Quand la pureté reste dans l'âme

Normalité de l'anormal

Bonjour tout le monde et bienvenue pour le chapitre de la semaine !

Un grand merci à tous.

Adenoide : En effet, les animaux auraient eu plus d'affection. Minerva n'oubliera pas, ne t'inquiète pas ;-).

CookiesDucan : Merci ! J'espère que la suite te plaira.

Harry : (désolée, si je mets le "17" ça disparaît à la publication huhu) Il va falloir du temps à Harry pour bien tout comprendre.

Mais au moins, notre petit Harry sera entre de meilleures mains...

SKathleen : :D

Clefto : Désolée, j'y suis allée un peu fort... :-( Pour les aurors en effet, le sort sur Vernon a déclenché certaines alarmes :

Magie en terrain moldu. Je ne l'ai pas écrit parce que je trouvais cela logique mais tu n'es pas le/la seul(e) à avoir demandé ^^.

Karozthor the Necromagus : Nan je ne pense pas, hihi, mais ça m'a démangé les doigts :D

Bonne lecture !

Quand la pureté reste dans l'âme

La noble et moderne famille Black

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*Attention, passages choquants*

Chapitre 5 : Normalité de l'anormal

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Ecoute actuelle : BarlowGirl: Porcelain Heart

L'Auror Shacklebolt avait fait un aller-retour au Ministère, amenant en premier Pétunia et Vernon Dursley dans une cellule.

Sans aucun remord, il avait prévenu la Ministre en personne – Mrs Millicent Bagnold – qu'une affaire complexe était en cours et devrait être résolue au plus vite. Trois moldus étaient emprisonnés au sein même du Ministère pour maltraitance sur un enfant sorcier.

Mrs Bagnold avait naturellement exigé qu'une personne compétente dans le domaine de l'enfance soit également présente et l'Auror acquiesça.

Il était revenu, plus tard, avec le fils Dursley endormi, et le posa sur un autre lit dans la même pièce que ses parents.

Celle-ci ne laissait entrevoir aucun échappatoire. Il y avait une bouteille d'eau, trois verres. Les murs étaient carrelés et d'un bleu foncé. La lumière voletait tranquillement près du plafond, et était ensorcelée pour ne pas se laisser attraper.

Un tableau était vide et restait intouchable. Par instants, quelqu'un passait dedans et observait les occupants d'un air sévère.

Il n'y avait ni porte, ni fenêtre. Ni miroir, ni toilettes, ni évier.

Autant dire que Shacklebolt était déçu de ne pas être présent pour leur réveil qui promettait d'être rafraîchissant…

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Corey Thomas, Coleen Londubat, Diana Jones et Kingsley Shacklebolt, Aurors anglais, hors territoire.

Gawin Smith, responsable de l'Enfance, dépendant du Ministère Anglais.

Jonathan Leeroy et Kerstin Lawrence, responsables de la Police de l'Enfance, dépendants du Ministère Irlandais.

Daisy O'Connor, responsable de l'Enfance, dépendant du Ministère Irlandais.

Toutes ces personnes étaient actuellement dans un endroit paradisiaque. Au milieu des terres irlandaises, situé entre un village sorcier et un village moldu, ce domaine s'étendait sur deux hectares – soit deux milles mètres carrés –.

Le Manoir des Potter portait le nom « Sortilèges de chats aimants, attention, chat méchant ».

Jonathan Leeroy connaissait bien le domaine pour avoir aidé Hardwin à rénover le Manoir. Ils avaient redessiné le jardin ensemble, décidant de laisser la nature faire sa place sur les dernières centaines de mètres.

Il y était aussi venu à plusieurs reprises, afin de conseiller Hardwin quant au fils de son cousin James Potter.

Personne ne savait où cet enfant avait atterri et Hardwin n'avait jamais pensé que Albus Dumbledore, alors mentor de James, aurait pris la responsabilité de placer l'enfant. Pour qui se prenait-il ?

Jonathan avait relu le parchemin deux fois. « Viens, avec tes collègues. Harry est à la maison. Avons besoin de soins et de justiciers. H.P. »

Hardwin faisait lui aussi partie du Ministère irlandais et pouvait, grâce à un sortilège bien précis et une cheminée, transférer un parchemin et le faire aller à son destinataire s'il n'était pas trop loin de la cheminée appelée.

Ils étaient dans une pièce lumineuse, donnant sur le jardin via une immense baie vitrée arrondie. Une serre et une volière sur la droite. Ils apercevaient la nature et un petit lac. Des enfants jouaient non loin de là, avec leur mère. Elisabeth Potter, née Rothesay, observait les enfants rire aux éclats en faisant voleter des feuilles et brindilles.

- Ce sont vos enfants ? Demanda Kingsley afin de détendre l'atmosphère.

Harry se tenait debout, près d'un vase en céramique, et observait les adultes d'un air apeuré. Aucun adulte ne sachant comment réagir avec lui, ils préférèrent le laisser tranquille en attendant l'arrivée de l'infirmière.

- Seulement les deux plus jeunes, répondit Hardwin. Les jumeaux sont de ma sœur, Eulia, et la plus grande fait également partie de la famille. Ma fille aînée est à l'école de Magie.

Les Aurors acquiescèrent, puis un elfe leur servit le thé sous les yeux ahuris de Harry qui n'osait pas bouger d'un millimètre.

C'est alors que le feu de cheminée devint vert et que quelqu'un en sortit, arrachant un cri à l'enfant.

Snape posa alors une main sur l'épaule de Harry.

- Calme-toi, fit-il le plus doucement possible. Tu n'as pas à avoir peur, d'accord ? fit-il d'une voix assurée.

Pourtant, lui non plus n'en menait pas large. L'état du garçon lui donnait froid dans le dos. Le petit avait retiré le haut que lui avait donné Eulia car cela semblait le déranger. Et Severus n'était absolument pas doué avec les enfants, même si le petit Harry, étrangement, avait agrippé son bras comme si sa vie en dépendait.

- Bonjour, mon petit, fit la nouvelle arrivante d'une voix douce. Je m'appelle Poppy. Comment tu vas ?

- Très bien, madame, fit le jeune garçon d'un ton faussement assuré. Je veux retrouver ma famille, madame, fit-il plus doucement.

Poppy lança un regard à Snape qui leva les yeux au plafond. Non, ils n'avaient pas encore expliqué au jeune homme que sa vie de famille… n'en était pas une.

- Pourquoi donc ? demanda alors Poppy.

- Je… Oncle Vernon m'a dit que je devais faire le repas de ce soir, madame. Et demain est un grand jour, pour lui.

- Tu es conscient que ce n'est pas à toi de faire la cuisine, jeune enfant que tu es ? fit-elle plus durement, les sourcils froncés.

- Si ! Il faut bien que je leur paye au moins comme ça l'hospitalité qu'ils m'offrent.

- L'hospitalité ? grogna Snape. Ils te frappaient, pauvre innocent !

Poppy lui lança un regard noir. Il n'avait peut-être pas réagi de la meilleur façon qu'il soit, mais il avait du mal à ne pas laisser apparaître sa colère.

- Je mérite cela, monsieur, reprit Harry.

- Et pourquoi ce sera un grand jour, demain ? demanda alors Poppy en lançant des sortilèges de diagnostics.

- Parce que demain, commença fièrement Harry, demain je devrai laisser faire Oncle Vernon tout ce qu'il veut avec mon corps, fit le jeune garçon attirant les regards de toutes les personnes de la pièce sur lui. Demain, je devrai lui faire plaisir comme chaque dimanche après-midi, et accepter tous ses gestes d'amour comme m'a dit ma tante. Elle, elle part avec Dudley chez une voisine pour boire le thé, c'est dommage. Au début elle restait, mais elle disait que mes cris étaient trop aigus pour ses belles oreilles.

Une tasse s'explosa brutalement sur le sol carrelé de la pièce.

Une porte claqua et une vitre implosa.

- Tu criais, disais-tu ? repris doucement Poppy dont le visage s'était fermé. De douleur ?

- Oui, chuchota Harry.

- Tu as conscience que si tu as mal, c'est que ton oncle ne faisait pas quelque chose de gentil ?

- Oncle Vernon m'avait bien dit de n'en parler à personne, marmonna Harry dont les yeux fixaient à présent le mur. Je… il m'a dit que personne ne comprendrait, que c'était un cadeau qu'on se faisait mutuellement, que c'était agréable… je… je n'aurais pas dû vous le dire… je veux rentrer maintenant, fit Harry dont les larmes emplissaient ses yeux. Je veux rentrer, s'il vous plaît…

Personne ne réagit, sauf Severus. Tous sous le choc – les femmes étaient sorties avant les dernières confessions du petit – ils restaient debout, un air offusqué et colérique sur leur visage.

Snape poussa alors doucement l'infirmière sur le côté. Celle-ci se reprit – ou du moins essaya de se reprendre – et continua les sortilèges de diagnostic.

- Ecoute, tu ne vas pas tout comprendre, mon grand, mais tu vas rester ici avec ta famille. Hardwin fait partie de ta famille, du côté de ton père. Mais je dois te dire une chose. Non, deux : Premièrement, ce que t'ont fait Pétunia et Vernon n'était absolument pas normal.

- C'est normal, puisque je suis anormal, chuchota Harry en baissant les yeux.

- Ne me coupe pas la parole, et regarde moi dans les yeux. Non, ce n'était pas normal. Et si, tu es un être normal. Un enfant comme les autres. C'est juste qu'une partie de toi est spéciale, et ce n'est pas négatif, au contraire. La deuxième chose que je dois te dire, même si cela te rend triste, c'est que je te promets que tu ne reverras plus jamais les Dursley.

- Oh par les chaussettes de l'Elfe bleu, marmonna Poppy.

- Qu'y-a-t-il ? demanda Hardwin qui s'était posté derrière Severus.

- Je… Lisez.

Poppy donna le parchemin récapitulant tous les sortilèges qu'elle avait lancés sur le corps maigre et fragile.

Carences en protéines, en vitamine A, B, C, D et E.

Carences en minéraux (Calcium, cuivre, Fer et Magnésium).

Légère carence en Zinc.

Système immunitaire déficient.

Poumon droit en sous-régime. Deux côtes abîmées, trois côtes cassées de chaque côté.

Cheville droite malmenée.

Poignet droit cassé.

Vision défaillante.

Os fragiles, dû au manque de calcium.

Diverses infections profondes sur les cuisses et dans le dos.

Hardwin soupira alors que la liste continuait encore. Severus prit le parchemin à son tour alors que Hardwin observait Harry.

- Ecoute, mon petit. Comme l'a dit Severus, ta vie ressemble à un enfer pour nous. Nous devons discuter entre grands, et je ne veux pas que tu sois mêlé à cela car ce sont des histoires d'adultes, mais je vais chercher ma femme. Elle va te montrer ta chambre provisoire. Tu pourras t'y sentir chez toi, d'accord ?

Harry ne comprenait pas ce qui se passait mais acquiesça, docile.

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- Il est plus qu'évident que cet enfant a été maltraité, avait commencé Jonathan Leeroy avec un accent prononcé.

- En effet, et vous n'étiez pas là lorsque nous sommes arrivés, continua Sergej.

- Montre leur, avait demandé Lianna. Par contre, vous m'excuserez, mais je ne peux pas revoir la scène sinon j'irai massacrer la personne qui l'a placé chez ces êtres infâmes.

Lianna était alors sortie dans le jardin, allant jouer avec les enfants qui faisaient à présent de la balançoire en se disputant au sujet des noms des plantes présentes dans le jardin.

- Hardwin, tu as une pensine ou dois-je faire autrement ?

- Nous avons une pensine dotée d'un pouvoir d'agrandissement, la plus moderne qui soit, fit Hardwin en souriant malgré lui. Je vais la chercher.

- Avec un sortilège agrandissant ? demanda Kingsley.

- C'est une pensine avec un écran-miroir, qui reflète les pensées qui s'y trouvent, expliqua Severus. Il n'en existe pas beaucoup et je n'en avais encore vu aucune jusqu'ici.

Hardwin revint trois minutes plus tard avec un meuble roulant. Il ouvrit le haut du meuble et une grande pierre lévita au-dessus. Hardwin déroula alors un tissu blanc, qui refléta le liquide présent dans la pierre.

Severus fut le premier à y poser un souvenir et ils le visionnèrent ensemble. Hardwin fit de même, afin de valider le premier souvenir. Ils n'étaient pas devant une Cour de Justice, mais ils voulaient tout faire correctement.

Chaque membre du Ministère prit des notes, et copia les souvenirs afin de les ajouter au dossier. Eulia était revenue seulement pour participer à la collecte des souvenirs et donner le sien avec l'histoire du placard sous l'escalier.

Les responsables de l'Enfance en avaient des sueurs froides. Le jeune enfant était malade, en plus d'être maltraité. Il fallait le soigner au plus vite. Poppy ne pouvait pas rester plus longtemps en dehors de Poudlard, malgré le week-end, et Severus s'était porté volontaire pour préparer quelques potions de soins.

- Portez-vous un véto à ce qu'il reste chez nous ? demanda fermement Hardwin Potter.

- En ce qui concerne le droit irlandais, répondit Daisy O'Connor, étant son tuteur légal après Monsieur Sirius Black, cela nous paraît convenable. D'autant plus que vous avez pris la décision de le rechercher depuis bien longtemps, Lord Potter, et nous le savons même si nous ne sommes pas très contents des faits : en effet, vous êtes allés seuls, sans nous prévenir au préalable. Je sais que c'est une histoire familiale, mais faisant partie du Ministère, vous devriez mieux que quiconque savoir que mon service aurait aimé être présent, même sur le territoire anglais, afin de prendre en charge cet enfant. Quant aux lois anglaises, Harry Potter n'en dépend plus depuis qu'il a été retrouvé par vos soins.

Cependant, et je crois que Monsieur Gawin Smith sera d'accord avec moi, il est de la responsabilité anglaise de faire le nécessaire pour que la famille Dursley soit mise à pied et sanctionnée pour ce manquement au respect psychologique et physique d'un mineur.

- Bien évidemment, en convint Mr Smith. Il est dans mon devoir de contacter mon homologue moldu afin de préparer un jugement digne de ce nom. La garde de leur fils leur sera également retirée et nous ferons le nécessaire pour que cet enfant se retrouve immédiatement dans une famille d'accueil prenant son cas à cœur. Quant aux parents, ils auront certainement quelques années de prison et un internement, pour ce qui est du mari, en maison psychiatrique. Ce besoin de faire subir des souffrances à son neveu n'est pas sain. Il nous faudra aussi des souvenirs de l'enfant, bien que cela reste délicat au vu de son état mental.

- Il lui faudra un suivi psychologique, affirma Elisabeth qui était revenue. Il ne voulait pas s'asseoir sur le lit, il a peur de salir, et a souhaité s'asseoir sur le sol. Je crois que… qu'il serait plus à l'aise avec un homme.

- Nous allons trouver cela. Monsieur Snape, restez-vous ici ? demanda Jonathan Leeroy.

- Je vais devoir retourner à Poudlard, afin entre autres de préparer quelques potions.

- Je peux te prêter mon laboratoire, l'interrompit Hardwin. Tu auras tous les ingrédients à disposition et ce sera à nos frais. Nous avons aussi assez de chambres pour te loger.

- Je ne peux…

- Accepte, Severus, fit Lianna. Plus je te connais, plus je sais que tu as envie de rester proche de ce petit et de le protéger. Tu ne seras pas de trop, crois-moi. Et nous devons rentrer en Russie avec Alekz afin de retrouver Tomek. Tu seras bien, ici.

Hardwin laissa échapper un rire.

- Ah les femmes ! Toujours là pour aider !

Severus secoua la tête.

- Alors ?

- C'est d'accord, de toutes façons, c'est le week-end et je n'ai pas de tour de garde ni de cours avant lundi.

- Bien, repris Kingsley, nous ferons notre compte-rendu en rentrant au Ministère et entamerons les démarches contre la famille Dursley. Par ailleurs, je vous transmettrai par Hibou International le certificat d'adoption de Harry Potter. Souhaitez-vous qu'il garde ce prénom ?

- Bien entendu ! fit Elisabeth presque offensée.

- Très bien. Reviendra-t-il en Angleterre ?

- Pour rencontrer notre famille et y passer des vacances très certainement, annonça Hardwin. Mais en ce qui concerne l'école, cela m'étonnerait.

- Ça ne plaira pas à Dumbledore, ricana Snape. Il semble prévoir pas mal de choses pour le futur de son soi-disant protégé.

Kingsley eut un sourire en coin.

- Le professeur Dumbledore n'aura aucune emprise sur Harry, tant que vous y veillez. Donnez-moi des nouvelles, s'il vous plaît. J'aimerais bien le suivre.

- Pas de souci, Auror Shacklebolt. Chacun de vous est et sera le bienvenu, tant que vous respectez notre famille, cela va de soi, répondit Hardwin.

- Bien entendu, confirma Daisy O'Connor.

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La chambre était grande. Il y avait un grand lit, au milieu, et une immense fenêtre. Le sol était recouvert d'une moquette douce qui caressait ses mollets depuis quelques dizaines de minutes. Adossé au lit, il observait la pièce timidement.

Trop grande.

C'étaient les deux mots qu'il avait en tête pour décrire cette pièce. La dame la lui avait présentée comme étant une chambre d'amis, pour les invités. Était-il invité ?

Il n'en était pas digne.

Il y avait des lettres, écrites sur le mur, mais il ne savait pas lire. Sa vision était floue, de toutes façons. Il porta sa main gauche à son visage. Un des hommes avait voulu le soigner mais il avait reculé. Il avait eu peur. Et il ne méritait pas d'être soigné.

Alors il entendit plus qu'il ne vit, quelqu'un s'approcher de lui.

- Hé, Harry, fit doucement l'homme qui se disait être son oncle… ou grand-cousin… il ne savait pas trop.

L'enfant tourna la tête vers lui, gardant cependant les yeux rivés au sol. Il n'était même pas digne de s'adosser au lit, en réalité. Il se frappa mentalement.

- Hé, petit, fit l'homme en s'asseyant face à lui. Elle est belle, cette moquette, n'est-ce pas ?

Harry acquiesça.

- Tu as faim ?

Oh que oui, il avait faim. Mais il n'avait pas le droit de manger, son prochain repas était programmé pour le lendemain et Vernon serait très en colère s'il apprenait qu'il avait mangé avant.

Il fit alors non de la tête et entendit un léger soupir.

- Tu peux me montrer ton dos, s'il te plaît ?

Un éclat de peur traversa les yeux du petit garçon.

- Tu n'as pas à avoir peur, je vais juste soigner tes blessures !

- Non ! s'écria alors Harry, parlant pour la première fois depuis l'épisode du salon.

- Harry, fit fermement Hardwin. Pourquoi ce non ?

- Je… Oncle Vernon serait très en colère, il n'aime pas quand mes blessures se referment. Il dit que le sang que je verse chaque jour paye les dettes que j'accumule chez eux…

Hardwin serra les poings en essayant de rester calme, de se maîtriser afin de ne pas brusquer son nouvel enfant.

- Oncle Vernon n'a plus son mot à dire, maintenant, Harry. Comprends-tu ?

- Mais…

- Mais ?

- Je dois leur rembourser les frais… le pain que je mange, l'eau que j'utilise en trop et la vaisselle que j'ai cassée depuis que je suis chez eux ! Je fais bien la vaisselle maintenant ! Je promets que je ne casserai pas la vôtre !

- Tu n'as rien à promettre à ce niveau-là, mon petit.

- Mais…

- Tu n'as rien à rembourser à ton oncle et ta tante, crois-moi. Ils ne sont plus responsables de toi depuis cet après-midi.

- Responsable ?

- Ça veut dire que tu ne retourneras pas chez eux, fit doucement Hardwin d'un ton qui se voulait doux et apaisant. Ce n'est pas ta faute et tu n'as rien fait de mal, c'est une décision qui a été prise par de grandes personnes, tu sais.

- Ce n'est pas de ma faute ? couina alors le petit.

- Non.

- Oncle Vernon ne me punira pas pour ne pas être rentré ?

- Non, jamais. Et s'il venait à le faire, c'est moi qui le punirais ensuite.

- Mais…

- Mais ?

- Je… Ils ont besoin de moi.

- Non, ils t'ont utilisé comme un vulgaire elfe de maison, sans prendre soin de toi.

- Ils m'ont nourri !

- Ils t'ont donné une tranche de pain par jour maximum. Ce n'est pas ce que j'appelle « être nourri ».

Harry ne comprenait pas.

- Tu n'étais pas nourri comme Dudley.

- Mais Dudley était leur fils ! Moi je suis un intrus, un monstre.

- Tu n'es pas un monstre, mon petit.

- Mais…

- Mais ?

Le petit soupira, doucement.

- Que veux-tu me dire, mon petit ? Tu peux tout me dire, je ne me fâcherai pas contre toi, c'est promis.

- Ils… c'est arrivé une fois, que j'arrive en haut de l'école, sur le toit, pour échapper à Dudley et ses copains. Je ne sais pas comment je suis arrivé là-haut, mais depuis je n'ai plus eu le droit de retourner à l'école. Oncle Vernon disait que je leur faisais trop honte pour avoir le droit de sortir de la maison. C'était l'année d'avant. Puis un jour aussi, mes cheveux sont trop longs, et Tante Pétunia voulait me les raser. Elle l'a fait, mais ils ont repoussé durant la nuit.

Hardwin sourit.

- Ce… ce n'est pas normal… et Tante… Tante Pétunia était très en colère. Oncle Vernon a pris beaucoup de bien ce jour-là.

Par « prendre beaucoup de bien » Hardwin comprit que le petit sous-entendait que lui-même en avait souffert et mordit sa langue afin de laisser sa rage se fondre en bouche comme le sang qui menaçait de sortir de son organe gustatif.

- Pourquoi vous ne criez pas ?

- Pourquoi devrais-je crier ?

- Parce que j'ai raconté quelque chose d'anormal, répondit timidement le jeune garçon.

Au moins, il parlait, pensa son oncle.

- Ce n'est pas anormal, mon garçon. C'est une chose que ton oncle et ta tante ne supportent pas, mais ce n'est pas anormal. C'est même normal, mon petit.

- Pourquoi ?

Hardwin voyait dans ses yeux que Harry ne saisissait pas le sens. Il prit alors une inspiration profonde.

- Tu es un sorcier, mon petit. Comme tes parents, comme nous. Tu es une personne des plus normales qui soit, avec des dons inestimables.

- Mais… Sorcier c'est méchant, non ?

- Non, bien sûr il y a des méchants partout, mais tu n'en fais pas partie, fit Hardwin en souriant. Bien, tu me laisses regarder ton dos ? Il faut vraiment soigner tes plaies.

- Si vous me promettez que Oncle Vernon ne dise rien.

- C'est promis, répondit alors Hardwin d'un ton apaisant.

Harry se tourna alors doucement, courbant le dos et s'attendant à souffrir. Cette image fit mal à Hardwin et il dut s'y reprendre à deux fois avant de lancer les sortilèges de soin correctement.

Alors qu'Harry se crispait dès qu'il ressentit quelque chose, il resta surpris par la chaleur qui se diffusait dans son dos. Il vit le reflet d'un trait doré dans le miroir. Le fil doré semblait imprégner sa peau, remontant jusque dans son cou et ses épaules. Il frissonna alors que la chaleur devint un peu plus forte. Il vit alors la main de son oncle plonger dans un pot blanc et en ressortir avec une sorte de crème.

- Elle sent la vanille, fit doucement Hardwin. J'espère que tu supporteras l'odeur. Mon fils ne l'aime absolument pas.

- Vous avez un fils ?

- Tu peux me tutoyer, tu sais.

- Désolé, je suis désolé, je ne voulais pas vous… te…

- Calme-toi, Harry, tu n'as pas à t'excuser pour cela. Pour répondre à ta question, Elisabeth et moi avons trois enfants. Il y a Abigaelle, qui a trois ans de plus que toi et qui est aussi née en juillet. Philipp, qui a deux ans de moins que toi et Clarence qui va avoir quatre ans en septembre.

Harry fronça les sourcils.

- Ils sont petits.

- Oui, tu seras un grand frère pour eux, si tu es d'accord bien sûr, et le petit frère d'Abigaelle. Elle sera contente de te rencontrer quand elle rentrera demain matin.

- Elle est où ?

- Dans une école de Magie, à une heure de route d'ici. Normalement elle rentre le week-end, mais elle a dormi chez une amie hier soir.

- Demain c'est dimanche, fit doucement Harry en cachant un bâillement. Pardon. Je ne voulais pas baill…

- Ne t'excuse pas pour cela, Harry, le coupa Hardwin sur un ton bienveillant. La journée a été longue et tu dois être fatigué. Mais avant de dormir, j'aimerais que tu prennes un bain et t'habilles de ces vêtements. Lianna, la femme de Sergej que tu as vu tout à l'heure, t'a acheté deux pyjama. S'ils sont trop grands, nous les mettrons à ta taille.

- Je… je ne veux pas déranger… un bain ?

- Oui, un bain. Viens, je vais te montrer.

En voyant le regard dubitatif de l'enfant, Hardwin se doutait bien que Harry n'avait pas eu l'occasion d'en prendre un. Il l'amena alors dans l'aile droite et ouvrit une porte. La pièce était encore éclairée par le soleil qui brillait à l'extérieur et une douce odeur de rose arriva à leurs narines.

Hardwin fit entrer son neveu – il se dit que c'était plus simple de le nommer ainsi plutôt que fils de son cousin ou encore petit-cousin… il se sentait plus comme un oncle – dans la salle de bain et verrouilla la porte par habitude. Harry, lui, était figé de crainte.

- Tu veux que je laisse la porte ouverte, Harry ?

- Ou… Oui…

Hardwin hocha la tête et ouvrit à nouveau le verrou. Il s'approcha alors de la grande baignoire en angle droit et fit couler l'eau.

- Tu viens me dire si l'eau est trop chaude ?

Harry avança alors, timidement.

- Touche l'eau, en faisant attention. Voilà… ça te convient ?

Son neveu acquiesça.

Hardwin disposa alors les jouets de son fils dans le bain.

- Mais je suis sale…

- Un bain est justement l'occasion de se laver. Tu aimes la mousse ?

- La quoi ?

- Attends, je te montre.

Il versa alors une sorte de poudre dans l'eau qui provoqua une mousse onctueuse à la surface de l'eau. Quelques petites bulles multicolores voletaient à la surface et Hardwin observa le visage heureux de son neveu. Oui, ça avait l'air de lui plaire.

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