley qui fut le premier à réagir.

- Je le méritais ! réagit vivement Harry. Pourquoi personne ne veut me croire ! Oncle Vernon m'apprend à bien me tenir tous les jours et c'est normal que quelqu'un comme moi soit ainsi ! fit-il de sa voix aiguë, les larmes aux yeux.

- Calme-toi, petit, nous ne te voulons aucun mal, d'accord ? répondit doucement Hardwin en s'approchant de son neveu.

Son apparence lui creva le cœur.

- Je m'appelle Hardwin, le fils de ton grand-oncle, pour faire simple, je suis un de tes grands-cousins. Tu veux bien que je lance un sortilège de diagnostic sur ton petit corps ?

- C'est quoi ? demanda Harry, happé par les yeux du dénommé Hardwin.

- Nous sommes chez les moldus, grinça un des Aurors.

- Je dépends du Ministère Russe, intervint Sergej. La famille Potter dépend d'Irlande.

- Le professeur Dumbledore est-il au courant que vous êtes ici ? demanda Mrs. Londubat.

- Non, répondit plus froidement Sergej. Et il est hors de question qu'il mette la main sur mon protégé. Il a osé mettre ce petit en danger de mort durant son enfance, qu'en sera-t-il à l'avenir ? Albus Dumbledore savait parfaitement que Mrs Dursley était en de très mauvais termes avec sa sœur et le monde sorcier, il savait également que James et Lily Potter avaient fait un testament qui se trouve à Gringotts dans lequel est stipulé que leur enfant, Harry, devait être confié à Sirius Black ou – à défaut – Hardwin Potter.

- Comment savez-vous tout cela ? intervint Kingsley.

- Une copie ici, dont vous pouvez vérifier l'authenticité. C'est un double qui m'avait été confié par Sirius Black.

- Sirius Black est un assassin ! grogna un des Aurors qui ne s'était pas présenté.

- Je serais vous, je n'en serais pas aussi certain, grogna Hardwin. Il n'a même pas eu de procès, et était le meilleur ami des Potter. Et je sais de source sûre qu'il n'a pas été le gardien du fidelitas comme le disait Dumbledore. Vous feriez mieux de lui faire passer un procès plutôt que de perdre votre temps ici.

- Monsieur ! Je ne vous permets pas !

- Je me permets tout seul, le rabroua Hardwin en se relevant et faisant face à son interlocuteur.

- Hardwin…

- Eulia, cherche plutôt un pull pour le petit Harry, il frissonne, et amène-le dehors avec un des Aurors, il n'a pas à entendre les conversations d'adulte.

Il attendit que sa sœur, accompagnée de Mrs Londubat, sorte dans le jardin, avant de reprendre :

- Ecoutez-moi bien. J'aimerais que vous fassiez une enquête approfondie dans cette maison, que vous preniez, de gré ou de force, les souvenirs de ces êtres infâmes qui ont martyrisé notre Harry durant des années. Que vous fassiez emprisonner ces monstres, car ce sont bien eux, les monstres. Que vous fassiez ce que vous souhaitez de ce gros balourd qui ne pense qu'à manger devant sa télé sans se rendre compte de ce qu'il se passe autour de lui.

J'ai des raisons de croire que ce que nous avons entendu ne sont pas les seules choses graves qui se sont produites ces dernières années, ici-même.

- Bien entendu, Lord Potter, fit Kingsley. D'ailleurs, nous sommes ici sous secret professionnel, je tiens à le rappeler à chacun d'entre vous. Ce que vous voyez ici ne sera répété à personne d'autre que ceux que je nommerai dans un futur proche. Par ailleurs, il serait préférable de faire soigner le petit Harry. J'ai bien vu ses blessures… fit-il en grimaçant.

- Je peux appeler Poppy, fit Snape. C'est malheureusement la seule infirmière en qui j'ai confiance.

- Ne dira-t-elle rien au professeur Dumbledore ?

- Pour sûr, si c'est moi qui l'a contacte. Mais il nous faut aller dans un endroit doté d'une cheminée…

- Nous ne pouvons décemment pas faire cela à Orion, réfléchit Hardwin.

- Orion… Black ? fit l'autre auror, méfiant.

- C'est mon cousin, du côté de ma mère, éluda Hardwin. Mais nous irons chez moi, par Portoloin. En espérant que le petit supporte le trajet. Est-ce un bon compromis ?

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On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau chapitre, alors ? :-D

Poussière d'étoiles dorées sur vous et bonne semaine !